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Le blog de Frédéric Delorca

L'Atlas alternatif à l'Assemblée nationale

30 Novembre 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Actualité de mes publications

Qui écrit les rapports de Mme Christiane Taubira ? Je découvre ce soir sur Internet le rapport intitulé "Rapport sur les accords de partenariat économique" du 16 juin 2008 (http://www.holambecomores.com/public/IMG/pdf/Rapport_TAUBIRA_APE.pdf), rapport commandé à la députée de Guyane par M. Sarkozy en avril 2008.

 

Dans la bibliographie du rapport : des livres de Samir Amin, de François-Xavier Verschave et... l'Atlas alternatif coordonné par Frédéric Delorca... Je ne sais si c'est à cette dame, à son attaché parlementaire, ou à quelque administrateur de l'Assemblée nationale que nous devons cette brillante entrée de l'Atlas alternatif dans la bibliographie du Parlement français... J'avais déjà noté que la bibliothèque de Sciences Po réservait à ce livre un bien meilleur accueil que les médias dissidents, voilà qui confirme son succès auprès des institutions de la République... Je devrais peut-être m'en inquiéter... Heureusement qu'Amin et Verschave sont aussi cités. Cela fait partie, je suppose, de l'éclectisme de l'élue radicale-socialiste qui lui assure un succès des cénacles centristes aux cercles anti-impérialistes.

 

L'Atlas a aussi du succès à Cuba. Je vous en reparlerai.

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Hommage à Ian McKenzie

29 Novembre 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

Il y a sans doute plusieurs façons de résister à l'uniformisation capitaliste actuelle. L'anthropologue canadien Ian McKenzie a choisi la sienne en recueillant les dernières traces de la culture en voie de disparition des Penan, une ethnie de chasseurs-cueilleurs du nord de Bornéo.

 

La TV lui consacrait un reportage ce soir. Ce qu'il fait est bien plus que soutenir moralement quelques milliers d'individus voués à la marginalité, à la folie, à la mort, depuis que les sociétés forestières ont détruit leur cadre de vie. Il sauve leurs mots, leurs gestes, leurs valeurs, une dernière fois, les grave dans le marbre, pour la postérité. Il le fait avec la conscience aigue d'être le porte-voix d'une diversité humaine vouée à fusionner dans le fleuve monotone de la globalisation. Il le fait sans illusion, en portant le terrible fardeau d'être le seul à pouvoir transmettre la mémoire de ce petit peuple sans écriture. C'était la première fois que je voyais un anthropologue parler devant une caméra avec des sanglots dans la voix. Et parler toujours avec des mots justes, sobres, profonds. Il n'y a pas de photo de ce garçon sur le Net, du moins je n'en ai pas trouvé. Cela aussi plaide en sa faveur.

 

Son site est sur http://www.rimba.com/.

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Tiqqun (suite)

28 Novembre 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

Ce soir comme  tous les mois, je lisais Paris-Match chez mon coiffeur. Je lisais un article sur Tiqqun. Le gosse de riches de Rueil-Malmaison, élève de l'ESSEC, qui achète des locaux à Paris, une ferme en Corrèze pour créer une communauté alternative. Bref il réalise avec ses potes un rêve que nous avons tous fait à 27 ou 30 ans. Un mien ami dont je parle dans mon bouquin est allé comme ça retaper une maison d'une congrégation religieuse en Ardèche. Sortir du circuit, de l'ordre social. Nous en avons rêvé,ils l'ont fait. Jusque là pas de problème (au fait quelqu'un a-t-il lu la thèse de Bernard Lacroix sur les communautés soixante-huitarde ? Moi pas, mais j'aiemrais bien).

 

Et puis un beau jour les flics les arrêtent. Pourquoi ? A cause du passage dans le livre de leur chef "L'insurrection qui vient", sur le sabotage des TGV. Au fait - je l'ignorais - mais il parait que leur chef a inspiré le Black Block - preuve que la gauche amerloque continue de lire les Français, je ferme la parenthèse. Cette histoire du passage de "L'insurrection qui vient" m'avait échappé.

 

Première remarque : ça rend plus compréhensible l'intervention de la police. Et cela prouve aussi qu'on ne peut pas appeler à saboter des trains sans encourir un risque. Ca me rappelle la déclaration de Chomsky selon laquelle la liberté d'expression doit aller jusqu'au point où on dit a quelqu'un qui tient un flingue "appuie sur la gachette", là c'est la limite. Est-ce que "sabotez la SNCF" entre encore dans le champ de la liberté d'expression ou est-ce que cela revient à dire "appuyez sur la gâchette", je n'en sais fichtre rien. Mais il est presque logique qu'ensuite le jour où les TGV ne fonctionnent plus, la police s'intéresse à vous. A leur place, j'aurais sans doute pris le maquis corse au premier TGV arrêté plutôt que d'attendre trois jours que la police débarque.

 

Reste un problème - je suppose que j'enfonce là des portes ouvertes, tout le monde a dû le dire depuis 10 jours, mais je n'ai pas voulu suivre ça de près - : le mobile. Pourquoi après avoir appelé à saboter des TGV les gars de Tiqqun l'auraient fait ? Pour un coup de pub ? Avantage bien maigre comparé au 25 ans de prison. Il faudrait être idiot. Auraient-ils disjoncté ? L'enfermement dans l'ambiance communautaire leur aurait-il fait perdre le sens de leurs propres intérêts ? C'est douteux.

 

Alors qui a fait le coup sinon eux ? Un groupe AZF quelconque comme celui que tout le monde a déjà oublié ? Mais pour qui, pour quoi ? Pour obtenir une nouvelle rançon ? Ou alors quelque ami de Sarko comme l'a écrit un commentateur sur ce blog ? Mais pour quoi ? pour entretenir la psychose sécuritaire ? Un peu débile tout de même, d'autant que ça n'entretient rien du tout : les TGV roulent à nouveau, et tout le monde a déjà oublié Tiqqun avec le flot de l'actualité (le duel Royal-Aubry l'a remplacé). Pour qu'il reste une trace au fond de l'hypothalamus de chacun ? Pour que demain on nous fasse accepter une présence plus massive de la police le long des voies, et que la gauche "laxiste" (déjà bien laminée) perde les prochaines élections ? Ca fait quand même beaucoup d'efforts pour pas grand chose. J'ai un peu de mal à croire au complot sarkozyste sur ce coup-là.

 

 

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Eulex au Kosovo

28 Novembre 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE

Le Conseil de sécurité des Nations-Unies a donné son feu vert à l'envoi de la force de police européenne Eulex au Kosovo mais à condition que celle-ci s'inscrive dans le cadre de la résolution 1244 (interprétée par la Serbie comme reconnaissant sa souveraineté sur la province), reste neutre dans le conflit albano-serbe, agisse sous l'autorité directe du Conseil de sécurité (ce qui donne un droit de regard à la Russie et à la Chine) et ne s'inscrive pas dans le cadre du plan d'indépendance de l'administrateur Ahtisaari qui n'a jamais été validé par l'ONU. Du coup c'est maintenant l'entité de Pristina qui juge cette mission contraire à sa constitution et s'y oppose alors que la Serbie l'accepte  (http://www.b92.net/eng/news/politics-article.php?yyyy=2008&mm=11&dd=27&nav_id=55328).

 

Russia Today présente la mission Eulex comme une prise de contrôle des institutions judiciaires du Kosovo par l'Union européenne (c'est-à-dire une recolonisation) - http://www.russiatoday.com/news/news/33861. La question de l'indépendance du Kosovo reste en suspend devant la Cour internationale de justice saisie le 9 octobre dernier par 77 voix contre 6 (les USA et leurs petits alliés proches).

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Victoire de Chavez aux élections locales

26 Novembre 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

Si le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) avait perdu les élections municipales dimanche cela aurait fait la "Une" de vos journaux qui auraient fait leur titre sur le "déclin de Chavez". Manque de chance pour eux, c'est une victoire chaviste dans 77% des régions, 81% des communes, 18 des 24 capitales d'Etats. Notamment le PSUV n'a pas perdu le fief de Caracas et cumule 5,5 millions de voix (http://larepublica.es/spip.php?article13490) Le journal Le Monde, qui se console comme il peut, préfère parler des quelques localités qui basculent dans le camp de l'opposition (les chavistes dominaient jusque là l'écrasante majorité des institutions locales - par exemple 20 des 22 régions en 2004 suite au boycot partiel du scrutin par l'opposition).
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Deux recensions

25 Novembre 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Actualité de mes publications

Je signale deux recensions de mon livre "10 ans sur la planète résistante" parues récemment.

 

L'une sur La Lettre volée et BRN :

 

http://www.lalettrevolee.net/article-24827991.html

 

L'autre sur Parutions.com :

 

http://www.parutions.com/index.php?pid=1&rid=6&srid=63&ida=10064

 

On pourrait discuter de leur contenu, mais j'évite de commenter les commentaires... Merci en tout cas à leurs auteurs !

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Buchanan sur Medvedev

25 Novembre 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les Stazinis

Quoi que l'on pense des doctrines économiques du libertarien Pat Buchanan, ses analyses internationales sont toujours pertinentes. Je conseille donc la lecture de son intéressant article sur ce qu'Obama devrait faire pour améliorer à court terme les relations russo-américaines : http://www.antiwar.com/pat/?articleid=13811.
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Tiqqun or not Tiqqun ?

22 Novembre 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

Je voulais vous parler de Tikkun (ou Tiqqun), ce groupe d'anarchistes arrêté pour sabotage terroriste contre la SNCF... Parce qu'un ex journaliste de Libération qui était dans ma promo à Sciences po et qui a gardé une fibre de gauche (c'est rare) a attiré mon attention sur cette organisation en disant : "Leur leader a fait son DEA sous la direction de Boltanski" - ainsi donc Boltanski n'était pas seulement un révisionniste droitier comme le croyaient les bourdieusiens, il était aussi un fabriquant de terroristes. Un des membres de ce groupe habite pas loin d'ici. "France 3" est allée enquêter à la librairie anarchiste du coin - celle qui est ouverte un jour par semaine et où des papys boivent du café au milieu des vieux livres. Ils ont dit : "Nous on ne saboterait pas la SNCF, mais on comprend que des jeunes puissent en venir à ça". En fait il est bien peu probable que ces jeunes situationnistes soient coupables des faits qu'on leur reproche. La ficelle "on a trouvé les coupables, ce sont les philosophes gauchos" est trop grosse pour être crédible. En tout cas ça leur fait une belle pub. Même Agamben les défend. Pourtant le responsable du comité de soutien, qui se dit "républicain" et parle de lutte des classes, n'a pas une très belle plume.  Il signe en qualité de "chercheur et journaliste". J'espère que les "terroristes", eux, écrivent mieux. Un journal local ici a interviewé un des types arrêtés : "Je suis papa d'un gamin de 9 mois, je n'ai rien fait. Les policiers ont débarqué, ils ont renversé le lit, m'ont mis nu contre le mur, moi et ma compagne, ils ont vidé les pots de confiture de ma grand mère" (je cite l'interview de mémoire, mais le passage sur le pot de confiture est authentique, je l'ai lu hier soir).

 

Je voulais écrire là-dessus, un vrai beau petit billet, plein de références précises, mais après tout on me dit assez que je suis un intello - on me l'a répété sur un ton agressif cette semaine. Et c'est vrai. Cessons donc de nous focaliser sur les philosophes bourgeois. Combien d'innocents ont été arrêtés, la même semaine que les gars de Tikkun, à Ramallah, à Bagdad ? Qui connaît leur nom ? qui s'intéresse à leurs pots de confiture ? Et combien de gens sont morts de faim à cause du système capitaliste au même moment ? La Bolivie vient d'être déclarée "libre d'analphabétisme" grâce à la méthode cubaine "Moi aussi je peux". Voilà une nouvelle bien plus importante.

 

Une mienne amie moscovite m'écrit que Mme Dmitrienko d'Europa  (un éditeur dont je ne sais rien, peut-être est-ce Europe publishing house) ne renonce pas à me voir publier chez eux un petit livre sur les suites de la guerre du Caucase. C'est me faire trop d'honneur. Un mien camarade qui a travaillé sur le Nicaragua parle lui de créer près de Paris une "Maison du monde" ou quelque chose dans ce goût là, pour promouvoir le monde multipolaire, la diversité, les échanges alternatifs. Un autre, Vladimir, que les lecteurs de mon dernier livre connaissent, veut lancer un "Appel de Bruxelles n°2".  Les idées foisonnent. Il ne manque que le temps, et l'argent pour en faire de bons projets qui touchent vraiment les gens (car la plupart des initiatives restent confinées dans les cercles militants).

 

Au fait : ça n'a rien à voir mais mon roman a enfin trouvé un éditeur. "Chaque pot a son couvercle", comme disent les grand-mères.

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Le crépuscule du nationalisme tutsi ?

17 Novembre 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

Au moment où les clients de Paul Kagamé ont les coudées franches au Congo, il semble que les parrains du nationalisme tutsi soient sur le point de l'abandonner... L'avocat au Tribunal pénal international sur le Rwanda (un tribunal à la légalité fort contestable imposé à l'ONU par l'administration Clinton, comme le TPI-Yougoslavie), Chris Black, m'écrivait ce matin (en anglais) :

"C'est un secret de de Polichinelle ici au TPIR qu'il existe un acte d'accusation contre le président rwandais Paul Kagamé, et qu'ils attendent avant de le lancer publiquement que la puissance tutélaire - les Etats-Unis - décident de se débarrasser de lui. Je l'ai mentionné devant le tribunal plusieurs fois, et encore aujourd'hui. J'ai dit que je voulais avoir accès au dossier sur lequel se fonde l'acte d'accusation contre Paul Kagame. Le procureur a dit qu'il ferait une recherche. Récemment Kagame est allé parler au Massachsuset Institute of Technology. J'ai écrit une lettre de protestation au directeur de cette université et je lui ai dit d'informer leur hôte qu'un acte d'accusation existait au TPIR contre lui".

Les Occidentaux (surtout les puissances anglo-saxonnes) semblent penser maintenant (après les avoir lourdement armés) que les nationalistes tutsis au Congo poussés par le gouvernement rwandais vont trop loin...
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Humeur, Nkunda, Walesa

14 Novembre 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

Je ne crois pas du tout en cet exercice stérile qui consiste à tenir un blog pour le soi-disant bénéfice des 15 lecteurs qu'on peut avoir chaque jour (dont la moitié sont tombés dessus par hasard). J'ai lancé ce blog en 2006 comme le blog de l'Atlas alternatif, parce que je savais que les grands médias (y compris les médias "apparatchik" de gauche), feraient ce qu'il faut pour empêcher que l'Atlas soit connu. Mais je n'ai jamais cru en l'utilité réelle de ce genre d'initiative. Au mieux on rencontre quelques personnes intéressantes qui feuillettent vos pages (rarement plus de trois, car Internet fatigue vite) et vous identifient comme une référence possible dans la "blogosphère" qu'ils iront consulter une fois par mois pour se délasser. Rien de très exaltant : et d'ailleurs que peut-on écrire de vraiment utile dans les 30 ou 50 lignes que comporte au mieux un billet de blog ?

Je ne crois pas non plus au "terrain" que me vantait une correspondante il y a peu, une correspondante qui va aider des gens dans les quartiers difficiles, écouter ce qu'ils ont à dire (d'autres correspondantes - ce sont souvent des femmes - l'an dernier et d'autres années disaient le même chose des rencontres avec les gens dans des pays du Tiers-Monde). C'est à dire aller se plonger dans le tumulte de passions  contradictoires auquel on va mêler les siennes, y faire du tourisme social et politique (ou de la charité, voire de la charité professionnelle comme les assistantes sociales). Je ne pense pas que cette démarche (qui rappelle celle d'une certaine bourgeoisie russe du 19 ème siècle) soit féconde non plus.

De même que je ne crois pas trop au nouveau parti de Mélenchon depuis que je le vois singer le Die Linke allemand jusque dans son appellation, mais refermons cette parenthèse trop hâtivement ouverte.

Il serait trop long d'énumérer toutes les choses auxquelles je ne crois pas.

Je crois seulement au travail solitaire d'accumulation du savoir et en sa synthèse patiente sous forme de livres qui un jour peut-être témoigneront pour une époque aux yeux de quelques esprits curieux, rien de plus. Le blog dans cette perspective devient un simple bloc-note, un aide mémoire, accessible au public, mais sans illusion sur l'écho qu'il rencontre.

Sur mon aide mémoire je note aujourd'hui cet extrait du site Rebelion.org (site espagnol) qui dit :

"Le Forum International pour la Vérité et la Justice dans l'Afrique de Grands Lacs a dénoncé hier à Madrid le fait que les milices du général rebelle congolais Laurent Nkunda agissaient comme « gendarmes » de grands intérêts internationaux qui, à travers le Rwanda, s'opposent à l'entrée de la Chine dans la République Démocratique du Congo (RDC) pour l'exploitation des ressources minières de l'Est du pays africain, indique Europa Press. Le Forum International pour la Vérité et la Justice dans l'Afrique de Grands Lacs est formé par des personnalités comme le Prix Nobel de la Paix Adolfo Pérez Esquivel, la congressiste américain Cynthia McKinney, le président de la fondation S’Olivar Joan Carrero et la Fédération des Comités de Solidarité avec l'Afrique Noire. D'autre part, selon les déclarations faites la semaine dernière par un  témoin « qualifié » de l'instruction ouverte par le juge espagnol Fernando Andreu contre le régime rwandais pour génocide, l'ex président Laurent Désiré Kabila, père de l'actuel mandataire congolais, a été assassiné sur ordre du président rwandais Paul Kagame, pour empêcher son rapprochement avec la Chine et le Venezuela." (http://www.rebelion.org/noticia.php?id=75897).

J'ai soudain une pensée pour les avocats Tiphaine Dickson et Chris Black qui se battaient, un code de procédure pénale dans une main, un tube de comprimés antimalaria dans l'autre, il y a peu, pour faire prévaloir la vérité au TPI Rwanda d'Arusha sur les crimes du FPR, pendant que certains agités parisiens influencés par la propagande de l'association Survie croyaient plus intelligent d'asperger Védrine (un des derniers politiciens non atlantistes de ce pays) de colorant rouge (http://www.europalestine.com/spip.php?article3420). Loin de moi l'idée de défendre la Françafrique et les massacres qu'elle a favorisés contre les Tutsis. Mais, 14 ans plus tard, le problème n'est plus du tout celui là. Certains écervelés français d'extrême-gauche devraient tenter de le comprendre... Au fait, l'Humanité dimanche donne la parole cette semaine à Colette Braeckman, une des amies du Monde Diplo qui a soutenu longtemps des positions pro-FPR. Aujourd'hui (enfin) consciente de l'action de Paul Kagamé dans les Grands Lacs, elle se fait le chantre d'une intervention européenne plutôt que d'une interposition de l'Union africaine qui déchirerait l'Afrique selon elle (car l'Angola viendrait affronter le Rwanda au Congo comme à l'époque de Kabila-père). Impérialisme quand tu nous tiens.

Sur mon bloc-note aussi ce message du syndicaliste polonais Dariusz Zalega hier : "Chers amis  Je vous envois linformation d'actuel protestation organise par le syndicat libre Aout 80 a Varsovie en defence de droit au retraite anticipe. Lech Walesa soutien l'utililisation de force contre nos syndicalistes."  Avant hier le président tchèque V. Klaus n'a pas hésité à comparer l'eurosceptique irlandais M. Ganley aux dissidents de son propre pays à l'époque soviétique, notamment son prédécesseur Vaclav Havel. "Je pense que M. Ganley est un dissident, une sorte de dissident dans le dispositif européen actuel", a-t-il déclaré. Les totalitarismes ne sont plus où on croit.

FD

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L'héritage maoïste dans la mouvance anti-impérialiste

8 Novembre 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Philosophie et philosophes

Un des protagonistes du livre "10 ans sur la planète résistante" m'écrivait  il y a peu :

"Il y a en gros trois théories sur le bilan de l'impérialisme :
- celle des maos pour qui l'impérialisme crée un bénéfice global pour l'Occident
- celle de Marx, Hobson etc. jeu à somme nulle, mais profits privés etc.
- celui d'Antiwar.com, Buchanan etc (un peu Hobson et Marx); perte pour l'Occident, mais gains pour une toute petite minorité ici - dont les idéologues etc.aussi le complexe militaro-industriel etc.

J'ai tendance a me rapprocher de la 3ème théorie - en tout cas ce serait la plus efficace-mais je ne crois pas aux pieux mensonges."

Cette typologie, par delà son intérêt propre, me faisait songer à l'importance de l'héritage maoïste dans les milieux militants qui ont lutté contre les guerres et ingérences impériales depuis dix ans. Ceux que, dans le bouquin précité, j'appelle "Le Fils de l'avocat connu" et "Le Missionnaire", par exemple, se réclamaient de leur formation maoïste. Il en est de même de l'économiste Samir Amin dont les analyses sont souvent reprises dans la presse de gauche et sur le Net. De même un numéro de la revue Commune de 2006 intitulé "M... le maudit" était consacré à Mao...

Vendredi dernier un mien ami m'a surpris en m'expliquant que lui aussi était de formation maoïste. Il me l'a écrit en ces termes :

"Dans les années 1970, j'étais mao mais non encarté, car j'étais dans un pays du bloc soviétique, et je diffusais à l'intérieur des organisations officielles dont j'étais membre la propagande des maos de ce pays ou autres, qui bien entendu étaient clandestins. Mais, à partir de 1976-78 (élimination de la "bande des quatre", montée de Deng Xiao Ping, rupture sino-albanaise, question cambodgienne, etc.), le "maoisme" s'est de fait désagrégé, donc je restais et reste fidèle à certaines idées, mais bien évidemment pas à une ligne qui de toute façon n'existe plus, si jamais elle a vraiment existé. De Mao en fait, j'ai retenu l'idée que la lutte des classes se déroule aussi dans le socialisme et à l'intérieur du parti, à l'intérieur de chaque individu aussi. ...ce que les musulmans appellent le "grand djihad" ou djihad intérieur. Avec les Chinois je n'ai en revanche jamais été d'accord sur le fait, qui était d'ailleurs contradictoire avec leur philosophie de départ, qu'il fallait rompre avec les communistes "révisionnistes" pour créer des organisations 100% révolutionnaires. J'ai toujours milité dans ce pays du bloc soviétique au sein des organisations "pro-soviétiques", à la marge. J'ai toujours pensé qu'il fallait être là où se trouvaient "les masses". "

J'espère d'ailleurs que cet ami publiera un jour ses mémoires sur cette activité maoïste "clandestine" dans un pays d'Europe de l'Est.

Je ne m'inscris pas dans le courant de pensée maoïste, ni dans aucune école de pensée issue du marxisme-léninisme, mais je trouve intéressant du point de vue de l'histoire des idées que le maoïsme résonne encore au coeur des années 2000, malgré la diabolisation dont il a fait l'objet dans la culture dominante. Et d'ailleurs n'est-il pas aujourd'hui encore en train d'inspirer des mouvements importants, au Népal, en Inde ?

Voilà encore un aspect de la réalité ignoré par la culture officielle et qu'il faut prendre au sérieux, me semble-t-il.

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La gauche française après le départ de Mélenchon du PS

7 Novembre 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

Qu'un Noir devienne président de la première puissance, et en plus un type apparemment équilibré comme Obama, c'est une bonne nouvelle pour l'humanité. Même si on sait que cette victoire, soutenue par Wallstreet qui l'a financée, contribuera surtout à affaiblir les résistances à l'impérialisme dans le monde (d'ailleurs elle a été voulue pour cela) sans pour autant, vraisemblablement, à court terme, diminuer la dimension prédatrice des Etats-Unis d'Amérique (mais peut-être celle-ci sera-t-elle affaiblie d'elle-même par les problèmes sociaux et économiques que rencontre ce pays). Je n'en dirai pas plus sur ce sujet, beaucoup de bruit ayant été fait ces derniers jours un peu partout. Les enthousiasmes grégaires et totalitaires de notre époque ne sont pas mon fort.

Un autre événement ne fait pas la "une" ce matin : le départ de Mélenchon du PS, et c'est dommage . Alors que "yahoo" titrait sur la défaite de Delanoë face à Royal (au jeu de la Star academy médiatique), c'est par un email dans ma boîte aux lettres que j'apprends que le sénateur et ses amis quittent le parti socialiste... Choix difficile, choix courageux, même si beaucoup d'arguments peuvent conduire à le juger logique. Mélenchon et ses amis, c'est-à-dire une groupe de gens criticables à maints égards mais assez sérieux, qui essaient de penser la notion de "gauche" sur le long terme, sans se laisser emballer par les modes médiatiques. Des "dinosaures" aux yeux de ceux qui croient devoir voler dans le vent libéral (ou social-libéral).

Sans eux, le parti socialiste est bien parti pour devenir une machine idéologiquement inconsistante, une boîte à fric, comme le parti démocrate étatsunien.

Qu'est-ce que les mélenchonistes vont construire ? Et avec qui ? Car, par delà le courage, reste le problème de la stratégie. Il y a un risque que Mélenchon et ses amis finissent marginalisés comme tous ceux qui tentèrent de construire des partis et mouvements hors des partis de la gauche classiques : Juquin après son départ du PC, Chevènement avec son MDC. Quel horizon peut bien s'offrir à Mélenchon ?

Je ne vois pas d'espace politique se dessiner pour lui. Le PC ne se sabordera pas - sauf s'il trouve une garantie de garder ses maires et ses députés, mais comment donc dans un système majoritaire ? Supposons même, par hypothèse, qu'il le fasse (après une scission avec son aile gauche qui tient à le préserver) pour se fondre dans un Die Linke (éventellement même en gardant une sorte d'identité propre comme dans Izquierda Unida en Espagne), il représentera les effectifs militants les plus nombreux - même à supposer que les 20 % de l'aile gauche du PS le rejoignent. Cela pourrait donc n'être qu'un PCbis. A supposer que communistes et socialistes s'y équilibrent, en quoi ce noyau dur peut-il présenter une force attractive face à la surenchère du NPA de Besancenot ? Mélenchon semble miser sur la crise financière pour lui donner des ailes. Mais elle peut aussi profiter avant tout au NPA, c'est à dire à une impasse totale sur le plan politique.

Ainsi, au mieux, si le "Die Linke" de Mélenchon voit le jour, la vie politique sera éclatée entre 5 familles politiques de poids : de droite à gauche le FN, l'UMP et son allié Nouveau centre, le parti social-libéral (PS) et son allié Modem avec ou sans les Verts, le nouveau Die Linke, et le NPA. Mélenchon faisant le constat que plus personne ne l'écoutait au sein du PS se dit peut être qu'en pesant 15 % dans l'électorat avec son propre parti il peut condamner le PS à faire alliance avec lui (et donc à négocier) surtout si le Modem s'effondre. Mais un autre risque pour lui serait que ce soit le PS qui s'effondre au profit du Modem, ce qui vouerait la vie politique française à s'organiser autour d'une alternance Modem/UMP dans laquelle Die Linke ne servirait à rien, même avec 15 %.

L'avenir de ces configurations dépendra évidemment de l'évolution sociologique en profondeur du pays. Notamment des effectifs et de l'état d'esprit de sa fonction publique qui fournit les gros bataillons des syndicats, des associations et des partis de gauche. Elle fut depuis 15 ans le rempart face au néo-libéralisme, mais sa précarisation progressive pourrait aussi entraîner sa "modémisation" sur le plan politique.

Dans tous les cas la partie qui se joue dans la gauche française est une partie bien difficile.

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Napoléon, les esclaves noirs... et les serfs russes

5 Novembre 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Divers histoire

Je voudrais citer aujourd'hui deux textes, de deux époques différentes, qui en disent autant sur l'histoire de notre continent que sur le monde actuel.

Le premier est extrait de La démence coloniale sous Napoléon d'Yves Benot (Paris, La Découverte Poche, 2006, p. 7-9) - un livre que je vous recommande :

""Le brutal retour au système d'avant 1789 imposé par le premier consul (Napoléon), la réapparition officielle de l'esclavage et de la traite ne soulignent-ils pas, par contrecoup, que des avancées avaient été accomplies par la Convention (...) La politique impériale - et impérialiste - s'apparente dans ce court espace de temps à une sorte de démence, dans la mesure même où on ne peut qu'être frappé par l'incapacité permanente à mesurer le rapport des forces, sur mer comme sur terre, à mesurer les obstacles et les résistances prévisibles des peuples".

Le second est extrait des Mémoires du dirigeant communiste Jacques Duclos (tome 1, 1896-1934, "Le chemin que j'ai choisi", Paris, Fayard, 1969 p. 266) où il raconte une réunion en Corse en 1927 :

"Mes auditeurs étaient visiblement d'accord avec moi lorsque je rappelai que dans les Cours d'Europe on traitait Napoléon "d'Empereur républicain" . Mais cet "Empereur républicain" prisonnier d'intérêts de classe en était arrivé à se méfier davantage du peuple que des monarques représentant la vieille Europe féodale.
Cela explique pourquoi Napoléon se garda bien de proclamer l'affranchissement des serfs lors de la campagne de Russie, ce qui pourtant aurait servi ses objectifs militaires"


Un des arguments du livre de Benot est que, si Napoléon avait aboli définitivement l'esclavage dans ses colonies plutôt que de le restaurer, il aurait suscité une insurrection des Noirs dans les colonies anglaises et provoqué ainsi l'affaiblissement maritime durable du pays qui lui imposait le blocus.

L'argument de Duclos est que, en libérant les serfs, Napoléon aurait pu gagner la campagne de Russie.

Ces remarques me paraissent tout-à-fait judicieuses. Ce qui m'étonne c'est qu'aujourd'hui on entende surtout l'argument de Benot, et non celui de Duclos. Je veux dire que le travail mémoriel sur le colonialisme a très justement fait connaître récemment aux Français l'histoire de l'esclavage, mais le servage en Europe de l'Est, sa place dans l'économie mondiale jusqu'au 19 ème siècle (car elle en avait une, ce n'était pas un phénomène purement local), le rôle de la révolution française, et de Bonaparte à son égard demeurent pour leur part un point aveugle de notre conscience collective - alors que la révolution russe de 1917 avait contribué à les rendre plus présents dans l'opinion publique des années 1920.

C'est peut-être à cause de cette amnésie que nous peinons à établir un rapport entre les aspirations patriotiques des Russes (ou des Biélorusses) et les revendications anti-impérialistes du Tiers-Monde. Et c'est peut-être pour cela aussi que certaines associations sensibles à la cause du tiers-monde, à Paris notamment, ont refusé la démarche de l'Atlas alternatif qui faisait le lien entre Europe de l'Est et pays du Sud.  Je ne sais si la visite de Kadhafi chez Loukachenko cette semaine peut les aider à réfléchir à cela...

FD
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Le Sud-Ouest dans le regard de l'Autre

4 Novembre 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Béarn

Comme je l'indique souvent, je suis né dans le Sud-Ouest de la France, une région au statut culturel assez incertain dans l'ensemble français, et d'autant plus incertain qu'elle est systématiquement dissuadée de se penser elle-même en dehors de clichés absurdes. C'est un sujet que je n'ai thématisé pour l'heure que dans des écrits privés (j'y fais seulement publiquement allusion dans ma contribution au Cahier de l'Herne sur Chomsky dans ma comparaison entre Bourdieu, qui était aussi issu de ce terroir, et le linguiste américain, mais sans m'étendre). Il y faudrait un livre entier.

Je soumets au lecteur que cela intéresse le regard d'une lectrice "venue d'ailleurs" (mais qui y vit) sur cette région. Elle m'a adressé ce texte cet après-midi et je vous le livre tel quel, sans commentaire... à méditer...

FD
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"Voici schématisé un des  arguments qui, me font affirmer l'existence de nombreuses similitudes  entre les cultures : Espagnole, du Sud-Ouest, Arabe : la place, le rôle de la femme dans la cellule familiale mais surtout  dans la perception et, dans ce qui est attendu d'elle par les membres extérieurs de la communauté :

Il est sommé de se soumettre, ou plutôt d'illusinoner sur : sa  soumission à l'autorité du pater-familias - face aux regards exterieurs  et, dans la réalité des faits, c'est elle qui, détient le pouvoir au  sein de la famille, c'est bien le pére qui, lui juré allegance...

De cette état de fait, découle -dans la grande majorité des cas observés  - des comportements, pathogènes :

L'obsession du phallus - et ses dérapages conduisent à privilégier -  dans la cellule familiale le fils au détriment de la fille et, ce  injustice est perpétrer par la mère, Démission du père - absence psychique voire physique (fuite dans le  travail etc) du père - le fils se trouve "livré à la mère" d'où -pour  faire court ici, le culte du rugby-sport violent, physique et  destructurant etc il est étonnant de constater le nombre de femmes fans  de ce sport de brutes -

Ici, existe une forte communauté de "pieds-noirs", cette communauté,  dans ses comportements, sa construction de "réseau", avec bakchich et  cie, les femmes qui, vont jusqu'à se teindre les cheveux en rouge -  trés proche de la couleur du henné, les mots utilisés, la gestuelle  organisée pour entrer en contact avec L'Autre etc... sont autant de  similitudes avec les indigènes qui, ont dominés pendant des siècles tout  en les méprisant et, en organisant leur exlusion... Ce qui, s'explique :  dans le refus ou l'impossibilité d'assumer "cette ressemblance" avec justement des hommes et des femmes qu'ils se sont éreintés à chosifier...

Ne grimpez pas sur l'arbre de la modération - oui, je sais cela vous  semble caricatural et n'en disconviens pas - Mais expliquer des  phénomènes psychologiques et ce, même si c'est mon domaine de compétence  - cela reste compliqué - les plus comme Reich, Jung, Fromm etc, l'ont  dit et réputé.. Fromm : affirmait que, 30 longues années n'ont lui ont  pas suffit pour expliquer ses travaux- Fromm, l'a mieux exprimé que, moi...Mais, bon - pour être plus précise  il faudrait que je sorte son livre de la bibliothèque et, vous recopie,  sa phrase exacte..Aucun intérêt !

Pour terminer, j'ajoute : le culte de la force, de la puissance  musculaire, le cynisme, la violence etc.. - au détriment des neurones  -le culte de la domination/Force/Mépris des qualités telles courtoisie,  gentillesse....
- aboutissent forcément sur une société, une culture  fascisante..

Raciste, parce présupposant le diktat suivant : Pour être reconnu et  respecté par les femmes de cette région il est indispensable de remplir,  certains des critères suivants :

Les hommes doivent mesurer, pas moins de 1m80 - d'ailleurs les femmes, ici n'ont d'yeux que pour ces grands dadais - Ils ont pour obligation d'être "fort" - sinon mépris- car ne doit régner  que, la loi du cynisme, de la domination, du mépris de la pauvreté, de  la faiblesse, les rêveur, les artistes, les créatives, les sensibles  sont immédiatement rejetés.

Ces cultures ou sociétés fonctionnent beaucoup voire que, sur  "l'avoir", "j'exhibe" ce que je possède : voiture, vêtement, force,  réseau - le sport régional, est de "faire les poches des non-natifs de  la régions et avec le sourire - dans le but de "gagner plus tout en  travaillant moins" etc.- la loi du plus fort ! Du plus puissant ! Du  plus en vu !
l'être- l'esprit- l'intellect sont sacrifiés, disqualifiés -

Sont, de fait méprisés les nombreux métiers manuels etc...

Je ne sais, si j'ai réussi à bien synthétiser ma pensée...Mais, ce  sont ces valeurs qui, dominent dans ces sociétés et, c'est à ce niveau  que, je situe les similitudes...
 
Pour éviter, à ma fille "une possible contamination de l'hypocrisie  ambiante, la pauvreté intellectuelle et surtout affective qui, règnent, ici : elle voyage, souvent à l'étranger : l'Allemagne- grande  culture, Irlande, l'Espagne et, apprend les langues et cultures de ses  pays; L'année prochaine elle s'attellera au Russe et au Chinois."
 
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Post scriptum du 13 novembre 2008 : Pour éviter certains malentendus, je préciserai juste qu'en fait l'auteur des lignes ci-dessus était  originaire du continent africain. Il ne s'agissait donc pas d'une banale caricature parisienne comme certains ont pu le croire. L'origine même de ce portrait en fait ajoute quelque chose, me semble-t-il. Mais encore une fois il faudrait vraiment un livre entier pour traiter convenablement le sujet. FD

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Gouvernement mondial

1 Novembre 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

Un mien ami me transmettait tantôt le texte suivant extrait d'un livre d'Hubert Védrine :

""Paradoxalement, du moins en apparence, certains militants altermondialistes et certains partisans de la "gouvernance" se rejoignent lorsqu'ils vont jusqu'à caresser l'idée d'un gouvernement mondial. On ne peut que s'étonner qu'un concept qui recèle un potentiel totalitaire aussi évident puisse séduire qui que ce soit dans les rangs de la gauche précisément antitotalitaire! Quel gouvernement mondial, pour faire quoi, désigné par qui, composé de qui, contrôlé par qui? Et s'il devenait répressif , sur quelle Lune se réfugieraient ses opposants? Ces questions ne sont pas posées. A moins qu'il ne s'agisse, synarchie réinventée, du secrétariat général de l'ONU et des directeurs généraux de  l'OMC et du FMI? Ou de ce G8 dans lequel les altermondialistes, cherchant un lieu où se rassembler pour manifester, avaient feint de voir, dans un hommage aussi paradoxal qu'erroné, les directoire du monde?" ("Continuer l'Histoire", Fayard, 2007)

Dans l'échange de mail qui s'en est suivi j'ai formulé la remarque suivante :

Védrine a raison de souligner les dangers d'un gouvernement mondial.
 
En même temps, on voit mal comment l'espèce humaine y échappera à terme (la technologie a beaucoup uniformisé et rapproché les êtres), sauf si l'épuisement du pétrole nous fait "revenir en arrière" sur le plan des mentalités (et des rapports internationaux)
 
Les humains, à mesure qu'ils prennent conscience de leurs ressemblances, et des dangers communs qui les guêtent, peuvent être de plus en plus tentés d'abolir les Etats.
 
Le problème c'est qu'un gouvernement mondial aujourd'hui, s'il avait une structure de démocratie formelle (avec un "sénat" qui serait l'assemblée générale des Nations-Unies représentant les anciens Etats, et une chambre basse composée de députés élus au suffrage universel direct mondial) fonctionnerait comme l'Afrique du Sud. La chambre basse et le gouvernement officiels seraient contrôlés par les élites chinoises et les indiennes (les élites des peuples les plus nombreux, ponctuellement appuyés par les Indonésiens, et quelques autres peuples denses) comme elle est aujourd'hui,en Afrique du Sud, entre les mains des élites khosas et zouloues, tandis que le pouvoir économique serait entre les mains de la bourgeoisie euro-états-unienne comme il est dans les mains aujourd'hui de la bourgeoisie anglosaxonne et afrikaner en Afrique du Sud. Rien n'indique que cet équilibre ferait les affaires du Transnistrien ou du Peul moyen, ni de l'intérêt général humain...

Je livre ces considérations spontanées et sans prétention à votre réflexion, et au débat sur l'avenir de notre espèce...

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