Promenade politique...
3 Février 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"
Après une dure journée de labeur, je parcours les blogs. Mélenchon sur le sien parle de son nouveau parti, implanté dans 80 départements, nous dit-il. M'PEP évoque un meeting unitaire le 5 février à Montpellier. Voilà qui rappelle l'atmosphère de 2003-2004, alors que le gouvernement Sarkozy perd les pédales face à la crise mondiale. La prise du pouvoir par Sarkozy n'aura peut-être été qu'une de ces révolutions colorées, comme celles d'Ukraine et de Géorgie, toutes encouragées (sinon téléguidées) par Washington et qui toutes finissent par se briser contre le mur du réel. Mais j'avoue ne rien voir se dessiner de très stimulant à gauche. Tout simplement parce qu'il manque un ressort intellectuel dans cette affaire. Le discours reste trop incantatoire, et, du coup, le projet se limite à agréger des chapelles (Mélenchon + Besancenot + Buffet + Nikonoff + Chevènement) en espérant capitaliser sur le marasme de la droite et des sociaux-libéraux. C'est un peu court.J'ai aussi jeté un coup d'oeil au blog d'Alain Soral, par pure curiosité. J'y ai découvert sa rupture avec le FN. Toujours ce problème de "l'union sacrée" avec les conservateurs, et les réacs. Ca ne pouvait pas marcher. Aujourd'hui Marine Le Pen renvoie Soral à sa rhétorique "communiste" qu'il aurait essayé, selon elle, d'imposer à son mouvement. La conclusion que Soral et ses amis devraient tirer de cette mésaventure, c'est qu'il ne sert à rien de tenter d'allier des passéites aux idées de gauche, et même, plus radicalement, qu'il faut bannir tout passéisme du discours de gauche.
Certes le défi intellectuel est difficile à relever. Espérer façonner la société telle qu'elle est : individualiste, consumériste, vulnérable, téléphage, saturée de technologies informatiques, génétiques, robotiques, et tenter malgré tout de la fédérer autour de notions de pouvoir étatique fort, de participation civique responsable, réaliste et solidaire, de limitation drastique de l'activité capitaliste, de résistance aux logiques de guerre à l'intérieur des frontières et à l'extérieur. Opter pour cela sans espérer revenir au monde des flonflons, des bals musettes, à cette douce ignorance qui, au fond, caractérisait toutes les sociétés "fermées" au sens bergsonien du terme, des années 60-70. Il faut être imaginatif.
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