Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #la revolution des montagnes tag

Commentaire de M. sur mon roman "La Révolution des Montagnes"

15 Février 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La Révolution des Montagnes, #Béarn, #Actualité de mes publications

La sociologue d'origine béarnaise (par sa mère), M., qui enseigne en région parisienne, vient de m'écrire un commentaire aimable sur mon roman paru en 2009, La Révolution des Montagnes. C'est un roman antérieur à ma conversion que je considère aujourd'hui symptomatique des égarements d'une vie sans transcendance, mais qui dit quelque chose aussi de la folie du monde que nous construisons depuis quelques siècles. J'en avais écrit le premier jet il y a 30 ans. Je l'ai profondément remanié ce roman 15 ans plus tard, en 2006 (il y a trois lustres). Il est intéressant que je sois conduit à me pencher à nouveau sur cette histoire tous les 15 ans.

Voici donc ce que M. m'écrit :

"J’ai lu avec grand plaisir votre livre envoyé très vite par votre éditeur.

Vous avez une belle plume, alerte et vive, qui fait sentir les situations. Ce fut un régal de vous lire et j’ai souri ou ri bien souvent.

L’indépendance du Béarn soutenue par une actrice de films pornos, il fallait le faire et la fin avec le projet de bébé shootés à la dopamine,  brrr ! Le tout dans les paysages magiques du Béarn…

L’ensemble est assez loufoque, revigorant et très bien enlevé !

Les seigneurs de la Vicomté du Béarn auraient sans doute apprécié, les différents registres de la vie cohabitaient sans doute plus facilement qu’aujourd’hui à l’époque.

Il y a de plus une réflexion très forte sur le pouvoir : les indépendantistes béarnais de votre livre ne sont pas les seuls à se battre sans grand programme pour une idée assez floue  et à se retrouver au prises avec toutes les embûches, à commencer par le refus de la population  de changer son mode de vie, pas si désagréable au fond. Et que fait Fulgaran une fois devenu président ? Pas grand-chose. Vous l’écrivez de manière implacable pp. 101 – 105 en particulier : « Il était évident qu’il n’y avait plus rien à faire, au sommet de ce nouveau pouvoir, si ce n’est le mettre en scène (…) il était donc inutile de continuer (…)» « en décrochant l’autonomie, leur mouvement était allé aux limites du possible et (qu’) aucun autre projet social ne serait à leur portée ». Tout ça pour ça… Cette réflexion pourrait inspirer bien des dirigeants qui s’accrochent au pouvoir ou cherchent à y accéder.

J’ai beaucoup aimé les pages émouvantes où vous parlez des chants béarnais et de Si canto (p. 44-45). J’ai été saisie par leur beauté et l’émotion qui s’en dégage. Elles me rappellent une rencontre en Béarn entre descendants d’émigrés Pyrénéens en Amérique (nous étions environ 150) où une fois à table, ces chants sont montés spontanément, nous renvoyant tous à notre histoire, nos amours enfouies, comme un fil qui nous unissait les uns aux autres sans nous connaître. Gorge serrée,  larme à l’œil et émotion garanties. C’est curieux la culture, au-delà de l’universel, on a tous un petit village qui nous fait battre le cœur plus que les autres. Cette émotion peut être partagée par des gens qui « n’en sont pas », heureusement, sinon, ça serait clocher contre clocher, cauchemardesque nationalisme. Les Béarnais de Paris accueillent du reste les « amoureux du Béarn », expression large qui écarte toute idée de filiation ethnique au profit d’un intérêt partagé."

Lire la suite

Uchronie

9 Décembre 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi, #La Révolution des Montagnes, #Grundlegung zur Metaphysik

Le blogueur qui n'a aucun lecteur ne doit pas se poser trop de questions, car ce qu'il écrit n'a aucun impact. Celui qui a mille lecteurs par jour non plus car il doit se percevoir lui-même comme une sorte d'institution et ne pas trop se soucier de son auditoire. Les choses sont un peu plus compliquées, je trouve, qui, comme moi, n'ont ni un lectorat insignifiant, ni un public devenu abstrait du fait de son volume. Mon blog garde un peu aux yeux de son auteur le caractère d'une lettre adressée personnellement à des individus potentiellement identifiables, même si leurs visages sont perdus dans l'anonymat des statistiques d'Overblog, et donc on ne fait jamais totalement l'économie de la question "qui donc va me lire ?". Et au delà de cette question, il y en a une autre : "quel billet vont-ils lire ?".

Car à ce sujet il y a souvent des surprises. Le 15 novembre dernier, un individu qui a l'air d'être une femme (d'après le style de son intervention, mais je peux me tromper), sous le pseudonyme "44cesserdenuire9" est allé déterrer, pour le commenter, un mien article du 29 mai 2011 "L'affaire Tron et l'Eros municipal". J'avais oublié l'existence de ce billet, qui lui-même renvoyait à mon passage à Draveil, le 14 novembre 2009, pour un concours de roman dans lequel était présenté mon terrible "La Révolution des Montagnes". La lectrice avait dû trouver cet article sous l'empire de la dictature des médias qui, en ce mois de novembre 2018, nous bombardait à nouveau avec l'affaire Tron. Comme je ne crois plus au hasard, j'ai songé que ce commentaire était là pour me faire penser à cet enfer dans lequel est tombé ce pauvre M. Tron. Enfer de l'ambition politique et du désir charnel, cela va souvent ensemble (voir le livre Sexus Politicus). A supposer même qu'il n'ait pas harcelé ses employées, on voit bien qu'il était englué dans des ambiances où les stratégies sexuelles, les convoitises, et les accusations étaient monnaie courante. J'ai connu cela aussi à Brosseville. C'est monnaie courante dans l'univers du pouvoir municipal, comme, je suppose, au sommet de l'Etat. Qui plus est M. Tron était dans les marécages de la réflexologie plantaire, un monde que j'ai un peu connu aussi vers lequel je ne conseillerais à personne de se tourner tant il est spirituellement très trouble...

Donc, oui, disais-je, on ne sait jamais qui lira quoi. Et l'on ne sait jamais jusqu'à quel point il faut délaisser parfois l'actualité (les gilets jaunes, Trump, la marche du monde), pour revenir un peu à des considérations plus personnelles, en précisant notamment pour les nouveaux venus on est encore d'accord ou pas avec ce qu'on écrivait il y a 5 ans, il y a 11 ans. Tenir ce blog pourrait être un travail à temps plein, mais, à suppose que le loisir m'en fût donné, je suppose que j'ennuierais bien mes lecteurs avec toute ma philosophie, et ce serait peut-être en pure perte car la plateforme Overblog peut fermer demain et je n'ai pas gardé de sauvegarde de tous mes textes. Les blogs sont un art de l'éphémère comme la sculpture sur glace. Les livres aussi, d'ailleurs, en un sens, quiqu'à une autre échelle temporelle. Combien de livres publiés il y a 20 ans sont-ils aujourd'hui introuvables.

Qu'est devenu M. Tron ? Qu'est devenue sa collaboratrice qui prêtait sa voûte plantaire ? qu'est devenu le lecteur ou la lectrice anonyme qui en novembre avaient à coeur de demander justice dans cette étrange affaire municipale ? Le monde de décembre n'est plus celui du mois précédent. M. Tron n'intéresse plus personne devant les blocages des routes par les Français jaunes canaris. Et les gens vont chez leurs réflexologues sans se poser trop de questions. Lecteurs tenez vous tout de même à l'écart de ces chinoiseries...

Lire la suite

Le marché du vendredi

12 Juin 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Béarn, #La Révolution des Montagnes

Dans quelle région est-on ? Essayez de deviner. Car il y a un indice...

Lire la suite

Quelques considérations sur les voies d'écriture en ce mois de mars 2018

18 Mars 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Actualité de mes publications, #La Révolution des Montagnes, #Ecrire pour qui pour quoi, #Peuples d'Europe et UE

La bibliothèque publique de Beaubourg vient de se procurer mon livre sur les régimes populistes. Pendant dix ans ses responsables ont ignoré tout ce que j'écrivais. Maintenant ils achètent tout. J'ignore pourquoi. Pendant huit ans la médiathèque de Pau a ignoré le roman "La révolution des Montagnes" qui parlait pourtant pour de leur région, puis d'un coup, l'an dernier, ils s'en sont procurés un pour chacune de leurs annexes, sans que j'y fasse quoi que ce soit. Impossible de savoir ce qui leur a fait faire "tilt". Allez savoir aussi pourquoi la médiathèque de Levallois-Perret a presque tous mes livres et pourquoi celle de Saint Denis n'en a aucun. Et à quoi cela sert-il d'être dans les rayonnages d'une bibliothèque ? est-ce que cinq ans plus tard le livre finit en livre d'occasion sur Amazon comme beaucoup d'ouvrages que j'achète sur ce serveur qui portent encore la cote de la bibliothèque qui les a vendus ?

Le plus pénible est que le décalage dans la diffusion des bouquins fait que des bibliothèques se mettent à commander certains de mes livres dont je n'approuve plus totalement le contenu. C'est un problème que n'ont sans doute pas connu les écrivains du XIXe siècle, mais aujourd'hui les systèmes de publication, comme d'ailleurs les étiquetages sur les moteurs de référence, court-circuitent l'évolution personnelle du chercheur. Or un écrivain ou un écrivaillon est avant tout un défricheur, un explorateur, et sa vision du monde à l'instant "t" ne peut plus être la même que dix ans auparavant. Par exemple j'ai souvent souligné dans ce blog combien mes contacts avec l'occultisme et les médiums en 2014-2015 avaient totalement changé mon approche positiviste du monde, ma vision de la sexualité etc. Toute cette évolution de ma vision de ces sujets, dont la rubrique "Grundlegung zur Metaphisik" sur ce blog porte la trace, est à l'opposé de bien des aspects qu'on trouvera dans mon roman "La révolution des montagnes" par exemple, mais le lecteur qui découvre ce roman maintenant ne peut pas le savoir. Je comprends que celui-ci, en un sens, n'ait rien à fiche de mon évolution postérieure à l'écriture de ce livre, et moi-même, à maints égards, je ne devrais rien avoir à faire de ce contact qu'établit ce lecteur avec cette partie de moi-même qui est morte, vu que, de toute façon, je n'ai jamais reçu aucun retour d'aucun lecteur de bibliothèque, et je ne suis jamais invité à parler de mes livres nulle part (sauf chez mes amis d'Initiative citoyenneté défense). Mais je ne peux quand même pas ignorer que toutes ces sources de malentendus existent bel et bien. Parfois je me dis que je devrais faire une grande mise au point sur mon évolution, mais il n'est pas sûr que mon éditeur habituel serait prêt à la publier, ni qu'il y ait un public pour cette mise au point. En outre, la question de la forme qu'elle devrait prendre est très problématique.

Ce matin je me disais que je devrais écrire un roman. Je me mettrais dans la peau d'un responsable de médiathèque dans un coin rural perdu qui inviterait Delorca à parler dans une conférence et qui prendrait conscience au fil de la rencontre de tout ce qu'il ne parvient pas à comprendre chez ce bonhomme. Ce serait un exercice intéressant de mise à distance. En même temps beaucoup y trouveraient un côté narcissique, mais il faut bien comprendre que tout écrivain ou écrivaillon de mon espèce est bien obligé en permanence de faire un retour sur lui même pour réfléchir à la façon dont il dit les choses, ou les organise dans sa tête, au sens que ça prend pour lui-même, pour les autres, à la façon dont ça s'insère dans l'histoire de la pensée etc. On ne peut pas être une simple machine qui compile des données, ou effectue des revues de presse à partir d'un moule pré-établi qu'on livre aux autres sans "réflexivité" comme on dit en philosophie...

L'exercice de composition d'un tel roman permettrait d'aborder divers sujets utiles à des tas de gens. Mais honnêtement sans doute ne saurais-je pas aujourd'hui comment écrire un tel ouvrage sans le rendre fastidieux, et surtout, j'hésite à me plonger à nouveau dans l'univers de la fiction qui peut être rempli de pièges.

En plus il y aurait mille façons d'écrire cela. Le mode fastidieux comme je le disais. Et puis le mode rigolo aussi. Je songeais que je pourrais par exemple commencer le livre par une dispute entre le type qui veut inviter Delorca dans sa médiathèque, et une employée. Je verrais bien le profil de l'employée : une femme de mon âge presque quinquagénaire, qui serait fan de Mylène Farmer parce qu'elle la trouverait "super courageuse" d'avoir vanté le lesbianisme et la sodomie dans les années 1980 etc. Mais bon, toutes ces choses là sont très "casse-gueule" passez moi l'expression, sur le plan de la responsabilité morale. Parce que, bien que je sois de plus en plus convaincu que le culte de Mylène Farmer (et d'à peu près toutes les pop star et de tout le star system) est quelque chose d'assez dangereux pour la santé de l'esprit (et surtout, permettez moi de le dire après mon passage par l'occultisme, de l'âme), je ne sais pas s'il est très moral de le traiter sur le ton de la légèreté et de l'humour, même si 99 % des médias le font. Bref, je suis encore sûr de trop peu de choses pour pouvoir m'engager dans une forme d'écriture solide. C'est pourquoi, au fond, depuis trois ans, à part la remise en forme de mes souvenirs militants sur la Serbie et sur les milieux anti-guerre, je n'ai, sous le nom de Delorca, publié aucun livre nouveau, sauf cet ouvrage sur les populismes. Ce dernier était une sorte de bon trait d'union entre ma période anti-impérialiste des années 2000, et ma phase "post-médiums" plus sensible aux dangers des productions culturelles et des manipulations planétaires dont elles font l'objet par des types du genre de Soros, mais je serais incapable de m'engager fermement dans l'écriture d'aucun autre livre aujourd'hui.

Au niveau du blog, je pourrais d'ailleurs me spécialiser (toujours dans la logique d'étiquetage qu'encouragent les moteurs de recherche) dans la critique anti-Soros, mais ce serait encore une façon de m'enfermer. Par exemple, au lieu de pondre ce matin cette longue bafouille sur mon positionnement, j'aurais pu vous livrer, comme j'en avais l'intention hier, un billet sur les manips du banquier derrière les manifestations hostiles au gouvernement slovaque (le seul gouvernement de gauche anti-immigrationniste d'Europe centrale). Ca aurait fait un petit billet sur mesure à peu près identique à une page de pub pour mon livre sur les populismes, et qui aurait fait plaisir à mon éditeur. Sauf que j'estime qu'un auteur doit s'investir extrêmement peu dans la promotion de ses livres. La logique promotionnelle est le meilleur moyen d'embourber une pensée et de la rendre otage de son propre passé. Pour moi ce livre sur les populismes est déjà du passé. Je n'ai pas à investir une énergie excessive à le défendre. Ceux qui l'ont lu ont pu deviner sans difficulté depuis des mois que Soros n'aimait pas le gouvernement de Bratislava (tout comme ils n'ont pas pu être étonnés par les résultats des dernières élections législatives italiennes), et ceux qui ne le connaissent pas en découvriront l'existence par d'autres voies. C'est aliéner sa liberté de chercheur (puisque tout auteur doit être un chercheur) que de passer du temps à écrire des articles qui démontrent l'intérêt de lire ses précédentes productions.

Grâce à Dieu des inspirations quotidiennes m'empêchent de refermer le cercle de mes pensées autour de tel ouvrage, de telle thématique, et même de tel "style d'approche". Par exemple il y a eu cet intérêt en moi pour Afrine ces derniers temps. Ce n'est pas un intérêt strictement humanitaire comme celui des pleureuses officielles médiatiques, ni anarchiste à la Graeber (j'aurais beaucoup à dire sur les impasses de cet anthropologue) parce que je ne suis pas naïf sur le potentiel politique du Rojava. Je ne suis pas indifférent au sort des pauvres gens terrorisés qui vivent dans cette enclave, et je ne suis pas étranger non plus à certains mérites de la démocratie communale kurde (même si je ne les surestime pas), mais mon intérêt pour l'enclave d'Afrin ne se limite pas à cela. Il ne se limite pas non plus à susciter en moi une réflexion sur l'islamo-fascisme d'Erdogan, et sur ce que peut être plus généralement l'islamo-fascisme, ni sur cette étrange compulsion de répétition anti-yézidie qui semble caractériser tous les extrémistes sunnites, de Ninive à Afrine. Mon intérêt pour Afrine est en quelque sorte "multinodal". Il ne tient ni spécifiquement à ceci, ni spécifiquement à cela, et, à plus d'un titre, m'est utile autant dans la mesure où il me fait toucher du doigt certains thèmes qu'il m'évite de m'enliser dans d'autres. Bref un sujet il ouvre des tas de portes de réflexions, et empêche de s'enfermer dans des routines de pensée.

Encore un exemple : une des routines de pensée de ma part aurait été de prendre position sur la question de l'empoisonnement de l'espion russe au Royaume-Uni. Un journaliste qui était avec moi en Abkhazie en 2009 est allé bravement dire sur Russia Today France que cette histoire sent le coup monté parce que le Kremlin n'avait aucun intérêt à provoquer la mort de cet espion dans le cadre tendu des relations russo-occidentales actuelles (la chaîne russe a fait parler successivement trois "experts" qui ont exactement répété le même propos, en une forme de matraquage symétrique de celui hostile à Moscou que nous infligeaient les grands médias occidentaux). Il n'eût pas été illogique que l'auteur de livres sur l'Abkhazie et la Transnistrie que je suis prît la peine d'écrire un billet là dessus pour dénoncer la logique belliciste qui reprend du poil de la bête sous nos latitudes (voyez l'interview du pitoyable Hollande dans Le Monde sur le thème "Si la Russie devient menaçante, il faut la menacer"). Mais justement il y aurait une certaine sclérose intellectuelle à ressortir tous les trois mois une position "pro-russe" pour oeuvrer à l'amitié entre les peuples de l'Atlantique à l'Oural. Le cynisme des Russes sur l'enclave d'Afrine justement m'en a dissuadé. Je laisse donc cette foirs-ci à d'autres le soin de jouer leur hymne anti-guerre froide, ce qui me permet de consacrer mon temps libre actuel (qui n'est pas élastique car j'ai aussi un job à temps plein par ailleurs) à d'autres sujets, d'autres questionnements. 

Voilà... je demande pardon à mes lecteurs pour ces petites considérations matinales, sur la mise en forme et le positionnement de mes idées. Peut-être regretteront-ils d'avoir "perdu leur temps" à lire ce billet qui n'a pas un très fort contenu informatif, mais, vous savez, on ne perd pas toujours autant son temps qu'on ne le croit. Pour ma part je suis très content d'avoir en 2014-2015 "perdu" beaucoup de temps à penser (et encaissé bien des choses bizarres) en dehors de mes sentiers battus habituels. Si j'avais continué à vouloir "optimiser" mon activité de coordonnateur de l'Atlas alternatif en restant dans le purement informatif sans aucune remise en cause, c'est toute ma vie que j'aurais perdue dans ce vain productivisme qui fonctionnait sur de mauvaises bases. Mises au point, interrogations sur la trajectoire suivie, et surtout sur la mise en forme de cette trajectoire, sont absolument indispensables. Elles ne sont point une fin en soi - sans quoi on dériverait vers un pur formalisme sceptique - mais un moyen indispensable de tenir la bonne route. Merci donc d'avoir "perdu du temps" à lire ce billet, qui peut-être, sur le long terme, par les évocations qu'il peut susciter dans vos têtes, vous en fera gagner...

Lire la suite

Vent de castanha... (Ben de castagno)

5 Octobre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Béarn, #La Révolution des Montagnes, #Lectures

Pour les amateurs de mon roman "La révolution des montagnes", une pub pour ma ville qu'ils passent à l'aéroroport de Pau en boucle depuis deux ans (mais d'habitude sans la musique).

Ce n'est pas forcément mon regard sur ce bout de terre mais c'est celui qu'ils offrent aux touristes.

En parlant de littérature, je parcourais la correspondance de Flaubert hier. Toute en rondeur et en bonhommie, et cependant c'est l'écriture d'un ascète... "Il faut se priver de tout pour réussir à faire quelque chose" écrit-il Son "quelque chose" à lui, c'était son oeuvre. Je souscrirais volontiers à la première partie de sa phrase, mais mon "quelque chose" à moi est quelque chose de moins narcissique qu'une oeuvre d'écrivain.

Flaubert couvrait Victor Hugo d'éloges. Normal : ils avaient les mêmes démons, même si l'un les étouffait, tandis que l'autre photographiait sa cuisinière nue.

 

Et je parcourais aussi "Servitude et grandeur militaires" de Vigny (qui s'est marié à Pau). Un livre encore plus coloré que les lettres de Flaubert. Quand il vous parle de la ratatouille, qui est devenue le rata, et qui n'a rien à voir, avec notre ratatouille méridionale actuelle, ou des inscriptions sur les canons de l'époque de Louis XIV...

Lorsque j'étais lycéen à Pau, tout le monde se sentait encore un peu obligé d'avoir lu un bout de Lamartine, de Vigny, de Musset, de Flaubert, de Zola, ça faisait partie de la religion républicaine de l'époque. Maintenant il n'y a plus d'obligation, et les profs sont partagés entre le culte de Minecraft, de The Voice, et le commentaire obligé sur le mode "émotion, tolérance, apologie du vivre ensemble" des images du dernier attentat qu'on nous passe en boucle sur l'écran TV du boulanger du coin.

La terre a tremblé ce matin à Orthez, mais la République des Pyrénées se réjouit (sur Facebook elle fait un parallèle avec "le village gaulois...") qu'on puisse encore fouiller ses entrailles pour extraire le soufre des gisements de gaz de Lacq à quelques kilomètres de là (a priori les tremblements de terre n'ont pas de rapport avec les forages même s'ils pourraient en avoir avec le stockage du CO2 un jour). C'est l'avantage d'avoir un député socialiste "constructif" (c'est à dire macrono-compatible) dans le coin, ainsi qu'une élue du Modem. On a cité Hugo à l'assemblée nationale à l'occasion du vote de l'amendement spécial pro-Béarn à la loi Hulot, mais "chez ces gens là" on cite toujours Hugo sans réfléchir...

J'aurais voulu vous parler aussi des meurtres politiques au Kerala, Etat contrôlé par les communistes depuis des lustres et "pays de Dieu lui-même" selon le proverbe indien (car les communistes le gèrent bien et au profit des pauvres), où le bras de fer hindouisto-marxiste fait couler le sang, mais ce sera peut-être pour un autre billet.

 

Lire la suite

Chrysippe

10 Septembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi, #La Révolution des Montagnes, #Philosophie et philosophes

Un des moteurs de la réécriture et la publication de mon roman "La Révolution des montagnes", il y a 9 ans, ce fut la lassitude que m'inspiraient la médiocrité du milieu anti-impérialisme de l'époque, leur nombrilisme petit bourgeois, leur tendance à se contenter de demi-idées, d'une vulgate pré-mâchée etc (sans oublier l'éditeur de l'Atlas qui a lâché l'entreprise en cours de route). Aujourd'hui je vois d'anciens contributeurs de l'Atlas ou anciens sympathisants pérorer sur You Tube dans des émissions très "à droite" (et surtout très bêtes), et tourner en rond dans leur doxa fumeuse. Certes c'est mieux que le petit marquis Macron-au-maquillage-à-27000-euros qui a osé dire que la Corée du Nord menaçait l'Europe (Pyongyang a bien ironisé là dessus, et à juste titre), mais quand même, notre pays mérite mieux que tous ces poseurs enlisés dans leurs routines de pensée narcissiques. Donc, maintenant, la tentation de fuir dans l'imaginaire est la même. Alors quoi ? Vais-je écrire une suite à la "Révolution des Montagnes" ?

Ou vais-je tourner des films ? (aujourd'hui avec l'informatique plus besoin de grands moyens pour faire ça). J'aimerais en faire un sur Chrysippe, le philosophe stoïcien sur la couverture de mon "Eloge de la liberté sexuelle". Quand j'ai publié ce livre, je suis allé au Louvre juste pour photographier son portrait alors qu'au départ je cherchais surtout celui de Zénon. Je crois que c'est le même jour que j'ai photographié la version romaine des Trois Grâces qui était juste à côté. Chrysippe ancien champion du stade, Chrysippe qui écrivit son livre majeur "sur la queue d'un chien" (dans un flirt avec les cyniques), Chrysippe qui donnait des cours de métaphysique sur la base d'un tableau porno sur Héra et Zeus. Edgar Wind, qui, dans ses travaux sur la Renaissance, parle beaucoup des Trois Grâces (qui sont un symbole métaphysique très puissant), souligne que Chrysippe avait une dette envers Epicure qui était pourtant son adversaire, ce qui le conduisit à "positiver" le désir, ainsi que le firent aussi par effet de contagion Marsile Ficin et Pic de la Mirandole à Florence. Peut-être le positivèrent-ils un peu trop d'ailleurs. Allez savoir... tout comme le héros de mon roman, Fulgaran... et comme ce vieux film de Russ Meyer, "Up" découvert cet après-midi.

Lire la suite

"La crêperie des Lys" un haut lieu de gastronomie et de culture

6 Octobre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La Révolution des Montagnes

creperie-lys-image.jpgUn endroit à ne pas manquer à Pau : La crêperie des Lys, 57 bd d'Alsace-Lorraine. Si vous voulez déguster par exemple une crêpe au foie gras sur pommes cuites, ou au canard au piment d'Espelette, n'hésitez pas à aller y faire un tour. Vous y trouverez qui plus est des livres pleins de charme... notamment le roman "La Révolution des Montagnes" !
 
 
 
 
Lire la suite

Le réel de la fiction

12 Août 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La Révolution des Montagnes

Tous les gens qui conjecturent autour de la Syrie en ce moment et s'envoient à la tête sur Facebook des cadavres de femmes décapités par des bombes en se demandant si l'obus était gouvernemental ou islamiste m'emm** presque autant que les cyniques ou les lâches à la Hollande qui nourrissent la guerre civile avec une parfaite bonne conscience. Que tous ces gens poursuivent leurs ratiocinations brutales loin des écrans de mes ordinateurs.

 

Hé, en ce moment je me sens plutôt l'âme du romancier solitaire ; voyez ces lignes de Flaubert écrites à Louis Colet l'avant-veille de noël 1853 : "C'est une délicieuse chose que d'écrire ! que de ne plus être soi, mais de circuler dans toute la création dont on parle. Aujourd'hui par exemple, homme ou femme tout ensemble, amant et maîtresse à la fois, je me suis promené à cheval dans une forêt par un après-midi d'automne, sous  sous les feuilles jaunes, et j'étais les chevaux, les feuilles, le vent, les paroles qu'ils se disaient, et le soleil rouge" etc. Il venait d'écrire le récit d'une promenade à cheval de madame Bovary et de son amant.

 

Tout cela est très vrai. Je n'ai écrit qu'un roman dans ma vie, j'ai retenu le nom du personnage principal (parce que j'ai eu du mal à le trouver), et oublié, cinq ans après, celui de son héroïne, car je le voulais quelconque. Mais je me souviens de ces personnages comme s'ils avaient existé, et je me souviens des scènes que je leur ai fait vivre, spécialement des plus dures à écrires, de celles qui me touchaient le plus, de l'évolution complexe de leur relation, de leur quête. J'ai été en eux. En cela ils furent autre chose que mes enfants. J'ai été eux dans le sens que dit Flaubert, et bien sûr j'ai été les situations qu'ils vivaient. Tout cela m'a marqué autant voire plus que ce que j'ai vraiment vécu dans la vie "ordinaire". On ne devrait pas essayer d'oublier ce qu'on a écrit, ne serait-ce que parce que dans le morne vécu que nos sociétés ultranormées, ultraformatées nous réservent, seule notre création présente encore quelque chose de vraiment imprévisible et de vraiment humain.

 

Peut-être au 1er janvier enverrai-je mes voeux à mes personnages ? Il m'arrive d'avoir envie d'ajouter une suite à ce roman, juste pour éprouver la joie de retrouver les personnages qui le peuplaient. Mais cela sonnerait faux. Quel dommage que je n'aie pas la force d'inventer de nouveaux personnages, une nouvelle histoire ! Parce que je suis moins oppressé, moins "dans la seringue" (comme dit un mien ami) du non-sens que je ne l'étais en 2006-2007. Je ne sais. C'est toujours une chance que d'avoir encore devant soi un roman à écrire.

Lire la suite

Une petite fête en Béarn

27 Juillet 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La Révolution des Montagnes

Pas tout à fait l'ambiance "La Révolution des Montagnes" surtout à cause de la musique US mais bon le jurançon coulait à flot. C'était mardi dernier...

 

 

 

Lire la suite

Jonathan Coe

29 Mai 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La Révolution des Montagnes

jocoe.jpg"De façon générale, je pense qu'un individu quel qu'il soit, en atteignant la quarantaine, le milieu de sa vie, a de plus en plus de mal à considérer l'existence et la société comme une plaisanterie - fût-ce une plaisanterie tragique. Ce qui commence à vous frapper, c'est plutôt la tristesse qu'il y a dans la façon dont les choses tournent, dans les ratages, les erreurs commises qu'on ne peut pas toujours réparer..." Voilà ce que déclarait en 2009, l'écrivain britannique Jonathan Coe dans Télérama.

 

La même année, en octobre, Technikart faisait un dossier sur la "crise des 40 ans". Décidément les quadras des années 2000 auront bien écrasé les jeunes sous le poid de leur tristesse. Il n'en allait pas de même dans les années 80, je crois. A l'époque au contraire les quadras de la génération d'avant nous écrasaient de leur autosatisfaction idiote de gens qui étaient fiers d'avoir "fait mai 68", renversé le vieil ordre conservateur et amené au monde le freudisme pour tous, les films X et le capitalisme boursier.

 

J'en profite pour dire un mot de Jonathan Coe. Je lisais son pavé sur les années Tony Blair "Le cercle fermé" ce weekend sans avoir lu la première partie du dyptique (c'est juste un livre que quelqu'un m'a passé, mais on peut le prendre en route sans avoir eu accès au premier tome). Par sa prolixité il fait penser à Irving auquel je m'intéressais à 20 ans.  Son roman se lit assez bien, c'est efficace sur la première moitié. Mais à la longue on se lasse un peu et l'on repère les ficelles : ces chapitres courts avec les rebondissements de dernière minute qui vous donnent envie de connaître la suite. Un peu comme une bonne série TV ou un paquet de Chips dans lequel on glisse juste les ingrédients qui vous donneront envie d'en manger un second paquet, sans qu'on puisse affirmer que le premier était bon. Il y a quelque chose de l'ordre de l'addiction là dedans. A la moitié du livre, on se rend compte que c'est un peu trop gros. Ces personnages auxquels il faut absolument que quelque chose de palpitant arrive, comme dans Desperate Housewives. Ca ne peut pas être crédible sur toute la longueur. D'autant que qui peut accepter une seconde que sept ou huit personnes qui ont été ensemble dans un lycée provincial à Birmingham dans les années 70, se retrouvent toutes, comme par hasard, à des postes très importants (deux journalistes, un député etc, au point même que deux d'entre deux font partie du Top 50 des personnalités britanniques de l'année 2002) qui les mettent en prise avec la grande histoire (l'histoire avec un grand "h") de leur pays ? Il arrive un moment où cela devient un peu "too much", un peu trop tiré par les cheveux.

 

Mais bon, je sais que tout le monde n'aura pas un regard aussi sévère que le mien. D'ailleurs il y a vraiment des bons passages dans ce livre, et des personnages attachants. Par exemple l'éternelle célibataire (divorcée, mais ça revient au même) italophile qui, de retour dans son pays après une longue absence, découvre tout ce qui est devenu plus violent, plus absurde (notamment avec le culte du téléphone portable) en Angleterre - quelque chose qui fait penser qu'au tournant du millénaire ce pays a connu comme la France, un processus de très grande dégénérescence des mentalités : globalisation oblige, la vulgarité ne l'a pas épargné non plus. L'idylle du député néo-travailliste (blairiste) égocentrique de 35 ans avec une stagiaire de 20 ans est traitée sans manichéisme et sur un mode qui restitue parfaitement l'impasse à laquelle mène l'inadéquation affective probablement génétique entre hommes et femmes. (On retrouve cette thématique aussi dans le portrait au vitriol de l'incurie des hommes condamnés à surveiller leur progéniture dans les jardins d'enfants, mais là le trait est trop forcé). On peut apprécier aussi les petits allers-retours Normandie-Angleterre que l'auteur offre à au moins deux reprises à ses lecteurs et qui en dit long sur le regard anglais porté sur nos falaises. Tout cela suscite d'autant plus l'adhésion que le point de vue de l'auteur est très à gauche, presque aussi anti-blairiste qu'anti-thatchérien. Et, pour cette raison aussi sans doute, assez nostalgique.

 

Certains comparent Coe à Evelyn Waugh dont je lisais avec délice "Scoop" à 17 ans. C'est peut-être un peu exagéré. En tout cas je ne crois pas que Waugh ait jamais eu recours à des techniques de fabriquants de chips pour tenir son lecteur en haleine. Pas aussi grossièrement en tout cas (d'ailleurs ses livres étaient plus courts). Je pense qu'il faut voir l'influence de l'état d'esprit télévisuel sur la littérature dans le recours à des procédés si peu recommandables.

 

A chaque fois que je lis de la fiction, cela me rappelle que moi aussi j'ai écrit un roman, dont mon éditeur il y a peu encore disait qu'il était "excellent" et qu'il était fier de l'avoir publié. Je me demande si un jour des lecteurs éclairés s'y intéresseront. Après ma mort peut-être...

Lire la suite

L'affaire Tron et l'Eros municipal

29 Mai 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La Révolution des Montagnes

Après "Eros au FMI" avec l'affaire DSK voici "Eros dans le municipalités" avec l'affaire Tron.

 

Pas triste non plus. Il y a l'accusation contre M. Tron autour de sa supposée "podophilie" qui nourrit toutes sortes de fantasmes en rapport avec une scène de Pulp Fiction, mais il y a aussi les plaignantes, à laquelle la défense s'attaque maintenant en ressortant des détails fort croustillants.

 

Du genre à propos de la première des deux : "Dans une lettre à charge datée de juin 2010, Florence Fernandez de Ruidiaz, adjointe chargée des Affaires scolaires et du personnel communal, relate un incident survenu lors des voeux du maire, en janvier 2010. "Elle s'est couchée sur une table, à soulever ses vêtements, et a eu des gestes très déplacés envers un adjoint", raconte cette élue dans un courrier qu'a pu consulter LEXPRESS.fr. 

Quelques jours plus tard, Virginie Faux adresse une lettre à "Georges". Loin d'y réfuter la scène, elle s'excuse de son comportement. " On avait tous un peu bu. Quelqu'un m'a poussée et je suis tombée à plat ventre sur la table, on a vu ma culotte sous mes collants, c'est tout " " Ce sont là des informations que je me contente de pêcher dans l'Express. Pas besoin d'aller enquêter bien loin.

 

J'ai vaguement connu Draveil pour y avoir présenté "La Révolution des montagnes" dans un festival du premier roman organisé par la mairie. Mr Tron, à l'époque Villepiniste, avait fait un discours juste avant M. de Villepin himself (cf vidéo ci dessous). Aucun des deux n'avait parlé de réflexologie. Dommage car cela aurait cadré avec le sujet de mon roman...

 



 

Lire la suite

En attendant Draveil

11 Novembre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La Révolution des Montagnes

Je quitte pour un temps l'uniforme du sociologue, pour endosser celui du romancier dans la perspective du salon de Draveil du 14 novembre. Simplement pour trouver quelque chose à dire aux gens quand je tiendrai mon stand sur ma petite chaise, je relisais ces derniers jours Kundera et Naipaul.

Naipaul m'a inspiré au milieu de années 2000. Je crois que j'avais envie de tranposer à mon propre univers (celui du Béarn) son analyse très perspicace de la dépossession coloniale, du vide. J'avais envie de montrer que cela existait aussi dans le sud de la France, chez les ouvriers. Et puis finalement j'ai renoncé à singer Naipaul. Le vide béarnais, le vide des pauvres (un certain vide, d'ailleurs parfois compensé par du trop plein) les esprits perspicaces le décèleront peut-être dans certaines réminiscences qui  travaillent Fulgaran dans son aventure révolutionnaire. Je crois que cela suffit largement. Rien d'appuyé. A côté il y aura ma petite biographie factuelle, celle qui vient de sortir, qui ne dit peut-être rien d'essentiel, mais peu importe. Elle aidera à compéter ma fiche très formelle (et lacunaire) élaborée par la stagiaire de la bibliothèque nationale de France sur laquelle je suis tombé par hasard ce matin (la fiche sur mon grand père est mieux fournie).

Kundera c'est encore plus éloigné de moi. Son analyse "existentielle" (qui sent beaucoup l'heideggerianisme) de l'art du roman est éloignée de mes préoccupations, tout autant que sa "philosophie de l'histoire de la littérature" (elle aussi copiée de la philosophie de l'histoire de la métaphysique de Heidegger). Je pense que tous les auteurs de romans aujourd'hui se situent dans une "fin de l'histoire" au regard de ces catégories "historiales". Nous sommes au delà. Oui, peut-être sommes-nous tous dans la simple culture du dérivatif. Comment Irene Delse appelait-elle cela ? les "maniaques de l'écriture" ? les "graphomanes" ? Comme les collectionneurs de timbres. C'est d'ailleurs pourquoi je me rends à ce salon avec plus de sérénité que je ne l'eusse fait il y a 20 ans. Je ne risque pas d'y trouver des bourgeois prétentieux qui croient porter sur leurs épaules les grands enjeux d'une Culture millénaire. Il suffit de regarder cette vidéo pour se rendre compte qu'il ne s'agit que de gamins qui font des pâtés de sable.


Je ne dis pas que lorsque j'écrivais ce livre, aux deux étapes (en 1990 et 2007) des ambitions plus profondes ne le travaillaient pas, mais il faut être réaliste. Au final j'ai surtout cherché à créer un univers qui me ressemblait, un univers où je me sente à l'aise pour y faire évoluer mes personnages. Un univers, c'est à dire un style et des événements. Avec une contrainte seulement : que l'histoire soit crédible, que tout soit vérifiable.

Maintenant il faut le montrer comme un chateau de sable. Et faire face aux problèmes de mon éditeur qui se dit que j'ai décidément publié trop de livres en 6 ans et qui ne sait pas comment s'en dépatouiller pour ma séance de signatures du 19.

Je n'attends rien de grand du petit business qui tourne autour de la littérature. Pour moi, si je devais trouver quelque chose de grand quelque part, ce serait encore et malgré tout dans la politique : dans cette image de l'ambassadeur de Cuba, hier, parlant de l'embargo et d'Obama dans le petit local de la section PCF de Brosseville, pour le plus grand plaisir du secrétaire de la section qui lisait mon discours intimidé et d'un vieux résistant de 45 qui s'y trouvait ; dans le pot de l'amitié après où un élu communiste arabe me disait "Sarkozy est moins français que moi, car moi mon grand père est mort pour la France". La grandeur est dans ce réel, ou dans les romans qui le prennent en charge. Mais ce réel a-t-il encore besoin de romans ?
Lire la suite

Frédéric Delorca au salon du Premier roman à Draveil

9 Novembre 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La Révolution des Montagnes

Frédéric Delorca sera au salon du Premier roman à Draveil avec "La Révolution des Montagnes" (Editions du Cygne)

samedi 14 novembre 2009
Heure : 14 h à 18 h

Théâtre Donald Cardwell
1   allée de Villiers 
91210  DRAVEIL
Tel: 01 69 40 95 00
Fax: 01 69 03 10 67

Lire la suite

Un CR sympathique sur La Révolution des Montagnes

8 Juillet 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La Révolution des Montagnes

Un jeu pour les lecteurs de ce blog à la plage cet été : devinez qui a publié la recension suivante de mon roman "La Révolution des Montagnes", et dans quelle revue -
Deux indices : c'était au printemps dernier (mais je ne l'ai découvert que cette semaine), et c'était au nord de la Loire
-----------------------------------------------------------------------------------------------

Les montagnes dont il s’agit, ce sont les Pyrénées, plus précisément leur piémont béarnais, ayant pour capitale la cité d’Henri IV. L’auteur imagine que cette douce province est saisie par une pulsion autonomiste, sous l’action de deux compères anciens condisciples du lycée de Pau, l’un universitaire à Paris, l’autre demeuré au pays où il est devenu un notable.


Tout les sépare, hors le fait que l’un et l’autre s’ennuient de la banalité des jours et du train ordinaire de l’univers mondialisé ; pourtant, de leurs retrouvailles fortuites autour d’un verre va naître l’improbable projet qui, contre toute attente, trouvera peu à peu une réalisation concrète. Ils fonderont d’abord un groupuscule, puis un parti, infiltreront les milieux politiques locaux et gagneront une première victoire en obtenant la création d’un département béarnais.


Pour conquérir les foules, ils ont l’astuce de rajouter à l’argumentaire classiquement indépendantiste de leur programme le piment soixante-huitard de la liberté sexuelle. Ils sont alors rejoints par une militante de choc : une pétulante vedette de films porno qui met son talent au service de la cause. On se gardera, bien sûr, de gâter le plaisir du lecteur en dévoilant les péripéties qui s’ensuivent, et l’issue du combat pour la libération du Béarn.


Pure fiction, donc ! Mais non pas simple farce picaresque, car l’auteur mène son histoire en homme qui a étudié les ressorts et les mécanismes, tant internes qu’internationaux, du prurit sécessionniste qui démange les pays européens et parfois leur donne une forte fièvre.


Pour démonter sur le mode ludique le processus par lequel un trio de Pieds-Nickelés de la politique arrive à faire naître et triompher le désir indépendantiste sur un territoire qui en était, au départ, totalement exempt, il se contente de puiser dans l’observation du réel tel qu’il est chaque jour présenté à nos yeux par les médias.

Les discours, la stratégie et la tactique des comparses sont une transposition à peine parodique de ce qu’on voit à l’œuvre en mainte région de notre continent, à l’est comme à l’ouest.


Aussi ce récit s’apparente-t-il plus à un conte voltairien qu’à une fable de politique fiction. Au fil des pages, il épingle, dans une satire d’autant plus percutante qu’elle n’est jamais appuyée, la plupart des tartes à la crème du moment. Les clins d’œil ironiques à l’actualité y abondent (on n’aura pas manqué de remarquer, par exemple, que l’auteur présente comme une première victoire des compères l’obtention d’un département béarnais, alors que dans la réalité ce sont les indépendantistes basques qui réclament leur séparation d’avec le Béarn !). Notons cependant que ce récit n’est pas une pure parabole, car l’auteur prend soin de donner à ses personnages une épaisseur psychologique et une histoire personnelle qui les ancre solidement dans la problématique existentielle contemporaine.

Lire la suite

"La Révolution des Montagnes" dans "La République des Pyrénées" (bis)

9 Juin 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La Révolution des Montagnes

Voici l'article publié dans la République des Pyrénées des 6 et 7 juin 2009. Ce journal avait déjà mentionné ce roman en mars, ainsi que mon "10 ans sur la planète résistante", ai-je appris récemment...    FD

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Livre : Le Béarnais Frédéric Delorca signe un roman aux formes d'essai politique

La Révolution des Montagnes


Dans son numéro d'avril, Philosophie Magazine a demandé à plusieurs penseurs d'imaginer à quoi pourrait ressembler le futur si s'accomplissait une hypothèse fondatrice (« Et si tout le monde parlait la même langue? », « Et s'il existait un gouvernement mondial? », « Et si la différence des sexes n'existait plus? », etc...). « Et si un mouvement révolutionnaire arrivait à arracher à l'État français un statut d'autonomie pour le Béarn? », telle pourrait être l'hypothèse à l'origine de « La révolution des montagnes », le premier roman de Frédéric Delorca, publié aux Éditions du Cygne.


L'auteur de ce roman est un authentique béarnais (originaire de Jurançon) de 38 ans vivant à Paris depuis une vingtaine d'années mais ayant gardé des liens très forts avec sa région d'origine. Ceux-ci ne manquent pas d'affleurer dans les multiples descriptions qui émaillent son récit. D'une très grande qualité littéraire, elles évoquent avec justesse l'atmosphère des rues paloises ainsi que certains des lieux emblématiques du Béarn (le cloître de Sarrance, la vallée d'Ossau,...). Est évoqué également le chant polyphonique qui, selon l'auteur, occupe une place privilégiée au sein du patrimoine culturel béarnais.

Mais au-delà d'une évocation, peut-être nostalgique, de notre région, c'est avant tout de politique qu'il est question dans ce roman.


En les inscrivant dans le cadre du Béarn, l'auteur évoque les nouvelles formes politiques, telles l'altermondialisme, qui ont émergé dans le cadre de la gauche radicale. C'est en ce sens que son roman acquiert une dimension universelle et échappe au cadre étroit et stéréotypé de « la littérature régionaliste ».


A travers les péripéties marquant l'action du Mouvement du Renouveau Béarnais, l'auteur donne à réfléchir sur la part de manipulation inhérente à la vie politique et à la problématique que, selon lui, ne manquent pas de poser les séparatismes. En effet, pour Frédéric Delorca (comme en témoignent maints articles de son blog), dans le contexte actuel de globalisation, toute volonté d'indépendance d'un territoire, si petit soit-il, concerne le reste du monde. Ces velléités ne manquant pas d'ailleurs d'être bien souvent instrumentalisées par les grandes puissances. C'est donc à la lumière des événements qui ont secoué l'Europe centrale et orientale depuis la chute du mur de Berlin qu'il convient de lire ce livre.


Puisqu'aucun territoire, si petit soit-il, ne peut demeurer vierge de toute ingérence étrangère dès lors qu'il fait valoir son droit à l'autodétermination, comment faire vivre une indépendance réelle qui ne soit pas le jouet d'une instance de pouvoir quelle qu'elle soit (puissances étatiques étrangères, multinationales, industrie du spectacle...)? C'est ainsi qu'au sein du roman se rejoignent les thèmes de la manipulation et de l'autodétermination. Telle est, en tout cas, la problèmatique à laquelle tente de faire face son héros, Stéphane Fulgaran.

Se fondant sur sa connaissance intime du Béarn, Frédéric Delorca s'est, pour certains de ses personnages, inspiré de personnalités bien réelles que les lecteurs avertis s'amuseront à reconnaître derrière leur nom d'emprunt. Cela ne saurait cependant faire oublier que ce livre est une fiction et doit avant tout être appréhendé comme tel. Et en définitive, en plus d'être un ouvrage (fort bien écrit, ne boudons pas notre plaisir) qui évoque superbement notre région associé à une stimulante réflexion politique, « La révolution des montagnes » est aussi un très bon roman. Ce qui est déjà considérable..

 

Lire la suite
1 2 > >>