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Le blog de Frédéric Delorca

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Gen Paul, Montmartre et Marguerite

20 Mai 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi, #Le quotidien, #Divers histoire, #Billets divers de Delorca, #Grundlegung zur Metaphysik, #Un livre épuisé sur D. Albert, #1910 à 1935 - Auteurs et personnalités, #Association d'idées, #Lectures

Puisque beaucoup d'abonnés de ce blog annulent leur inscription ces derniers temps (sans que je sois en mesure deviner pourquoi), je puis, en un sens, maintenant, me sentir plus libre d'y écrire un peu ce qui me passe par la tête sans me demander ce qu'on attend de moi. C'est un peu d'ailleurs ce que j'y faisais il y a dix ou quinze ans, à une époque où je n'avais pas moins de lecteurs - même si c'étaient des lecteurs au profil sans doute différent.

Tenez, savez-vous qu'en ce mois de mai, un de mes billets les plus lus est celui que je consacrai à la tombe de Marguerite d'Angoulême (en un temps où j'utilisais un langage dans lequel je ne me reconnais plus) ? Je suppose que c'est là le fruit des hasards des référencements sur Google et des recherches des collégiens pour quelque rédaction que leur commande un prof de français. Mine de rien la Marguerite des Marguerites aura rapporté plus de lecteurs à ce blog que tout mon militantisme dans les milieux anti-guerre, car elle m'a aussi fait écrire sur le quintinisme, au moment où j'étais sur la pente escarpée de l'athéisme, et comme j'étais un des rares internautes français à écrire sur Quintin, divers esprits curieux de la Renaissance sont venus à mon blog par ce biais, y compris d'ailleurs un historien distingué. Je ne regrette pas tous ces charmants billets, dont un m'avais aussi conduit vers les oeuvres de Brantôme... L'univers de la Renaissance est étrange et pose diverses questions sur les avantages ou les dangers de l'ésotérisme chrétien. C'est un sujet des plus complexe. La dette que l'on doit avoir ou pas à l'égard du néo-platonisme et de ses vapeurs souvent malsaine (je ne sais pas pourquoi mais cela me renvoie à E Michael Jones, le seul auteur à ma connaissance qui pointe ce qui cloche le plus dans le règne de Julien l'Apostat : ses liens avec l'occultisme, qu'il relie à bon droit avec la problématique du néo-platonisme en général).

Mais laissons là la Renaissance. Hier je me penchais plutôt sur Montmartre et sur le peintre Gen Paul. Là encore l'occultisme n'est pas loin. Pensez au cabaret le Chat Noir qui en était le siège, à l'inventeur Charles Cros. Gen Paul faisait sans doute partie de ces âmes perdues. Son interview chez Chancel l'année de ma naissance, respire l'impasse existentielle de tous ces créateurs sans dieu qui se consolent dans un amour illusoire de la nature. Mais que voulez-vous j'ai toujours une grande tendresse pour la mémoire du Paris populaire. Vous savez que j'ai aidé une vieille dame parisienne à publier ses souvenirs quelques années avant son trépas (une école fut inaugurée à son nom il y a 7 ans, dans la ville où je l'avais interviewée, Sevran, je n'en ai même pas été informé - les gens ne sont vraiment pas corrects). Elle n'avait pas vraiment des origines populaires, mais elle avait la gouaille et l'argot de ce milieu-là. Son militantisme communiste en banlieue (alors qu'elle était parisienne), l'avait conduite à cultiver cela en elle.

Tout béarnais que je suis, j'ai été très entouré par l'argot parisien dans mon enfance. Je ne sais pas trop par quels canaux cela passait : peut-être par les chansons à la radio (la "TSF"), le cinéma, ou peut-être par l'influence très indirecte d'oncles engagés dans l'armée. Qui sait ? Je ne vais pas tenter de remonter le fil sociologique de ce genre de transmission de cultures très localisées à des centaines de kilomètres de leur "terroir" (ou de leur macadam...).

On sait les lettres de noblesse académique que Céline donna à cette langue, et quelles lettres d'abjection il donna à l'anarchisme qu'elle véhiculait. Gen Paul était de cet anarchisme-là. D'ailleurs il aurait déclaré que ces Céline qui lui a appris l'argot (voir ici)... Bizarre... Ce n'était donc pas naturel sur la butte ?

En parcourant quelques textes sur Internet pour boucler cette petite promenade vispérale à travers le Montmartre d'il y a cent ans (rien à voir avec l'artefact actuel pour touristes piégés par Amélie Poulain), je tombe sur cet article de Richard Khaitzine intitulé "Les Mystères de Montmartre" du numéro de la revue "Le Vieux Montmartre" du 1er janvier 2002 (il y a 20 ans).

L'auteur y écrit ceci (p. 32) à propos du roman "Le Roi Mystère" de Gaston Leroux (habitué du Chat Noir, son arrière petite-fille tient un bistrot à son nom à Montmartre) : "Le Roi Mystère recèle d'autres énigmes qui, toutes, confirment nos hypothèses de travail. Ainsi, que penser de ces concierges de Montmartre veillant sur la sécurité du Roi Mystère et de ses amis ? Que penser, en particulier, de cette concierge qui possède un perroquet souffrant d'une curieuse monomanie lui faisant débiter toujours la même phrase : " Tu es la Marguerite des marguerites, la perle des Valois... ". Si Gaston Leroux semble avoir voulu évoquer l'érudite sœur de François 1er, pour des raisons qu'il serait trop long d'exposer ici, nous pouvons être certains qu'il souhaitait aussi orienter son lecteur en direction de Maxime Lisbonne. Cet ancien Communard, déporté au bagne de Toulon, lors de son retour, fonda différents établissements qui, tous, eurent le même insuccès : La Taverne du Bagne (Gaston Leroux, dans les Aventures de Chéri-Bibi, ex-bagnard poursuivi par la Fatalité, évoqua fréquemment les cabarets montmartrois".

Je puis jurer que lorsque j'ai commencé à écrire ce billet en parlant de Marguerite de Valois, j'étais à des lieues de penser que je retomberais sur elle à propos de Montmartre ! De même que je ne pouvais supposer il y a 15 jours en jetant un oeil rapide sur un extrait de "Chéri-Bibi" sur une vidéo de YouTube que je citerais le nom de cette série de mon enfance dans ce blog aujourd'hui... Décidément la façon dont les choses se recoupent devient des plus troublantes. Si seulement ce Richard Khaitzine avait bien voulu nous dire justement pourquoi Leroux citait Marguerite à propos de Montmartre plutôt que d'estimer que ce seraut "trop long à exposer"... Et je ne puis le lui demander par mail : il est décédé le 9 décembre 2013...

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Grundlegung zur Metaphysik

2 Avril 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Ecrire pour qui pour quoi

Chaque page de la rubrique "Grundlegung zur Metaphysik" de ce blog a été vue trois fois hier, sans que je puisse savoir si ce fut trois fois par la même personne. Ce lecteur (je ne sais s'il faut mettre le sujet au pluriel) a dû être déçu au terme de cet épluchage systématique puisque, suite aux menaces que j'ai reçues à l'automne dernier, j'ai supprimé nombre des articles de cette catégorie, notamment ceux qui touchaient de très près à la France. Et je n'ai pas vraiment l'intention de republier les billets supprimés. De toute façon, sur le volet des sociétés secrètes, de leurs symboles, et de la présence de ceux-ci en politique et dans le show-biz, je ne vois pas bien l'intérêt de chercher à être exhaustif ou encyclopédique. Une fois que j'ai montré une ou deux choses sur Bill Gates ou Greta Thunberg, une certaine année, à quoi bon exposer d'autres aspects de leur probable engagement occultiste l'année suivante ? Quand on a vu que tel acteur était lié à de la programmation prédictive sur le Covid, à quoi bon montrer qu'ensuite il l'a été aussi sur le graphène ?

De toute façon d'autres sites anglo-saxons et français font ça mieux que mon blog. Et je n'ai pas le sentiment d'être investi d'une "mission spéciale" pour écrire sur le monde invisible ou sur l'eschatologie. D'ailleurs ceux qui se croient destinés à exercer ce genre de fonction dans le monde finissent souvent par être égarés par l'orgueil et par présenter au public des connaissances fausses ou excessives dans leurs conclusions qui ne servent pas l'intérêt du Bien commun et de la Vérité. C'est pourquoi je préfère que les sujets spirituels conservent une place raisonnablement modeste sur ce blog.

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Fin d'année

31 Décembre 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien, #Ecrire pour qui pour quoi

Je vais envoyer quelques voeux à minuit. Je suppose que les destinataires y répondront en des termes très formels, sans rien manifester de profond.

Je ne m'attends pas à ce que quelqu'un que j'aurai croisé sur mon chemin par le passé prenne spontanément l'initiative de me souhaiter une bonne année, ni que cette idée vienne à l'un des rares lecteurs inconnus de mes livres. Ce n'est jamais arrivé les 1er janviers depuis dix ans, il n'y a pas de raison que cela advienne cette fois-ci. Je crois que je n'ai marqué l'itinéraire de personne. Mon nom, mes écrits, mon visage sont enveloppés d'un oubli complet aux yeux des gens qui les ont rencontrés. Prenons les militants anti-OTAN par exemple. En 2000 un informaticien belgo-serbe dont je tairai le nom ici disait que j'avais fait plus pour l'information alternative sur Internet concernant les Balkans en 1999 que tous ses compatriotes réunis. Hé bien je sais qu'aucun des nombreux ex-Yougoslaves que j'ai connus il y a vingt ans ne se manifestera spontanément ce 1er janvier, et la publication il y a quelques mois en russe de mon livre sur mon engagement yougoslave ne changera rien à leur silence. Il en va de même des contributeurs de l'Atlas alternatif auxquels j'ai donné la parole il y a quinze ans dans cet ouvrage collectif que l'éditeur a vite enterré, des patrons de samizdats auxquels j'ai contribué il y a dix ans, des dizaines d'Internautes avec qui j'ai eu des échanges divers et variés sur toutes sortes de sujets en 2012, en 2015, en 2018...

Je ne sais pas à quoi cela est dû, si c'est au fait que les gens n'ont plus de mémoire du passé, ou si quelque "éther" surnaturel spécifique entoure mon nom d'oubli, d'indifférence, de sentiments hostiles. Je ne m'en plains pas du reste. Beaucoup d'écrivains solitaires beaucoup plus talentueux et pertinents que moi, du temps où Internet n'existait pas, ont connu ce sentiment d'indifférence généralisée à leur égard. Certains ont bénéficié ensuite d'un succès posthume, d'autres sont restés ignorés. Les choses sont ainsi. C'est de l'ordre de l'inexplicable. Cela ne m'empêchera pas de continuer de lire, écrire (je travaille sur un projet de bouquin en ce moment). Il n'est pas besoin d'avoir un public pour jeter des petites bouteilles à la mer. Nietzsche parlait de flèches qu'on lance dans le vide, au cas où quelqu'un un jour les attraperait... Il faut bien que j'essaie de me rende utile de cette manière, puisque c'est à peu près tout ce que je sais faire. Et si cela ne sert pas, qu'y puis-je ? On continue d'écrire parce que c'est "the thing to do", voilà tout.

Tous mes voeux, ce soir, aux solitaires qui tomberont sur ce billet, tous ceux que les gens qu'ils ont croisés ont aussi oubliés et qui n'ont pas la consolation de se dire que, malgré tout, quelques uns de leurs livres dorment dans des bibliothèques publiques, auxquels peut-être un jour quelqu'un s'intéressera. Aux navigateurs du Léthé enveloppés de brume.

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Réorientation de ce blog

23 Novembre 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi, #Actualité de mes publications

Le présent blog subit des pressions assez significatives, de toute nature. Et, par ailleurs, il reçoit très peu de soutien de ses lecteurs : il est peu lu (du fait en partie des critères de sélection des moteurs de recherche), et même des gens se désabonnent depuis quelques mois. Il n'est pas possible pour un auteur isolé d'affronter seul les différentes censures auxquelles se heurte l'écriture publique et qui ne cessent en ce moment d'augmenter (si on les compare notamment à ce qu'elles étaient il y a dix ans). Dans les années 2000 j'ai cherché à créer des collectifs, notamment à travers l'Atlas alternatif, en estimant que la constitution d'une association ou d'une fondation donnerait plus de poids aux points de vue dissidents, et des armes de défense collective. Mais force est de constater que l'état actuel de la société, le fonctionnement d'Internet, et ma propre situation ne se prêtent guère à ce genre de fédération des énergies.

Ne vous étonnez donc pas de trouver ici désormais un blog très différent de celui qui existait jusqu'à très récemment. La plupart de ses anciens articles en ont été effacés (en tout cas parmi ceux des cinq dernières années), et je me limiterai dorénavant à des billets plus rares et minimalistes. Il faut être pragmatique et s'adapter aux possibilités de l'époque. Celles-ci se sont réduites, j'en tire les conclusions qui s'imposent.

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16 septembre 1982

28 Juin 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Souvenirs d'enfance et de jeunesse, #Ecrire pour qui pour quoi

Je regardais tantôt cette vidéo (ci-dessous) : les informations télévisées d'Antenne2 du 16 septembre 1982. Le temps où les trois chaines de TV faisaient de vrais journaux, structurés, avec des nouvelles bien hiérarchisées commençant par l'international, et finissant par des faits divers. On y faisait de vraies phrases, on cherchait parfois des formules élégantes sans peur du ridicule. On croyait encore un peu aux mots, hors du piège des images et de l'obsession corporelle.

Ca commençait avec les troupes israéliennes à Beyrouth, ça continuait avec les funérailles de Béchir Gémayel, puis la visite de Sékou Touré en France. J'ai souri devant la scène un peu surréaliste de Sékou Touré montrant aux journalistes français un reportage sur Kim Il Sung ! Triste dictateur qui se saoulait du souvenir de son "non" à De Gaulle pour faire oublier qu'il écrasait son peuple (bien sûr je ne dis pas que la dictature de Soros, de Bolloré et de WallStreet qui l'a remplacé à la fin des années 80 en Guinée comme ailleurs valait mieux). Puis les états d'âme des parlementaires socialistes et communistes devant la politique fiscale du gouvernement, tandis que PPDA (déjà lui) donnait la parole aux entrepreneurs, évidemment. On n'était pourtant pas encore à l'heure du grand ralliement de Mitterrand à l'austérité au nom de l'européisme. Un mot de l'enterrement de Grace Kelly, un autre des assurances automobiles.

J'ai gardé un souvenir très précis de tout cela. J'avais presque 12 ans. Je venais d'entrer en 5ème au collège. Je gardais en archive chaque jour la "Une" du journal local La République des Pyrénées, et je dévorais les "Que-sais-je". J'étais de plain pied dans l'actualité de ce monde. Je voulais devenir journaliste. J'appréciais les interventions de Georges Marchais à la TV que je croyais utiles à la condition de mes deux parents ouvriers (qui pourtant n'étaient pas communistes). J'étais naïf. Je croyais que parce que j'étais premier de la classe je ferais quelque chose de beau de ma vie. Je ne voyais pas combien déjà ma vanité et mon égoïsme me vouaient à n'en rien faire du tout. Le ver était dans le fruit de mon existence, et je ne le voyais pas, comme la société de l'époque ne voyait pas qu'elle préparait le chemin à la disparition de tout un tas de choses positives que l'on croyait durables (l'intelligence, la France, la SNCF, les abeilles dans les champs, le respect de l'orthographe). On ne savait pas qu'on formait une génération de zombies qui elle même allait enfanter une série de cerveaux au QI beaucoup plus faible (voyez l'article sur la baisse du QI à cause des écrans) dans un monde de plus en plus cynique et hypocrite (je repense au type sur une radio parisienne qui disait que l'autolib à Paris doit être abandonné à cause des dégradations par les utilisateurs - ô les généreux bobos incapables de prendre soin de ce qu'on leur confie !) où la vie ne compte plus pour rien (7 milliards de gens sur terre, combien ont l'eau courante ?).

C'était il y a longtemps, oui, très longtemps. Aujourd'hui je suis presque quinquagénaire. Je n'ai pratiquement rien apporté à mon époque à part trois ou quatre livres que personne n'a lus. Je ne m'en plains pas. En quoi cela aurait-il été utile que je sois un Jérôme Guedj (avec qui j'ai cohabité à Madrid en 1994) ou un Michel Onfray ? Faire des apparitions dans les médias pour occuper du temps d'antenne, participer à un théâtre de pantins, entretenir les gens dans le mensonge et l'illusion. Mieux vaut s'abstenir. J'ai juste diffusé une ou deux infos sur des blogs que les grands médias ne voulaient pas faire entendre, posé une ou deux questions. Cela me suffit bien. Personne n'en voulait davantage de toute façon. Aujourd'hui je ne me pose plus de questions sur mon rôle comme je le faisais à 30 ou 40 ans. Je réponds au coup par coup, ponctuellement, quand des choses me sont demandées, en mon for intérieur, ou par tel ou tel de mes contemporains. Si l'on me demande un coup de main ou un avis je le donne, et si je ressens que rien de moi n'est attendu je m'abstiens, voilà tout. Un ancien collègue aujourd'hui à la retraite a pris sur lui de tenter de faire passer une recension de mon livre sur le populisme dans une revue juridique. Je lui souhaite une bonne chance. A l'heure actuelle seul Labévière a pris le risque de parler de ce bouquin sur la toile. Ca n'a aucune importance à mes yeux. J'ai pondu ce livre sans arrière pensée, aussi naturellement que je respire. Et je le livre au flot de la volonté qui me dépasse, celle d'en haut.

Tournons la page de 1982, comme celle de l'égo. De toute façon la nostalgie est un piège à cons. L'histoire est utile à la réflexion, mais il faut d'abord faire face au présent, même dans les moments où l'on a l'impression qu'on n'a rien de spécial à y faire. N'en doutons pas, quelques sollicitations reviendront, et parmi elles certaines qu'on ne souhaite pas du tout affronter. Certaines seront peut être intéressantes ou agréables. Il faudra être alors être "simple comme une colombe et méfiant comme un serpent" comme le dit l'Evangile. On verra bien...

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Paul Morand, la littérature

10 Novembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi, #1950-75 : Auteurs et personnalités, #Lectures, #Grundlegung zur Metaphysik

Il y avait ce soir à la TV sur une chaine de la TNT une longue interview de Paul Morand. Je l'ai écoutée jusqu'au bout.

Je sais que des jeunes gens comme Romain ou Etienne qui m'ont fait l'amabilité de réagir à ce blog naguère ont apprécié que j'y parle d'auteurs du XXe siècle comme Gary ou Werth. J'ai peut-être mieux fait de faire cela que d'y parler de politique. Je ne sais pas...

Ce soir j'écoutais Morand comme on dialoguerait avec un extra-terrestre. J'ai tellement peu de points communs avec cet homme... et pourtant son monde m'a effleuré plusieurs fois dans ma vie. Le monde des peintres surréalistes, de Malraux, de Gide, de Proust. Je l'ai croisé au sortir de l'enfance, au début de ma vie d'adulte, au milieu. On ne sait pas pourquoi ce genre de chose vous atteint, s'éloigne de vous, puis revient à divers moments. On plaint ceux qui n'ont pas la chance de croiser cela sur leur route.

Le monde des surréalistes était encore présent en moi en 2012, je crois, à moins que ce ne fût 2013, à travers Soupault. Et puis l'oeuvre de Morand s'est invitée dans ma vie en 2014 à travers Hécate et ses chiens et à travers son journal de 1968-1970. C'est lui qui m'a donné envie de lire le journal de Simone de Beauvoir de la même époque. Je me demande si je n'ai pas connu Hécate et ses chiens après avoir lu un article du journaliste Labévière. 2014 était une année vraiment épouvantable pour moi et en même temps mêlée de révélations compliquées. Il était étrange que le roman de Morand soit arrivé là, car Hécate et ses chiens est un livre un peu diabolique. Juste un peu. Et cependant moi qui, après toutes mes découvertes, suis devenu allergique aux démons, je ne perçois pas de danger dans le monde de Morand. Peut-être suis je en cela trop naïf. Peut-être à cause de cette espèce d'humilité très sobre du personnage qu'on retrouvait dans son interview ce soir.

Peut-être à cause de son absence. Cet homme fut très présent à son époque, et en même temps tellement décalé, évanescent. Pas le genre de type qui vous embrigadera dans une légion criminelle. Il se sera beaucoup trompé, autant je pense quand il aimait Picasso, que quand il se résignait au pétainisme, ou quand il détesta De Gaulle. Mais il s'est trompé de façon intéressante, toujours, d'une façon bizarre, instructive. Peut-être à cause de son espèce d'absence de tout justement D'où ses phrases courtes dans l'interview, et le fait qu'il avoue ne pas aimer parler. Un point commun avec Deleuze.

J'ai la chance de ne pas être un écrivain, de n'avoir pas derrière moi une oeuvre, même si j'ai pondu un roman et quelques témoignages autobiographiques. Je peux donc aborder n'importe quel livre de façon parfaitement désintéressée, candide, désinvolte. Je n'ai même pas, à la différence des profs, à me poser dans le rôle du type "qui s'y connaît", qui doit transmettre, je ne suis même pas dans ce sérieux là. Je suis dans un sérieux, certes, mais un sérieux à moi, un sérieux lié à ma recherche incommunicable, incompréhensible par autrui, donc je tire des livres ce que je veux, j'en dis ce que bon me semble sur ces pages numériques ou ailleurs. Ca a de l'importance, et ça n'en a pas. Dans quelques semaines je serai pour quelques jours à Venise. Je ne l'ai pas choisi. Ca arrive comme ça, alors que Venise évoquait toujours pour moi Sollers et toute une imposture littéraire que je déteste. Une boursoufflure devrais je dire. La ville n'a-t-elle point elle même vécu du vol et de l'imposture depuis le Moyen-Age ? Pour m'y sentir moins seul, j'emmènerai le livre de Morand avec moi, "Venises". Dans l'interview de ce soir, il expliquait que Montaigne, Rousseau et bien d'autres génies ont écrit sur cette ville où lui même a rencontré mille célébrités. Je pense qu'à travers ce livre je retrouverai un peu du monde littéraire, et de l'univers des esthètes, qu'accaparé par ma recherche métaphysique depuis deux ans je néglige un peu trop. J'ignore si j'en parlerai sur ce blog. On verra bien.

Ai-je déjà parlé dans ce blog de Morand ? Je pense que oui. Qu'en ai-je dit ? Je ne sais plus. Est-ce que la littérature cela compte vraiment ou n'est-ce qu'un de ces pièges hédonistes de plus qui nous éloignent de la vérité ? Grave question. Platon voulait chasser les poètes de la Cité. A ma connaissance l'Israël biblique n'a pas eu d'écrivains, même à l'époque hellénistique des Macchabées. Il en a eu un avec Flavius Josèphe, mais ce n'était plus l'époque biblique, en tout cas plus celle de l'Ancien Testament. Il faudrait que je vous parle de Josèphe d'ailleurs car j'ai lu trois chapitres de son récit des guerres juives il y a peu. Passons. Oui, les peuples qui se confrontent sérieusement à la vérité ne pratiquent pas la littérature. Cependant l'auteur de l'Ecclésiaste ou celui du Cantique des cantiques ne sont-ils pas des écrivains ? Le style nous éloigne de la vérité, mais comment peut-il y avoir une vérité sans style ? Surtout une vérité pratique, au quotidien. Comment puis-je manger une pomme avec une certaine vérité dans ma façon d'être si je n'ai pas un regard littéraire sur elle, et sur ma façon de la prendre en main ? Je ne sais pas trop comment vous expliquer cela, mais je crois qu'il y a là un "vrai sujet" comme eût dit un de mes collègues.

Donc il se peut que vous tombiez encore sur des lignes sur Morand, en parcourant ce blog, dans les mois à venir, et sur des lignes sur Venise. Sauf si je me persuade de ce que je perds mon temps à aborder ces sujets là...

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A propos d'un mail d'un lecteur

19 Septembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi, #Colonialisme-impérialisme, #Débats chez les "résistants"

A propos d'un mail d'un lecteur

Chers lecteurs, je me permets aujourd'hui (une fois n'est pas coutume) de vous citer un petit message que j'ai reçu d'un lecteur il y a peu. Bien sûr c'est un message qui fait plaisir, et qui vient faire contrepoids à des mails ou commentaires désagréables que j'ai pu recevoir au cours des 18 dernières années (depuis mon engagement pendant la guerre du Kosovo). Mais le fait qu'il puisse me faire plaisir est absolument sans importance car c'est un message qui s'adresse à mon travail et non à ma personne, donc ma personne n'a pas à en recevoir de bienfaits.

Je précise que des messages comme celui-ci ont été rares depuis que ce blog existe. J'en ai reçu seulement cinq ou six de comparables, mais quand bien même je n'en aurais reçu qu'un, cela aurait suffi à justifier l'existence de ce blog, parce qu'il signifie que j'ai réussi à transmettre quelque chose d'utile à quelqu'un. N'étant pas enseignant je n'ai pas l'occasion de le faire dans le cadre de mon activité professionnelle.

Peut-être la personne qui m'a écrit ce mot un jour regrettera-t-elle de l'avoir fait, parce que son jugement aura évolué sur les divers sujets qu'elle y évoque, comme moi-même j'ai évolué. Mais si c'est le cas elle aurait tort, car il faut se réjouir de ses erreurs, si erreur il y a, et de toute façon, je ne suis pas sûr que son jugement soit erroné.

Je me suis permis, avec son accord, de reproduire ici son message, non pas pour me mettre en valeur, mais parce que premièrement il va peut-être encourager d'autres personnes à faire des blogs un peu dans l'esprit d'indépendance et, j'ose le dire, de recherche d'une certaine élévation qui m'a toujours animé, et, en deuxième lieu, ce mail va me permettre de faire un peu le point de certains aspects de ce blog, du regard que je porte sur eux, et de ce que ces éléments peuvent préparer pour l'avenir.

Voici donc le mail :

"Bonjour Frédéric Delorca,
Je m’appelle ** et je vous contacte car j’apprécie beaucoup votre blog que j’ai découvert ces derniers mois.
Je vous remercie pour vos commentaires sur l’actualité politique. J’aime aussi votre blog car il me permet d’ouvrir ma curiosité. Grace à vous, j’ai découvert le documentaire de Vanessa Stojilkovic Bruxelles–Caracas, j’ai lu avec un grand bonheur Chien Blanc de Romain Gary, j’ai lu des articles de Diana Johnstone qui sont très éclairants sur l’UE, l’OTAN et la situation de la France
.
Merci beaucoup"

Ce qui est très frappant dans ce beau message chaleureux c'est d'abord qu'il s'agit du regard d'un homme apparemment jeune et intelligent qui "débarque" dans cet l'univers de mon travail intellectuel, et qui le découvre un peu après les batailles, plusieurs années après. Et donc il se promène dans les vestiges de ces combats qui furent des combats pour l'édification de mon propre point de vue sur le monde dans lequel, comme tous mes congénères, j'avais été jeté. Aujourd'hui, à travers l’œil de ce lecteur, moi qui ne relis jamais mon blog, sauf pour y chercher un élément précis, je prends conscience de ce qu'il y a "derrière mes billets actuels", dans les pages anciennes.

Alors oui, il y a Vanessa Stojlikovic, Diana Johnstone, Romain Gary. Ce ne sont pas des références des grands médias actuels, de l'Establishment. Ce ne sont pas non plus forcément les références de dissidents un peu tapageurs, humoristes de plus ou moins mauvais goût, qui se répandent en vidéos sur You Tube. C'est un univers, qui est partiellement repris par des sites de gauche ou qui font une jonction entre la gauche et le gaullisme. En même temps, je ne pense pas que les couleurs de ce blog puissent être réduites à ces étiquettes. Car si demain une autorité intellectuelle me persuadait que l'appartenance à la gauche est intrinsèquement, par essence, solidaire du mensonge et du crime, je m'en dissocierais immédiatement. Amicus Plato, sed magis amica veritas, je suis ami de Platon mais plus ami encore de la vérité, est ma devise, je ne suis figé sur aucune identité, intellectuelle, religieuse, culturelle. Même si je suis attaché à la cohérence, je suis avant tout un chercheur de vérité (par "je" entendez bien "mon travail" car c'est mon travail qui parle ici, et non petit "ego" sans intérêt), c'est pourquoi vous trouverez souvent dans ce blog des expérimentations parfois un peu surprenantes du genre "et si le bourdieusisme n'était qu'une absurdité" après de dix ans de fidélité à cette sociologie (et même une thèse soutenue dans cette atmosphère). Aucune remise en cause ne me fait peur.

Dois-je aujourd'hui remettre en cause Vanessa Stojlikovic, Diana Johnstone, Romain Gary ? J'ai bien des raisons de critiquer chacune de ses références, pour son style, pour une ou deux de ses prises de position etc. Je peux par exemple reprocher à Diana Johnstone ses excès d'éloges pour Dominique de Villepin jadis ou son silence sur ce personnage maintenant, ou Romain Gary d'avoir dans les années 60 aimé la famille Kennedy, que sais-je encore.Et ce genre de reproche je peux aussi me les adresser à moi-même. Mais je ne renie aucune de ces trois références, parce que chacun de leurs principaux engagements furent des engagements de vérité. Romain Gary fut aux côtés de Teruel en 1936, et de Hanoï en 1968, mais sans s'illusionner sur les impostures du stalinisme des années 30 ou du libertarisme de Cohn Bendit. Diana Johnstone a eu des mots très justes et très précis sur les mensonges de nos institutions pendant les guerres du Kosovo dans les années 1990, sur la faillite politique et morale que ces mensonges impliquaient pour notre continent, sans pour autant chanter la louange de la Sainte Serbie éternelle ni faire l'apologie de Milosevic. Vanessa Stojlikovic a montré des images justes sur les minorités du Kosovo, même si son comparse Michel Collon fut très loin d'avoir été aussi juste. Et ce travail là, humble, rigoureux, était autre chose que d'aller gesticuler à Tripoli sous les bombes juste pour chauffer son public parisien...

Même si beaucoup de choses me séparent aujourd'hui de Gary, de Johnstone, de Stojlikovic, je dois reconnaître ma dette à l'égard de leur travail sans lequel mon regard sur le monde ne serait pas celui que je porte. Par exemple je ne peux pas penser à la Croatie d'aujourd'hui sans me remémorer la brillante démonstration de Johnstone qui expliquait comment c'est la famille Habsbourg qui l'a faite entrer dans l'Union européenne alors même que ses criminels de guerre jouissaient toujours de l'impunité alors qu'on exige encore de la Serbie, à tort, toujours plus de "purification interne", et ce thème dépasse de beaucoup le seul problème de l'intégration de la Croatie (et de notre tourisme "naïf" - y compris le tourisme "religieux" - sur ses terres), mais encore toute la compromission avec de l'Europe avec le néo-fascisme (de Riga à Kiev) et avec les héritages mal digérés de notre histoire. J'ai même des dettes plus récentes à l'égard de cette journaliste américaine puisqu'encore cet été c'est elle qui m'a fait prendre conscience de l'imposture morale du discours américain (ânonné tous les ans pas nos médias) sur les bombardements d'Hiroshima et Nagasaki, et donc l'imposture morale de l'hégémonisme culturel nord-américain dans le monde depuis 1945. Ma dette à l'égard de Gary est plus profonde encore puisqu'à travers lui c'est tout le statut de la littérature, d'une présence littéraire à la condition humaine (la nôtre en tant qu'individu, celle de notre pays, de nos continents) qui est en jeu.

Alors peut-être vais-je encore découvrir beaucoup de choses, remettre en cause beaucoup de choses. Peut-être m'apprendra-t-on demain que le bilan politique et moral de Chavez par exemple, sa compromission dans la sorcellerie caribéenne, dans la corruption financière etc, étaient bien pires que nous ne le pensions en 2008 par exemple. Cela n'empêchera pour autant que le travail de Vanessa Stojlikovic sur les missions sociales lancées par le gouvernement bolivarien à ce moment-là, produit à une époque où tous les grands médias rêvaient du retour des oligarques à Caracas et où la police politique des "antifas" traitait de "rouges bruns" quiconque faisait l'éloge du "social empowerment" des défavorisés vénézuéliens et du rôle du non-alignement chaviste sur la scène internationale, reste un grand moment de vérité dans l'histoire humaine, moment d'autant plus méritoire qu'il n'était soutenu que par une poignée de personnes.

Alors je sais bien que tous ces moments de vérité qui ont formé mon regard comme celui d'autres personnes n'ont pas débouché sur des mouvements politiques à la fois efficaces et honorables comme ont pu l'être le parti socialiste de Jean Jaurès dans les années 1900 (voyez ce qu'en disait Romain Rolland), ou le républicanisme de Caton d'Utique en 60 av JC (pour citer deux exemples éloignés dans l'Histoire, l'un et l'autre assez brillants, quoique critiquables comme tout phénomène humain), et ce, largement faute de leaders capables de les intégrer à leur action, et pour diverses autres raisons sociologiques. Néanmoins ces moments ont existé, et peut-être ont-ils aussi servi à "civiliser", rendre plus intelligents, plus affutés, plus courageux, les regards et donc les façon d'être au monde de diverses personnes, ce qui a été autant de garde- fous à la sottise, à l'aveuglement dogmatique, à tout ce qui peut tirer vers le bas.

Grâce aux Editions du cygne, les lecteurs disposent aujourd'hui de deux livres, un sur mon engagement de 1998-2000, un autre sur la période 2001-2015, qui reconstituent un peu le fil de mes découvertes, de mes réflexions, et les remettent un peu dans le contexte des débats et des événements de leur époque. Ces livres, écrits parfois un peu vite, valent ce qu'ils valent, comme ce blog. Je n'ai pas à les juger, ils sont ce que j'ai pu laisser derrière moi. Et puis, pour ceux qui préfèrent écouter que lire, il reste sur Dailymotion ici ma "TV Atlas alternatif" qui résumait des chroniques du blog du même nom, et qu'un certain nombre de gens, en Algérie notamment, continuent de "liker" régulièrement à travers Facebook.

Il m'arrive aujourd'hui de me demander si ce que j'ai défendu dans ce blog aura sa place dans ma présence au monde de demain, compte tenu notamment de certaines découvertes pour le moins "très originales" que j'ai faites depuis deux ans, de quelle manière, et sous quelle forme des lecteurs pourront encore recevoir quelque chose d'utile de la façon dont je tournerai tout cela. Mais, à mesure que j'écris ce billet, je me rends compte que, tout de même, des éléments de continuité demeurent. Je n'aurai peut-être pas besoin de tout remettre en cause complètement. On n'est jamais assez conscient de ce que l'on a appris. Cela entre naturellement dans notre langage quotidien, dans notre façon d'être. Il n'est jamais inutile de prendre quelques heures pour faire le point sur tout cela. C'est une étape nécessaire au déploiement du "travail" lui-même (pardonnez moi d'user ici d'un langage un peu trop "protestant", calviniste, celui du lawyer américain qui a la sueur au front comme aurait dit Roland Barthes quand il évoque les peplums dans ses Mythologies).

Merci en tout cas à ce sympathique lecteur qui valide ce que j'ai fait, quelles qu'en fussent les imperfections, et me donne envie de continuer à écrire un peu dans ces pages.

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Diffusion de mon livre, voyage du député JF Poisson à Tripoli

13 Août 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi, #Proche-Orient, #Actualité de mes publications, #Au coeur des mouvements anti-guerre

Diffusion de mon livre, voyage du député JF Poisson à Tripoli

Les bibliothèques commencent à commander mon livre "Au cœur des mouvements anti-guerre".

Je continue de suivre l'actualité évidemment, même si je ne prends plus trop la peine de la commenter (le public du réseau Atlas alternatif était trop restreint), et je profite de la pause estivale pour suivre l'évolution des petits partis eurocritiques français (Parti de l'Emancipation Populaire, Mouvement républicain et citoyen, Debout la France, Union populaire républicaine, Parti ouvrier indépendant etc).

Je sais bien que, vu l'esprit de chapelle qui règne dans ce pays, aucun ne me sollicitera, et ce, quels que soient mes diplômes, mes compétences, l'ampleur des textes que j'aurai produits sur le Net pendant 15 ans etc, mon avis compte pour du beurre à leurs yeux, mais je ne m'intéresse pas à l'actualité politique pour "donner des avis", juste pour comprendre, pour moi-même, ce qu'il se passe, et de quel côté se trouve la vérité et la justice. Ensuite je laisserai ça rapidement dans des livres pour les chercheurs des générations à venir (si toutefois les bibliothèques ne se sont point défait de mes livres d'ici là : je sais qu'elles ont tendance à revendre des parties de leurs fonds...

Je verrai prochainement une députée avec qui je devise environ une fois par an... Je pense que j'écouterai plus ce qu'elle me dit que de tenter d'influencer son point de vue. Je ne crois pas du tout que quelques membres isolés de la représentation nationale puissent agir efficacement, ni même qu'ils aient du temps pour réfléchir en dehors des cadres établis. Tout serait différent bien sûr si une coalition anti-européiste parvenait à constituer un groupe parlementaire à part entière.

La fonction de député aujourd'hui ne peut servir qu'à poser des questions, ou à mener quelques enquêtes avec les moyens de la République. C'est d'ailleurs un avantage dont ils ne tirent pas suffisamment profit. J'ai salué le 27 juillet le déplacement des députés "républicains" (ex-UMP) en Crimée. J'apprends aujourd'hui que le député des Yvelines "les Républicains-parti chrétien démocrate" Jean-Frédéric Poisson s'est rendu en Syrie et en Libye (cf ci-dessous).

Les partisans de feu le colonel Kadhafi lui reprochent de prendre pour un gouvernement ce qui n'est qu'un conglomérat de milices soutenu par le Qatar qui ne bénéficie, alors que seul celui de Tobrouk bénéficie d'une reconnaissance internationale, et estiment que M. Poisson "roule" pour le gouvernement français et ses alliés du Golfe arabo-persique qui veulent valoriser davantage le gouvernement de fait de Tripoli. Cela sent le procès d'intention car JF Poisson tient par ailleurs un discours sur la Syrie qui est favorable au régime de Bachar el-Assad comme protecteur des chrétiens d'Orient, et hostile aux pays du Golfe.

Il faut encourager nos députés à visiter davantage les pays en guerre et tenter de peser sur la politique étrangère. On sait quelles accusations cela leur vaut dans les états-majors des grands partis.

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Praxis de la Grande Politique

3 Juillet 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants", #Ecrire pour qui pour quoi

Praxis de la Grande Politique

Internet rend vraiment con au delà de ce qui est imaginable. Quand je vois les "eurocritiques" s'enfermer dans leurs petites marottes, et leurs jeux d'appareils minables, lancer leurs petites revues à 50 lecteurs etc, j'ai envie de dire à ces types (ou ces dames, mais il y en a moins dans ces milieux) : ouvrez vos fenêtres, vous ne faites pas de la politique, vous faites de la triste tambouille, de l'épicerie de bas étage, secouez vous, vous êtes en plein naufrage, et vous entraînez du coup le destin de votre pays dans vos impasses minables alors que l'espoir de l'humanité pourrait reposer sur vos épaules si vous vous dépassiez, un peu !

D'abord, ce qu'il ne faut pas oublier, c'est qu'il n'y a pas de Grande Politique (j'ose ce mot emprunté à Nietzsche), sans contact direct avec les grandes réalités humaines. Pour vous en persuader, relisez les chapitres de Chateaubriand sur la Révolution et l'Empire.

Les tristes sires du milieu "eurocritique" français croient que je ne fais plus de politique parce que je me désintéresse de leur petite cuisine. Quel aveuglement ! S'ils lisaient correctement ce blog, ils y trouveraient de la politique à chaque ligne, et pas seulement quand j'y rédige des billets sur la Transnistrie ou le Yémen !

Mais moi, je fais de la politique autour des grands enjeux humains, qui sont ceux qui nous montrent le vrai visage de notre époque, et nous donneront des clés pour trouver des idées qui vont au delà des problématiques "je vote pour tel parti" ou "je vote contre".

Par exemple le Kurdistan qui est le lieu de tous les héroïsmes en ce moment. J'insiste auprès de Nareen Shammo, qui est en Irak, pour qu'elle me donne des voies d'aide concrète aux femmes yézidi. Je suis en contact permanent avec un avocat kurde syrien, j'approuve à 100 % l'engagement de Graeber pour les Kurdes. Non pas pour faire de la "charité", mais parce que dans cette "praxis"-là comme diraient les marxistes, tout un chacun peut trouver autant d'idées et de force que j'en avais trouvé dans mon engagement aux côtés des Serbes en 1999 (voir mon livre là-dessus), et un vision qui m'empêchera de retomber dans les problématiques anecdotiques ou les impasses de mes camarades parisien. "La vertu est la santé de l'âme" disait Ariston de Chios, mais pour moi "ta praxis est la santé de ton engagement". Ne jamais enliser ses idées dans des propos de comptoir de bistrot.

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Massacre

27 Avril 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi

La plateforme Overblog avec son nouveau système de publication ayant complètement massacré l'en-tête de ce blog, sa mise en page, ainsi que diverses fonctionnalités d'administration, je ne suis plus du tout enclin à continuer de le tenir à jour.

L'action liquidatrice d'Overblog aura été finalement plus efficace que l'indifférence des lecteurs, ou que certains commentaires assassins.

Me voilà désormais donc abandonné en plein océan : plus de blog présentable, plus de moyens de faire connaître mes livres passés, ni mes recherches ou mes actions actuelles, mes projets de publications etc.

Que faire ? Créer un autre blog sur une autre plateforme ou renvoyer simplement mes lecteurs à mes livres sur la page des Editions du Cygne ? En tout cas, nous avons confirmation du fait qu'Internet ne vaut pas grand chose...

Frédéric Delorca

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Sollers sur la folie du monde

2 Mars 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi

P1020711Difficile d'être complètement anti-Sollers. Pourtant mon stoïcisme est aux antipodes de son hédonisme, et pourtant j'aurais du mal à m'opposer à sa vision de ce qu'il appelle la "folie" de notre époque. Même ses clins d'oeil au chamanisme me parle. Etrange. Pourtant ce chamanisme est ce vers quoi la folie de notre époque fait signe en permanence. Alors quoi ? Ruse de la raison, ruse des esprits, ruse de l'histoire. Ne pas trop chercher à comprendre.

 

Et mon stoïcisme alors ? Certains le trouvent hédoniste, il ne l'est qu'en apparence. Il est surtout cynique, comme le premier stoïcisme, celui de Zénon et Chrysippe. "Ecrit sur la queue d'un chien". Pardon de passer tant de temps à définir ma vision, c'est à dire mon style - vision et style se tiennent toujours. Mais quand demain je vous pondrai mon livre sur le Proche-Orient il faudra bien que vous compreniez de quelle philosophe il procède non ? On n'est jamais aussi fort que lorsqu'on s'adosse à une philosophie solide. Il faut avoir une philosophie folle, et une folie philosophique. Regardez Hegel : plus grand monument de la rationalité, et plus grand monument de la folie, tout ensemble et en même temps.

 

Sollers a raison de dire que notre contre-folie est nécessairement aussi une folie à sa manière, mais qu'elle est une folie qui a pour elle la durée. On voit bien que l'atout contre le bougisme de notre époque, le seul atout possible, c'est le sens de la durée. Celui qui a réussi à s'inscrire dans un temps long (c'est à dire aussi la cohérence) a gagné la partie. Je pense que je n'en suis pas loin.

 

Et par derrière, la "Vieille taupe" creuse sa galerie. Ce matin je me lève en envoyant un manuscrit à un petit éditeur, ce soir je me couche avec une petite chance qu'il soit publié par un grand...

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After pack

17 Février 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi

Y a t il une vie après le "pack premium overblog" ? ce pack meurt dans 3 jours. Ce blog retrouvera-t-il son adresse URL antérieure ? Ou disparaîtra t il ? Les concepteurs du pack ne le disent pas. En tout cas voici la nouvelle adresse est celle-ci delorca.over-blog.com.

 

Incubation. Vieille technique présocratique pour susciter des théophanies. Samedi sur Arte dans l' "Egypte des dieux", vue par 500 000 personnes (2,5 % d'audimat samedi), on ose nous dire que la croyance des Egyptiens en la vie en l'au-delà serait née du constat qu'ils firent que les cadavres ne se décomposaient pas dans le désert. Ah bon ? Tout procédait d'observations empiriques déformées ? il n'y avait pas des gens qui avaient des visions de l'au-delà dans leur société et qui pouvaient influencer leurs contemporains ? Il y en a pourtant dans la nôtre, pourtant si rationaliste, qui s'efforce de les marginaliser à tout prix... et chez eux ? non ? Bon d'accord, non. Apparemment il n'y avait pas de devins-guérisseurs en Egypte selon ce docu. Et les pharaons n'avaient pas de harems : ils voyageaient avec leur petite dame légitime sur e Nil comme un gentil couple protestant allemand, les Egyptiens étaient des gens de notre époque quoi... Faut croire que les livres d'historiens qui nous parlent des centaines de femmes des pharaons élevaient en cheptel et gadées par une pléthore d'eunuques étaient mensongers. De même le docu ne dit pas qu'Akhenaton comme son père, et comme Ramsès II, s'est accouplé avec ses filles et a eu une progéniture avec elles (cf Les Secrets d'Hator p. 82). Vu l'heure de grande écoute, il ne faut pas choquer les oreilles, et tant pis si la vérité est sacrifiée (une fois de plus). Je retiens donc du docu qu'Amenophis III (-1388/-1352) faisait peindre des naïades dans un style réaliste, et enviait les conquêtes de Toutmosis III. Et je ferai "comme si" avec ça j'avais vraiment appris quelque chose...

 

A part ça, je feuillette la presse vénézuélienne, Granma, le Quotidien du peuple, Antiwar.com. On m'interviewe sur des sujets légers. J'endure les horreurs de la SNCF (devenu un des pires services publics de France après en avoir été le fleuron). Je vais me replonger bientôt dans l'écriture sur le tantrisme. Rien de très intéressant pour vous, n'est-ce pas chers lecteurs ? Alors allez donc plutôt acheter mes livres que de lire ce blog.
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Prendre soin de sa langue et de son savoir

5 Février 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi

Dans "Quand l'Europe parlait français", Fumaroli explique que le français du duc de Saint-Simon, comme celui de Frédérique-Sophie Wilhelmine, margravine de Bayreuth, est moins marqué par l'apprentissage de la version latine que celui des écrivains professionnels de leur temps. Ma lecture de Saint-Simon est trop ancienne et mon commerce avec les écrivains classiques trop sommaire pour que je puisse apprécier le bien-fondé de cette remarque. Toutefois, il transparaît dans ce propos l'importance du soin que l'on accorde au langage, lequel oriente (c'est une évidence, mais rappelons le quand même) son style de perception, ses idées, sa sensibilité.

 

Moi-même qui écris fort mal, toujours à la hâte, et sans l'énergie suffisante pour retravailler mon style, je tente de ne pas perdre cela complètement de vue, et même, je m'accroche à cette idée comme à ma dernière chance de ne pas finir complètement avalé par la médiocrité ambiante (ce qui suppose un combat quotidien). Et cela concerne aussi bien le langage que le savoir et la culture.

 

Cela ne fait pas partie des valeurs des gens de la génération de Serge July. La génération 68. Un ami cinéphile m'envoyait il y a peu cette vidéo d'un de ses représentants, un certain Vincent Nordon dont j'ignorais l'existence jusqu'alors. Interview amusante par son refus d'entrer dans le 21ème siècle, mais lassante par sa désinvolture adolescente.

 

 

 

J'apprécie chez ce Nordon le côté cinéphile érudit qui ne joue pas les importants (à la différence du Zagdanski dont il parle dans cette interview et dont je découvre les videos sur You Tube, une véritable bête de scène de la TV). Mais la désinvolture fatigue :  ce côté éternels ados qui ne soignent pas les formes, et n'ont pas beaucoup de fond culturel non plus, à part leur connaissance du cinoche, ces mômes sexa-(ou septua-) génaires qui parlent entre eux comme au bistrot devant la caméra (on a l'impression de les déranger en regardant leurs vidéos). Dans une de ses interviews Nordon regrette que son père ne l'ait pas poussé à lire les auteurs latins, et dans son dialogue avec Zagdanski sur la littérature sur You Tube, Godard reconnait qu'il n'a presque rien lu (notamment de Shakespeare, bien qu'il ait fait un film dessus) et qu'il se borne à proposer des trucs comme il fait avec son plombier "sans savoir comment marche le radiateur".
 
Cette inculture est ce qui exaspérait de vieux réacs comme Morand dont je lis parfois le journal de 1970. Elle est plus sympathique que celle de nos ténors télégéniques à la Onfray, mais ce sont quand même des facilités d'enfants gâtés. Ces gens faisaient semblant d'avoir lu Shakespeare, nos créateurs et journalistes contemporains, eux (les moins de 50 ans) ne lisent que des dépêches d'agences de presse ou leurs équivalents littéraires (du Houellebecq). Nous devons revenir à "un petit peu plus de travail", sur le fond et sur la forme...

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"Ce qu'on ne peut dire il faut le taire"

23 Décembre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi

goya.jpg"Ce qu'on ne peut dire il faut le taire", disait Wittgenstein. Un pays où "Le Monde" et "Libération" sont des journaux autorisés (je ne dis même pas des journaux "officiels" et subventionnés comme ils le sont en France aujourd'hui) ne mérite pas d'être appelé une démocratie. Cette presse de caniveau, hargneuse, dogmatique, menteuse, donneuse de leçons, est une insulte permanente à la moralité publique, à la décence et à l'intelligence. Un pays comme celui-là est un pays qui ne MERITE pas qu'on lui parle, qui ne mérite pas qu'on y fasse usage de sa liberté d'expression. Gardez votre Internet, vos journaux, vos blogs, votre novlang à la con. A chaque coins de rue, chaque jour, je vois s'installer l'abrutissement collectif, et une morale de vieille dame sénile envahir le vocabulaire commun partout, des prétoires des tribunaux aux cabinets des "thérapeutes herboristes", coachs, artistes et conseillers en croyance, hédonisme et longévité de tout poil. Ce pays-là dans ce monde-là ne mérite plus qu'on y fasse usage d'aucune forme de langage. Le silence est la seule réponse possible à sa stupidité mortifère.

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Best sellers

11 Octobre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi

Copie-de-P1010708-copie-1.jpgBeaucoup de gens sont affligés de voir Trierweiler et Zemmour caracoler en tête des ventes de livres. Dans les années 1980 "La médecine par les plantes "de Rika Zaraï et "La valise en carton" de Linda de Zouza occupaient le sommet des palmarès et personne ne trouvait cela anormal.

 

C'est qu'à l'époque tout le monde considérait comme naturel que le "grand public" lise n'importe quoi. Cela ne choquait pas. De même qu'on n'avait guère pitié des cancres assis à côté du radiateur. L'indignation devant les goûts littéraires de nos contemporains est peut-être un signe d'homogénéisation sociale et de progrès sur le chemin de l'altruisme, qui sait ? A moins que ce ne soit juste un symptôme supplémentaire de "l'indignationnite" ou "syndrôme de feu-Stephane Hessel", qui cherche simplement à cultiver une petite atmosphère pessimiste "cosy"...

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