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Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #peuples d'europe et ue tag

Tour d'horizon

24 Janvier 2023 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Espagne, #Peuples d'Europe et UE, #Colonialisme-impérialisme, #coronavirus-vaccination-big pharma, #Revue de presse, #Le monde autour de nous

Début d'année assez difficile pour les peuples.

Les responsables du "Big five" (les grandes puissances occidentales) débarquent à Belgrade pour dire aux Serbes "Reconnaissez le Kosovo, laissez le entrer à l'ONU, ou nous retirons nos investissements de chez vous". Le président de ce pays lance des appels pathétiques pour dire qu'on l'étrangle à la table des négociations (il est même allé à Davos, certains estiment qu'il en fait trop). Au Nord-Est de l'Europe l'Estonie menace de bloquer Saint Petersbourg en modifiant sa frontière, et les fous furieux polonais ainsi que Washington pressurisent Berlin pour les livraisons de chars Léopard. Macron bien sûr n'a rien à dire, sauf qu'il est d'accord pour débloquer un projet d'approvisionnement en hydrogène de l'Europe du Sud-Ouest.

L'Union européenne se tire plutôt bien pour l'instant sur le plan énergétique de son engagement délirant en Ukraine grâce aux températures hivernales clémentes de début janvier, mais tout repose sur le charbon et sur des contrats gaziers à court terme (donc les prix resteront volatiles)

On assiste à un intéressant rapprochement par delà le clivage droite-gauche : le premier ministre croate de gauche soutient Orban à Budapest contre l'Union européenne. Tandis que les alliés de Washington, eux, jouent des coudes pour profiter des tensions Est-Ouest : la Bulgarie qui revend son pétrole (russe, raffiné par Loukoil) à Kiev, l'Albanie qui crée son petit Kosovo en Epire.

On suit avec intérêt le déclin de la présence française en Afrique (Ouagadougou met fin aux opérations des forces spéciales de l'ancienne puissance coloniale) et le déplacement de Lavrov en Afrique du Sud (qui provoque une levée de bouclier de  l'opposition dans ce pays), avec un projet d'entrainement militaire russo-chinois au large du Cap. Egalement la réunion de la Celac en Argentine, organe à l'origine anti-impérialiste, mais auquel le président argentin a convié Biden par vidéo (et des hauts fonctionnaires américains seront présents). Diaz-Canel de Cuba (au fait, je serai bientôt dans ce pays), Lula et quelques autres y seront : au menu le développement d'une monnaie régionale le "Sur".

Sur l'Asie je recommande cette petite interview de Cao de Benos sur la Corée du Nord, y compris la 31ème minute où il dit que le sécessionnisme catalan était très soutenu par Israël (je l'avais signalé dans mon livre sur les régimes populistes).

En Europe les socialistes espagnols s'accrochent à leur culte de Moloch en faisant barrage à Vox qui voudrait que les femmes avorteuses puissent entendre le battement de coeur de leur bébé comme en Hongrie.

Au niveau social, il y a 6 mois le système médiatique délirant voulait nous faire paniquer pour une "variole du singe" ultra-minoritaire. Cet hiver tout le monde a des virus plus baroques les uns que les autres. Certains (pourtant jeunes) sont terrassés par des grippes qui les conduisent même à l'hôpital. Mais les médias n'en disent rien. Allez comprendre...

Une bonne nouvelle en France : alors que Micron déjeune avec les dix principaux éditorialistes pour leur dicter leurs éléments de langage, la mobilisation massive pour la sauvegarde de la retraite à 62 ans. Pourvu que cela se confirme...

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Sahra Wagenknecht va-t-elle quitter Die Linke ?

20 Janvier 2023 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche, #Peuples d'Europe et UE

Comme LFI (La France Insoumise) en France, Die Linke, fusion de l'ancienne parti communiste est-allemand et de la frange de gauche du SPD, est en plein alignement sur les bobos urbains, en se coupant des classes populaires. Du coup, le parti n'a même pas atteint les 5 % aux dernières élections législatives.

Dans son livre à succès Die Selbstgerechten, Sahra Wagenknecht, membre du Bundestag de Rhénanie du Nord-Westphalie, dont je vous parle depuis 2009, qui en est une figure phare, accuse ce parti d'avoir délaissé les "gens ordinaires" au profit de ce qu'elle appelle une "clientèle universitaire" citadine. Elle dit que sa préoccupation pour des problèmes tels que "un langage sensible au genre et des produits biologiques coûteux" plutôt que des problèmes de pain quotidien tels que "lutter contre les bas salaires" l'a rendu étranger à sa base de soutien populaire de la classe ouvrière.

Alors que Wagenknecht en reste quand même membre, son mari, Oskar Lafontaine, ancien ministre des Finances sous Gerhard Schröder et ancien chef social-démocrate qui en fut un co-fondateuri, l'a quitté en mars. Le journal atlantiste de gauche britannique The Guardian la soupçonne de vouloir faire "le jeu de l'extrême droite" en créant prochainement son propre parti. Franchira-t-elle le pas ?

En tout cas elle continue de défendre des positions non-conformistes, notamment sur l'Ukraine - elle encourage Scholz à refuser de livrer des chars Leopard au régime de Zelensky, et à résister à l'alignement sur Washington qui ruine l'Europe - et sur les politiques migratoires, et cela lui vaut un très grand succès dans l'opinion publique (elle est la deuxième personnalité la plus populaire du pays).

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Les ghettos que Davos nous prépare

18 Janvier 2023 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Le monde autour de nous, #Débats chez les "résistants", #Peuples d'Europe et UE

Les milliardaires sont réunis à Davos en ce moment comme tous les ans dans le cadre du Forum économique mondial. Ils réquisitionnent tous les logements de la petite bourgade suisse, emploient une police spéciale pour les protéger, et, à l'abri des regards indiscrets, préparent votre avenir.

Malgré leur volonté de se dissimuler, leurs discussions sont au coeur des débats chez les chercheurs de vérité. Aujourd'hui même la presse russe discutait de leur volonté de développer les thérapies géniques (2 000 seraient en cours de développement en 2022, et cela pourrait représenter un marché de 20 milliards de dollars en 2027), avec toutes les manipulations qui vont avec, dont le génome DRD3 code pour les récepteurs dopaminergiques D3 qui sont la clé du bonheur des individus. Si vous ne coopérez pas, ils vous rendront malades, explique Pravda.ru, Mais, ajoute ce média, Poutine a vaincu le Covid sans les thérapies à base d'ARN et la Chine aussi a suivi sa propre voie si bien que les scientifiques chinois ont boycotté Davos cette année (mais le vice premier ministre Liu He lui y était).

On comprend d'ailleurs que les Russes soient de plus en plus agacés par Davos, vu que le président ukrainien Zelensky s'y est encore rendu pour demander toujours plus de tanks et d'argent pour financer sa très sanglante guerre, guerre dont son ministre de la défense Reznikov a avoué le 5 janvier qu'elle était faite pour le compte de l'OTAN, une guerre qu'il faut mener sans fin jusqu'à la victoire ukrainienne selon la première ministre finlandaise, une guerre qui peut-être aussi joue un rôle de sacrifice rituel (il faut que du sang soit versé pour qu'une cause politique comme celle du mondialisme l'emporte).

Aux Etats-Unis, une intervention suscite des réactions : avant-hier celle de Bastien Girod, membre du parti des Verts siégeant au Conseil national suisse. Il y a expliqué comment amener la population à renoncer à son véhicule personnel et décrit un monde « idéal » basé sur ce qui ressemble à un « quartier de 15 minutes », ainsi que cela se fait déjà à Zurich. On appelle cela des "fifteen minutes cities" - les "villes du quart d'heure". Ce n'est pas une gloire pour la France : le terme a été inventé par un professeur de la Sorbonne, Carlos Moreno, et d'ailleurs Paris est sur les rangs pour adopter le modèle, comme Cleveland aux Etats-Unis, Séoul en Corée du Sud etc.

Le but est clair : jouer sur l'intox des émissions de carbone à l'origine du réchauffement climatique pour réorganiser les villes de sorte que les gens aient tous les services à 15 minutes de chez eux. Rien de révolutionnaire, direz-vous : on généralisera simplement l'envie que peuvent avoir les gens de diminuer les longs trajets fastidieux. Sauf que, dans ce modèle, couplé avec l'identité numérique et l'indexation de vos comptes bancaires à votre empreinte carbone comme Doconomy, on ne vous autorisera à sortir de ces périmètres de 15 minutes qu'exceptionnellement, en fonction de votre crédit social comme en Chine. Il ne s'agira plus d'envie mais d'obligation. Vous ne pourrez même plus aller visiter des proches à 200 kilomètres de chez vous, ou alors quand vous le ferez, vous devrez ensuite compenser en restant cloîtrés le reste de l'année, ou vous serez privés de viande pendant trois mois etc. Ce seront simplement des formes de confinement indolores dans des ghettos high-techs où les gens auront eu le cerveau tellement lavé par la propagande écologiste qu'ils ne verront même pas le problème.

Vous serez concernés, "tracés" comme du bétail, mais, évidemment, pas vos maîtres de Davos qui, déjà sont venus à leur réunion avec des jets privés conduits par des pilotes non vaccinés... (rien à faire : ils seront toujours au dessus des lois qu'ils vous imposent).

Vous ne vous en rendrez pas compte, quand cela arrivera, parce que, selon leurs projets, les dissidents taxés de "complotisme" ou d'être "d'extrême droite" auront été complètement marginalisés, de sorte que plus personne n'écoutera plus leurs avertissements.  Richard Edelman, PDG de la société  de communication Edelman (la première firme de relations publiques au monde), l'a redit aujourd'hui à Davos : il faut lutter contre la "droite" et la "désinformation" qui font diminuer la confiance de l'opinion publique dans les "ONG", ainsi qu'on l'a vu pendant la crise du Covid. Par ONG, il faut entendre les milices de jeunes globalistes financées par les milliardaires comme One, Global Citizen, ou Global Shapers (le "hub de Paris" de Paris organisait un happening avant hier, avis aux sociologues qui veulent étudier le profil des intervenants de cette soirée). Que nous concoctent Richard Edelman et ses amis des ONG pour continuer à conditionner nos cerveaux à grands coups de psy ops traumatisantes ? Nous le saurons bientôt...

La lutte continue...

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Vladimir Saldo et l'utilisation rhétorique du christianisme dans l'Est ukrainien

13 Janvier 2023 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE, #Le monde autour de nous, #Grundlegung zur Metaphysik, #Christianisme

Un helvéto-serbe qui a lui-même grandi dans le giron d'un éditeur qui flirtait avec l'ésotérisme (et qui de temps en temps dit du bien de Douguine qui est lié au néo-paganisme russe et peut-être même au satanisme d'Aleister Crowley), a publié sur Twitter le 11 janvier : " La Russie est sans doute le dernier pays chrétien d'Europe (l'autre pouvant être la Serbie). Le reste du continent étant maintenant immergé dans l'idéologie Woke". On connaît bien ce genre de discours : Poutine en sauveur chrétien face à un Occident sataniste.

Si nos leaders occidentaux sont effectivement très liés à des sectes lucifériennes comme le Forum économique mondial, le "christianisme" des Russes et des pro-russes peut légitimement faire débat. J'avais écouté les voeux de Poutine le 1er janvier 2022. Aucune référence à la transcendance ne s'y trouvait. Et j'ai montré en 2019 quelles forces spirituelles très liées à l'occultisme avaient pignon sur rue dans le Donbass.

Dans la même veine une déclaration du gouverneur pro-russe de Kherson (récemment perdue par les forces de Poutine), Vladimir Saldo sur les ondes de la chaîne de télévision Krym 24, a attiré mon attention : "Le principal désir est de retourner à notre Kherson, qui, je le souligne, est maintenant temporairement occupée. Il y a un désir. Et comme le dit la sagesse pratique, si vous voulez quelque chose, tout l'univers vous aidera. Nous reviendrons".

L'idée que l' "univers" vous aide (et pas Dieu) est typiquement New Age. Cela n'a rien de chrétien...

Je me suis un peu penché sur ce personnage, ingénieur né en 1956 à Nikolaev, qui a été conseiller militaire en Mongolie dans les années 1980 à l'époque de l'URSS, puis maire de Kherson dans les années 2000 et député du Parti des Régions.

Evidemment les partisans de Zelensky le dépeignent comme un traître et un horrible mafieux. "Le nom Saldo est devenu un symbole de dévastation, de déclin, de corruption, de saisies de pillards et de guerre des gangs." lit-on ici. En 2005, Volodymyr Saldo avait un concurrent sérieux à l'élection du chef de Kherson, qui avait une réelle chance de contourner le maire sortant. Sergei Sokolov, l'ancien chef de l'Inspection nationale de la circulation de Crimée, a abandonné de manière inattendue la course aux élections, mourant dans un étrange accident. (...) La chaussée au moment de la collision était sèche, la visibilité était bonne. On ne sait pas pourquoi un minibus Mercedes-Benz se déplaçant en direction de Simferopol a soudainement sauté dans la voie venant en sens inverse, le long de laquelle, à l'époque, l'ancien chef de la police de la circulation de Crimée, le colonel Sergei Sokolov, conduisait en direction de Kherson. dans une voiture Mazda-6. À en juger par l'emplacement des voitures sur les lieux de l'accident, Sokolov, essayant de dépasser la Mercedes, a tourné à droite et a conduit sur le côté de la route. Pour une raison quelconque, le minibus au moment de la collision se trouvait sur le même bord de la route. Mercedes, qui était conduite par un résident de Simferopol âgé de 41 ans, a frappé Mazda de plein fouet avec une telle force que même les airbags qui se sont déployés n'ont pas pu sauver Sokolov de blessures graves. L'avant de la voiture a été complètement détruit. Le conducteur de la Mercedes n'a pas été blessé. Puis des décès similaires sont arrivés à d'autres concurrents de Saldo", est sûr Konstantin Ryjenko. - Pour la Russie, ce sont bien sûr des histoires de routine où des gens meurent dans des circonstances mystérieuses dès qu'ils croisent le chemin de quelqu'un au pouvoir. Mais ce sont précisément ces faits qui le caractérisent bien en tant que personne.

"De manière mystérieuse, son adversaire de longue date Denis Pachtchenko a été abattu à Kherson(...). - Tout le monde a compris que cela pouvait être de sa faute, mais légalement, il n'avait rien à voir avec cela. Une affaire pénale a été ouverte, mais dans son cadre, ils ne peuvent en aucun cas prouver que Saldo est derrière le crime. En 2016, Vladimir Saldo a été arrêté en République dominicaine, il a été accusé d'enlèvement. Après trois mois de détention, il est mystérieusement retourné en Ukraine."

Et bien sûr, je n'ai aucun moyen de vérifier ces accusations qui, dans un contexte de guerre civile, peuvent être montées de toute pièce. Je vois qu'à l'été 2022, l'intéressé a été hospitalisé. Il a été dit qu'il avait un cancer et avait coutume de se faire soigner en Israël. Puis, qu'il a été dans le coma suite à un empoisonnement - peut-être une action des pro-ukrainiens qui ont même annoncé d'une façon un peu prématurée sa mort - et soigné en Crimée. Ses adversaires favorables au régime de Kiev en appelaient au "karma" contre lui - cf Serhiy Khlan sur les ondes d'Espreso TV

On a vu à propos de l'assassinat de Maria Pirogova que ce vocabulaire est habituel chez les partisans du régime de Kiev.

J'ignore si le personnage est aussi antipathique que le prétendent ses ennemis. J'observe que sur Facebook, il affiche - ça va de soi - des côtés aimables : son attachement à sa ville, son patriotisme etc. Détail amusant vu de Paris, il dit qu'il était en France 5 jours en janvier 2022, et, quelques mois plus tôt, qu'il a pleuré devant les obsèques télévisées de Jean-Paul Belmondo.

Mais revenons à l'aspect spirituel.

Comme il convient à un notable de sa ville, sur son profil Facebook, le 24 juin 2021, Saldo rendait hommage à la procession annuelle de l'icône miraculeuse de Kasperiv. Cette tradition remonte à une légende charmante du XVIIIe siècle (légende ou histoire réelle on ne sait). Un noble serbe ruiné s'était installé dans les steppes de Kherson. Il avait apporté avec lui de sa patrie une icône familiale de la Sainte Mère de Dieu. A sa mort, il l'a transmise à ses descendants, et ils l'ont transmis à leurs descendants. En 1809, cette image se retrouva chez la propriétaire terrienne de Kherson Yuliania Ionivna Kasperova qui, une nuit, en allant la prier vit qu'elle était luminescente dans l'obscurité. A partir de là l'icône guérit beaucoup de gens d'une façon miraculeuse.

Tout cela peut plaider en faveur d'un rattachement effectif du gouverneur Saldo à la culture chrétienne. Mais l'attachement culturel ne vaut pas engagement spirituel.

Toujours sur son profil Facebook, le 28 novembre 2021, il exposait sa philosophie de la vie : "L'intuition et votre expérience personnelle sont le guide le plus fiable. La vie n'a pas de manuel clair ou de matrice, sinon tout serait facile et frais. Chacun devrait avoir sa propre expérience, à la fois positive et négative. Lorsque vous prenez des décisions vous-même, votre chemin de vie est composé de vos moments personnels. Pas ceux de quelqu'un d'autre, mais les vôtres". Le "chemin de vie", encore une notion New Age, et il n'y a pas là la moindre référence à la volonté de Dieu, pourtant centrale dans le christianisme. Tout cela n'est donc pas plus chrétien que les vœux de Nouvel An de Vladimir Poutine au Kremlin pour 2022. On se trouve là typiquement dans une pure instrumentalisation rhétorique de la religion.

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Péguy de Romain Rolland

6 Janvier 2023 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Lectures, #1910 à 1935 - Auteurs et personnalités, #La gauche, #La droite, #Christianisme, #Peuples d'Europe et UE, #Divers histoire

Du temps où j’œuvrais à Brosseville, une époque où je faisais tout de travers, je m'intéressais à Romain Rolland, mais au Romain Rolland jeune, panthéiste et hindouïsant de la première moitié de sa vie. Et un certain Plagne, ami du Dissident internationaliste, avait essayé de m'initier à Péguy. Mais c'était le mauvais intermédiaire, je n'avais pas accroché. Introduit différemment, il y a trois mois, par le journal de Claudel, à Péguy via un Romain Rolland au seuil de la mort, je perçois les choses différemment et saisis tout sous un angle nouveau. La gauche socialiste française de 1900 était-elle le vrai visage du christianisme, et donc la fille de Clovis plus que la Réaction catholique ? Peut-être... Leroux en 1845 l'eut sans doute par avance certifié, lui qui voyait le vrai visage religieux de la France dans les soldats de l'an I. Souvenez-vous de Lanzmann disant (à la conférence « Après l’émotion la réflexion politique », Fondation Marc Bloch, 29 mai 1999) que l'injustice faite aux Serbes était une nouvelle affaire Dreyfus. Parfois un combat pour la justice exorcise plus de démons dans une nation qu'une défense pharisienne du dogme.

Romain Rolland me fait voir le visage condamnable de Jaurès à travers son influence sur le ministère Combes en 1904 et l'interdiction des congrégations. Là-dessus Péguy avait raison.  Fut-il aussi perspicace dans son emportement contre l'Allemagne à partir de la crise de Tanger de 1905 (un emportement que bien sûr Jaurès ne partageait pas) ? Rolland est circonspect, lui qui avec son Jean-Christophe fut toujours le pont avec l'Outre-Rhin. Il rappelle ce point : Péguy défendait qu'il y avait quatre grandes civilisations au service de l'humanité - celle des Juifs, celle des Grecs, la civilisation chrétienne et la civilisation française. Et pour lui les trois dernières étaient maintenant les trois dernières étaient menacées par l'Allemagne. Rolland souligne qu'au moins le diagnostic sur la menace sur la civilisation est avéré depuis la guerre russo-japonaise de 1904 en laquelle il voit la première guerre d'extermination.

Alors que nous nous affrontons sévèrement cet hiver avec l'Allemagne sur la question de l'énergie - verbalement du moins sur les plateaux médiatiques, mais pas assez par le canal diplomatique car Macron n'ose pas parler - il est bon de réfléchir aux erreurs de Péguy sur le sujet. A-t-il exagéré la barbarie germanique ? Sans doute. Cela dit que la France fût une nouvelle Grèce, Nietzsche lui-même l'admettait sur le plan culturel (à défaut d'en soutenir la République, et le philosémitisme, comme Péguy le faisait). Et si Péguy a sans doute tort de construire excessivement son patriotisme contre l'Allemagne (qui, cependant, était en effet menaçante après 1905, Rolland le reconnaît), ce travail de réflexion sur la civilisation française lui permettait de réfléchir sans cesse au génie français - une réflexion aujourd'hui interdite par le wokisme, et dévoyée par l'extrême droite. Je suis très frappé de voir que Le Mystère de la charité de Jeanne d'Arc il est prêt à fonder, par la voix de Jeanne, contre le pape, une Eglise nouvelle sur la base des seules vertus des saints français et du peuple du bassin parisien, en proclamant que eux, à la différence de St Pierre, n'auraient jamais abandonné Jésus après son arrestation. Rolland affirme que Péguy eût fondé cette Eglise s'il n'était mort en 1914.

Simple divagation de normalien ? Voire... Rolland rappelle qu'une femme de ménage d'une prof de lettres appréciait plus Le Mystère de la charité de Jeanne d'Arc que sa patronne, qu'il y avait une affinité particulière entre le style de Péguy et le petit peuple dont il était issu, donc peut-être au niveau de la pensée aussi...

Le rapport de Péguy à la terre de l'Orléanais et de Chartres nous interroge. Car il n'en fait pas un simple musée à la gloire de la royauté destituée des Bourbons déchus. Avec excès parfois (car il avait hélas un tempérament trop sanguin comme le mien) mais avant tout avec une inspiration visiblement transcendante (qui l'enflammait pendant des jours), cet auteur avait le mérite de sortir de ce terreau là d'autres vertus, une autre France, une France ensemble chrétienne et socialiste et toute entière tournée vers la Justice et la Vérité. Il y a là un défi intellectuel, spirituel et affectif autrement plus intéressant que la bien-pensance identitaire bourgeoise à laquelle s'est toujours résumé (et se résume encore) le catholicisme de droite auquel Péguy, révolutionnaire, ne s'est jamais rallié.

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Villepin, la politique à l'égard de l'Ukraine et de la Chine

5 Janvier 2023 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE, #Le monde autour de nous

J'écoutais ce soir une interview (ci-dessous) de Villepin (l'ex-premier ministre de Chirac) sur France Inter datée d'il y a quinze jours. Villepin, comme la plupart des élites "organiques", est macronien (sans quoi les micros de France Inter ne lui seraient pas tendus).

Il trouve que Macron a le ton juste sur la question ukrainienne notamment parce qu'il ne compromet pas toute possibilité de dialogue avec la Russie (encore heureux : si on veut la paix il faut bien dialoguer avec un belligérant in fine). Il se réjouit de ce que l'Europe ait apporté plus de milliards à l'Ukraine (52 milliards d'euros) que les Etats-Unis (avant les promesses à l'issue de la dernière visite de Zelensky à Washington). et trouve que notre rôle de cocohon-tire-lire est en soi une marque de notre existence diplomatique (de qui se moque-t-on ? nous n'avons jamais cessé de n'être que cela, au Proche-Orient et ailleurs). Du coup son appel à renouer la confiance avec des pays d'Afrique qui ont clairement choisi la coopération avec la Russie comme le Mali, le Burkina et la Centrafrique s'avère purement incantatoire - mais ça ne gène pas les grands médias qui l'invitent lui et son alter ego Védrine uniquement pour des incantations.

Nulle imagination donc, à l'heure où les appels à la négociations de Kissinger ont échoué et où l'on repart pour un semestre de guerre d'usure avec les risques de dérapage (de troisième guerre mondiale) toujours présents.

Sur la Chine, Villepin semble vouloir le containment. Maintenant que la reprise du Covid dans ce pays nous donne un prétexte pour l'isoler à nouveau, Gideon Rachman dans le Financial Times du 2 janvier se demandait si c'était une bonne idée de mettre ce pays à genoux, en référence notamment à l'embargo sur les micro-processeurs. L'auteur y rappelle le risque que cela conduise à toujours plus de radicalisation nationaliste de la part des Chinois et rappelle en outre que commercialement les Américains sont plutôt en position de faiblesse pour contrer l'influence chinoise en Asie. Il suggère donc de limiter la pression à ce qui pourrait profiter au complexe militaro-industriel chinois... Un distingo avec le bien-être des civils qui est parfois bien difficile à faire... Pas sûr que Villepin ou Macron (qui n'arrive déjà pas à faire ployer l'Allemagne sur la question du marché européen de l'énergie) aient une idée là-dessus. Mais de toute façon Biden ne leur demande même pas leur avis.

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Tensions israélo-ukrainiennes

3 Janvier 2023 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Peuples d'Europe et UE, #Proche-Orient

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a appelé ce mardi 3 janvier son homologue israélien, Eli Cohen, pour le féliciter de sa prise de fonction et pour discuter de "questions bilatérales et régionales". Le ministre des affaires étrangère ukrainien Dmytro Kuleba avait souhaité s'entretenir avec Cohen avant cette discussion mais s'est heurté à une fin de non-recevoir. Ce dernier  a aussi indiqué que Tel Aviv se bornerait à fournir une aide humanitaire à Kiev mais s'exprimerait moins souvent sur le conflit russo-ukrainien.

L'attention portée par les partis d'extrême droite à la communauté russophone israélienne explique cette position, mais pas seulement. Le régime ukrainien est très soutenu par Soros et par les milieux juifs de gauche américains qui ne sont pas exactement, loin s'en faut, sur la même ligne que Netanyahou.

En outre, ce dernier vendredi soir 30 décembre, avait demandé au président Volodymyr Zelensky, de voter contre la résolution de l'Assemblée générale de l'ONU appelant la Cour internationale de Justice à émettre un avis juridique sur les conséquences de l'occupation par Israël des territoires palestiniens (un sujet qui suscite toujours d'intéressantes controverses cf ici). Zélensky ne s'est pas exécuté, et l'Ukraine n'a tout simplement pas pris part au vote ( résolution finalement adoptée par 87 voix pour - dont tous les pays arabes y compris ceux qui ont reconnu Israël, la Russie, Cuba, la Chine, la Mexique, l'Irlande, l'Afrique du Sud -, 26 contre dont les États-Unis, le Royaume-Uni, l'Italien le Kenya, le Libéria, le Congo RDC, l'Australie, l'Albanie, le Canada et l'Allemagne et 53 abstentions dont la France, la Serbie, le Sud Soudan, le Myanmar, le Ghana, l'Ethiopie, la Biélorussie, l'Inde, le Rwanda, la Tanzanie, le Japon).

Il est vrai que Kiev accumulait déjà un certain ressentiment contre le refus des israéliens de fournir à l'Ukraine un système de défense anti-missile performant... Pendant un temps, l'alliance russo-iranienne et la fourniture de drones iranien à Moscou avait pu laisser entrevoir une communauté d'intérêts entre Ukrainiens et Israéliens, mais le jeu diplomatique est plus complexe qu'il n'y paraît notamment en Syrie où Moscou laisse Tel-Aviv bombarder des bases de son allié iranien (et même l'aéroport de Damas où s'effectueraient des livraisons d'armes iraniennes).

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Des barricades d'autodéfense serbes au nord du Kosovo

13 Décembre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE

Les Serbes du Kosovo ayant décidé, début novembre, de se retirer des institutions gérées par le soi-disant gouvernement de Pristina (à cause de l'interdiction des plaques d'immatriculation serbes), ce dernier a envoyé des unités armées à Kosovska Mitrovica, des blindés au jardin d'enfants de Leposavic, et des forces spéciales à Velika Hoča, en violation d 'accords conclus à Bruxelles et Washington, provoquant des incidents (voir par exemple dans le village de Gazivode). Le 10 décembre ils ont arrêté pour une raison inconnue Dejan Pantić, un policier serbe qui a démissionné de ses fonctions le 5 novembre (selon des spéculations il pourrait être accusé d'avoir attaqué des centres électoraux), au point de passage de Jarinje (près de la frontière serbe) . Les Serbes du Kosovo se mobilisent pour lui car il a des problèmes cardiaques et se trouve en détention privé de soins (selon son avocat qui a assisté par vidéo à l'audience le condamnant à 30 jours de détention, il s'est plaint de devoir dormir sur une chaise). Les barricades serbes se multiplient au nord du Kosovo en solidarité avec Pantić mais aussi parce que le  déploiement de force des albano-kosovars inquiète, d'autant que le 10 décembre, la présidente du régime kosovar Vjosa Osmani a reporté les élections locales serbes à Mitrovica, Zubin Potok, Zvecan et Leposavic qui devaient se tenir le 18 décembre au 23 avril suivant, après que son premier ministre Albin Marti (qui a nommé début décembre au poste de au poste de ministre du Retour et des Communautés un Serbe qui ne représente rien électoralement au Kosovo Nord en violation des règles constitutionnelles rappelées par l'Union européenne et par un ancien président de la cour constitutionnelle kosovare selon laquelle les ministres des minorités devaient être nommés avec le soutien de celles-ci) eut lui même organisé des descentes de police dans les centres électoraux.

L'OTAN et Washington par la voix de son représentant spécial se montrent à nouveau menaçants à l'égard de Belgrade qui soutient que la résolution 1244 de l'ONU autoriserait normalement la Serbie à envoyer 1 000 soldats au Nord du Kosovo en cas de menace de pogrom. Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a annoncé que l'Union européenne envoyait son représentant spécial pour les Balkans occidentaux au Kosovo, mais sa position reste largement partiale à l'égard de Pristina puisqu'il a déclaré hier que les barricades pacifiques des Serbes étaient "inacceptables de la part de partenaires qui veulent un avenir européen", sans condamner le climat de peur que les 300 membres des forces spéciales du régime de Pristina font planer dans le nord du Kosovo.

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Le dynamitage d'EDF

9 Décembre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE

Selon EU Energy Live la France paye l'électricité plus cher que les autres pays européens avec la Slovénie : 370 euros par megawatt/heure (383 en Slovénie), contre 355 en Allemagne (et à peu près la même chose aux-Pays bas et au Danemark), 352 dans les Pays Baltes, autour de 340 en Europe centrale, 125 en Espagne (sortie provisoirement du marché européen de l'électricité).

Le documentaire "Nucléaire : une énergie qui dérange", l'association Documentaire et Vérité présente l'histoire de l'abandon du nucléaire en Europe : le revirement aussi stupide que non concerté de la chancelière Merkel sur le nucléaire allemand après la catastrophe de Fukushima en 2011 (min 42'56), le fait que le mix électrique français sur le plan climatique est sans équivalent avec ses voisins européens, avec un prix du kilowatt/heure deux fois moindre qu'en Allemagne, le fait que ce dernier pays compte importer de l'électricité française (sans avoir les lignes à haute tension pour le faire - Maxence Cordiez ingénieur explique en min 47'43 que chaque pays compte sur le voisin), le fait que l'Accès Régulé à l'Electricité Nucléaire Historique pénalise de façon absurde EDF...

Hervé Machenaud (min 40'24), ex directeur de production d'EDF raconte que lors de la création du Marché européen de l'électricité, les Allemands disaient : "Si jamais on a un réseau unique européen on serait inondé de l'énergie d'origine nucléaire d'EDF" (qui était la moins chère et plus propre). La Commission européenne avec son dogme néo-libéral a alors voulu casser EDF en faisant comme s'il s'agissait du marché de la téléphonie.

Par ailleurs circule sur le Net une vidéo dans laquelle l'ancienne ministre de l'environnement du gouvernement Jospin, Mme Voynet (qui hélas ose encore revenir en politique après s'être ridiculisée à la mairie de Montreuil entre autres), raconte comment en 2000 comme elle devait faire inclure le nucléaire dans les énergies d'avenir a sciemment menti en faisant croire à Paris que le Royaume-Uni ne soutenait plus la France.

Yves Bréchet haut commissaire  à l'énergie atomique (2012-2018) à l'Assemblée nationale le 29 novembre qualifie le marché européen d' "outil de spéculation pure" qui profite à ceux qui ne produisent pas d'électricité. Et puis il y a l'abandon délibéré du nucléaire à partir du quinquennat Hollande pour plaire aux écologistes, alors qu'on commençait à trouver des solutions innovantes pour le traitement des déchets.

L'échec énergétique actuel a été mûrement préparé.

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Assassinat d'une députée dans le Donbass

7 Décembre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE

Maria Pirogova, membre depuis 2018 du Conseil populaire (parlement) de la République populaire de Donetsk a été tuée hier dans la capitale de cette république devant la maison de la jeunesse par un tir de missile de l’armée ukrainienne.  Sept autres civils de cette ville au moins ont été tués ce jour là.

« En 2014, alors qu’elle n’avait que 29 ans, elle a commencé à aider les gens. Elle rassemblait des choses, les livrait elle-même aux personnes dans le besoin, et n’avait pas peur d’aller dans les endroits les plus dangereux pour aider les autres », a écrit le président par intérim Denis Pouchiline sur sa chaîne Telegram, faisant l’éloge de la défunte politicienne comme étant « l’incarnation de la gentillesse » avec un « talent exceptionnel pour faire le bien. » Selon le maire de la ville, Aleksey Kulemzin, les troupes ukrainiennes ont frappé un centre d’affaires, un marché, l’arène du Donbass, un complexe sportif, plusieurs centres commerciaux, une gare routière, une cathédrale, le bureau du procureur local et plusieurs immeubles résidentiels. Cela arrive presque quotidiennement.

Pirogova s'était investie dans des actions humanitaires dans la région au cours des jours précédents. Elle était diplômée de l'école de musique (on peut entendre une de ses performences ici), et avait épousé un membre des paramilitaires du Donbass Alexander Hereskulov, 30 ans.

Les partisans du régime de Kiev célèbrent la mort de cette jeune femme comme un "juste karma" (sic) parce que sa mère, Maya, une journaliste à la télévision s'était réjouie du "nettoyage" de Marioupol au moment de la prise de la ville. Maya Pirogova avait déjà été pointée du doigt en mars 2021, quand le gouvernement de Kiev tirait prétexte de sa présence dans la délégation du gouvernement de Donetsk pour refuser de négocier.

L'image du bombardement est ici. Elle laisse entrevoir la possibilité d'une frappe "ciblée".

Ce ne serait pas la première dans ce cas. Quatre des hauts responsables pro-russes dans le Donbass ont été tués dans des explosions en une journée en septembre, lors d'une vague d'assassinats.

Le mois dernier, l'administrateur pro-russe de Kherson  a été tué dans un mystérieux "accident de voiture".

Vladimir Poutine a décerné aujourd'hui à Maria Pirogova l'Ordre du courage à titre posthume.

Vadim Lobuzov, un rockeur, et le juge Viktor Isaev ont aussi été tués à Donetsk le 6 décembre.

 

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L'Arme et la Paix n°45, dossier sur l'Ukraine avec notamment mon article

6 Décembre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #ICD, #Actualité de mes publications, #Peuples d'Europe et UE

On trouvera dans le dernier numéro de l'Arme et la Paix, Journal biannuel édité par l’association Initiatives Citoyenneté Défense (novembre 2022) gratuitement accessible ici un intéressant dossier sur la guerre d'Ukraine.

Au nombre des contributions, une interview du lieutenant-colonel de réserve Maurice Pytkiewicz, un article de Jacques Fath, et une analyse de votre serviteur que j'ai intitulée "La plaie ukrainienne, le résultat de tendance lourdes".

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L'amitié serbo-azerbaïdjanaise

26 Novembre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE, #Le monde autour de nous

L'Azerbaïdjan n'a pas bonne presse en France du fait de son conflit avec l'Arménie (voye par exemple la prise de position de M. Estrosi ici). Pour autant, si la guerre qui oppose ces deux pays autour de l'avenir du Karabakh présente des aspects très violents que l'on n'a pas manqué de dénoncer sur ce blog, on ne peut négliger le fait que la donne est assez complexe. Il n'y a pas d'un côté les gentils et de l'autre les méchants. Les Arméniens qui se sentent à l'étroit dans leurs frontières actuelles ne sont pas dépourvus de visées expansionnistes, du côté du Caucase notamment. Et, si l'Azerbaïdjan présente l'inconvénient sérieux d'être une dictature, son rôle ne peut être réduit à celui de simple valet de l'impérialisme américano-sioniste comme parfois l'Iran l'a laissé entendre.

Un élément de nuance au thème de l'alignement de Bakou sur Washington est par exemple la grande amitié qui lie la Serbie à l'Azerbaïdjan. Les visites mutuelles de chefs d'Etat entre les deux pays se sont multipliées, et celle du président Ilham Aliev à Belgrade cette semaine fut l'occasion de le rappeler, avec l'inauguration le 23 novembre d'un monument à la mémoire de son père, Heydar Aliyev, ex dignitaire soviétique qui avait visité la Yougoslavie au nom du Politburo du PCUS en 1986. L'amitié entre les deux peuples remonte notamment à la participation de la 223e division de l'Armée rouge, formée d'Azerbaïdjanais, à la libération de Belgrade de l'occupation fasciste en 1944. Les deux pays sont engagés dans un partenariat stratégique pour un couloir énergétique, et Bakou refuse toujours de reconnaître le soi-disant Etat du Kosovo.

On notera aussi que Bakou, qui, comme Belgrade, entretient de bons rapports avec Poutine pour le maintien de la paix au Karabakh, n'a pas pris part aux votes de l'ONU sur l'Ukraine en mars et en octobre.

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Crise énergétique en Moldavie et Transnistrie

22 Novembre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE, #Transnistrie

Le président transnistrien Vadim Krasnoselsky, a adressé ce jour 22 novembre aux secrétaires généraux de l'ONU et de l'OSCE une lettre dans laquelle on lit notamment :

"En octobre 2022, pour des raisons indépendantes de la volonté de la partie pridnestrovienne, les volumes d'approvisionnement en gaz naturel de la Moldavie et de la Pridnestrovié ont été réduits. Dans ces conditions, les dirigeants moldaves, en violation flagrante des obligations contractuelles, ont pris la voie du retrait illégal d'une partie du gaz naturel fourni destiné à la Pridnestrovié. Donc, à l'heure actuelle, au lieu des 3,9 millions de mètres cubes prévus par le contrat. m de gaz par jour, notre république ne reçoit pas plus de 2,3 millions de mètres cubes. m par jour.

Dans le cadre des actions illégales du gouvernement moldave, depuis le 21 octobre 2022, l'état d'urgence dans l'économie a été introduit en Pridnestrovié, les entreprises industrielles de base ont été arrêtées, les transports publics ont été arrêtés et la température dans les locaux des équipements sociaux a été abaissé dans les conditions du début de la saison de chauffage. L'approvisionnement en électricité de la Moldavie, qui était la source de revenus la plus importante pour le budget transnistrien, a été contraint de s'arrêter."

Krasnoselsky y souligne aussi que la frontière transnistro-ukrainienne est fermée depuis février et que Tiraspol reste neutre dans le conflit entre Kiev et Moscou.

La crise énergétique est loin de ne frapper que la Transnistrie/Pridnestrovie. La situation de la Moldavie n'est pas non plus reluisante.

L'électricité fait défaut. La Roumanie a déjà fixé un prix plafonné à 450 RON par MWh pour l'électricité vendue à la Moldavie dans le cadre de contrats bilatéraux - mais de tels contrats sont rares, et finalement, le négociant en électricité moldave Energocom a dû exploiter le marché journalier plus cher afin d'acheter de plus gros les montants. En octobre, une capacité de transfert vers la Moldavie (Isaccea-Vulcanesti) a été mise en service, tandis que la Roumanie dispose également d'une capacité de 125 MW vers l'Ukraine, qui peut être allouée à la Moldavie, mais elle a été suspendue provisoirement le 15 novembre du fait du bombardement des infrastructures ukrainiennes par les russes.

Du côté du gaz, le russe Gazprom n'a livré en novembre que 51% des montants contractuels, et la part dédiée à la Moldavie proprement dite (la région sans la Transnistrie) est d'environ un tiers - 54 millions de mètres cubes - quelque 36% du montant contractuel. Le prix du gaz a été multiplié par 7 en un  an. La présidente moldave était hier à Paris pour une réunion de la plateforme de soutien à son pays, organisée par la France, l’Allemagne et la Roumanie.

Les hommes d'affaires et politiciens en fuite Vlad Plahotniuc (Parti démocrate en ce moment plutôt à gauche) et Ilan Shor (qui finance la droite), eux, tirent profit, dit la presse roumaine, des pénuries pour organiser des rassemblements de masse contre le gouvernement pro-UE à Chisinau, prétendument sous la coordination d'agences russes. Signe des temps, Marcel Ciolacu, du parti social démocrate roumain, président de la chambre des députés, en compagnie de l'ex-ministre de la défense Vasile Dîncu ont assisté hier au congrès du Parti démocrate moldave de Plahotniuc qui fait bloc derrière le maire de Chisinau Ion Ceban, officiellement pro-européen, mais qui pourrait être plus proche de Moscou que l'actuelle présidente moldave Maia Sandu.

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L'inquiétante ruée vers le lithium

30 Octobre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #George Soros, #Bill Gates, #Peuples d'Europe et UE

Le lithium est partout : dans les smartphones, les voitures électriques, les panneaux solaires, et même les sous-marins chinois. Résultat : la demande mondiale de lithium était d'environ 350 000 tonnes en 2020, elle sera six fois plus importante en 2030.

La filière lithium-batteries est un El Dorado, et pourrait le rester, sauf si une alternative à ce métal est trouvée - George Soros, grand financeur du Parti démocrate américain, de la woke culture, et des révolutions de couleur, a investi 4,6 milliards de dollars dans une start up qui travaille sur les batteries à semi-conducteurs en 2021, avant d'acheter des parts dans l'entreprise Tesla de son soi-disant adversaire politique Elon Musk (lequel vient de racheter Twitter), qui construit des voitures électriques, ce que Bill Gates se refuse toujours à faire. D'ailleurs Soros ne se contente pas de financer la recherche : il a aussi des parts dans la firme minière australienne Piedmont lithium Inc fournisseur de Tesla qui travaille au Ghana, en Caroline du Nord,  au Québec (il sera intéressant de parler dans un autre article de son bras de fer avec un géant israélien du diamant autour de la mine de Simandou en Guinée, mais c'est un autre sujet). La Chine qui raffine 65 % du lithium mondial mais moins de 25 % des ressources en minerais cherche à acquérir des mines en Amérique du Sud (Ganfeng a investi en Argentine) et en Afrique (Sinomine Resource au Zimbabwe).

Problème : il faut extraire le lithium des cailloux ou des fluides, et cela ne va pas sans poser de grosses difficultés.

La mine de lithium de Jadar (cédée à Rio Tinto) en Serbie (qui vient de recevoir 160 millions d'euros de l'UE en remerciement de son vote anti-russe le 12 octobre à l'ONU sur l'Ukraine), provoque le scandale vu le risque de destruction d'un écosystème et d'expropriation des paysans.

Aux Etats-Unis (2 % de la production mondiale), on l'exploite au Nevada, le nouveau projet minier de lithium le plus proche d'aboutir, Thacker Pass, dans le même Etat se trouve sur une terre sacrée des Indiens et nuirait aux éleveurs locaux. Des actions en justice sont en cours.

Au Chili, en Argentine, en Bolivie (qui prétend fabriquer des batteries et pas seulement fournir des minerais), pour extraire 1 tonne de lithium, il faut 1 million de litres d'eau (2 millions dit même Euronews), et pour une batterie d'une voiture électrique Zoe il faut la consommation d'eau de 500 personnes pendant un an, selon François-Xavier Piètri, éditorialiste Economie sur divers grands médias. Dans cette partie du monde en effet (près de 60 % de la production mondiale de lithium brut), il est extrait de salines (et non de la pierre comme en Australie).

Au sein de l'Union européenne qui dépend beaucoup des importations transocéaniques en la matière (ce qui est aussi funeste pour l'environnement), les réserves commencent à être évaluées avec la publication en 2021 par le projet GeoERA de cette carte.

La Tchéquie est en pointe. En France, la presse officielle vante ses propres réserves de lithium : " La France compte être plus vertueuse (que l'Amérique du Sud), explique France Info, avec notamment un projet dans l'Allier sur une ancienne carrière, ou en Alsace (qui ne figure pas sur la carte ci-dessus), où la solution pourrait venir de la géothermie (...) Aujourd'hui, l'eau chaude des sous-sols est puisée, transformée en énergie et réinjectée. Une technologie à l'étude permettrait de capter les atomes de lithium, avant de renvoyer l'eau dans le sol."

A supposer que le problème du coût en eau puisse être résolu, il y a aussi celui du recyclage. En ce moment la réglementation européenne n'oblige à recycler qu'à hauteur de 50 % d'une batterie, ce qui ne rend pas le recyclage viable économiquement. La question va devenir épineuse en 2030 quand la politique autoritaire en faveur des voitures électrique conduira la France à devoir recycler 2 millions de tonnes de batteries. Aujourd'hui après calcination et destruction, ces batteries laissent toujours 2 % de résidus que l'on finit par enterrer. On voit le risque environnemental quand cela portera sur des millions de tonnes.

N'y a-t-il pas là un effet pervers de l'emballement politique pour le tout-électrique et la diabolisation du carbone alors que rien n'est prévu pour la gestion à long terme des conséquences de ces investissements désordonnés ?

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Rishi Sunak et le modèle chinois

28 Octobre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #coronavirus-vaccination-big pharma, #Les régimes populistes, #Le monde autour de nous, #Peuples d'Europe et UE

Lundi 24 octobre, 28 villes chinoises ont mis en place divers degrés de confinement dans  le cadre de la soi-disant lutte contre le Covid 19, avec environ 207,7 millions de personnes touchées. La ville de Pékin notamment a annoncé samedi dernier qu'après cinq jours de mini-vacances, l'accès aux espaces publics continuera d'être restreint. À partir du 5 mai, un test COVID négatif effectué  dans les 8 jours précédents sera obligatoire pour entrer dans "de nombreux lieux publics et prendre les transports en commun", selon une annonce sur le compte WeChat de la capitale.

Ces entraves à la circuler s'ajoutent à celles qu'imposent le système de crédit social qui en 2019 interdisait à 23 millions de Chinois de voyager.

Croyez-vous que l'Europe est à l'abri de cela ?

La nomination du nouveau premier ministre britannique Rishi Sunak, ancien ministre des finances, qui est non seulement un ancien de Goldman Sachs mais aussi et surtout l'homme du Forum économique mondial devrait vous mettre en garde.

Le père de  l'épouse de Sunak (donc son beau-père),  Akshata Murthy (qui n'est pas citoyenne britannique), est le  fondateur  d'Infosys, une société indienne de technologie de l'information qui fournit des services à une foule d'entreprises et de banques Fortune 500. L'un des principaux services de l'entreprise est Finacle, une plateforme bancaire numérique.

Infosys est répertorié comme  partenaire officiel  du  Forum économique mondial/Forum de Davos (WEF) , qui a été accusé de chercher à développer l'infrastructure technologique pour mettre en œuvre un système mondial de "score de crédit social" à ravers le monde. Le président d'Infosys, Mohit Joshi, a rédigé des articles pour le site en faveur de la banque numérique, qui fournit le cadre technologique du système de « score de crédit social ». Pour défendre le modèle chinois sur le chemin d'une "cashless society" (société sans espèces)  il écrivait en août 2020 : "Qui peut alors blâmer la Banque populaire de Chine (PBOC) lorsqu'elle a annoncé en février qu'elle détruirait  les espèces collectées dans des environnements à haut risque , tels que les transports publics, les marchés ou les hôpitaux ?". Dans un article d'avril 2021, sur le site du Forum de Davos, il préconise d'accorder à chaque personne une "identité numérique unique" pour effectuer des transactions financières. Il cite le Parti communiste chinois comme un exemple réussi de cette politique. Dans la même veine il y a un an Sunak vantait les Central Bank Digital Currencies (monnaie numérique de banque centrale). Global Times, organe officiel chinois, le 14 juillet dernier vantait le pragmatisme de Sunak dans ses rapports avec Pékin.

Si vous ne voyez pas où cela nous mène pensez aux expérimentations de Deconomy ici. Un épisode de série d'animation "Stretch Armstrong & The Flex Fighters" (2017) sur Netflix en donne aussi un aperçu.

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