Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #transnistrie tag

La Transnistrie et l'histoire de l'antisémitisme

6 Février 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Transnistrie, #Grundlegung zur Metaphysik

En 2013, j'ai déjà signalé le lien entre la Moldavie et l'extermination des Juifs par les nazis à propos du bordel de Soroca, que décrit Malaparte dans Kaputt. Le lien est très fort aussi pour la Transnistrie dont le nom même, appliqué par les Roumains au pays, est le terme administratif utilisé par les nazis pour la zone au delà du Dniestr pou la mise en oeuvre du programme d'extermination.  Mais le rapport de la Transnistrie, et de la Moldavie à l'histoire de l'Antisémitisme, est plus ancien encore, évidemment.

Si vous avez lu mon livre sur ce pays, vous savez sans doute que je me suis rendu à Dubossary qui est un village transnistrien à majorité moldave. Or, en lisant aujourd'hui le livre du théosophe anglais George Robert Stow Mead publié en 1903 "Did Jesus live in 100 BC ?", j'apprends que selon le Times du 2 mai 1903, la populace de Chisinau a assassiné "environ 60 juifs et juives" et en a blessé "environ 500 de plus" avec "plusieurs cas de viols trop horribles pour une description détaillée" en raison d'un supposé "meurtre rituel" perpétré par les Juifs de Dubossari, et ce malgré la publication de la preuve absolue du caractère mensonger de l'accusation (à cette époque on accusait les Juifs de sacrifier des enfants et manger leur chair).

Une lecture du journal "L'Aurore" du 17 août 1903 p. 2 sur Gallica me donne ces éléments : 

"Les horribles massacres qui ont eu lieu à Kichineff ont été présentés par M. Krouchevau, l'éditeur du journal antisémité Bassarabets comme les représailles d'un prétendu crime rituel.

Les faits ont été relatés : quelques semaines avant les fétes de Pâques on avait trouvé S, Doubossari,. non loin de Kichineff, le cadavre d'un adolescent de dix-sept ans, Michel Ribalenko, assassiné de façon mystérieuse et dont le cadavre présentait cette particularité que le col était criblé de coups de canif, comme si l'assassin s'était complu à faire couler goutte à goutte le sang de la victime. Il n'en fallut pas plus au Bessarabets pour annoncer que Ribalenko avait été tué par les Juifs qui l'avaient saigné pour préparer les mazzi (pain azyme). La légende fut acceptée par laf oule avec enthousiasme, et nous connaissons les atrocités qui suivirent.

Un agent de la police secrète d'Odessa ne fut point convaincu par les "révélations" du Bessarabets. Il avait passé sa jeunesse parmi les juifs ; il connaissait à fond leurs moeurs, parlait même leur jargon et l'accusation qui pesait sur eux le laissa sceptique. Il s'affubla du costume des juifs polonais et fréquenta les petites synagogues, les restaurants et les bazars où les juifs s'assemblèrent, et il fut bientôt convaincu que bien loin de pétrir le pain azyme avec du sang chrétien les israélites ne touchaient pas au sang des animaux. un jour il vit un juif corriger d'importance son fils parce que l'enfant lui avait servi un bifteck saignant. Ce juif était convaincu qu'en avalant une goutte de sang de boeuf il avait commis un grand péché devant l'Eternel... Il fallait chercher ailleurs l'auteur de l'assassinat.

Existait-il des gens qui eussent intérêt à supprimer Ribalenko, se demanda alors Matviev.

Pour résoudre cette question, il mit de côté l'habit juif polonais et s'accoutra du costume d'un paysan de la Bessarabie : blouse blanche, hautes bottes et bonnet d'astrakan. Il entra en relations avec le grand père de la victime, Kouzma Ribalenko, un riche paysan qui possédait beaucoup de terrains, de vignes et d'argent comptant. Un peu avare, il n'aimait guère sa famille et s'en plaignit à son nouvel ami en la lui présentant sous les traits les plus noirs.

Matviev sut s'insinuer dans les bonnes grâces du vieillard à force de petits cadeaux et d'attentions. Il apprit bientôt que Kouzma Ribalenko détestait par dessus tout son ex-gendre, un certain Timotchouk, veuf de la fille de Ribalenko, qui avait eu de son premier mariage un fils, Ivan, qui était avec le malheureux Michel l'héritier du grand-père.

- Ce Timotchouk, disait le vieux au détective, n'a jamais su travailler et maintenant que Michel est mort et que son fils Ivan devient l'unique héritier, il me tuera pour entrer plus vite en possession de son bien.

Ces confidences furent un trait de lumière pour Matviev.

Le détective eut recours à un troisième travestissement ; il s'habilla en journalier qui cherche de l'ouvrage chez les gros paysans. Il devint un habitué des cabarets et lia connaissance avec jardinier, Antone, gardien de la propriété contiguë à celle qui avait été le théâtre de l'assassinat de Michel Ribalenko".

Après avoir courtisé la fille de Tomotchuk, Matviev, dans le rôle du gendre potentiel, apprit de
Antone le jardinier qu'en effet Tomotchouk avait tué l'adolescent. Il leur reprocha à lui et son compagnon de n'avoir pas mis à profit le crime rituel pour piller les juifs de Doubossari.

"Nous avons été plus avisés à Kichineff, du le jardinier, nous leur avons appris ce qu'il leur en coûtera de cribler nos jeunes garçons russes de coups de couteau... Vous êtes des pleutres, des timorés, des imbéciles..."

"Piqué par ces sarcasmes, ajoute le journal, Antone se rebiffa :
- Ah ! tu nous prends pour des pleutres ? C'est toi qui un imbécile !... Tu crois que ce sot les juifs ui ont tué Michel Ribalenko ?

Ha ha ha ! Eh bien ! non, tu n'est pas malin ! ... Mais c'est Timotchouk et moi qui avons fait le coup, imbécile !" Et le jardinier de raconter comment le 16 février au soir Antone avait saigné l'adolescent pour faire croire qu'il s'agissait d'un rituel juif.

Lire la suite

Les pro-OTAN en mauvaise posture en Moldavie

25 Octobre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Transnistrie, #Colonialisme-impérialisme, #Peuples d'Europe et UE

Alors que les pro-OTAN ont gagné de peu et dans des conditions plutôt troubles les élections au Montenegro, ils risquent de les perdre en Moldavie. Igor Dodon, leader du parti des socialistes de Moldavie, souvent présenté comme le candidat de Moscou (dans un débat télévisé il vient d'ailleurs de valider le rattachement de la Crimée à la Russie) est crédité selon un sondage publié lundi dernier de 41% d'intentions de vote aux prochaines élections présidentielles du 30 octobre contre 14 % pour  Maia Sandu, leader du Parti de l'Action et de la Solidarité, supposée être la candidate des Etats-Unis, et 11 % pour Marian Lupu du Parti démocrate de Moldavie, selon un sondage de lundi dernier.

De quoi réjouir les Transnistriens qui pourraient bénéficier d'une fenêtre d'ouverture pour la normalisation comme à l'époque de Voronine. En revanche cela ne fera pas l'affaire du régime de Porochenko à Kiev. On peut compter sur lui, en alliance avec le gang Clinton-Nuland-Biden si tout ce petit monde est porté au pouvoir à la Maison Blanche, pour déployer des intrigues à Chisinau, avec la bénédiction du très atlantiste Alain Juppé...

Avant d'oublier, je conseille à mes lecteurs anglicistes la lecture du bon article de Cockburn sur le parallèle Alep-Mossoul, même si c'est hors sujet par rapport à la Moldavie (quoique...). On peut aussi en trouver un résumé en français ici.

Lire la suite

Moldavie

6 Janvier 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE, #Transnistrie

Les Occidentaux ne comprennent pas que dans l'ex-URSS, à l'exception des pays baltes, les régimes pro-européens s'abiment dans la corruption et ne sont pas viables. On l'a vu avec le régime de la première révolution orange en Ukraine. Le régime "Euromaïdan" actuel pourrait bien suivre le même chemin.

Autre illustration : la Moldavie. C'est le magazine libéral The Economist qui l'expliquait le 21 novembre dernier : le 29 octobre dernier, la coalition gouvernementale européiste a éclaté quand le businessman israélien de 28 ans Ilan Shor a dévoilé que le premier ministre Vlad Filat lui avait extorqué 260 millions de dollars de commission. Shor est au centre d'un système de détournement d'1 milliard de dollars (un huitième du PNB moldave) avec toute une opération de blanchiment à laquelle a été associée une compagnie britannique et une banque lettonne. Aujourd'hui les Moldaves qui gagnent 200 euros par mois en moyenne sont prêts à revoter majoritairement pour les partis pro-russes (dont le parti communiste).

En Moldavie plus aucun indicateur économique n'a la moindre valeur tant l'économie parallèle est reine. Le pays a perdu un quart de sa population (comme les pays baltes).

Les nationalistes roumains en tirent argument pour réclamer l'annexion du pays, oubliant qu'il compte 40 % de russophones et que la Moldavie comme nation n'est pas plus artificiel ni plus récent que la Roumanie.

A quand un audit de l'Union européenne sur les aides versées par les Occidentaux (aux frais du contribuable européen) qui ont fini dans les circuits de l'argent sale en Moldavie ?

Lire la suite

Le blocus de la Transnistrie

9 Juin 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Transnistrie

Le blocus de la Transnistrie

L'idée de la République de Budjak est apparue au tournant des années 1980 et 1990 dans le processus d'un réveil national déclenché par la perestroïka . La république était censée inclure les localités où les Gagaouzes et Bulgares vivant dans le sud de la Moldavie et, dans une autre variante, s'étendre à la partie sud de la région voisine ukrainienne d'Odessa.

Le projet n'a jamais vu le jour. Mais en novembre dernier le think tank basé à Kiev “Da Vinci AG” a, dans un rapport, mis en garde contre un retour de cette idée sous le nom de "République populaire de Bessarabie" qui serait encouragé par Moscou. Des médias comme Nezavisimaya gazeta et The Economist s'en sont fait l'écho, mais de l'avis de nombreux analystes l'attachement des populations de Moldavie et d'Odessa à la paix et à la coexistence multiethnique rendait le projet peu vraisemblable.

Aujourd'hui ce projet est agité par un épouvantail par Kiev qui vient de nommer l'ancien président géorgien ami des néo-conservateurs américains Mikheil Saakachvili gouverneur d'Odessa.

Le blocus contre la Transnistrie, supposée être le future pivot des agressions contre la région d'Odessa, a été décrété. La ministre des affaires étrangères de Transnistrie, Nina Shtanski, a déclaré aujourd'hui : "Le blocus est bouclé, l'Ukraine a bloqué toutes nos importations. Nous ne sommes plus en mesure de prendre en charge les besoins de la population. L'Ukraine a en outre bloqué la liberté de mouvement des habitants de Transnistrie titulaires de passeports russes, " (Novostimpmr)

Le 28 mai le président de la Transnistrie dans un appel à son homologue russe dénonçait la présence de batteries de missiles S-300 à Odessa , ainsi que la décision de la Verkhovna Rada parlement ukrainien de dénoncer l'accord sur le transit des troupes russes en Transnistrie, ainsi que l'arrivée massives de soldats à la frontières.

Dans une téléconférence devant l'association "Intégration eurasienne" d'Alexander Argunov, le vice-président russe Dimitry Rogozine a assuré la Transnistrie, en grande difficulté économique, du soutien continu de Moscou.

La Moldavie, qui connaît de fortes divisions internes (même au sein des européistes au pouvoir une fraction "d'indignés" demande leur démission) n'est pas en pointe dans cette affaire.

Lire la suite

Nationalismes est-européens

16 Mai 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Transnistrie

Nationalismes est-européens

Alors que des excités albanais, encouragés par les propos des dirigeants de Tirana sur la Grande Albanie, tirent sur des policiers en Macédoine (je sais, cela n'a pas intéressé les journaux autant que les folies de Mme Dati épinglées par la Cour des Comptes), et que le président de Transnistrie Evgeni Chevtchouk se recueille pieusement au mont Athos en Grèce, des milliers de manifestants à Chisinau demandent l'Anschluss avec la Roumanie à l'occasion du 203 ème anniversaire du traité de Bucarest entre la Russie et la Turquie (sic). L'Europe c'est la paix, mais oui mais oui...

Lire la suite

Interview de F. Delorca sur la Transnistrie

3 Janvier 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Transnistrie

transnistriecouv.jpgLe 27 novembre dernier j'ai donné l'interview sur la Transnistrie que vous trouverez ci-dessous. En France, la Transnistrie n'intéresse plus que les adeptes du ballon rond à cause des succès du FC Sheriff de Tiraspol. Cette interview ainsi que mon livre sur ce pays sont cités dans la version papier du magazine So Foot de ce mois-ci.

 

-------------------

 

Que savez-vous de Victor Gushan, outre le fait qu'il soit à la tête de Sheriff (le trust qui contrôle une grande partie de l'économie de la Transnistrie) ?


- Tout ce que l'on peut savoir sur Victor Gushan c'est que c'est un ancien membre des services secrets de ma République soviétique socialiste de Moldavie qui, après la sécession de la Transnistrie, a profité de son influence pour constituer le conglomérat financier Sheriff qui accapare le business de la grande distribution, des télécoms, du gaz, bref de tout ce qui rapporte. En somme c'est un cas assez classique en ex-URSS, d'un membre de la nomenklatura qui profite de son influence pour prendre le contrôle de l'économie après l'effondrement de l'Etat soviétique. Le cas est aussi fréquent en Ukraine et en Russie.

A-t-il d'autres activités officielles ou cachées?


- Je n'ai pas mené d'investigation particulière sur la question. Et je ne crois pas que même ses adversaires en Moldavie lui prête des fonctions occultes. Mais être le chef de la holding financière dont dépendent plus de 15 % des recettes de l'Etat (selon ce qui m'avait été dit quand j'étais en Transnistrie, suffit à être faiseur et défaiseur de rois.

Que sait-t-on de son influence réelle et de son pouvoir dans le pays?


- C'est lui qui a tenu à bout de bras le gouvernement de la Transnistrie quand dans les années 1990 Igor Smirnov en était le président "héroïque" - puisque Smirnov, ancien ingénieur, s'était distingué en 1991-92 dans la guerre contre les nationalistes moldaves pro-roumains. D'ailleurs des membres de la famille de Smirnov travaillaient au sein du conglomérat Sheriff et profitaient de ses largesses. A partir de 2006 Gushan et Sheriff ont progressivement lâché Smirnov, et, en accord avec le Kremlin, un autre président, plus jeune, et plus proche de Poutine, Evgueni  Chevtchouk a été installé à la tête de la Transnistrie en 2011 aux termes d'élections présidentielles où Smirnov a été évincé dès le premier tour. Bien sûr Chevtchouk est un ancien directeur adjoint de Shériff et pour beaucoup il était au moment de son élection l'homme de Sheriff. Depuis lors on dit que ses relations avec Sheriff se sont dégradées. On a notamment remarqué que le fils de Victor Gushan a échoué à devenir le maire de la capitale de la Transnistrie, Tiraspol, ce qui pourrait être dû à un veto de Chevtchouk. Après il se peut qu'il y ait un jeu de pouvoir complexe entre Sheriff, le Kremlin et les autres oligarques russes, mais là dessus on est réduit à de la pure spéculation.

Comment peut-on qualifier l'économie du pays?


institution.jpg- C'est un système socialiste sur lequel s'est greffé une oligarchie. La caractère socialiste a été préservé en partie à cause de l'isolement du pays non reconnu internationalement, en partie à cause de la mentalité soviétique de la base sociale du régime - des fonctionnaires et ouvriers russes et ukrainiens implantés en Moldavie avec l'industrialisation stalinienne et qui refusaient la désintégration de l'URSS. Il se vérifie encore dans le fait que l'agriculture reste largement collectivisée, que la médecine est une médecine d'Etat etc. Mais la vente de nombreux commerces et industries à la holding Sheriff et les privatisations menées par le parti de Chevtchouk ("Renouveau") depuis sept  ans ne fait que renforcer son caractère oligarchique, en offrant aussi des ouvertures sur un capitalisme de petites entreprises.

Pensez-vous concevable que les infrastructures titanesques du FC Sheriff Tiraspol soient le fruit d'investissements illégaux sur le marché noir et que le club de football serve à blanchir de l'argent?


- Le club sert surtout à mobiliser le patriotisme politique des Transnistriens. Il y a peut-être d'autres moyens en Russie de blanchir de l'argent que de crée un club de foot. Cela dit qu'il y ait du marché noir c'est à peu près évident puisque la non-reconnaissance de la Transnistrie au niveau international favorise les transactions occultes. On a parlé de trafics d'armes et de stupéfiants, mais je ne suis pas certain que ce soit prédominant car cela mettrait trop le pays dans le collimateur des Occidentaux et donnerait des armes idéologiques au gouvernement de Chisinau (Moldavie) qui demande en permanence la suppression de l'entité transnistrienne. En revanche qu'il y ait de nombreux détournements de fonds autour des fournitures de gaz russe, du marché de la distribution etc c'est très probable.

Trois adjectifs pour qualifier la Transnistrie ?

- Isolée, très particulière, en voie de russification. Isolée, parce que cela reste une sorte de sous-préfecture soviétique assez coupée du monde (même si beaucoup de Transnistriens grâce à des passeports russes ou ukrainiens arrivent à voyager). Très particulière parce qu'elle avait quand même réussi à constituer une identité originale, fondée sur le souvenir du temps où cette partie de la moldavie était ukrainienne (elle n'a jamais fait partie du grand ensemble roumain auquel les nationalistes de Chisinau voulaient la rattacher en 1991-92). En voie de russification parce que l'évolution actuelle de la Moldavie et de l'Ukraine vers un rapprochement avec l'Union européenne et l'OTAN nourrit une volonté de rattachement à la Russie, sur le modèle de ce qui s'est passé en Crimée.

Lire la suite

Tensions autour de la Transnistrie

21 Août 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Transnistrie

Transnistria_State_Flagsvg-copie-1.pngDes journalistes continuant de s'intéresser à mes compétences sur la Transnistrie (sur laquelle j'ai publié un livre il y a 5 ans) pour la réalisation d'un documentaire, je lis ce soir les journaux de Tiraspol.

 

Des nouvelles inattendues, comme celle-ci selon laquelle l'émissaire de Poutine en Crimée Oleg Belavenets a déclaré le 19 aout lors d'une visite au Forum de la jeunesse que la Transnistrie finira par faire partie de la Russie.

 

Un bilan aussi intéressant dans Novostipmr de l'impact de la crise ukrainienne sur la dévaluation du rouble et des monnaies de Biélorussie et de Moldavie. L'article explique que la dévaluation du rouble russe par rapport au dollar fera monter les prix en Transnistrie (l'inflation au premier semestre était pourtant stabilisée à 2 % contre 20 % en Biélorussie). Des mesures d'austérité sont attendues. Tout cela dans un contexte de réorientation du commerce de la Transnistrie vers la Russie (14 % seulement des exportations actuelles) comme l'avait précisé la ministre des affaires étrangères Nina Shtanski il y a 8 jours.

 

En lien aussi avec la crise ukrainienne le président Yevghéni Chevtchouk a rappelé tous les réservistes pour une formation d'un mois par décret signé hier.

 

La rumeur règne partout. DnestrTV a dû démentir que  le président Chevtchouk ait le cancer ou qu'il vive dans un appartement luxueux, ainsi que la thèse, diffusée selon elle par les services moldaves et par l'oligarque de Dniepropetrovsk Kolomoiskly, qui veut que la ministre des affaires étrangères ait passé ses vacances à Leizig ou à Prague aux frais de l'Etat. Plus grave : dans la région d'Odessa (Bessarabie) des voitures avec des hauts parleurs annoncent à la population que la Transnistrie va attaquer l'Ukraine. Il s'agit de dissuader les pro-russes de Bessarabie de s'insurger contre Kiev (on parle même de l'envoi de milices de Secteur droit dans la région). Kiev redoute la création d'un axe Gagaouzie-Transnistrie-Crimée.

Lire la suite

Histoire des lieux (suite) : Soroca

20 Avril 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Transnistrie

Soroca la moldave n'est pas en Transnistrie. Tant mieux. J'ai vu assez d'endroits tragiques en Europe de l'Est : Varsovie, Belgrade. Des endroits où il se trouve des gens pour vous raconter : ce quartier fut brûlé par les SS, cette discothèque était une synagogue. Je ne sais pas ce que les nazis ont fait à Tiraspol ou à Bendery. Et je n'ai pas envie de voir Berlin, la Berlin bobo d'aujourd'hui après avoir lu le récit des viols de 1945. J'aurais vu Soroca, puis j'aurais lu quelques années plus tard, la description que Malaparte (dans "Kaputt") fait de ce bordel de prostituées juives en 1941 (en faitun  bordel de jeunes filles ordinaires réquisitionnées pour "servir" aux soldats). Ce bordel qu'il a visité deux jours avant que les filles ne soient fusillées. J'aurais regretté d'avoir vu Soroca sans avoir lu ce passage. Et si je l'avais lu avant de voir Soroca, je me serais senti impuissant, comme je me sens souvent faible face aux rescapés des grandes tragédies de l'histoire.

 

Je sais c'est difficile à comprendre. Peu importe. En tout cas je suis las des lieux chargés de tragédie. Donc tant mieux si j'ai échappé à Soroca (qui n'est qu'à quelques kilomètres de la Transnistrie en amont du Dniestr).

 

On n'est jamais assez juste à l'égard de l'histoire des lieux. Surtout nous, Français, dont les lieux sont depuis presque un siècle moins tragiques que partout ailleurs. Tenez là à l'instant je pense au tableau "Massacre en Corée" de Picasso dont j'ai découvert l'existence par hasard ce matin. Tableau de 1941. Qui rend justice à l'histoire des lieux de Corée ?

 

L'Europe de l'Est n'a rien su faire de ses tragédies, sauf les renvoyer à la tronche des autres. En 2002, elle a soutenu la croisade de Bush. Histoire d'exporter les destructions endurées dans les années 1940 plus à l'Est, en Irak... Drôle de façon d'enterrer le passé. Rumsfeld appelait ça "la Nouvelle Europe". Une nouveauté qui se construit sur autant de cadavres, même pas sur des cadavres, sur du vide, le vide abomindable qu'a laissé leur disparition silencieuse, sans fleur ni couronne et même sans sépulture, voilà qui ne dit rien qui vaille. Il fallait être Rumsfeld pour vouloir faire des cadavres avec des cadavres, avec une telle bonne conscience. Et il fallait être con et lâche comme notre grande presse pour regretter que Chirac ne soit pas de cette fête macabre. Le néant qui hante l'histoire récente de l'Europe de l'Est est effrayant. Il fallait être Kusturica pour trouver à en rire. Je comprends mieux ce soir pourquoi le Caucase m'a paru mille fois plus peuplé que la Transnistrie, mille fois plus vrai. En Transnistrie, il n'y avait que des ouvriers et des fonctionnaires soviétiques (c'est à dire Russes, Ukrainiens, Kazakhs etc) venus occuper du vide avec leur travail. Il y a trop de vide dans ces coins là. Trop de balles et d'éclats d'obus dans la terre. Plus encore que dans notre Picardie. Trop de fantômes en vérité. Des fantômes sans noms. Ce sont des pays qui vous glacent le sang.

 

Au fait, encore un mot sur le bordel de Soroca. Il devrait passionner tous les gens qui s'intéressent au féminisme, et à ce qui réfléchissent sur les métiers de prostitution. On ne réfléchit jamais assez aux bordels de campagne..

Lire la suite

Désarmement de la Transnistrie

31 Mars 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Transnistrie

sheriff.jpgJe lis dans la presse aujourd'hui : "La Russie a indiqué qu'elle est prête à démanteler les dépôts d'armes datant de la guerre froide en Moldavie, ouvrant ainsi la perspective d'une fin au conflit de Transniestrie et amplifiant les chances d'entrée de la Moldavie dans l'UE. Le ministre des affaires étrangères Sergei Lavrov de Russe a présenté une proposition concernant les trois dépôts de munitions situés dans la région moldave contestée de Transniestrie pendant les entretiens avec le ministre des affaires étrangères moldave Iurie Leanca à Moscou mardi (le 29 mars). "

Lire la suite

L'Ukraine et la Transnistrie

22 Mai 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Transnistrie

institution.jpgStefan Lutz attire mon attention sur l'article de Radio Free Europe intitulé "Kremlin, With Kyiv's Help, Ups Pressure Over Transdniester" qui semble indiquer un durcissement de l'Ukraine à l'égard des Occidentaux sur la Transnistrie puisque Kiev insisterait sur la nécessité de définir un "statut spécial" pour elle. Mais il me semble plutôt que cette radio grossit le trait. Cela fait des années que la réintégration de la Transnistrie dans la Moldavie n'est envisageable de toute façon que dans le cadre d'un "statut spécial" (confédéral ou fédéral) qui est au centre des négociations formelles ou informelles qui ont pu avoir lieu. De même je reste sceptique sur cette affaire d'espion montée en épingle par Reporter sans frontières et quelques autres lobbys. Après tout ce ne serait pas la première fois que les Occidentaux voudraient faire passer pour des oies blanches de vrais collaborateurs occasionnels ou réguliers de services secrets. Et, entre deux entités qui ont également conservé la culture soviétique (la Transnistrie et la Moldavie), les implications de services secrets doivent être fort fréquentes.

 

Pour ma part en tout cas je trouve l'Ukraine plutôt prudente depuis plusieurs semaines. Ianoukovitch a refusé de reconnaître l'Abkhazie comme il avait pourtant initialement promis de le faire.

 

L'Ukraine reste politiquement et économiquement fragile. Politiquement l'ex premier ministre Youlia Timochenko fait du chantage ouvert à la guerre civile depuis l'accord sur le maintien de la flotte russe en Crimée en échange d'une baisse du prix du gaz russe. Economiquement, Jean-Luc Mélenchon a récemment rappelé dans son blog la dépendance de Kiev à l'égard de l'Union européenne : "Après un débat verbeux sur les causes et les solutions à la crise actuelle, [le parlement européen] vote une aide à l’Ukraine en décidant de la conditionner à la surveillance de l’application par ce pays des injonctions du FMI et de la banque mondiale ! Le dixième de cette arrogance de la part de la Russie aurait immédiatement mobilisé « reporters sans frontières » et toutes les agences américaines d’aides aux « révolution orange », «  révolution pourpre » et ainsi de suite." note-t-il en des termes très justes.

 

Yanoukovitch plaide pour une"nouvelle approche" des conflits gelés. Mais c'est une sorte de minimum rhétorique à l'égard des Russes, qui est loin de pouvoir se traduire par des actes.

Lire la suite

L'applaudimètre d'Amazon

23 Avril 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Transnistrie

Hier j'ai découvert qu'une journaliste de Ouest France a donné 3 étoiles à mon livre sur la Transnistrie sur Amazon, en regrettant que je n'aie pas pu glaner plus d'infos dans le cadre de mon voyage officiel. A côté de cela, un Suisse enthousiaste accorde 5 étoiles au livre de Deleu, "La poudrière de l'Europe".

 

electromach.jpg

Un Français qui allait souvent en Transnistrie (et était en couple avec une Transnistrienne) avait pourtant écrit l'an dernier sur le mur du groupe de mon livre : "J'espère que votre ouvrage fera référence sur la transnistrie... c'est bien mieux que "la poudrière de l'europe" lol "

 

Les aléas de l'applaudimètre d'Amazon font passer un livre salué par un connaisseur de la Transnistrie, derrière un autre livre, que le même lecteur juge moins bon, mais qu'un Suisse solitaire, qui ne connaît rien des bords du Dniestr a trouvé captivant... Voilà qui devrait inciter les utilisateurs d'Amazon à la plus grande prudence....

Lire la suite

Mme de Perry à propos de mon livre sur la Transnistrie

28 Octobre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Transnistrie

Je lis ce soir l'article de Chloé de Perry, Chargée de mission auprès de la Direction de la Formation de l'Institut des hautes études de défense nationale, sur mon livre sur la Transnistrie dans le numéro 35 de la newsletter de l'IHEDN (septembre 2009). Je trouve plutôt cocasse que cette dame me reproche le peu de scientificité du livre alors même que d'un bout à l'autre du récit j'explique pourquoi dans ce type de mission la scientificité était impossible. La jeune Mme de Perry me donne néanmoins acte d'avoir voulu être le plus objectif possible. Elle juge "inintéressants" les détails sur l'ambiance de la mission d'enquête (tout dépend des points de vues, peut-être Mme de Perry est-elle familière des voyages officiels mais ce n'est pas le cas de tout le monde). Cependant elle trouve l'ouvrage utile malgré tout. Je n'en demande pas plus. Je n'ai cessé de dire que ce n'était qu'un petit témoignage sans prétention, comme je voudrais que le fussent beaucoup de reportages de la grande presse dont l'ambition à conclure, sur un ton péremptoire, à tout propos excède le plus souvent les moyens matériels et intellectuels dont ils disposent.

FD
-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Transnistrie - Voyage officiel au pays des derniers Soviets
[Transnistria - Official Trip to the Country of the Last Soviets]
Frédéric Delorca

Éditions du Cygne, Paris, 2009, 108p.


While much is said these days of Ossetian and Abkhazian independence, supported by Russia, other Eastern European regions who have also sought to succeed from the state where they found themselves after the fall of the USSR have been somewhat forgotten.


Responding to an e-mail inviting him to join an observation mission in the “troubled zones” of the former USSR for the Russian NGO Trans European Dialogue, Frédéric Delorca went to the Pridnestrovian Moldavian Republic or Transnistria, in July 2007 to see whether life in this region corresponded to Western clichés or not in his view.
Frédéric Delorca relates these few days spent in Pridnestrovia - the Russian name for Transnistria - in his book Transnistrie - Voyage officiel au pays des derniers Soviets, which has just been published by Éditions du Cygne. An analysis that incites a certain curiosity regarding the strange situation of this small self-proclaimed republic, stuck between Ukraine and Moldavia, where Soviet culture remains visible and Russian influence is particularly acute.


An actual travel log, accompanied by pictures, recounted visits, meetings, and the author’s impressions day by day; this work rich in experience is nevertheless disappointing with its descriptive character, profuse details without interest, and difficult writing style. While it is true that the purpose of this book is to show the reality of the situation observed in Pridnestrovia, it would have been better for the author to get to the point, that he stick to the essentials of his trip, and on the whole be more coherent. However, the story is no doubt an image of the slowness and incoherence of Frédéric Delorca’s trip. It simply follows the astonishment and incomprehension that he feels in the face of visits and encounters that he was not necessarily expecting as part of his observation mission.


It is only at the end, in the Appendices, that we get all the pertinent information regarding Pridnestrovia’s situation... and suddenly it all accelerates. The author provides us with a condensed version of his observations regarding the economy, social rights, democracy, inter-cultural relations, international relations, and the progress of the rule of law in the Pridnestrovian Moldavian Republic. It would, no doubt, have been preferable that this information be revealed throughout the book, in a more balanced fashion, in order to better retain our attention. Nevertheless we acknowledge that the author has chosen to begin by objectively painting, and with no prior judgments, what he experienced, before drawing more general conclusions. If we leave aside the details and considerations often devoid of interest regarding the mission performed, we pick up some particularly rich passages that paint us an interesting picture of the actual situation in Pridnestrovia.


Over the course of encounters arranged by the NGO, we discover Pridnestrovian institutions:

  • the president of the Constitutional Court, established in 2002 (p. 29)
  • the Republic’s mediator, who, despite his birth in Russia, feels at home here since “the land belongs to the one who works it, doesn’t it? And then, I am always at home in the former USSR.” (p.30)
  • the chairman of the electoral commission, convinced of the electoral system’s perfectly democratic nature (p. 32)
  • Vice-president Korolyov who, regarding conserving Lenin’s statues, responds “they will not topple the symbols of the past... Pridnestrovia finds its cohesion in adhering to the past, the Leninist period as well as the previous period...” he adds “on an ambiguous note that Pridnestrovia [is] the only country that has not succeeded from the USSR.” (p.47-48)
  • the Chairman of the Foreign Affairs Committee in the single-chamber Parliament (Supreme Soviet) who explains that “land [is] still nationalized and it [is] leased to collectives and farmers for 99 years.” (p. 67)
  • The Chamber of Commerce and Industry and major actors in local industry, whose statements do not allow for drawing a conclusion on whether the economy is privatized or still nationalized. “We were told of ‘public limited companies’ then they said they were ‘public.’” (p. 49) Moreover, a representative of the Sheriff group, who owns “the soccer stadium, the soccer team, stores, gas distribution, banks” (p. 45) states that the group “contributes 15% of the state’s budget” without knowing how that is calculated bemoans the author (p. 50). While visiting the Sheriff stadium, the interpreter reveals that according to a Central Bank official: “Sheriff grew with the support of [President] Smirnov’s son who, with the police’s complicity, benefits from various trafficking and then bought a large part of the Pridnestrovian economy. Today its future depends on the debt contracted with Gazprom...” (p. 73)
  • a Russian Bishop, who tells Frédéric Delorca that the links between the Orthodox Church and the political powers remain strong. (p.64)

As for the tours organized by the NGO, they are, as the author and his companions are astonished to note in the beginning, very far removed from their mission. Indeed, how can tours of the Pridnestrovian History Museum, memorials, and a cognac production plant help understand the situation in the country? It was only after a firm discussion that observation mission members were allowed to meet ordinary people. In spite of everything it turned out to be difficult. When they finally approached, impromptu, people in the street, the author noted that “we did not perceive any particular tension in the lives of these people.”The very Soviet welcoming committee we had been subject to did not seem to have been hiding anything shameful.” (p.54)


It seems that, in spite of everything, they seek to counter Western lies that circulate regarding Transnistria by having them tour the airport - whose runway was sprinkled with weeds but where closed doors could mean airplanes had been hidden (p. 59) -, the company Elektromach - effectively showed no connection to the armaments industry (p. 60) and the militia (police) museum - designed to prove that drug trafficking was easily neutralized (p.72).

It must be said that Pridnestrovian authorities have difficulty in getting the information they want to Westerners. As evidenced in the remark of a journalist member of the observation mission: “They do not know how to be direct and summarize. [...] They are shooting themselves in the foot with that, even if their arguments are valid. Because they are competing against American agencies that produce “readymade” information, quick and easy for journalists.” (p.60)

A remark which is no doubt behind Frédéric Delorca’s desire to write this book. From his reports of his visits in Tiraspol, we come away with the image of a developed country, modern, clean, where passers-by say they don’t fear persecution or discrimination should they be unified with Moldavia (p. 72). However, the majority of Pridnestrovian authorities continuously recount the 1992 conflict. Moldavian nationalists had launched an attack against Pridnestrovia, Ukrainian land attached to Moldavia by Stalin in 1939, in order to require Ukrainians and Russians to speak Moldavian and impose the Latin alphabet on the Moldavian language (p. 30). However, with the support of the Russian army, they were able to defend their own culture and progressively organize their state, whose independentist constitution was promulgated in 1995. A state nevertheless hindered by the absence of official recognition at the international level, bemoaned by the Pridnestrovian authorities and entrepreneurs.


In the end, while the story is somewhat flat and not very scientific, it is not devoid of interest and has the merit of presenting Pridnestrovia’s current characteristics objectively. An apparently viable country and which is removed, according to Frédéric Delorca, from the Western view of it. In the face of all these potential riches, we only saw that the myth of the rebel-state living on drug trafficking that circulated in the Western press did not stand up to scrutiny. I looked again at the map of Pridnestrovia, which I now think of as a sort of industrial island between Western Ukraine and rural Moldavia. [...] successful successions always start in rich regions, without which they are not viable on the long term.” (p.51-52).

Chloé de PERRY,
Responsible for university relations, training department

top

Lire la suite

Les jeux de pouvoir en Transnistrie

28 Juillet 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Transnistrie

Tout le monde s'intéresse à la Transnistrie en ce moment : deux français qui s'y rendent pour un documentaire, un journal luxembourgeois, la revue Ulysse...

Cela me conduit à retravailler un peu sur les luttes de pouvoir au sommet du petit appareil d'Etat de ce microcosme. Force est de constater que personne n'y voit très clair. Yevgenyi Shevchuk, chef de l'opposition, a démissionné de son poste de président du Soviet Suprême transnistrien le 8 juillet à cause de ses "désaccords profonds" avec l'homme fort de Transnistrie, I. Smirnov. Un collaborateur des services diplomatique à Chisinau dit qu'il aurait voulu protéger Shériff... Le clan Renouveau contre le clan Smirnov, pour qui, pour quoi, on ne sait jamais trop...

 

FD

Lire la suite

Le livre "Transnistrie" sur Parutions.com

15 Juillet 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Transnistrie

Voici le commentaire que Parutions.com vient de faire de mon livre... / http://www.parutions.com/index.php?pid=1&rid=6&srid=63&ida=11156

---------------------------------------------------------------------

En avril 2007, Frédéric Delorca reçoit un courriel l’invitant ainsi que d’autres destinataires de ce courrier d’un ami, enseignant de l’Institut national des langues et civilisations orientales, spécialiste de la Pologne, à visiter la Transnistrie l’été suivant lors d’un voyage collectif d’intellectuels anti-impérialistes. Curieux de nature et amusé par la perspective d’aventures improbables dans l’ex-Union soviétique, désireux aussi de s’informer sur place et par lui-même de l’état des sociétés est-européennes, notre sociologue-politologue de gauche, quadragénaire militant à ses heures, romancier depuis lors, décide de s’embarquer pour une destination qui n’a rien de ce qui fait un produit-phare de l’été auprès du public du tourisme de masse. Voilà qui nous vaut un récit de voyage un peu dépaysant, pleins de remarques intéressantes en tous genres et de surcroît bien écrit.

La Transnistrie, il n’est peut-être pas inutile de le rappeler, est une région coincée entre l’Ukraine (à l’Est) et la Moldavie : faisant sécession de cette dernière, la Transnistrie est une république… autoproclamée. État atypique en ce qu’il a rétabli (ou gardé) ses structures soviétiques (moins le parti unique!) : kolkhozes, soviet suprême et emblèmes de l’époque communiste ! Une des raisons de ce voyage est justement de comprendre les raisons de ce phénomène curieux, à l’âge de la mondialisation capitaliste généralisée : la résurrection d’un modèle enterré, la formation d’un État aux références désuètes et de surcroît dénoncées par mass media et doxa universitaire. Les Transnistriens sont-ils fous ? La presse et les télévisions présentent d’ailleurs ce pays comme une résurgence inquiétante du totalitarisme qu’on croyait liquidé en Europe, voire des heures sombres du stalinisme !

Une autre raison à ce voyage est l’intérêt de Delorca pour le phénomène régionaliste et les tendances sécessionnistes que la mondialisation – les géopoliticiens le savent – encourage par sa logique triple d’internationalisation économique et de libre-échange, de valorisation différenciée et hyper-sélective des espaces utiles (au détriment des «autres» devenant «périphéries» voire «marges» en déclin ou en déshérence) et de remise en cause des États et des nations qui font figures d’héritages historiques embarrassants et de freins au progrès : ces promesses alléchantes de développement autocentré rapide pour qui possède les bonnes cartes dans son jeu sont de vrais «pousse-au-sécessionnisme» pour des régions qui, oubliées auparavant ou obligées à une solidarité nationale, ont intérêt, au moins pendant un temps, à s’affranchir des cadres antérieurs. Problématique contemporaine de grande actualité et porteuse de grandes tensions, voire de chambardements : les Belges en savent quelque chose… A la clé, rien moins que la dissolution des États et la guerre parfois. Les États qui refusent de se dissoudre opposant alors l’histoire et leur idéologie nationale qui sera caricaturée en nationalisme forcément génocidaire, cause des épurations ethniques, bref l’épouvantail bien connu de nos idéologues libéraux mondialistes !

On aurait pu certes, et ce au nom des valeurs dominantes des droits de l’homme et de la démocratie justement, se demander si la solidarité entre régions, tant vantée dans le cadre de la construction européenne par exemple, n’était pas mieux assurée par le maintien des vieux États (devenus ou devenant démocratiques et, soit, plus ou moins fédéraux) que par l’explosion des particularismes égoïstes ; la lecture de ces faits par la majorité des instances de la mondialisation va bizarrement dans l’autre sens de façon assez unilatérale... A qui profite le «crime» ? Comme s’il fallait faire disparaître avec les États-nations, diabolisés, l’État lui-même, au moins au niveau où il est autre chose qu’un atome sans capacité d’action…

Et justement la Transnistrie sécessionniste est l’exception qui confirme la règle ou le cas-limite qui prouve la loi : n’est-ce pas parce qu’elle regrette l’État social protecteur et un certain égalitarisme soviétique qu’elle est dénigrée dans la presse libérale «démocrate», cette république bien inoffensive, qui ose ne pas s’aligner sur les critères de ce «meilleur des mondes» des riches et de l’individu aliéné à la marchandise, de la «mondialisation heureuse» ? (On pourrait relire ici, à titre de cadre heuristique, l’excellent Jean-Claude Michéa sur «le moindre mal» comme idéologie néo-libérale de notre temps !).

Ces carnets de voyage sont pourtant moins une démonstration qu’une enquête vivante de sociologue empirique et de politologue de terrain, qui décrit avec précision et finesse les lieux et les situations et raconte visites et rencontres avec humour et humanité. Le tout agrémenté de photographies en couleurs. Bon été en Transnistrie !
Lire la suite

Quand la Transnistrie/Pridnestrovie frappe à la porte de l'Europe (1)

30 Mai 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Transnistrie

MAE.gifJ’ai déjà évoqué sur ce blog le texte du journaliste et juriste transnistrien Vladimir Stulov « Le Conseil de l’Europe vu par un journaliste ». J’ai souligné combien, à maints égards, ce texte paraissait « communier » à la religion officielle de l’Europe actuelle : le juridisme et les droits de l’homme. Comme je le soulignais, ce témoignage dans son adhésion à nos normes politiques reproduit largement une tournure d’esprit et un vocabulaire soviétiques, comme si les mots « Europe » et « droits de l’homme » avaient remplacé « Révolution » et « socialisme réel ». Mais s’en tenir en ce constat superficiel serait injuste pour ce texte, qui est bien plus riche qu’un simple ralliement aux valeurs dominantes du continent, et dans lequel on perçoit toute les particularités – et toute la respectabilité – de l’histoire d’un peuple et de sa sensibilité.

 

Il faut prêter ici une attention particulière aux digressions personnelles de l’auteur. Le fait même qu’en tant que journaliste il se les autorise, manifeste une liberté à l’égard des normes occidentales de la profession, et ouvre la voie à une construction littéraire du récit (mon éditeur a fait remarquer à juste titre que ce texte est d’une certaine manière le symétrique de mon récit de voyage en Transnitrie/Pridnestrovie). J’apprécie particulièrement le passage où l’auteur, qui a cinquante ans, parle des difficultés de la vieillesse dans son pays où les retraites sont menacées, et tire argument de cette fragilité des vieux jours pour prôner une éthique du bonheur qu’il identifie au respect du droit, par opposition à un mode de vie gouverné par l’argent et la lutte de tous contre tous, où même l’amitié et l’amour sont viciés par l’intérêt.

 

Je voudrais souligner aussi l’approche critique des normes occidentales qui perce sous l’adhésion aux valeurs communes, ou plus précisément de la manière dont ces normes sont mises en œuvre. Cela transparaît notamment dans la critique du misérabilisme qui sous-tend un reportage d’Arte sur la Moldavie. Il est significatif que V. Studov choisisse cet exemple : celui d’un pays avec lequel la Transnistrie a fait la guerre, et partage aussi un passé commun dense (celui de la République socialiste soviétique de Moldavie de 1939 à 1990). En répudiant le regard occidental condescendant et excessivement critique V. Studov recrée une solidarité inattendue et qui sonne pourtant juste. Au surplus il définit une éthique journalistique qu’il voudrait voir aussi appliquée à la Pridnestrovie : un journalisme qui ne se contente pas de dénigrer mais rende aussi justice aux efforts des gens et des institutions pour construire chaque jour un pays, une réalité sociale viable. C’est une règle que je fixe à mes propres narrations (sans pour autant sacrifier mon esprit critique) et à laquelle beaucoup d’Occidentaux adhèrent (combien de personnes ici se plaignent des clichés négatifs des journalistes, par exemple sur le banlieues), mais que le cadre économique mondial – le cadre capitaliste – rend impossible à réaliser, car le capitalisme, comme espace de concurrence et de lutte de tous contre tous, impose aux journaux de faire court et percutant. Or la brièveté efficace aujourd’hui conduit à valoriser ce qui effraie, ce qui suscite la compassion, et ce qui provoque chez le lecteur la sensation d’avoir atteint un regard désabusé sur tout, à l’abri des embrigadements (le regard de l’individu tout puissant triomphant). La presse ne peut qu’être le miroir de l’impératif de cynisme individualiste qui gouverne le capitalisme, et c’est précisément ce qui relègue cette « éthique juridique » de l’harmonie entre tous et du respect d’autrui que vante V. Studov au rang de vœu pieux religieux (souvent à deux doigts de pharisianisme).

 

Il y aurait sans doute d’autres dimensions à mettre à jour dans ce texte. Notamment cette justification permanente du discours pridnestrovien par référence aux intérêts universels de l’humanité (le partage des mêmes enjeux écologiques et culturels, le droit à parler la langue de son choix etc), une justification qui fut en 1991 au fondement du refus de ce pays de se séparer de l’URSS.

A l'arrière plan de cette visite on voit se dessiner un processus de réconciliation avec la Moldavie sous les auspices des juriste occidentaux qui en dessinent déjà le cadre institutionnel (celui d'une République fédérale, confédérale, ou d'une décentralisation comme celle dont bénéficient les Gagaouzes)... avec, comme corrolaire au processus, la conversion totale de la Transnitrie/Pridnestrovie à l'économie de marché. Certaines forces sociales dans ce minuscule pays ont-elle les moyens de proposer une alternative à cela ?

Voici en tout cas les principaux extraits de l'article (j'ai seulement supprimé les passages qui expliquent le fonctionnement des diverses assemblées que l'on retrouve dans les manuels sur les institutions européennes).

FD

-----------------

                 Le Conseil de l'Europe vu par un journaliste

                                 Introduction

La protection des droits de l’homme doit contribuer au développement progressif et à la mise en œuvre de nouvelles réalisations de l'humanité, apporter plus d’avantages pour les 800 millions d'Européens, contribuer à l’élimination des lacunes dans les législations nationales, à l'application effective des leviers d'influence des pouvoirs dans le règlement des rapports sociaux par les méthodes juridiques démocratiques, à la réduction des contradictions dans la pratique judiciaire.

La démocratie et la primauté du droit, l'autoréalisation de chaque personnalité, la prospérité économique, l'élargissement de la conception de la justice des citoyens et l'augmentation de leur niveau de culture juridique, le développement de la science juridique compte tenu des règles des procès modernes en droit international – ce sont les priorités de l'auteur de cette publication. Et je tiens beaucoup à ce que les normes du droit n'humilient pas l’homme, mais qu’elles l'aident. Que la justice soit la norme de la vie publique, et que le régime d'illégalité tombe dans l'oubli.


                                                              Un voyage à Strasbourg

Nuit du 30 novembre 2008. Le minibus bleu «Mercedes», envoyé par les collaborateurs du bureau du Conseil de l'Europe à Kichinev, a lentement démarré quittant les arbres brillants des alentours du club de billard «Arcady» et s'est immergé dans les ondes chaudes du brouillard envahissant, en emmenant à l'aéroport les cinq premiers membres de la délégation officielle de la RMP (République moldave de Pridnestrovie) invitée au Conseil de l'Europe - le rempart du droit européen, de la démocratie, de la sauvegarde des  droits de l’homme. Le contrôle méticuleux des passeports par les policiers moldaves au poste des forces de paix à Bender, l'aéroport vide de Kichinev, l'enregistrement des bagages, les gardes-frontières et, enfin, le vieux liner s'est dirigé vers Francfort-sur-le-Main.

Vadim Boulatovitch (ТSV), Аllа Gribinuk (service de presse du Président de la RMP), Ernest Vardanian («Nouvelle région»), Igor Chornikov (Ministère des affaires étrangères de la RMP), Vladimir Stulov (revue «L'État et la sécurité») ont agi en pionniers de  la mise en valeur du champ européen de la liberté, du droit, de l'information. Nous étions avec les cinq représentants des médias de la République de Moldavie: le très compétent,  correct, et laïque Oleg Cristal -  journaliste indépendant ayant travaillé autrefois au journal «Moldavie  Souveraine»; le calme, sage, et raisonnable Radu Benea, journaliste de la radio «L’Europe Libre»; Alina Raeţki, toujours organisée, cultivée, polie, pensive, coordinatrice d'information à la SSP «Аре» (Eaux); l'intellectuel doué Victor Draguţan, chef de la gestion de l'information et de l'analyse au Ministère de la réintégration de la République de Мoldavie; le perspicace, énergique et talentueux Vitali Krupenenkov, journaliste à la télévision de la filiale ТV-companie «Monde».

Les cinq jours passés ensemble m’ont permis de saisir ces caractéristiques des membres moldaves de cette mission d’information au centre de l'Europe.

 

La traversée tranquille en avion est restée dans ma mémoire grâce aux crêpes trop rôties servies pendant le vol, grâce à la réception rapide des bagages et au regard poli du garde-frontière allemand. Le car du matin Francfort-Strasbourg nous emmène dans la banlieue de Strasbourg – Lingolsheim, et à 11.30 nous nous installons déjà à l'hôtel «Ibis». Dès le 1er décembre nous rencontrons une foule énorme à Strasbourg: la ville se transforme en capitale de Noël, aux hôtels complets remplis par un million de touristes. La tradition médiévale d’organiser un marché de Noël a pris, de nos jours, la forme de diverses passions, le long des anciennes ruelles multicolores. Théâtres forains, boutiques de souvenirs, gâteaux, biscuit, glitwein…Une  heure et demie de repos, après le voyage en avion et en auto, et les organisateurs de la visite nous ont embarqués dans un autobus confortable … puis à la fin de la journée, traînant un peu les pieds, nous sommes enfin arrivés, fatigués et contents, à notre gîte de 5 jours à Strasbourg. C'était ma deuxième visite de Strasbourg, et de nouveau je marchais avec intérêt et vénération sur la Place de la Cathédrale. Je suis entré dans la Cathédrale Notre-Dame où j’ai touché la figurine du chien sur la chaire (on dit qu’elle porte bonheur), j’ai admiré la maison Каmmerzel, la pharmacie de Kerf, où Goethe, qui habitait la rue voisine, achetait des médicaments. Et quel plaisir d’observer, monté sur un pont, les bateaux mouches passant entre les arcs étroits de la rivière d'Ill, affluent du Rhin.

La Place de la Cathédrale est médiévale. De là part un flot de petites ruelles pour les piétons avec des magasins de souvenirs et de cafés minuscules. À Strasbourg on trouve beaucoup d’endroits confortables – ce sont eux qui créent l'exceptionnelle atmosphère mêlant design moderne et ancienne civilisation.

Comme la dernière fois, nous sommes restés charmés et interloqués par le poteau surmonté par les anges de la Cathédrale Notre-Dame de Strasbourg, où nous avons eu l'occasion de voir le fonctionnement de l’immense horloge mise en marche pour la première fois en 1574. A chaque heure, apparaît la figurine de Christ chassant le squelette de la mort qui «fauche» le temps présent. Quatre figurine sonne les clochettes toutes les 15 minutes. A midi, les Apôtres passent devant le Christ, le coq chante et le Christ bénit la foule.

L’immense sapin, dont la hauteur égale celle d’une maison à quatre étages, était magnifique sur la place du général Kléber. Près de la bibliothèque Place de la République il y a toujours beaucoup de monde. Sur la Place du premier imprimeur Iohann Gutenberg, ayant fermé les yeux, mentalement je suis revenu en avril 2002. Après la visite de la Cour Européenne des  droits de l’homme, sur la place Gutenberg encombrée de centaines de petites tables, moi et Vasili Tarassenko, le président du barreau municipal de Samara, député du Conseil de fédération de la Douma d'État de la Russie, nous avions goûté le célèbre pâté de foie gras en croûte avec de la choucroute et du gruyère.

Je le dirai sans détour : l’actuelle visite de décembre s'est passée sans plats typiques de la cuisine alsacienne (coq en riesling, ragoût de lapin, estomac farci de porc) pour une raison simple: pour parvenir du centre de Strasbourg à notre hôtel provincial il fallait prendre deux tramways et l’autobus. La préparation  des plats exquis susnommés demande beaucoup de temps et notre loisir était exceptionnel. Il se bornait à la visite des anciennes ruelles de Strasbourg, les places, les foires de Noël bigarrées par les éclats des lumières. À ce propos, le vieux Strasbourg du soir  m'a paru plus convivial et plus en fête que le  centre  de Noël à Paris et les Champs Elysées. Et quand même nous n’avons pu nous passer du «veau de lait», du riz au lait ni de la «Presskopf» (tête de porc, et non pas la presse). Et certainement, le vin alsacien et les délicieuses confiseries, qui nous ont été aimablement offerts dans la salle bleu clair du restaurant du Conseil de l'Europe par son Directeur général M. Jean-Louis Laurent qui, à proprement parler, a fait office d'organisateur de notre visite.

Jean-Louis Laurent nous a fait l’impression d’un diplomate expérimenté, un organisateur excellent, et un hôte très aimable (littéralement en russe « un bon maître » NDT). À la première rencontre avec nous, il a désigné les priorités de l'Union Européenne: l'intérêt pour les changements démocratiques dans toutes les régions de l'Europe, conformément aux règles et standards du droit européen. Les experts du Conseil de l'Europe ont déjà fait une visite à Kichinev et Tiraspol, ils examinent déjà la question de la reconnaissance et de l'accréditation de l'Université de Pridnestrovie. Il faut attendre leur rapport. M. Laurent a spécialement souligné qu’il estime que la Convention sur les  droits de l’homme s’applique aussi en Pridnestrovie, où nous avons organisé des séminaires avec les organisations non gouvernementales, avec lesquelles, à son avis, il est plus facile de travailler. Maintenant le Conseil de l'Europe agit pour la réalisation du programme du renforcement des mesures de confiance entre la Moldavie  et la Pridnestrovie. Le Conseil de l'Europe souhaite réaliser toutes sortes de programmes dans le domaine culturel et d’éducation en Moldavie  et en Pridnestrovie, cependant le Conseil de l'Europe n'est pas rompu au processus des négociations, c'est pourquoi il ne s'en occupe pas directement. En répondant aux questions, Jean-Louis Laurent a souligné que le Conseil de l'Europe est une organisation intergouvernementale ayant des plans concrets jusqu'à 2008, mais qu’il n'a pas l'intention d’interrompre ses relations avec la Pridnestrovie et on prévoit la création d’une Maison Européenne à Tiraspol à la base du centre d'information. Pour cela il faut affermir la confiance par le biais de coopération dans le domaine culturel et d’éducation.

Nous avons aussi examiné le problème de la double nationalité à la lumière de la décision rendue par la Cour Européenne des  droits de l’homme  sur  plainte du maire de Kichinev  Dorin Chirtoacǎ et de l'avocat Alexandru Tǎnase, dont la teneur essentielle est que l'on ne peut pas interdire la participation aux élections parlementaires aux personnes titulaires d’une double nationalité. Mais si un représentant est élu, il est contraint de renoncer à la deuxième nationalité de l'autre pays. En RMP, cette question ne se pose pas en général, car le droit électoral de la Pridnestrovie ne prévoit,  sur ce plan, aucune restrictions et, selon le caractère démocratique des normes du droit électoral, Tiraspol a fait un grand pas en avant suivant la voie de libéralisation de la législation électorale dans la sphère de la nationalité. Jean-Louis Laurent nous a cité beaucoup d'exemples des normes de caractère démocratique du droit électoral européen. Par exemple, le leader du Parti Vert était dans les listes des candidats en Allemagne et en France, mais en France il est possible de devenir député des organismes locaux de la France sans se faire naturaliser. Cependant en France il existe aussi des problèmes dans le système pénitentiaire, en ce qui concerne les illégaux. A l’égard de la France la Cour Européenne des  droits de l’homme a rendu des décisions négatives, c'est pourquoi les autorités françaises prendront des mesures pour y remédier. Il y a aussi des problèmes en Belgique. Le congrès des pouvoirs locaux et régionaux va examiner les problèmes de la démocratie locale en Belgique - en particulier la désignation du bourgmestre. Notre collègue de la  partie moldave de la délégation a demandé si les représentants de la Pridnestrovie participeront aux séances du Congrès. J'expliquerai, à titre référentiel, que la Moldavie  a dans le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l'Europe 5 représentants et 5  assistants. C’est une représentation assez considérable, mais parmi eux il n’y a pas de représentants de la Pridnestrovi. Mais cette unité structurale du Conseil de l'Europe joue un très grand rôle, car, selon la Résolution Statutaire de 2001 du Comité des ministres du Conseil de l'Europe, le rôle du Congrès des pouvoirs régionaux et locaux est de représenter les intérêts des régions, discuter les problèmes et échanger  d'expérience, émettre ses opinions à l'intention des gouvernements. Et si le Conseil de l'Europe considère la région de Pridnestrovie comme partie intégrante de la Moldavie, alors pourquoi le représentant de la Pridnestrovie n'est-il pas invité aux séances du Congrès? En effet, c'est une discrimination évidente en ce qui concerne les organismes de l'autonomie locale et régionale de notre région. Qui portera à la connaissance de toute l'Europe nos problèmes et comment les résoudre, et surtout comment échanger les expériences? D'autant plus qu’à mon avis, la Pridnestrovie ne veut pas et ne voulait jamais s’isoler du monde, espérant constamment que sa voix serait, un jour, entendue aussi dans le Conseil de l'Europe. J'espère qu'après cette première visite officielle au Conseil de l'Europe, les représentants de notre région achèteront plus souvent des billets pour l'itinéraire Tiraspol-Kichinev-Francfort-Strasbourg.

 

Mais revenons à notre rencontre avec Jean-Louis Laurent, d'autant plus qu'il nous a communiqué une chose qui nous donne de l’espoir et confirme mon pronostic. Le Conseil de l'Europe ne sera pas hostile à la présence  des représentants de Pridnestrovie. C'est un pas positif et c’est la reconnaissance des réalités. Mais c’est à Kichinev qu’il faut résoudre ce problème et obtenir carte blanche. C’est la République de Moldavie qui désigne les représentants de sa délégation.

Le soir nous y avons eu une rencontre avec le bachkan (gouverneur) de la Gagaouzie - M. Formuzal, qui avait fait un rapport au Congrès des pouvoirs régional et local. Les problèmes des Gagaouzes intéressent le Conseil de l'Europe, mais dans quelle mesure?  Qui vivra verra.

Nous avons aussi assisté aux débats, des débats du reste assez émotionnels, sur le conflit russo-géorgien. Nous avons écouté non seulement l'intervention des Russes, celle des Géorgiens, mais aussi le président du parlement de l'Ossétie du Nord. L'Ossétie du Sud a plus de chance que la  Pridnestrovie: les frères du nord peuvent exprimer là leurs malheurs, leurs espoirs, leurs inquiétudes. Mais l'impression générale des débats est oppressante: positions diamétralement opposées, offenses mutuelles, exigences, incompatibilité des positions entre les parties. Pour la première fois deux pays -membres du Conseil de l'Europe – étaient en guerre l'un contre l'autre. Nous nous sommes croisés sur le champ des batailles verbales. Cela, certes, vaut mieux, que le tonnerre des canons. Mais je songeais à autre chose en regardant l’immense salle avec les représentants de presque tous les pays de la vieille l'Europe: la vie de l’homme  est si courte. Pourquoi l'humanité se crée-t-elle à elle-même des problèmes? Est-ce que les 47 branches d’un même arbre ne peuvent pas vivre en paix et en bon accord? L’arbre n’a qu’une seule racine – le continent européen. Quelle est la cause des conflits, comment les éliminer? Ensuite je suis revenu à moi: en effet, je ne suis ni président, ni député, je n’ai pas de pouvoir de coercition, pourquoi pensais-je à cela? Peut être  l'atmosphère dans la salle du Congrès du Conseil de l'Europe inspire-t-elle de telles idées? Ou bien c’est l’entretien avec la direction du Conseil de l'Europe qui m’a poussé à réfléchi à l’échelle nationale? Probablement chaque personne, à son niveau, doit-elle réfléchir au moyen de rendre le monde meilleur, comment utiliser raisonnablement le progrès de la puissance créative et  la création de la ressource humaine, comment la Communauté européenne doit avancer sans oppression et destruction, mais avec des connaissances, avec du savoir-faire et du savoir-être. Si nous oublions les leçons historiques du passé, cela se fera sentir, de la façon la plus lamentable, au niveau de la moralité des gens. Nous avons accepté, comme héritage du passé, plusieurs postulats juridiques du travail titanesque, journalier, au cours de plusieurs siècles, des juristes de tous les pays. Ils ont trouvé leur  réalisation dans la Convention Européenne sur la protection des  droits de l’homme  et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. Si toutes les personnes remplissaient consciencieusement leurs fonctions, ainsi que leur devoir social et moral, si elles créaient du bien en commun sur le fondement des prémices juridiques, alors notre maison européenne commune ne serait jamais devenue un château de cartes, prêt à se renverser et à se désagréger au moindre souffle de l’imprévisible vent de l’Histoire.

Revenons de nouveau au Conseil de l'Europe à Strasbourg, à son principal bâtiment - «Le Palais de l'Europe», dont l'auteur est l'architecte français Henri Bernard. Ce bâtiment n’est guère impressionnant tout simplement par ses dimensions et par les excellents plats bon marché dans quelques bars et restaurants au rez-de-chaussée, certains desquels j'ai surnommés «le resto universitaire ». Pourquoi? C’est que d'abord il faut prendre un plateau et ensuite, comme en  1970, pendant mes bonnes années d'études  à l'Université d'Odessa, l’avancer le long des stellages avec des plats bien préparés, payer à la caisse, et après le porter avec la vaisselle vide et le mettre sur le transporteur mobile. Je remercie le Conseil de l'Europe pour cette excursion dans l'atmosphère culinaire publique de masse du vieux bon socialisme super développé avec le slogan : «tu as mangé, merci, et dessers la table!»

Présentons un peu le bâtiment: il a été mis en exploitation en 1977, sa hauteur est de 38 mètres, 8 étages, la surface totale est de 64 000 м2, 17 salles d'audience, mille cabinets de travail. La salle d'audience du Comité des Ministres est de forme ronde, il y a ici une grande table ronde couverte de cuir (beaucoup plus grande que celle des chevaliers du roi Arthur) et les visiteurs n’y ont pas l’accès. La salle d'audience de l'Assemblée Parlementaire et du Congrès, disposée au centre du bâtiment, compte 600 places. 220 journalistes et spectateurs peuvent s’installer dans sa deuxième galerie d’en haut. Notamment dans cette salle nous avons écouté les débats de la délégation russe et géorgienne, les Ossètes et les Gagaouzes. Le bâtiment isolé de la Cour des droits de l’homme - l'organisme permanent, indépendant, personnalité juridique, contrôlant l'exécution de la Convention Européenne sur les droits de l’homme, fait partie de l'ensemble du Conseil de l'Europe. Cet immeuble est ultramoderne, en métal et verre, avec des éléments de grès rose de Vosges. Et en outre la façade du bâtiment rappelle par sa forme la balance de la justice, car la partie frontale du bâtiment est formée par deux cylindres asymétriques. Ce bâtiment isolé au style austère est le Centre Européen de jeunesse. L’auteur du projet du bâtiment de la Cour Européenne n’est pas Français, c’est l'architecte anglais Richard Rodgers.

Tous les bâtiments sont conçu dans un seul but: servir de forum pour la coopération, ils reflétent les soins et les espoirs de 800 millions d’Européens. Je souhaite ardemment que ce nombre inclue aussi les habitants de la Pridnestrovie, et que nous réalisions avec d'autres peuples l'appel du secrétaire général du Conseil de l'Europe Thierry Davis: «Travailler ensemble sur la construction d’une Europe fondée sur les idéaux de la justice, la liberté, le respect mutuel et la paix».

Je dois souligner qu'outre les 47 États - conseillers de l'Europe, il y a un pays - candidat à l’adhésion  - la Biélorussie, ainsi que des Etats observateurs: le Vatican, le Canada, le Mexique, les États-Unis, le Japon. La vie politique et juridique bat son plein à Strasbourg. Quels sont les problèmes au centre de ses intérêts? Le journaliste Ivan Nikoltchev, travaillant déjà 9 ans au Conseil de l'Europe dans le service des  droits de l’homme  dans la sphère des médias, a commencé à répondre à nos questions le 2 décembre 2008. Je propose au lecteur un court résumé de son intervention.

«L'article 10 de la Convention sur les  droits de l’homme c’est notre base pour l'activité. Le Conseil de l'Europe a élaboré des standards et recommandations approuvés par le Comité des ministres, mais les instructions portent un caractère de recommandation. Il est souhaitable cependant que les pays du CE accomplissent ces recommandations, puisque c’est le cadre juridique pour la garantie de la liberté de la presse. Les standards de la liberté des médias doivent être obligatoirement accomplis. Les lois sur les médias peuvent être excellentes, mais il faut les mettre en pratique. Aussi le Conseil de l'Europe organise-t-il des rencontres, des conférences et formations, des séminaires pour les juristes, juges, managers, il envoie des experts et accorde des consultations. En ce moment une mission en Arménie  étudie le code de la télévision et la radiodiffusion conformément aux standards du Conseil de l'Europe. En Bulgarie les experts ont eu quelques rencontres avec les députés. Le Conseil de l'Europe effectue des expertises, son budget est petit et en ce qui concerne le financement, c’est l'Union Européenne qui s’en charge. Les donneurs les plus généreux dans le domaine des médias sont l'Italie, l'Allemagne, le Luxembourg, les Pays-Bas.

La base légale pour la liberté de l'expression des opinions et la diffusion de l'information a été établie avec l'aide de la société civile, par le biais des conférences sur les médias indépendants. Le Conseil de l'Europe accorde une attention particulière aux questions de l'impartialité des campagnes électorales, des séminaires spéciaux des journalistes ont été organisés dans ce but (ici, pour être franc, je me suis rappelé les journalistes Darenko de la chaîne  ОRТ, Kisséliov de la NTV et le proverbe connu «celui qui paie commande la musique»). A Strasbourg, on accorde une grande attention à la question de l'accès des journalistes à l'information, de laquelle disposent les autorités. Le problème est que la société doit savoir qui est le propriétaire du journal ou de la chaîne de télévision. (Pour l’Europe c’est un problème, tandis qu’en Pridnestrovie, où il n’y a qu’une seule chaîne de télévision privée - TSV - la télévision du libre choix, il n’y a aucun problème pour connaître son propriétaire). Quand une personne riche peut librement acheter tous les journaux dans la région, dans un sens c’est bien, car ils seront bien financés et en forme due, mais par ailleurs c’est une mauvaise chose car le contrôle des médias se trouve dans les mains d’une seule personne. Certains propriétaires de journaux n'aiment pas que les journalistes disent la vérité. Il ne faut pas offenser les journalistes honnêtes. Mais si le journaliste écrit un mensonge, il doit en répondre en vertu de la loi. Il faut soutenir ceux qui accomplissent honnêtement leur travail.

Le Conseil de l'Europe travaille étroitement avec l'OSCE et a conscience que chaque pays a ses problèmes. Scandale en Allemagne: les services secrets tiennent sous leur coupe les journalistes. En Grande-Bretagne les journalistes ont publié des documents confidentiels, et on voulait les mettre en prison, mais le juge s’est chargé de les défendre.

La liberté de l'expression est très importante. En Grande-Bretagne, par exemple, on veut interdire aux journalistes d’écrire sur les terroristes. On peut écrire, mais si quelqu'un appelle, dans ses articles, à la violence, il doit en répondre. Dans différents pays de l'Europe, les gouvernements souhaitent accroître le contrôle des médias, mais ce n’est pas approprié : dans de tels cas il faut protéger les médias, surtout si on introduit restrictions contre eux. Après tout si le journaliste dit: les terroristes sont des gens bien, ce n’est que son opinion personnelle. Mais si le journaliste appelle à la terreur, c’est un crime. Les décisions de la Cour Européenne des  droits de l’homme déclarent: les lois ne doivent pas contenir une interprétation équivoque, c'est la clarté qui est nécessaire. Il ne faut pas avoir à répondre de son opinion, mais des actions concrètes commises violation de la loi. Maintenant… voyons où finit la liberté de la parole et où commencent les offenses des sentiments religieux de différents peuples. Peut-on dessiner des caricatures des hommes religieux? Comme journaliste, je suis avec les défenseurs de la liberté de parole, mais en outre, sans offenser les sentiments religieux. On ne peut pas écrire: nous tuerons les musulmans. Les questions des appartenances nationales et religieuses sont très complexes. Nous avons reçu, à la fin de novembre 2008, un rapport approuvé par l'association française des journalistes, où étaient examinées les questions de l'éclaircissement, dans la presse, du holocauste et du carnage arménien. Nul ne peut interdire d'examiner ces problèmes, sans quoi ensuite on interdira d'autres sujets aussi. Dans certains pays il existe une responsabilité pénale pour ceux qui nient l’Holocauste. Selon moi, la liberté de parole est inébranlable. Il faut pouvoir exprimer son opinion sur n'importe quelle question.

Le Conseil de l'Europe a publié des recommandations: l’information sur le propriétaire des médias doit être divulguée, le lecteur doit savoir le propriétaire du journal et, en lisant l'article, il aura une attitude bien définie, si on sait que le propriétaire du journal a un passé sombre, par exemple. Il faut une volonté des gouvernements pour qu’à l'aide des normes du droit les gens connaissent le propriétaire. Mais ce n'est pas encore devenu une pratique européenne. Une loi sur le secret commercial y fait obstacle. En ce qui concerne les médias, il doit y avoir une combinaison raisonnable de divulgation de l'information.

A la question du chef du service de presse du Président de la RMP A.V. Gribinuk concernant la présentation du conflit russe-géorgien je dirai: l'interprétation était faite d'une manière très intéressante par les uns et les autres. J’ai en vue la presse russe et celle d’Occident. Aucun journal, aucune TV ne sont entièrement impartiaux. Les médias appartenant au gouvernement présentent les événements du point de vue du gouvernement. A Atlanta (État de Georgie), les journaux appartiennent au Parti républicain et là, la plupart des gens votent toujours pour les Républicains, tandis que dans un autre État où les journaux appartiennent aux démocrates les citoyens vote pour les démocrates aux élections.

Il n’y a pas de presse objective à cent pour cent, nous n'avons pas atteint un tel niveau. Si la presse est politique cela signifie qu’elle n’est pas indépendante. Une formation politique ne peut pas créer une presse indépendante. Je n’ai jamais rien vu de tel. Et les gens perdent parfois l'intérêt pour les revues politiques, qui deviennent tendancieuses et peu intéressantes. Les médias reflètent les tendances dans la société. Si la société n’est pas libre, les médias ne sont pas démocratiques.

L'essentiel c’est la compréhension par le journaliste de son rôle, l’observation de l'éthique du journaliste, le respect du cadre juridique, de la culture du peuple. Si la société elle-même n’est pas libre, la presse non plus n’est pas libre. Le plus important c’est que les diverses opinions se reflètent dans les médias. Nous devons être tolérants envers d'autres gens, envers ceux qui ne partagent pas notre point de vue, en cela consiste aussi la liberté de parole (je ne manquerai pas de citer ici à titre d’exemple la maxime du commentateur politique, présentateur et journaliste de la ТSV Vadim Boulatovitch: le reportage ne passera pas à l'antenne de la TSV, s’il n'y a pas deux points de vue, si on ne passe pas la parole à toutes les parties du conflit. Et cette règle nous place au niveau des standards européens de la presse libre).

Cependant, les médias doivent répondre de certaines choses. Si le journaliste a souillé la réputation de quelqu'un d’une manière déraisonnable, il doit en répondre. Il faut être honnête et responsable. Quand les interdictions ont disparu dans les pays de la CEI, tous se sont mis à écrire ce qu’ils veulent. Mais la liberté de parole ne signifie pas que tout est permis, il faut créer des associations de journalistes, où on puisse discuter du fait de savir si le journaliste a écrit la vérité, ou quelque chose de mal. Si le journaliste est reconnu par la justice coupable, il faut écrire un démenti, et indemniser la personne calomniée. (Ici j’approuve entièrement l’idée de traduire en justice – une option efficace – certains journalistes. La Liberté de parole c’est aussi le respect de l’honnêteté et de la bonne renommée des gens). A la question de A.V.Gribinuk M. Nikoltchev a répondu: «Je trouve que les pays scandinaves conviennent le plus comme pays-modèles de la démocratie et de la liberté de parole. Là les gens sont plus tolérants par rapport à l'opinion des autres. Je ne  connais pas assez la situation dans la Pridnestrovie. Les journalistes viennent maintenant chez nous et ils parlent de ce qui se passe  et cela est très positif».

Après ces mots j'ai remis à M. Nikoltchev le livre de l’historien parisien Bruno Drweski (en français) sur la Pridnestrovie, le film de Boris Hass «Pridnestrovie» et de différents journaux. Tiraspol est aussi une région de l'Europe, comme Paris, et si les Européens jettent des ponts entre les bords de Dniestr, ils doivent savoir la vérité sur nous. Comme disait I. Nikoltchev lui-même (docteur ès sciences, il a travaillé aux États-Unis, dans les Balkans, en Europe, il a élaboré de nombreux documents sur la protection des médias): «Il est impossible d’avoir une presse objective 100 %». Moi, comme journaliste et juriste, j’ai aussi ma conception des standards de la démocratie, des moyens de leur introduction et de la liberté de parole. Nous sommes tous des individus, et il y a autant d’opinions que d’individus.

Je suis réaliste,  je suis sûr d’expérience du triomphe de la vérité de la vie et je crois que les échecs et les difficultés sont seulement une étape à franchir vers le succès. J'ai surmonté l'envie des collègues avocats et de leur pusillanimité, ainsi que l'injustice et la flagornerie dans le milieu juridique. Maintenant, au milieu de l'esclandre de l'époque du capitalisme oligarchique, d’aucuns oublient l'honneur et la probité, la bonté et l'assistance mutuelle et on court, on court vers la richesse, en écartant les autres, en marchant sur eux, sans penser au sens d'une telle vie, qui n’est qu’une course aux profits. Il n’est pas prestigieux de vivre de son salaire, les mariages sont des mariages d’intérêt… Je me pose constamment la question: pourquoi de plus en plus ce n’est pas la loi qui s’impose, mais plutôt l’argent et l'immoralité qui remportent la victoire?

Il est difficile de raisonner sur l’équité, quand l'estomac est affamé, et il est beau d'être financièrement indépendant et s'occuper non seulement de son développement spirituel, mais aussi d’aider les autres. On ne peut pas être l'esclave de l'argent, qui vous dicte avec qui être ami, qui aimer, qui respecter, qui définit votre cercle de relations, à l'anniversaire de qui aller, et chez qui ne pas aller. C'est immoral. La vie d'aujourd'hui, avec sa crise financière, la chute des prix du pétrole, la baisse de la demande de marchandises, l’augmentation des prix des produits, nous pousse vers l’arrivisme effréné et l’esprit du pique-assiette, nous assigne pour but de dévaliser à tout prix notre voisin. Il faut s’y opposer au nom des valeurs humaines. On ne peut pas sacrifier les valeurs spirituelles et morales pour faire plaisir à la prospérité financière. L'amour, la bonté, la reconnaissance, le respect, l’amitié désintéressée - c’est ce qui fait notre bonheur

Ces bonnes idées me sont venues à l’esprit au cours de ma rencontre avec le directeur des relations publiques du Conseil de l'Europe Séda Pumpianski, qui nous parlait tranquillement, correctement, et avec assurance du rôle du Conseil de l'Europe comme d'un architecte, qui, à l'aide de l’élaboration des normes juridiques, comme des briques, construit le bâtiment de la sécurité européenne et qui se préoccupe des  droits de l’homme, de la santé, du sport et de la culture. Notre interlocutrice parle parfaitement russe, elle a travaillé dans l'ONU et depuis 3 ans officie au Conseil de l'Europe. Elle se rend parfaitement compte de l'importance de notre visite et de son utilité, en effet, selon elle, il y a un afflux de journalistes à Strasbourg seulement au moment des sessions et des séances. A titre de comparaison il faut dire qu’à Bruxelles, travaillent près de 2000 journalistes. Toute une armée de confrères y écrivent. Séda nous a parlé de la structure du Conseil de l'Europe.

Le Comité des Ministres est l'organisme de tutelle, où sont présents les ministres des affaires étrangères de 47 États-membres ou leurs représentants diplomatiques permanents.

L'Assemblée parlementaire est l'organisme consultatif qui comprend 318 membres (et 318 leurs assistants), représentant les 47 parlements nationaux et les délégations des États non membres du Conseil de l'Europe.

Le Congrès des pouvoirs locaux et régionaux du Conseil de l'Europe, comprend deux chambres - la Chambre des pouvoirs locaux et la Chambre des régions.

La Cour européenne des  droits de l’homme siège à Strasbourg en permanence et assume toutes les procédures: à partir de l'estimation de la recevabilité du dossier de l'affaire jusqu’à la prononciation du verdict définitif. Les juges de l'Assemblée Parlementaire sont élus pour une durée de six ans.

À présent le Secrétaire général est Thierry Davis, citoyen de la Grande-Bretagne élu en 2004 pour un mandat de cinq ans. Il dirige et coordonne l'activité du Conseil de l'Europe.

Le Secrétariat du Conseil de l'Europe comptant près de 2000 collaborateurs, se subdivise en directorats spécialisés (...)

Pour ma part, j'ai compris que la structure du Conseil de l'Europe est complexe, il y a beaucoup de juristes et d’experts, mais d'autre part, selon Séda Pumpianski, c’est seulement ce Comité qui est intéressant. C’est aussi l’avis de l’ex-journaliste, à présent le commissaire des  droits de l’homme Tomas Hammarberg. Son champ de compétences m’est particulièrement proche. Quand j'écrivais le livre sur la protection des  droits de l’homme  dans la RMP et dans le monde moderne, j’ai notamment pris connaissance de l'opinion de T. Hammarberg sur les questions suivantes : indépendance des juges, protection des journalistes procédant à une enquête, durée des délais de l'examen des affaires dans les cours, droit de l’homme au logement, protection des femmes et des enfants contre la violence,  lutte contre le terrorisme,  protection contre les tortures et plusieurs autres.

En ces temps difficile, quand une retraite aisée n’est pas garantie, l’homme doit éviter consciemment les échecs et les doutes, la douleur et les émotions, les stress et les crises pour embrasser le bonheur et l'amour, le plaisir et le calme, la santé et la quiétude. On peut être heureux grâce à son  travail, aux relations avec ses proches, ses collègues, on est heureux entouré de soins et d'amour.

Dans cette perpective, le destin de Séda Pumpianski est assez éloquent. Comme dans un conte de fée de Noël, elle a gagné le concours qui lui a permis de décrocher son poste actuel, simplement en ayant envoyé son curriculum vitae sur le site Web. Elle a passé consciencieusement le concours parmi 16 candidats. Séda connaît parfaitement la Russie, puisqu’elle a terminé la faculté des lettres de l'Université de Moscou, s’est spécialisée dans la littérature espagnole, ensuite - la carrière de journaliste, la télévision, l'Université de Harvard, la politique, l'éthique journalistique, la mission de l'ONU aux Balkans. Séda nous a cité un exemple: le livre le plus vendu du Conseil de l'Europe est celui sur les groupes sanguins et la transfusion du sang. Il est lié à la Convention sur la transfusion sanguine, d’actualité avec le problème du SIDA. Aujourd'hui tous les hôpitaux et toute les polycliniques d’Europe ont ce livre, parce que ce livre définit les standards. Au moment du choix de la localisation du le Conseil de l'Europe, une des options était Nice, mais Strasbourg était le symbole des relations franco-allemandes, des relations très complexes. L'Alsace est un territoire, qui est passé d’un pays à l’autre, et maintenant elle accueille l'organisme qui travaille à la définition ded consensus. Strasbourg est en France, mais c’est à dix minutes de l'Allemagne, à une heure de la Suisse. Le tramway de France circule jusqu’à Bâle. L'Europe a atteint l’unification des Etats.

Séda nous a parlé longtemps, d'une manière intéressante, elle nous invitait à la coopération. J’ai  promis de décrire honnêtement et sincèrement notre entretien ce que je fais maintenant. Il était agréable de voir l'intérêt pour la suite de nos  relations et entendre les promesses d'aide.

Puis on nous a invités à visiter la base technique d'information du Conseil de l'Europe. Que dire? La base d'archives est immense, il y a des pièces pour la presse, radiocommunications, retransmission en direct,  salles pour conférences de presse, le Web site  compte 150 000 pages, en 2008 on a publié 142 livres sous l'égide du СЕ. J'ai aimé le grand soin envers les véhicules d'information des années 40, que Alan Dreik nous a démontrées, nous faisant voir les vieux tourne-disques, mais qui marchent, d’immenses disques de vinyl avec les interventions de diverses personnes de tous les pays de l'Europe.

Et nous voilà  de nouveau dans la salle №10 (j’ai failli écrire salle d'étude). Je le dis honnêtement: du  haut de mes presque 50 ans de vie, je me suis plongé de nouveau, pour quelques jours, dans mes années estudiantines: le stylo à main, feuilles blanches de papier, information, discussions avec les collègues. La nouvelle de V. Boulatovitch m’a paru la plus intéressante, il nous a fait réfléchir à la force de l'amour pour les animaux. Rentré du centre de Strasbourg, où il avait préparé une série vidéo pour la TSV, il nous a révélé le contenu édifiant qu’une annonce qu’il avait vue en ville : un des habitants de Strasbourg offrait une récompense de 50 000 euros à qui retrouverait son chat disparu. Chers sont  les chats européens au centre de la liberté et de la démocratie, d’ailleurs le salaire à Strasbourg est sans aucun douteplus haut qu’en Pridnestrovie. Je pense que parfois l'aspect matériel dans la sphère de l'adoration des animaux domestiques préférés joue un rôle secondaire pour ceux qui les aiment.

Quelques mots, ou plus exactement quelques lignes sur l'activité de la télévision. Nous avons visité la chaîne française France 3 et la TV franco-allemande «ARTE». Nous acons  commencé par ARTE, où un cours détaillé nous a été délivré par le principal journaliste à la télévision, Tchèque d'origine - Vladimir Vazak qui travaille à ARTE depuis sa fondation, en 1992. C'est une structure franco-germanique, les programmes se font à Strasbourg et en Allemagne et la compagnie de télévision a gagné les cœurs des spectateurs par son approche graduée dans la présentation des évènements. ARTE est diffusée aussi  en Autriche, Suisse, Belgique, Afrique du Nord, via la télévision par câble. Elle s’efforce de soutenir l'image intellectuelle du paysage audiovisuel. Néanmoins l'audience de la  première chaîne privée française (TF1)  est 10 fois plus grande. En tant que TV publique,  ARTE est financée des moyens publics, mais la télévision verse aussi ses taxes.  En Europe, la  TV privée bénéficie d’une audience immense et parfois des débats se développent sur la nécessité de la télévision publique. Selon M. Vazak la télévision publique s'exprime plus librement par rapport à l'État qu’autrefois. Quand c’est un journaliste français qui présente l’émission, on fait une interprétation simultanée en Allemagne, et vice versa.

Chez nous en Pridnestrovie  nous parlons 3 langues: le russe, l’ukrainien, le moldave. Et en outre les émissions d'information du studio TV PMR sont présentées, pendant la journée, dans toutes les trois langues. M. Vazak fait des reportages dans de divers points du globe terrestre: Alaska, Ukraine, Russie, Biélorussie. Par exemple, à Khabarovsk il a réalisé une émission sur la situation des Chinois en Russie, en Ukraine sur le statut de Sébastopol. Il produit l’émission d'information «ARTE-Europe», «ARTE-Culture», «Zum-Europe», des émissions sur l'organisation et l'activité de l'Union Européenne, il s’est même rendu à Sakhaline. Nous l'avons invité chez nous à Tiraspol. ARTE nous a proposé un reportage sur la Moldavie, effectué par ses collègues en décembre 2007, qui m’a personnellement persuadé que non décidément les journaux ne sont pas  impartiaux. L'essentiel du reportage des correspondants ARTE tenait en ce message: Dorin Chirtoacǎ est le représentant de la nouvelle génération en Moldavie. Mais, à mon avis, il y a trop de casseroles cassées dans ces images, trop de linge sur des cordes près des vieilles maisons. Le journaliste donnait l’impression de rechercher surtout les aspects négatifs de la vie de la capitale moldave. Des manques existent dans tous les pays, mais cela ne doit pas affecter l’image du peuple moldave, un peuple si hospitalier et laborieux. Je ne voudrais pas d’un tel reportage sceptique sur la Pridnestrovie. Oui, nous avons des difficultés, nous les surmontons, mais nous avons dans la vie non seulement des problèmes, aussi des beaux jours et des réalisations appréciables. Il faut montrer cela aussi. La télévision forme l'humeur des gens, l’état d’âme et d’esprit, le désir d'être utile à la société. Mais chaque journaliste a son opinion, sa vision des évènements, et il faut respecter sa manière de voir les choses. Je suis tombé d’accord avec l'opinion de Vazak sur l'éloge du maire dans le reportage; quand tout est présenté positivement, on risque de glisser vers la propagande. Sur la chaîne ARTE il y avait des reportages les aspects critiques de la Roumanie - les problèmes des Bohémiens, des chiens, des vols; de la  Bulgarie avec la corruption, la prostitution. Comme a dit  M. Vazak «nos critères ce sont  l'honnêteté et l'objectivité, mais nous sommes subjectifs, car nous avons notre propre éducation et notre propre culture». Il n’a jamais été en Pridnestrovie et il se l'imagine  comme un territoire fermé avec une mauvaise image. Il a cité comme exemple, la fois où, pour obtenir le visa pour une année, la Fédération de Russie lui a demandé une analyse sur le VIH, ce qui est moralement inacceptable. Maintenant cela n'existe plus, mais, quand même, il n'oubliera jamais cela. M.Vazak a été en Géorgie, a fait une émission pendant la période des hostilités: 20 minutes en Abkhazie, 20 minutes en Géorgie. Ses impressions: en Géorgie les policiers sourient, les soldats russes sont agressifs, mais la Russie est un pays magnifique et il y va dans huit jours. Il espère visiter aussi la Pridnestrovie. La RMP a été visitée par les équipes de tournage grecque, polonaise et française. Les Français avaient comme interprète E.Vardanian, correspondant de la  «Nouvelle région», qui prenait part à cette conversation et qui nous a parlé de son  travail avec eux. Le sens général de la connaissance de l'activité de la compagnie de télévision franco-allemande était tel: nous travaillons ensemble, nous avons des styles différents et de différentes approches, mais nous trouvons un terrain d'entente malgré les différences. Les Allemands et les Français depuis 16 ans vivent et travaillent dans un bâtiment et sont un exemple pour la création de la télévision moldavo - pridnestrovienne.

Puis nous sommes partis à la France-3 TV-Alsace qui existe depuis 25 ans, où nous avons erré longtemps à travers les magnifiques studios de montage et cabinets. Tout est solide, sérieux. Les conditions sont onnes pour l’activité créatrice du collectif de 55 personnes: le rédacteur en chef, 6 adjoins, 5 rédacteurs selon les directions et les journalistes. La diffusion se fait en trois langues: allemand, français, alsacien. Tous ne possèdent pas deux langues, tous les jeunes journalistes n’ont pas eu nécessairement une formation journalistique. Ils ont des émissions comme celle de la ТSV - «Le meilleur matin», « Samedi matin ». Il y a un projet pilote - la télévision par Internet 24 heures, on nous l’a démontrée. Toutes les 15 minutes chez nous des émissions présentent les nouvelles régionales. Eux, ils ont eu des concurrents privés comme «Télé Alsace», «Alsatique», mais à présent un canal a été fermé,  et ce n’est que la presse régionale et la radio qui sont restées comme concurrents. Depuis le 5.01.2009, la publicité est interdite à la TV publique de 20.00. France 3 travaille dans 25 régions de la France, et fait des reportages sur l'Alsace et les pays européens. Le 1er janvier la République Tchèque a assumé la présidence de l'Union européenne et en décembre un reportage sera consacré cela. Au sein de la rédaction européenne travaillent 10 personnes, le correspondant spécial à Bruxelles transmet les nouvelles politiques actuelles. En ce moment France 3 Alsace prépare l’émission «L'avenue de l'Europe» sur la sécurité de la circulation en bicyclette et en motocyclette. L'opinion de nos interlocuteurs Jil Tchavanel et de Catherine Boteisl,  de Christophe Neidhart est celle-ci: il faut exposer mieux les évènements en Europe. Nous sommes «pour». Nous attendons votre visite. Les compagnies de télé allemandes étendent leurs programmes d'information et ont constamment à Bruxelles 5 ou 6 groupes de correspondants, il y a aussi  beaucoup de journalistes des États de l'Europe de l'Est qui ont récemment adhéré à l'Union européenne.

Je ne peux ne pas exprimer mon opinion en ce qui concerne la télévision. En  Pridnestrovie il est difficile de ne pas remarquer l'absence complète de l'information systématique, examinée par des spécialistes, sur le développement de différents domaines de la science. Les émissions  polémiques portent pratiquement toujours une nuance politique. La télévision civilisatrice unit la société civile, lui livre le système total de ses coordonnées. La télévision ne peut pas être socialement irresponsable, en effet, nous vivons dans un monde exceptionnellement compliqué, sur le plan de l’information, où ­ les connaissances et les ressources intellectuelles sont le capital humain le plus précieux­.

À mon avis, la discussion approfondie d’un problème, une innovation,­  une loi, une invention, une  discipline d'étude est possible seulement dans un bon studio spécialisé. Des programmes d’instruction ­ les plus sérieux doivent sortir à l’écran, au studio doivent se produire les professeurs du plus haut niveau. 

Certes certains peuvent consciemment ne pas vouloir­ de programmes scientifiques, juridiques, économiques ou­ civilisateurs dans des studios spécialisés. Il est plus facile de gouverner un pays d’imbéciles. Mais vivre dans un tel pays il est tout simplement inintéressant. De plus, le pays d’imbéciles n'ont pas d’avenir. Mon propos est peut-être un peu dur, mais c'est la vérité. Chaque semaine, à l’écran doivent sortir des didacticiels, des «tables rondes» sur les questions de l’avenir de l’­État, avec un échange d’opinions. Mais chez nous on crie: «allons vers la Russie», dans quelque temps: « allons vers l'Union européenne», ou encore «nous vivrons indépendamment». Est-il difficile d’inviter dans le studio spécialisé tous nos voyageurs étrangers - diplomates, députés, fonctionnaires, représentants de l'opinion publique pour expliquer à la société, de la hauteur de leurs fonctions, rangs, position sociale, leur vision de notre avenir? Qu’ils  s’exposent, discutent, argumentent. Et le peuple écoutera. En effet, la télévision n’est pas une boîte pour les imbéciles du type  «commentateur au lit» du programme de la  ТNТ «Notre Racha (Russie)», c’est un important  moyen  d'éducation, de formation d'opinion, source d'information et de connaissances. Il est bon de voir des films, émissions  sportives, concerts. Mais pour la Pridnestrovie­ la discussion des problèmes du mieux-être à travers la science, le droit, la production est très actuelle­. Evguéni Petrossian ou «La maison-2 » peuvent provisoirement amuser, mais ces émissions ne donnent pas de connaissances, ne relèvent ni l'intelligence, ni le moral. Dans les feuilletons télévisés quelqu'un tue constamment, bat, boit, fait des courses automobiles. Avons-nous besoin de ce qui est vulgaire et pomponné, nous est-elle nécessaire l'agression dans les rues, les fusillades des élèves par leurs collègues de classe aux écoles? Non. Mais la plupart des nouvelles émissions  sont orientées vers le gain de l'argent dans un show, vers le hasard et non pas vers le gain grâce à l'érudition. Qu’y a-t-il de  cognitif, par exemple­, dans l’émission «Étoile puissance trois» sur МТV avec S. Zvériev et son assistante qui copie Pamela Anderson? Un studio au milieu d’un supermarché est un phénomène à la mode, mais il ne résout aucun problème, on y parle de tout et de rien. De telles émissions et studios, transforment la vie de l’individu, pardonnez-moi ma franchise, dans un simple procès d’évacuation des besoins physiologiques et ne le rend pas spirituellement intelligent.

On peut et il faut gagner grâce à la création des divertissements, mais pour ma part ­je voudrais que le programmes instruisent, apprennent, aident. On peut contrôler par la volonté et la fonction du rédacteur en chef un canal privé de télévision en tenant compte seulement de sa vision subjective des tâches et fonctions de la télévision, mettre des barrières artificielles aux initiatives des journalistes, mais, très bientôt, la vie laissera de tels chefs et leurs maîtres sur le bord de la route.

Sans doute faut-il présenter les nouvelles sur les incendies, les avaries, les accidents. Mais est-ce qu'une information sur les erreurs dans l'économie et la jurisprudence s’avère moins nécessaire ? Dans un cas comme dans l’autre il s’agit des destins humains, mais prévenir l'accident ou la catastrophe nous ne pouvons pas, mais arrêter la chute de l'unité monétaire ou la privation illégale de la liberté, cela nous sommes en état de le faire. //suite plus bas//

 

Lire la suite
1 2 > >>