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Le blog de Frédéric Delorca

Le néo-colonialisme occidental et la Chine

26 Février 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

"Pékin accuse la maison Christie's d'avoir procédé à la vente de deux pièces rares, une tête de rat et une tête de lapin en bronze, provenant toutes deux de la fontaine zodiacale du Palais d'été de l'empereur Qianlong (dynastie Qing, 1736-1795) à Pékin. Leur vente a rapporté 28 millions d'euros." lit-on dans AP aujourd'hui.  "Je suis absolument prêt à donner ces deux têtes à la Chine, tout ce que je demande à la Chine en contrepartie est de donner les droits de l'homme, la liberté au Tibet et d'accueillir le dalaï-lama", rétorquait alors ironiquement le millionnaire mitterrandien Pierre Bergé, propriétaire de ces pièces. Ces oeuvres d'art ont été volées à l'occasion du pillage du Palais d'été de l'empereur de Chine par les soldats de la reine Victoria et de Napoléon le Petit troisième du nom. Victor Hugo en son temps avait dénoncé ce pillage dans une lettre que nous avons déja citée sur ce blog. M. Bergé n'a donc pas hésité à se faire l'héritier de la mentalité coloniale du siècle passé... au nom des droits de l'homme.
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Paris-Vitoria-Tiraspol-Pointe-à-Pitre

23 Février 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

Un reportage intéressant sur France 3 Région hier sur la situation politique de l'Euskadi, la politique de relance keynésienne du lehendakari sortant Juan José Ibarretxe (PNV) face à la crise financière (plusieurs milliards d'euros, pour une communauté autonome qui a la chance d'être peu endettée). J'ai appris avec beaucoup d'étonnement que les abertzale de gauche sont privés du droit de présenter des candidats aux élections. Comment peut-on priver une mouvance qui historiquement représente 10 à 15 % de l'électorat de toute représentation politique ? Je ne connais pas bien le dossier, mais je doute que la lutte anti-terroriste puisse justifier ce genre de confiscation.

Sous d'autres latitudes le contexte est plus favorable aux idées de gauche. A Paris l'INALCO est en grève ce qui réjouit d'aucuns de mes amis. A Ponte-à-Pitre la colère éclate (voir le point de vue récent de Christiane Taubira à ce sujet ci-dessous).

...Et mon éditeur se dit intéressé à l'idée de publier mon carnet de voyage en Transnistrie de 2007. Affaire à suivre....

Ah ! j'oubliais... une petite interview de Chevènement qui n'est pas sans intérêt.

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La crise des sciences sociales en Europe - un exemple italien

18 Février 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE

La Gauche en Italie vient de perdre la Sardaigne et s'effondre littéralement. Les sciences sociales par ailleurs s'y portent fort mal. Voici ce qu'une mienne correspondante vient de m'écrire. Je pense que son cas en illustre bien d'autres. Et l'Italie n'est pas la seule concernée. Le syndrôme touche toute l'Europe

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I got my PhD in anthropology last year with a research on the ways transatlantic slave trade and the history of the colonial Empire of a Northern Europe country has been represented in its museums. Now I'm desperately unemployed, but I'm trying to work with migrants and migration issues here in Italy, because I feel it is a really dark dark moment for this country, in which every single political problem seems to be connected to a "dark other" there to blame.

I'm preparing a proposal for a post-doc which should focus on Italian removal of its imperial past as one of the causes of its schizophrenic attitude towards migrants, especially those coming form the Horn. But I don't now if I will ever find a funding for this research, especially at the moment!!!

I'm publishing a book from my PhD dissertation with a little French publisher that has an anten in Italy, at my own expenses... actually I decided to publish with them for a very sad reason:

I need the book published, but all the editors here ask the authors to buy a certain number of copies at their own expenses, if they are new authors and after a survey, I chose them because they are the cheapest!

Still I'll have to buy 90 copies of the book once it's published which is going to cost me around 2000 euros!

But I need it for the applications for fellowships, at the moment my publications are very few, I need to increase their number

Beside, I'm not planning to go back to the northern country and continue that research, so I need to consider it "closed"

And I have no hope to interest an Italian publisher in what happens in northern Europe museums on slave trade and empire

Here in Italy we face a TOTAL removal of colonial legacies: most people don't genuinely know we actually had colonies

That's why I would like to work on that issues from now on, but it's hard, no one seems eager to approve that, I mean, no one with money of course.

I'm trying to interest museums on my project, but they still look much more interested in displaying African masks and arrows without any connection with their history than anything else.


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Ballades sur Facebook

16 Février 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Atlas alternatif

Je viens de lancer un Réseau de l'Atlas alternatif sur Facebook. Plein succès : déjà plus de 100 inscrits dès le premier jour, chaque demi-heure de nouvelles personnes s'inscrivent. Signe sans doute que beaucoup de gens sont prêts à agir contre la folie impériale de notre époque. Si un réseau solide se crée, il faudra voir ce que l'on peut en faire pour être utiles à notre époque sans se limiter à faire circuler des textes.
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Guerre du Congo, guerre du coltan

11 Février 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

Des nouvelles de cette guerre que financent vos téléphones portables (au fait à propos de portables, notez la remarque de N Dupont-Aignan sur son blog).

On me signale que le journaliste Britannique David Blair dans un article publié le 21.11.2008 par le quotidien Britannique "The Daily Telegraph" vient de révéler que la Grande Bretagne a accordé l'année passée 46 millions de livres au président Paul Kagame, l'ayant donc équipé pour préparer à l'agression en cours contre la RDC à partir du Nord Kivu. On avait aussi noté l'activisme britannique contre la Russie l'été dernier. A suivre...

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Vidéos du microcosme politico-médiatique

11 Février 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Revue de presse

Pas le temps de commenter ces petits choses. Pierre Carles et ses amis qui poursuivent leurs petits règlements de compte. Et le ministre des affaires étrangères qui a trouvé une arme contre ses accusateurs. Anecdotes en vidéos.









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Luanda-La Havane : dette de sang

7 Février 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

Très joli ce récit que la presse cubaine fait de la visite de Raul Castro en Angola cette semaine - la presse angolaise utilise le même ton du reste. Même si on l'on n'est pas communiste, on doit y être sensible car l'aide apportée par Cuba aux Angolais dans les années 1980 face à l'apartheid fut un très bel exemple d'internationalisme désintéressé et de solidarité sud-sud. Cuba n'en a tiré aucun avantage (le pétrole et les diamants d'Angola vont toujours aux multinationales européennes), des hommes sont morts (2 077 combattants cubains dit Granma), alors que la France et bien d'autres pays occidentaux finançaient les deux parties dans la guerre civile (les pro-apartheid de l'Unita, et les anti) pour plonger toujours plus le pays dans le chaos. Dans les années 1990 l'Angola meurtri a dû s'aligner sur les normes occidentales, le parti marxiste MPLA qui le gouvernait a adhéré à l'Internationale socialiste (dominée par les sociaux-libéraux), comme la Swapo namibienne. Aujourd'hui certains rééquilibrages des rapports de forces permettent à l'Angola de rendre plus ouvertement hommage à l'aide cubaine, et à l'idéal progressiste qu'ils partageaient. Peut-être cette visite est-elle le signe que l'Angola et d'autres pays africains avec lui vont en 2009 s'émanciper encore davantage de la tutelle européenne. Ce qui ne serait que justice.
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"La révolution des montagnes" sur les bords des Gaves

6 Février 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La Révolution des Montagnes

Il n'est pas facile pour un roman publié chez un petit éditeur de se frayer un chemin auprès du public. Il faut donc saluer toutes les initiatives pour le faire connaître. Aujourd'hui c'est le site du Journal du Béarn des Gaves (Navarrenx, Orthez, Salies-de-Béarn, Sauveterre-de-Béarn) qui le mentionne. Que leur équipe en soit remerciée ! 

Revoici la vidéo de l'interview de Radio Pais (ci-dessous).

Et pour répondre à la question posée par une lectrice de ce blog ce matin le livre peut être commandé chez n'importe quel libraire (il faut compter un petit délai de 15 jours pour le recevoir). Ou alors (plus rapide) par Internet, sur le site de l'éditeur (3 jours pour la livraison) ou sur les sites amazon.fr, fnac.com (en tapant delorca dans la recherche)

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La musique adoucit les crises

4 Février 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Voici les "mélodies de la crise financière". Elles ont été composées grâce à Songsmith, le logiciel musical de Microsoft, à partir des graphiques montrant la chute des cours de la bourse, les morts en Irak etc.



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Qui finance qui ?

4 Février 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Revue de presse

Certains se sont demandés naguère qui avait financé la campagne électorale de Nicolas Sarkozy concoctée par le Boston Consulting Group.

Maintenant Kouchner est sur le grill, avec des accusations de commissions reçues de chefs d'Etat africains. Evidemment, comme nous sommes en France, Martine Aubry, secrétaire générale du principal parti d'opposition, a tout de suite dit qu'elle n'entrerai pas dans la polémique ni ne chercherait à savoir si notre ministre des affaires étrangères a des choses à se reprocher ou pas.

Et Ségolène... Mon ami Edgar, récemment se demandait qui "l'aidait" à s'afficher à Santiago, à Washington. C'est aujourd'hui Eric Woerth, ministre du budget, qui s'interroge. Affaire à suivre...

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Promenade politique...

3 Février 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

Après une dure journée de labeur, je parcours les blogs. Mélenchon sur le sien parle de son nouveau parti, implanté dans 80 départements, nous dit-il. M'PEP évoque un meeting unitaire le 5 février à Montpellier. Voilà qui rappelle l'atmosphère de 2003-2004, alors que le gouvernement Sarkozy perd les pédales face à la crise mondiale. La prise du pouvoir par Sarkozy n'aura peut-être été qu'une de ces révolutions colorées, comme celles d'Ukraine et de Géorgie, toutes encouragées (sinon téléguidées) par Washington et qui toutes finissent par se briser contre le mur du réel. Mais j'avoue ne rien voir se dessiner de très stimulant à gauche. Tout simplement parce qu'il manque un ressort intellectuel dans cette affaire. Le discours reste trop incantatoire, et, du coup, le projet se limite à agréger des chapelles (Mélenchon + Besancenot + Buffet + Nikonoff + Chevènement) en espérant capitaliser sur le marasme de la droite et des sociaux-libéraux. C'est un peu court.

J'ai aussi jeté un coup d'oeil au blog d'Alain Soral, par pure curiosité. J'y ai découvert sa rupture avec le FN. Toujours ce problème de "l'union sacrée" avec les conservateurs, et les réacs. Ca ne pouvait pas marcher. Aujourd'hui Marine Le Pen renvoie Soral à sa rhétorique "communiste" qu'il  aurait essayé, selon elle, d'imposer à son mouvement. La conclusion que Soral et ses amis devraient tirer de cette mésaventure, c'est qu'il ne sert à rien de tenter d'allier des passéites aux idées de gauche, et même, plus radicalement, qu'il faut bannir tout passéisme du discours de gauche.

Certes le défi intellectuel est difficile à relever. Espérer façonner la société telle qu'elle est : individualiste, consumériste, vulnérable, téléphage, saturée de technologies informatiques, génétiques, robotiques, et tenter malgré tout de la fédérer autour de notions de pouvoir étatique fort, de participation civique responsable, réaliste et solidaire, de limitation drastique de l'activité capitaliste, de résistance aux logiques de guerre à l'intérieur des frontières et à l'extérieur. Opter pour cela sans espérer revenir au monde des flonflons, des bals musettes, à cette douce ignorance qui, au fond, caractérisait toutes les sociétés "fermées" au sens bergsonien du terme, des années 60-70. Il faut être imaginatif.
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N'y a pas arren de Coupat

1 Février 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

Hier, un ami me rappelait que tout parti révolutionnaire qui se respecte est doté d'une structure clandestine en plus de la structure officielle, et que c'est même l'existence de cette structure qui est le signe de sa vocation révolutionnaire. LO et même d'autres partis à gauche de la gauche auxquels on ne s'attend pas en ont une. Le PC a liquidé la sienne dans les années 80, ce qui est significatif, disait-il.

Le même jour des gens manifestaient pour Coupat. J'avoue avoir du mal à me faire une opinion sur cette affaire. Si la demande de libération a été rejetée en appel, c'est bien qu'il doit y avoir quelque chose au dossier. Les articles de profs du Quartier latin sur ce sujet en défense de Coupat ne sont pas vraiment convaincants. A chaque fois ils relèvent un ou deux faits qui peuvent aller dans le sens de Coupat et caricaturent la position des pouvoirs publics, mais ce n'est pas ainsi qu'on défend utilement une cause. Il faudrait reprendre point par point l'acte d'accusation et le démonter. Je n'ai pas l'impression que les défenseur de Coupat soient en mesure de le faire, ni dans la presse ni - c'est plus grave - dans les enceintes judiciaires. Cela ne signifie pas que Coupat soit coupable, mais simplement qu'il reste des ombres au dossier. Voilà pourquoi il est difficile d'arrêter une position sur ce sujet.

 

La tendance des organisations de gauche à caricaturer l'accusation, et à passer sous silence certains faits gênants plutôt que d'en discuter rationnellement (jusqu'à même montrer qu'ils ne sont pas si gênants qu'on veut bien le penser au départ) est une tendance habituelle de la gauche de la gauche. Dans "10 ans sur la planète résistante", je l'ai mentionnée à propos de l'affaire Bishara. C'est aussi lié au fait que les gens de tous bords n'aiment pas les vérités argumentées. Ils voient dans les arguments quelque chose d'ennuyeux et de violent dont il ne faut user qu'à dose homéopathique à des fins rhétoriques. Ce qui permet ensuite à leurs adversaires de les taxer de malhonnêteté et de sectarisme.

 

En outre, en ce moment, peu de gens à gauche ont envie d'examiner sérieusement les arguments pro- ou anti-Coupat, parce qu'à travers Coupat ils se mobilsient pour autre chose : pour ceux qu'ils appellent la "criminalisation" du mouvement social (les arrestations et intimidations de syndicalistes, de défenseurs des sans-papiers etc). Dans l'affaire Coupat ils tiennent un intellectuel (comme Batisti) qui en plus ne se voit pas reprocher des crimes de sang (et auquel donc on n'a pas besoin de demander 20 ans de repentance avant de le juger défendable).

 

J'ai répondu hier à mon correspondant que de toute façon, les structures clandestines ne servaient sans doute pas à grand chose dans nos sociétés vu que, de toute façon, aucune des conditions ne sont réunies pour une résistance armée efficace (à commencer par la formation des jeunes à la discipline). La formation du NPA a posé ce genre de question, notamment quand un ancien d'action directe a voulu adhérer à ce parti sans dénoncer la lutte armée. Je me souvient de Cohn Bendit expliquant il y a deux mois que Besancenot en fait croyait en la lutte armée puisqu'il soutient le Che. Sans doute aussi la résistance armée au Proche-Orient (Liban, Palestine) donne-t-elle des idées à certains révoltés, mais je pense que ces gens sont vraiment décalés par rapport à la réalité sociale européenne. Sans doute le mieux qu'on puisse espérer en Europe en ce moment serait la victoire en France par les urnes et non par les armes d'une coalition de gauche comme celle du mouvement bolivarien en Amérique latine, une victoire qui déboucherait sur une sortie de l'Union européenne et de l'OTAN et une alliance avec les pays progressistes. Mais comme me le disait quelqu'un l'an dernier, nous manquons de leaders charismatiques pour pouvoir espérer cela. Nous manquons aussi de cadres moyens réellement formés à une culture de gauche à la fois radicale et réaliste (ce qui aussi le cas en Amérique latine, et cela y paralyse les avancées démocratiques). Notre "génération Casimir" ne les fournira pas.

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