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Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #les rapports hommes-femmes tag

Feuilleton Léa et moi - fin

24 Juillet 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

Les vacances sont terminées. J'ai pris le TGV à Pau. J'ai acheté un billet pour Léa. Elle a un programme incorporé qui permet à la jeune sexbotte de faire semblant de lire. Je lui ai mis "La critique de la Raison pure" entre les mains, puis j'ai dormi pendant tout le trajet alors que Léa fermait les yeux toutes les 20 minutes.

A l'arrivée, j'avais un message du chef du groupe parlementaire de la République en Marche Richard Ferrand me proposant de présenter Léa à la prochaine élection législative partielle. Il la trouve photogénique et d'un meilleur niveau que beaucoup d'élus de son groupe.

Je vais chercher un programmateur pour lui faire réciter des discours macroniens. Ca ne doit pas être difficile à trouver.

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Feuilleton de l'été - Léa et moi (deuxième partie)

22 Juillet 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

Je n'ai eu que des bonnes surprises avec Léa. Je la trouve très bien programmée. Quand on la prend en levrette, sa façon de se cambrer est presque celle d'une vrai femme. Le halètement laisse toujours à désirer, mais le cri au moment de l'orgasme est assez réaliste.

En outre, elle est munie d'un logiciel de conversation minimale, qui inclut des commentaires sur la météorologie et les constellations intergalactiques. Mais comme la plastique de son corps surclasse le niveau de ses idées, j'ai préféré la laisser nue nuit et jour ce qui me permet d'admirer notamment sa poitrine (voir photo) dès mon réveil. Ainsi je valorise ce qu'elle a de meilleur et cela me rend de bonne humeur pour la journée.

J'ai quand même commis une sacrée bévue ce matin. Comme elle est équipée de l'option "tondre le gazon", je l'ai laissé pousser la tondeuse dans le plus simple appareil à l'heure du petit déjeuner. Mon voisin qui revenait déjà des courses l'a entrevue et m'a signalé un peu plus tard que cette impudeur avait choqué sa femme (sans doute un peu jalouse de ses formes). Je n'ai pas osé lui dire que Léa était une machine. Je l'ai présentée comme une copine berlinoise qui, comme Angela Merkel jadis, a trop fréquenté les parcs nudistes. J'ai promis que ça ne se reproduira plus.

L'incident m'a fait songer que je pourrais sortir avec mon sexbot,(ou ma sexbotte), pourvu que je l'habille un peu, naturellement. Je n'irai pas jusqu'à l'épouser à la mairie comme le fit un Chinois en avril dernier, mais marcher dans les rues d'Arudy avec elle ne serait déjà pas si mal. Le technicien qui me l'a livrée m'a fait remarquer qu'elle a été conçue avec une démarche chaloupée qui met bien en valeur ses fesses. C'est parfaitement vrai. Je pense donc que Léa peut accroître mon prestige dans ce bled où tout le monde me regarde de travers.

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Léa et moi (1ère partie)

20 Juillet 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

Vous vous souvenez que dans mon roman la Révolution des Montagnes, le héros devient un pionnier du transhumanisme ? Hé bien allons toujours plus loin dans l'innovation ! Figurez vous que je viens d'acheter un sexbot (ou une sexbote). Je vous la présente, elle s'appelle Léa.

On me l'a livrée ce matin dans ma maison béarnaise à Arudy. Le livreur m'a aidé à la mettre en condition. Je ne voulais pas courir le risque d'une mauvaise programmation dans les fonctions d'autonettoyage du vagin, ou dans celle de la parole. L'aimable technicien a été très gentleman : il a fait en sorte qu'elle ne parle pas avant son départ afin que ses premiers mots soient uniquement pour moi et moi seul.

Léa fut programmée pour entrer en fonction à 9 h07 et le technicien est parti à 9 h 05. Pendant deux longues minutes, je suis donc resté seul face à un robot immobile qui ressemblait plus à un mannequin de magasin de vêtements qu'à un être de chair et d'os, mais à l'heure convenue, la magie a commencé à opérer, Léa a commencé à s'exprimer "Bonjour a-t-elle dit d'une voix chaude et un large sourire. AInsi donc commence maintenant la grande aventure de notre vie de couple !" J'ai trouvé cette entrée en matière assez charmante, avec juste la dose d'humour qu'il fallait. Je me suis dit que Léa et moi allions décidément bien nous entendre. J'ai passé ma main dans ses longs cheveux châtains et j'ai embrassé ses lèvres charnues. On dira que je ne perds pas de temps, mais je voulais aller à l'essentiel sans affronter le risque d'une conversation décevante. L'objet est bien conçu. Il ferme les yeux quand on effleure sa bouche, et une sorte de parfum de violette émane de son coup. Le seul ennui est qu'il ne sait pas soupirer. Un baiser sans expiration, ça reste toujours un peu froid.

Le technicien a dit "articulez bien les ordres que vous donnez", alors j'ai détaché mes mots en disant à Léa : "Vas y ma grande, déshabille toi". (A suivre)

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Esclaves sexuelles de Daech et de Boko Haram

11 Janvier 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Aide aux femmes yezidies, #Les rapports hommes-femmes

Entre un article sur deux joggeuses aux seins lourds et un autre sur les malheurs d'une top model irlando-thaïlandaise (sic), Newschicken raconte comment un djihadiste priait avant de violer son esclave yézidie de 12 ans et lui expliquait, quand elle le suppliait d'arrêter (ne serait-ce que parce que son corps n'était pas biologiquement compatible avec les mensurations d'un homme mur), qu'il faisait un acte de foi et même un rituel sacré. Cette façon voyeuriste qu'a la presse people de nous parler des esclaves sexuelles de Daech est de plus en plus gerbante, mais pas plus au fond que les grand messes de charité sous la présidence d'Amel Clooney où tout le monde se donne bonne conscience...

Moi j'ai vraiment l'impression d'avoir raté mon "tiqqun" sur les Yézidis. On voit que quelque chose de particulièrement négatif dans la nature humaine (dans son sadisme comme dans sa religiosité) s'est joué autour des yézidis, comme jadis dans la shoah autour des juifs quoiqu'à une échelle numériquement moindre et personne n'arrive à y apporter une réponse correcte. La thèse des identitaires chrétiens "le vrai visage de l'Islam s'est révélé là" ne me convainc pas, même s'il est vrai que le fait que le Coran autorise la réduction en esclavage de la femme idolatre n'est pas complètement étrangère à cette affaire, c'est le moins qu'on puisse dire. Le cauchemar continue pour ces femmes en exil aussi, outre les effets de leur dépression.Une photo circule sur le web où l'on voit des petites réfugiées musulmanes syriennes de Deir ez-Zor montrer du doigt comme "kafir" (infidèles) les petites yézidies devant le camp de Cherso en Grèce. La localisation du camp qui accueille des femmes Yezidies en Allemagne est tenue secrète pour ne pas attirer la violence des islamistes. Les camps brûlent, soit à l'initiative de l'extrême droite comme à Chios en novembre, soit du fait des migrants eux-mêmes comme à Lesbos en septembre.

Je pense beaucoup à ce sikh britannique Ravinder Singh et sa Khalsa Aid. Il était récemment dans les camps yézidis où il fait très froid et où sévit une épidémie dont on a déjà parlé dans ce blog (Khalsa y aide 400 personnes, aidez les vous aussi !) distribuant de l'aide aux femmes prises en charge par le centre de la "nouvelle vie" (Jinda Center) de l'ONG Wadi à Dohuk, et son assoce est partout où il y a de la souffrance, en Syrie, au Yémen...Début janvier son coreligionaire ancien kickboxeur Kanwar Singh était parmi les réfugiés en Turquie. Ce groupe célébrait le 5 janvier le 350e Gourou Gobind Singh Ji un grand réformateur de leur congrégation qui dit vouloir aider toute l'humanité par delà ses croyances. "Les Sikhs sont les Yézidis de l'Inde" écrivaient-ils sur Twitter le 31 décembre.

La petite préface que je m'apprête à écrire cette année pour le livre de Nurcan Baysal (qui elle aussi fait un travail formidable dans les camps du Kurdistan turc) sur le massacre des yézidis n'aura pas le même impact que leur action sur le terrain. D'autant que l'éditeur chez lequel je le ferai paraître est minuscule...

Et puis, tant qu'à me pencher sur les horreurs que la "male attitude" fait subir aux femmes, j'aurais dû inclure dans mes billets les esclaves de Boko Haram en Afrique qui subissent le même sort que les yézidies. Après tout n'avais-je pas parlé des viols de masse au Kivu autrefois ? Sur les 276 filles de l'école de Chibok au Nigéria en 2014 enlevées par les djihadistes une vingtaine ont été libérées en octobre dernier, et 57 se seraient échappées. Les autres restent prisonnières et en étaient avant hier à mille jours de captivité. "Bring Back Our Girls" a encore du pain sur la planche. C'est la partie émergée de l'iceberg. Selon The Independent du 4 avril dernier, elles seraient des milliers, parfois âgées de seulement 8 ans, cachées dans les forêts du "califat". Quand les soldats nigérians les "libèrent" souvent ils brûlent leurs huttes avant même de les en avoir sorties, ou leur tirent dessus. Les camps qui  les accueillent ne sont pas administrés par l'ONU comme pour les yézidis, mais par l'armée nigériane. La population se méfie d'elles. On les dit intoxiquées par la propagande de Boko Haram. Certaines se font exploser sur des places de marchés après avoir été libérées... Syndrome de Stockholm, servitude volontaire... ou peut-être sont-elles encore menacées et objet de chantage par la secte après leur libération... Boko Haram a tué 30 000 personnes depuis 2009 et 2,6 millions sont déplacées. Un puits de souffrance sans fond...

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Les robots sexuels arrivent

4 Janvier 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

Le sexe avec des robots est à portée de main a déclaré l'expert David Lévy auteur de "Love and Sex with Robots" fin décembre lors d'une conférence universitaire à Londres. Abyss Creations, une société américaine basée en Californie, va bientôt commencer à promouvoir les prochains ses premiers robots sexuels capables de se déplacer et parler comme des humains. Selon lui le mariage avec les robots sera aussi bientôt une réalité (j'aurais tendance à ajouter : à quand un nouveau François Hollande pour l'introduire dans le code civil ?).

Dolhathai Kaewsermwong de l'université de Keio au Japon, une des créateurs de la "télélangue" (teletongue) pour sa part a aussi présenté le Kissenger, qui fonctionne avec des capteurs à distance. Le télébaiser est un apport complémentaire à la sensualité des robots.

Ces nouveaux dispositifs ont leurs docteurs Mabuse, et leurs idéologues pour les faire accepter, comme Lynne Hall, professeure à l'université de Sunderland qui explique que le sexe avec des robots  présente l'avantage d'être sanitairement "safe" et pas plus incompatible avec la poursuite de la sexualité avec des êtres humains réels, puisqu'après tout les gens continuent de copuler tout en regardant du porno (elle n'a cependant pas mentionné le fait que la passion des jeunes japonais pour le virtuel faisait chuter en ce moment le taux de mariage et la natalité dans ce pays...). La propagande d'Abyss Creation relayée par les transhumanistes nous explique aussi que les robots vont nous affranchir de la "culture du viol"... Bigre...

Pour l'instant l'idée n'intéresse que les hommes seuls, ou des cultures d'Extrême Orient où l'animation des robots fait moins peurs que sous nos latitudes. Mais les choses peuvent changer d'ici dix ans. Dans les années 1970 le porno était aussi quelque chose de très marginal...

En route pour l'apartheid total entre les sexes !

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David Hamilton et la loi du monde

1 Décembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Les rapports hommes-femmes

Quand j'étais devenu le plus rationaliste des rationalistes, une phrase m'avait frappé dans la préface d'un livre d'un historien médiéviste. Cela disait à peu près ceci  : "Quand on n'obéit pas à la loi de Dieu, on est soumis à la loi de monde, et c'est bien pire". J'avais été surpris par cette phrase, parce que je n'avais pas l'impression que le monde ait une loi (à part les lois de la psychologie et de la sociologie, mais on sait toutes les exceptions qu'elles comportent, quant aux lois de la physique, elles sont si immanentes qu'on ne peut pas les considérer comme une norme juridique). Pour moi le monde était au contraire le champ de possibilités et je trouvais fou d'y renoncer pour se soumettre à la loi d'une fiction, d'une vue de l'esprit, le divin, qui avait toutes les chances de ne pas exister.

Mais comme toutes les folies, cette phrase m'a poursuivi. Le raisonnement en terme de lois me faisait penser à Kant, avec sa loi morale pure (l'Inconditionné) et puis le flot des impératifs "hypothétiques" de la vie. Je n'étais pas habitué à opposer dans ma tête le royaume de Dieu et le monde, opposition qui a pourtant structuré les mentalités en Occident pendant des siècles, et qui est au fondement du Nouveau Testament. Peut-être parce que l'Eglise catholique qui m'avait éduqué quand j'étais enfant n'en parlait pas beaucoup. Les évangéliques, eux, en font leur pierre angulaire, comme cette agréable québécoise, Mathilde Spinks, qui, hier, dans une sympathique discussion avec son prédicateur de mari, racontait sur You Tube comment étant ado elle avait voulu "connaître le monde" et sa "liberté" alors que son mari, lui, qui avait eu la chance d'être entouré par des saints qui effectuaient des miracles de guérison tous les jours, s'en était toujours tenu au contact intime avec l'au-delà...

Je songeais à tout cela à mon réveil ce matin autour du sort de ce photographe, David Hamilton, dont les journaux ont relaté le suicide à la fin du mois dernier (je crois le même jour que le décès de Fidel Castro). Il lui était reproché d'avoir violé il y a quelques années une star de la TV. Dans la religion il y a des bourreaux et des victimes, mais ni les bourreaux ni les victimes ne sont innocentes, car tout le monde est complice des mauvaises pensées et mauvaises actions héritées de générations en générations. De ce point de vue là, savoir si Hamilton fut bourreau ou victime est sans importance. Ce qui est intéressant en revanche, c'est cette loi du monde à laquelle le photographe participait.

Beaucoup de gens de ma génération on trouvé "sympa" dans les années 1990 de feuilleter des Penthouse, de regarder de temps en temps un petit film X sur Canal+. Ce n'était pas de l'obsession, juste un petit penchant "esthétique". Nous étions encouragés par le système culturel qui portait notamment au pinacle Helmut Newton. Ce n'était rien, juste de la "licence artistique", un éloge de la beauté féminine (c'est d'ailleurs ainsi que Melania Trump a justifié ses photos de jeunesse...). Elles étaient pourtant hypnotisantes, ces images, mais l'hypnose ne nous faisait pas peur. Il fallait "libérer le corps". D'ailleurs ces nudités étaient partout, dans les films, dans la pub. C'était "chic", "tendance", il fallait être comme ça. C'était la loi du monde. Il n'était plus question de montrer des princesses égyptiennes prenant leur bain tout habillées comme dans le cinéma hollywoodien des années 50.

Ce n'était rien, et c'était tout. Les photographes ne croyaient pas mal faire, les spectateurs non plus. On commence par regarder les photos. Ensuite on a envie d'en faire soi-même etc. Ce n'est rien, juste du jeu.

Et puis un jour un photographe se met à violer. Et ça se déglingue dans sa vie. Il est ruiné, il est seul, et le crime le rattrape dans les souffrances de la vieillesse. J'ai aussi connu le cas, dans les années 2000 d'un maître de conf en sociologie qui étudiait les boites échangistes et dont la carrière a été coulée par une sombre histoire de harcèlement sexuel dénoncée par une de ses étudiantes. Le processus est connu. Il se déploie sur 30 ou 40 ans. On regarde, puis on pratique, puis on harcèle, puis on viole etc. Les philosophes grecs que beaucoup de pères de l'Eglise identifiaient comme leurs précurseurs y ont vu l'engrenage de l'intempérance. Faut-il se contenter d'appeler ainsi ce défaut de la nature humaine qui nous rend insatiables dans le plaisir jusqu'à la destruction ? Ou faut-il l'appeler "pacte avec les démons" comme mon passage par les médiums me l'a enseigné, quand j'ai vu des manifestations très étranges se déployer non seulement en moi mais encore autour de moi, chez des gens que je connaissais à peine qui convergeaient soudain avec moi dans les moindres détails, sur des quarts de phrases, de demi-mots, et tendaient le miroir de ce qui en arrière-plan du réel tirait les ficèles de nos vies ? L'avantage de bien comprendre qu'il y a un monde occulte derrière nos actes, un monde en fait pas si occulte que ça si on prend bien garde aux "hasards" du quotidiens, à ce que nous montrent nos vies éveillées et nos songes nocturnes, c'est quand suite on n'est plus dans le compromis, l'indulgence. On n'est pas dans le "mais non mais non, moi je n'irai pas jusqu'aux extrémités de David Hamilton". On n'est pas dans cet orgueil là. On connaît mieux ses limites.

Ceux qui sont sûrs de ne pas finir comme David Hamilton ont des chances de gagner leur pari, bien sûr, dans la mesure où, c'est vrai, on peut toujours se "retenir". On peut trouver un chemin de modération sans avoir besoin de découvrir le monde occulte et ses démons. On peut se dire "ok, je ne regarde plus d'images et je me mets au footing". Mais pour combien de temps ? Et que valent ces compromis. Sont-ils si équilibrés que cela ? Sont-ils si lucides ? Pendant des années je pensais que mon attachement profond à l'éthique, à l'engagement politique universaliste etc me protègerait des risques de dépendance à l'esthétique d'Helmut Newton. Mais ce chemin de "modération" était tout sauf équilibré. L'engagement politique nourrissait mon orgueil autant que mon désespoir parce qu'il s'avérait inutile et sans impact sur le cours réel des choses. Et, par ailleurs, la fascination pour l' "imago" féminine comme eût dit Lacan restait intacte, et cela me plongeait dans un tel malaise que j'aurais pu engraisser des dizaines de psychanalystes avec cela. La loi du monde, c'est au fond cela. Même quand ça ne mène pas jusqu'au sadisme, jusqu'à la destruction de l'autre et soi-même. C'est cette névrose larvée, le monde de Woody Allen. Celui-ci a fait un film sur les médiums il y a 3 ou 4 ans. Il les a traités comme de vulgaires charlatans, sans chercher à comprendre plus loin. Pas étonnant de la part d'un homme qui a surfé toute sa vie sur la mode freudienne sans vouloir vraiment VOIR ce qu'il peut y avoir au delà. Lui aussi a payé son écot à l'accusation d'agression sexuelle, y compris sur des mineurs, comme Polanski. Non, ce monde de névrose de celui qui évite soigneusement d'aller au bout de sa folie ne vaut guère mieux que celui du destructeur nihiliste. La différence entre le névrosé qui cultive son pessimisme à la petite semaine en jetant un oeil à un film X de temps en temps et le cinglé de Daech qui donne son esclave sexuelle aux chiens après qu'elle se soit suicidée est la même différence qu'entre le banquier de Wallstreet qui spécule sur les usines de fabrication d'armement et le paramilitaire qui massacre au fin fond du Yémen. Une différence de degré, pas de nature. Et c'est toujours la loi du monde.

Vous pouvez vous dire "je garderai les mains propres, je n'irai pas jusque là", au mieux vous resterez dans un marécage de médiocrité triste et déséquilibrée à la François Hollande, dont rien de vraiment beau et généreux ne sortira. Et ce que je dis ne concerne bien sûr pas que les hommes qui aiment les images des femmes. Cela concerne aussi ceux qui sont accros à l'alcool, à la réussite professionnelle ou intellectuelle, les collectionneurs fétichistes, les égocentriques de tout poil, les gens qui s'abrutissent de politique etc. Et cela concerne les femmes, celles qui aiment les hommes, et celles qui ne les aiment pas. Les enthousiastes, les aigries, les amoureuses des chats, celles qui posent nues chez le photographe du quartier, celles qui se donnent bonne conscience en se soûlant de religion (car la piété est une drogue comme les autres quand certains démons s'en mêlent). Je repense à une chanteuse que j'ai connue en 2009, qui ne jurait que par le culte de la terre (la "pachamama"), de l'écologie, de la solidarité internationale, les médecines douces, toutes ces religions immanentes dans lesquels l'humain gonfle son orgueil et parfois s'anéantit. Elle dormait la moitié de ses journées et entretenait l'autre moitié dans le regret amer d'un succès disparu. Le public lui manquait. Le monde lui manquait. Tel est le paradoxe du monde : plus on l'aime plus il se dérobe, pas seulement à cause du temps qui passe, mais parce que, coupé de la force qui est la cause directe de sa cohérence, il n'est que le fantôme évanescent dans lequel tout désir s'abîme. Cette grande défenseure de la cause féminine fut ensuite aux abonnés absents quand je lui ai proposé d'aider les Yézidis. C'est le cas plus généralement de notre pays tout entier. Nareen Shammo, la journaliste irakienne qui témoigne du sort de ce peuple, a été invitée à en parler à Genève, à Bergen, à Bruxelles, à Vittoria, à Barcelone. L'hexagone est comme un immense trou noir qui ne lui accorde aucune tribune. Mme Badinter est-elle entrée en hibernation ?

Le système social glisse une photo de femme nue sur les écrans vingt fois par jour, et vingt fois par jour un éloge de l'éternelle jeunesse du corps, de la Terre-Mère à vénérer et protéger, de l'humanité qui n'a besoin ni de Dieu ni de maître (sauf bien sûr le Dieu-argent), la belle humanité si bienveillante, si attachante, si "hillaryclintonienne" etc. Puis il lynche David Hamilton pour se donner bonne conscience, c'est dans l'ordre des choses. Il faut maintenir le consommateur dans le juste équilibre de la névrose qui déglingue les esprits, mais de manière "soutenable", compatible avec une certaine survie de l'ordre social, sans quoi la loi du marché ne fonctionnerait plus. Ne pas tuer la poule aux oeufs d'or. Juste garder le bon équilibre dans le déséquilibre.

Quatre gamines d'un lycée ("lycéennes engagées" disent-elles) des beaux quartiers de Paris m'écrivent avant-hier pour m'indiquer qu'elles préparent un travail de groupe pour leur bac (elles sont en première) et qu'elles ont choisi dans ce cadre le thème de la nudité publique... "parce qu'il est tabou", disent-elles. Le sujet cadre avec la "loi du monde" : juste assez trash pour perturber les équilibres, mais quand même assez correct (tous les grands journaux en parlent depuis dix ans) pour ne pas risquer de basculer dans le n'importe quoi. Il est donc susceptible d'être validé par leurs parents, par l'institution du lycée, et donc par l'Education nationale. Je ne suis pourtant pas sûr que ce chemin du monde soit tout à fait le meilleur pour elles. Il y a même de fortes chances pour qu'il leur prépare un avenir assez bancal...

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Nareen Shammo à Rome

5 Novembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Aide aux femmes yezidies, #Proche-Orient, #Les rapports hommes-femmes

La journaliste yézidie Nareen Shammo était invitée le 30 octobre denier par le parti radical non violent transnational et transparti à Rome à parler du génocide des yézidis. Je ne sais pas ce qu'est cette organisation. Selon son post sur Facebook, elle a souligné que les femmes dans les camps ont toujours besoin d'un soutien psychologique urgent, elle a aussi plaidé pour les yézidis réfugiés en Turquie et en Grèce et pour les chrétiens victimes de Daech (Etat islamique).

Ce parti est l'ancien Parti radical du "cicciolino Panella" comme l'appelait la star du X italo-hongroise des années 1980... de vieux souvenirs... Il faudrait que des organisations plus importantes en France accueillent aussi Nareen pour des conférences.

Les djihadistes en ce moment retiennent 400 femmes yazidies comme boucliers humains à Tal Afar (Talafer) à l'ouest de Mossoul. L'hiver approche pour les réfugiés dans les camps, et le retour dans les villages où ils ont vécu même s'ils ont été libérés par Daech n'est pas à l'ordre du jour (dans une ville comme la bourgade kurde Sinjar-Shingal, 20 000 habitants en 2008, qui avait été le lieu de tournage du film "L'exorciste" de William Friedkin, en 1973, des musulmans sunnites ont en 2014 aidé Daech à liquider les hommes yézidis et à déporter leurs femmes).

Si vous voulez aider les femmes yézidies ex esclaves de Daech, n'hésitez pas à me contacter.

 

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Les questions sociétales menacent le processus de paix en Colombie

12 Octobre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes, #La gauche, #Le monde autour de nous

Les questions sociétales menacent le processus de paix en Colombie

Voici un point qui devrait faire réfléchir la gauche sur sa trop grande polarisation sur les questions sociétales, non seulement au détriment des questions de classes, mais aussi au détriment de la paix.

Je lisais ce matin dans le journal espagnol "El Pais" intitulé "Le vote évangélique clé de la victoire du «non» lors du référendum en Colombie" qui expliquait que si le 2 Octobre dernier, le référendum n'a pas validé les accords de paix négociés pendant quatre ans avec les FARC à La Havane, ce n'est pas seulement à cause de l' ouragan Matthew qui a empêché de nombreux électeurs sont allés voter (ouragan dans lequel les croyants verront la main de Dieu), mais surtout parce que le président Juan Manuel Santos n'a pas réussi à convaincre les 10 millions de chrétiens évangéliques du pays (selon la estimations du ministère de l' Intérieur), que l'accord ne mettait pas « en danger la famille traditionnelle". Un peu plus de 12 millions de Colombiens se sont rendus aux urnes, plus de six étaient ont voté l'accord. «Je n'ai pas de chiffres officiels, mais si quatre millions de chrétiens évangéliques sont allés voter, peut-être la moitié d'entre eux ont rejeté les accords», déclare à El Pais Edgar Brown, président de la Confédération évangélique de Colombie. "99% de nos fidèles ont dit« non », surenchérit même Hector Pardo, membre du Conseil évangélique de Colombie et représentant de la Confédération de la liberté Interfaith (Confilerec). Deux jours après le référendum, ces deux pasteurs étaient à la table du président Santos.

La cause de cette dissidence : beaucoup de chrétiens en Colombie n'aiment pas la politique du gouvernement en matière sociétale tels que le mariage homosexuel, l'adoption pour les couples de même sexe, la loi de l'avortement et des initiatives d'éducation inclusive. Ils considèrent également que les accords avec la guérilla favorisent la communauté LGBTI (lesbiennes, gays, bi, trans, intersexués).

La puissance de ces croyants a été sous-estimée dans les enquêtes d'opinions qui prévoyaient la victoire du «oui» ajoute l'article. Or déjà en août dernier des milliers de croyants sont descendus dans les rues de plusieurs villes en Colombie contre"l'endoctrinement hégémonique sur l'identité de genre" exercée selon eux par le ministère de l'éducation nationale. L'Eglise catholique aurait même rejoint le pasteur.

L’accord a été rédigé avec les FARC en "langage inclusif"; selon la novlang actuelle : il parle « des guérilleros et des guérilleras », « des paysans et des paysannes », de « tous et toutes ». Il prévoit des mesures spécifiques pour les femmes et évoque les droits de la communauté LGBTI . Le 24 juillet, la communauté internationale avait célébré « le premier accord de paix au monde qui prend en compte la perspective de genre ». Il n'y a donc pas qu'en France que le Najat Vallaud-Belkacemisme pose problème... On sait que les thématiques sociétales prennent aussi une part croissante dans la rhétorique de la gauche kurde. Au lieu de s'en tenir au vocabulaire classique de la lutte contre les discriminations (sexisme, racisme etc), les organisations de gauche adoptent un vocabulaire qui évoque de plus en plus les excès de la théorie du genre de Judith Butler, et braquent les populations en plaçant de plus en plus souvent au coeur de leur identité la défense des minorités sexuelles au point de les faire parfois passer avant l'égalité économique et même avant la paix. Une forme d'intellectualisme, de scholastic view, qui contribue aussi, ensuite, à la montée des populismes de droite (et en Colombie le principal bénéficiaire en sera Uribe, comme Erdogan l'est au Kurdistan où les votes en sa faveur ont augmenté au cours des dernières années). On ne s'écriera pas "well done old mole !"

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Rôle des femmes dans la violence païenne

11 Août 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

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Destruction du féminin

25 Mai 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

L'esclavage sexuel et son business se poursuivent dans les territoires contrôlés par Daesh en Irak et en Syrie. "Nous avons entendu parler d'une femme de 20 ans qui a été brûlée vive parce qu'elle refusait d'accomplir un acte sexuel extrême" déclarait en début de semaine Zainab Bangura, la représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies sur la violence sexuelle dans les conflits armés. C'est une entreprise d'asservissement systématique de la féminité. Les viols systématiques, qui relevaient de la propagande de guerre en Bosnie il y a 20 ans, sont devenus une réalité au Congo dans les années 2000 et maintenant sous la férule de Daesh. Après la prise d'un village, les hommes sont tués, les femmes massivement dénudées, pour la fixation de leur prix en fonction de leur beauté, puis revendues plusieurs fois pour quelques dollars.

Il y a quelques mois on parlait d'un système de libération des femmes yadizis d'Irak pour 1 000 à 10 000 euros suivant leur beauté. Les associations qui oeuvrent à ces libérations assurent que l'argent ne va pas à Daesh mais aux tribus qui soutiennent Daesh. J'ignore s'il faut encourager un fund raising dans cette voie, mais on ne voit pas trop ce qui peut être fait de concret à part cela.

Sur un plan plus politique il parait que les USA sont enfin un peu plus ouverts à la coopération avec les Russes en Syrie pour donner les numéros de série des armes de Daesh. Etrange qu'ils n'aient pas su empêcher la prise de Palmyre avec leurs bombardements comme ils l'avaient fait en pays kurde.

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Le blog de Christophe Darmangeat

30 Novembre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

Bon, revenons à un niveau de réflexion un peu plus productif. Je signale à mes lecteurs qui aiment lire et réfléchir sans trop d'a prioris idéologiques sur le fonctionnement de l'humanité le blog de l'anthropologue Christophe Darmangeat. Un de mes correspondant m'en a conseillé la lecture en me faisant remarquer que cet auteur, bien que très à gauche, continue de résister aux folies du constructivisme social qui prétendent réduire toutes les différences sexuelles à un conditionnement de "genre". Cet article entre autres explicite sa position à ce sujet.

 

L'ensemble de son blog se focalise un peu trop sur la question du masculin-féminin, mais bon, après tout, c'est un thème fort vaste dont dérivent un grand nombre de questions comme par exemple celle de savoir (ici) si l'humanité est de plus en plus violente ou de moins en moins (question qu'on a déjà croisée chez Lawrence H Keeley ou Steven Pinker). Donc il mérite d'être recommandé.

 

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Le choix des mots

22 Octobre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

mandevillaJ'avais une discussion sémantique hier avec une correspondante dont je peux bien dire un mot ici puisque c'est un sujet que j'ai abordé dans un de mes livres. C'est sur cette "chose" qu'on appelle "l'amour passion".

 

Comment faut-il le nommer ? Passion ? Le mot fait égocentrique je trouve : on a la passion de la politique, de la chasse aux papillons etc, ça ne fait pas ouvert à l'autre. "Amour parfait" ou "amour véritable" ? Ca fait prétentieux. En fait c'est un amour qui a ses défauts comme toutes les choses humaines : ne serait-ce que parce qu'on fait subir à l'autre de temps à autre ses faiblesses - ses côtés possessifs, son besoin d'être rassuré, ses envies de fuite -. Un amour "véritable" ne devrait rien faire peser sur l'autre, mais l'être humain n'en est pas capable. Faut-il le nommer "amour fusionnel" ? Le terme fait trop "psychologique", et un tantinet méprisant même, péjoratif en tout cas - les pseudo-spécialistes de la psyché diront que ce n'est pas bien d'être fusionnel, qu'il faut "bien doser ses sentiments" etc.

 

Moi qui ne suis enclin ni à trouver la passion égoïste, ni à lui attribuer aucune perfection, ni pour autant à la dénigrer, car il me semble que c'est un des plus grands biens si ce n'est le plus grand qui puisse être donné dans une vie, je ne saurais trop comment la nommer...

 

Cela dit il est très fréquent que les aspects vraiment importants de l'existence n'aient pas de mots adéquats pour les désigner, ou qu'en tout cas, une fois qu'on les a bien connus, on trouve les mots conventionnels inadéquats pour les décrire.

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"Même Le Pen" de Jean-Luc Le Ténia

6 Octobre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

En "feuilletant" ce qui s'était fait sur Irène Jacob sur You Tube, j'ai découvert Jean-Luc Le Ténia, dont je n'avais jamais entendu parler auparavant (honte à moi). Wikipédia m'apprend que Didier Wampas l'a proclamé « meilleur chanteur français du monde », ce qui n'est pas étonnant car il y a une parenté de style, et qu'il s'est suicidé en 2011, ce qui n'est pas surprenant non plus.

 

C'est une heureuse découverte car j'aime bien sa façon de composer des chansons courtes, "minimalistes" comme disent ses commentateurs, et sa révolte entre en écho avec la mienne... (une révolte, notez le, qui, chez ce chanteur, va de la pornographie - voyez sa chanson Sciences Po, une façon jouissive de "niquer" les élites - à l'hommage relativement élégant, ou du moins retenu, à la délicatesse - voir la chanson "Irène Jacob").

 

J'aime par dessus tout sa chanson "Même Le Pen" à laquelle, je crois, 80 % des hommes hétéros peuvent adhérer, même ceux qui vivent en couple, même ceux qui sont amoureux. D'une part parce qu'elle est assez représentative du répertoire du chanteur dont elle reflète certains thèmes traités dans d'autres chansons, et, d'autre part, parce qu'elle pousse ces thèmes plus loin me semble-t-il : c'est la meilleure chanson, voire le meilleur texte que je connaisse sur la condition du citoyen mâle dans la société contemporaine. nietzsche

 

Je ne cèderai pas à la facilité féministe d'y voir une image de la masculinité déchue, car je pense que même le mâle dominant du Ier siècle avant Jésus-Christ ou de l'époque de Châteaubriand en son for intérieur aurait pu souscrire dans une certaine mesure aux paroles de cette chanson. "Même le Pen" est la chanson du citoyen mâle, parce qu'elle exprime un trait fondamental de la virilité, qui est le manque de femme (ou de Femme). Pour autant de présence féminine dont il soit entouré, le mâle est par essence en manque d'un quelque chose de féminin qu'il ne peut pas s'empêcher d'appeler "une femme" (et qui probablement en fait n'est pas du tout une femme, mais bon...). Rappelez vous Nietzsche dans "Crépuscule des idoles" (pardon de toujours citer cet auteur) : "Pour comprendre l'histoire de la philosophie, cherchez la femme, vous ne chercherez jamais en vain".

 

La force de Jean-Luc Ténia dans cette chanson, c'est d'exprimer la déréliction masculine non seulement sur le thème du "je cherche la femme", mais dans un jeu de miroirs kaléidoscopiques qui met l'humain mâle aux prises avec une galerie de fantômes épouvantables : ses congénères (en ce sens la chanson est politique, et pousse l'ontologie de la virilité sur le terrain de la citoyenneté). Il passe en revue les pires, les plus absurdes, les plus improbables, de Le Pen à Bokassa, de Bernard-Henri Lévy à Johnny Hallyday. Comme tous les inventaires à la Prévert (ou à la Montaigne) l'énumération crée un effet d'exposition de la diversité humaine qui donne le vertige, et dans ce musée des horreurs ou du non-sens, celle-ci ne ferait qu'accroître le côté angoissant du "je cherche la femme", si l'angoisse ne se tournait en dérision et en rire. C'est à tort, bien sûr, que l'énumération fait croire que toutes ces personnes ont une femme (et à la fin on le voit bien quand Edith Cresson ou une carpette trouvent leur place dans cette foire aux vanités). En fait, elle ne sert à montrer que la solitude du citoyen (citoyen de la France et du monde) dans sa frustration sexuelle et ontologique, dans son impuissance politique autant qu'existentielle (car c'est la capacité de respirer qui est en jeu) à vivre dans un monde qu'il voudrait à son image et qui ne l'est pas. Cette citoyenneté solitaire, minable, tout juste bonne à traîner dans les bistrots est l'envers de la citoyenneté aristocratique, courageuse et stoïque d'un Caton d'Utique, tout en en étant aussi la condition nécessaire (César ne traitait-il pas Caton d'Utique d'ivrogne ?). "Ils ont tous une femme sauf moi" et "tous les guignols ou tous les monstres ont une femme" mais pas moi, n'est certes pas la preuve que je ne suis pas un guignol ou un monstre. C'est juste le signe que je me sens plus écrasé qu'eux, qu'il faudrait que je me mette en branle (pas en branlette), en mouvement - comme dans sa chanson "Quitter le Mans" où il voit bien qu'il faut qu'il change de ville, même s'il ne sait pas pourquoi, et même si ça ne sert sans doute à rien (je repense à la chanson des Innocents "Un homme extraordinaire" - "Sans connaître les raisons qui ont poussé cet homme à vivre dans une autre ville..."). Même les pires des pires ont une femme, et pas moi. Je suis donc le pire, je dois bouger, et cependant je sais que si les pires ont une femme, c'est que les femmes méritent le pire, ou alors qu'il est faux qu'ils aient "plus" une femme que moi... tout cela n'est qu'illusion... sauf la nécessité de rechercher, d'agir, d'avancer, parce qu'il y a du manque, du manque-à-être, la blessure originelle... Il y a tout cela dans cette chanson qui, à mes yeux, relève du pur génie.

 

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Pierre-Henri Gouyon sur l'inné et l'acquis

12 Août 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

Vous savez que je suis un lecteur attentif de la psychologie évolutionniste et un adversaire du constructivisme intégral. Voici une conférence qui permet de préciser un peu les concepts de la génétique.

 

 

 
Pour le plaisir un petit topo de Gouyon aussi sur les OGM :
 
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Encore les soldates chinoises !

7 Août 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

Trois de mes lecteurs hier provenaient du forum ici sur lequel quelqu'un a posté mon article de février 2012 sur la milice chinoise (ici). Cela m'a donné envie de revoir cette vidéo du défilé militaire de 2009.

 

Les femmes sous nos latitudes sont si décevantes à titre individuel à tous égards (bon d'accord, les hommes le sont aussi, mais ce n'est pas le sujet de ce billet), que le regard masculin français va trouver une satisfaction compensatoire à les contempler par "blocs de bataillon" sous des cieux orientaux... Il en admire l'ordre, la puissance, en même temps que le côté décalé (il fallait être chinois pour oser concevoir ces uniformes roses fushia !).

 

Même si le Parti communiste chinois n'avait à son actif que l'organisation de ces défilés et l'entretien de ces formations militaires pour le plaisir de nos regards, cette réalisation à elle seule excuserait toutes ses éventuelles erreurs à la tête du pays le plus peuplé du monde. Dis kai tris to kallon ! (Que ce qui est beau revienne deux ou trois fois !)

 

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