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Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #revue de presse tag

Actu en vrac : Femen, Gaza, Goma, libéralisme

20 Novembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Revue de presse, #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous, #Barack Obama, #Proche-Orient

Avant hier les féministes radicales FEMEN s'en prennent à des chrétiens intégristes qui manifestent contre le mariage homosexuel. Elles se font malmener par le service d'ordre... Les médias ne s'attardent pas sur le fait qu'elles ont été les premières à ne pas respecter la liberté de manifester en organisant cette contre-manif. Ni sur certains paradoxes comme le fait qu'elles se sont entraînées à des techniques de ju jitsu pour échapper aux policiers... Et voilà qu'hier elles regrettaient qu'il n'y ait point eu plus d'effectifs de police pour les protéger. Ou qu'elles étaient censées à trouver à Paris un hâvre de civilisation par rapport à la "brutalité"  de leur berceau ukrainien...
 
Elles vont sans doute intégrer à leur training des techniques de résistance aux services d'ordre des manifestations hostiles aux leurs. Quand même quand on voit ce qui leur est arrivé dans les beaux quartiers, sous la férule de bons bourgeois éduqués aux règles de la courtoisie comme elles l'ont souligné elles-mêmes, on n'ose imaginer ce qu'elles endureront quand elles passeront le périphérique (puisqu'elles se sont promis d'agir en banlieue).
 
On a beau dire mais polariser les conflits sur des enjeux sociétaux n'est pas moins source de guerre civile que de soulever la question sociale (ces grands sujets comme la désindustrialisation, l'euro surévalué qu'on oublie pendant qu'on parle des droits des minorités sexuelles). Et c'est une source infinie de paradoxes : à trop vouloir remettre en cause les repères anthropologiques (la bipolarité homme-femme) avec des méthodes ambiguës comme la nudité "agressive" des FEMEN, ou leur "terrorisme non violent" comme elles disent (un oxymore qui en dit long sur la volonté de brouiller les pistes) on finit par se demander s'ils ne seraient pas macho (du point de vue des FEMEN) de dénoncer la violence masculine dont elles ont fait l'objet, puisqu'aussi bien elles-mêmes prétendent que la féminité doit inspirer la terreur. Bref tout cela devient confus à souhait.
 
Alors quoi, allons nous porter notre regard sur des situations moins confuses comme la situation de l'UMP ? (non je plaisante bien sûr).
 
iraq.jpgParlons plutôt de Gaza. Deux discours inconciliables. Israël : "Soyez gentils, arrêtez  de nous balancer des missiles, baissez la tête, ayez la décence de vous terrer quand nous vous envoyons des bombes en représailles, ne laissez pas vos enfants dans les écoles car nous savons que vous y cachez des terroristes, et nous n'arrêterons pas de bombarder les écoles si des terroristes y sont". Réponse logique des Gaziotes (mot consacré par le dictionnaire que je préfère à Gazaoui) : "Nous ne nous enterrerons pas".
 
Le problème : la presse qui ne parle pas du problème de fond du blocage du processus de paix par Israël depuis quinze ans, et qui par contre parle trop peut être des enfants morts : on ne fait pas réfléchir avec des photos de cadavres. Je ne sais pas trop si Israël se livre à des frappes "chirurgicales" ou même relativement chirurgicales comme il l'affirme. Elles ont l'air quand même ciblées sinon il y aurait plus de morts. Hier un représentant israéelien sur France 24 lançait même une pique à l'Alliance atlantique : "Nous ciblons plus nos frappes que l'OTAN : au Kosovo ils tiraient sur les hôpitaux, pas nous". Vrai, faux, je ne sais pas. Vijay Prashad dont je lis toujours les témoignages sans toutefois y adhérer ce systématiquement soulignait ce matin qu'un immeuble de journal ou de TV avait été pris pour cible et que c'était là un crime de guerre. Il est vrai que l'attaque des journalistes a été banalisée depuis que les USA ont bombardé la TV serbe en 1999 avec les félicitations du dessinateur Plantu. Même le plastiquage d'un batiment de TV en Syrie au printemps par les "rebelles" ("rebelles" assez imprudemment reconnus comme gouvernement légitime par M. Hollande cette semaine), n'a suscité nulle émotion. Le ministère de la défense a rappelé qu'il y a du ciblage "comme en 2008". Mais en 2008 ils avaient aussi bombardé le zoo de Gaza (comme dans le film "Underground"). Béatrice Guelpa en avait témoigné. Se peut-il qu'une fois sur deux l'armée cible, et une fois sur deux elle perde ses nerfs (ce que sous-entend le terme de "bavure") ?
 
Les pro-palestiniens disent que Morsi et Ahmadinejad ont lancé un appel commun contre Israël. La nouvelle me semble suspecte. Elle provient de la TV iranienne. Morsi ferait-il vraiment cela alors qu'il espère négocier une trève ?
 
Je crois plus en tout cas en la capacité de négocier de M. Morsi qu'en celle de M. Fabius qui s'est rendu à Tel Aviv officiellement pour aider à obtenir le cessez-le-feu, mais cela sent trop l'opération de propagande médiatique à l'attention de l'électorat socialiste en banlieue.
 
Vijay  Prashad, toujours lui, dénoncé dans Couterpunch aujourd'hui le double feu vert accordé par Obama : Israël à Gaza, et au Rwanda à Goma. J'ai souvent moi-même dénoncé l'impunité du Rwanda au Congo, et nous l'avons fait dans l'Atlas alternatif, mais il faut quand même être un peu prudent : qui peut assurer avec certitude que la M23 agit sur ordre de Kagamé ? Et pourquoi le Rwanda aurait-il intérêt a entretenir indéfiniment cette guerre au Nord-Kivu ? N'y a-t-il pas plutôt dans cette région un processus auto-entretenu de guerre civile avec des milices largement incontrôlées ? Je pense qu'il faut être rigoureux sur les éléments de preuve. Mettre le Rwanda à toutes les sauces quand on parle du Congo devient aussi contreproductif que d'accuser sans peser ses mots Israël de vouloir commettre un "génocide" des Palestiniens. Ces accusations non étayées sont à proscrire.
 
A part cela, côté réflexion sur les idées politiques, je vous signale un billet sur un blog anti-européiste de gauche qui oppose le néo-libéralisme au libéralisme économique traditionnel. Je ne suis pas du tout d'accord avec cela, mais je vous laisse y réfléchir par vous même en le lisant.
 
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France 2 reconnaît son intox sur le Venezuela

15 Octobre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Revue de presse

C'est assez rare pour être relevé...

 

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Dans la presse de langue espagnole

29 Septembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Revue de presse

Journaux-3-2.jpgJe lis Republica.es, mais ç'aurait pu être d'autres journaux de gauche. Le journal s'indigne à propos des mineurs tués en Afrique du Sud par la police des amis de Mandela, parle d'une évolution possible de l'ANC sur le modèle (ou l'anti-modèle) du PRI mexicain, met ses espoirs dans un certain Juius Malema, dissident, qui veut paralyser les mines. L'auteur de l'article balaie avec mépris les arguments du gouvernement sud-africain qui se vante d'avoir construit des milliers de logements. "Les chiffres sont faux et ce n'est rien à côté de la richesse des grandes compagnies" nous dit le site en substance. Ce que je trouve amusant c'est que le même site à la "une" met en avant le bilan d'Hugo Chavez  à Caracas en soulignant qu'il aurait construit lui aussi des dizaines de milliers de logement. Republica.es n'oserait pas mettre en doute la véracité des chiffres de Chavez, ni non plus enquêter sur les profits des compagnies vénézuéliennes - j'avais lu quelque part que le secteur capitaliste s'est beaucoup développé sous Chavez, j'attends toujours un débat contradictoire, pluraliste, serein et factuel là dessus.

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Un peu plus loin sur le même site, on apprend qu' en Espagne, des militants nationalistes basques ont été agressés par l'extrême-droite à l'université de Saragosse. La police reste passive. Entre cette histoire et la demande de référendum en Catalogne, il ne fait pas de doute que les nuages s'accumulent.

 

Il y avait une grève générale au Pays basque aujourd'hui, et un beau rassemblement pacifique contre l'austérité à Madrid. Mais cela devient si fréquent (voyez les Indignados l'an dernier) que cela fait presque penser à des promenades de santé (n'étaient les violences devant les Cortés la semaine dernière).

 

 

Il faut toujours regarder avec prudence la presse pro-Chavez. Aporrea.org explique aujourd'hui aux Vénézuéliens que le "dirigeant du parti socialiste français" Alexis Corbière a déclaré que les prochaines élections présidentielles dans ce pays (le 7 octobre) concernent la "gauche globale" (whatever that means). Manque de chance Corbière est juste un dirigeant du Parti de Gauche...

 

tony blair is a wanker 1206058457Soyons tout aussi sceptiques à la lecture du Monde. Voyez l'avant-dernier paragraphe du ( très mauvais) article de Benjamin Barthes sur la mort de l'homme qui avait arrêté Kadhafi l'an dernier (Le Monde du 27 septembre 2012) : "De ce groupe [qui captura Kadhafi] de thuwar (rebelles) chanceux, l'histoire a retenu qu'Omrane Shaaban est celui qui a désarmé Mouammar Kadhafi, lui confisquant son fameux pistolet en or. Le dictateur libyen décéda peu après, probablement sous les coups de combattants de Misrata, où son corps fut exposé pendant plusieurs jours". Comparez le maintenant avec ce titre d'une dépêche d'EFE publiée dans le quotidien conservateur madrilène ABC aujourd'hui :" Un agent français derrière la mort de Kadhafi - L'ex-premier ministre libyen Mahmoud Djibril déclare que l'auteur du coup de feu fut un agent extérieur aux milices". Vous voyez ce qui cloche dans la propagande du Monde ? Maintenant une question : pourquoi les meilleures infos sur les guerres de la grande presse européenne se trouvent-elles toujours dans les journaux de droite ?

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Syrie, Algérie, toujours la même propagande

12 Mai 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Revue de presse

Journaux-3-2.jpgSur LCP un documentaire entièrement à charge contre le régime syrien ce soir, avec en prime un plateau-débat dominé par une journaliste proche du Conseil national syrien fantoche : bravo encore à nos grands médias pour leur impartialité ! L'Algérie (pauvre pays encerclé par l'islamisme made in Qatar) redonne une majorité au FLN à l'assemblée populaire nationale. Reuters le déplore à demi-mots en accusant une élite "non élue" (sic) de rester au pouvoir, et en espérant que les présidentielles donneront une autre chance pour le renversement du régime (pour son remplacement par une autre islamisme made in Qatar ?).

 

Y a intérêt que le Front de Gauche sorte vite de ses ambigüités en politique étrangère. Parce que là en ce moment je n'entends rien d'intelligent dans cette mouvance sur des sujets pourtant très graves. Et le pauvre Mali occupé par le salafisme dans sa moitié nord, qui lève le petit doigts pour lui ? Non vraiment ça ne va pas du tout. Dogmatisme de l'information, inertie des opposants. Tout cela devient très inquiétant.

 

Mais au fait, que fait Michel Rocard à Téhéran ?

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Ce qu'il faudrait regarder dans notre actualité

20 Février 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Revue de presse

Les actualités de ce monde ne sont pas très réjouissantes.

 

On attire notre attention sur des éléments qui devraient nous être indifférents (la moindre pulsion de M. Sarkozy, le moindre flocon de neige qui tombe sur le bassin parisien). On en passe sous silence de bien peu importants comme la tournée de Laurent Fabius au Qatar et en Israël au début de ce mois, ou sur les curieux appels de M. Juppé au cessez-le-feu au Mali (au moment où le gouvernement de ce pays peine à tuer dans l'oeuf une rebellion touarègue qui résulte directement de nos égarements en Libye). Personne ne se soucie de cette journaliste qui avait montré un pistolet quand les rebelles encerclaient le quartier de la TV à Tripoli, et dont on a annoncé à tort le décès hier. Il est vrai qu'il y a tellement de gens torturés en Libye en ce moment (Médecins sans Frontières en dénonçait 115 le mois dernier à Misrata, heureusement que nous avons renversé Kadhafi pour protéger les droits de l'homme !). Mais quand même. S'indigner autant pour Ingrid Betancourt néguère, et si peu pour Halla el-Misrati aujourd'hui. Bon d'accord elle avait ciré les chaussures d'un dictateur (mais quel journaliste de TV n'a jamais soutenu activement ou passivement par son silence un dictateur ?) et une grande g** (on lui reproche d'avoir interviewé d'une façon musclée une Syrienne anti-Kadhafi au printemps dernier), mais pas plus que... voyons des journalistes un peu trop sûrs d'eux il doit bien y en avoir.. Mais quand même s'intéresser à elel serait un moyen de donner un visage aux persécutions commises en ce moment par les milices en Libye. Vous allez me dire qu'on a fermé les yeux sur la répression en Irak, alors...

 

D'une manière générale notre époque choisit mal ses sujets. Le petit monde des militants des PCF (un des rares partis qui a une grosse base militante et une base qui veut défendre des causes généreuses) s'est enthousiasmé pour Mumia-Abou-Jamal, heureusement gracié il y a peu. Mais une part de l'énergie dévouée à soutenir cet homme aurait pu être consacrée à soutenir Bradley Manning, le petit gars qui a livré à Wilkileaks des secrets militaires sur la sale guerre américaine en Irak, non ? Ce garçon était dégoûté par ce qu'il voyait et a cru naïvement en l'avenir de la presse "alternative" avant d'être horriblement piégé par une lieutenant d'Assange qui l'a trahi. Résultat il croupit dans une prison militaire, objet d'humiliations quotidiennes, de tortures psychologiques même. S'intéresser à lui obligerait au moins à penser aux tortures qui se poursuivent en Irak, aux réfugiés irakiens en Syrie, toutes ces choses dont nos journalistes se foutent... Bradley Manning est l'image-même du type qui, comme Julian Assange, ont cru en la transparence de l'info, à la fin du privilège des institutions face aux crimes qu'elles commettent. Sont-ils les Thierry Quintin (les joyeux illuminés) de l'histoire, ou les Galilée (ceux qui ont raison avant les autres ?

 

Tenez, même les 200 éléphants tués par des guérilleros soudanais depuis un mois, ça aussi c'est un vrai sujet. 100 à 200 éléphants tués chaque jour dans le monde. A la kalachnikov. Ca enrichit des bandes de malfrats ou de guerilleros on ne sait pas trop quoi. Mi-guérilleros mi-malfrats. A ce rythme on se dirigerait vers une Afrique sans éléphants. La faute aux Chinois. Démonstrations imparables qu'on lit ici ou là : dans les années 60-70 un premier pic d'extermination colle avec le boom économique du Japon, puis on reconstitue le cheptel dans les années 70, et bing, maintenant c'est la demande chinoise qui fait grimper les cours. Sousentendu : nous on est assez évolués pour savoir qu'avoir de l'ivoire chez soi c'est de mauvais goût, mais pas ces arriérés de "nouveaux riches" jaunes ; et d'ailleurs ces maudits chinois sont assez bêtes pour croire que les défenses des éléphants tombent toutes seules comme ils sont capables de croire que tout ce qui a quatre pattes et tout ce qui vole se mange - je n'invente rien, c'est écrit ici. Moi j'ai plutôt tendance à penser que le vrai problème c'est que les Occidentaux ne veulent pas qu'il y ait de vrais Etats souverains qui nourrissent correctement leurs population (trop heureuses de festoyer avec les carcasses laissées par les kalachnikovs) et arrêtent les braconniers. Pourquoi dès qu'un gouvernement se heurte à une guérilla se trouve-t-il des Occidentaux pour se demander si ce n'est pas la guérilla qui a raison ? Pourquoi est-on toujours dans cette dynamique de "chaos créateur" comme disent les néo-conservateurs américains, du regime change, du soutien au désordre ? Retour à la question que je posais plus haut à propos du Mali...

 

Problème fondamental, anthropologique : notre rapport à l'animal. Mme GA Bradshaw, prof américaine, nous explique pourquoi les éléphants nous ressemblent sur le plan psychologique, raconte leur calvaire, les sociétés matriarcales désorganisées. Avant, les Masaï ne tuaient pas les éléphants, ils y voyaient des réincarnations d'ancêtres ou que-sais-je. Aujourd'hui ils les massacrent. Pour l'argent. L'argent qui obsède les chinois. Auri sacra fames.

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Question : notre interaction avec l'animal. Pourra-t-on vivre dans un monde sans animal ? Nos enfants qui ne dessineront plus d'éléphants. L'enfance est-elle possible sans animaux ? Finis les animaux, et nous aurons des disques durs d'ordinateurs directement connectés à nos cerveaux. Recréerons nous des éléphants disparus à partir de leur ADN comme des dinosaures ? Des éléphants "déterritorialisés" sans passé, sans avenirs, sans sentiments faute d'avoir grandis dans les sociétés matriarcales comme ceux d'aujourd'hui. Des éléphants à moitié fous, comme nous mêmes, qu'on mettra sous sédatifs, avec aussi des cerveaux connectés à des ordinateurs. Allez savoir.

 

Le monde change de peau, rodoudous et berlingots. On ne s'aide pas à le comprendre quand on élude des questions comme celle-là.

 

D'ailleurs nous ne sommes pas non plus très doués pour comprendre le siècle passé non plus. Lors de la mort de Semprun j'ai rappelé sur ce blog qu'il avait été un "ouiste" cynique lors du référendum sur la "constitution" européenne. J'ignorais son attitude détestable à l'égard de Marguerite Duras et de ses amis en 1950 telle qu'elle ressort des documents figurant dans La France Rouge (un livre très bien fait du reste). Après avoir participé avec elle à des quolibets contre Louis Aragon et Laurent Casanova il est allé les dénoncer à la direction du parti. Gérard Streiff parle de "procès stalinien" et souvent on parle de stalinisme à propos de cet épisode. Mais c'est surtout la petitesse morale de l'intéressé qui frappe le plus dans cette affaire. Certains ont dit que Wikipedia avait cherché à occulter ce fait. Il est vrai que le débat sur ce passage dans la rubrique Discussion de cette "encyclopédie" est assez léger, mais faut-il s'en étonner ? On dit de plus en plus que des groupes se sont constitués pour verrouiller Wikipedia. L'épisode ne m'a guère surpris pourtant. Les gens de plumes quand ils ont une petite once de pouvoir dans une structure se comportent souvent comme ça. Possible que l'ambiance stalienienne, celle de la guerre idéologique, ait décuplé cette tendance.

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Wikileaks et autres news

27 Octobre 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Revue de presse

De bonnes choses sur Internet aujourd'hui : des articles contre Wikileaks, en français et en espagnol (Wikileaks vu du Venezuela). Voir aussi cet article sur le fait que Wikileaks veut se "racheter" en publiant sur la Chine et la Russie.

 

Intéressante la lettre de Felicity Arbuthnot (une sorte de Diana Johnstone du Proche Orient) pour demander au Pape d'agir contre la pendaison de Tarek Aziz en Irak.

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Les nouvelles tristes : la mort de l'ex-président argentin Nestor Kirchner, l'épidémie de choléra au Nord d'Haïti, les tristes propos de Taguieff sur Hessel. 

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Les blogs, le Diplo, Nils Andersson

29 Juin 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Revue de presse

Danielle Bleitrach, ancienne membre du comité central du Parti communiste français, publie ceci sur son blog :

 

"Plus que jamais les raisons de la fermeture de ce blog sont là. Il suffit de cette activité narcissique où on se prend pour de grands stratèges alors que l’on n’a pas le moindre pouvoir sur son propre pays. Que face aux périls qui le menace on reste pétrifié chacun continuant sur sa lancée. Les seules choses d’intelligentes qui seraient à faire - c’est-àdire créer un grand mouvement de la paix, demander des comptes à NOTRE gouvernement sur la stratégie de l’OTAN sur les 3000 soldats en Afghanistan dans une débâcle totale et lui demander des comptes sur sa participation à l’ouverture d’ un nouveau front-  sont décidemment hors de notre portée. Alors il n’y a plus qu’à inventer n’importe quoi …que tout est la faute des juifs… Je dis bien les juifs et pas Israël, parce que s’il s’agissait d’Israël on placerait cet état voyou avec les Etats-Unis, et aussi et d’abord la France puisque c’est sur cet Etat là que nous pourrions et devrions agir en priorité. Il ne serait pas répété avec une jouissance suspecte cette connerie intégrale « Gaza c’est pareil qu’Auschwitz « mais on penserait au fait qu’un Hiroshima a été possible et que le renouvellement d’un tel crime est plus que possible y compris de la part d’Israël mais à la place des Etats-unis et avec l’appui de l’OTAN, donc de notre gouvernement, pendant qu’il nous amuse avec « l’honneur perdu des bleus ».

 

Mais comme tous les impuissants nous sommes dans le fantasme. Je le répète la seule chose qui aurait pu me faire continuer aurait été de participer à un grand mouvement de la paix pour protéger notre peuple et l’humanité, mais les fantasmes en politique très peu pour moi… Donc je vais voir ce que je peux faire hors virtuel.

 

Danielle Bleitrach

 

P.S par exemple cultiver mon jardin… A propos mon arbuste qui a survécu à Hiroshima s’appelle le Ginkgo biloba ou « arbre aux quarante écus » ou « arbre aux mille écus » (银杏 yínxìng en chinois, maidenhair tree en anglais), nous nous sommes enfin présentées l’une à l’autre. C’est une très vieille dame venue de Chine,   de la famille des Ginkgoaceae. C’est la plus ancienne famille d’arbres connue, puisqu’elle serait apparue il y a plus de 270 Ma. Elle existait déjà une quarantaine de millions d’années avant l’apparition des dinosaures. Et c’est la seule végétation qui a survécu à Hiroshima, elle a sûrement des choses à nous apprendre…"

 

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Je dois dire que je suis tout à fait d'accord avec ce billet, y compris d'ailleurs avec sa critique de la façon dont la question israélienne est traitée dans certains milieux. En tout cas je suis d'accord avec son constat sur l'inutilité des blogs. Je ne poursuis celui-ci qu'à titre d'exutoire, sans y attacher grande importance. Et notez bien que j'y aborde de moins en moins des sujets politiques. Je pourrais comme certains hurler à la guerre imminente parce que quelques navires israéliens et étatsuniens mouillent dans les eaux du détroit d'Ormuz depuis 48 heures (mais le scénario de l'initimidation se poursuit entre les Etats-Unis et l'Iran se poursuit depuis quatre ans - une fois qu'on en a dénoncé les mécanismes et les dangers une fois, à quoi bon y revenir ?), dépeindre sous un jour apocalyptique le monde à venir comme le font les esprits fragiles depuis des décennies les esprits fragiles. A quoi bon ?

 

Tous les jeunes gens qui ont lancé des grands blogs d'information alternative ont abandonné au bout de trois ans. Seuls ceux qui ont les moyens de collecter des fonds comme Antiwar.com, Coutenerpunch, Michel Collon ou le Réseau voltaire tiennent le coup. Les autres, comme le dit Danielle Bleitrach, se font croire qu'ils ont une influence sur le cours des choses mais ils n'en ont aucune.

 

Surtout ils arrivent rarement à trouver le ton juste, c'est-à-dire à la fois percutant et crédible, qu'on doit attendre d'une d'une bonne presse alternative.

 

Ce matin je lisais Le Monde diplomatique. J'ai souvent été critique à l'égard des prises de position de ce journal, pendant la guerre de Yougoslavie et celle d'Irak notamment. Mais aujourd'hui je dois dire qu'il est parmi les médias alternatifs français qui tiennent le mieux la route : du fait du spectre de sujet qu'il traite, et du sérieux des informations données. Schneidermann un jour a critiqué la longueur de ses articles qui lui donne un tour un peu académique et lourd. C'est assez vrai. Mais dans la galaxie antilibérale il reste au moins à l'abri de beaucoup de délires et de considérations inutiles dont la blogosphère nous abreuve.

 

Hier je prenais un verre avec un de ses contributeurs (et contributeur de l'Atlas alternatif), Nils Andersson, figure de la résistance intellectuelle à la guerre coloniale d'Algérie, et ancien chroniqueur à Radio Tirana, devenu un antiimpérialiste fort raisonnable, Coprésident de l'Association pour la défence du droit international humanitaire. Il faut absolument voir cette vidéo sur sa trajectoire : http://archives.tsr.ch/player/personnalite-andersson.

 

A part ça voici une autre vidéo interessante sur Vaulx en Velin et la Palestine :

 

 

 

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Chomsky à Paris, Yaoline à Bangkok, Carlos à Cannes

19 Mai 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Revue de presse

p1000207.jpgJe lis dans Le Monde Diplo que Noam Chomsky sera à Paris du 28 au 31 mai. Je demande à tout hasard à Jean Bricmont qui est un de ses amis s'il organisera une rencontre entre Chomsky et les contributeurs du Cahier de l'Herne qui lui est consacré. Lui ou la maison d'édition peuvent le faire : après tout une firme américaine de publication en ligne comme lulu.com organise bien des rencontres entre auteurs, pourquoi pas L'Herne ? Mais je sais qu'ils ne le feront pas. L'esprit qui consistait à mettre en contact les auteurs entre eux, qui était très vivace au début du 20ème siècle (qu'on lise "Si le grain ne meurt" de Gide par exemple), est absent de l'intelligentsia actuelle, sauf peut-être dans les milieux les plus bourgeois, chez les gros éditeurs. Ailleurs, les gens écrivent dans des livres, et puis basta, "adieu il pleut" comme on disait chez moi.

 

Enfin bon, je suppose que les jeunes "altermondialistes" du 5ème arrondissement (avec ce qu'il leur reste de jeunesse et ce qu'il leur reste d'altermondialisme) se masseront au Collège de France le 28.

 

Pour ma part, je n'y serai pas. Bourdieu, Chomsky, tous ces grands auteurs nous furent utiles au début des années 2000 à la grande époque de l'altermondialisme. Mais c'est comme Godard qui du haut de ses 80 ans ressort encore et toujours les mêmes blagues les mêmes citations : il arrive un moment où l'on sait d'avance ce que les grands auteurs vont dire, surtout quand ils vieillissent. Il faut aller au delà.

 

Aujourd'hui je pense à la capitulation des Chemises rouges en Thailande. Avec quelle légèreté ils se sont lancés dans ce combat : sans armes, et sans aucune chance de diviser les forces armées ! Surtout sans aucun relais à l'étranger pour obtenir des soutiens. Quel manque de sens stratégique !

 

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Yaoline Buntang (selon son pseudo d'Internaute) m'a nommé d'office administrateur du groupe des pro-Chemises rouges sur Facebook avec cinq autres personnes sans même me demander mon avis. Les gens prennent des habitudes de désinvolture sur le Net. Etait-ce parce qu'elle était pressée ? Les soldats frappaient-ils déjà à sa porte quand elle a composé sa liste d'administrateurs ? Je plaisante un peu, mais je devine que la situation doit être fort angoissante là-bas. Comme le dit Yaoline, la répression va pouvoir s'abattre sans attirer aucunement l'attention de l'opinion internationale. L'accusation de "crime de lèse-majesté" va fonctionner à tour de bras. Pire qu'en Espagne !

 

Au fait avez-vous vu la jolie gauche bobo parisienne se mobiliser pour le juge Garzon, à Sciences Po-Paris et dans le 15ème arrondissement derrière Anne Hidalgo ? Allez, pour une fois que les bobos font quelque chose de bien ne faisons pas la fine bouche : Garzon a besoin de soutien. Et ceux qui veulent la République en Espagne aussi !

 

Je tombe aussi dans les actualités sur la bafouille sans grand intérêt que Carlos adresse à l'acteur qui joue son rôle dans un film présenté au festival de Cannes. Je ne suis pas spécialement admiratif devant Carlos, quoique son itinéraire soit bien sûr plus estimable que celui de bien des guérilleros (des guérilleros salafistes notamment). J'avais assisté à une séance de son procès en 1997 à Paris. Le personnage ne m'a pas impressionné. Mais je veux bien croire que le film le caricature.

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PS : j'ai retrouvé mon compte-rendu de la séance du procès, le vendredi 19 décembre 1997 (il y a presque 13 ans déjà...). Je suis un peu surpris par la brutalité de mon propos à cette époque, contre tout le monde : les juges, le public, les avocats. Peut-être l'ardeur (ou le mal-être) de mes 27 ans. Je n'écrirais certainement pas comme ça aujourd'hui sur une séance judiciaire, même médiocre. Il y avait au fond trop d'idéalisme, trop d'attentes existentielles à l'arrière-plan de ce texte...

 

Le procès

 

En vacances cet après midi, j'ai fait un saut au palais de justice, histoire d'assister au procès du terroriste international Carlos.

 

Il est bon de voir un procès d'assise tel qu'en lui même, en dehors du regard biaisé que nous donnent les journalistes. Il nous faut perdre cette habitude de saisir toute réalité telle qu'elle nous apparaît sous le feu des projecteurs, après mise-en-scène, découpage, montage. Il la faut retrouver, telle qu'en elle-même, pour aussi sordide qu'elle nous semble

.

Commme c'était aussi le premier procès judiciaire auquel j'assistais, j'y suis allé avec mon point de vue "philosophique", c'est-à-dire en faisant table rase de tout, en me disant "voilà : il y a des hommes qui se réunissent pour juger un homme. Comment cela se passe-t-il ? " Dans ma tête c'était un peu comme si j'allais assister à un des premiers procès de l'histoire de l'humanité, à Athènes au Vème siècle avant Jesus Christ, au début du processus que décrit Vernant, lorsque l'Aréaopage abandonne son côté religieux pour laisser place au logos et à la contradiction.

 

Cette table rase me permettait d'être réceptif aux moindres détails, de m'étonner de tout, comme le recommandait Platon.

 

D'abord ce palais de justice, vieillot et imposant. Le public, dans la queue : des étudiantes en droit, bourgeoises, d'une connerie incroyable, qui se racontaient leurs rêves nocturnes et multiplaient les réflexions débiles, pendant une heure derrière moi. Au milieu de leurs caquetages, les propos passionnés et intelligents d'une grande femme pas très jolie qui expliquait à un étudiant son point de vue sur les reconduites à la frontière. Sans doute une militante des droits de l'homme. Il y avait tant de grâce dans ses gestes, tant de pertinence dans ses mots, que je crevais d'envie de lui parler. Mais que lui dire ? que j'étais juriste, spécialiste en chef des reconduites ? c'eût été si vain…

 

J'eus encore un éclairage sur la composition du public quand j'entendis derrière moi, dans la salle d'audience, un vieux qui n'avait pas son certificat d'études et qui expliquait que le SIDA est sûrement l'invention de quelque apprenti sorcier.

 

Il était important pour moi de bien saisir la nature de ce "peuple" au nom duquel la justice serait rendue, ce peuple dans sa diversité de physionomies, d'âge, de mode de pensée.

 

Dans ma soif de tout voir, tout comprendre, j'ai aussi observé les gendarmes, semblables à ceux que j'ai connus pendant mon stage en préfecture : braves gars, extrêmement polis et serviables, modestes, rigoureux. J'écoutais la façon dont ils résumaient les premiers jours du procès aux étudiants écervelés qui les interrogeaient à ce sujet. C'était instructif.

 

Instructive aussi l'atmosphère de prosaïsme qui se dégageait de cette salle. La couverture médiatique des procès gomme, aux yeux du téléspectateur, ce côté très terre-à-terre, humain, trop humain, dérisoire même d'une ambiance de tribunal.

 

La cour est entrée. Le président a interrogé les parents des victimes. Il y eut un moment d'émotion, parce que ces gens des victimes n'arrivaient pas à parler. Le premier a fondu en larmes. Dans le box, Carlos, en quinquagénaire moustachu de grande classe, prenait des notes.

 

Toutefois, l'émotion était  un peu ternie par le point d'honneur que tous mettaient a dire que leur père, flingué par Carlos, fils d'immigré italien, les avait élevés dans le culte de la non-violence, du refus de la haine, de la foi dans la démocratie. Pourquoi cette avalanche de bons sentiments ? L'émotion ne se suffisait-elle pas à elle-même?

 

Nouvelle fausse note encore : le témoignage d'SOS attentat. Fausse note à plus d'un titre. D’abord parce que c'était le discours institutionnel d'une structure qui revendiquait son aide aux victimes, reconnaissait les avoir soutenues – et, d'une certaine façon, encadrées, enfermées dans son discours. Fausse note aussi parce qu'on jugeait Carlos pour un crime de droit commun (l'assassinat de deux policiers) et pas pour des attentats. Que venait faire cette association à nous parler de l'explosion du Drugstore St Germain ?

 

L'avocate de Carlos l'a fait remarquer en prenant courageusement la parole. Elle a aussi contesté le fait qu'on ne pouvait pas entendre de témoins directs. Puis, emportée par son élan, elle s'est laissée aller à des imprécations assez faciles et mal formulées, du genre "je regrette que le jury populaire qui est le vrai tribunal n'ait pas eu accès aux pièces écrites."

 

Cette phrase n'eut qu'un mérite : celui de démontrer que la justice française n'est pas sereine. En effet, à ces mots, on vit le sang monter aux joues du président "Précisez votre pensée maître, hurla-t-il. Est-ce que ça signifie que le tribunal composé de magistrats professionels n'est pas le vrai tribunal ?" Ce coup de colère surprit toute la salle. J'étais vraiement sidéré car les coups de gueule à l'audience sont étrangers à ma culture professionnelle. Dans mon travail c'est la négation même de l'image que la justice doit donner d'élle-même.

 

L'avocate un peu destabilisée baffouilla, essaya de continuer son argumentation en affirmant que la procédure française était condamnée à l'étranger. On n'entendait pas bien, mais le président enfonca le clou : "vous savez que vous êtes à la limite de l'outrage à la cour !" encore deux mots et le président absolument déchainé suspend la séance en concluant "Très bien nous allons saisir le bâtonier !"

 

Stupeur dans la salle. Et là, la sottise gluante des gens reprend le dessus. Personne ne se demande si l’avocate avait raison sur le fond. Elle fait l'objet de l'opprobre générale du seul fait qu'elle a osé tenir tête au président. Les gens sont comme des enfants : "Oh la la ! ça va barder pour elle !" Les étudiants en droits se surpassent en sottise "Elle n'avait pas à contester le fonctionnement des assises à la barre. Elle aurait dû garder ses reflexions pour des articles dans les revues juridiques" (sic!)

 

Sursaut légitimiste, unanimisme stupide de la foule. On attend une heure. On remarque au premier rang des latinos qui parlent en espagnol. L'avocate s'entretient dans la salle avec un type qui porte une kieffeh. On a l'impression qu'on juge un autre monde, celui de la résistance palestinienne et du gauchisme des années 70, quelque chose qui a vécu.

 

On retrouve dans les comementaires bornés des gens à peu près tous les poncifs qui seront ensuite repris dans la presse.

 

L'audience reprend. Brève intervention du batonnier. Puis le Président se lance dans une lecture fastidieuse des dépositions de toutes les connes qui ont prêté leurs fesses et leur appartement à Carlos en 1975 - tout ce petit monde d'étudiants latinos et de paumés qui avaient tous, à l'époque, au plus vingt sept ans et que le malfra manipulait à sa guise.

 

Rien de grandiose dans tout cela. En plus, le président lit mal, et d'une voix monocorde. Tout le monde s'ennuie à crever. Carlos baille.

 

Après la médiocrité du public, les errements faciles de l'avocate, la nullité du président, c'est la banalité de ces journées de jullet 1975 et de la vie du terroriste qui sautent aux yeux. Belle démystification.

 

Finalement, je quitte la salle avant même d'avoir entendu la déclaration de Carlos qui sera rapportée aux infos télévisées du soir, une phrase du genre "Je suis un révolutionaire et je mourrai en révolutionnaire". Une phrase que la présentatrice du journal de vingt heures, avec sa bonne tête de jolie diplomé de Sciences po, lira avec un sourire futile et stupide. Une phrase assez belle, mais inactuelle, si absurde après la journée qu'on a vécue qu'on aimerait savoir pourquoi elle a pu surgir ainsi en début de soirée. Carlos a-t-il voulu se sauver in extremis de l'envahissante médiocrité ? il n'y est guère parvenu.

 

Cette comédie judiciaire anéantissait tout dans sa grisaille. On ne pouvait en tirer qu'une impression mélancolique, tragiquement désabusée.

 

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Les Hmongs sur Arte, diverses choses, les travaux et les jours...

21 Février 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Revue de presse

De retour sur la toile après une semaine de dur labeur en Béarn, toujours sur mes trois derniers livres. J'ai surtout avancé celui que je compte consacrer à une résistante de la banlieue rouge. J'ai découvert des tas de choses sur les patronages municipaux dans la formation de l'esprit des résistants avant guerre. Pauvres gosses quand même. Souvent on rencontre ce profil : 15 ans en 36, fusillé à 22 ans en 43. Toute une époque, celle des bals musette et du style Jean Gabin.

Dans l'avion je lisais le journal. Medvedev qui nomme un superpréfet dans le Caucase-Nord (utile pour mon futur livre sur l'Abkhazie), Le Monde un peu agacé par deux militantes du Parti de gauche qui font de la propagande dans le métro parisien,  les types de l'UMP qui s'excitent contre les Quick Halal (la différence ne passe pas chez les beaufs), le proviseur de lycée qui vire un ado qui porte un t-shirt pro-palestinien.
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Le Wallstreet Journal hier faisait sa "Une" sur le fait que la liberté de circulation des capitaux n'était plus du tout tendance, et que les opérateurs financiers eux-mêmes demandent de plus en plus une nouvelle régulation. Les keynésiens placides peuvent donc attendre tranquillement : leur doctrines seront à nouveau en odeur de sainteté dans dix ou quinze ans. C'est quand même reposant d'être du centre-gauche. On lit gentiment Libé (qui hier disait beaucoup de bien d'une initiative du gouvernement géorgien, il faudra que je vous parle de tout ça dans mon bouquin), et l'on attend le retour de la régulation (en se disant que les lustres qu'on aura passés à s'accomoder du néolibéralisme n'auront été que des erreurs de jeunesse sans grande conséquence).

Coup d'Etat au Niger. Je ne suis pas mécontent d'avoir écrit un texte sur ce pays il y a 2 mois sur le blog de l'Atlas alternatif. Au fait avez vous lu sur le même blog le billet sur le Venezuela ? Chavez et Chevron, Casino et la Colombie... Décidément la Colombie est un pays intriguant. Mais sur l'essentiel on ne peut rien savoir. Par exemple : est ce que USAID finance vraiment des activités de paramilitaires dans ce coin ? Les chavistes l'affirment. Qui peut le prouver ?

Arte vous le dira dans 40 ans ! Un ami a attiré mon attention sur un reportage sur les Hmongs et les horribles bombardements secrets des Américains en 1971-72 au Laos, dans la Plaine des Jarres. A l'époque aucun journaliste ne s'y intéressait, malgré les efforts notoires d'un témoin occulaire étatsunien qui tenta de les alerter (dans ce genre d'affaire il y a toujours un "juste" que l'on sanctifie après coup, pour racheter la lâcheté de millions de connards indifférents). Un ami me disait qu'Arte devrait diffuser des documentaires aussi "anti-impérialistes" sur des sujets plus actuels (la situation de l'Irak par exemple dont le blog de l'Atlas alternatif parle beaucoup). Arte ne le fera pas bien sûr. Pourquoi ? Bernard Henry Lévy préside son comité de surveillance, mais ce n'est pas la seule raison.


Je continue de jouer une carte "rassembleuse" sur Facebook. Quiconque veut entrer dans le réseau Atlas alternatif est admis pour peu qu'il ne soit point lié à des mouvements trop à droite. 2300 "amis" à ce jour. Mais je doute que toutes ces personnes qui ont elles mêmes des centaines d' "amis" prêtent la moindre attention à  ce que ceux-ci publient. Le piège de la vacuité des réseaux sociaux sur Internet dans toute sa splendeur;

Au miieu de tout ça, j'arrive encore à lire une ou deux pages sur le stoïcisme de temps en temps - de vieilles problématiques de mes 20 ans, que je voudrais reprendre à la lumière de l'expérience de quatre lustres. Je ne suis pas pressé. La philosophie a le temps pour elle.

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Publicistes de Bakchich, Haïti, etc.

15 Janvier 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Revue de presse

Vous le savez, je me tiens à l'écart des querelles journalistiques parisiennes qui, le plus souvent ne sont pas réellement portées par de vrais projets politiques et visent uniquement à conforter l'égo de tel ou tel. Je préfère observer des réalités humaines comme l'Abkhazie ou ma banlieue nord, je veux dire observer les actions d'anonymes qui "font" la réalité sociale où ils sont, que d'observer les observateurs, leurs effets de manche, leurs effets de plume, leurs belles parades nuptiales et guerrières. C'est pour cela sans doute que je n'ai prêté qu'une oreille distraite à l'existence de Bakchich (né il y a 2 ou 3 ans). Je n'ai connu le nom de Sébastien Fontanelle (c'est bien ça son nom ? ou Fontenelle ?) lorsqu'il est venu s'asseoir à la table où je prenais un verre  avec Houria Bouteldja l'an dernier, non pas parce que je m'intéressais à Politis ou à Bakchich (je crois qu'il collabore aux deux) mais parce que "Les Indigènes de la République" m'intriguaient, je voulais voir de quoi ce mouvement pouvait être porteur (8 mois plus tard je suis un peu sceptique pour être franc, mais bon, j'espère qu'ils peuvent encore me surprendre agréablement).

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Aujourd'hui je découvre un autre publiciste de cette mouvance : Jean-Marie Bourget, un ancien reporter de Paris-Match si je comprends bien. Je tombe par hasard (via un post sur le blog d'Edgar qui mentionnait un article de Bakchich  l'Afrique - cf ci dessous) sur sa polémique avec Esther Benbassa. Je n'ai pas lu le livre de Benbassa, mais je trouve que cette polémique a du bon. Benbassa jouit d'une bonne réputation chez les pro-Palestine. Bourget pointe des insuffisances de l'auteur, ses partis pris cachés, que son statut de "grande chercheuse" la dissuade d'interroger elle-même avec humilité. Le travail sur les mots (par exemple la prohibition de l'expression "conflit israélo-palestinien") a toujours du bon. Les amateurs de duels médiatiques trouveront aussi leur compte dans l'attaque de Bourget contre l'épuisante Caroline Fourest.

Toujours pour nous faire réfléchir, utilement, dans le sens du "Sud", notez cet article français, Haïti, pornographie compassionnelle néocoloniale, publié sur le site d'une TV vénézuélienne par un jeune type de Sciences Po Toulouse.

La ville où je bosse se mobilise pour les sinistrés d'Haïti. Il y a le drame de ce peuple que la France a si injustement traité au 19ème siècle en plombant sa croissance par une dette d'esclavage. Au fait vous souvenez-vous du rapport fait par un intellectuel français pour le compte de Dominique de Villepin expliquant que la France ne devait pas rembourser les indemnités comme le père Aristide le lui demandait ? Renseignez vous.

Dans mon entourage, on s'inquiète pour Luis ex compagnon du Che qui bossait à Haïti. Notez aussi le singulier destin d'une de mes correspondantes d'Abhazie, l'arménienne que nous appellerons dans notre livre "Sophia". En 1992 elle a connu les horreurs de la guerre dans le nord de l'Abkhazie. Elle travaillait depuis deux ans pour les Nations Unies en Haïti. A Noel dernier elle est rentrée en Abkhazie pour ses vacances. Hier je lui écris "Heureusement tu étais en Abkhazie au moment du tremblement de terre haïtien". Elle me répond "Je ne suis pas en Abkhazie mais en Haïti. C'est la seconde fois de sa vie que cette femme se trouve ainsi confrontée à la mort, aux destructions, à la désolation autour d'elle. Ce doit être épouvantable.

Un site d'information arménien a repris dans ses pages mon article "Le Caucase et nous" sur la mobilisation proposée par un dirigeant de l'aile gauche de Die Linke. J'ignore comment ils ont connu l'existence de cet article.

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Le Guernika sans Picasso et revue de presse

25 Novembre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Revue de presse

En 2005 Bricmont avait qualifié Foulloujah en Irak de "Guernika sans Picasso" pour souligner combien dans le monde actuel les pires crimes pouvaient être commis dans l'indifférence et même l'ignorance générales. L'article http://www.rebelion.org/noticia.php?id=95588 sur les bébés difformes qui naissent dans cette ville à cause des armes américaines qui ...y ont été utilisées ne fait que confirmer cette triste réalité. Si vous ne lisez pas l'espagnol, utilisez le traducteur Altavista. Un jour vos enfants vous demanderont ce que vous avez fait pour dénoncer les crimes américains en Irak.

A part cela notons en vrac des articles intéressants sur les divisions du monde arabe révélées par le dernier match de foot Algérie-Egypte, et un non moins intéressant article de Ian Hamel sur le dernier livre d'Esther Benbassa "Comment peut-on être juif après Gaza ?"

A noter aussi (parce que nous commémorons les 30 ans de la chute de Pol Pot), cet article de Pilger sur les liens entre l'Occident et les Khmers rouges et le rôle libérateur (toujours minimisé) des communistes vietnamiens au Cambodge.

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Revue de presse

19 Octobre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Revue de presse

Le Monde accorde une tribune à Howard Zinn aujourd'hui contre le Prix Nobel de la paix décerné à Obama. Le Parisien fait ses gros titres sur les fraudes à la retraite et le renouveau de l'ultra-gauche. Pointer les petits fraudeurs et la recrudescense du péril rouge à l'heure où les banques réengrangent des bénéfices indus et se lancent à nouveau des spéculations qui mettront une nouvelle fois nos économies à genoux, voilà qui est caractéristique de la presse conservatrice. Le Monde s'énerve contre le népotisme de Sarko, Libé contre Pékin, contre les fichiers d'Hortefeux et le Kindle d'Amazon... Au fait : mon éditeur est en délicatesse avec Amazon. Inutile d'essayer de leur acheter mes livres donc.
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Le retour du libéralisme

12 Octobre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Revue de presse

Dans Le Monde aujourd'hui :
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n avait peut-être conclu un peu trop vite au retour de l'Etat à la faveur de la crise des subprimes, après des décennies de libéralisme effréné, de dérégulation et de déréglementation à tout-va, de privatisations non-stop. On avait peut-être crié un peu rapidement à la mort du marché et à la résurrection du politique dans la vie des affaires.

Cette impression avait culminé à l'occasion du G20 de Londres, en avril, où l'on avait vu des chefs d'Etat et de gouvernement, au premier rang desquels Nicolas Sarkozy, grisés par leur sentiment de puissance. Comme ivres du pouvoir reconquis aux dépens du marché. Mais six mois plus tard, à Pittsburgh, et malgré le retour de la croissance, nos maîtres du monde avaient perdu de leur superbe.


On promettait un Etat fort et actif, on voit des gouvernements qui se dérobent ou qui renoncent. On prétendait reconstruire le capitalisme, on n'ose même pas se rendre à Gandrange. Dans le match qui les opposait aux banques centrales, d'abord, les politiques ont perdu par KO. C'est à elles - à travers le Conseil de stabilité financière - qu'a été confiée la tâche de fixer les règles en matière d'attribution des bonus des traders, à elles aussi le soin d'en vérifier la bonne application.


C'est aussi aux banques centrales indépendantes et à leurs techniciens que la nouvelle supervision bancaire et financière fait la part belle, au détriment des ministères des finances. Il n'y a guère que le patron de la Banque mondiale, Robert Zoellick, ancien de l'équipe Bush, un comble, pour s'émouvoir de cette démission du politique.

Il n'a pas fallu non plus six mois pour que les opinions publiques commencent à regretter le temps où le marché était sans doute trop libre et trop puissant, mais où l'Etat se montrait moins prédateur. Elles n'ont pas eu de mal à comprendre que le retour de l'Etat dans la vie des affaires, cela voulait dire d'abord et avant tout le retour des déficits. Et donc le retour des hausses d'impôts (comme en Espagne), du gel des salaires des fonctionnaires (comme en Grande-Bretagne), de leur baisse (comme en Irlande), l'allongement de l'âge du départ à la retraite (comme en Suède), etc. Partout, du sang, de la sueur et des larmes - sauf en France où le gouvernement tente de faire croire que le nuage radioactif des déficits ne franchira pas les frontières.


L'envolée des dettes publiques signifie que les grands pays industrialisés ont perdu, et pour longtemps, toute marge de manoeuvre budgétaire. Les arbitrages des lois de finances des prochaines années, peut-être des décennies, se résumeront à ceci : savoir où faire des coupes, où dégager des économies, quelles catégories socioprofessionnelles sacrifier, quelles dépenses et quels avantages supprimer, où trouver des recettes. Plus de place pour des mesures de relance supplémentaires ou de nouveaux cadeaux fiscaux, plus de place pour des avancées sociales coûteuses. Trop de keynésianisme tue le keynésianisme et rend l'Etat impuissant.


Leurs endettements record vont ligoter les Etats et les livrer au bon vouloir des marchés financiers. Car il va bien falloir vendre et écouler tous ces emprunts du Trésor émis par milliers de milliards de dollars. Et donc séduire ces financiers dont on avait pourtant cru se débarrasser une bonne fois pour toutes - traders, gestionnaires de hedge funds ou de fonds de pension, banquiers sans foi ni loi.


Les gouvernements vont devoir leur donner des gages d'orthodoxie budgétaire ou leur offrir des rendements élevés. Ou les deux. Et malheur au pays dont les emprunts d'Etat ne trouveront pas grâce aux yeux des investisseurs : les taux d'intérêt à long terme s'y envoleront, cassant la croissance. La "dictature" des marchés financiers a de beaux jours devant elle.


Surtout, la crise des subprimes a montré que les gouvernements n'avaient au fond, contrairement à ce qu'ils faisaient croire, aucune intention véritable de reprendre la main, aucune envie réelle de voir la puissance publique reconquérir des parts de marché face au privé.


Ils avaient une occasion inespérée de le faire dans le secteur bancaire mais ils s'en sont bien gardés. Après avoir sauvé les banques du naufrage, leur avoir prêté et garanti tout l'argent dont elles avaient besoin, les avoir aidés à renforcer leurs fonds propres, les Etats se retrouvaient en position de force inédite.

Ils auraient pu choisir de rester durablement au capital de ces établissements pour les contraindre à distribuer du crédit, pour contrôler les risques pris sur les marchés financiers ou encadrer étroitement les rémunérations des traders. Des esprits peu suspects de dérive gauchisante, tels Thomas Hoenig, patron de la Fed de Kansas City, avaient même légitimé idéologiquement des nationalisations bancaires, arguant des risques spécifiques du secteur.


Au lieu de cela, les Etats se sont empressés de se désengager des banques dès que celles-ci ont été en mesure de rembourser les aides publiques qu'elles avaient reçues. Les "nationalisations" bancaires n'ont été que de courtes parenthèses, vite refermées, sans que personne ne s'en offusque.


De façon irréelle, on a même vu les socialistes français reprocher au gouvernement de ne pas avoir spéculé sur la hausse des titres bancaires et de ne pas avoir "fait" assez d'argent dans ces opérations ! Pauvre Karl ! Vingt ans après la chute du mur de Berlin, c'est bien la deuxième mort du socialisme, avec la crise des subprimes, à laquelle on assiste.

 


Pierre-Antoine Delhommais
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Revue de presse

22 Août 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Revue de presse

L’exercice de la revue de presse peut s’avérer intéressant à l’occasion. Il permet de commenter certaines sottises de notre époque. Ayant lu quelques journaux dans l’avion cet après-midi, j’y trouve l’inspiration pour ce bref billet.

 

Prenez Courrier international par exemple, un journal naguère lié au groupe Vivendi et dont j’ai souvent dénoncé le ton belliciste dans mes livres : je parcours p. 11 un article sur l’Ukraine qui tournent en dérision les « coups de gueule » de la Russie. Pour moi, l’article fait écho au "débat" (p. 42) sur la soi-disant responsabilité de Staline dans le déclenchement de la seconde guerre mondiale. Tous les propos antirusses sont ridicules et le plus "drôle" est que la presse bourgeoise occidentale trouve toujours un journaliste ukrainien ou russe pour les tenir (vous savez ? de ces clients de l’occident qui grenouillent aux cocktails de nos ambassades). Sur le pacte germano-soviétique, mon point de vue est grosso  celle de l’historienne Annie Lacroix-Riz (dont je n’approuve pourtant pas certains raccourcis sur la famine ukrainienne pu sur le rôle des grands patrons dans le gouvernement de la France de l’entre-deux guerre) : oui, c’est évident, le patronat occidental a fait échouer l’alliance franco-russe voulue par Louis Barthou et joué la carte « plutôt Hitler que les soviets ». Staline n’avait donc d’autre choix que de signer en pacte avec Hitler pour gagner du temps. Et il est malhonnête de voir dans ce pacte la cause de la guerre. Mais le révisionnisme le plus idéologiquement orienté est à la mode sur ce point. Il va bien avec le forcing des pays de l’Est pour criminaliser le communisme mis sur le même plan que le nazisme (mais pourquoi avons-nous accepté ces pays dans l’Union européenne ? qu’y avons-nous gagné ?). Il y avait ce matin sur Russia Today un bon reportage sur les meetings «culturels » lettons et estoniens où l’on fait l’apologie des divisions SS et où l’on crache sur les russes.

 

Je voulais aussi dire un mot de l’article du même magazine consacré à la recrudescence du mouvement naxaliste (maoïste) au Bengale occidental pourtant gouverné par les communistes. Mais j’y consacrerai peut-être un article plus tard. De même je parlerai un jour peut-être de la commune de Marinaleda en Espagne, où, nous dit Courrier international, une politique « marxiste » est appliquée qui fait l’admiration du New York Times (sic).

 

Je lis dans le Monde beaucoup de choses sur les Verts (ils séduisent le PS mais plus Taubira). Au Brésil une rivale de Lula mise sur le parti Vert de son pays (comme la Bête-en-cour naguère). Mais cette mouvance ne m’intéresse décidément pas. Très bon en revanche l’article de Mohamed Ali Al-Ahasi qui compare les sociétés iranienne, turque et égyptienne, et souligne l’occidentalisation accélérée, du point de vue de l’évolution démographique, de la première.

 

Je trouve absurde l’éviction de Tariq Ramadan de la mairie de Rotterdam à cause de son émission à la télévision officielle iranienne (rapportée par Libération). Absurde aussi toutes ces pages des médias sur Clotilde Reiss. Tout cela est absolument dépourvu de tout intérêt. Mais je suis d’accord avec M. Kouchner (pour une fois) quand il dit (dans Le  Monde) que les manifs des bourgeois iraniens contre Ahmadinejad ne sont pas dues aux actions de nos espions mais à l’attrait du capitalisme anglosaxon sur ces gens.

 

Idem les papiers sur les élections afghanes, des élections, qui, dans un pays aussi peu libre, ne légitiment rien du tout (comme en Irak).

 

 

 

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Revue de presse

15 Mai 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Revue de presse

Il faut bien de temps en temps sacrifier à cet exercice pour se tenir au courant. Je livre donc les résultats de ma cueillette au hasard des lectures.

Du côté d'Europalestine tout d'abord. Je découvre qu'ils appellent à voter NPA. Ils ont demandé à tous les partis politiques s'ils étaient pour le boycott des produits israéliens. Seul le NPA se serait clairement prononcé en ce sens (pourquoi pas le FG ? quelle a été a réponse du FG ?) Cela leur évite de se lancer dans une campagne onéreuse qu'ils n'auraient probablement pas pu financer. Ils sont en revanche hostiles à la très baroque "liste Dieudonné".

Du côté de l'Amérique latine, Castro écrit sur la grippe aviaire, interroge la responsabilité de la multinationale Granjas Carroll et plus encore celle du gouvernement néo-libéral mexicain qui a si considérablement affaibli son système de santé. Le journal mexicain de gauche la Jornada se fait l'écho de sa lettre. Les relations cubano-mexicaines sont mauvaises. Mais par delà cette circonstance conjoncturelle, dans la lettre de Castro, se profile une déception profonde à l'égard d'une évolution "droitière" d'un Mexique qui, tout au long du 20 ème siècle, à la suite de la révolution d'Emiliano Zapata, était devenu, malgré tout (malgré les compromis passés avec le bourgeoisie) un des pays les plus sociaux-démocrates du sous-continent.

Dans le Quotidien du peuple chinois on apprend qu'un ancien diplomate français Lionel Vairon a le vent en poupe en Chine du fait de son livre qui tente  de désamorcer les peurs anti-chinoises en France (j'avoue que j'ignorais l'existence de son livre). Et Ria Novosti en Russie nous apprend que Moscou va livrer des avions de transport militaire au Sri Lanka, à l'heure où l'opinion publique occidentale semble toujours fort embarrassée par le sort des civils tamouls qui entourent la guérilla des Tigres dans la jungle. Toujours à titre de curiosité, j'ai regardé ce que les communistes indiens, qui jouent souvent un rôle modérateur du nationalisme de ce pays, pensaient de la crise du Sri Lanka. La position du PCI(Marxiste) consiste à demander à l'Inde de faire pression sur le Sri Lanka pour qu'il suspende ses opérations militaires, tout en demandant aux Tigres tamouls de mettre fin à leur "résistance futile". Une position "ni-ni" un peu irréaliste car le cessez-le-feu unilatéral serait évidemment exploité par les Tigres pour reconstituer leurs forces, et non pour rendre les armes. Le premier ministre indien Manmohan Singh paraît aussi défendre une position assez mesurée sur la situation sri lankaise.

En Afrique, Kim Yong Nam président du présidium de l'Assemblée populaire suprême de Corée du Nord était au Zimbabwe le 13 mai. Pour y faire quoi ? Quand une nation paria rencontre une nation paria qu'est-ce qu'elles se racontent ? Allez savoir...

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