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Le blog de Frédéric Delorca

Actualité morose

27 Juin 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Revue de presse

Les nouvelles ne sont pas très enthousiasmantes... Les européistes s'acharnent à vouloir entraver le Brexit soit en demandant un nouveau référendum (quel sens de la démocratie... c'est digne de ce que nous avons connus avec le traité de Lisbonne annulant le référendum français...), soit en menaçant d'exclure le Royaume Uni des bénéfices du libre échange, soit en encourageant la sécession de l'Ecosse. Et leurs adversaires ne sont pas toujours très malins : comme Farage a-t-il pu promettre que toute la contribution britannique au budget européen irait au National Health Service ?

Aux Etats-Unis on voit la très corrompue et très belliciste H. Clinton s'envoler dans les sondages.

En Espagne, la droite reprend l'avantage. Le scrutin a été boudé par l'électorat fatigué. Podemos qui a mal dirigé les négociations des derniers mois en paie le prix.

En Loire-Atlantique les gens se laissent aveugler par les charmes du développement économique autour de l'aéroport pharaonique qu'on veut construire chez eux.

En Afrique le FMI s'acharne sur la Guinée-Bissau, les ONG sur le Burundi, et l'ONU sur l'Erythrée accusée de crime contre l'humanité rien que cela (la Chine, le Venezuela, le Pakistan et le Nicaragua volent à sa rescousse dit Le Monde, mais on évoque même un risque d'action militaire de la Somalie ou de Djibouti - cette "grande démocratie" alliée de la France qui a massivement réprimé des manifestations il y a quelques mois). On se consolera en songeant que l'Etat islamique continue de reculer en Irak, en Syrie et en Libye, mais on peut compter sur la cécité de nos gouvernants pour que d'autres problèmes mal gérés surgissent dans le sillage de ces victoires...

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Brexit

25 Juin 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE

Mauvaise nouvelle pour l'hyperclasse mondiale hier : le Brexit. Je m'attendais un peu au résultat, mais bien sûr c'était "touch and go" jusqu'à la fin. Moi qui ai prôné la sortie de la France de l'Union européenne dès 2007 dans "Programme pour une gauche française décomplexée", et suis avec intérêt les discours de Nigel Farage depuis longtemps, j'espère bien sûr que d'autres pays imiteront le Royaume-Uni et quitteront l'Union européenne dans les années qui viennent. Comme l'a dit Farage, il faut ouvrir la porte à une Europe des nations reposant sur des traités d'amitié signés en toute liberté par des gouvernements élus, sans la dictature d'une bureaucratie bruxelloise incompétente. J'espère que la France aussi reprendra prochainement confiance en elle pour s'affranchir de cette dictature.

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Fidel Castro et la Santeria (sorcellerie cubaine)

24 Juin 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Colonialisme-impérialisme

Je voudrais vous partager avec vous un aspect peu connu du castrisme cubain et que j'ai découvert en regardant cette émission Communisme et ésotérisme (2/2) ou l’anéantissement des religions, quand l’homme remplace Dieu de Marci Capuzzo Dolceta avec Marc Ferro comme consultant (ci dessous 25ème minute et suiv).

En gros, ce que l'on peut retenir est ceci (j'ajoute aux propos du documentaire quelques recherches personnelles faites sur Internet) :

Fidel Castro à l'âge de sept ans fut très malade et des servantes (mucamas) qui étaient à la ferme dirent à sa mère de l'emmener à un Santero un sorcier pratiquant le syncrétisme des anciens esclaves africains à Cuba, la Santeria. A partir de de ce moment-là il fut sous la protection de Ochun, déesse de l'amour nigériane, qui est aussi Notre Dame de la Charité du cuivre, patronne de Cuba à laquelle le pape a rendu hommage à la Havane l'an dernier.

Le 8 Janvier 1959, Fidel Castro Ruz est entré dans la ville de La Havane. Ce jour-là, il a prononcé un discours de victoire long dans lequel il a raconté les années qui avaient précédé cette occasion et a présenté un plan d'action pour l'année à venir. A un moment charnière dans le discours, une colombe symbole d’Obatala se posa sur son épaule gauche et deux autres ont plané autour de la scène.

Au cours des 50 dernières années, cet atterrissage a fait l'objet de beaucoup de spéculation, la controverse (on a dit que la colombe avait été entrainée), et de culte. Mais les Noirs adeptes de la Santeria ont adhéré au signe et ont vu dans l'événement le signe que Castro était « le« cheval de Changó » (sainte Barbe dans la religion catholique, et déesse de la foudre et de la musique).

Il existe dans la santeria un Pataki (conte) qui explique que les grands pretres sont ceux qu’Olofi (une des trois hypostases du dieu suprême dans le panthéon yoruba) choisit en lui envoyant une colombe sur l’épaule gauche.

Au moment de la crise Marielitos (la fuite de plus de 100 000 Cubains après l'ouverture du port de Mariel en avril 1980), Fidel aurait appelé le plus grand babalawo de l'île et sacrifié 30 gnous.

Au moment des élections au Venezuela (on ne sait pas lesquelles), Fidel Castro a envoyé un groupe de Santeria pour faire un rituel pour Chavez, qui a été couvert du sang de plusieurs poulets. Des photos de l'édition dans le magazine Ano cero où même mentionné que Hugo Chavez (ancien adepte du spiritisme et ennemi de la Vierge de Coromoto qu’il fit enlever de toutes les écoles) était capable de lire les conches (caracolas), ce qui suppose des compétences rituelles compliquées - voir ci dessous :

Les santeros cubains avec l'accord des services secrets auraient même fait profaner des tombes de religieuses au cimetière Colón à la Havane pour des rituels de Chavez (on a beaucoup glosé que le rapport de Chavez aux cadavres, et la cérémonie d'excavation des restes de Bolivar, je n'y reviens pas).

Politique de tolérance pour les cultes africains est à l'origine de la solidarité entre Castro et la Santeria. La révolution cubaine avait accordé la nationalité cubaine aux Noirs.

Natalia Bolivar Aroste (présentée par le blog Les visites de Fabienne) étudie la santéria d’orisha depuis 1955. Une gouvernante congolaise de sa famille lui racontait cette magie. Elle a un fichier de vieux santeros. En 58 Bolivar fut incarcérée pour ses recherches et libérée par la révolution. La pratique du palo vient d’Angola et du Congo.

Les réalisateurs de « Communisme et ésotérisme 2 » dans les anénes 2000 sont invités par Lazaro Garcia Herrera, chamane depuis 1989, devenu babalawo le 1er mai 2000, à assister à une cérémonie propiciatoire pour Fidel Castro. L’homme, qui a un portait du Che à l’épaule, sacrifie une chèvre (c’est un ebbo) ce qui est rare (en général ce sont des poulets). Leur sang est riche en « ache » force primordiale Regla dans la banlieue de la Havane. Les congrégations de santeria se réunissent dans la sale de extension del museo de Regla (musée d’hommage aux esclaves qui exhibe les fétiches de la santeria et de la révolution).

Il y a aussi la magie sexuelle des prostituées.

L’émission interviewe Miriam Ochoa, étudiante métisse qui se prostitue, arbore le portrait du Che, et qui se vante de pratiquer la magie. Sur ce portrait fugure sur la chemise du Che « Volvera, lo conozco / Como el pedazo de una estrella volvera » (il reviendra, je le connais, comme le morceau d'une étoile, il reviendra) parole d’Omar Gonzalez, sur lequel je ne sais rien). Elle fait tout pour que le Che revienne parmi eux.

Il semble qu'il est connu à Cuba que l’iyalocha (mère de saint) Celia Sanchez, la maitresse de Fidel dans la Sierra Maestra, à l'époque de la guerilla dévote d’Obatala, aurait initié Castro à la santeria .

Sur son blog le 18 juin 2011 l’opposant Angie Alvarez témoigne : « D’après ce que m'a dit une fois un ancien soldat, qui a combattu en Angola, les Noirs des tribus, respectaient Castro et lui rendaient hommage comme aux dieux, parce qu'il était la figure de l'homme blanc et puissant qui avait la force de sept guerriers, et qui pouvait changer le monde avec sa puissance ». Sur sa page on peut voir Fidel Castro vêtu de blanc lors d'un de ses voyages, en Guinée. Ce voyage aurait été Ebbó après un discours religieux, cela aurait fait de lui un saint du culte afro-cubain.

On parle de sacrifices d'animaux rares par Castro, de même d'ailleurs qu'en 2002 des gens de la paroisse du 23 janvier près du palais de Miraflores à Caracas virent un lion mort dans la patio de la résidence présidentielle.

La Santeria aurait protégé Castro des nombreuses tentatives d'attentat dont il fut l'objet. Mais elle ne sauva pas Chavez du cancer.

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Mobilisation

14 Juin 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

2 à 3 km de manif à Paris, 1 million de manifestants selon les syndicats, et bien sûr plus de violences policières et black out des médias - les médias des mutinationales Google, Yahoo, MSN and co se taisent (comme avec les 30 000 manifestants du Havre en début de mois). Gérard Filoche dimanche au meeting unitaire du Théâtre Déjazet disait que le gouvernement commence à avoir peur et cherche à négocier avec les syndicats un par un à se défausser sur la droite qui aurait "dénaturé" le projet de loi au Sénat. Son exposé était très pédagogique sur pourquoi chaque article du texte dans sa version initiale était réactionnaire. Le mirage de l'euro (qui a provoqué plus de violences que les manifestations) ne suffit pas à décourager la mobilisation.

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Une vision virile du catholicisme

12 Juin 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Colonialisme-impérialisme

Extrait du journal du prêtre vietnamien Marcel Van en 1945 à propos d'une vision qu'il eut de Ste Thérèse de Lisieux et de ce qu'elle lui dise :

"Ce n’est qu’un instant après, quand j’eus recouvré mon calme, qu’elle me dit doucement : « Un revolver, qu’est-ce que cela vaut ? J’ai encore ici une tactique capable de tuer des milliers et des milliers de Français sans qu’il soit nécessaire de lever l’étendard de la révolte au prix de nombreux soldats et d’une grande quantité de munitions. »

Je lui répondis en riant :

– Ma sœur, dis-moi quelle est cette tactique, et protège-moi. – Petit frère, me promets-tu de faire usage de cette tactique-là ?

– Oui, ma sœur, je te le promets. Petit frère, il s’agit de la tactique de la « prière ».

En réalité, je n’approuve pas du tout les Français dans leur comportement répréhensible à l’égard du peuple vietnamien. Je sais aussi qu’ils mériteraient d’être mis à mort, parce qu’ils sont les ennemis du peuple. Mais à quoi servirait-il d’accumuler un monceau de cadavres, si la cupidité, les plaisirs sensuels et toutes les autres formes de l’égoïsme continuaient de subsister chez les survivants ? Par conséquent, à mon avis, la tactique de la prière est celle qui peut tuer le plus grand nombre de Français."

La prière comme moyen de tuer beaucoup de gens, on ne s'attendrait guère à ce genre de propos, surtout dans la bouche de Ste Thérèse. Chose tout aussi étonnante, cette promesse de boucherie, qui annonçait peut-être Dien Bien Phu, s'accompagnait aussi d'une parole réconfortante pour la France fille ainée de l'Eglise : "Prie beaucoup pour le peuple français. Plus tard, il ne sera plus l’ennemi du Vietnam ta patrie. Grâce à la prière et aux sacrifices, il deviendra son ami intime ; plus encore, il considérera le Vietnam comme son petit frère le plus cher." Et il entendra la même année de la bouche de Jésus-Christ lui-même à propos de la France qu'il détestait parce qu'elle persécutait son peuple une exhortation à prier pour notre pays et ces mots : "De la France mon amour s’étendra dans le monde. Je me servirai de la France pour étendre partout le règne de mon amour".

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Trump

11 Juin 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les Stazinis

La juge Jeanine n'est pas ma tasse de thé avec sa voix masculine (j'ai regardé une ou deux de ses émissions sur Fox), mais Trump, lui, est une vraie bouffée d'air dans le paysage politique, avec son franc parler contre les escrocs du système médiatique mondial, Wall Street etc.

Juste dommage que Trump ait rencontré Kissinger, le copain de l'horrible Hillary Clinton, fin mai...

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Bizarreries

10 Juin 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Philosophie et philosophes

Des trucs auxquels on a encore le droit de s'intéresser et sur lesquels tout philosophe, comme Platon (entre autres) le fit, doit se poser des questions...

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Gesellschaft

10 Juin 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien

Médecines douces, médecines douces, mêlées de trucs énergétiques bizarres (parce qu'ils sont tous un peu magnétiseurs). Agréables sur le moment. Et puis après... Ben retour des problèmes, parce qu'ils sont structurels. Nuque raide, mal de dos etc. Vous pouvez faire de la réflexologie plantaire, voir des ostéopathes, pratiquer le yoga, vous faire masser. C'est idem.

Alors changer la société ? Euh... alors là, que le changement de société soit possible, je ne pense pas qu'on y croie. On croit déjà à peine qu'on pourra garder le code du travail...

Les Anglais, eux, croient au Brexit selon un récent sondage. Est-ce que détricoter les structures politiques vermoulues nous donnera la force un jour de construire quelque chose de vraiment bien ?

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Derechas...

10 Juin 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Il semble que M. Montebourg ait lu mon "Programme pour une gauche française décomplexée" (paru aux Editions Le Temps des Cerises en 2007), puisqu'il propose que le Sénat soit tiré au sort.

Pour sa part M. Sapin qui, aux ordres des banques, fait passer contre la volonté des citoyens une loi pour que les chèques ne soient plus valables que pendant 6 mois, avec pour but affiché la disparition programmée de ce mode de paiement (il faudra tout faire avec son téléphone portable, pour être mieux fiché, mieux surveillé, mieux encadré tout le temps), ne l'a pas lu.

Ce policier (vidéo ci dessous) non plus...

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Des nouvelles des combats de cette planète

5 Juin 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous, #Grundlegung zur Metaphysik

Il n'aura pas échappé à beaucoup de lecteurs de ce blog que j'espace sérieusement mes contributions. Cela est dû en grande partie, comme je l'ai dit à mon aversion pour Internet, espace d'anonymat, de passivité et de lâcheté qui génère fréquemment des trolls pour venir critiquer bêtement (sans jamais se dévoiler évidemment) mon travail, mon engagement etc.

Il y a aussi les révélations religieuses (ou spirituelles) que je reçois depuis deux ans qui me font m'interroger sur la valeur des engagements humains, et plus généralement des jugements, en particulier du mien : ai-je la moindre légitimité à témoigner de tel ou tel aspect des réalités humaines moi qui me suis tant trompé et me trompe encore tant sur l'Au-delà et le sens ultime des choses ? Est-ce compatible avec mon devoir d'humilité ? C'est une question que je n'ai pas fini de me poser, moi qui ne suis qu'en chemin vers des vérités dont au jour d'aujourd'hui je ne soupçonne même pas la nature.

Et cependant je me dis qu'il serait trop facile et lâche de choisir de ne plus témoigner, de ne plus analyser, de ne plus user de ces facultés reçues à la naissance, et cultivées avec l'éducation que j'ai eu la chance de recevoir. Peu importe si les abrutis ne comprennent pas ou défigure ce que je fais, et peu importe si je me trompe dans ce dont je rends compte, mais on ne peut pas quitter un poste d'observation, spécialement dans un monde où tant de gens se font moutons ou autruches, parfois par pure sottise, souvent par fatigue, par incompétence littéraire ou par peur.

Peut-être ont-ils tort ceux qui prennent les fusils, manifestent dans les rues, crient plus fort que la moyenne. Peut-être ont-ils moins de pouvoir sur ce monde que l'humble petite fille qui prie dans sa chapelle ou que le yogi du Kerala. Mais mon rôle à moi ici bas est encore de parler d'eux, puisque j'ai bien connu leur histoire et leurs luttes depuis trente ans, et que je connais bien ceux qu'ils affrontent. Tant pis si je suis une petite voix dans la solitude, sans éditeur (je ne me reconnais plus dans la ligne d'aucun d'entre eux), sans réseaux etc, je dois encore écrire un peu pour la poignée de personnes (si elle existe) qui encore regardent un peu ce blog et se disent "c'est dommage qu'il n'écrive plus" et je le dois à l'itinéraire qui fut le mien et que les révélations des dernières années loin d'invalider ont plutôt tendance à corroborer.

Alors oui, on aurait envie en cette veille d'été à faire un petit tour d'horizon de notre planète, de l'hémisphère ouest à l'Extrême-Orient, en disant ce qu'on y voit, ce qu'on croit en comprendre, et que les grands médias ne décrivent pas sous le même angle que je suis tenté de le faire.

Commençons par l'Amérique latine. J'ai vu, comme vous tous lecteurs, le recul des forces de gauche. Dans tous les cas il me semble qu'elles paient le prix de la compromission avec l'ordre mondial ou avec une corruption politique. Le Venezuela est politiquement ébranlé par la spéculation de l'oligarchie basée aux Etats-Unis autant que par la politique pétrolière scandaleuse des Saoudiens. Mais il paie aussi le prix de malversations financières internes liées à la manne pétrolière (un bouquin était sorti en anglais il y a deux ans, dont j'ai oublié le titre, qui expliquait que la malédiction du pétrole tenait aussi au fait qu'il générait tant de plus-value partout où on l'exploitait qu'il nourrissait de façon presque inévitable la pire des corruptions, seule la Norvège a échappé d'une très belle manière à cette fatalité, et cultive cela en restant sagement hors de l'Union européenne). Kristina Kirchner dont le dauphin a perdu l'élection présidentielle elle aussi avait trempé ou laissé ses proches tremper dans une forme de corruption, et l'on peut en dire autant de Dilma Rousseff dont l'orientation social-libérale dans le cadre de son second mandat avait gravement nuit au prolétariat brésilien. Ces dures vérités doivent être rappelées. Et cependant, cela ne justifie pas que l'on baisse les bras devant ces nouveaux régimes de droite qui s'installent aujourd'hui au pouvoir à Brasilia et Buenos Aires, qui sont socialement rétrogrades, et pleins de bienveillance à l'égard des anciennes dictatures (il existe un beau témoignage d'un député socialiste brésilien à ce sujet), le tout avec l'aide des grands médias des multinationales, de leurs telenovelas, de leurs pubs à la con, de leurs news mensongères, des banques, des fonds vautours etc.

L'association des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), dont les partisans du non-alignement on exagéré le potentiel dans les années 2000, s'en trouve ébranlée. Je doute qu'elle puisse encore exister en ayant perdu son pilier dans l'hémisphère ouest. Il faut espérer néanmoins que Caracas et La Havane tiendront bon, ce qui n'est pas sûr vu la violence du mouvement anti-Maduro au Venezuela et la "normalisation" avec Washington sur la grande île qui annonce peut-être sa future américanisation. Que deviendront le Nicaragua, l'Equateur et la Bolivie si les autres dominos de gauche en Amérique latine tombent ? Certains vantent encore beaucoup Evo Morales. Mais il a perdu le référendum pour permettre son éventuelle réélection, et l'organisation d'un nouveau scrutin à ce sujet me paraîtrait aussi peu respectueux de la volonté populaire des Boliviens que le traité de Lisbonne en Europe venu "effacer" le non au référendum sur le traité constitutionnel.

La bonne nouvelle dans cet hémisphère là vient du bon score de Bernie Sanders aux élections primaires du parti démocrate américain (Sanders est un démocrate old school honnête qui au moins s'est courageusement opposé à la guerre d'Irak, une sorte de Jeremy Corbyn américain), et l'affaiblissement d'Hillary Clinton, la chouchou des grands médias aux ordres des marchés financiers, menteuse invétérée, belliciste et piètre politicienne fort justement rejetée par son peuple de gauche comme de droite. Trump est un phénomène intéressant. Il a des côtés machos et réacs stupides, mais c'est un homme qui doit son existence à lui-même (à la différence de cocottes en papier du système comme notre ministre des finances), il a des côtés à la fois idéalistes et pragmatiques qui peuvent le conduire à casser le système de libre-échange par lequel Wall Street veut asservir le monde, il pense aux travailleurs de son pays, et il s'est aussi prononcé pour la fin de l'ingérence américaine à tout va, et des structures militaro-bureaucratiques de l'OTAN qui coûtent cher au contribuable américain (cela dit, sur ce dernier point, George W Bush avait dit la même chose en 2000, puis avait changé d'avis avec l'attentat du 11 septembre 2001). Je comprends qu'un éditorialiste d'un journal officiel nord-coréen l'ait publiquement félicité. Cet homme est un facteur intéressant de déstabilisation du système impérial occidental, comme le serait le Brexit à la fin du mois de juin.

Je ne partage pas l'avis d'un Chomsky qui proclame que dans un duel Hillary Clinton - Donald Trump il voterait pour la première parce qu'elle est prête à agir du le changement climatique (sic) et qui voit dans le Brexit un facteur de plus grande inféodation du Royaume Uni aux Etats-Unis. Le Brexit serait la première étape d'un éclatement de l'Union européenne, ce qui peut être une bonne chose si les futurs responsables du continent ont l'intelligence de recréer une alliance de nations souveraines (mais cette alliance là risque hélas d'être un peu plus problématique que ce que les eurocritiques envisagent, je crois que c'est la raison pour laquelle les anti-UE peinent encore à l'emporter comme on l'a vu en Autriche, pas seulement à cause de l'intoxication médiatique).

En France comme tout le monde je me demande si le mouvement social va enfin obtenir le retrait du projet de loi Travail, malgré les inondations et l'euro. Je suis atterré par les violences policières (contre les salariés, les étudiants, les élus) qui ont même poussé le président turc Erdogan à donner des leçons de droits de l'homme à la France. La compromission des socialistes français (y compris de l'aile gauche du parti qui a renoncé à soutenir la motion de censure du Front de gauche) va si loin dans le reniement de ses valeurs que ce parti devrait logiquement disparaître prochainement comme la SFIO naguère. Songeons à cette phrase idiote de M. Hollande "je suis entré dans l'histoire". Guy Mollet aussi y est entré mais pour des raisons peu glorieuses. Caligula aussi. Et la phrase de sa ministre de l'éducation sur le côté "bon père de famille" du président à l'égard de son peuple. Cette gauche est tombé si bas. C'en est catastrophique.

Je suis en revanche moins sévère que certains amis du Front de gauche à l'égard de sa politique migratoire. Il est clair que ce phénomène des migrations massives de 2015 est trop soudain pour n'être point manipulé. Il a causé de gros dégâts sociaux en Allemagne (et pas seulement les atouchements sexuels massifs), et c'est un problème qui doit être endigué à la source en aidant à la stabilisation de la Syrie et de la Libye, pas en ouvrant les frontières.

En Espagne Podemos allié à Izquierda unida peut l'emporter devant les socialistes, ce dont je me réjouis, même si cela ne permettra pas forcément de former un gouvernement. Certains communistes regrettent d'avoir renoncé à la mention de la République, de la nationalisation de l'énergie et de la sortie de l'OTAN dans leur programme commun. Le quotidien de droite ABC cite une déclaration de Pablo Iglesias à Saragosse en 2013 proclamant qu'il est communiste mais qu'il vaut mieux parfois ne pas avouer qu'on l'est. Le problème est que ceux qui avouent qu'ils le sont sont déjà capables de faire des politiques de droite, alors ceux qui le cachent...

A propos des communistes j'ai assisté sans grand plaisir à la campagne anti-communiste haineuse en Ukraine. Rebaptiser une avenue Lénine en avenue John Lennon c'est à la fois ridicule (d'ailleurs les deux hommes sont des diables, ou ont fait le jeu des Ténèbres à maints égards) et odieux parce qu'on sait que ceux qui votent ici pour John Lennon, un peu plus loin font déboulonner un monument à la gloire de l'Armée rouge et sont indulgents envers les SS. J'ai plus de sympathie pour les babouchkas qui ont brandi leurs drapeaux rouges dans le Donbass le 11 mai, mais l'on apprend que là bas aussi tout est fait pour que le parti communiste ne puisse pas afficher ses symboles et devienne une force d'appoint d'autres partis politiques. Il paraît qu'ils vont demander l'aide de leurs frères communistes russes.

A Moscou Poutine me paraît un peu sur la défensive, surtout depuis que les Américains installent leur dispositif anti-missiles en Roumanie. On sent qu'il s'agit surtout pour lui de sauvegarder les acquis : la récupération de la Crimée, et la consolidation du régime syrien contre les djihadistes. Pour le reste il n'a pas de réelle marge d'initiative. Le Caucase reste, comme le système financier et le pétrole (la politique saoudienne) un de ses points faibles. Il n'a par exemple pas du tout anticipé l'attaque azerbaïdjanaise au Haut Karabakh.

En Syrie il est beau de voir le Hezbollah, l'armée régulière et des milices chrétiennes ou sunnites libérer conjointement des villages alaouites ou chrétiens, comme il est beau de voir les Kurdes progresser (même si je n'aime pas l'éloge qu'en fait Bernard-Henry Lévy, c'est de mauvais augure). Le bombardement conjoint de Raqqa par les Russes et les Américains est un bon symbole. Et je trouve positif aussi que Poutine fasse pression sur Assad pour libéraliser son régime. Mais je redoute toujours la capacité de riposte des Turcs, des Saoudiens, et des Occidentaux dont il est maintenant allégué qu'ils ont aussi fourni des agents d'encadrement et non seulement des armes à Al-Nosra affiliée à Al Qaida. Et puis, de toute façon, le bilan de la guerre civile syrienne, comme de la guerre irakienne, sera sinistre : les criminels occidentaux et leurs alliés ne laissent là bas que des sociétés exsangues. C'est terrible.

Même chose en Libye évidemment. Heureusement que l'Algérie, elle, résiste aux tentatives de déstabilisation (mais pour combien de temps ?). Au sud du Sahara rien de nouveaux : la mainmise occidentale sur les oligarchies locales, même si certaines élections (au Bénin par exemple) nuancent un peu ce constat. Le Zimbabwe tient un discours digne, mais la corruption y règne aussi. Bonne nouvelle : le procès d'Hissène Habré débouche sur une peine exemplaire, et sans ingérence de la cour pénale internationale cette fois. Il révèle combien Mitterrand et Chirac étaient compromis avec des criminels. Les sots qui croient que les dictatures criminelles de notre époque sont forcément communistes ou islamistes devraient lire les actes de ce procès.

L'Asie reste gelée dans les bras de fers géopolitiques entre ses géants démographiques. Les communistes indiens remportent encore de bons scores aux élections tandis que le gouvernement fédéral adepte du yoga fait régresser les mentalités. Les Philippines élisent comme président un courageux "populiste" assez anti-américain qui proclame la souveraineté de sa nation et s'allie aux communistes. Le personnage est à l'image de tant d'autres "hommes nouveaux" que génèrent les systèmes démocratiques actuels : il laisse perplexe. Confronté à une société violente à la démographie galopante, il prône la répression policière, et s'attaque à l'Eglise à laquelle il reproche de condamner la contraception et l'avortement. Devant ce discours anti-clérical (qu'on retrouve aussi dans la gauche latino-américaine) on ne sait que penser. Bien sûr il faut promouvoir le contrôle des naissances et la liberté de la femme. Mais derrière ce projet là, il reste un fantasme de la toute puissance de l'humanité sur son destin qui, en réalité, ne fait ensuite que la plonger vers les pires crimes et les pires égarements parce que l'humanité n'est jamais moralement aussi grande que lorsqu'elle s'ouvre à ce qui la dépasse (pour le démontrer il faudrait revenir sur ce que l'enseignement républicain nous enseigne au sujet de ce qui a précédé le 19e siècle). Oui, mais voilà, quand l'humanité, et même ses structures religieuses, sont largement abandonnées à des forces destructrices, on est un peu obligé de choisir entre deux sortes de démons : ceux du fantasme du pouvoir absolu de l'homme sur son destin (que l'on retrouve aussi bien dans le transhumanisme que dans le mouvement trans-genre) et ceux de l'hypocrisie des structures religieuses traditionnelles. On sent bien que tout à ce sujet est à refonder, mais la voie de la refondation ne nous est pas encore donnée, à moins qu'elle ne soit tout simplement déjà sous nos yeux depuis longtemps dans l'éthique et la piété dont le présent billet n'est qu'un exercice parmi d'autres.

Rupert Sheldrake, biologiste, sur l'athéisme

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