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Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #la droite tag

L'honneur assassiné de Léontine de Villeneuve

21 Août 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #XIXe siècle - Auteurs et personnalités, #Divers histoire, #Les rapports hommes-femmes, #La droite, #Cinéma

Dans le livre qu'il a écrit contre Deleuze "Apocalypse du désir" mais que je ne vous recommande pas car je le trouve un peu trop labyrinthique, Boutang voit dans le cavalier blanc du chapitre 6 de l'Apocalypse de Jean la figure du désir immédiatement adhérant à l'instant et sans but, désir pur et enfantin, à la différence du désir de guerre, du désir de mathématisation des rapports humains et du désir de néant qu'incarnent les trois autres cavaliers.

Châteaubriand éprouve à l'égard de cette forme de "désir pur" la même méfiance que Boutang. Il dit l'avoir vécu à 60 ans en 1829, dans sa vieillesse, sur le chemin de Cauterets (en Bigorre) et le compare au "repos inopiné" de Palinure dans l'Enéide qui s'était mal fini.

Il allait rencontrer dans la station thermale une de ses admiratrices de 26 ans, Léontine de Villeneuve, qui le lisait depuis deux lustres et entretenait une tendre correspondance avec lui depuis deux ans. Hélas pour le grand écrivain (que je soupçonne d'être un peu mythomane comme comme Malraux), celui-ci n'hésita pas à la diffamer dans ses Mémoires d'Outre-tombe en faisant croire qu'elle l'avait forcé à la raccompagner chez elle dans ses bras alors qu'elle n'avait que 16 ans (sic). Boutang dit que la plénitude de l'instant précède souvent un meurtre. Là c'est l'honneur de Mlle de Villeneuve (devenue ensuite comtesse de Castelbajac) que Châteaubriand tua.

La petite fille de Léontine a publié plus tard en 1925 ses lettres sous le titre Le roman de l'Occitanienne et de Chateaubriand, et tenté de rétablir la vérité.

"Il a fallu l'étrange passage des Mémoires de M. de Chateaubriand pour troubler mes souvenirs, écrivait à plus de 40 ans Léontine après être tombée sur cet extrait des mémoires dans  un journal. En présence de ce vrai et de ce faux.ainsi mêlés, et je puis ajouter ainsi travestis, l'effroi m'a saisie (*). Je me suis demandé si je me trouvais réellement vis-à-vis de moi-même dans cette personne dont je ne reconnaissais pourtant ni les sentiments, ni les actions. Mais ma fierté a pu se relever lorsque j'ai traduit chaque ligne de cette page au tribunal de l'exacte vérité. "

Elle expliquait plus loin que la différence d'âge (puisqu'il pouvait être "deux fois son père") l'avait poussée à vivre à Cauterets en toute innocence son amitié avec le grand homme et lui faire lire sa poésie, elle qui ne voulait vivre que de cet imaginaire là, et pour cette raison n'était toujours pas mariée. Chateaubriand qui apprit à ce moment-là qu'il était évincé du pouvoir, fit miroiter à Léontine la perspective qu'elle pourrait intégrer à titre permanent le cercle d'amis qu'il comptait fonder à Rome. Après avoir refusé cela parce qu'elle devait tout de même à son père de se marier, Léontine, le lendemain même, propose quand même d'aller attendre l'écrivain à Rome tandis qu'il irait règler des questions politiques à Paris. L'attendre, mais en tout bien tout honneur, pour intégrer ce groupe d'amis qu'il voulait réunir. Car, elle le dit dans son texte, elle est légitimiste, et politiquement plus à droite que Châteaubriand (trop libéral à son goût). Et dans ce milieu là on ne badine pas avec l'honneur !

"Vous me retrouverez entre les murs d'un couvent, sous la sauvegarde de la protection religieuse. Là, ma réputation sera mise à l'abri... Je ne parle pas de mon honneur : personne n'aura jamais le pouvoir d'y porter atteinte. Vous pourrez venir me voir tous les jours dans cet asile où nous nous donnerons hautement le nom d'amis, même en présence de Mme de Chateaubriand. Et, plus tard, lorsque les années seront venues pour moi comme pour vous, pourquoi ne deviendrais-je pas une nièce d'adoption qui se consacrerait à soigner et à consoler votre vieillesse?" lui aurait-elle dit... Et Chateaubriand refusa ce beau projet sacrificiel puis quitta Cauterets. Ils allaient s'écrire plusieurs fois encore (alors que dans ses Mémoires Chauteaubriand fait comme s'il connaissait à peine la jeune sylphide). Ils se revirent même en 1838 à Cauterets, puis rue du Bac à Paris juste avant la mort de l'auteur du Génie du christianisme. La correspondance publiée montre bien que la version de Léontine était la bonne.

Notre époque qui aime ajouter le crime au crime, le mensonge au mensonge, en 2008, sortit le film "L'Occitanienne",  dans lequel Châteaubriand et Léontine s'enlacent et se caressent longuement au milieu d'images suggestives du flot rageur du gave qui roule ses galers (j'aurais encore préféré une version avec Rocco Siffreddi et Clara Morgane...). Tant pis pour ce qu'était réellement Léontine de Villeneuve, son idéalisme littéraire, et sa vertu royaliste rigide. L'important n'est pas de rendre justice aux gens du passé, à ce qu'ils ont vécu ni ce en quoi ils ont cru. Léontine n'est plus ici qu'une jeune fille de notre époque qui aurait abusé d'une correspondance sur Facebook, et, arrivée dans la chambre de l'écrivain auquel elle était prête à se donner et même à qui elle voulait donner un enfant (ce qui, suivant les critères du XIXe siècle, est le comportement d'une catin...) réaliserait que tout est plus compliqué qu'elle ne l'avait initialement pensé. Notre époque n'aime pas rendre justice aux êtres, ni au passé... seulement idolâtrer ses propres valeurs, sa propre médiocrité...

Le réalisateur du film a le culot d'écrire en postface du film dans le générique que Léontine fut profondément blessée de "l'entrefilet" que Châteaubriand lui consacra dans ses mémoires ! (comme si lui, l'homme de notre époque, prétendait lui rendre justice et réparer l'offense faite à la jeune femme de 1829 en lui versant à son tour un pot de chambre sur la tête). Mais qu'eût elle dit du film alors ! Léontine n'avait pas été blessée du peu de place que l'écrivain lui accordait dans son livre mais du fait qu'il ait laissé entendre qu'elle voulait coucher avec lui, comme une fée des forêts un peu follette, alors que, comme ils étaient membres de la bonne société aristocratique tous les deux, et ayant de nombreux amis en commun (elle y insiste pour éclairer l'arrière-plan de leur rencontre), elle avait placé leur complicité littéraire à un tout autre niveau... Est-ce si dur à comprendre de nos jours ?

(NB : je n'ai pas le temps de développer ce point, mais il faut bien voir que notre temps aveuglé par sa fascination pour le désir charnel, et soucieux de rendre justice aux femmes - mais pas à la femme idéaliste, seulement à la femme sexuellement disponible, et mécontente de n'avoir pas assez de pages dédiée à son égo dans les mémoires d'un écrivain - non seulement ne comprend rien à l'honneur aristocratique et la vertu chrétienne qui le soutenait - à la différence de l'aristocrate romaine païenne antique qui selon Paul Veyne se donnait au noble le plus offrant dans un adultère sans état d'âme -, mais encore ne comprend rien à toute la beauté dont l'art littéraire se parait au début du XIXe siècle, beauté que Châteaubriand ne croyait pas ternir en se vantant d'avoir séduit une sylphide, mais qu'une aristocrate encore vierge aurait bien sûr anéantie en vautrant sa délicate poésie dans une sombre coucherie prénuptiale avec l'idole de son tabernacle épistolaire).

(*) c'est moi qui souligne

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A droite toute...

12 Septembre 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche, #La droite

A droite toute...

Après avoir dit que la sortie de l'euro était une option "maréchaliste", M. Mélenchon twitte aujourd'hui que le "plan B" c'est "toutes les options pour sortir de la domination allemande, y compris la sortie de l'euro" - c'est à dire aussi bien le fédéralisme de l'Europe sociale que la sortie de l'euro. Allez comprendre...

M. Attali appelle à faire "comme le patronat belge", et soutenir l'accueil maximal d'immigrés : c'est à dire piller les "ressources humaines" des pays pauvres, les surexploiter en Europe, baisser les salaires de la population "de souche" et détruire nos Etats pour le plus grand profit des banques.

En attendant, impossible de voir clair sur la situation des réfugiés. Qui sont-ils ? Mme Le Pen affirme que ce sont en majorité des hommes, et des migrants économiques. La presse de centre gauche prétend qu'elle ment, mais comme la presse de centre-gauche s'est spécialisée dans le mensonge depuis 15 ans, on ne sait plus qui croire. La jeune syrienne qui à Belgrade (voir vidéo plus bas) disait que les réfugiés de son pays avec l'argent des passeurs pourraient s'offrir une maison en zone sûre le long de l'axe Damas-Alep a-t-elle raison ?

Si nous renonçons à nos frontières cet été pour 300 000 migrants, n'aurons-nous pas un million de réfugiés vrais ou faux supplémentaires dans 3 mois, d'autres pays, qui auront compris comment prendre d'assaut une gare ou un poste de police ?

La Hongrie habituée à être à la charnière des invasions dans l'histoire, commence vraiment à s'affoler. Elle n'a pas tort. M. Sarkozy appelle à remettre en cause Schengen, redresser les frontières et recréer des camps d'accueil dans les pays périphériques de l'Europe, sur le modèle de ceux de M. Kadhafi qu'il a fait renverser...

La Pravda en anglais, journal communiste russe, se réjouit de la victoire prochaine de la droite dure en France (Sarkozy ou Le Pen) qui selon elle va casser l'axe atlantiste. Les communistes russes n'attendent plus rien de la gauche de la gauche française. Il est vrai que pour croire en celle-ci il faut vraiment avoir la foi du charbonnier.

Le retour de Sarkozy a de quoi inquiéter. Je ne lui ai trouvé d'appréciable pendant son mandat que son attitude modérée à l'égard de la Russie. Mais il est clair que l'atlantiste Juppé ne ferait que poursuivre la politique de Hollande dans l'alignement sur Washington (et le Washington belliqueux de H. Clinton, pas celui d'Obama) et l'affaiblissement de l'Etat en France.

J'ai voté Mélenchon au premier tour de 2012 et me suis abstenu au second tour. Je crois que si en 2017 le choix est entre Sarko, Le Pen, Hollande, Mélenchon (qui a fort mal évolué) et Juppé, je m'abstiendrai dès le premier tour.

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Fonte

24 Mars 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La droite

SAM 2467-001Un vieux monsieur dans un bistrot disait hier : "Dix-neuf tonnes de fonte volées au château de Versailles, les canalisatons des fontaines, c'était dans le Parisien,  la presse nationale n'en a pas dit un mot, un réseau de cambrioleurs roms a été démantelé le mois dernier en Moselle. Il est soupçonné d’avoir volé environ 15 tonnes en Lorraine. L'histoire de Versailles au moins aurait dû faire la 'une' du journal TV. Ce n'est pas le cas. Preuve que le journal TV sur toutes les grandes chaînes est de gauche".

 

La gauche trouve la TV de droite, la droite trouve la TV de gauche.

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Le sarkozysme selon Camille Pascal

24 Avril 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La droite

sarko.jpgDans mon milieu professionnel de juriste, un de mes chefs à lancé dans un repas il y a quinze jours : "Lisez 'Scènes de la vie quotidienne' à l'Elysée de Camille Pascal, c'est très marrant, et c'est très bien écrit, comme deu Saint-Simon moderne". Par souci de changer mes lectures habituelles, j'ai acheté le livre.

A la différence de mon interlocuteur, je n'ai pas été fan du côté "chronique d'un monde de courtisans", ni de ces tableaux de la vie des conseillers du pouvoir que, personnellement, je préfère lire en BD dans Quai d'Orsay (peut-être d'aileurs cette BD a-t-elle définitivement disqualifié la littérature comme outil de témoignage dans ce domaine allez savoir). 

J'ai préféré trouver chez Camille Pascal (ancien prof à l'EHESS qui était une des plumes de Sarko dans le domaine culturel) la vision du sarkozysme que pouvaient avoir les rares intellectuels comme lui et Patrick Buisson placés au coeur de la machine élyséenne. Pas le sarkozysme comme moment de l'exercice du pouvoir présidentiel, mais le sarkozysme comme vision de la France. J'ai combattu la philosophie du président de l'époque dans ce qu'elle avait d'hystériquement néo-libéral, de foncièrement populiste en tant que refus absolu des corps intermédiaires (et de la justice). Et je l'ai dénoncée, qui plus est, comme une trahison du gaullisme et de l'intérêt national avec la réintégration humiliante de la France dans l'OTAN (juste après notre flamboyante opposition à la guerre d'Irak), l'envoi de troupes dans les zones de combat en Afghanistan, et une réhabilitation ubuesque du néocolonialisme (en Guinée, au Burkina, en Cote d'Ivoire, en Iran, en Libye, et en Syrie, juste après le soutien ridicule de Sarko à Ben Ali et Kadhafi) au mépris des règles fixées par l'ONU (notamment la résolution sur la "no-fly zone" en Libye).

Certes sur le volet politique étrangère j'ai aussi su reconnaître quelques timides signes de non alignement dans le rapprochement (en pointillé) avec Poutine, avec Chavez, ou dans son vote de dernière minute à l'UNESCO pour la reconnaissance de la Palestine mais je n'aurais jamais cru quun type comme Camille Pascal pourrait ensuite écrire un livre exposant le sarkozysme comme une authentique expérience gaulliste !

Au fond le gaullisme, ils le trouvent surtout dans la vaine ostentation de l'expérience libyenne (on sait en vérité ce qu'il faut en penser) et plus profondément, dans le "courage" qu'aurait eu Sarkozy de renouver avec les racines chrétiennes de la France en inversant l'idéologie post-soixante-huitarde. La France ne pouvant être sauvée, selon Pascal, comme selon Buisson, qu'en assumant l'héritage catholique que ces auteurs connaissent sur le bout des doigts. Moi cela ne me gène pas qu'il existe une droite catholique, une droite qui ne veut pas faire d'aggiornamento, qui veut lire Bossuet et qui connaît son catéchisme. Moi je ne laisse pas "les morts enterrer les morts" comme dit l'évangile, et je ne décris pas le christianisme comme un simple égarement de l'humanité. Mais que ces proches de Sarko aient cru que, simplement parce qu'ils rappelleraient à la République sa dette culturelle à l'égard de l'Eglise, ils "sauvaient" la France et participaient à son redressement, cela me dépasse complètement. J'ai de ce point de vue préféré Villepin qui plaçait le redressement dans les actes, c'est à dire dans l'opposition à l'hégémonisme atlantiste, davantage que dans les références culturelles. C'était peut-être nietzschéen, mais cela parlait plus au monde. C'était une autre France qui était portée là.

Moi-même j'ai été parolier de politiciens à Brosseville, je sais combien on peut s'enfermer dans les mots qu'on leur fait prononcer et quel fossé ensuite sépare ces mots de ce qu'est leur politique réelle. Pascal est un type qui s'enferme doublement, dans son rôle d'auteur de discours, et dans son rôle d'intellectuel abstrait qui croit poursuivre à l'Elysée ce qu'il faisait à l'EHESS : apprendre à la France son histoire. En pensant transformer Sarko en prof d'histoire il croyait servir le pays et faire du "gaullisme" alors qu'il n'offrait qu'un cache-sexe dérisoire au lâche alignements sur la politique des plus forts et des plus riches. Sa "scholastic view" est une erreur répandue dont bien d'autres aussi, au service d'autres souverains, devront à l'avenir se méfier dans leur propre pratique.

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Les "postures bourgeoises et atlantistes version guerre froide" de M. Hollande

13 Août 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La droite

p1000121.jpgC'est l'ancien Premier ministre M. Fillon qui le dit aujourd'hui dans  Le Parisien à propos de la politique de M. Hollande en Syrie :

 

"«Que notre président normal comprenne qu'il n'y a rien de normal dans le monde dont il est désormais l'un des principaux responsables. Qu'il prenne des risques, qu'il abandonne ses postures bourgeoises et atlantistes version guerre froide», insiste-t-il. Au passage, l'ancien Premier ministre se démarque de Nicolas Sarkozy, qui a récemment fait un rapprochement entre la situation en Syrie et celle en Libye avant la chute de Kadhafi, semblant privilégier une intervention étrangère. «J'ai toujours pensé qu'une telle intervention militaire serait une très grave erreur stratégique», écrit  François Fillon qui craint «un nouvel Irak»."

 

Fillon chasserait-il sur les terres de Villepin désormais ?

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Quelques vidéos : Woerth-Bettencourt, Minc-Mathieu

18 Octobre 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La droite

Woerth-Bettencourt, une petite vidéo qui fait rire jaune. Minc-Mathieu c'est carrément glauque : surtout la façon dont Minc interrompt Mathieu (qui ne lui avait pas coupé la parole) et cherche à le prendre de haut jusqu'au bout. Bourdieu toujours d'actualité sur ce coup là. Heureusement le syndicaliste a du répondant.

 

Je ne sais pas pourquoi ça me fait penser au film "Hors la loi" que j'ai vu récemment et qui a beaucoup de qualités mais un défaut : il place sur un pied d'égalité la violence de la police française en 1960 et celle du FLN. Or il y avait une hiérarchie du mépris entre la France et les Algériens de l'époque, qui condamnait les dominés à la violence. Les dominants eux, avaient d'autant moins le droit d'entrer dans la spirale - par le biais de paramilitaires - que leur police était justement censée être gardienne de la loi... Tenir la balance égale entre le FLN et la police française est aussi peu correct que le "ni ni" appliqué à la Palestine et à tant d'autres situations d'injustice dans le monde...

 

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Vous avez dit démocratie parlementaire ?

15 Septembre 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La droite

Aujourd'hui le président de l'assemblée nationale décide de ne plus appliquer le règlement intérieur de son assemblée, et de faire comme bon lui semble, au nom d'un "principe constitutionnel" sorti de son chapeau. M. Accoyer se prend pour le conseil constitutionnel. Je propose donc aussi que le président de la République, le gouvernement, les autorités administratives et les élus locaux cessent, de la même façon, d'appliquer les lois et règlements au nom de leur interprétation des principes constitutionnels qui régissent notre République. De même les citoyens ordinaires : cessez d'appliquer la loi, et référez vous à votre propre interprétation des droits de l'homme !

 

Décidément on aura tout vu !

 

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Grève et manif

24 Juin 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La droite

Bien sûr il faut faire grève aujourd'hui, et manifester (le gouvernement a dit qu'il ne se sentirait inquiété que si 2 millions de gens descendaient dans les rues), et dénoncer la malhonnêteté de nos gouvernants (épluchez les dernières affaires parues ces dernières semaines dans la presse, et qui, comme par hasard, touchent les plus libéraux de nos ministres). Il faut dénoncer cette réforme des retraite envisagée seulement pour rassurer les marchés financiers, et, ainsi, combattre à travers elle la dictature des banques et des traders sur nos sociétés.

 

Journaux-3-2.jpg

Je suis juste étonné de voir qu'après avoir expliqué à tout le monde combien cette réforme des retraites était inéluctable (refrain connu, seriné à propos de chaque réforme néo-libérale depuis 30 ans) la grande presse en viendrait presque à appeler les gens à manifester (voir par exemple les gros titres de lemonde.fr ce matin, qui fait comme s'il allait de soi qu'il y aura beaucoup de monde dans la rue aujourd'hui). Il est rare que des grands journaux cautionnent des manifs. J'ai vu cela en 2003 pour les manifs anti-guerre en Irak soutenues par Chirac, en 2006 avec les manifs anti-CPE (quand la presse jouait contre Villepin avec les applaudissements de Sarkozy), et aujourd'hui. Pourquoi ? est-ce juste par anti-sarkozysme primaire ? Quand je vois Le Point faire sa "une" sur une photo du président de la République avec pour sous-titre "Est-il nul ?" je me dis que les journalistes et lecteurs du Parti de la Presse et de l'Argent (comme disaient nos amis) se cherchent en effet un nouveau fondé de pouvoir pour garantir leurs placements en actions (qui dans le rôle du prochain fondé de pouvoir ? Villepin ? Strauss-Kahn ? Aubry ? qui sera leur Obama français ?).

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L'extrême centre

2 Mai 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La droite

Longtemps j'ai cru que la nouvelle orientation du Modem n'était qu'un rideau de fumée, comme le décrit Marianne2 cette semaine. En même temps l'aspiration à une "radicalité centriste", l' "extrême-centre", malgré sa légèreté idéologique, promue depuis 30 ans par Jean-Fançois Kahn, a parfois donné de bons résultats : elle nous a soustraits à la dictature belliciste en 1999 par exemple. Je n'ai jamais voulu caricaturer les phénomènes politiques, de l'extrême-gauche à l'extrême-droite, ni les concevoir trop facilement comme de vulgaires pièges, car ce serait prendre les gens qui s'y engouffrent pour des abrutis. Je m'interdis ce genre de mépris facile. Quand une catégorie de gens révoltés choisissent une option, on peut espérer qu'ils ne feront pas qu'épuiser leur énergie dans ladite option mais aussi parviendront à l'infléchir dans le sens du projet social qu'ils veulent mettre en oeuvre. Voilà pourquoi en ce moment les anti-systèmes du Modem (ceux qui le sont sincèrement) m'intriguent. Je m'intéresse à ce qu'ils pourront éventuellement faire de leur mouvement.
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La caravane gaulliste

24 Mars 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La droite

M. Dupont-Aignan lance une caravane gaulliste à travers le pays. En lisant cette nouvelle j'ai pensé à Caton d'Utique : un homme jeune qui arrive dans les années 60 av JC comme une bénédiction pour une aristocratie romaine conservatrice qui ne croyait plus elle-même en ses propres valeurs.

Sauf que Caton avait un talent, un charisme, que n'a pas Dupont-Aignan. Mais le profil de jeunesse dans la maison de retraite des vieux gaullistes que présente ce dernier fait un peu cet effet-là. Je doute donc qu'il puisse contrecarrer la sarkozysation de la droite. Car que représente le gaullisme pour les jeunes générations ? Certains en défendent tel ou tel aspect (même Bayrou a tenté de capter une part de l'héritage récemment). Mais pour ce qui est du message dans son ensemble, personne n'en peut rien faire. Le gaullisme sans de Gaulle était déjà bien peu de chose (comme le bonapartisme sans Napoléon), le gaullisme sans les barons du gaullisme n'est plus rien du tout.

Il y a peu j'ai eu une conversation avec Edgar du blog la Lettre volée, qui, en ces temps d'intégration du commandement de l'OTAN, en serait presque à troquer son mendésisme pour le gaullisme. Lui aussi présente peut-être un aspect "catonien". J'ai remarqué notamment combien il voulait croire en un gaullisme émancipateur des peuples, ce que la doctrine du général n'a jamais été. Elle était encore impériale et coloniale à l'époque de la guerre du Biafra, et, à l'intérieur des frontières, le mythe du héros salvateur n'a jamais émancipé personne.

Voilà donc où en sont mes considérations devant l'initiative de M. Aignan. Mais peut-être les militants de DLR démentiront-ils mon sombre pronostic sur l'avenir de leurs croyances.
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Choc des civilisations : l'UMP s'allie au laïcisme turc

16 Décembre 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La droite

Je vous conseille la lecture de http://www.tlaxcala.es/pp.asp?lg=fr&reference=6586, à propos de la proposition de loi 1080 « visant à interdire le port de signes ou de vêtements manifestant ostensiblement une appartenance religieuse, politique ou philosophique à toute personne investie de l'autorité publique, chargée d'une mission de service public ou y participant concurremment » du groupe de 65 députés (dont 63 UMP ). Un sujet compliqué sur lequel j'ai déjà dit un mot dans mon bouquin. Le regain d'intérêt de l'UMP pour la Turquie à cette occasion est intéressant à noter.
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Une émission sur de Gaulle sur France culture

12 Août 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La droite

Ce matin une émission sur De Gaulle sur France Culture (d'autant plus facile à faire que l'option gaulliste en France est morte et reléguée au registre de la nostalgie).

Ce que ces productions apologétiques nous font oublier, c'est que De Gaulle, en tant que possibilité sociologique, est un phénomène banal dans n'importe quel pays doté d'une certaine tradition étatique, et même dans ceux qui n'en ont pas. Le phénomène De Gaulle, au départ, à la racine, c'est la figure de l'officier rebelle, idéaliste, qui, au nom d'une vision patriotique différente de celle que cultive le reste de l'armée, prend une initiative personnelle.

Je le répète, le phénomène est banal, et c'est l'absence du phénomène qui est presque anormale  - on notera que le monde anglosaxon a été relativement épargné, transformant plutôt ses militaires en politiciens civils (Dwight David Eisenhower, Westley Clark) à cause de sans doute du fait qu eces pays n'ont jamais été véritablement vaincus ni humiliés sur leur propre territoire.

Les pays arabes, les Japonais, les latino-américains ont eu des De Gaulle. En 1941 quand la Serbie attaquée par les Allemands fut prête à signer l'Armistice, un groupe d'officier a pris le pouvoir à Belgrade pour l'en empêcher. Ces gens étaient des De Gaulle. J'ai même appris que la République espagnole, humiliée par les fascistes et les libéraux occidentaux, a eu son propre De Gaulle, le général José Riquelme, gouverneur de la place de Barcelone en 1939, qu, en octobre 1944,i appela, sans le feu vert gouvernemental à la reconquête de l'Espagne par le Val d'Aran (un épisode vite enterré par les Occidentaux et le PC pour cause de logique des blocs).

Ces généraux sont dits "visionnaires" quand ils gagnent, et "fêlons" quand ils perdent. Mais toutes les armées en produisent. Ils sont le produit même de l'ethos militaire comme disent les sociologues. Si De Gaulle n'avait pas existé, peut-être la France en eût elle produit d'autres, en 1942, en 1944, pourvu que l'Angleterre et les Etats-Unis encouragent un peu le mouvement. De Gaulle était surtout et avant tout cela, au début, une des réalisations parmi tant d'autres de la figure de l'officier idéaliste rebelle. Le hasard a fait aussi que c'était par ailleurs un homme de culture, assez intelligent pour saisir les occasions offertes, et assez constant dans sa vision politique (sauf sur les colonies, et quelques autres sujets). Mais le 18 juin 1940 n'est pas un phénomène si exceptionnel qu'on le pense.

Plus étrange (et cela surprend les Anglosaxons) est justement la propension française à idéaliser l'événement, puis à idéaliser son auteur, comme ils l'avaient fait avec Jeanne d'Arc. Ce besoin du sauveur. La France a toujours été un pays étrange, prompt à diviniser son chef (le roi ou l'empereur) comme à le renverser au nom de l'Egalité. Voyez même le silence respectueux du peuple parisien (si révolutionnaire pourtant) au passage de la charette de Marie-Antoinette vers l'échaffaud (un silence qui embarrassa tant Robespierre). La France fut toujours ainsi : à la fois la Commune de Paris, et le Sacré Coeur expiatoire, non pas tant "deux Frances" juxtaposées que deux Frances entremêlées, plus entremêlées qu'on n'a pu le croire, au coeur même de chaque Français. Je parle bien sûr de la France historique, celle d'avant les journaux télévisés et les supermarchés, la France où les gens se parlaient encore et avaient l'impression de partager une réalité commune.

De la France d'aujourd'hui j'ai du mal à penser quoi que ce soit. Ce matin je voyais dans la vitrine d'un libraire un livre co-écrit par Ségolène Royal et Alain Touraine. Savez-vous qu'Alain Touraine fut l'homme qui soutint tous les interventionnismes dans les années 1980-90 : en 1989 il appelait à l'envoi de troupes françaises en Roumanie (mais oui !), en 1991 il approuvait la guerre américaine contre l'Irak, comme guerre pour la défense de la "société civilie" (sic - on voit quelle société civile l'interventionnisme a produit à parti de 2003 !). Mme Royal amie d'Alain Touraine, ou Nicolas Sarkozy ami de George W. Bush, choisissez votre camp !

Pour revenir à nos généraux fêlons, il semble qu'il n'y en ait plus en France, non seulement en acte, mais même en pensée ou en intention, la lettre du groupe Solon publiée contre Sarkozy et le reformatage des armées n'étant qu'un embryon de fêlonnerie qui ne mérite guère qu'on s'y attarde. Le premier militaire qui s'efforcerait de penser quelque chose contre l'état actuel de son pays serait immédiatement désavoué par son épouse, ses enfants, ses amis, ses collègues, si bien qu'il n'ose plus guère le faire, même s'il est à la retraite (les officiers à la "général Gallois" sont bien rares). Il préféra se faire historien des temps anciens. Il y a peu un général (je crois le gouverneur militaire de la place de Paris) expliquait dans Paris Match que les militaires français sont de grands sentimentaux qui ont besoin de sentir qu'on les aime. Telle est la victoire de la société (c'est-à-dire du libéralisme) sur la "Grande Muette".

FD
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Villepin chez Chavez

27 Juin 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La droite

On lit dans Aporrea aujourd'hui que Villepin est en visite privée chez Chavez au Vénézuéla. Pourquoi ?

On lit aussi qu'il n'y aurait pas eu un suicide sur le tarmac de l'aéroport israélien au moment du départ de Sarkozy, que c'était en réalité un assassinat, dixit le Service de la Sécurité Fédérale de la Fédération de Russie. Mais je doute du bien fondé de cette information.
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L'égalité, Coûteaux, la Turquie

1 Mars 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La droite

Les conservateurs de Sciences Po blâment ce qu’ils appellent la « passion égalitaire » des Français (peut-être l’expression est-elle de Tocqueville, je ne sais pas). A mon avis il ne faut pas avoir de « passion » égalitaire, car ce serait une passion déçue. Comme me le disait un ami, une jolie femme intelligente voudra toujours être au dessus du laideron idiot, un homme bien portant au dessus d’un handicapé, un riche au dessus d’un pauvre. C’est un besoin presque existentiel : celui de sauver sa peau, son confort de vie, au détriment de ceux d’autrui en essayant de se placer toujours "dans le haut du panier". C’est aussi inscrit dans l’instinct hiérarchique de tous les grands singes (lisez De Waal à ce sujet).

Il ne faut pas avoir la « passion » de l’égalité, mais il faut avoir une volonté égalitaire. C’est-à-dire vouloir rationnellement qu’il y ait le moins possible d’inégalités.  kmgd.JPG

Et au nom de cela il faut refuser notamment les inégalités entre les peuples.

Un ami me lisait hier le message de solidarité du souverainiste villiériste Paul-Marie Coûteaux adressé aux manifestants anti-sécession du Kosovo pour demain.

Le message n’est pas mal, sauf une petite fausse note :

« Chers amis, le peuple serbe est libre de son destin: mais il doit aussi être libre de choisir l'Europe qui lui convient; soit il choisit l'Europe libre, l'Europe des peuples souverains, celle qui n'a pas peur des peuples, qui s'appuie sur eux , et qui fait d'eux la première de ses forces. Soit il choisit l'Europe de Bruxelles, une fausse Europe, supranationale, quelquefois dictatoriale, soumise sur de très nombreux sujets à l'influence de Washington, qui parle anglais, ou plutôt américain, une fausse Europe de plus en plus hostile à la Russie tout en étant bienveillante vis à vis de la Turquie ! »

Certaines personnes me demandent quelles différences peuvent exister entre la gauche et la droite. Il y a dans ce « bienveillante vis-à-vis de la Turquie » une rancœur évidente à l’égard de ce pays qui ne cadre pas avec une idée qu’un homme de gauche peut se faire à ce sujet.

Pour un homme de gauche, qu’il soit souverainiste ou non, l’égalité entre les peuples prévaut, il n’y a pas des peuples « plus égaux que d’autres », et il n’y a ni croisade, ni « choc des civilisations » à organiser. La Turquie, l’Albanie, les Musulmans de Bosnie, ont autant leur place géographique et historique en Europe que les Serbes et les Ukrainiens. La Turquie a gagné sa place en Europe à partir du moment où les Européens ont perdu tout espoir raisonnable d’éradiquer sa culture des Balkans – c'est-à-dire le XVII ème siècle environ. On peut pour des raisons tactiques juger utile de tenir la Turquie ou même (si l'on et conséquent) les Pays-Bas hors de Union européenne parce qu’ils sont trop proches des Etats-Unis, mais on ne peut poser comme principe l’exclusion d’un pays quelconque et encore moins son exclusion sur une base purement religieuse, ce qui est la tendance souvent déclarée du souverainisme de droite.

Par ailleurs, la position de M. Coûteau s’appuie sans doute sur des rumeurs entendues récemment  - je crois que Paul Craig Roberts, un homme de droite lui aussi, les reprend à son compte - selon lesquelles l’indépendance du Kosovo serait un gage de Washington à la Turquie. Il semble plutôt que cette indépendance est un cadeau que Washington se fait à lui-même. En fait de « bienveillance » à l’égard de la Turquie, il y a surtout eu une promesse rompue (la promesse d’adhésion à l'UE) à l’égard d’Ankara, ce qui n’est pas tellement bienveillant… Toutes ces allusions anti-turques sont particulièrement absurdes quand on sait tout ce qu’il y a de turc dans la culture balkanique, qu’elle soit orthodoxe ou musulmane. J'ai peur que le message subliminal qu'entendront les Serbes dans cette manif parisienne demain c'est "la perte du Kosovo, c'est à cause des Turcs". Les Balkans n'ont vraiment pas besoin de cela. A quand, dans ce genre de manif, des messages de solidarité d'hommes ou d'organisations de gauche (Mélenchon ? voire le MRAP ?) pour ne pas laisser les esprits glisser sur cette pente négative ?

Mais revenons à cette affaire d’égalité. En dehors de l’utopie infantile gauchiste, deux grands courants au XX ème siècle ont voulu l’égalité rationnellement. La socialdémocratie, qui s’est aujourd’hui pratiquement effacée devant la version moderne de la charité chrétienne qu’on nomme le social-libéralisme, et le communisme bureaucratique, qui survit encore sur des îlots (Cuba, la Corée du Nord). Ces deux options méritent une analyse froide, équilibrée, loin des caricatures que les adversaires de l’égalité ont construites sur leur compte. C’est un sujet sur lequel il nous faudra revenir prochainement.

 

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Le libéralisme

14 Octobre 2007 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La droite

Pierre Zaoui, de la bande à Vacarme (une revue des beaux quartiers, mais très à gauche) dans Mouvements (http://www.mouvements.info/spip.php?article179) défend le libéralisme et considère que la gauche doit mettre ses pas dans les siens, comme d'ailleurs Marx lui-même le fit.

Il n'a pas tort. Je plaide moi même dans ce sens. Le geste libéral, en économie, en politique, en philosophie, fut d'abord un geste contestataire, et qui libérait l'humain contre les pouvoirs conservateurs. Ce qui ne signifie pas qu'il fut parfait. Il eut ses monstruosité. Karl Polanyi a en partie raison par exemple de décrire le XIX ème anglais dans les termes d'une monstruosité anthropologique digne du stalinisme (en même temps, ne le traiter que comme une monstruosité n'ext-ce point partir d'un préjugé conservateur qui idéalise les communautés rurales ?). Mais le libéralisme porta une dynamique extraordinaire. Il fut un facteur de déconstruction des vieux dogmes et des pires illusions humaines. Je pense à l'empirisme et à l'utilitarisme anglais qui furent les alliés naturels du libéralisme, et qui fécondèrent même la pensée de Kant (dont de Quincey rappelle à juste titre qu'il avait des ancêtres écossais et qu'il fut un lecteur assidu de Hume).

Il faut assumer le libéralisme, y compris dans ses dimensions les plus protestantes (Walzer avec sa Révolution des Saints nous y aide). Deleuze n'avait pas tort de mettre la Révolution américaine sur le même plan que la Révolution soviétique (je pense que Chomsky dirait la même chose, et que tous les deux s'entendraient pour y voir des révolutions qui ont en partie mal tourné).

Mais assumer l'héritage libéral, ne signifie pas s'en tenir à lui. Et c'est précisément ce que voudraient faire les conservateurs. Figer les révolutions : statufier la révolution française dans une forme périmée de la République, utiliser les pères fondateurs des Etats-Unis pour attaquer l'Iran, rester sur le discours d'Adam Smith pour légitimer les oligopoles capitalistes (je dirai bientôt un mot du dernier livre de Galbraith à ce sujet). La gauche ne doit pas attaquer le libéralisme, elle doit combattre sa rigidification conservatrice à l'oeuvre dans le néo-libéralisme, doctrine réactionnaire apparue à la fin du XIX ème siècle pour contrer le socialisme, et que l'Ecole de Chicago dans les années 1970 instrumentalisa à son tour pour liquider le keynésianisme. Ne nous trompons pas d'ennemi.
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