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Le blog de Frédéric Delorca

L'affaire Lyhanna et le predictive policing

10 Juin 2026 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik

Un peu bizarre cette photo de Lyhanna, la victime gersoise dont tout le monde parle en ce moment, avec des bandes blanches et noires qui renvoient à un symbolisme bien connu. On la voit aussi ici en orange (une couleur très connotée). En général quand les relais d'opinion choisissent une couleur de ce genre ce n'est pas anodin. Si vous regardez bien, vous remarquerez qu'il existe une photo identique à celle de gauche quoique moins diffusée avec seulement le vêtement qui change - voyez à droite : même inclinaison de la tête, même ombre portée à gauche du visage, exactement la même place par rapport aux motifs derrière l'épaule gauche, seul le regard change. 

Cette seconde photo se trouve sur Marie France ici. L'autre (celle de gauche) se trouve un peu partout. On ne peut pas l'affirler avec certitude mais peut-être une des deux images a été  photoshoppée, et probablement, si c'est le cas celle qui est la plus diffusée : on a voulu des bandes noir et blanc. Qui ? la famille ? ou ceux qui ont mis la photo sur les réseaux sociaux ? Donc j'ai un petit doute. C'est moins évident que les psy ops aux Etats-Unis où les protagonistes affichent souvent leur implication dans l'occulte avec des pentagrammes ou des signes digitaux. En plus en France on n'a pas de truthers pour enquêter à propos des photos postées sur Instagram ou TikTok (moi-même je n'ai pas de compte  sur ces réseaux). En tout cas Photoshop ou pas, pourquoi diffuser plus l'image en tenue noir et blanc plutôt que l'autre ?

Je n'ai pas fait l'inventaire des détails troublants dans cette affaire, mais le narratif est incroyablement téléphoné.

On coupe les budgets de la justice, une enfant de 11 ans disparaît, victime d'un prédateur sexuel récidiviste né en 1985. L'opinion publique (c'est-à-dire la moyenne et petite bourgeoisie, tous ceux qui croient qu'il faut avoir une opinion sur les "thèmes sociétaux" et faire du signalement de vertu) s'indigne et se mobilise massivement en quelques jours au terme d'une campagne médiatique virale, le ministre de la justice se défausse sur les juges sans reconnaître l'échec budgétaire de sa politique. Il pond une loi ad hoc pour durcir les peines. La répression législative plutôt que l'augmentation du budget de la justice. Tant pis si les magistrats n'ont toujours pas les moyens d'appliquer cette loi plus dure... Palantir s'en chargera ensuite, quand, de psy op en psy op, les esprits seront mûrs pour la surveillance généralisée sur la base de l'intelligence artificielle, une surveillance dès l'enfance, avec définition des profils à risque... le pre-crime ou predictive policing.

Même le fait que le violeur meurtrier, appartienne à une famille de violeurs, avec le frère, le père etc - et tous des violeurs blanchis par la justice : cela ressemble à un narratif surchargé pour sursaturer les esprits d'une idée fixe "la justice ne fait pas son boulot, il faut durcir la répression" à partir de signaux ultra-simples qui vont provoquer des réflexes pavloviens : d'abord un "oui" dionysiaque à la répression, puis, quand les moyens des magistrats et des prisons seront toujours aussi insuffisants, un "oui" à la surveillance numérique.

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