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Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #proche-orient tag

L'alliance irano-russe et ses effets au Proche-Orient

1 Décembre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Le monde autour de nous

Le 27 novembre l'ancien diplomate britannique Alastair Crooke écrivait dans Al-Maydeeen, après avoir relevé que le G20 avait refusé de condamner la politique russe en Ukraine et que l'alliance russo-iranienne inquiétait des analystes du Jerusalem Post :

"Dernièrement, dans le nord-est de la Syrie, l'armée syrienne a périodiquement érigé des barrages routiers et refusé le passage aux convois militaires américains en route vers et depuis leurs alliés protégés kurdes. Ces derniers jours, un point de contrôle qui a refoulé un convoi militaire américain était tenu conjointement par les forces syriennes et russes.(...) tous les véhicules russes au poste de contrôle du nord-est de la Syrie avaient un énorme « Z » blanc peint dessus.

« Z » est bien sûr le symbole peint sur les véhicules russes déployés en Ukraine pour identifier les forces qui combattent les forces massives de l'OTAN intégrées et auxiliaires des forces armées ukrainiennes qui combattent la Russie là-bas.

Mais le mystérieux « Z » blanc peint sur les véhicules en est venu à symboliser quelque chose de plus : il est perçu comme représentant « l'ordre mondial Z » - tous ces pays et peuples qui choisissent ensemble la voie du « défi » et du renouveau national.  "

Crooke est très optimiste sur l'utilité de l'alliance militaire russo-iranienne. Il estime qu'elle portera des fruits notamment dans le domaine des armes supersoniques, qui, selon lui, rendent obsolètes les armes nucléaires tactiques. "L'utilisation des missiles russes hypersoniques de haute précision Kinzhal, note-t-il, a complètement rasé un bunker d'armes profond et une vaste base d'entraînement en Ukraine, près de la frontière polonaise, en mars dernier – sans rien de plus. (L'effet cinétique de la frappe hypersonique en a également fait des bunker-busters.)" Or, "l'Iran dit avoir mis au point un missile hypersonique." "Quelques jours plus tôt, l'Iran avait également annoncé avoir lancé un missile balistique transportant un satellite dans l'espace. Si tel est le cas, l'Iran dispose désormais de missiles balistiques capables d'atteindre non seulement "Israël, mais aussi l'Europe". Et ce, alors que les Etats-Unis ne sont pas disposés à suivre la coalition d'extrême droite derrière Netanyahu dans un projet de bombarder l'Iran. Le rapport de force avec le régime de Tel-Aviv s'en trouve donc lui aussi changé.

Cette évolution a probablemet encouragé la Turquie à bombarder les alliés des Américains en Syrie à la suite de l'attentat d'Istanbul du 13 novembre. Ankara a même attaqué les abords d'une base contrôlée par les États-Unis dans la province syrienne d'Al Hasakah le 26 novembre. Auparavant les installations pétrolières exploitées par les USA et leurs alliés au mépris de la souveraineté syrienne avaient aussi été bombardées par les Turcs. Les provinces syriennes de Hasakah, Deir ez-Zor et Raqqa sont actuellement principalement contrôlées par les Forces démocratiques syriennes kurdes soutenues par les États-Unis. Depuis 2015, le commandement américain a créé neuf bases dans la zone. L'opération turque a conduit Washington a faire marche arrière.

S'exprimant lors d'une conférence de presse, le porte-parole du Pentagone, le général de brigade Patrick Ryder, au nom du Pentagone, a déclaré le 29 novembre que les États-Unis reconnaissaient les préoccupations de sécurité de la Turquie et avaient donc réduit les patrouilles avec les milices kurdes. L'objectif d'Erdogan reste de constituer une zone de sécurité de 30 km à l'intérieur des frontières syriennes, ce qui peut impliquer la prise militaire terrestre de Kobane pour y reloger les 3 millions de réfugiés syriens en Turquie.

Les Kurdes (qui peuvent encore utiliser leurs prisonniers de Daech comme instruments de chantage) ont fait appel aux Russes pour dissuader Erdogan de poursuivre son action militaire, et Poutine a renforcé sa présence militaire à Tal Rifaat.

L'Iran de son côté semble par ailleurs reprendre en main sa situation intérieure. Le pays a protesté auprès de l'ambassadeur de France pour ses ingérences dans sa politique intérieure suite à une résolution du parlement français, ce qui a permis  de mettre en avant au passage l'affaire des activistes Cécile Kohler et Jacques Paris, enseignants syndicalistes accusés d'avoir cherché à fomenter des troubles parmi leurs homologues iraniens. Les ambassadeurs allemand et britannique ont aussi été convoqués. Elle se propose en médiatrice entre la Turquie et les Kurdes en Syrie, et tire divers profits sur la scène internationale de son alliance avec Moscou.

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Liban : le président Aoun démissionne

30 Octobre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Le monde autour de nous

Le président libanais Michel Aoun a quitté le palais présidentiel ce dimanche, avant l'expiration lundi de son mandat de six ans, dans un contexte de crise politique. Le dirigeant chrétien, âgé de 89 ans, n'a pas de successeur désigné, alors que le gouvernement est démissionnaire depuis les élections de mai dernier.

Le président dans un discours de mi-journée à Beyrouth a reconnu l'ampleur de la crise financière (les gens ne peuvent plus jouir de leurs propres économies à la banque) en soulignant que c'est parce que le parlement n'avait toujours pas pu voter une loi de contrôle des capitaux. Il est persuadé que Le gaz et le pétrole offshore "fourniront les fonds nécessaires pour sauver le Liban". A  cet effet son pays a signé avec Israël (qu'il ne reconnaît officiellement pas) un accord de délimitation de la frontière qui va permettre cette exploitation, au terme de longues négociations qui avaient été supervisées par un émissaire de Biden.

Cette démarcation est unanimement saluée au Liban. Le leader du Hezbollah Hassan Nasrallah s'est attribué une partie du mérite de cet accord qui, bien qu'il ne retienne pas la ligne 29 au début voulue par le Liban, avec une entente sur la ligne 23 est plus favorable que la ligne 1 voulue par Israël (voir carte ici). Selon lui Israël (à qui l'Assemblée générale des Nations Unies a  une fois de plus demandé à Israël de renoncer à l'arme nucléaire par 152 voix contre 5 - celles des USA de Palau, de la Micronésie, du canada et d'Israël, avec 24 abstentions dont l'Union européenne, la Côte d'Ivoire, Papouasie, le Royaume-Uni, l'Inde, Monaco, la Géorgie, le Cameroun, l'Australie et l'Albanie, et en l'absence de 7 petits pays africains et insulaires et du Venezuela) aurait été sensible à la menace de guerre proférée par son organisation alors que Tel Aviv voulait commencer l'exploitation off-shore. Son organisation avait fait savoir qu'elle interviendrait militairement avec des drones pour empêcher l'exploitation avant la conclusion d'un accord.

Il reste maintenant au Liban a régler son litige maritime au Nord avec la Syrie (qui commence à récupérer certains de ses réfugiés dans ce pays, les 800 000 réfugiées syriens sont un des problèmes du pays, avec les 210 000 Palestiniens dans douze camps).

Sur le plan financier les bailleurs de fonds étrangers hésitent à secourir le Liban à cause de sa paralysie politique. Le FMI conditionne l'octroi d'une facilité de paiement de 3 milliards sur 46 mois à des réformes économiques (Beyrouth n'a pas le même accès aux aides étrangères que l'Ukraine...). Et la majorité de la population ne survit que grâce aux organismes de charité et au soutien de la diaspora.

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Donbass, variole, Palestine, spiritisme autour de JP Pernaut, Gérard Fauré

1 Août 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Le monde autour de nous, #Proche-Orient

Nos médias sont amusants. Hier soir, après 30 minutes de nouvelles totalement abrutissantes sur la température ambiante, les retards de trains etc pour nous prouver que soi-disant le Donbass serait politiquement "divisé" sur la question de l'invasion russe, sur une grande chaine nationale, au JT de 20 h, interviewe quelques personnes très claires sur leur soutien à la Russie, puis, à titre de représentant de "l'autre opinion" supposée être suffisamment répandue pour diviser la société de l'Est ukrainien, les journalistes imbéciles ne trouvent, pour illustrer le point de vue anti-Poutine... qu'un aumônier militaire de l'armée de Kiev (si si !) qui balance un discours de droite agressif selon lequel les gens qui soutiennent la Russie sont des fainéants nostalgiques de l'URSS qui vivent d'allocations chômage... gloubs ! Et ce au moment où le clown qui dirige Kiev menace de déporter les habitants du Donbass. Le pire est que beaucoup de consommateurs d'images décérébrés ne verront même pas le problème...

La variole du singe continue d'être agitée comme un chiffon rouge. A ce sujet, la Canadienne Amazing Polly analyse les effets secondaires du vaccin Bavarian Nordic, et souligne que les vaccins anti-variole du singe n'ont pas été plus testés que les thérapies géniques anti-Covid, ce que déclare aussi le Pr Caumes dans Brut.

A l'Assemblée nationale, l'inénarrable Jérôme Guedj (NUPES) brocarde une résolution du groupe communiste sur l'apartheid israélien en Palestine occupée, qui selon lui "transpire la détestation d'Israël" (certains jours, je me prends à regretter qu'il n'ait pas été battu par Montchalin à Palaiseau). De même le franc-maçon Xavier Bertrand. Europalestine réplique en montrant des images de jeunes Palestiniens à Ramallah agenouillés par l'occupant en plein soleil. La résolution est pourtant très argumentée, elle se fonde sur un rapport récent d'Amnesty International, rend hommage à la journaliste assassinée Shireen Abu Akleh et rappelle que même le Conseil d'Etat français a dû mettre un frein récemment à la censure gouvernementale des pro-Palestiniens.

Je termine en regrettant que la TV ait une fois de plus dans Touche pas à Mon Poste (TPMP) fait l'apologie du spiritisme à travers cette interview il y a quinze jours de Nathalie Marquay-Pernaut, veuve d'une star des médias 666 décédée en mars 2022.  Rappelons que même si un très grand saint comme Saint Augustin a pu avoir une position assez nuancée sur le contact avec les morts, les synchronicités autour des défunts qui font référence à Johnny Hallyday, chanteur qui se vantait d'avoir vendu son âme au Diable, ne peuvent pas venir de Dieu - les forces qui s'y déploient ne nous veulent pas du bien, pas plus que ne nous en veut TF1...

D'ailleurs à propos de ce chanteur, j'aime bien la façon dont l'ex-vendeur de coke Gérard Fauré en parle dans la récente interview ci-dessous (Chaîne Livre noir). Il explique les amours du chanteurs avec un jeune marocain et comment la mafia française (Gaëtan Zampa) le rackettait malgré son alliance avec Francis le Belge (min 55), sujet qu'il a déjà maintes fois évoqué. Ses avis sur l'Ukraine et sur Chirac sont aussi les miens (concernant mon opinion sur Chirac voyez ici). Voyez aussi comment l'intervieweur sot, détourne lâchement la conversation quand il est question d'adrénochrome (min 56'31)...

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Les réfugiés politiques kurdes sacrifiés pour l'entrée de la Suède et de la Finlande dans l'OTAN

1 Juillet 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Colonialisme-impérialisme, #Peuples d'Europe et UE, #Le monde autour de nous

En échange du feu vert d'Ankara à leur adhésion à l'OTAN, Stockholm et Helsinki vont devoir livrer des dirigeants et activistes kurdes qui vivent sur leur sol à la Turquie (une trentaine au total).

Pour mettre un visage sur ces réfugiés politiques, on peut par exemple citer le cas de la députée  Amineh Kakabaveh, 52 ans, Kurde iranienne de gauche arrivée en Suède en 1992. La députée kurdo-suédoise indépendante a récemment attiré l'attention internationale après s'être abstenue de voter une motion de censure début juin sauvant ainsi le gouvernement de la Première ministre suédoise Magdalena Andersson. En échange, Kakabaveh a déclaré que le gouvernement avait promis de continuer à aider les Kurdes dans le nord-est de la Syrie... un promesse sur laquelle la Suède va pouvoir s'asseoir après le deal passé avec Erdogan. Voilà comment Mme Andersson remerciera ses amis...

Les deux pays scandinaves ont aussi accepté de renforcer leur coopération en établissant des commissions conjointes des services de sécurité et de renseignement avec Ankara qui lui permettront de bénéficier de leurs anciens dossiers et d’obtenir des informations sécuritaires et sur leurs activités de financement et de recrutement. Un grand pas en avant pour le respect des principes du droit d'asile...

C'est à peu près aussi piteux que l'image du président de la République française courant après son homologue américain comme un caniche à la dernière réunion du G7 pour lui révéler ses petits arrangements avec les Emirats arabes unis pour obtenir un peu plus de pétrole en compensation de l'embargo sur les hydrocarbures russes.

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L'aéroport de Damas partiellement détruit

12 Juin 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Proche-Orient

 

Avant hier des missiles israéliens ont été tirés du Golan en direction de l'aéroport international de Damas (les services israéliens ont revendiqué l'action en publiant une photo). Certains ont été interceptés mais pas tous, même si le gouvernement syrien a rechigné dans un premier temps à le reconnaître. L'ampleur des dégâts est telle que la Syrie doit annuler tous ses vols dans l'attente d'une coûteuse réorientation du trafic vers Alep. Nos soi-disant grandes consciences occidentales s'abstiennent de condamner cet acte de piraterie qui va une fois de plus précariser la situation économique d'un peuple empêché de se reconstruire par les sanctions américaines. Plus d'une centaine de frappes israéliennes ont été recensées en Syrie depuis 2011.

Par ailleurs les Jordaniens regrettent le retrait de l'armée russe du Sud de la Syrie qui risque d'accroître l'instabilité de la zone. Au Nord Erdogan reprend l'offensive contre les YPG qui tendent la main au gouvernement de Bachar el-Assad pour la contrer.

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L'Iran relance sa politique latino-américaine

4 Août 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous, #Proche-Orient

Dans la même veine que la grande amitié entre le président iranien Mahmoud Ahmadinejad et son homologue vénézuélien Hugo Chavez qui avait marqué les esprits dans les années 2000, le nouveau président de la République islamique, M. Ebrahim Raisi, en accueillant à Téhéran Sacha Llorenti, secrétaire général de l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA) et ancien ambassadeur de Bolivie à l'ONU, qui est en Iran pour participer à la cérémonie d'investiture du nouveau président prévue pour demain, n'hésite pas à déclarer que la coopération de son pays avec l'Amérique latine peut contribuer à "marginaliser" le rôle international et régional des Etats-Unis. L'agence de presse chinoise Xinhua relaie la nouvelle avec intérêt.

Raisi a aussi accueilli chaleureusement ce soir le ministre nicaraguayen des Affaires étrangères Denis Ronaldo Moncada et a déclaré à cette occasion que "le peuple iranien a toujours souhaité le succès au peuple révolutionnaire nicaraguayen et, comme l'a souligné le guide suprême de la révolution islamique, (que) l'esprit révolutionnaire doit toujours rester vif et frais, surtout parmi la jeune génération" (source : agence Irna).

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Meurtre d'une militante kurde en Turquie : le HDP sous pression

20 Juin 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #La gauche, #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous

Il y a trois jours (le 17 juin) la militante kurde Deniz Poyraz, 28 ans, a été assassinée de six balles dans le siège de son parti (le HDP - Parti démocratique des peuples) à Izmir (Smyrne) où elle prenait son petit déjeuner par le mercenaire d'extrême droite Onur Gencer, qui a photographié son corps  gisant dans une mare de sang et l’a partagée sur WhatsApp accompagnée du mot « leş 1 » (cadavre 1). Il pensait tuer d’autres militants car une réunion avec les membres du parti avait été prévue puis annulée en dernière minute. La police turque qui surveille les locaux n'est pas intervenue. Gencer avait partagé sur Instagram des photos de lui tenant des armes de plusieurs calibres qu’il avait utilisées en Syrie. Dans ses deux dernières publications qu’il avait partagées hier, il disait que les Kurdes étaient des rejetons d’Arméniens et qu’il allait nous faire vomir du sang.

Deniz Poyraz était issue d'une famille de militants. Trois de ses huit frères et soeurs sont prisonniers des geôles turques. ll y a quelques années elle manifestait en hommage à la militante Dîlan Kortak (19 ans) assassinée par la police le 3 décembre 2015 à Istanbul. Elle l'a maintenant rejointe.


Le chauffeur de taxi qui a été déposé Gencer quelques minutes avant son attaque meurtrière a témoigné à la police vendredi, et a déclaré que le tireur était un de ses clients réguliers. Gencer se rendait fréquemment dans un hôtel de Balçova, à Izmir, dirigé par le gouverneaur de la province et dans les bureaux du HDP. Il fréquentait aussi des membre du Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir au stand de tir dirigé par un membre d'une émanation de l'AKP, le "Mouvement de la société civile".

Les rassemblements rendant hommage à Deniz Poyraz ont été brutalement réprimés par les autorités.  Des membres des collectifs kurdes affirment que des femmes sont assassinées chaque jour en Turquie à cause de leurs opinions politiques.

Ce n’est pas la première fois que les bureaux du HDP sont ciblés. Juste après les élections générales de juin 2015, puis à nouveau en 2016, des centaines de leurs bureaux, dont le siège à Ankara, ont été attaqués par des foules racistes, et beaucoup ont été incendiés.

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Une petite pensée pour Pierre Piccinin da Prata

29 Avril 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Débats chez les "résistants"

Je repensais cette nuit à Pierre Piccinin da Prata avec qui il y a quelques années j'avais travaillé sur ce site.

Je n'ai pas été d'accord avec lui sur tout, ni sur le fond ni sur la forme, mais on ne peut nier que sa manière de s'investir au Proche-Orient était pleine de panache et de générosité. Je relisais son texte de 2019 par lequel il tirait sa révérence plein d'amertume sur les pseudo-intellectuels alternatifs. Je sais lesquels il visait. Une partie d'entre eux sont aussi dans mon collimateur. Ces gros narcisses dégoûtant qui prétendent parler au nom de la paix, au nom des peuples, sur les websites de leurs copains et le plateau de Taddei et qui, s'ils étaient au pouvoir apparaitraient aux masses aussi veules, idiots et abjects que les macroniens. "Un tel pourrait facilement aider par un geste, écrivait-il en 2019… Un tel en consacrant trois ou cinq minutes de son temps… Mais ni l’un ni l’autre n’y consent, car cela dérangerait une parcelle, infime, de son confort mesquin." J'ai connu ça par coeur.

Avec quelle facilité ces pauvres gens ont oublié Piccinin et ses escapades proche-orientales, comme ils ont oublié mon engagement pour la Serbie, pour la paix avec la Russie (combien de russophiles m'ont-ils écrit au cours des dernières années ? aucun), pour l'émancipation des peuples avec l'Atlas alternatif ! Combien se souviennent-ils du travail que j'ai abattu ? Ces individus n'ont même pas un brin d'élégance comme ce Belge qui me proposa il y a deux ans de diriger un livre sur Assange avant de s'enfermer lamentablement dans un mutisme qui n'était même pas poli. C'est à cela que Piccinin fait référence pour lui-même quand il écrit : «Avec quelle facilité… un mail… un sms… et puis le silence… les " gens " peuvent-ils ravaler leur parole, se désengager, sans égard pour les conséquences que génère leur inconstance. »

Que reprochent-ils à Piccinin ? Ses incertitudes sur la Syrie ? Sa façon d'aller tendre un micro à Daech quand ces fascistes massacraient yézidis, chrétiens et chiites à tour de bras ? Je ne pense pas. Les publicistes français ont toujours des tas de choses à reprocher à des tas de gens (comme beaucoup auraient sans doute à me reprocher ma conversion chrétienne, ou mes travaux récents sur les sociétés secrètes et le Covid qui ne cadrent pas "parfaitement" avec l'approché "rationaliste" censée prévaloir dans le débat mondain de notre époque). Mais en dernière analyse le grief majeur qu'ils adressent à autrui c'est de ne pas se situer exactement au même endroit que leur propre nombril. Rien d'autre. Pour exister dans le débat, il faut s'être suffisamment imposé à l'égoïsme de chanu pour être incontournable : avoir un website, une chaine You Tube, aimer suffisamment sa petite personne pour s'être créé un réseau d'admirateur, s'être construit une marque de fabrique et être prêt à aller vendre sa soupe - toujours les mêmes thèmes, toujours les mêmes mots clés - pour que les gens vous aient bien identifié dans l'espace ; bref, jouer un rôle et ne pas trop aimer la vérité : parce que la vérité c'est l'aventure, la remise en cause de soi, le refus des petites étiquettes et de cette comédie sociale dont les publicistes raffolent.

"Les expériences sociales, dans lesquelles je me suis honnêtement engagé, m'ont résolument fait perdre tout humanisme" ajoute-t-il dans son discours d'adieux. Et ça c'est un bon point, parce que l'humanisme est un péché, et qu'il ne faut rien attendre des hommes et tout de Dieu. Et il faut aimer les hommes en Dieu, à travers Dieu, car Dieu seul nous donne la force de supporter leurs défauts et surtout leur inconstance. Attendre des choses des gens, surtout par les temps qui courent, ces temps "post-soixante-huitards" comme dit Piccinin où les qualités humaines sont réduites à zéro, revient à scier la branche sur laquelle on est assis. "Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu; et toutes ces choses vous seront données par-dessus" (Matt 6:33) Travaillez pour Dieu. Ensuite les soutiens humains viendront... ou ne viendront pas, selon sa volonté, mais en tout cas vous aurez au moins la satisfaction d'avoir tout fait au mieux. En plaçant les échanges avec les gens en premier, on inverse les priorités, et l'on fonce tête baissée dans les murs.

J'admire la résolution avec laquelle M. Piccinin s'est retiré de tout débat, de tout travail d'investigation, lui qui avait une passion pour cela. Plus aucune trace sur le Net, sur les  réseaux sociaux. Qu'est-il devenu ? Même sa fiche Wikipedia ne le dit pas. S'est-il enfermé dans un monastère ? Ha, si seulement ses adversaires et ses rivaux, nos adversaires, avaient comme lui l'once de sagesse et de dignité d'opter enfin pour le silence, comme l'air de ce monde deviendrait enfin respirable ! Je pense par exemple à Chomsky qui maintenant joue sur sa lyre pour le plus grand plaisir des médias totalitaires l'éloge de Biden au nom d'une foi commune en la responsabilité de l'humanité dans le réchauffement climatique... A la prochaine révolution des Gilets jaunes, je proposerai qu'on impose aux intellectuels et publicistes un principe de limitation de mandat, limitation du droit à la parole, comme à nos députés : cinq ans non renouvelables. Piccinin da Prata a eu l'humilité de s'auto-limiter. Vous tous qui avez contribué à l'Atlas alternatif, et vous qui vous pavanez sur les plateaux de CNews, d'RT France etc. faites de même. Tout le monde s'en portera mieux.

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Donnez pour Alep (Syrie)

24 Avril 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Christianisme

Depuis 2016, je vous ai souvent demandé d'aider les Yézidis d'Irak. Et je ne manque pas non plus, quand je le peux, de vous parler d'Alep, et de la Syrie en général, pays que nous avons délibérément déstabilisé et poussé à la guerre civile sur la base de  mensonges éhontés, que nous acculons à la malnutrition alors qu'il était autosuffisant avant 2011, parce que nos alliés américains occupent ses champs pétroliers et bloquent ses avoirs bancaires dans le cadre d'un dispositif inhumain de sanctions économiques.

Soeur Brygida Maniurka, une franciscaine polonaise fait circuler un message du bureau de la paroisse latine Saint François d'Assise du 12 avril qui décrit l'engagement de l'Ordre des Frères mineurs au service des pauvres à Alep depuis le génocide arménien jusqu'à aujourd'hui. Deux cents repas chauds sont donnés chaque jour aux habitants pauvres d'Alep, notamment aux orphelins. Les Frères mineurs veulent étendre leur aide. Si vous avez envie de donner joignez moi par le formulaire de contact, je vous donnerai leur référence de compte banquaire.

"La situation à Alep, y explique le frère Ibrahim Alsabagh, curé d'Alep, est aujourd'hui plus préoccupante que jamais. Les prix des denrées alimentaires ont considérablement augmenté. De plus en plus de personnes souffrent de la faim et plongent dans la pauvreté; il n'y a pas de sécurité alimentaire. Un repas de base est hors de portée pour la plupart des familles. Les gens font la queue devant les boulangeries pour acheter des portions limitées de pain. C'est souvent la seule nourriture qu'ils peuvent se permettre. L'accès à la nourriture est mentionné par les gens comme leur besoin fondamental. Les parents renoncent à la nourriture pour la donner à leurs enfants. En ce moment très difficile et critique de l'histoire, lors de «l'explosion de la faim», les veuves, les orphelins, les personnes âgées, les malades et les handicapés sont les plus exposés à ses effets. Nous considérons comme une nécessité urgente la mise en place d'une cuisine collective qui préparerait des repas chauds pour ceux qui en ont besoin. Nous voulons l'installer dans le monastère franciscain de Ram, dans ce site historique de la Transfiguration de la Miséricorde, qui multiplie les pains et les poissons pour satisfaire la faim. Cette fois, non seulement pour des centaines de personnes, mais nous voulons l'étendre à tous les habitants dans le besoin d'Alep. Le coût d'un repas pour une personne est de 2 euros."

Compte bancaire pour les dons (en Euros):

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Ci-dessous aussi la traduction de l'interview du père Ibrahim Alsabagh (initialement publiée en français dans Famille Chretienne, mais la version française n'est pas en accès libre), sur la situation générale à Alep :

Les combats en Syrie se poursuivent-ils encore quatre ans après la fin de la bataille d'Alep?

La guerre n'est pas finie. Nous assistons à une course aux armements - plus rapide que jamais. Notre pays regorge de missiles et d'armes. A Idlib, dans le nord, où la situation est toujours tendue, les groupes militaires seraient de plus en plus organisés et armés. Les tensions se poursuivent également dans le sud avec des missiles de nos voisins attaquant l'armée iranienne. La guerre fait toujours rage sur notre terre; il a une dimension internationale et devient de plus en plus cruel.

Jusqu'où est la reconstruction de la ville d'Alep?

Nous avons commencé la reconstruction des maisons endommagées et lancé des projets microéconomiques. Cependant, la situation est revenue à un état critique, comme avant 2016. Nous assistons à une «guerre de la faim».

Comment est-ce possible?

Les sanctions touchent la partie la plus pauvre de la population. Le principal phénomène d'inflation se poursuit avec l'effondrement de la livre syrienne, tandis que les salaires des travailleurs restent les mêmes. Le prix de la nourriture augmente toutes les heures. Les gens ont froid, il n'y a pas de lumière, l'électricité est disponible une heure par jour. Il y a aussi très peu de carburant et vous devez faire la queue pendant des kilomètres jusqu'aux stations-service pour l'obtenir.

Quelle est l'humeur générale des gens ?

La plus grande menace pour le peuple d'Alep est le désespoir. Il est terrifiant de perdre l’espoir que la crise prendra fin et que la vie reprendra sa dignité. Je n'ai jamais pensé que je serais confronté à un patient refusant un traitement hospitalier et souhaitant rentrer chez lui pour y mourir, ou faire face à une femme qui préfère cesser d'exister plutôt que vivre. Au cours des dix derniers jours, j'ai entendu de nombreux mots de désespoir, je n'en ai jamais entendu parler auparavant.

De nombreux chrétiens sont partis dans les premières années de la guerre. Certains sont revenus?

Quand je suis arrivé à Alep fin 2014, les deux tiers de la population et un pourcentage égal de chrétiens ont quitté le pays. Environ 50 familles chrétiennes sont rentrées en 2017, mais 50 autres ont émigré. Les jeunes sont rentrés du Liban l'année dernière à cause de la crise qui y règne. Mais ceux qui reviennent ne rencontrent que des difficultés, car la crise s'aggrave de jour en jour.

La situation à Alep est-elle la même que dans le reste du pays?

La situation est plus difficile ici. Pendant la guerre, des groupes armés se sont emparés de 60% de la ville, qui a été en grande partie détruite. Dans l'ancienne capitale économique du pays, des centaines d'entreprises ont été détruites et des équipements pillés. Malgré les efforts du gouvernement, la ville d'Alep ne parvient pas à retrouver son passé glorieux et reste paralysée.

Quelles personnes dans la société souffrent le plus?

La souffrance est notre pain quotidien en ces jours très froids. Les pères ne savent pas où trouver de l'argent pour le pain de leurs enfants. Les femmes sont déprimées et ont des problèmes cardiaques. La crise affecte de nombreux jeunes; leur enfance avait déjà été volée par la guerre. De combien de courage, de force et de persévérance avez-vous besoin aujourd'hui pour obtenir une éducation et une profession? Ces jeunes n'ont aucun moyen de construire leur vie, leur avenir. La crise affecte les enfants qui n'ont pas la possibilité de se développer physiquement et mentalement - des enfants qui grandissent dans des familles marquées par une atmosphère de tristesse, de désespoir, d'insécurité et de confiance qu'ils auront de quoi manger demain. La crise affecte l'éducation, car les parents sont incapables d'acheter des fournitures scolaires et souvent ne peuvent même pas se procurer des vêtements et des chaussures pour envoyer leurs enfants à l'école. La crise touche également les personnes âgées, les plus faibles de notre société. Ils ont souvent plusieurs maladies et sont incapables de travailler en raison d'un handicap. Ils n'ont ni revenu ni sécurité financière.

Comment la présence de Dieu se manifeste-t-elle dans une réalité aussi sombre?

Nous expérimentons la Présence Divine à chaque instant. Le Bon Pasteur, de toutes ses forces, est présent dans les difficultés. Nous le touchons avec nos mains et le voyons avec nos yeux. Dans les difficultés objectives, il guide et donne des directions. Nous n'exagérons pas quand nous disons que nous vivons ensemble avec des miracles, nous les rencontrons à chaque instant. L'Église - la main tendre du Seigneur ressuscité - fait beaucoup de bien. Le Seigneur est responsable de tout. Dans cette expérience de la Providence de Dieu, il y a la Transfiguration du Seigneur, qui rappelle l'expérience sur le mont Thabor, sur la croix et dans sa révélation après la résurrection. Nous nous sentons enveloppés de sa tendresse, comme des disciples enveloppés de sa lumière éternelle. C'est une expérience de Son essence, la nature de Dieu, qui est amour et tendresse. Notre expérience est une révélation de la façon dont Dieu nous aime et prend soin de chacun de nous.

Qu'est-ce que cette expérience spirituelle enseigne au Père?

La présence du Christ transforme la souffrance inutile en souffrance rédemptrice. Il est un modèle pour nous dans sa souffrance rédemptrice. Avec la foi dans nos cœurs et avec l'espérance qui vient de lui, nous répondons avec amour à son amour inconditionnel. Le chemin de notre souffrance devient ainsi le chemin de la croix vécu avec toute intensité. Ceci est vrai pour les différentes «stations». Pendant les dix années de la guerre, nous avons connu des dizaines de stations très différentes. Cette dernière station, où nous vivons actuellement, est une étape inhumaine que nous pourrions appeler «l'étape de la famine et de la prison».

Pourquoi de la  «prison»?

Parce que nous sommes piégés et isolés du reste du monde. Les sanctions nous empêchent inhumainement non seulement d'avoir du pain quotidien, mais aussi d'avoir de l'air à respirer. Ces «murs» contraignants seront toujours plus serrés en raison des restrictions bancaires, de la crise libanaise, des restrictions sanitaires liées au Covid-19, nous empêchant non seulement de quitter le pays mais aussi, pendant assez longtemps, de visiter librement nos familles dans le pays. ville.

Les établissements de santé sont-ils suffisants pour la population?

Pendant de nombreuses années de guerre, les hôpitaux de la ville ont été lourdement bombardés.

De nombreux appareils et équipements sont hors service en raison de sanctions qui empêchent la maintenance et de la possibilité d'importer des pièces détachées de l'étranger. Dans cette terrible situation, le Covid-19 est apparu, sur des structures détruites et manquant d'équipement - dans un pays divisé et frappé par la pauvreté. Combien de souffrances avons-nous vu? Combien de patients sont décédés à domicile du coronavirus? Combien de ceux qui ont survécu souffrent de maladies corporelles marquées par les séquelles de la pandémie?

Comment coexistent la société chrétienne et musulmane?

Que ce soit avant la crise ou aujourd'hui, cette coexistence est pacifique. La souffrance de la crise a amené certains musulmans à voir la réalité différemment. De plus, la crise a amené un plus grand nombre de personnes qui ont dévié de leur religion et se sont mises sur la route à la recherche de la vérité, loin du dieu qui cause la guerre et la haine, et se rapprochant de la porte de l'Église, recherche par curiosité ou par désir spirituel - Christ, le Prince de la paix. Vivre avec «l'autre» qui est différent reste un défi.

Quelles sont les conséquences de la crise sans fin sur l'âme du peuple syrien?

Seul Dieu connaît la profondeur des blessures dans les âmes et les corps causées par cette crise et se reflétant sur le visage de chaque Syrien. La médecine que nous, pauvres êtres humains, pouvons offrir est la seule chose que nous ayons. «Nous n'avons ni argent ni or», mais nous avons le Christ. C'est le visage de Dieu dont l'essence est l'amour. Il n'y a pas d'autre moyen que la tendresse, qui apparaît comme un humble service de lavage des pieds non seulement à chaque chrétien, nos fidèles, mais à tout homme considéré comme notre prochain, parce qu'il est notre frère. Chaque Chemin de Croix a la Résurrection comme dernière étape, qui est la victoire de l'Amour sur la haine, la Paix sur la guerre.

 

source:

Propos recueillis par Jean-Marie Dumont

FAMILLECHRETIENNE.FR • N ° 2254 • SEMAINE DU 27 MARS AU 2 AVRIL 2021

 

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Washington volerait le blé syrien dans sa zone d'occupation

19 Mars 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Colonialisme-impérialisme, #Les Stazinis, #Le monde autour de nous

Non content de soumettre le peuple syrien encore convalescent de la guerre à un embargo injuste et de l'empêcher de bénéficier pour sa reconstruction des ressources des champs pétroliers qu'il occupe au nord-est du pays, Washington volerait aussi le blé dans cette zone.

L'agence officielle syrienne signale aujourd'hui que des sources locales ont signalé qu'un convoi de 17 camions chargés de blé syrien volé dans les silos d'al-Toubya dans la région de Rmelan s'est dirigé vers l'Irak sous la protection de véhicules de milices pro-américaines. Le même vol s'était déroulé le 16 mars.

La nouvelle tombe à l'heure où Biden met ses pas dans ceux de l'Etat profond en ce qui concerne les provocations contre la Chine, la Russie, la Bolivie, le Venezuela, l'Iran...

Elle est a prendre avec précaution dans un contexte de guerre où la vérité est souvent "la première victime"  selon la formule bien connue. L'an dernier un article de SANA repris par des médias russes sur le fait que les hélicoptères Apache brûlaient les champs de blé donnaient lieu à controverse.

Mais elle est loin d'être improbable. En juin 2019, un expert du think tank proche du Parti démocrate américain, le Center for a New American Security - CNAS (financé par le complexe militaro-industriel, des gouvernements occidentaux et l'Open Society de Soros), Nicholas Heras, avait suggéré dans une interview à l'AFP que "le blé peut être utilisé comme un instrument de pression sur le régime d'Assad", comme l'avait mis en valeur CNAS sur son compte Twitter (voir l'article de l'excellent site Gray Zone à ce sujet).

Signalons au passage que CNAS est a été présidé par Victoria Nuland, qui avait joué un rôle clé dans le coup d'Etat de Maidan en Ukraine comme sous-secrétaire d’Etat aux affaires européennes et eurasiatiques de l’administration Obama comme on l'avait signalé en 2014 dans un article publié sur le site aujourd'hui disparu "Esprit corsaire" de Richard Labévière mais toujours disponible sur notre blog ici. On touche là une fois de plus au coeur du dispositif belliciste démocrate états-uniens toujours actif sur tous les théâtres d'opération planétaires.
En septembre dernier 7 000 enfants souffraient de la faim en Syrie, alors que ce pays avant la guerre était autosuffisant sur le plan alimentaire.

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Ne soyez pas égoïstes - faites circuler l'information : si un billet de ce blog vous intéresse, partagez le par mail ou sur les réseaux sociaux.

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NEOM et l'intelligence artificielle

31 Décembre 2020 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Bill Gates, #Donald Trump, #Proche-Orient, #Grundlegung zur Metaphysik, #Débats chez les "résistants"

Revenons d'un mot sur le  projet saoudien NEOM que l'on avait évoqué en avril 2018 à propos de l'affrontement entre l'ami des démocrates (et de Bill Gates) Al Waleed et le pro-Trump Ben Salmane. Nous avions expliqué à l'époque que le prince Ben Salmane a confié un projet de nouvelle mégalopole industrielle NEOM à 500 milliards de dollars (construite au prix d'expropriations arbitraires) à l'ex PDG de Siemens Klaus Kleinfeld lobbyiste du forum de Davos et financé par le groupe japonais SoftBank Group dirigé par Mark Schwartz ancien de Goldman Sachs

NEOM est censée constituer une mégapole de 10 000 kilomètres carrés (la raille de la Belgique), véritable Etat indépendant, avec des voitures volantes et une lune artificielle, alimentée par des énergies renouvelables, une ville "avec plus de robots que de personnes", le paradis de l'intelligence artificielle. Son nom mêle le mot grec"nouveau"  (Neo) et le mot arabe "avenir" (Mostaqbal). Ce sera le pendant en plus gros de la ville de Bill Gates "Belmont" dans l'Arizona.

Certaines voix musulmanes en France comme celle du chiite Yahia Gouasmi ancien responsable du Centre Zahra affirment que ce projet est antéchristique et vient prolonger le geste de la création, au pied du mont Sinaï, du Veau d'Or par le Samiri (selon le Coran), qui serait selon lui une préfiguration de l'Intelligence artificielle, cette "intelligence acquise" de Lucifer (Iblis),  opposée à l'intelligence directement inspirée de Dieu, intelligence qui prospèrera avec le Dejjal à la fin des temps avant d'être vaincue par le Messie. On notera que l'Arabie saoudite reconnaît elle-même cette continuité au moins sur le plan géographique. Le 18 mai dernier, un article du journal pakistanais "The Daily Times" précisait que selon Charles Whittaker le mont Sinaï est bien situé dans cette zone, au mont Jabal al Lawz (Djébel-el-Lawz, la montagne des amandes) ce qui a donné lieu à un documentaire de 24 mn de la "Doubting Thomas Research Foundation" (cf ci dessous), une thèse aussi soutenue par le Dr Colin Humphreys, professeur de sciences à Cambridge qui affiche par ailleurs ses convictions baptistes. C'est devenu d'ailleurs un argument pour des visites touristiques thématiques.

Yahia Gouasmi n'est pas le seul interprète du Coran à associer l'Antéchrist (Dejjal/dajjal) à l'intelligence artificielle notamment du fait des prophéties qui disent qu'il "sera un jeune homme"aveugle ou défectueux dans son œil droit. Cet œil ne sera "ni proéminent ni enfoncé, et ressemblera à un raisin flottant" (voyez par exemple à ce sujet les vidéos du jordanien Tamer Mahmoud, ou de Cheikh Imran Hosein).

En novembre dernier la ville de Neom a été encore à la "une" de nos médias pour avoir été le siège d'une rencontre secrète entre Netanyahou et Ben Salmane. Elle le sera vraisemblablement dans les années à venir pour les expérimentation qui mélangent (comme d'autres projets pharaoniques saoudiens) virtuel et réel et asservissent l'humain au robot à l'ombre de la 5G.

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Destructions des biens des Palestiniens et blocus

27 Novembre 2020 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous

Un communiqué de l'Association belgo-palestinienne du début de ce mois, rappelle que dans les territoires occupés palestiniens "depuis le début de l’année, 689 démolitions de structures civiles palestiniennes ont été recensées par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), laissant 869 personnes sans toit. “Les démolitions sont un moyen essentiel pour créer un environnement conçu pour contraindre les Palestiniens à quitter leurs maisons”, rappelle Yvonne Helle, Coordinatrice humanitaire de l’organisation, dans un communiqué. La justification invariablement invoquée? L’absence de permis de construire, motif particulièrement cynique quand on sait qu’ils sont presque toujours refusés aux Palestiniens.

Dernière manifestation en date de cette impitoyable méthode : le raid du 3 novembre sur le village bédouin de Humsa al-Fuqa, dans la vallée du Jourdain. L’armée israélienne s’est attelée à la destruction systématique de ses logements, infrastructures sanitaires, réserves d’eau et espaces d’élevage, ne laissant derrière elle que des ruines et sommant ses 74 habitants (dont 41 enfants) de quitter les lieux. Il s’agit de la plus grande opération de déplacement forcé depuis une décennie. Pour mémoire, les destructions de propriétés et les transferts forcés de population en territoire occupé violent gravement la quatrième convention de Genève et sont constitutifs de crimes de guerre."

Aujourd'hui Europalestine à Paris alerte sur les effets de l'épidémie de coronavirus à Gaza où la capacité du système de santé "s’est détériorée après plus d’une décennie de blocus israélien et d’assauts militaires successifs. Il avait déjà été submergé par le flot de blessures catastrophiques nécessitant un traitement continu en raison de l’utilisation par Israël de tirs réels pour mutiler et tuer des manifestants dans les deux années qui ont précédé la pandémie".

Un rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement publié mercredi révèle que le blocus israélien de la bande de Gaza a coûté à ce territoire composé à 75 % de réfugiés jusqu'à 16,7 milliards de dollars de pertes économiques en onze ans et a fait exploser la pauvreté et le chômage. Rapporté à la population cela fait environ 8 500 dollars, soit 850 dollars par an. Gaza a un PNB/habitant d'environ 1 500 dollars par an. Autant dire qu'Israël leur a volé tous les ans un tiers des ressources qu'ils pourraient avoir (sans compter l'effet dynamisant pour l'économie qu'aurait la construction d'un Etat palestinien "normal" (le PNB par habitant de pays comme l'Egypte ou la Jordanie dépasse régulièrement les 3 000 dollars en temps normal).

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A l'ONU, légère baisse des soutiens aux Palestiniens sur le Mont du Temple

5 Novembre 2020 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient

 

138 pays membres des Nations Unies (contre 154 l'an dernier sur un texte semblable) ont approuvé mercredi un projet de résolution qui parlait du mont du Temple à Jérusalem uniquement comme d'un lieu saint islamique (al-Haram al-Sharif/Esplanade des Mosquées) et condamnait les restrictions au culte que l'occupation israélienne y provoque.

Neuf pays ont voté contre : Israël, l'Australie, le Canada, le Guatemala, la Hongrie (qui s'était abstenue l'an dernier), les îles Marshall, la Micronésie, Nauru et les États-Unis.

16 pays se sont abstenus contre 13 l'an dernier : la Serbie (qui avait voté contre l'an dernier sous la pression américaine dans le cadre des négociations avec Pristina, mais le risque de reconnaissance du Kosovo par Israël lui fait faire marche arrière), la Papouasie Nouvelle Guinée (qui avait aussi voté contre l'an dernier), l'Autriche, la Biélorussie, le Malawi, le Cameroun, la Colombie, la République tchèque, le Honduras, Kiribati, Sao Tomé et Principe, la Slovaquie, les Iles Salomon, le Togo, l'Uruguay et le Vanuatu.

Certains des pays qui ont parlé de relocaliser leurs ambassades à Jérusalem, comme la République dominicaine et le Brésil ont quand même voté pour, de même que la plupart des pays de l'Union européenne et les grands pays (Russie, Chine, Indonésie, Mexique, Japon, Inde, Pakistan, Egypte etc).

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Erdogan prive d'eau les Kurdes syriens

6 Octobre 2020 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Le monde autour de nous, #coronavirus-vaccination-big pharma

On peut m'accuser de me tromper sur l'Azerbaïdjan, mais sur cette information relative aux Kurdes il n'y a pas d'erreur possible.

Selon Rebecca Anne Proctor, pour Arab News, près de la ville de Ras Al-Ain à Hasakah, dans le nord-est de la Syrie, des femmes et des enfants kurdes sous un soleil caniculaire font la queue pour remplir des bidons d'eau. Les forces d'occupation turques avaient de nouveau coupé l'approvisionnement en eau de la station de pompage d'Alouk (pourtant réparée par des Occidentaux après son bombardement par les Turcs en 2019), à cinq kilomètres de là. Les gens depuis des mois peuvent seulement boire mais pas pour se laver ou nettoyer leurs maisons, ce qui favorise la diffusion du Covid-19. L'eau n'arrive que par des camions. L'Administration autonome du nord et de l'est de la Syrie (NES) dirigée par les Kurdes, a creusé quelques puits d'eau comme alternative, mais cela ne suffit pas pour satisfaire les besoins.

James Jeffrey, l'envoyé spécial américain pour la Syrie, aurait exhorté les dirigeants turcs à reprendre l'approvisionnement en eau, tandis que les ingénieurs militaires russes de la région se sont mis à travailler sur un pipeline pour aider à étancher la soif de Ras Al-Ain. ne fournit pas assez d'eau.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, un chien de garde basé au Royaume-Uni, la partie turque a coupé l'approvisionnement en eau de Hasakah pour faire pression sur la NES pour qu'elle fournisse plus d'électricité de sa centrale électrique de Mabrouka aux zones contrôlées par les mandataires syriens de la Turquie.  «Selon le droit international humanitaire et le Statut de Rome de la Cour pénale internationale, couper l'approvisionnement en eau d'une population civile est un crime contre l'humanité et un crime de guerre», Sara Montinaro, avocate et chef de projet pour le Croissant-Rouge kurde. Erdogan n'est plus à cela près...

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Agression azerbaïdjanaise contre le Haut-Karabakh

27 Septembre 2020 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Christianisme, #Proche-Orient, #Revue de presse

Aujourd’hui tôt le matin, l’Azerbaïdjan a lancé des attaques de missiles à grande échelle sur toute la longueur de la ligne de contact en ciblant également les habitations civiles, y compris la capitale du Haut Karabakh ("République d'Artsakh", enclave arménienne en Azerbaïdjan) Stepanakert.  Une grand mère et sa petite fille sont morts à Martuni.

4000 mercenaires syriens de la soi-disant armée nationale syrienne (islamiste)  seraient désormais engagés dans la bataille. Information à prendre avec des pincettes cependant : le commandant de la brigade Hamza a démenti. Lindsey Snell, journaliste basée  à Munich confirmait tantôt l'info avant hier en rappelant qu'Ankara accusait les Kurdes (YPG syrien) s'être présent en Arménie. Elle ajoutait que 70 miliciens venus de Libye faisaient partie de ces troupes. Au passage ce soir un organe yézidi précise qu'en 2016 des soldats azerbaïdjanais ont décapité en 2016 des miliciens yézidis qui se battaient aux côtés des Arméniens. On voit bien dans quel contexte on se trouve...

Le ministère azerbaidjanais de la défense le 16 juillet avait menacé de bombarder la centrale nucléaire arménienne de Metsamor, si les Arméniens attaquaient des objectifs stratégiques azerbaïdjanais comme les oléoducs, ce qui en dit long sur son mépris pour le respect des vies des civils...

Pour l'instant les F-16 azerbaïdjanais de fabrication américaine sont tenus en échec par les forces d'auto-défense arméniennes.

La BBC, Reuters, France Info etc à tort font croire à un "accrochage" (clash) entre milices arménienne et armée azerbaïdjanaise.  Libération donne la parole au spécialiste Thomas de Waal qui souligne qu'Erdogan appuie plus fermement Bakou que précédemment, ce qui pousse à  la guerre.

En haut à gauche la photo d'un pope arménien qui applique le principe évangélique posé en Luc 22:36 : "Que celui qui n'a point d'épée vende son vêtement et achète une épée".

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