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Le blog de Frédéric Delorca

Pichón : Racisme et révolution dans le Cuba de Castro

13 Septembre 2026 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Divers histoire, #La gauche, #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous, #1950-75 : Auteurs et personnalités, #Abkhazie

Jadis l'universalisme qui inspirait mon travail sur l'Atlas alternatif, issu de ma formation philosophique, m'a naturellement conduit à me confronter à la question raciale, la question des "racisés" comme disent les bien-pensants universitaires aujourd'hui dans leur exécrable vocabulaire anglo-saxon. Je me suis même confronté à ses aspects surnaturels en 2014-2015 au travers de mes échanges avec une amie ivoirienne. 

Pourtant je continue de mal connaître la question culturelle noire ou celle, si l'on veut, pour parler un langage dépassé, de la "négritude". Je m'y suis confronté à nouveau en 2023 à travers mon livre "Touriste à Cuba", parce que je voulais affronter certaines rumeurs sur le rapport de mon arrière-grand-père espagnol à la culture noire sur l'île de José Marti en 1898. Et je suis donc content d'avoir pu continuer à explorer le sujet à travers le livre de Carlos Moore "Pichón: Racisme et révolution dans le Cuba de Castro", livre sur lequel l'auteur a donné une brève interview ci-dessous.

Il y a beaucoup d'aspects de l'engagement de Moore que je n'approuve pas, notamment ses expériences dans la Santeria. Mais à la lecture de son livre, je découvre des pans très méconnus de la culture du XXe siècle, et injustement méconnus, comme le film Orfeu Negro de Marcel Camus de 1959, et son artiste emblématique Marpessa Dawn qui avait une cote formidable en France au début des années 1960 ou encore le fait qu'à l'époque beaucoup de Noirs pensaient que les Olmèques étaient des leurs (pourtant j'avais un peu lu Cheikh Anta Diop et un ouvrage à son sujet sur lequel j'avais écrit une recension). Il n'est pas étonnant que nous ignorions tout de ce qui a agité l'imagination des militants noirs des années 1960 puisque notre société est allergique aux particularismes, ce qui lui permettait de cautionner un mépris pour les attentes de ceux qui, persécutés pour leur de peau, avaient quelque chose de "spécial" à dire (Fidel Castro a eu le même problème).

Aujourd'hui à mon humble niveau, bien que n'ayant plus d'engagement politique local, ni aucune possibilité d'expression dans la gauche anti-impérialiste dont je ne comprends même plus la novlang et l'imaginaire, je persiste à essayer de tisser des liens entre les militants qui ont "quelque chose à faire entendre" dans l'itinéraire de la "négritude", et d'autres peuples opprimés. J'ai ainsi essayé, à travers un bref échange avec le journaliste Paul Quellery-Selbonne, de faire dialoguer Abkhazes et Guadeloupéens autour d'un vieux jumelage entre Soukhoumi. En vain jusqu'ici mais chaque fois qu'on peut ouvrir les consciences dans une universalité qui ne soit pas abstraite et désincarnée il faut le faire.

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