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Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #proche-orient tag

Le géant de Beyrouth

5 Août 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Proche-Orient

Il y a un an une explosion considérable ravageait le port de Beyrouth : bilan 218 morts, 6 500 blessés (due à 2 750 tonnes de nitrate d'ammonium selon la version officielle - et une enquête de Human Rights Watch -, plus de 20 fois AZF, un dixième de la bombe d'Hiroshima) . A titre commémoratif, le 2 août, fut inauguré un monument (on n'ose dire une statue) de 25 mètres, pesant 30 tonnes, appelé The Gesture, assemblé à partir des poutres des hangars en métal, distordues et brûlées par l’explosion. L'artiste créateur Nadim Karam explique qu'il a voulu utiliser le "ramad" (les cendres en arabe) pour créer le "mared" (géant - voyez l'affiche du film égyptien de 1964 El Mared avec le monsieur très "horusien" avec son bandeau à la "Madame X"). Il se défend d'avoir bénéficié de soutiens institutionnels, et affirme que les gens ont simplement apporté leurs débris.

Pourtant l'idée du géant qui renaît de ses cendres évoque le phénix maçonnique... Et on a vu que les géants étaient à la mode dans le monde... Les Nephilim sont (presque) là...

D'ailleurs une autre artiste Hayat Nazer avait érigé peu de temps auparavant sur la place des Martyrs un monument comparable représentant, lui, explicitement un véritable phénix, mais a dû l'enlever. Elle a promis de le déplacer sur le port, sous les applaudissements de Global Citizen, la fabrique de happenings mondialistes pro-confinement et pro-vaccination... Ordo ab chao, ça détruit, ça brûle, ça reforme...

Un peu bizarres ces échos maçonniques et cette volonté de braquer le regard du pauvre peuple libanais en pleine crise économique et institutionnelle sur les cendres et la renaissance des cendres. Je ne soutiens pas de thèses particulières à ce sujet. Je m'étonne seulement. Le thaumazein d'Aristote.

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L'Iran relance sa politique latino-américaine

4 Août 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous, #Proche-Orient

Dans la même veine que la grande amitié entre le président iranien Mahmoud Ahmadinejad et son homologue vénézuélien Hugo Chavez qui avait marqué les esprits dans les années 2000, le nouveau président de la République islamique, M. Ebrahim Raisi, en accueillant à Téhéran Sacha Llorenti, secrétaire général de l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA) et ancien ambassadeur de Bolivie à l'ONU, qui est en Iran pour participer à la cérémonie d'investiture du nouveau président prévue pour demain, n'hésite pas à déclarer que la coopération de son pays avec l'Amérique latine peut contribuer à "marginaliser" le rôle international et régional des Etats-Unis. L'agence de presse chinoise Xinhua relaie la nouvelle avec intérêt.

Raisi a aussi accueilli chaleureusement ce soir le ministre nicaraguayen des Affaires étrangères Denis Ronaldo Moncada et a déclaré à cette occasion que "le peuple iranien a toujours souhaité le succès au peuple révolutionnaire nicaraguayen et, comme l'a souligné le guide suprême de la révolution islamique, (que) l'esprit révolutionnaire doit toujours rester vif et frais, surtout parmi la jeune génération" (source : agence Irna).

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Déclaration syrienne contre "le régime français"

31 Juillet 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient

La Syrie a affirmé son rejet absolu des allégations mensongères incluses dans la Déclaration publiée hier par le Ministère français des Affaires étrangères sur la situation en Syrie (à la suite des affrontements de Deraa), parce qu’elle se base sur le mensonge, l’hypocrisie et le soutien au terrorisme, soulignant qu’elle adopte toujours la retenue vis-à-vis de la situation dans la région du sud et qu’elle n’avait point recouru à la violence comme la Déclaration française prétend.

Dans une déclaration qu’elle a donnée aujourd’hui à « SANA », une source responsable du Ministère des Affaires étrangères et des Expatriés syrien a déclaré : « Poursuivant son héritage colonialiste français abominable, le régime français commandite toujours les terroristes, les hommes armés et les séparatistes en Syrie, contrairement à toutes les résolutions du Conseil de sécurité qui appellent à la préservation de l’unité, de l’indépendance et de la souveraineté du peuple syrien ».

Et la source d’ajouter : « La Syrie qui a complètement dénoncé le comportement du régime français, qui n’avait pas hésité à recourir à la force pour réprimer les aspirations du peuple français exprimées dans les rues de Paris ou par le biais de ses partis et syndicats professionnels, rejette absolument les allégations mensongères incluses dans la Déclaration publiée le 30-07-2021 par le Ministère français des Affaires étrangères, sur la situation en Syrie, vu qu’elle se base sur le mensonge, l’hypocrisie et le soutien au terrorisme ».

La source a assuré que la République arabe syrienne, qui adopte toujours la retenue vis-à-vis de la situation dans la région du sud et qui n’y avait pas recouru à la violence, comme les mensonges français prétendent, affirme qu’elle est la plus qui s’attache à son peuple, à la stabilité de la situation en Syrie et au règlement de tout ce qui en relève par le biais du dialogue en s’attachant aux intérêts des Syriens dans tous les domaines.

Et la source de conclure : « Les Déclarations et les positions françaises, qui n’incluent que la tromperie, l’hypocrisie et la falsification des faits, ne recevront que le mépris du peuple syrien ».

Damas n'a pas oublié les LBD français contre les Gilets jaunes...

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Meurtre d'une militante kurde en Turquie : le HDP sous pression

20 Juin 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #La gauche, #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous

Il y a trois jours (le 17 juin) la militante kurde Deniz Poyraz, 28 ans, a été assassinée de six balles dans le siège de son parti (le HDP - Parti démocratique des peuples) à Izmir (Smyrne) où elle prenait son petit déjeuner par le mercenaire d'extrême droite Onur Gencer, qui a photographié son corps  gisant dans une mare de sang et l’a partagée sur WhatsApp accompagnée du mot « leş 1 » (cadavre 1). Il pensait tuer d’autres militants car une réunion avec les membres du parti avait été prévue puis annulée en dernière minute. La police turque qui surveille les locaux n'est pas intervenue. Gencer avait partagé sur Instagram des photos de lui tenant des armes de plusieurs calibres qu’il avait utilisées en Syrie. Dans ses deux dernières publications qu’il avait partagées hier, il disait que les Kurdes étaient des rejetons d’Arméniens et qu’il allait nous faire vomir du sang.

Deniz Poyraz était issue d'une famille de militants. Trois de ses huit frères et soeurs sont prisonniers des geôles turques. ll y a quelques années elle manifestait en hommage à la militante Dîlan Kortak (19 ans) assassinée par la police le 3 décembre 2015 à Istanbul. Elle l'a maintenant rejointe.


Le chauffeur de taxi qui a été déposé Gencer quelques minutes avant son attaque meurtrière a témoigné à la police vendredi, et a déclaré que le tireur était un de ses clients réguliers. Gencer se rendait fréquemment dans un hôtel de Balçova, à Izmir, dirigé par le gouverneaur de la province et dans les bureaux du HDP. Il fréquentait aussi des membre du Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir au stand de tir dirigé par un membre d'une émanation de l'AKP, le "Mouvement de la société civile".

Les rassemblements rendant hommage à Deniz Poyraz ont été brutalement réprimés par les autorités.  Des membres des collectifs kurdes affirment que des femmes sont assassinées chaque jour en Turquie à cause de leurs opinions politiques.

Ce n’est pas la première fois que les bureaux du HDP sont ciblés. Juste après les élections générales de juin 2015, puis à nouveau en 2016, des centaines de leurs bureaux, dont le siège à Ankara, ont été attaqués par des foules racistes, et beaucoup ont été incendiés.

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Gaza aujourd'hui comme en 2009

14 Mai 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Colonialisme-impérialisme

Alors que l'entité sioniste bombarde massivement la pauvre population de Gaza (150 raids en une heure cette nuit) et envoie des troupes au sol, et que le ministre de l'intérieur français veut interdire les manifestations de solidarité, sur Twitter certains esprits avisés ressortent un câble diplomatique israélien publié par Wikileaks du 30 juillet 2009 qui reconnaît qu'à l'époque leur armée dans l'opération "Plomb durci" du mois de janvier avait utilisé cyniquement la population de Gaza comme boucliers humains.

Extrait du câble :

"Les allégations de conduite criminelle par diverses organisations telles que Human Rights Watch et la Croix-Rouge internationale persistent depuis la conclusion de "Plomb durci" en janvier 2009. Des Palestiniens ont également témoigné d'abus des FDI tels que le pillage, les coups, le vandalisme de biens et l'utilisation de la population locale comme bouclier humain. Mais l'écho de loin le plus fort en Israël a été celle créée par l'organisation israélienne "Breaking the Silence", qui a recueilli les témoignages de 26 soldats de Tsahal non identifiés. Tous les soldats avaient participé à l'opération Plomb durci dans la bande de Gaza, et ont témoigné de cas où les Gaziotes ont été utilisés comme boucliers humains, des obus incendiaires au phosphore ont été tirés sur des zones de population civile, et d'autres exemples de puissance de feu excessive qui a causé des morts et des destructions de propriété.. La Commission de Goldstone, la Croix-Rouge internationale et Human Rights Watch exigent tous des comptes de la part d'Israël pour les 1400 Palestiniens tués - selon les revendications palestiniennes - et les énormes dégâts causés aux biens civils dans la bande de Gaza."

Aujourd'hui diverses organisations à travers le monde (y compris des organisations juives comme Jewish Voices for Peace) sont mobilisées aussi bien contre le bombardement de Gaza que contre le nettoyage ethnique à Cheikh Jarrah.

 

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Répression israélienne

10 Mai 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Proche-Orient, #Colonialisme-impérialisme

- L’aviation israélienne a attaqué lundi 10 mai la bande de Gaza, tuant 20 personnes dont 9 enfants, selon un bilan intermédiaire du ministère palestinien de la Santé dans le territoire.

- Une heure avant le début de la Marche qui devait faire parader, ce lundi, dans tout Jérusalem, y compris l’Esplanade des Mosquées, les Israéliens qui comptaient fêter la « prise » de Jérusalem-Est en 1967, Netanyahou a reculé, et interdit leur passage par le quartier musulman et par la porte de Damas et l’esplanade des Mosquées. La veille les Israéliens ont durement réprimé des manifestations de Palestiniens que les forces d’occupation empêchaient d’atteindre Jérusalem, les obligeant à faire des détours de plusieurs heures pour arriver à la Mosquée Al-Aqsa.

-Une audience de la Cour suprême israélienne consacrée au dossier de l'expulsion des habitants palestiniens du quartier Cheikh Jarrah à Jéusalem, prévue ce lundi 10 mai, a dû être reportée “face aux risques d’escalade”. Des manifestants palestiniens ont été durement réprimés depuis quelques jours : on compte plusieurs centaines de blessés parmi les Palestiniens, souligne L’Orient-Le Jour. Aujourd’hui, Jérusalem-Est abrite plus de 300 000 Palestiniens et près de 210 000 colons israéliens.

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Une petite pensée pour Pierre Piccinin da Prata

29 Avril 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Débats chez les "résistants"

Je repensais cette nuit à Pierre Piccinin da Prata avec qui il y a quelques années j'avais travaillé sur ce site.

Je n'ai pas été d'accord avec lui sur tout, ni sur le fond ni sur la forme, mais on ne peut nier que sa manière de s'investir au Proche-Orient était pleine de panache et de générosité. Je relisais son texte de 2019 par lequel il tirait sa révérence plein d'amertume sur les pseudo-intellectuels alternatifs. Je sais lesquels il visait. Une partie d'entre eux sont aussi dans mon collimateur. Ces gros narcisses dégoûtant qui prétendent parler au nom de la paix, au nom des peuples, sur les websites de leurs copains et le plateau de Taddei et qui, s'ils étaient au pouvoir apparaitraient aux masses aussi veules, idiots et abjects que les macroniens. "Un tel pourrait facilement aider par un geste, écrivait-il en 2019… Un tel en consacrant trois ou cinq minutes de son temps… Mais ni l’un ni l’autre n’y consent, car cela dérangerait une parcelle, infime, de son confort mesquin." J'ai connu ça par coeur.

Avec quelle facilité ces pauvres gens ont oublié Piccinin et ses escapades proche-orientales, comme ils ont oublié mon engagement pour la Serbie, pour la paix avec la Russie (combien de russophiles m'ont-ils écrit au cours des dernières années ? aucun), pour l'émancipation des peuples avec l'Atlas alternatif ! Combien se souviennent-ils du travail que j'ai abattu ? Ces individus n'ont même pas un brin d'élégance comme ce Belge qui me proposa il y a deux ans de diriger un livre sur Assange avant de s'enfermer lamentablement dans un mutisme qui n'était même pas poli. C'est à cela que Piccinin fait référence pour lui-même quand il écrit : «Avec quelle facilité… un mail… un sms… et puis le silence… les " gens " peuvent-ils ravaler leur parole, se désengager, sans égard pour les conséquences que génère leur inconstance. »

Que reprochent-ils à Piccinin ? Ses incertitudes sur la Syrie ? Sa façon d'aller tendre un micro à Daech quand ces fascistes massacraient yézidis, chrétiens et chiites à tour de bras ? Je ne pense pas. Les publicistes français ont toujours des tas de choses à reprocher à des tas de gens (comme beaucoup auraient sans doute à me reprocher ma conversion chrétienne, ou mes travaux récents sur les sociétés secrètes et le Covid qui ne cadrent pas "parfaitement" avec l'approché "rationaliste" censée prévaloir dans le débat mondain de notre époque). Mais en dernière analyse le grief majeur qu'ils adressent à autrui c'est de ne pas se situer exactement au même endroit que leur propre nombril. Rien d'autre. Pour exister dans le débat, il faut s'être suffisamment imposé à l'égoïsme de chanu pour être incontournable : avoir un website, une chaine You Tube, aimer suffisamment sa petite personne pour s'être créé un réseau d'admirateur, s'être construit une marque de fabrique et être prêt à aller vendre sa soupe - toujours les mêmes thèmes, toujours les mêmes mots clés - pour que les gens vous aient bien identifié dans l'espace ; bref, jouer un rôle et ne pas trop aimer la vérité : parce que la vérité c'est l'aventure, la remise en cause de soi, le refus des petites étiquettes et de cette comédie sociale dont les publicistes raffolent.

"Les expériences sociales, dans lesquelles je me suis honnêtement engagé, m'ont résolument fait perdre tout humanisme" ajoute-t-il dans son discours d'adieux. Et ça c'est un bon point, parce que l'humanisme est un péché, et qu'il ne faut rien attendre des hommes et tout de Dieu. Et il faut aimer les hommes en Dieu, à travers Dieu, car Dieu seul nous donne la force de supporter leurs défauts et surtout leur inconstance. Attendre des choses des gens, surtout par les temps qui courent, ces temps "post-soixante-huitards" comme dit Piccinin où les qualités humaines sont réduites à zéro, revient à scier la branche sur laquelle on est assis. "Cherchez premièrement le royaume et la justice de Dieu; et toutes ces choses vous seront données par-dessus" (Matt 6:33) Travaillez pour Dieu. Ensuite les soutiens humains viendront... ou ne viendront pas, selon sa volonté, mais en tout cas vous aurez au moins la satisfaction d'avoir tout fait au mieux. En plaçant les échanges avec les gens en premier, on inverse les priorités, et l'on fonce tête baissée dans les murs.

J'admire la résolution avec laquelle M. Piccinin s'est retiré de tout débat, de tout travail d'investigation, lui qui avait une passion pour cela. Plus aucune trace sur le Net, sur les  réseaux sociaux. Qu'est-il devenu ? Même sa fiche Wikipedia ne le dit pas. S'est-il enfermé dans un monastère ? Ha, si seulement ses adversaires et ses rivaux, nos adversaires, avaient comme lui l'once de sagesse et de dignité d'opter enfin pour le silence, comme l'air de ce monde deviendrait enfin respirable ! Je pense par exemple à Chomsky qui maintenant joue sur sa lyre pour le plus grand plaisir des médias totalitaires l'éloge de Biden au nom d'une foi commune en la responsabilité de l'humanité dans le réchauffement climatique... A la prochaine révolution des Gilets jaunes, je proposerai qu'on impose aux intellectuels et publicistes un principe de limitation de mandat, limitation du droit à la parole, comme à nos députés : cinq ans non renouvelables. Piccinin da Prata a eu l'humilité de s'auto-limiter. Vous tous qui avez contribué à l'Atlas alternatif, et vous qui vous pavanez sur les plateaux de CNews, d'RT France etc. faites de même. Tout le monde s'en portera mieux.

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Donnez pour Alep (Syrie)

24 Avril 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Christianisme

Depuis 2016, je vous ai souvent demandé d'aider les Yézidis d'Irak. Et je ne manque pas non plus, quand je le peux, de vous parler d'Alep, et de la Syrie en général, pays que nous avons délibérément déstabilisé et poussé à la guerre civile sur la base de  mensonges éhontés, que nous acculons à la malnutrition alors qu'il était autosuffisant avant 2011, parce que nos alliés américains occupent ses champs pétroliers et bloquent ses avoirs bancaires dans le cadre d'un dispositif inhumain de sanctions économiques.

Soeur Brygida Maniurka, une franciscaine polonaise fait circuler un message du bureau de la paroisse latine Saint François d'Assise du 12 avril qui décrit l'engagement de l'Ordre des Frères mineurs au service des pauvres à Alep depuis le génocide arménien jusqu'à aujourd'hui. Deux cents repas chauds sont donnés chaque jour aux habitants pauvres d'Alep, notamment aux orphelins. Les Frères mineurs veulent étendre leur aide. Si vous avez envie de donner joignez moi par le formulaire de contact, je vous donnerai leur référence de compte banquaire.

"La situation à Alep, y explique le frère Ibrahim Alsabagh, curé d'Alep, est aujourd'hui plus préoccupante que jamais. Les prix des denrées alimentaires ont considérablement augmenté. De plus en plus de personnes souffrent de la faim et plongent dans la pauvreté; il n'y a pas de sécurité alimentaire. Un repas de base est hors de portée pour la plupart des familles. Les gens font la queue devant les boulangeries pour acheter des portions limitées de pain. C'est souvent la seule nourriture qu'ils peuvent se permettre. L'accès à la nourriture est mentionné par les gens comme leur besoin fondamental. Les parents renoncent à la nourriture pour la donner à leurs enfants. En ce moment très difficile et critique de l'histoire, lors de «l'explosion de la faim», les veuves, les orphelins, les personnes âgées, les malades et les handicapés sont les plus exposés à ses effets. Nous considérons comme une nécessité urgente la mise en place d'une cuisine collective qui préparerait des repas chauds pour ceux qui en ont besoin. Nous voulons l'installer dans le monastère franciscain de Ram, dans ce site historique de la Transfiguration de la Miséricorde, qui multiplie les pains et les poissons pour satisfaire la faim. Cette fois, non seulement pour des centaines de personnes, mais nous voulons l'étendre à tous les habitants dans le besoin d'Alep. Le coût d'un repas pour une personne est de 2 euros."

Compte bancaire pour les dons (en Euros):

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Ci-dessous aussi la traduction de l'interview du père Ibrahim Alsabagh (initialement publiée en français dans Famille Chretienne, mais la version française n'est pas en accès libre), sur la situation générale à Alep :

Les combats en Syrie se poursuivent-ils encore quatre ans après la fin de la bataille d'Alep?

La guerre n'est pas finie. Nous assistons à une course aux armements - plus rapide que jamais. Notre pays regorge de missiles et d'armes. A Idlib, dans le nord, où la situation est toujours tendue, les groupes militaires seraient de plus en plus organisés et armés. Les tensions se poursuivent également dans le sud avec des missiles de nos voisins attaquant l'armée iranienne. La guerre fait toujours rage sur notre terre; il a une dimension internationale et devient de plus en plus cruel.

Jusqu'où est la reconstruction de la ville d'Alep?

Nous avons commencé la reconstruction des maisons endommagées et lancé des projets microéconomiques. Cependant, la situation est revenue à un état critique, comme avant 2016. Nous assistons à une «guerre de la faim».

Comment est-ce possible?

Les sanctions touchent la partie la plus pauvre de la population. Le principal phénomène d'inflation se poursuit avec l'effondrement de la livre syrienne, tandis que les salaires des travailleurs restent les mêmes. Le prix de la nourriture augmente toutes les heures. Les gens ont froid, il n'y a pas de lumière, l'électricité est disponible une heure par jour. Il y a aussi très peu de carburant et vous devez faire la queue pendant des kilomètres jusqu'aux stations-service pour l'obtenir.

Quelle est l'humeur générale des gens ?

La plus grande menace pour le peuple d'Alep est le désespoir. Il est terrifiant de perdre l’espoir que la crise prendra fin et que la vie reprendra sa dignité. Je n'ai jamais pensé que je serais confronté à un patient refusant un traitement hospitalier et souhaitant rentrer chez lui pour y mourir, ou faire face à une femme qui préfère cesser d'exister plutôt que vivre. Au cours des dix derniers jours, j'ai entendu de nombreux mots de désespoir, je n'en ai jamais entendu parler auparavant.

De nombreux chrétiens sont partis dans les premières années de la guerre. Certains sont revenus?

Quand je suis arrivé à Alep fin 2014, les deux tiers de la population et un pourcentage égal de chrétiens ont quitté le pays. Environ 50 familles chrétiennes sont rentrées en 2017, mais 50 autres ont émigré. Les jeunes sont rentrés du Liban l'année dernière à cause de la crise qui y règne. Mais ceux qui reviennent ne rencontrent que des difficultés, car la crise s'aggrave de jour en jour.

La situation à Alep est-elle la même que dans le reste du pays?

La situation est plus difficile ici. Pendant la guerre, des groupes armés se sont emparés de 60% de la ville, qui a été en grande partie détruite. Dans l'ancienne capitale économique du pays, des centaines d'entreprises ont été détruites et des équipements pillés. Malgré les efforts du gouvernement, la ville d'Alep ne parvient pas à retrouver son passé glorieux et reste paralysée.

Quelles personnes dans la société souffrent le plus?

La souffrance est notre pain quotidien en ces jours très froids. Les pères ne savent pas où trouver de l'argent pour le pain de leurs enfants. Les femmes sont déprimées et ont des problèmes cardiaques. La crise affecte de nombreux jeunes; leur enfance avait déjà été volée par la guerre. De combien de courage, de force et de persévérance avez-vous besoin aujourd'hui pour obtenir une éducation et une profession? Ces jeunes n'ont aucun moyen de construire leur vie, leur avenir. La crise affecte les enfants qui n'ont pas la possibilité de se développer physiquement et mentalement - des enfants qui grandissent dans des familles marquées par une atmosphère de tristesse, de désespoir, d'insécurité et de confiance qu'ils auront de quoi manger demain. La crise affecte l'éducation, car les parents sont incapables d'acheter des fournitures scolaires et souvent ne peuvent même pas se procurer des vêtements et des chaussures pour envoyer leurs enfants à l'école. La crise touche également les personnes âgées, les plus faibles de notre société. Ils ont souvent plusieurs maladies et sont incapables de travailler en raison d'un handicap. Ils n'ont ni revenu ni sécurité financière.

Comment la présence de Dieu se manifeste-t-elle dans une réalité aussi sombre?

Nous expérimentons la Présence Divine à chaque instant. Le Bon Pasteur, de toutes ses forces, est présent dans les difficultés. Nous le touchons avec nos mains et le voyons avec nos yeux. Dans les difficultés objectives, il guide et donne des directions. Nous n'exagérons pas quand nous disons que nous vivons ensemble avec des miracles, nous les rencontrons à chaque instant. L'Église - la main tendre du Seigneur ressuscité - fait beaucoup de bien. Le Seigneur est responsable de tout. Dans cette expérience de la Providence de Dieu, il y a la Transfiguration du Seigneur, qui rappelle l'expérience sur le mont Thabor, sur la croix et dans sa révélation après la résurrection. Nous nous sentons enveloppés de sa tendresse, comme des disciples enveloppés de sa lumière éternelle. C'est une expérience de Son essence, la nature de Dieu, qui est amour et tendresse. Notre expérience est une révélation de la façon dont Dieu nous aime et prend soin de chacun de nous.

Qu'est-ce que cette expérience spirituelle enseigne au Père?

La présence du Christ transforme la souffrance inutile en souffrance rédemptrice. Il est un modèle pour nous dans sa souffrance rédemptrice. Avec la foi dans nos cœurs et avec l'espérance qui vient de lui, nous répondons avec amour à son amour inconditionnel. Le chemin de notre souffrance devient ainsi le chemin de la croix vécu avec toute intensité. Ceci est vrai pour les différentes «stations». Pendant les dix années de la guerre, nous avons connu des dizaines de stations très différentes. Cette dernière station, où nous vivons actuellement, est une étape inhumaine que nous pourrions appeler «l'étape de la famine et de la prison».

Pourquoi de la  «prison»?

Parce que nous sommes piégés et isolés du reste du monde. Les sanctions nous empêchent inhumainement non seulement d'avoir du pain quotidien, mais aussi d'avoir de l'air à respirer. Ces «murs» contraignants seront toujours plus serrés en raison des restrictions bancaires, de la crise libanaise, des restrictions sanitaires liées au Covid-19, nous empêchant non seulement de quitter le pays mais aussi, pendant assez longtemps, de visiter librement nos familles dans le pays. ville.

Les établissements de santé sont-ils suffisants pour la population?

Pendant de nombreuses années de guerre, les hôpitaux de la ville ont été lourdement bombardés.

De nombreux appareils et équipements sont hors service en raison de sanctions qui empêchent la maintenance et de la possibilité d'importer des pièces détachées de l'étranger. Dans cette terrible situation, le Covid-19 est apparu, sur des structures détruites et manquant d'équipement - dans un pays divisé et frappé par la pauvreté. Combien de souffrances avons-nous vu? Combien de patients sont décédés à domicile du coronavirus? Combien de ceux qui ont survécu souffrent de maladies corporelles marquées par les séquelles de la pandémie?

Comment coexistent la société chrétienne et musulmane?

Que ce soit avant la crise ou aujourd'hui, cette coexistence est pacifique. La souffrance de la crise a amené certains musulmans à voir la réalité différemment. De plus, la crise a amené un plus grand nombre de personnes qui ont dévié de leur religion et se sont mises sur la route à la recherche de la vérité, loin du dieu qui cause la guerre et la haine, et se rapprochant de la porte de l'Église, recherche par curiosité ou par désir spirituel - Christ, le Prince de la paix. Vivre avec «l'autre» qui est différent reste un défi.

Quelles sont les conséquences de la crise sans fin sur l'âme du peuple syrien?

Seul Dieu connaît la profondeur des blessures dans les âmes et les corps causées par cette crise et se reflétant sur le visage de chaque Syrien. La médecine que nous, pauvres êtres humains, pouvons offrir est la seule chose que nous ayons. «Nous n'avons ni argent ni or», mais nous avons le Christ. C'est le visage de Dieu dont l'essence est l'amour. Il n'y a pas d'autre moyen que la tendresse, qui apparaît comme un humble service de lavage des pieds non seulement à chaque chrétien, nos fidèles, mais à tout homme considéré comme notre prochain, parce qu'il est notre frère. Chaque Chemin de Croix a la Résurrection comme dernière étape, qui est la victoire de l'Amour sur la haine, la Paix sur la guerre.

 

source:

Propos recueillis par Jean-Marie Dumont

FAMILLECHRETIENNE.FR • N ° 2254 • SEMAINE DU 27 MARS AU 2 AVRIL 2021

 

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Mort du Dr Nemam Ghafouri, (ex ?) héroïne des Yézidis

9 Avril 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Aide aux femmes yezidies

Avant hier la correspondante du New York Times à Bagdad, Jane Arraf, a rendu hommage à la Dr Nemam Ghafouri, une médecin de 52 ans décédée le 2 avril dernier à Stockholm du Covid.

Hommage mérité pour cette dame dont la famille de peshmergas dans les années 60 avait migré en 1974 dans l'Azerbaïdjan iranien (à Naghadeh) puis, en 1980, à Stockholm en Suède (il y a 100 000 Kurdes en Suède, trois fois moins qu'en France). Le Dr Ghafouri y fut chirurgien du thorax et du coeur dans les années 2000 et 2010. Après avoir effectué des missions en Afrique et en Inde, elle se retrouve en juillet 2014 au camp de Kawergosk, près d'Erbil (Kurdistan irakien) pour les réfugiés syriens dans le cadre d'une mission de deux semaines (cf Majalla janvier 2017) quand elle découvre le drame des Yézidis à Sinjar au début du mois d'août 2014. "A la fin de mon séjour, raconte-t-elle dans cette interview qui mériterait d'être lue entièrement, nous avons appris ce qui s'était passé à Sinjar et comment l'Etat islamique avait attaqué la région après avoir pris le contrôle de Mossoul. Alors mes amis et moi avons dit: allons voir ce qui se passe. Nous avons entendu des nouvelles vraiment désastreuses sur la façon dont les gens marchent pendant 10 jours dans une chaleur de 50 degrés. Nous y sommes allés jusqu'à la frontière entre l'Irak et la Syrie, car des gens de Sinjar avaient pris la fuite vers la Syrie et revenaient ensuite par le Tigre vers le côté irakien. Quand nous sommes arrivés là-bas, nous ne pouvions pas en croire nos yeux. C'était un océan de désastres et personne ne savait comment faire face à la situation. Nous avons tout de suite vu la nécessité d'une réhydratation. Heureusement, nous étions médecins et nous avons parlé à nos collègues en Suède et leur avons demandé d' urgence des comprimés de réhydratation orale contenant les sels et minéraux nécessaires à la réhydratation. Nous en avons reçu des tonnes et nous avons commencé à aider les gens. Et puis nous avons constaté le besoin d'eau propre, nous avons donc immédiatement distribué des thermos. Par la suite, nous avons remarqué le besoin urgent de pain et avons eu l'idée de construire une boulangerie. Nous avons construit une boulangerie dans l'un des camps qui était censé être un camp temporaire à l'époque. Il s'appelle Bajed Kandal  et se trouve à la frontière du triangle entre l'Irak, la Turquie et la Syrie. Mais le camp est devenu permanent. Et personne ne veut y aller car c'est vraiment difficile à atteindre. Nous avons donc construit la boulangerie là-bas et nous donnions du pain à 18 000 personnes chaque jour. C'est comme ça que tout a commencé."

Laissant une situation confortable en Europe, elle sait se souvenir de ce qu'elle était née dans une caverne sous les obus (cf interview de Deniz Berxwedan Serinci en danois en juillet 2015), et  prend en charge les survivants yézidis dans les camps (dans le cadre de Joint Help for Kurdistan qu'elle a fondé), mais aussi les assiégés de Mambij en 2016 (témoignage de Calvin James Sweeney), les victimes d'Afrin en Syrie et de la bataille de Mossoul  ...

Le correspondant du Jerusalem Post Seth J. Frantzman raconte :

"J'ai parlé au Dr Nemam en 2018 lorsqu'elle était très frustrée par les organisations internationales qui utilisent toujours de «beaux mots» mais qui ne semblent jamais donner suite et faire quoi que ce soit pour les victimes de l'EI (Daech). Elle faisait la navette entre les camps et Dohuk dans le nord de l'Irak, faisant face à la bureaucratie humanitaire. Elle m'expliqua comment elle travaillait sans relâche, assise dans sa voiture toute la journée à attendre de recevoir des survivants yézidis qui ont pu échapper aux griffes de l'Etat islamique. Elle a rencontré des femmes qui avaient subi des horreurs indicibles. Une histoire qu'elle m'a racontée concernait une fille musulmane chiite dont la mère avait été violée et assassinée par l'Etat islamique. Les dernières instructions de la mère à la fille, de la garder en vie, étaient pour la fille de prétendre qu'elle était yézidie afin qu'elle soit asservie et non tuée par les extrémistes de l'Etat islamique. La fille a survécu. Le médecin kurde a fait de son mieux pour aider ces jeunes avec un sourire toujours présent. Elle était optimiste mais frustrée par l'inaction de la communauté internationale et la bureaucratie des structures locales. Les yézidis qui ont survécu au génocide ont souffert de nombreux obstacles à leur retour. Certains ne pouvaient pas rentrer avec les enfants qu'ils avaient eu pendant leur captivité en raison des lois religieuses en Irak. 
Ghafouri était respectée et aimée par les gens de tous bords, ce qui est rare dans les régions du nord de l'Irak et de l'est de la Syrie où de profondes divisions politiques signifient souvent que les gens ne s'entendent pas. Elle rendrait visite avec le combattant yézidi Qasim Shesho un jour en Irak et serait dans l'est de la Syrie le lendemain, puis dans l'agréable ville de Dohuk. Comment elle a pu faire ce qu'elle a fait, franchir les frontières et les lignes politiques que beaucoup sont incapables de faire, a toujours été un mystère pour ceux qui l'ont suivie de près. Elle semblait capable de se fondre dans le tissu des sociétés locales, se déplaçant parmi les personnes et les réfugiés comme l'eau, puis émergeant dans un endroit lointain apportant une aide humanitaire. Et puis elle était de retour en Suède ou ailleurs, encourageant les gens à continuer à se soucier des jeunes, des pauvres et des femmes survivantes du génocide. "

On pourrait s'attendre à ce que cette personnalité soit très consensuelle dans son pays. Or ce n'est pas le cas parmi les Yézidis.

J'ai écrit hier à une amie yézidie réfugiée en Europe qui a connu le Dr Nemam à l'hôpital suédois d'Erbil au Kurdistan. Elle m'adresse aujourd'hui une réponse qui me surprend :

"J'ai été triste d'apprendre sa mort car elle avait fait un travail formidable, c'était au début de décembre 2014. Elle travaillait avec le docteur Sherzad le directeur de l'hôpital suédois et avait une petite 'praxis' dans l'un des camps de Yézidis, je pense que c'était le camp de Bajed Kandal. Là, à l'hôpital, elle était avec moi en opération de 4 chambres avec des survivants qui voulaient retrouver leur virginité. Et elle a plutôt bien soutenu quelques autres qu'il était difficile d'aider dans d'autres 'praxis' car la loi irakienne n'autorise pas l'avortement. Mais aujourd'hui je suis sûre que 98% des Yézidis sont en colère contre ce qu'elle a fait avec les survivants et comment elle les a laissés rencontrer leurs enfants qu'elles ont eues avec des membres de Daech. Je peux dire que la communauté Yézidis la déteste pour ce qu'elle a fait et a oublié combien de temps elle a passé pour aider les réfugiés dans les camps."

Une fois de plus ma correspondante me faisait toucher la complexité de la tragédie yézidie. D'abord à cause de cette allusion terrible à l'avortement (on voit que le Dr Nemam a été au moins complice de cette pratique condamnable), ensuite à cause de cette "rencontre" entre les enfants de Daech et leur mère.

De quoi s'agit-il ? En fait elle a attrapé le Covid en organisant une rencontre entre des survivantes yézidies et les enfants qu'elles ont eus avec des djihadistes de Daech.  Or les anciens des Yézidis avaient banni ces enfants de Daech de la communauté, et ceux-ci avaient été placés dans un orphelinat tandis que les mères, réfugiées en Syrie avaient pu retourner en Irak.

Cela m'a rappelé ce témoignage dans Paris-Match en 2018 d'une yézidie convertie à l'Islam qui vivait au Maroc. On ne badine pas avec l'honneur communautaire chez ces gens-là. Chez les Yézidis pour être accepté dans la communauté, il faut avoir eu un père et une mère yézidis, il n'y a pas de place pour les gens d'autres religions ou issus de mariages mixtes...

Une autre de mes correspondantes yézidies va dans le même sens que les autorités de sa communauté (toujours dans les termes très diplomatiques et prudents que les Yézidis de la "diaspora" ont coutume d'employer devant les Occidentaux) : "Je trouve, m'écrit-elle, que ça devient vraiment compliqué quand des gens /I find it fundamentally difficult when people/ c'était une doctoresse, sont remplis de gloire /are glorified/ et pensent qu'ils peuvent agir à la place des Yézidis /and think they can act for the Yazidis/. Nous sommes capables de penser et décider pour nous-mêmes /We can think and decide for ourselves/."

Le correspondant du Guardian le 12 mars avait pourtant décrit cette rencontre en des termes émouvants : "Enveloppés dans des écharpes et des manteaux surdimensionnés, et se tortillant sur des chaises longues, les 12 jeunes enfants semblaient surpris alors que neuf femmes étranges aux bras tendus se précipitaient vers eux.

Certaines des femmes ont sangloté en embrassant les tout-petits perplexes, qui les regardaient d'un air absent, ne reconnaissant pas leur mère ou ne comprenant pas de quoi il s'agissait. Une mère restait immobile, la tête dans ses mains, tandis qu'une autre fixait intensément les yeux de sa petite fille."

L'article raconte aussi comment l'ex-diplomate et ex-sénateur Peter Galbraith, 71 ans, un proche de Biden qui offre ses bons offices au Proche-Orient a joué les intermédiaires entre le président du Gouvernement régional kurde irakien et les Forces démocratiques syriennes pour une rencontre sous bonne escorte à la frontière des deux pays.

Il ajoutait également un mot du Dr Ghafouri sur l'importance particulière du lien entre ces mères et leur enfant : "Quand elles sont tombées enceintes, cela signifiait qu'elles ne seraient plus mises en vente et ni violées par de nouveaux hommes. Cet enfant a mis fin à une partie de leur souffrance. En étant enceintes et en accouchée, c'était fini : la mère restait avec le même homme jusqu'à ce qu'il soit tué."

Un argumentaire qui a laissé de marbre le Prince Herman, porte parole du leader yézidi le Prince Hazem, qui a précisé que les enfants ne seraient pas accueillis dans la communauté yézidie et a même ajouté : "Les gens qui ont ramené ces enfants sans le demander aux Yézidis, ou aux dirigeants yézidis, en paieront le prix. Il n'y a aucune différence entre ces ONG missionnaires et Daech, car elles aussi jouent avec nos filles et nous les prennent." (sic !) Position confirmée par le chef spirituel yézidi, Sheikh Ali Ilyas, autrement connu sous le nom de Bab Sheikh (lequel a pu se réjouir de la réouverture il y a 3 jours de leur temple édifié pour les protéger des morsures de serpents)... Le problème du sort de ces orphelins va ensuite probablement retomber sur la "communauté internationale" qui paiera ainsi son inaction de 2014...

En tout cas le Dr Ghafouri n'est plus là pour s'occuper de cet océan de malheur...

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Washington volerait le blé syrien dans sa zone d'occupation

19 Mars 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Colonialisme-impérialisme, #Les Stazinis, #Le monde autour de nous

Non content de soumettre le peuple syrien encore convalescent de la guerre à un embargo injuste et de l'empêcher de bénéficier pour sa reconstruction des ressources des champs pétroliers qu'il occupe au nord-est du pays, Washington volerait aussi le blé dans cette zone.

L'agence officielle syrienne signale aujourd'hui que des sources locales ont signalé qu'un convoi de 17 camions chargés de blé syrien volé dans les silos d'al-Toubya dans la région de Rmelan s'est dirigé vers l'Irak sous la protection de véhicules de milices pro-américaines. Le même vol s'était déroulé le 16 mars.

La nouvelle tombe à l'heure où Biden met ses pas dans ceux de l'Etat profond en ce qui concerne les provocations contre la Chine, la Russie, la Bolivie, le Venezuela, l'Iran...

Elle est a prendre avec précaution dans un contexte de guerre où la vérité est souvent "la première victime"  selon la formule bien connue. L'an dernier un article de SANA repris par des médias russes sur le fait que les hélicoptères Apache brûlaient les champs de blé donnaient lieu à controverse.

Mais elle est loin d'être improbable. En juin 2019, un expert du think tank proche du Parti démocrate américain, le Center for a New American Security - CNAS (financé par le complexe militaro-industriel, des gouvernements occidentaux et l'Open Society de Soros), Nicholas Heras, avait suggéré dans une interview à l'AFP que "le blé peut être utilisé comme un instrument de pression sur le régime d'Assad", comme l'avait mis en valeur CNAS sur son compte Twitter (voir l'article de l'excellent site Gray Zone à ce sujet).

Signalons au passage que CNAS est a été présidé par Victoria Nuland, qui avait joué un rôle clé dans le coup d'Etat de Maidan en Ukraine comme sous-secrétaire d’Etat aux affaires européennes et eurasiatiques de l’administration Obama comme on l'avait signalé en 2014 dans un article publié sur le site aujourd'hui disparu "Esprit corsaire" de Richard Labévière mais toujours disponible sur notre blog ici. On touche là une fois de plus au coeur du dispositif belliciste démocrate états-uniens toujours actif sur tous les théâtres d'opération planétaires.
En septembre dernier 7 000 enfants souffraient de la faim en Syrie, alors que ce pays avant la guerre était autosuffisant sur le plan alimentaire.

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Ne soyez pas égoïstes - faites circuler l'information : si un billet de ce blog vous intéresse, partagez le par mail ou sur les réseaux sociaux.

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Le pape à Qaraqosh (Irak)

7 Mars 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Vatican, #Christianisme, #Proche-Orient, #Colonialisme-impérialisme

Le pape était à Qaraqosh la plus grande ville chrétienne d'Irak, aujourd'hui. Pour le plaisir, je remets sur ce blog, la vidéo que j'avais postée en 2018 de Maryam/Myriam Waleed Behnam, réfugiée de Qaraqosh, qui en 2014 s'était rendue célèbre pour ses propos remplis d'esprit de paix. Elle était l'anti-Caroline Fourest (la dauphine de BHL qui avait réalisé en 2019 un film haineux et hors-sol - notre système médiatique ne sait produire que ça - sur les femmes yézidies qui avait fait grincer des dents chez celles qu'elle était censée célébrer). Maryam Waleed Behnam a maintenant 16 ans et est revenue vivre dans cette ville dévastée. La vidéo de 2014 restera comme vestige de ce que Qaraqosh a enduré et de la force intérieure que trouvaient certains de ses habitants aux pires heures des crimes de Daech.

A part cela, concernant la visite du pape, par delà la rencontre un peu complexe entre Francis et Sistani (qui aurait voulu une reconnaissance plus franche pour le rôle de ses milices dans la défense des chrétiens de la plaine de Ninive), on retiendra la remise d'un chapelet par le pape à Rayan al-Kildani, le chef chrétien des unités de mobilisation populaire (à dominante chiite) de Babylone qui a joué un rôle important dans la bataille de Mossoul en 2019 et qui est aujourd'hui le seul responsable chrétien au monde à figurer sur les listes de terroristes américaines.

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La situation toujours précaire des Yézidis d'Irak

3 Mars 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Aide aux femmes yezidies, #Proche-Orient

Vous savez qu'il y a cinq ans j'ai beaucoup relayé sur ce site des appels à l'aide au profit de la communauté yézidie d'Irak victime de Daech (Etat Islamique). Je continue à diffuser des informations à ce sujet par souci de continuité dans mes engagements, comme je continue à vous parler de temps à autre des conséquences des agressions de l'OTAN contre tel ou tel pays ou des politiques d'embargo.

Selon le Bulletin humanitaire trimestriel 2021 de la représentation du gouvernement régional du Kurdistan (KRG) aux États-Unis publié le 23 février dernier, on comptait au moins 13 suicides parmi les Yéziidis réfugiés dans les camps du Kuridistan irakien depuis le début de l'année.

Dans le Guardian du 24 février 2021, la porte-parole prix Nobel de la Paix 2018 Nadia Murad écrit : "Depuis plus de six ans, des centaines de milliers de Yézidis vivent dans des camps pour personnes déplacées à l'intérieur du pays (PDI), regardant les mêmes quatre murs de leurs tentes. Ils ne sont pas en mesure de trouver du travail parce que Daech a rasé leurs fermes et leurs entreprises. Ils ne peuvent pas retrouver des proches toujours en captivité de Daech ou assister aux enterrements de membres de la famille dont les corps restent dans des fosses communes. (...) Il ne fait aucun doute que les atrocités perpétrées par Isis - y compris les massacres, l'esclavage, la conscription et le viol - ont infligé des traumatismes collectifs et individuels. Une étude publiée en 2018 par BMC Medicine a révélé que plus de 80% des participants (femmes yézidies, âgées de 17 à 75 ans) répondaient aux critères du trouble de stress post-traumatique. Les taux atteignaient près de 100% pour les femmes qui avaient survécu à la captivité.(...) Même avant le génocide des Yézidis, un rapport de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) a identifié des taux élevés de suicide à Sinjar, qu'il attribuait en partie au manque d'opportunités économiques, de sécurité et de liberté religieuse. Chacun de ces problèmes fondamentaux a été aggravé par le génocide, les déplacements et le Covid 19."

Le lendemain, à Ankara un militant de Daech ex-officier de l'armée irakienne était arrêté. Il avait une petite esclave yézidie de sept ans chez lui. Une de ces nombreuses enfants enlevées depuis 2015 qui se trouvent dans divers pays musulmans mais aussi probablement en Occident, on ne sait trop où. Le tortionnaire a été arrêté parce qu'il venait de mettre la petite en vente sur une chat room en arabe et en kurde. Quatre femmes esclaves yézidies ont été ainsi trouvées à Ankara et libérées du marché des esclaves au cours des deux dernières années.

En Irak, dans les 28 camps encore ouverts (sur 174 après le génocide)  les conditions restent précaires : les tentes flambent à cause des conditions de chauffage. Et pourtant c'est encore là qu'ils sont le plus en sécurité. Dans la plaine de Ninive où les services spéciaux turcs éliminent des militants présumés du PKK on redoute une invasion militaire turque (or l'on sait quelles vexations les milices infligent aux yézidis dans les zones de Syrie contrôlées par les Turcs), et les réflexes anti-yézidis restent très présents dans les communautés naguère (ou encore) favorables à Daech.

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Tour d'horizon : Amériques, Afrique, Covid, nouvelles formes de MeToo etc.

8 Février 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les Stazinis, #Débats chez les "résistants", #Revue de presse, #Proche-Orient, #Colonialisme-impérialisme, #coronavirus-vaccination-big pharma, #Le monde autour de nous, #Les rapports hommes-femmes, #George Soros

En Equateur victoire revendiquée par le candidat socialiste Andrés Arauz. Même revanche sur le néo-libéralisme qu'en Bolivie. Pour autant on est loin de la dynamique "anti-impérialiste" des années 2000. Qu'a donné la victoire des socialistes (peronistes) en Argentine à part la légalisation de l'avortement ?

La Birmanie (Myanmar) subit le coup d'Etat militaire, et Haïti celui de son président Jovenel Moïse qui refuse le terme de son mandat.

En Birmanie les militaires ont accus les mesures anti-covid d'avoir empêché toute campagne tandis que, comme aux Etats-Unis, une fraude massive avait eu lieu. Mais il semble que le milliardaire George Soros soit à la manoeuvre derrière une action des étudiants et professeurs qui utilisent des symboles du film Hunger Games. Le chroniqueur de Big League Politics, Shane Trejo, rappelle que la prix Nobel de la paix ex coneillère spéciale de l'Etat aujourd'hui derrière les barreaux Aung San Suu Kyi appartient aussi à la galaxie des Opens society foundations.

Le Tchad  sans Soros se mobilise quant à lui contre la candidature de son président sortant - qui a déjà 5 mandats à son actif. La cour pénale internationale se déclare compétente pour les territoires palestiniens, ce qui promet de nouvelles mobilisations judiciaires. Biden retire son soutien aux Saoudiens au Yémen (sans doute la seule bonne mesure de son début de mandat), mais ne lève pas les sanctions contre l'Iran, tandis que Foreign Affair, l'organe de géopolitique du Conseil des relations étrangères, c'est-à-dire des grands banquiers occultistes de Wallstreet (notamment de la Fondation Rockefeller) le pousse à reprendre le chemin de la politique "optimiste" d'Obama envers Cuba. Poutine paraît secoué par les manifestations de soutien à Navalny, un politicien extrémiste qui pourtant ne pesait rien dans l'opinion avant son empoisonnement et son exfiltration vers l'Allemande.

Mélenchon défend les vaccins anti-covid cubain, chinois et russe. Maduro sur Twitter assure que le vaccin Sputnik V est le seul qui couvre 92 % des cas de Covid... Impossible de vérifier cette info. L'Afrique du Sud vient de suspendre son programme (alors qu'ils venaient d'en recevoir 1 million de doses). A cause de la trop faible protection contre leur propre variant. Il n'y a rien à attendre de ces vaccins de toute façon, sauf des effets secondaires dangereux (à commencer par celui de rendre plus vulnérable à la maladie dans un premier temps et favoriser l'apparition de variants).

Le 5 février, on apprenait le décès 2 jours lus tôt de Mme Marie-Claudine Fourrier, doyenne de Saône-et-Loire (110 ans)... Le 30 janvier la journaliste du Journal de la Saône-et-Loire
avait pourtant présenté sa vaccination comme une "victoire"... Elle a dû laisser à un collègue le soin d'annoncer son décès...  Le 2 février M. Camille Lehoux, doyen des Bretons (108 ans) est mort. Ouest France avait présenté sa vaccination 5 jours auparavant comme un grand succès...

Sur la scène de théâtre médiatique française, après la chasse aux prédateurs sexuels de la jetset avec les affaires Weinstein et Epstein, la chasse à l'inceste avec les affaires Duhamel, Berry et Pulvar. Evidemment toujours rien sur les crimes sexuels rituels, qui sont le coeur de la centrale nucléaire du système. Dans l'affaire Duhamel on s'attaque à tous ceux qui savaient, dans l'affaire Pulvar, Libération, le très clintonien Huffington Post, Mme Rossignol, chantre de l'avortement pour le compte du Grand Orient de France (on a le droit de le dire, le Cour de cassation le reconnaît), et Mme Rousseau, lobbyiste de l'euthanasie et de la Cop21, montent au créneau pour défendre la fille d'un ex-pape de l'indépendantisme martiniquais, Audrey Pulvar, la journaliste aux lunettes à 12 000 euros, proche du Crif, au cas où des gens voudraient lui reprocher d'avoir su et de s'être tue, comme pour l'entourage de Duhamel à la FNSP. La mise en cause des complicités est à géométrie variable.

Allez, pour finir ce tour d'horizon sur une bonne nouvelle : un coup de chapeau à cette coopérative qui veut relancer la ligne de chemin-de-fer Bordeaux-Lyon : vous pouvez y adhérer.

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NEOM et l'intelligence artificielle

31 Décembre 2020 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Bill Gates, #Donald Trump, #Proche-Orient, #Grundlegung zur Metaphysik, #Débats chez les "résistants"

Revenons d'un mot sur le  projet saoudien NEOM que l'on avait évoqué en avril 2018 à propos de l'affrontement entre l'ami des démocrates (et de Bill Gates) Al Waleed et le pro-Trump Ben Salmane. Nous avions expliqué à l'époque que le prince Ben Salmane a confié un projet de nouvelle mégalopole industrielle NEOM à 500 milliards de dollars (construite au prix d'expropriations arbitraires) à l'ex PDG de Siemens Klaus Kleinfeld lobbyiste du forum de Davos et financé par le groupe japonais SoftBank Group dirigé par Mark Schwartz ancien de Goldman Sachs

NEOM est censée constituer une mégapole de 10 000 kilomètres carrés (la raille de la Belgique), véritable Etat indépendant, avec des voitures volantes et une lune artificielle, alimentée par des énergies renouvelables, une ville "avec plus de robots que de personnes", le paradis de l'intelligence artificielle. Son nom mêle le mot grec"nouveau"  (Neo) et le mot arabe "avenir" (Mostaqbal). Ce sera le pendant en plus gros de la ville de Bill Gates "Belmont" dans l'Arizona.

Certaines voix musulmanes en France comme celle du chiite Yahia Gouasmi ancien responsable du Centre Zahra affirment que ce projet est antéchristique et vient prolonger le geste de la création, au pied du mont Sinaï, du Veau d'Or par le Samiri (selon le Coran), qui serait selon lui une préfiguration de l'Intelligence artificielle, cette "intelligence acquise" de Lucifer (Iblis),  opposée à l'intelligence directement inspirée de Dieu, intelligence qui prospèrera avec le Dejjal à la fin des temps avant d'être vaincue par le Messie. On notera que l'Arabie saoudite reconnaît elle-même cette continuité au moins sur le plan géographique. Le 18 mai dernier, un article du journal pakistanais "The Daily Times" précisait que selon Charles Whittaker le mont Sinaï est bien situé dans cette zone, au mont Jabal al Lawz (Djébel-el-Lawz, la montagne des amandes) ce qui a donné lieu à un documentaire de 24 mn de la "Doubting Thomas Research Foundation" (cf ci dessous), une thèse aussi soutenue par le Dr Colin Humphreys, professeur de sciences à Cambridge qui affiche par ailleurs ses convictions baptistes. C'est devenu d'ailleurs un argument pour des visites touristiques thématiques.

Yahia Gouasmi n'est pas le seul interprète du Coran à associer l'Antéchrist (Dejjal/dajjal) à l'intelligence artificielle notamment du fait des prophéties qui disent qu'il "sera un jeune homme"aveugle ou défectueux dans son œil droit. Cet œil ne sera "ni proéminent ni enfoncé, et ressemblera à un raisin flottant" (voyez par exemple à ce sujet les vidéos du jordanien Tamer Mahmoud, ou de Cheikh Imran Hosein).

En novembre dernier la ville de Neom a été encore à la "une" de nos médias pour avoir été le siège d'une rencontre secrète entre Netanyahou et Ben Salmane. Elle le sera vraisemblablement dans les années à venir pour les expérimentation qui mélangent (comme d'autres projets pharaoniques saoudiens) virtuel et réel et asservissent l'humain au robot à l'ombre de la 5G.

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Destructions des biens des Palestiniens et blocus

27 Novembre 2020 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous

Un communiqué de l'Association belgo-palestinienne du début de ce mois, rappelle que dans les territoires occupés palestiniens "depuis le début de l’année, 689 démolitions de structures civiles palestiniennes ont été recensées par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), laissant 869 personnes sans toit. “Les démolitions sont un moyen essentiel pour créer un environnement conçu pour contraindre les Palestiniens à quitter leurs maisons”, rappelle Yvonne Helle, Coordinatrice humanitaire de l’organisation, dans un communiqué. La justification invariablement invoquée? L’absence de permis de construire, motif particulièrement cynique quand on sait qu’ils sont presque toujours refusés aux Palestiniens.

Dernière manifestation en date de cette impitoyable méthode : le raid du 3 novembre sur le village bédouin de Humsa al-Fuqa, dans la vallée du Jourdain. L’armée israélienne s’est attelée à la destruction systématique de ses logements, infrastructures sanitaires, réserves d’eau et espaces d’élevage, ne laissant derrière elle que des ruines et sommant ses 74 habitants (dont 41 enfants) de quitter les lieux. Il s’agit de la plus grande opération de déplacement forcé depuis une décennie. Pour mémoire, les destructions de propriétés et les transferts forcés de population en territoire occupé violent gravement la quatrième convention de Genève et sont constitutifs de crimes de guerre."

Aujourd'hui Europalestine à Paris alerte sur les effets de l'épidémie de coronavirus à Gaza où la capacité du système de santé "s’est détériorée après plus d’une décennie de blocus israélien et d’assauts militaires successifs. Il avait déjà été submergé par le flot de blessures catastrophiques nécessitant un traitement continu en raison de l’utilisation par Israël de tirs réels pour mutiler et tuer des manifestants dans les deux années qui ont précédé la pandémie".

Un rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement publié mercredi révèle que le blocus israélien de la bande de Gaza a coûté à ce territoire composé à 75 % de réfugiés jusqu'à 16,7 milliards de dollars de pertes économiques en onze ans et a fait exploser la pauvreté et le chômage. Rapporté à la population cela fait environ 8 500 dollars, soit 850 dollars par an. Gaza a un PNB/habitant d'environ 1 500 dollars par an. Autant dire qu'Israël leur a volé tous les ans un tiers des ressources qu'ils pourraient avoir (sans compter l'effet dynamisant pour l'économie qu'aurait la construction d'un Etat palestinien "normal" (le PNB par habitant de pays comme l'Egypte ou la Jordanie dépasse régulièrement les 3 000 dollars en temps normal).

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