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Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #divers histoire tag

Gen Paul, Montmartre et Marguerite

20 Mai 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi, #Le quotidien, #Divers histoire, #Billets divers de Delorca, #Grundlegung zur Metaphysik, #Un livre épuisé sur D. Albert, #1910 à 1935 - Auteurs et personnalités, #Association d'idées, #Lectures

Puisque beaucoup d'abonnés de ce blog annulent leur inscription ces derniers temps (sans que je sois en mesure deviner pourquoi), je puis, en un sens, maintenant, me sentir plus libre d'y écrire un peu ce qui me passe par la tête sans me demander ce qu'on attend de moi. C'est un peu d'ailleurs ce que j'y faisais il y a dix ou quinze ans, à une époque où je n'avais pas moins de lecteurs - même si c'étaient des lecteurs au profil sans doute différent.

Tenez, savez-vous qu'en ce mois de mai, un de mes billets les plus lus est celui que je consacrai à la tombe de Marguerite d'Angoulême en 2012 (en un temps où j'utilisais un langage dans lequel je ne me reconnais plus) ? Je suppose que c'est là le fruit des hasards des référencements sur Google et des recherches des collégiens pour quelque rédaction que leur commande un prof de français. Mine de rien la Marguerite des Marguerites aura rapporté plus de lecteurs à ce blog que tout mon militantisme dans les milieux anti-guerre, car elle m'a aussi fait écrire sur le quintinisme, au moment où j'étais sur la pente escarpée de l'athéisme, et comme j'étais un des rares internautes français à écrire sur Quintin, divers esprits curieux de la Renaissance sont venus à mon blog par ce biais, y compris d'ailleurs un historien distingué. Je ne regrette pas tous ces charmants billets, dont un m'avais aussi conduit vers les oeuvres de Brantôme... L'univers de la Renaissance est étrange et pose diverses questions sur les avantages ou les dangers de l'ésotérisme chrétien. C'est un sujet des plus complexes. La dette que l'on doit avoir ou pas à l'égard du néo-platonisme et de ses vapeurs souvent malsaines (je ne sais pas pourquoi mais cela me renvoie à E Michael Jones, le seul auteur à ma connaissance qui pointe ce qui cloche le plus dans le règne de Julien l'Apostat : ses liens avec l'occultisme, qu'il relie à bon droit avec la problématique du néo-platonisme en général).

Mais laissons là la Renaissance. Hier je me penchais plutôt sur Montmartre et sur le peintre Gen Paul. Là encore l'occultisme n'est pas loin. Pensez au cabaret le Chat Noir qui en était le siège, à l'inventeur Charles Cros. Gen Paul faisait sans doute partie de ces âmes perdues. Son interview chez Chancel l'année de ma naissance, respire l'impasse existentielle de tous ces créateurs sans dieu qui se consolent dans un amour illusoire de la nature. Mais, que voulez-vous, j'ai toujours une grande tendresse pour la mémoire du Paris populaire. Vous savez que j'ai aidé une vieille dame parisienne à publier ses souvenirs quelques années avant son trépas (une école fut inaugurée à son nom il y a 7 ans, dans la ville où je l'avais interviewée, Sevran, je n'en ai même pas été informé - les gens ne sont vraiment pas corrects). Elle n'avait pas vraiment des origines populaires, mais elle avait la gouaille et l'argot de ce milieu-là. Son militantisme communiste en banlieue (alors qu'elle était parisienne), l'avait conduite à cultiver cela.

Tout béarnais que je suis, j'ai été très entouré par l'argot parisien dans mon enfance. Je ne sais pas trop par quels canaux cela passait : peut-être par les chansons à la radio (la "TSF"), le cinéma, ou peut-être par l'influence très indirecte d'oncles engagés dans l'armée. Qui sait ? Je ne vais pas tenter de remonter le fil sociologique de ce genre de transmission de cultures très localisées à des centaines de kilomètres de leur "terroir" (ou de leur macadam...).

On sait les lettres de noblesse académique que Céline donna à cette langue, et quelles lettres d'abjection il donna à l'anarchisme qu'elle véhiculait. Gen Paul était de cet anarchisme-là. D'ailleurs il aurait déclaré que ces Céline qui lui a appris l'argot (voir ici)... Bizarre... Ce n'était donc pas naturel sur la butte ?

En parcourant quelques textes sur Internet pour boucler cette petite promenade vispérale à travers le Montmartre d'il y a cent ans (rien à voir avec l'artefact actuel pour touristes piégés par Amélie Poulain), je tombe sur cet article de Richard Khaitzine intitulé "Les Mystères de Montmartre" du numéro de la revue "Le Vieux Montmartre" du 1er janvier 2002 (il y a 20 ans).

L'auteur y écrit ceci (p. 32) à propos du roman "Le Roi Mystère" de Gaston Leroux (habitué du Chat Noir, son arrière petite-fille tient encore un bistrot à son nom à Montmartre) : "Le Roi Mystère recèle d'autres énigmes qui, toutes, confirment nos hypothèses de travail. Ainsi, que penser de ces concierges de Montmartre veillant sur la sécurité du Roi Mystère et de ses amis ? Que penser, en particulier, de cette concierge qui possède un perroquet souffrant d'une curieuse monomanie lui faisant débiter toujours la même phrase : " Tu es la Marguerite des marguerites, la perle des Valois... ". Si Gaston Leroux semble avoir voulu évoquer l'érudite sœur de François 1er, pour des raisons qu'il serait trop long d'exposer ici, nous pouvons être certains qu'il souhaitait aussi orienter son lecteur en direction de Maxime Lisbonne. Cet ancien Communard, déporté au bagne de Toulon, lors de son retour, fonda différents établissements qui, tous, eurent le même insuccès : La Taverne du Bagne (Gaston Leroux, dans les Aventures de Chéri-Bibi, ex-bagnard poursuivi par la Fatalité, évoqua fréquemment les cabarets montmartrois)".

Je puis jurer que lorsque j'ai commencé à écrire ce billet en parlant de Marguerite de Valois, j'étais à des lieues de penser que je retomberais sur elle à propos de Montmartre ! De même que je ne pouvais supposer il y a 15 jours en jetant un oeil rapide sur un extrait de "Chéri-Bibi" sur une vidéo de YouTube que je citerais le nom de cette série de mon enfance dans ce blog aujourd'hui... Décidément la façon dont les choses se recoupent devient des plus troublantes. Si seulement ce Richard Khaitzine, écrivain alchimiste, avait bien voulu nous dire justement pourquoi Leroux citait Marguerite à propos de Montmartre plutôt que d'estimer que ce serait "trop long à exposer"... Et je ne puis le lui demander par mail : il est décédé le 9 décembre 2013...

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La France carthaginoise

26 Octobre 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #XIXe siècle - Auteurs et personnalités, #La gauche, #Divers histoire, #Billets divers de Delorca, #Lectures

Pierre Leroux, communiste chrétien - quoiqu'hérétique, il croyait en la métempsyhcose (1797-1871) : "Je suis né vers le temps où la Convention luttait contre le négociantisme anglais, où Saint-Just dénonçait à tous les peuples de la terre la Carthage moderne. Et je vois la France carthaginoise, et le négociantisme au gouvernement, ou, comme on dit aujourd'hui, aux affaires !" (Malthus et les Economistes, 1849).

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Les enthéogènes

4 Novembre 2020 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Divers histoire, #Antiquité - Auteurs et personnalités

On parle beaucoup depuis quelque temps de l'ayahuasca qui est un entheogène, c'est à dire une substance (illégale en France, mais d'usage courant en Amazonie) qui provoque des états modifiés de conscience de nature à mettre en contact avec des entités de l'au-delà, dont les effets ont été étudiés de façon expérimentale dans les années 1990 par le psychiatre Rick Strassman et qui a même sa propre église, fortement soutenue par une des membres du clan Bronfman qui, en Amérique du Nord, s'est par ailleurs distingué par son rôle au service de la secte sexuel NXIVM.

Le dossier des entheogènes est très fourni. Pour l'heure je n'en traiterai qu'un aspect qui est un livre d'anthropologie écrit en anglais que j'avais lu en version espagnole du temps où je vivais à Madrid, en 1994 : "Persephone's Quest: Entheogens and the Origins of Religion", de Robert Gordon Wasson, Carl A.P. Ruck, Stella A. Kramrisch.

R. Gordon Wasson journaliste du Herald Tribune s'est consacré à partir de 1927 avec son épouse russe le docteur Valentina Pavlovna à l'étude du rôle des champignons dans la culture. Il étudia à partir des années 1950 les enthéogènes de la région d'Oaxaca au Mexique, puis en 1963 avec Roger Heim, directeur du Muséum d'Histoire naturelle de Paris ceux du peuple kuma en Nouvelle Guinée, et en 1968 le putka en Inde (le soma des indo-européens).

Il a identifié avec l'indianiste Stella Kramrisch, le soma indo-européen bu par les brahmanes comme provenant de l'amanite tue-mouche (amanita muscaria). Puis il a estimé que l'utilisation du claviceps purpurea (ergo du seigle) avec du paspalum distichum (paspale distique) a pu jouer un rôle dans les mystère d'Eleusis en Grèce. En août 1953 il put vérifier l’acuité des prévisions que donnaient les enthéogènes auprès d'un chamane mexicain.

En France des dictons relient les truffes aux tonnerre qui aide à les faire pousser, de même Pline l'Ancien à propos des tuber (truffes et terfezia), Plutarque dit la même chose de l'hydnon, équivalent du tuber, aini qu'Athénée (dans ses Deipnosophistes) de son équivalent thrace, l'oiton. Dans l'est de la France on dit même que les bolets prolifèrent où tombe la foudre. Dans le piémont aujourd'hui, le lactaire sanguin est appelé champignon-tonnerre.

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Le sang de Prométhée et la plante magique de Médée

4 Septembre 2020 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Abkhazie, #Antiquité - Auteurs et personnalités, #Cinéma, #Divers histoire

Divertissons nous un peu des tristes nouvelles du moment. J'ai appris ceci en travaillant sur les mémoires d'un ancien combattant abkhaze pendant le confinement : non seulement le Caucase était connu pour être la patrie du titan Prométhée, mais il existe en Abkhazie une grotte de Prométhée dans laquelle se passent des phénomènes "spirituels" étranges. Or je regardais tantôt ce film de 1963 qui fit les délices de mes 11 ou de mes 12 ans, "Jason et les Argonautes" - film au demeurant très chrétien car, quoiqu'il mettre en scène très délicatement les jeux des Olympiens, il annonce aussi leur fin prochaine...

J'ai été étonné de voir que ce film à un certain moment évoque subtilement le lien de la Colchide (dont une partie est l'Abkhazie actuelle, ce dont, comme je l'avais évoqué dans mon livre il y a dix ans, même les observateurs russes présents avec moi il y a 10 ans avaient conscience) avec le Titan supplicié. C'est lorsque la sorcière-prêtresse Médée donne au héros Jason un baume magique issu du sang de Prométhée.

Quand on regarde d'où vient cette histoire de baume, on trouve Apollonios de Rhodes, le poète alexandrin exilé par Ptolémée II, qui, à 18 ans (encore un surdoué précoce, un peu comme Lucain sous Néron), composa les Argonautiques. Apollonios y décrit en détail ce remède et explique même comment la magicienne le recueillit "par ses enchantements" du suc d'une fleur née des gouttes du sang de Prométhée dans une coquille, "au bord de la Mer Caspienne". Il précise que pour ce faire elle s'est lavée sept fois dans des eaux "qui ne tarissent jamais" (comme l'âne d'Apulée s'immerge sept fois à la mode pythagoricienne dans la mer pour être sauvé par Isis) et a appelé sept fois sa nourrice d'enfance.

En 1961, Christian Lacombrade, helléniste de l'université de Toulouse, soulignait que toute cette affaire révélait "l'engouement du public (d'Apollonios de Rhodes) pour la magie", bien plus intense selon lui à l'époque hellénistique qu'à l'époque classique. Il remarquait aussi que, non seulement Apollonios s'inspirait, dans la description de la plante, de l'herbe magique que Circé donne à Ulysse dans l'Odyssée, mais aussi que le détail du rituel suivi par Médée pour la cueillir ressemble à ceux que Théophraste exposait à propos des fabricants de philtres, et que l'Alexandrin recopiait peut-être dans son poème un grimoire occultiste de son époque (voilà qui intéresserait sans doute les divers naturopathes et aromatothérapeutes qui se mobilisent contre le fascisme sanitaire en ce moment).

Dans ses "Coupeuses de racines" (ouvrage dont ne subsistent que quelques fragments) Sophocle décrivait Médée recueillant le suc des plantes (selon Macrobe). Apollonios a donc repris une longue tradition concernant la magicienne. Le tragédien rattachait-il déjà une plante de Médée au sang de Prométhée ? On ne le saura jamais avec certitude, mais dans une autre tragédie, "Les Colchidiennes", il mentionne Prométhée quand Médée conseille Jason devant une épreuve.

Moi qui vous ai souvent parlé des stoïciens avant ma conversion, y compris dans un billet d'août 2010, huit mois après mon voyage en Abkhazie, où j'abordais leur cas juste après celui des Argonautes (voir ici), je ne puis rester insensible au fait que le stoïcien Cléanthe (330-232 av JC) se serait lui aussi intéressé à la "plante prométhéenne" et aurait écrit selon un fragment analysé par l'exégèse allemande qu' "il pousse sur le Caucase,  une plante que l'on appelle prométhéenne. Médée la recueillit et la réduisit en poudre pour s'en servir contre les antipathies de son père". Lacombrade imagine même la possibilité d'une rencontre entre l'athénien Cléanthe et Apollonios à Alexandrie. En tout cas les deux naviguaient dans le sens des théories des grandes correspondances cosmiques qui allaient exalter le néo-platonisme au IIIe siècle de notre ère et qui connaissent un très grand succès de nos jours.

Pourquoi Sophocle et Cléanthe s'intéressèrent-ils tant à Médée et aux Argonautes ? On l'ignore.

Quoi qu'il en soit, pour ma part, je suis moins surpris de retrouver la sorcellerie des plantes et des astres (Médée est aussi la prêtresse qui fait tomber la Lune du ciel) autour des montagnes abkhazes qui en sont saturées (même le récit de mon ancien combattant en parlait) que de dénicher dans un peplum des années 60 une si grande fidélité érudite à un poème alexandrin des années 270 av JC... En tout cas jetez y un coup d'oeil si vous aimez les mythes et les origines de notre culture. Je le poste en lien ci-dessous.

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Le roi des gilets jaunes (suite)

23 Juillet 2020 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Divers histoire, #Grundlegung zur Metaphysik, #Le monde autour de nous

Aucun retour de la part des abonnés de ce blog, peut-être pas assez calés en prophéties messianiques ou tout simplement trop contents de pouvoir aller à la plage avec leur masque, après mon billet sur le "roi des gilets jaunes"...

J'ai quand même envoyé les vidéos où ledit "roi" s'exprime à un ami spécialiste des sociétés secrètes. Voici sa réponse, laconique mais prometteuse :
"Très intéressant
Il faut savoir que le comte de Paris était le vénérable de la loge du lys Noir"
A la GLNF (
Grande Loge Nationale Française)
Ils sont donc en attente d'un événement important "

(à suivre donc...)

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La luciférase dans le patch quantique de Bill Gates

8 Mai 2020 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #coronavirus-vaccination-big pharma, #Bill Gates, #Grundlegung zur Metaphysik, #Christianisme, #1910 à 1935 - Auteurs et personnalités, #Divers histoire

On a parlé le mois dernier, du  nouvel implant invisible appelé « tatouage à points quantiques» (un patch de micro-aiguilles) conçu par Microsoft pour suivre qui sera vacciné contre le coronavirus et qui ne le sera pas, sous le numéro du brevet WO/2020/060606.

Quand on commence à lire des informations à ce sujet on se croirait en plein "fake", en pleine contrefaçon complotiste, et pourtant qui peut invalider celle-ci ? Ce dispositif breveté qui se présente comme un "passeport immunitaire" (immunity passport) repose sur l'introduction sous votre peau d'une enzyme, la luciférase, qui est nécessaire pour qu'une machine puisse lire l'information inscrite dans votre tatouage. C'est une enzyme dont la bioluminescence est proche de l'infrarouge.

Le nom, qui renvoie à Lucifer, intrigue. Même le plus naïf, le plus anti-chrétien, le plus de mauvaise foi des lecteurs peut se demander "pourquoi avoir appelé une enzyme ainsi" ? Une question que Wikipedia en version française ne se pose évidemment pas. La première réponse qui vient à l'esprit, pour cette structure dont le génome a été décodé en 1987, c'est que Lucifer en latin, veut dire "porteur de lumière", comme l'entreprise allemande qui a équipé l'observatoire astronomique du Vatican aux Etats-Unis.

Ce peut être une façon de se rassurer si l'on décide par ailleurs  d'oublier qu'on a affaire là à des gens qui pratiquent l'occultisme dont ils affichent délibérément les signes (l'oeil d'Horus par exemple, ou pensez à Apple dont le logo évoque le jardin d'Eden vendant son premier ordinateur en 1976 à 666,66 dollars), et si l'on oublie que Lucifer est le dieu de la franc-maçonnerie si influente dans le milieu médical comme au sein de la Silicon Valley.

En réalité, si l'on se penche sur l'inventeur des mots "luciférine" et "luciférase", on découvre qu'il s'agit d'un certain Dr Raphaël Dubois. Dubois, professeur de physiologie générale et comparée à l'Université de Lyon, spécialiste des photobactéries, était au début du XXe siècle un anarchiste de salon, et un collaborateur de la revue "La Vie universelle, bulletin de l'Association internationale biocosmique" selon Vittorio Frigerio "Nouvelles anarchistes : La création littéraire dans la presse militante" p. 261. On peut trouver sur Internet une conférence de ce Dubois sur la paix en Europe, qui fait l'éloge de Pythagore - ce qui sent la référence maçonnique - (p. 4), et théorise sur les champs magnétiques terrestres y compris leur influence sur les épidémies (p. 7-8)... non non ne pensez pas à la 5G...

Voilà qui probablement exonère Bill Gates de l'accusation simpliste selon laquelle il aurait au sein d'une société secrète planifié d'introduire une enzyme au nom satanique dans son patch quantique, mais qui, en revanche, rattache clairement son entreprise à une tradition très marquée sur le plan de l'antichristianisme et des recherches occultes. De quoi encore renforcer la méfiance.

Au fait : a-t-on la moindre idée des effets secondaires de la présence de cette enzyme dans un organisme humain ? (tout comme d'ailleurs de ceux des effets de ce vaccin mal testé, préparé à la hâte, que les médias nous conditionnent chaque jour à désirer de toutes nos forces ?)

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Ne soyez pas égoïstes - faites circuler l'information : si un billet de ce blog vous intéresse, partagez le par mail ou sur les réseaux sociaux.

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Quand Kate Bush faisait l'apologie de Wilhelm Reich

21 Décembre 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Souvenirs d'enfance et de jeunesse, #Les rapports hommes-femmes, #Divers histoire

Tous les lettrés de notre époque savent que Wilhelm Reich était un psychanalyste marxiste apôtre de la révolution sexuelle dans les années 1950/60. Très peu savent que la chanson de Kate Bush, "Cloudbusting" de 1985, que j'entendais encore récemment dans un supermarché, était un hommage à celui-ci.

Kate Bush était dans les années 1980 une chanteuse sorcière, ouvertement païenne, qui s'est d'ailleurs filmée dans un clip dansant sur des squelettes (c'est Lindsay Kemp, qui lui a appris à le faire, comme  David Bowie,le mime s'était lui-même distingué en 1973 dans le très druidique-satanique film d'horreur The Wickerman/Le Dieu d'Osier ). Dans "Them heavy people", elle parle de gourous qui l'ont initiée aux thèse de l'occultiste Gurdjieff" (voir aussi les sources "gothiques" de ses autres chansons).

Elle s'est inspirée pour écrire Cloudbusting d'un livre du fils de Wilhem Reich, qui avait vu son père arrêté sous ses yeux. Reich avait joué les chasseur de nuages. Le principe de sa découverte était que l'on pouvait prendre de l'énergie sexuelle (orgone) stockée dans des armoires métalliques, la placer dans des tuyaux en cuivre ou en acier assemblés et l'envoyer vers les nuages pour les chasser. Dans la vidéo K. Bush joue le rôle du fils du savant.

On ne s'étonnera pas que ce clip ait été tourné par Terry Gilliam des Monthy Python, dont le film "Sacré Graal" avait été financé par des satanistes célèbres.

Reich de son vivant a été soupçonné de pédophilie. Kate Bush elle-même a dû se justifier en 2014 (voir Daily Mail du 27 juillet) de sa longue collaboration artistique avec le pédophile notoire Rolph Harris, et la question de sa propre implication dans cette pratique avait été posée dès 1980 à propos de sa chanson "Infant Kiss".

La diffusion persistante de la chanson de Kate Bush sur les ondes des radios entretient le culte de Reich, de la provocation sexuelle, et du commerce avec les forces occultes.

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Puharich, les médiums et la CIA

11 Septembre 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les Stazinis, #Grundlegung zur Metaphysik, #Débats chez les "résistants", #Le monde autour de nous, #Divers histoire, #1950-75 : Auteurs et personnalités

Un lecteur du blog attire mon attention sur un personnage à propos duquel il s'est documenté : Henry (Andrija) Puharich, (1918-1995) un Américain d'ascendance croate que Wikipédia présente comme " un chercheur en parapsychologie". "Puharich, m'écrit-il, est un peu celui qui a mis en avant Uri Geller, le type dont tu te souviens certainement qui prétendait faire fondre des cuillères par sa pensée. Au passage, des archives  de la CIA déclassifiées tendent à prouver que les scientifique mêmes de la CIA pensaient réellement que Geller avait un don, d'après leurs propres études à son sujet."  - Geller est maintenant animateur de TV en Israël.

"Bref, poursuit-il, Puharich a rencontré Geller en 1971 et a travaillé avec lui quelques années, il a même écrit une bio en 1974 intitulée Uri. Il voulait le mettre en contact avec ce qui était communément appelé, par les ufologues d'alors, le "Conseil de Saturne" ou le "Conseil des Neuf", ce que Puharich supposait être des extra-terrestres qui interagissaient avec la Terre, voire la contrôlaient, mais basés près des Saturne. Le fait que dans le livre 2001, l'Odyssée de l'Espace, écrit en 1968 par Clark, un signal extra-terrestre soit capté sur Terre en provenance de Saturne n'a absolument rien d'un hasard (je parle du livre, dans le film c'est Jupiter car Kubrick a changé la planète pour une raison que j'ai oubliée)."

Parenthèse personnelle : je me demande si ce n'est pas parce que Saturne est identifiée à Satan dans l'occultisme - il y a une vidéo de David Icke sur You Tube à ce sujet.

"D'autres sources de canalisation, continue mon correspondant, prétendent que le Conseil de Saturne est une base d'entités bienveillantes qui "protègent" la Terre avec une sorte de filet métaphysique pour empêcher l'intrusion d'entités malveillantes venant d'autres planètes, des sortes de Gardiens qui empêcheraient l'humanité d'entrer en contact avec des entités venant d'autres mondes avant qu'elle n'ait atteint un certain stade d'évolution, physique et métaphysique, les deux étant liés. Je n'ai pas d'avis là-dessus, je ne fais que te rapporter le résultat de mes recherches, qui à ce sujet sont assez anciennes."

"J'ai découvert il y a quelques mois que Puharich avait travaillé pour MK Ultra (le programme de contrôle mental de la CIA). A quel niveau de l'organisation il se situait, je ne sais pas, mais j'ai aussi découvert qu'il a utilisé une jeune femme comme "cobaye" de pas mal d'expériences de contrôle mental, au milieu des années 1970. Cette jeune femme, que Puharich et d'autres considéraient comme une medium, semble avoir été traumatisée à un degré assez sévère, et fait aujourd'hui du black metal, ouvertement sataniste.... Elle s'appelle Belita Adair, son site est "http://satanicchurchofthedead.com/", tu constateras ce que je viens de dire en allant jeter un coup d'oeil sur ses photos plutôt malsaines : pentagrammes inversés, images de démons, etc.. Mais surtout, la page la plus intéressante, où rien de tout cela (les trucs malsains) ne figure :  http://satanicchurchofthedead.com/belitaadairmkultra.html. Elle y raconte comment elle a été victime de Puharich et d'autres avant lui. Je peux te dire que j'ai l'impression d'avoir eu une chance énorme de tomber sur cela... Même les transcriptions déclassifiées de la CIA y figurent. Par ailleurs, avant d'être "étudiée" à Stanford, elle l'a été à l'UCLA (université de Los Angeles) aux mains d'une certaine Thelma Moss... la même qui a travaillé sur la photographie Kirlian qui permet de voir les auras... Tout ce petit monde est lié... Pour boucler la boucle, MK Ultra a été dirigé entre 1971 et 1978 par un certain William Thetford, qui a participé à l'écriture de l'une des bibles du mouvement New Age, "A Courses in Miracle" d'Helen Schucman, sorti en 1976, en pleine explosion de ce fameux mouvement New Age. Or, entre 1971 et 1978, on est pile dans la période ou MK Ultra étudie Belita Adair. Je n'ai trouvé aucune information supplémentaire sur son cas, mais c'est l'un des plus documentés que j'aie pu obtenir malgré tout. D'autres liens existent sans doute entre toutes ces personnes et d'autres encore, je n'ai pas creusé plus loin. "

Après le lien beat generation - pop music - new age - satanisme - CIA que j'avais cité dans mon billet  de mai dernier sur les Talking Heads (qui renvoyait aux travaux de McGowan sur le Laurel Canyon) on est là sur le segment médiums - New Age - MK Ultra CIA.

Mon correspondant ajoute : "Puharich s'est intéressé aussi à un phénomène appelé "chirurgie psychique", plutôt dans les années 1960 il me semble... On trouve des individus pratiquant ce genre de médecine parallèle au Mexique et aux Philippines. Je ne sais quoi en penser, des témoins rapportent que "ça marche"... Puharich étant ouvertement un parapsychologue, il s'est intéressé à tout ce qui touchait de près ou de loin au paranormal, donc aussi à ses phénomènes. On se croirait en plein épisode d'X-Files... Je ne me pose plus trop de questions quant aux sources d'inspiration des auteurs de cette série... à rapprocher de Twin Peaks, qui mélange allègrement ésotérisme oriental, ufologie et possession par des démons... Bref, je me disperse, mais tout est tellement lié que ça m'en donne parfois le vertige."

Sur le lien avec l'ufologie (puisque je vous disais que je lis sur la connexion ufologie-démonologie), mon correspondant note que Puharich "connaissait aussi un ufologue parapsychologue du nom de Charles Laughead. Laughead avait travaillé dans les années 1950 et peut-être 1960 avec Williamsom, toujours dans le but d'entrer en contact avec d'autres entités. Laughead a publié avec sa femme l'un des livres de Williamson en 1957, un certain "Book of Transcripts". Pas plus d'infos là-dessus, mais je n'ai pas beaucoup cherché non plus. Puharic parle de Laughead dans son livre "Uri". Dans ce même livre, Puhraric affirme aussi qu'il utilisait Geller pour communiquer avec une entité du nom de "Spectra"... Puharich et Williamson connaissaient tout deux Donald Elkins (alias Don Elkins), le seul ufologue de cette époque à qui j'accorde un certain crédit. Elkins a mis en place un protocole de canalisation extrêmement pointu qu'il appelait "tuned transe telepathy", je mets les termes anglais car j'ai du mal à traduire cela "Télépathie accordée par la transe" éventuellement. Avec son amie Carla Rueckert et un autre compère, Jim McCarty (le seul encore vivant aujourd'hui), ils ont communiqué avec une entité, ou plutôt un complexe d'entités du nom de Ra, et publié le résultat de ces contacts dans "The Law of One", une série de 5 bouquins publiée au début des années 1980, qui contient pas mal de vérités métaphysiques à mon sens, mais noyées dans pas mal de choses fausses (Atlantide, Tarot, Astrologie, une prétendue civilisation martienne qui n'a jamais existé), voire dangereuses (tout est un donc il n'y a ni bons ni mauvais !) Leur premier livre, "Secrets of the Ufo", mentionne Williamson, si je me souviens bien. Ra prétend avoir construit les pyramides... comme toutes les entités canalisées ou presque... sauf qu'elles se contredisent toutes sur les dates et sur les vrais auteurs.  (..) Elkins s'est suicidé en 1984 à 54 ans et le contact avec Ra n'a pas été repris par les deux autres... Rueckert est décédée récemment, il y a quelques années, après avoir affirmé dans les années 2000 que le changement de densité, le passage de la Terre dans l'Âge du Verseau serait pour 2012... Du bon New Age en somme, directement inspiré par Alice Bailey. Tous lisaient aussi abondamment Helena Blavatsky et Aleister Crowley (...) la fondation Edgar Cayce a financé dans les années 1980 une campagne de datation des pyramides d'Egypte au Carbone 14."

Voilà, je livre ce matériau aux lecteurs de ce blog ne sachant trop quoi en faire pour l'instant. Peut-être cela peut-il avoir quelque intérêt pour des gens qui font des recherches sur les rapports entre la CIA et les médiums dans les années 60, la façon dont tout cela s'est "cristallisé" dans le MK Ultra. N'oubliez pas que cela ne concerne pas que des expériences marginales des services secrets mais que les techniques expérimentées dans ce cadre sont aussi susceptibles d'être utilisée à grande échelle à travers les médias : par exemple le "backmasking" qui fait que par des procédés largement surnaturels (inspirés par des forces invisibles), on arrive à glisser dans des chansons des messages qui ne peuvent être entendus que si l'on passe la chanson à l'envers mais qui malgré tout conditionne notre cerveau car celui-ci est inconsciemment capable de "lire" à l'envers ce qu'on lui donne (c'est le sataniste Crowley le premier qui prôné la lecture à l'envers des livres sur les phonographes... inventés par Thomas Edison, grand théosophe devant l'Eternel, et  disciple de la médium Helena Blavatsky ...

Pour les lecteurs de ce blogs qui - à juste titre - s'intéressent plus au destin politique de ce monde qu'au paranormal (mais n'oubliez pas qu'à certains degrés tout cela est lié...),je signale quand même cette interview par le magazine allemand Telepolis en 2008 de Geller, le poulain de Puharich qui raconte ses rencontres (à la demande de la CIA) avec Kissinger (pour un motif mystérieux), Carter (pour le convaincre d'investir de l'argent dans les programmes de manipulation mentale et de divination à distance), sa découverte de pétrole pour le Mexique par des voies paranormales, son rôle dans l'admission d'Israël au sein de la Croix Rouge internationale en 2006 après 59 ans d'exclusion... Vérité, intox ? Allez savoir...

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Le Da Vinci Code et l'androgynie

22 Mai 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Divers histoire, #Grundlegung zur Metaphysik, #Philosophie et philosophes, #Christianisme, #Cinéma

Si un jour l'envie vous prend de mieux comprendre certains facteurs occultes de l'histoire du monde et de ses développements contemporains, je vous conseille de jeter un oeil à ce long texte en plusieurs parties de la prédicatrice américaine Barbara Aho (en anglais, il faudrait que quelqu'un le traduise en français un jour) qui s'employait il y a quinze ans à "remettre sur leurs pieds" divers mensonges du best seller de Dan Brown "Da Vinci Code". Tout n'est pas exact dans cet exposé (ne serait-ce que sur le plan factuel), mais c'est très intéressante : sur la tribu de Dan, les Mérovingiens, les Templiers, les Jésuites, les Rothschild, la couronne britannique et le Vatican ça décape.

Très modestement je vais me contenter aujourd'hui de vous présenter ici ce que dit dans cette vidéo postée hier (21 mai) en anglais un youtubeur ("Transapocalypse Now") à propos du film de Ron Howard (de 2006) avec Tom Hanks, Audrey Totou et Jean Reno tiré du roman de Dan Brown. Il s'y trouve des clés de compréhension importantes de l'ingénierie sociale actuelle.

Au delà de la simple thèse "hétérodoxe" selon laquelle Jésus et Marie-Madeleine auraient été à l'origine d'une lignée royale secrète gardée par les Mérovingiens et les Templiers, le film renvoie surtout au principe alchimique (au fondement des plus hauts degrés de la franc-maçonnerie actuelle) de la divinité androgyne - c'est ce que représentent Jésus et Madeleine - source de libération pour l'humanité.

Robert Langdon, professeur de symbologie, dès les premières images du film esquisse une poignée de main maçonnique et il fera le même signe à la fin du film, quand il aura découvert le secret, ce qui montre bien dans le cadre de quelle "initiation" le film se situe. Sur le feuillet qu'il ouvre (minute 1'40 de la vidéo) s'affiche le symbole de Saturne, familier de l'illuminisme contemporain, puis  le dieu égyptien Horus nourri par Isis. Horus est une figure androgyne qui réunit Isis et Osiris. Une encyclopédie de la franc-maçonnerie d'Albert Mackey de 1916, explique le youtubeur, décrit Horus comme l'hypoténuse du triangle rectangle dont les côtés sont formés par Isis et Osiris. Horus mélange les principes masculin et féminin, une combinaison qui se retrouve dans la svastika hindoue (qui à travers le groupe de Thulé inspira les nazis) et dans les deux triangles, l'un pointé vers le haut, l'autre pointé vers le bas, qu'on retrouve dans l'étoile de David (l'hexagramme, symbole occultiste dans la sorcellerie médiévale que l'on retrouve d'ailleurs dans les églises anciennes) et dans l'équerre et le compas de la maçonnerie. Howard les met en scène dans l'architecture du Louvre (minute 4'28 de a vidéo).

Le film montre aussi l'homme de Vitruve dans le cadavre maculé de sang (minute 4'35) aussi représenté par Léonard de Vinci dans une esquisse célèbre. Le youtubeur nous en montre une utilisation récente par le chanteur sataniste Marilyn Manson. On voit comme cet homme se trouve placé par la tradition occultiste au centre d'un X qui comme l'hexagramme représente l'Adam androgyne originel de la kabbale, Adam Kadmon dans lequel se réalise la divinité (luciférienne) de l'homme.

Le youtubeur explique ensuite que la pentagramme dessiné sur le professeur assassiné (joué par Jean-Pierre Marielle récemment décédé récemment qui jouait le rôle d'un franc-maçon dans "Mon oncle" inspiré de Maupassant et l'était probablement) est aussi le symbole de la réunion du masculin et du féminin. Howard dans le film, par la bouche de Tom Hanks le présente comme le symbole de Vénus - parce que le divin féminin doit conduire à l'androgynisme. Le plan suivant montre Mona Lisa et l'on explique que la gauche est féminine, la droite masculine dans le pythagorisme, et chacun sait en effet que la Joconde est androgyne, représentant deux personnages en un.

Le film insiste sur le tableau "La Cène" de Léonard de Vinci. Non seulement Madeleine est à la droite de Jésus, et le professeur de symbologie souligne "remarquez comme Jésus et Marie-Madeleine paraissent soudés par la hanche". Cela renvoie à l'androgyne bicéphale de l'alchimie (minute 9'37).

Et c'est Sophie (jouée par Audrey Tautou), la Sophia des Gnostiques qui se révèlera être la descendante de cet androgyne. Cette lignée est représentée par le rose-ligne (le méridien de Paris qui passe par Saint Sulpice qui a eu son début d'incendie juste avant Notre Dame cette année).

Le Youtubeur affirme (au vu de ses épaules et de sa pomme d'Adam) que la fille du réalisateur du film Ron Howard, Bryce Dallas Howard, née en 1981 (qui avait donc 25 lors de la sortie du film), qui a joué dan Jurassic World et La Couleur des Sentiments, serait un transgenre qui a suivi en cela l'initiation de son père.

Jessica Chastain et Bruce Dallas Howard sont souvent assimilées l'une à l'autre. Selon le Youtubeur cela procèderait d'une mise en scène de com pour montrer que l'androgynie peut se dupliquer comme dans une lignée. On ne peut peut-être pas le suivre jusque là.

Mais la vidéo a le mérite de rappeler que l'androgynie est fondamentale dans l'ésotérisme de la franc maçonnerie et le rôle de certains films dans la préparation du public au programme d'unité alchimique à l'arrière plan de tout cela.

Le youtubeur conclut par une référence à la nomination de Wonder Woman par l'ONU comme ambassadeur de l' "empowerment" des femmes. Wonder Woman est la déesse Diane dit-il. Dans la BD Wonder Woman est Diana Prince, et donc certaines spéculations peuvent relier tout cela au culte de Diane au fondement de l'antique sorcellerie (voir "Le Sabbat des Sorcières" de Ginzburg) voire au Baphomet comme le fait le Youtubeur mais là encore on est sur un terrain glissant...

Notons qu'Audrey Tautou est une figure importante de l'androgynie. Dans son exposition Superfacial elle porte une moustache. "Elle quitte plus, sa coupe à la garçonne, qui lui donne des airs de coco Chanel et affirme son physique androgyne" notait le Journal des Femmes 7 juillet 2016. Le magazine Elle relevait qu'elle avait le même "charme androgyne" qu'Audrey Hepburn. Il ne lui reste plus qu'à faire le même signe que celle-ci (voir photo ici à droite). 

Pour mémoire nous avons en France de nombreux occultistes qui banalisent le culte du Baphomet, dont  Anton Parks un ancien employé du rayon musique du Virgin Mégastore de Paris, adepte de la sorcellerie (il a avoué sa dette à la médium toulousaine Anna Zu'u en 2014) et du culte de la déesse-mère (donc de Lilith) qui a besoin d'une casquette pour se protéger des visions qu'il reçoit depuis ses 14 ans : il canalise des informations sur Sumer, l'Atlantide et les extra-terrestres et prétend que le Baphomet serait une déesse égyptienne heureusement importée en Europe par les Templiers.

 

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Les chemtrails du projet Cloverleaf

1 Juin 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Débats chez les "résistants", #Les Stazinis, #Divers histoire, #Barack Obama

Il y a beaucoup de sujets qu'on fuit parce qu'ils ont des relents complotistes, et parce qu'ils nécessitent une compétence scientifique pointu. On finit par s'en remettre aux experts officiels, d'autant que les petits chiens de garde blablateurs sont toujours très doués pour nous injurier et nous menacer dès qu'on s'aventure sur ces terrains. Et puis ces sujets sont souvent discrédités par ceux-là même qui prétendent les amener dans le débats publics et qui, par manque de compétence, les caricaturent. Bref, autant de bonnes raisons pour se taire à ce sujet. Mais il en est une pour quand même essayer de parler : c'est que tout honnête homme doit chercher à savoir dans quel monde il vit, et, s'il a un peu de temps libre et d'intelligence, il ne doit pas passer à côté de ce qui est potentiellement structurant du monde où il vit (or, pour savoir si c'est structurant où anecdotique, il faut d'abord se renseigner et réfléchir).

Parmi ces sujets, les chemtrails, ces traces blanches que laissent les avions dans le ciel. On pourrait juste se dire "c'est débile de penser que nos gouvernants veulent nous intoxiquer avec ça. Ca n'a pas de sens, et d'ailleurs pourquoi les Russes comme les Chinois seraient aussi d'accord eux qui n'ont pas les mêmes intérêts économiques et politiques - du moins pas toujours - que les Américains". Néanmoins le débat persiste depuis longtemps. Alors regardons une seconde et voyons si, au moins en apparence (car, soyons réalistes, on ne pourra pas aller plus loin que les apparences) il est plus sérieux que les théories sur les petits hommes verts, la terre creuse, la terre plate, le fait que le Moyen Age n'aurait jamais existé etc.

On nous dit qu'il existe un projet Cloverleaf (feuille de trèfle) pour répandre des aérosols sur la Terre afin de réduire le réchauffement climatique.

Par exemple Scott Stevens ex monsieur météo de  News Channel 6 à Pocatello explique qu'il est tout à fait logique que les jets produisent des traînées de condensation et qu'il serait inhabituel qu'ils ne le fassent pas. Mais le problème c'est leur persistance. Huit jours sur dix les conditions sont favorables pour que, lorsqu'un avion vole, les traînées persistent, alors que la moyenne devrait être 3,5 ou 4,5.  C'est pourquoi la forme des nuages change. Ils n'ont plus des formes de tortues ou de chameaux, ils sont plutôt strillés.

Un chercheur de la NASA (mais la NASA est-elle fiable ?) Patrick Minnus dément :les trainées de condensation ne représenteraient que 3 % de la couverture nuageuse. Les traînées de condensation se forment dans l'air au-dessous de -39 degrés Celsius quand l'air est sursaturé de glace. En raison de la structure physique de la glace, le niveau d'humidité doit en fait être plus élevé, soit environ 150% d'humidité, que pour que l'air soit sursaturé en eau. "L'échappement (moteur à réaction) injecte beaucoup d'eau dans l'air", a déclaré Minnus."Les gouttelettes d'eau gèlent immédiatement et vous vous retrouvez avec une traînée de condensation." Ca augmente avec le trafic aérien, voilà, c'est tout, circulez y a rien à voir.Sauf que l'idée de balancer des chemtrails pour lutter contre le réchauffement climatique est ancienne. L'académie nationale des sciences américaines l'avait évoquée dans un rapport de 1992 " "La stimulation de nuage par l'approvisionnement des noyaux de condensation de nuage semble être, indique-t-il, une option faisable et peu coûteuse capable d'être utilisée pour atténuer n'importe quelle quantité d'équivalent de CO2 par an. "

On dit aussi qu'Edward Teller (le père de la bombe H) a fourni la solution théorique au bouclier d'ozone dégradé - un programme global de modification atmosphérique à grande échelle. Il a proposé d'utiliser des avions et des fusées pour faire flotter des paillettes métalliques réfléchissantes dans la haute atmosphère afin de refléter les rayonnements ultraviolets, infrarouges et cosmiques nocifs dans l'espace. Cela permettrait de colmater temporairement le bouclier d'ozone, ce qui nous donnerait le temps de remplacer l'ozone par d'autres méthodes. Dans la même logique des avions ultradiscrets balanceraient des chemtrails.

L'hypothèse d'une utilisation de Cloverleaf pour modifier le climat n'est qu'une option faible dans les théories avancées sur les chemtrails.

Selon une thèse plus audacieuse ce projet orchestré par la CIA viserait à créer des armes à faisceau plasma à particules chargées. Une arme à plasma utilise de la matière constituée de particules chargées, d’ions et d’électrons ce qui lui permet de constituer un faisceau capable de détruire des satellites. La transformation de notre atmosphère planétaire en un plasma électriquement conducteur hautement chargé, utile pour les projets militaires. L'air que nous respirons est chargé de fibres synthétiques et de métaux toxiques, y compris les sels de baryum. Ces matériaux agissent comme des électrolytes pour améliorer la conductivité des radars militaires et des ondes radio.

Sauf que le baryum est toxique comme l'arsenic. Il est affaiblit les muscles et provoque l'Alzheimer. Le thorium présent aussi dans ces matériaux est cancérigène.

Le représentant démocrate Dennis Kucinich en 2001 avait tenté en vain  de faire interdire ces armes dans l'espace et comportait aussi un article sur les chemtrails.

L'aspect militaire et l'aspect lutte contre le réchauffement climatique sont interconnectés. Le père de la bombe H Teller était directeur émérite de Lawrence Livermore National Laboratory, où des plans d'armes nucléaires, biologiques et à énergie dirigée sont fabriqués. Peu de temps après la présentation en 1997 de son projet pour remplacer la couche d'ozone,  CBS News a admis que les scientifiques «envisageaient des solutions radicales pour le réchauffement climatique, y compris la manipulation massive de l'atmosphère». CBS a confirmé que le projet de charger l'air avec de minuscules particules «détournerait suffisamment de lumière pour déclencher un refroidissement global. " On sait par ailleurs que le Programme de recherche aurorale active à haute fréquence (HAARP) de l'Armée de terre en Alaska dans le cadre de l'Initiative de défense stratégique est un puissant outil de modification du climat et qu'il peut causer divers séismes.

Pour certains, les militaires prendraient le risque de tuer des civils parce que les sociétés secrètes ont prévu de réduire la population mondiale à 500 millions de personnes. C'est le "premier commandement" d'un étrange monument érigé en 1980 en Georgie (Georgia Guidestones). On connaît un peu le fonctionnement de certaines sociétés secrètes dans l'establishment militaire américain par des témoignages comme celui de Kay Griggs en 1998 (cette dame caricature l'existentialisme et confond Trotsky et Tolstoï mais elle avait l'air honnête, ce qui lui a d'ailleurs valu beaucoup d'ennuis). Allez savoir... La CIA n'en serait pas à sa première opération criminelle contre les civils de son propre pays en tout cas. Pensez au centre de recherche bactériologique de Plum Island où elle embaucha le SS exfiltré (opération paperclip) Erich Traub, centre qui provoqua probablement 1975 à Lyme au Connecticut une maladie inconnue (lyme disease) - le Dr Hermann von Buchholtz disparut mystérieusement pour avoir suspecté Plum Island.

Ce qui me gêne dans toutes ces histoires c'est que, si j'admets que l'augmentation du nombre des cas d'Alzheimer en 10 ans de plus de 50 % ne peu pas s'expliquer par le vieillissement de la population ni par les progrès de la connaissance médicale, je peine à l'imputer à des chemtrails. Si les militaires américains (ou français, ou chinois) balançaient du baryum ou du thorium dans l'atmosphère pour préparer leurs armes à plasma, tout un chacun pourrait le mesurer dans son jardin avec les instruments de mesure adéquats, non ? Juste une remarque naïve à ce stade où je n'ai pas d'opinion très élaborée sur le sujet.

(NB : en tout cas je conseille aux chercheurs sur le sujet de se reporter plutôt à des travaux américains qu'à des gens comme feu Claire Severac qui a l'air d'avoir beaucoup de fans sur le Net français mais qui était la reine de l'imprécision là dessus - voir cette video où on a droit à des "à Corpus Christi et je ne sais plus dans quel autre endroit' où min 5'12 ou à la minute 6'48 "Brzezinski éminence grise de tous les présidents des Etats-Unis", alors que quiconque connaît un peu la politique américaine et les relations internationales sait qu'il était  uniquement attaché aux cercles démocrates et fut donc conseiller de Carter, Clinton, Obama, et pas des autres, pour discréditer un propos ce genre d'erreur est fatal...)

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L'honneur assassiné de Léontine de Villeneuve

21 Août 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #XIXe siècle - Auteurs et personnalités, #Divers histoire, #Les rapports hommes-femmes, #La droite, #Cinéma

Dans le livre qu'il a écrit contre Deleuze "Apocalypse du désir" mais que je ne vous recommande pas car je le trouve un peu trop labyrinthique, Boutang voit dans le cavalier blanc du chapitre 6 de l'Apocalypse de Jean la figure du désir immédiatement adhérant à l'instant et sans but, désir pur et enfantin, à la différence du désir de guerre, du désir de mathématisation des rapports humains et du désir de néant qu'incarnent les trois autres cavaliers.

Châteaubriand éprouve à l'égard de cette forme de "désir pur" la même méfiance que Boutang. Il dit l'avoir vécu à 60 ans en 1829, dans sa vieillesse, sur le chemin de Cauterets (en Bigorre) et le compare au "repos inopiné" de Palinure dans l'Enéide qui s'était mal fini.

Il allait rencontrer dans la station thermale une de ses admiratrices de 26 ans, Léontine de Villeneuve, qui le lisait depuis deux lustres et entretenait une tendre correspondance avec lui depuis deux ans. Hélas pour le grand écrivain (que je soupçonne d'être un peu mythomane comme comme Malraux), celui-ci n'hésita pas à la diffamer dans ses Mémoires d'Outre-tombe en faisant croire qu'elle l'avait forcé à la raccompagner chez elle dans ses bras alors qu'elle n'avait que 16 ans (sic). Boutang dit que la plénitude de l'instant précède souvent un meurtre. Là c'est l'honneur de Mlle de Villeneuve (devenue ensuite comtesse de Castelbajac) que Châteaubriand tua.

La petite fille de Léontine a publié plus tard en 1925 ses lettres sous le titre Le roman de l'Occitanienne et de Chateaubriand, et tenté de rétablir la vérité.

"Il a fallu l'étrange passage des Mémoires de M. de Chateaubriand pour troubler mes souvenirs, écrivait à plus de 40 ans Léontine après être tombée sur cet extrait des mémoires dans  un journal. En présence de ce vrai et de ce faux.ainsi mêlés, et je puis ajouter ainsi travestis, l'effroi m'a saisie (*). Je me suis demandé si je me trouvais réellement vis-à-vis de moi-même dans cette personne dont je ne reconnaissais pourtant ni les sentiments, ni les actions. Mais ma fierté a pu se relever lorsque j'ai traduit chaque ligne de cette page au tribunal de l'exacte vérité. "

Elle expliquait plus loin que la différence d'âge (puisqu'il pouvait être "deux fois son père") l'avait poussée à vivre à Cauterets en toute innocence son amitié avec le grand homme et lui faire lire sa poésie, elle qui ne voulait vivre que de cet imaginaire là, et pour cette raison n'était toujours pas mariée. Chateaubriand qui apprit à ce moment-là qu'il était évincé du pouvoir, fit miroiter à Léontine la perspective qu'elle pourrait intégrer à titre permanent le cercle d'amis qu'il comptait fonder à Rome. Après avoir refusé cela parce qu'elle devait tout de même à son père de se marier, Léontine, le lendemain même, propose quand même d'aller attendre l'écrivain à Rome tandis qu'il irait règler des questions politiques à Paris. L'attendre, mais en tout bien tout honneur, pour intégrer ce groupe d'amis qu'il voulait réunir. Car, elle le dit dans son texte, elle est légitimiste, et politiquement plus à droite que Châteaubriand (trop libéral à son goût). Et dans ce milieu là on ne badine pas avec l'honneur !

"Vous me retrouverez entre les murs d'un couvent, sous la sauvegarde de la protection religieuse. Là, ma réputation sera mise à l'abri... Je ne parle pas de mon honneur : personne n'aura jamais le pouvoir d'y porter atteinte. Vous pourrez venir me voir tous les jours dans cet asile où nous nous donnerons hautement le nom d'amis, même en présence de Mme de Chateaubriand. Et, plus tard, lorsque les années seront venues pour moi comme pour vous, pourquoi ne deviendrais-je pas une nièce d'adoption qui se consacrerait à soigner et à consoler votre vieillesse?" lui aurait-elle dit... Et Chateaubriand refusa ce beau projet sacrificiel puis quitta Cauterets. Ils allaient s'écrire plusieurs fois encore (alors que dans ses Mémoires Chauteaubriand fait comme s'il connaissait à peine la jeune sylphide). Ils se revirent même en 1838 à Cauterets, puis rue du Bac à Paris juste avant la mort de l'auteur du Génie du christianisme. La correspondance publiée montre bien que la version de Léontine était la bonne.

Notre époque qui aime ajouter le crime au crime, le mensonge au mensonge, en 2008, sortit le film "L'Occitanienne",  dans lequel Châteaubriand et Léontine s'enlacent et se caressent longuement au milieu d'images suggestives du flot rageur du gave qui roule ses galers (j'aurais encore préféré une version avec Rocco Siffreddi et Clara Morgane...). Tant pis pour ce qu'était réellement Léontine de Villeneuve, son idéalisme littéraire, et sa vertu royaliste rigide. L'important n'est pas de rendre justice aux gens du passé, à ce qu'ils ont vécu ni ce en quoi ils ont cru. Léontine n'est plus ici qu'une jeune fille de notre époque qui aurait abusé d'une correspondance sur Facebook, et, arrivée dans la chambre de l'écrivain auquel elle était prête à se donner et même à qui elle voulait donner un enfant (ce qui, suivant les critères du XIXe siècle, est le comportement d'une catin...) réaliserait que tout est plus compliqué qu'elle ne l'avait initialement pensé. Notre époque n'aime pas rendre justice aux êtres, ni au passé... seulement idolâtrer ses propres valeurs, sa propre médiocrité...

Le réalisateur du film a le culot d'écrire en postface du film dans le générique que Léontine fut profondément blessée de "l'entrefilet" que Châteaubriand lui consacra dans ses mémoires ! (comme si lui, l'homme de notre époque, prétendait lui rendre justice et réparer l'offense faite à la jeune femme de 1829 en lui versant à son tour un pot de chambre sur la tête). Mais qu'eût elle dit du film alors ! Léontine n'avait pas été blessée du peu de place que l'écrivain lui accordait dans son livre mais du fait qu'il ait laissé entendre qu'elle voulait coucher avec lui, comme une fée des forêts un peu follette, alors que, comme ils étaient membres de la bonne société aristocratique tous les deux, et ayant de nombreux amis en commun (elle y insiste pour éclairer l'arrière-plan de leur rencontre), elle avait placé leur complicité littéraire à un tout autre niveau... Est-ce si dur à comprendre de nos jours ?

(NB : je n'ai pas le temps de développer ce point, mais il faut bien voir que notre temps aveuglé par sa fascination pour le désir charnel, et soucieux de rendre justice aux femmes - mais pas à la femme idéaliste, seulement à la femme sexuellement disponible, et mécontente de n'avoir pas assez de pages dédiée à son égo dans les mémoires d'un écrivain - non seulement ne comprend rien à l'honneur aristocratique et la vertu chrétienne qui le soutenait - à la différence de l'aristocrate romaine païenne antique qui selon Paul Veyne se donnait au noble le plus offrant dans un adultère sans état d'âme -, mais encore ne comprend rien à toute la beauté dont l'art littéraire se parait au début du XIXe siècle, beauté que Châteaubriand ne croyait pas ternir en se vantant d'avoir séduit une sylphide, mais qu'une aristocrate encore vierge aurait bien sûr anéantie en vautrant sa délicate poésie dans une sombre coucherie prénuptiale avec l'idole de son tabernacle épistolaire).

(*) c'est moi qui souligne

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Les Indiens hispanisés des Caraïbes

6 Août 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #XVIIIe siècle - Auteurs et personnalités, #Divers histoire

Les westerns nous ont montré des Indiens habitués à traiter avec la civilisation anglo-saxonne mais, au XVIIIe siècle,il y en avait aussi en Louisiane française qui s'habillaient à la Louis XV, et en Floride espagnole certains qui avaient été baptisés par des prêtres castillans. Quand le Père jésuite de Charlevoix fait partie d'une embarcation (un bateau nommé "Adour" bien qu'il eût un équipage breton) qui échoue en 1722 sur une des "Iles des Martyrs" à 150 kilomètres de la Havane, il est cerné par des "Sauvages" qui détestent les Anglais (mais les Français se sauvent en disant qu'ils sont alliés des Espagnols), tribu dont le chef se fait appeler Dom Antonio, mais dont les bonnes manières s'arrêtent malheureusement là (voir le récit ci-dessous). Charlevoix ne saura jamais à quelle ethnie ils appartenaient. Voici deux pages de son récit savoureux.

- Dommage que Gallica n'ait scanné que 3 tomes de sa description de l'Amérique française (au point que la fiche Wikipedia sur Charlevoix affirme qu'il n'existe que trois tomes de cet ouvrage), vous ne trouverez le tome 6 qui relate l'année 1722 que sur Google Books.Quel incroyable bonhomme que ce Charlevoix auquel on doit aussi une histoire du Japon et une du Paraguay ! -

 

 

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Histoire : Les Yézidis et l'URSS

13 Février 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Divers histoire, #Aide aux femmes yezidies

Puisque nous approchons du centenaire de la révolution bolchévique, un extrait du Bulletin périodique de la presse russe 8 septembre 1923 p.6 à propos des Yazidis du Caucase.

Conférence de Yézidis et de Kurdes à Tiflis.

La Pravda (30-8) annonce la clôture d'une conférence organisée par les Yézidis et les Kurdes de Transcaucasie. La Conférence, à laquelle le gouvernement soviétique a donné , tout son appui, s'est ouverte à Tiflis en présence d'une cinquantaine de délégués. Les Yézidis, qu'on désigne encore sous le nom d'Adorateurs du diable en raison des cérémonies bizarres qui accompagnent leur culte, forment avec les tribus kurdes des minorités nationales en Arménie soviétique. Les principaux groupements yézidis habitent le voisinage du mont Alagheuz et forment plusieurs villages le long de la frontière russo-turque.

Au début de la Conférence, les représentants du parti communiste de Russie rappelèrent aux délégués l'état de mépris et d'isolement dans lequel tous les régimes avaient tenu Kurdes et Yézidis. Il leur fut donné l'assurance que le gouvernement soviétique, défenseur des minorités nationales et des peuples opprimés, ferait tous ses efforts pour donner à chacun la possibilité de travailler et de vivre, tout en profitant des bienfaits de la culture soviétique.

En réponse, les délégués Yézidis déclarèrent qu'après des siècles d'oppression, d'alarmes et de persécutions, ils ont enfin trouvé de la tranquillité sous le régime soviétique.

Après la lecture de nombreux rapports, les délégués décidèrent de demander au gouvernement soviétique d'Arménie d'ouvrir des écoles nationales dans tous les villages yézidis d'Arménie. Avant de clôturer la Conférence, un rapporteur yézidi attira l'attention des délégués sur le fait que la publication du livre yézide (Chame)  (La Lumière) a été faite pour la première fois sous le régime des Soviets. (1)

(1) Le code de la doctrine des Yézidis contenu dans le « Livre » a été traduit de l'arabe en anglais par MM. Layard et Badger. Ce Livre, qui se réduit à quelques feuillets, paraît avoir été écrit à une époque relativement récente. M. J. Menant, de l'Institut, a donné sur les Yézidis une étude d'ensemble dans le vol. 5 des Annales du Musée Guimet.

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Les "Psaumes de David" en béarnais d'Arnaud de Salette

6 Janvier 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Béarn, #Divers histoire, #Grundlegung zur Metaphysik

En tant que béarnais, la question du protestantisme a souvent croisé mon parcours évidemment. La trace la plus ancienne de mes interrogations à ce sujet remonte, dans mon journal personnel, au 10 novembre 1986 (j'avais 16 ans) où j'écrivais sur un ton qui se voulait humoristique : "Cet après midi, après deux heures de brasse papillon en maths, j'étais assis à une table du café le Verlaine (à Pau) avec mon camarade Régis et six jeunes filles, dont deux protestantes, ce qui démontre une fois de plus mon extraordinaire tolérance à l'égard des suppôts de Satan qui, il y a quatre siècles, asservissaient le Béarn. A une des deux calvinistes je déclarai que j'aimais bien les protestants et qualifiai mon attitude d' "oecuménique". Celle-ci me rétorqua que l'oecuménisme n'était pas cela. Selon elle, il s'agissait de l'adhésion simultanée à deux religions chrétiennes. J'écoutai religieusement sa thèse, la remerciant de son cours de catéchisme. Naturellement, je savais sa définition erronée et l'assurance avec laquelle elle définissait un concept qu'elle ignorait me fit sourire". J'ai retrouvé ce passage cet été alors que je regardais des vidéos de prédicateurs sur You Tube. Un paragraphe qui montre au passage tout ce que ma personnalité de lycéen arrogant avait de pire. Je n'ai bien sûr gardé aucun souvenir de cette conversation ni des deux camarades de classe auxquelles je fais allusion...

Au grand l'oral de l'ENA en 1992 le journaliste Philippe Meyer m'avait beaucoup cuisiné sur la réforme, et dans cette école à Strabourg je côtoyais de temps à autre un calviniste militant. J'ai cherché dans ce blog en 2011 et en 2012, parfois un peu maladroitement, à cerner les mérites et désavantages de la "petite Genève" constituée à Pau avant l'abjuration d'Henri IV...

J'ai examiné d'un point de vue "anthropologique" la révolution calviniste en Béarn, avec des prohibitions des jeux et de la danse, dignes des talibans de notre époque. J'ai été sensible aux récriminations de Marguerite de Valois, la reine Margot, dans ses mémoires que l'on peut lire sur Gallica contre l'intolérance de cette révolution.

Aujourd'hui je suis devenu assez sceptique sur l'intégrité morale des deux femmes à l'origine de la victoire (provisoire) de la Réforme : Marguerite de Navarre et sa fille Jeanne d'Albret. La première, la Marguerite des Marguerites des poètes de la Pléiade, ne fut pas vraiment protestante mais elle protégea beaucoup de calvinistes dans le clergé local. Ses propos au capitaine Bourdeille relatés dans les Dames Galantes, sur cette tombe (peut-être dans le parc du château de Pau) de Mademoiselle de la Roche (Un bulletin historique et littéraire de la société d'histoire du protestantisme français du siècle dernier accessible sur Gallica précise que c'était une de ses dames, veuve et sans enfant, que la reine de Navarra envoya comme dame d'honneur à la duchesse de Ferrare en 1545 et qui allait être considérée en Italie comme une"créature méchante et de la pire espèce" avant de revenir à Pau pour y mourir) qui vibre quand son ancien amant marche dessus pue le spiritisme et l'occultisme à cent kilomètres (il est vrai que c'était à la mode : le frère de Marguerite de Navarre, François Ier, portait toujours sur lui de la poudre de momie égyptienne et fut fasciné par l'art "isiaque" de Léonard de Vinci). La fille de Marguerite, Jeanne d'Albret, fut moins élégante et plus intègre religieusement, mais sa manière de chanter un cantique à Notre Dame du Bout du Pont quand elle accouche de son fils Henri n'est pas à l'honneur de son calvinisme...

Pour me faire une meilleure opinion sur l'histoire de ma région, je me suis récemment penché dans ce classique de la littérature en langue béarnaise dont je connais l'existence depuis 1991 (cela fait partie des livres qu'on vend bon marché dans les festivals occitanistes) que sont les Psaumes de David traduits par Arnaud de Salette (les cours du Rav Dynovisz sur les psaumes sur You Tube avait excité ma curiosité à ce sujet à l'automne dernier).

Arnaud de Salette, qu'on croit né vers 1540 à Pau, est fils naturel d'un membre du conseil de Navarre, président du Conseil souverain en 1567 (il présida donc l'assemblée extraordinaire qui mit le Béarn en état de guerre contre la France en 1568 pour la défense de Navarrenx), qui l'a cependant reconnu et fait héritier par testament. D'abord avocat puis pasteur, il est reçu au ministère lors du synode de Pau en 1567, la même année que Jean de Liçarrague (1506-1601). La comparaison avec Jean de Liçarrague est intéressante. Puisqu'il est le traducteur du Nouveau Testament en langue basque imprimé sur ordre de la reine de Navarre à La Rochelle en 1571, livre dédicacé à Jeanne d'Albret (le conseil de Navarre lui accorda en 1573 50 écus Soleil - somme importante pour l'époque dit-on - pour cette opération selon l'Histoire de Béarn et Navarre composée par le pasteur de Nay Bordenave). En 1582 il était né à Briscous et pasteur à Labastide-Clairence, village basque du canton de Bidache, parlait français, béarnais et basque, et peut-être ancien prêtre catholique. En tout cas il fut emprisonné pour ses opinions. Il publia aussi le catéchisme de Calvin en baque. En 1874 il ne restait plus que 13 exemplaires connus de son Nouveau Testament dont 6 dans les bibliothèques publiques en Europe.

Salette semble d'un milieu social plus élevé que Liçarrague et plus impliqué dans la vie de cour. Pasteur à Orthez (adjoint d'un certain Solon), professeur à l'académie protestante de cette ville, il s'installe à Lescar avec son académie, à cause d'une épidémie de peste à Orthez, puis muté à Lembeye après de mauvaises fiançailles avec la fille d'un pasteur. Aumônier de la régente Catherine de Bourbon à Pau, il meurt vraisemblablement dans les années 1590. Les psaumes commencés en 1568 (quand Liçarrague traduisait son Nouveau Testament) ne sont publiés qu'en 1583 par un imprimeur montalbanais Louis Rabier installé à Orthez en 1578 et qui réalisa sa dernière impression à Montauban en 1582 d'un livre d'Athénagoras d'Athènes traduit par Michel Béraud (pasteur théologien de l'académie de Montauban qui enseigna aussi à Saumur). Il avait déjà publié les 150 psaumes de David en français à Orléans.

Les psaumes de Salette sont une mise en vers béarnaise pour être chantés sur le modèle de ce que Marot et de Bèze avaient fait en français. Selon Robert Darrigrand, reprenant l'hypothèse de l'abbé Bidache, estime que Salette a pu les traduire directement de l'hébreu. Seulement dix exemplaires sont parvenus à nous (moins encore que du Nouveau Testament en basque de Laçarrague) dont trois étaient en Angleterre et en Suisse.

Les Psaumes sont en hébreu les Téhilim. Selon un texte du Midrash (de l'exégèse, dans la Torah orale Torah SheBe'al Pe), le roi David a demandé que ses Psaumes aient autant d'importance que la Torah de Moïse. Dieu (Hachem) l'aurait refusé, alors que David a divisé son livre en 5 livres pour que cela corresponde aux 5 parties de la Torah. La demande de David  selon l'enseignement du Rav Dynovisz aurait permis de faire du judaïsme une religion standard dans laquelle la connexion à Dieu par la prière aurait été fondamentale, sans étude du texte placée au premier plan. David ayant une âme du côté féminin (et de la royauté féminine). Mais ce que David a obtenu c'est que l'on ne puisse être un géant dans la Torah qu'en passant par la prière. Toute réalité se construit à partir de réceptacle et énergie, la Torah est la lumière et la prière en est le réceptacle (comme l'âme et le corps). La prière est le corps. On ne peut donc être homme de Torah sans lecture quotidienne des Psaumes. Dans la Kabbale Moïse représente la tribu de Yesod (celle de la Lune et du fondement de l'arbre de vie), et David celle de Malkuth ou Malchut (la royauté féminine). Déjà la Torah de Moïse cherchait son réceptacle : au début du 2ème livre de la Torah, dans "voici les noms des enfants d'Israël qui sont descendus en Egypte" (Exode 1,1) la fin des mots de cette expression en hébreu donne Tehilim (les Psaumes). David dans ses psaumes a caché des secrets qu'ont approfondi le Zohar et la Kabbale.

Nous allons ici comparer la traduction de quelques psaumes de Salette avec la version française actuelle (nouvelle version Segond révisée 2014) et avec ce qu'en disent les autorités juives. On verra que Salette est souvent plus proche de l'hébreu sur le plan littéral, que de la logique occidentale (française) comme est censé le faire protestantisme par rapport au catholicisme mais que cela ne lui permet pas forcément de rejoindre la visée théologique du point de vue strictement juif de chacune des invocations qu'offrent les Psaumes.

Psaume 2 : "Pourquoi les peuples sont dans l'effervescence, et pourquoi les nations pensent-elles de telles vanités ?" "Pourquoi les nations s'agitent-elles" dans Segond, "Perqué hen brut e tempestejan tas holas gents" : Salette perd la notion de nation sauf si on comprend "gents" comme les nations dans le sens de "droit des gens" et après il parle des peuples mutinés. "Parce que voici que se dressent tous les dirigeants du monde, et tous les conseillers se réunissent dans le secret ensemble pour essayer de s'unir dans un projet contre Hachem et contre son Messie". Segond dit "Les roi de la terre se dressent et les princes se liguent ensemble, contre l'Eternel et contre son Messie". Salette "Les grands rois de la terre se sont levés ensemble et les seigneurs d'un coeur maudit, pour contre Dieu faire la guerre ensemble, et contre Christ son Fils béni". Salette est plus concret ici sur la notion de guerre, mais il en rajoute sur ce Messie "fils de DIeu" qui est absolument absent de l'original juif. Les deux perdent la notion de secret des conseillers.

"Il faut absolument briser ces chaînes" ("brisons leurs liens" écrit Segond, Salette fait juste plus imagé avec des"courroies renforcées") "et on les jettera". "Celui qui est dans le Ciel se mettra à rire" ("se rira de" écrit Salette, et "se moquera" chez Segond). Dans le Talmud, le traité "Avoda Zara" au début du Talmud explique que depuis la destruction du Temple Hachem ne rit plus, et il ne rira à nouveau que pendant la guerre de Gog et Magog, quand Israël sera revenu de l'exil "échappé de l'épée" selon Ezechiel, après le dévoilement du Messie. Pour les commentateur donc le psaume est une vision eschatologique de la guerre de Gog et Magog. Segond perd la dimension du rire que garde Salette.

"Le maître du monde se moquera d'eux et il commencera à leur parler avec colère", en hébreu. Bizarrement Segond écrit ce passage au présent ce qui le vide de toute dimension prophétique. Salette en béarnais le conjugue au futur. "Et il les fera tomber dans une panique inimaginable, elles seront frappées de stupeur" "dans sa fureur il les épouvante" dit Segond, "il les ébranlera" écrit Salette. "Est-ce que vous voulez remettre en cause le fait que j'aie librement choisi mon roi "c'est moi qui ai choisi mon roi" dit Segond (idem chez Salette). Puis le Messie prend la parole : "Et moi je parlerai de la loi" "Et moi, son roi, je conterai tout exprès son saint décret qui jamais ne varie" chez La Salette. "Je publierai le décret de l'Eternel" écrit Segond qui perd complètement le changement de locuteur ! Le mot choisi qui eut vouloir dire décret désigne la loi au dessus de la compréhension humaine. Les nations sont liées par les 7 lois de Noah, et selon le Talmud Dieu en ajoutera 13 aux 7 déjà connues, soit 20 valeur numérique de "keter" couronne qui est la Sephira la plus élevée de l'arbre de vie. Ces 20 sont des têtes de chapitres.

"Du maître du monde qui m'a dit 'tu es mon fils' " (bizarrement Salette ajoute "unique" à mon fils, peut-être pour le rapprocher du credo). Du point de vue juif évidemment pas de référence à Jésus ici. Moïse avait dit d'Israël devant Pharaon au moment de la dixième plaie "Israël est mon fils". Dans le 2ème livre de samuel 7: 14 Hachem dit à David au sujet de son fils qui construira le temple "Je serai son père et il sera mon fils".

"Aujourd'hui je t'ai fait naître" (repris par Salette et Segond) - signe selon les Juifs que cet engendrement est purement métaphorique -. Ce sera le moment où le Messie recevra toute sa force. "Demande moi ce que tu veux, je te le donnerai. Tu veux hériter des peuples, que ton pouvoir s'étende aux extrémités de la Terre, tu l'auras". "Frappe les avec un bâton de fer, pulvérise les comme des pots chez le potier". "Maintenant vous les rois, dit le Messie, prenez garde, vous qui jugez la terre, servez Dieu dans la crainte" (Segond utilise aussi ce mot, Salette dit "en toute révérence". "Et dansez en tremblant"... "Soyez dans l'allégresse en tremblant" dit Segond (Salette fait une longue paraphrase trop constructive "Réjouissez vous d'avoir un tel Seigneur et tremblez devant son excellence". Et pour finir "Embrassez ce qui est pur de peur que Dieu ne se mette en colère, bienheureux ceux qui placent leur confiance en lui" (embrassez le "bar"). "Embrassez le fils de peur qu'il ne se mette en colère" écrit Segond "baisez le fils pour qu'il ne se courrouce pas" écrit Salette. Selon les Juifs, "bar" ne veut dire fils qu'en araméen, mais jamais un mot araméen n'est employé dans les psaumes. Plus haut Dieu dit "ben" pour fils. Chouraqui dit "transparence" et non pas "pur". Le premier psaume comparait les méchants à l'écorce qui vole au vent et les justes au blé sans écorce, et bar peut vouloir dire ici le blé.

On voit que dans ce psaume Salette a le mérite de placer ses verbes au futur ce qui au moins restitue aux versets leur dimension prophétique (par rapport à Segond) et il fait correctement la part entre ce que dit l'Eternel et ce que dit le Messie. Mais il y a une surenchère chrétienne dans les rajouts ("fils unique", mauvaise traduction de "bar" etc) qui conduit à ne pas voir, comme dans Segond, que le psaume annonce une revanche du peuple d'Israël après que les peuples dans le guerre de Gog et Magog se sont entre-détruits.

Psaume 7 : "Il y a quelque chose que j'ai commis sans en avoir la moindre idée, et cette faute je veux maintenant en faire un chant pour Dieu, et cette erreur concerne  Kouch fils de Benjamin". Kouch est un fils de Cham, ancêtre des africains et des Egyptiens. De Kouch sortit Nimrod. Les commentateurs disent que Kouch est Saül et qu'il n'a pas voulu l'appeler Nimrod (fondateur de Ninive) en lui disant qu'il vient de Kouch. "Hachem c'est en toi qu ej'ai placé ma confiance, sauve moi de tous ceux qui me poursuivent, de peur qu'ils ne déchirent mon NEFESH, mon âme, comme le ferait un lion". Salette écrit "de peur que leur guidon ne m'atteigne" (le guidon étant le porte-enseigne) "et comme un lion me prenne". "De peur qu'ils ne me déchirent comme un lion" dit Segond...

David parle souvent de son Nefesh (qu'on traduit aussi parfois par psyché, c'est la partie émotionnelle de l'âme, Chouraqui dans sa Bible traduit par "mon être"). Ici la notion est annulée par Segond et Salette.
"Ai-je fait quelque chose qui le mérite ? Est-ce que je me suis comporté d'une manière qui pervertit les valeurs 'avel' ? Moi je n'ai jamais fait de mal à ceux qui me font du bien, et je n'ai jamais fait du bien à ceux qui me veulent du mal".

Salette traduit par "si j'ai consenti à quelque lâcheté, si celui qui en toute amitié demeurait avec moi ou qui à tort était mon ennemi n'a pas trouvé en moi un bon ami" (sic). Segond choisit "s'il y a de la fraude dans mes mains, si j'ai rendu le mal à celui qui vivait en paix avec moi, si j'ai dépouillé sans raison mon ennemi".

D'un point de vue juif David dit qu'il n'a pas eu de perversion de valeur, il n'a pas aimé son ennemi comme Saül qui refusa de tuer le roi d' Amalec (dont un descendant voudra l'extermination des Juifs à l'époque d'Esther) comme Dieu le lui ordonnait (1 Samuel 15:9) pour venger ce qu'Amalec leur avait fait à la sortie de l'Egypte ("celui qui est bon avec ses ennemis sera cruel avec ses amis" allait lui dire Dieu).

Les deux traductions chrétiennes sont aux antipodes de cette problématique. Mais notons que celle de Chouraqui l'est aussi puisqu'il écrit "si j'ai rétribué mon payeur de mal, ou dépouillé on oppresseur gratuitement".

"Hachem lève toi, dans ta colère " (Salette et Segond traduisent de même) "Et enfin accomplis la justice dont tu es toi même la source" ("réveille toi pour moi toi qui as établi le droit" dit Segond, "selon ton jugement" dit Salette, étonnamment concis cette fois).

Les deux traductions manquent le fait que David, prototype de l'homme poursuivi, accusé d'être un faux juif depuis le départ, de par ses origines, a été placé dans cette situation parce qu'il était jugé au niveau des petites erreurs de ses intentions et non de ses actes ou même pensées. Au niveau de l'action avec Bath-Sheba il n'a pas commis de faute. Son intention était de donner une lignée du roi Salomon le plus vite possible pour accélérer le tikkun. Sa seule erreur fut d'avoir fait tuer son mari avant que Dieu le fasse mourir en première ligne au combat. Comme le rappelle un site sur le Net " Technically, Bathsheba was not a married woman since David's troops always gave their wives conditional divorces, lest a soldier be missing in action leaving his wife unable to remarry " ( Talmud, Shabbat 56b ). David n'aurait jamais existé si Hachem n'avait pas pris au sérieux les intentions (David vient d'une inceste d'un père ancêtre des moabites - Lot - avec ses filles mais où l'intention était de survie du groupe, d'un beau père avec sa belle fille prise pour une prostituée - Juda et Tamar - mais où l'intention de Tamar était d'engendrer les rois d'Israël, de sorte que Dieu valorisa la part de bonne intention, et il fit de même avec les femmes de Moab, le peuple qui malgré son ascendance abrahamique ne nourrit pas Israël à la sortie d'Egypte, mais ce sont les seuls hommes qui sont engagés dans l'interdiction d'échange avec Israël car seuls les hommes allèrent au devant des israélites pour leur refuser le pain, comme le leur confirma la pudeur Ruth la moabite). Chaque cadeau que fait Hachem a un prix. Le prix de la bonne intention fut l'enfer pour David. Dieu a instruit David en lui montrant comment dans la moindre des bonnes intentions on peut trouver l'étincelle de divin (ce que devra faire le messie pour reconstruire le monde, la récupération des étincelles dans la kaballe), mais le revers est d'être jugé aux intentions. C'est pourquoi il est jugé même responsable des fautes de Samuel dont il fut victime parce que celles-ci eurent lieu du fait de son existence (d'où la notion de faute non intentionnelle). David veut protéger son nefesh parce qu'il a peur d'en devenir fou (lui et sa lignée messianique).

Cette attention aux intentions propre à l'ère messianique se retrouve dans le célèbre verset 10 de ce psaume "toi qui sondes les coeurs et les reins, Dieu juste" (d'ailleurs Salette ne parle que du coeur et pas du rein).

Psaume 33 : "Que les justes se mettent à chanter Dieu. Seuls ceux qui sont véritablement droits méritent de le louer. Louez Hachem, avec les harpes, le luth, les instruments à dix cordes. Chantons lui un chant nouveau. Mettez y les meilleurs de vos chants et instruments". "La louange convient aux hommes droits" dit Segond, "Car magnifier sa hauteur est aux justes chose belle et aimable" dit Salette. Ici c'est la traduction de Segond qui rend le mieux compte de l'accord entre intériorité et chant que désigne le fait en hébreu que seul le droit peut louer Dieu par le chant. "Hachem aime la bonté, la justice, la bonté d'Hachem remplit le monde" (Segond dit "la bienveillance", "les biens du Seigneur" dit Salette). "Le ciel a été créé avec la parole d'Hachem, tout ce que tu vois ne tient que sur le souffle de sa bouche". La parole de la Torah est ce qui le monde dit le Zohar, et la Torah du fidèle doit être tournée vers lui. "Toute leur armée est faite par son souffle dit Segond "de son souffle il a fait son armée" dit Salette.

"Hachem a réuni les eaux dans l'océan et ce monde est rempli d'eau" (l'eau de la mer et celle qui est sous terre) "Que tous ceux qui vivent sur terre craignent Dieu et tous ceux qui vivent sur terre doivent le craindre" . Le lien nature-spirituel selon le Malbim met en rapport la nature selon ses lois avec la nature selon la providence. L'énergie négative d'un individu se combine aux autres pour détraquer le monde. D'où le fait qu'il faut s'habituer à louer Dieu du plus profond de soi pour empêcher que le monde n'encourage en soi les penchants négatifs.

"Ce qu'il a dit est ce qu'il y a, ce qu'il a ordonné est ce qui restera. Hachem annule les décisions des nations. Il annule les pensées des peuples." ("il renverse le conseil des nations", dit Segond, "il détruit et corrompt ce qui se décide dans la tête des peuples" écrit Salette sur un mode plus clair)

"La seule chose qui restera c'est ce qu'Hachem a décidé.Le projet de son coeur, s'étend sur des générations"  "le conseil de l'Eternel subsiste à toujours et les projets de son coeur, de génération en génération" dit Segond "le conseil invariable du Seigneur demeure à jamais, ce qui est agréable à son coeur dure d'âge en âge". Segond là dessus est plus près de l'intention avec la notion de "projet".

Un petit plus donc pour Segondsur ce psaume, même si sa traduction comme celle de Salette ne permet pas de comprendre clairement que le Psaume incite à comprendre la réparation de Dieu sur plusieurs génération, quand la parole portée par l'homme n'est pas assez bonne pour le monde.

Psaume 39 : "En mi medish èo dit : jo prenerèi guarda a tot ço que jo harei etc" (je prenais garde à tout ce que je ferais), chez Segond "je disais : je garderai mes voies de peur de pêcher par ma langue" en hébreu:  "Je me suis convaincu de toujours faire attention à mon comportement (mais dans Chouraqi c'est "mes routes"), et de ne pas fauter avec ma bouche, j'ai toujours essayé de faire attention de fermer ma bouche lorsque le méchant devant moi me calomnie" (Salette dit "l'inique"). Il a montré que lorsque, poursuivi par son fils Absalom se leva contre lui (2 Samuel 15) il supporta les reproches du chef du Sanhedrin sans rien dire. "Je suis resté muet" en français, puis "et oui même du bien je me suis tu" écrit Salette, le français dit "éloigné du bonheur" (ce qui n'a rien à voir) les interprètes disent "même si on pourrait penser qu'il serait bon de répondre". Salette ici fait un effort supplémentaire par rapport à la Bible de Segond, mais rate quand même le sens juif. "Mon coeur était chaud" en traduction littérale de l'hébreu, "je sentis à mon coeur une grande chaleur" chez Salette, "mon coeur brûlait au dedans de moi" en français (Salette est plus près de l'hébreu). Le Talmud dit que les reproches contre David à propos de Bethsabée glaçaient le sang dans ses veines, mais qu'il se retenait de répondre pour ne pas leur enlever une place une place dans le monde futur (car celui qui fait honte en public à quelqu'un n'a pas de place au monde futur). "Mes pensées étaient pleines de feu" chez Salette comme dans l'hébreu ("dans mon gémissement un feu s'allumait" dit Segond). "Il n'y en a qu'un seul à qui je vais parler Hachem" (Salette "A Dieu ma langue a dit ceci", Segond "Et la parole est venue sur ma langue") : "Dieu, je t'en supplie aide moi à connaître que je suis un mortel" ("connaitre ma fin" dit Segond, "montre moi ma mort" dit Salette). "Aide moi à le ressentir et aide moi à comprendre que ma vie est mesurée" - "quelle est la mesure de mes jours" chez Segond, "que je sache le contenu de mes années" : ici Segond est plus éloigné du texte hébreu où il ne s'agit pas de contenu mais les 2 perdent le "aide moi à le ressentir"... "Aide moi à comprendre à quel point je ne suis pas indispensable ("je reconnaîtrai combien je suis fragile" chez Segond, le vers n'existe pas chez Salette). "Et en vérité combien l'homme devrait se rendre compte que son existence n'est que vanité" - Segond dit "Oui, tout homme debout n'est qu'un souffle"." Certes tout homme est toute vanité" chez Salette (plus près de l'hébreu) "Un homme avance dans l'obscurité" "il passe comme l'ombre" dit Salette "l'homme se promène comme une ombre" dit Segond. Les traductions ensuite se rejoignent sur l'idée que l'homme amasse au profit de quelqu'un d'autre. "Et je n'ai en vérité  qu'une seule demande, tout ce que j'attends de toi, sauve moi de la faute, et ne me laisse pas devenir comme eux une ordure" ("ne m'expose pas au déshonneur de l'insensé" dit Segond "et ne pas m'abandonner à la joie folle de ceux qui n'ont aucun entendement" dit Salette très loin de l'original).

"Aide moi à vivre que je suis mortel". La date de la fin de sa vie l'obsédait au point qu'il a forcé Hachem à lui dire qu'il mourrait un jour de Sabbat et, tous les sabbats il se scotchait à la Torah pour que l'ange de la mort ne puisse pas le prendre, ce qu'il fera à ses 70 ans quand la chute d'un arbre put le distraire de son étude. Pourquoi était-il obsédé par le jour de sa mort ? David avait toujours été refusé par ce monde parce que son âme était trop spéciale ou parce qu'il était chargé de préparer le tikkun du monde (cf  Ari Ha'Kadosh/Isaac Louria). C'est pourquoi il ressentait la vanité de sa vie. Il était prisonnier des klippot (les écorces négatives du monde). Il est dit éternel et plus présent dans le monde depuis 3 000 ans que les prophètes.

Malade pendant six mois après l'affaire de Bath-Sheva quand Dieu l'a frappé et quand tout le monde s'est ligué contre lui.Selon le Sforno (1470-1550) David était un admoni, un rouquin aux yeux pleins de sang (Samuel I, Chap.16, verset 12), né avec une nature qui a effrayé Samuel et exerçait une fonction de roi qui lui interdisait de garder le silence (il aurait dû couper des têtes). Mais comme il était d'essence royale, par delà l'extériorité de la fonction, il pouvait se taire. Donc il n'est rien en tant que David, mais devant Dieu par son essence il est éternel.

Il me semble que sur ce Psaume Salette est souvent plus littéral que Segond, mais manque un peu ce besoin qu'a David de méditer sur la durée de ses jours, et donc manque cette forme de récupération de son essence royale que marquent son choix du silence et son face à face avec la mort.

Il y a donc dans l'ensemble quelques points sur lesquels Salette fait mieux que Segond dans sa traduction, mais d'autres sur lesquels il est plus simple. Beaucoup, à cause de l'arrière plan chrétien, s'éloignent de la connotation eschatologique purement juive que porte le texte hébreu. On peut se demander pourquoi il y a eu un retour aux Psaumes chez les calvinistes de la Renaissance, pourquoi ce succès des psautiers dans la liturgie. Mais je ne connais pas assez bien l'histoire du protestantisme pour répondre à cette question.

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Péril rouge

18 Septembre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Divers histoire

Il est très étonnant de voir combien en 1968-69 les gens de droite étaient persuadés que le communisme risquait de l'emporter dans le monde (remarquez j'ai constaté cela aussi en 1982). Je me souviens des images d'archives d'Edgar Faure tentant de justifier à l'assemblée nationale la constitution de l'université de Vincennes et disant aux gaullistes "certains d'entre vous pensent que le communisme va conquérir la génération qui vient - si c'est le cas ni vous ni moi n'y pouvons rien".

 

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Dans le journal de Paul Morand du 1er septembre 1969 je lis à propos de la prise du pouvoir par Kadhafi en Libye : "Révolution en Libye. Cela va faire, tôt ou tard, sauter la Tunisie et les communistes arriveront à Tanger. Faire sauter l'Espagne ne semble qu'un jeu. La flotte russe d'une Méditerranée russe appuiera. "Nous viendrons à bout de l'Occident par l'Orient" (Lénine)" "

 

Et dire que Morand a été diplomate ! Cette analyse ressemble aux propos d'un chauffeur de taxi...

 

Aujourd'hui, à part quelques exaltés d'extrême droite, personne ne fait sur les djihadistes les pronostics que les conservateurs d'il y a 40 ou 50 faisaient sur les communistes, c'est déjà un progrès. L'ennemi est ramené à une plus juste proportion.

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