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Le blog de Frédéric Delorca

Retour d'un mot sur CK

1 Novembre 2007 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

J'avais dit il y a quelques jours que je reviendrais d'un mot sur le phénomène Kirchner. Il est très difficile de savoir s'il faut se réjouir de la victoire du kirchnérisme après l'atmosphère insurrectionnelle qui a prévalu en Argentine à la fin de l'année 2001.

J'observe toujours que les anarchistes (D. Graeber par exemple) se réjouissent de ce qui s'est passé à ce moment-là. Pour eux le slogan "que se vayan todos" qui fut celui du mouvement social au début des années 2000 démontre une capacité nouvelle à refuser toute forme de domination politique. Telle n'est pas l'analyse que font les communistes latino-américains (José Reinaldo Carvalho au Brésil par exemple) pour lesquels le slogan signifiait une sorte de démission de la gauche, qui ne pouvait que remettre en scelle les classes dominantes via l'aile gauche du péronisme.

A mon avis, sur le dossier argentin, ce sont les seconds qui ont raison. L'expérience "anti-politique" argentine, comme celle du Chiapas, a peut-être nourri des expériences locales intéressantes, mais je ne vois pas de preuve qu'elle ait fait durablement reculer le pouvoir étatique, ni qu'elle ait donné concrètement aux milieux populaires des chances d'émancipation. Le retour en force du péronisme "progressiste" était  sans doute inévitable devant un tel vide politique.

Je suis frappé en tout cas par la vacuité des commentaires dans les pays du Nord à propos de la victoire de Cristina K. Les "analyses" les plus visibles dans la presse furent celles des tenantes d'une féminisme "sociétal" de centre gauche, comme Hillary Clinton ou Ségolène Royal qui n'y voient qu'une victoire "des femmes" (désamorçant ainsi l'enjeu social de l'élection). D'autres n'y ont vu que la perpétuation du pouvoir de Nestor Kirchner via sa femme.

J'observe que le bilan du mandat de Nestor Kirchner est lui-même assez bâclé par nos médias, qui ne veulent surtout pas voir les succès du refus du néo-libéralisme. Du coup, on impute le redressement argentin des dernières années au matières premières. Le Monde du 30 octobre 2007 intitule un de ses articles "Argentine : le salut par le soja" (http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3222,36-972340,0.html?xtor=RSS-3210). Deux jours plus tôt sa correspondante à Buenos Aires notait "L'Argentine connaît depuis cinq ans une croissance à la chinoise de 8 % à 9 % par an grâce à un contexte international favorable, avec l'envolée des prix des matières premières. Une grande partie de la dette externe a été restructurée. Le chômage et la pauvreté ont reculé, même si les inégalités restent criantes." (http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3222,36-971900,0.html?xtor=RSS-3208).

Une certaine littérature de gauche argentine continue de parler d'un processus "sosuterrain" de recomposition de la classe ouvrière de ce pays (http://www.mas.org.ar/periodicos/per_111/071005_02by3_editorial.htm). Qu'en est-il réellement ?
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