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Le blog de Frédéric Delorca

L'inquiétante ruée vers le lithium

30 Octobre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #George Soros, #Bill Gates, #Peuples d'Europe et UE

Le lithium est partout : dans les smartphones, les voitures électriques, les panneaux solaires, et même les sous-marins chinois. Résultat : la demande mondiale de lithium était d'environ 350 000 tonnes en 2020, elle sera six fois plus importante en 2030.

La filière lithium-batteries est un El Dorado, et pourrait le rester, sauf si une alternative à ce métal est trouvée - George Soros, grand financeur du Parti démocrate américain, de la woke culture, et des révolutions de couleur, a investi 4,6 milliards de dollars dans une start up qui travaille sur les batteries à semi-conducteurs en 2021, avant d'acheter des parts dans l'entreprise Tesla de son soi-disant adversaire politique Elon Musk (lequel vient de racheter Twitter), qui construit des voitures électriques, ce que Bill Gates se refuse toujours à faire. D'ailleurs Soros ne se contente pas de financer la recherche : il a aussi des parts dans la firme minière australienne Piedmont lithium Inc fournisseur de Tesla qui travaille au Ghana, en Caroline du Nord,  au Québec (il sera intéressant de parler dans un autre article de son bras de fer avec un géant israélien du diamant autour de la mine de Simandou en Guinée, mais c'est un autre sujet). La Chine qui raffine 65 % du lithium mondial mais moins de 25 % des ressources en minerais cherche à acquérir des mines en Amérique du Sud (Ganfeng a investi en Argentine) et en Afrique (Sinomine Resource au Zimbabwe).

Problème : il faut extraire le lithium des cailloux ou des fluides, et cela ne va pas sans poser de grosses difficultés.

La mine de lithium de Jadar (cédée à Rio Tinto) en Serbie (qui vient de recevoir 160 millions d'euros de l'UE en remerciement de son vote anti-russe le 12 octobre à l'ONU sur l'Ukraine), provoque le scandale vu le risque de destruction d'un écosystème et d'expropriation des paysans.

Aux Etats-Unis (2 % de la production mondiale), on l'exploite au Nevada, le nouveau projet minier de lithium le plus proche d'aboutir, Thacker Pass, dans le même Etat se trouve sur une terre sacrée des Indiens et nuirait aux éleveurs locaux. Des actions en justice sont en cours.

Au Chili, en Argentine, en Bolivie (qui prétend fabriquer des batteries et pas seulement fournir des minerais), pour extraire 1 tonne de lithium, il faut 1 million de litres d'eau (2 millions dit même Euronews), et pour une batterie d'une voiture électrique Zoe il faut la consommation d'eau de 500 personnes pendant un an, selon François-Xavier Piètri, éditorialiste Economie sur divers grands médias. Dans cette partie du monde en effet (près de 60 % de la production mondiale de lithium brut), il est extrait de salines (et non de la pierre comme en Australie).

Au sein de l'Union européenne qui dépend beaucoup des importations transocéaniques en la matière (ce qui est aussi funeste pour l'environnement), les réserves commencent à être évaluées avec la publication en 2021 par le projet GeoERA de cette carte.

La Tchéquie est en pointe. En France, la presse officielle vante ses propres réserves de lithium : " La France compte être plus vertueuse (que l'Amérique du Sud), explique France Info, avec notamment un projet dans l'Allier sur une ancienne carrière, ou en Alsace (qui ne figure pas sur la carte ci-dessus), où la solution pourrait venir de la géothermie (...) Aujourd'hui, l'eau chaude des sous-sols est puisée, transformée en énergie et réinjectée. Une technologie à l'étude permettrait de capter les atomes de lithium, avant de renvoyer l'eau dans le sol."

A supposer que le problème du coût en eau puisse être résolu, il y a aussi celui du recyclage. En ce moment la réglementation européenne n'oblige à recycler qu'à hauteur de 50 % d'une batterie, ce qui ne rend pas le recyclage viable économiquement. La question va devenir épineuse en 2030 quand la politique autoritaire en faveur des voitures électrique conduira la France à devoir recycler 2 millions de tonnes de batteries. Aujourd'hui après calcination et destruction, ces batteries laissent toujours 2 % de résidus que l'on finit par enterrer. On voit le risque environnemental quand cela portera sur des millions de tonnes.

N'y a-t-il pas là un effet pervers de l'emballement politique pour le tout-électrique et la diabolisation du carbone alors que rien n'est prévu pour la gestion à long terme des conséquences de ces investissements désordonnés ?

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Liban : le président Aoun démissionne

30 Octobre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Le monde autour de nous

Le président libanais Michel Aoun a quitté le palais présidentiel ce dimanche, avant l'expiration lundi de son mandat de six ans, dans un contexte de crise politique. Le dirigeant chrétien, âgé de 89 ans, n'a pas de successeur désigné, alors que le gouvernement est démissionnaire depuis les élections de mai dernier.

Le président dans un discours de mi-journée à Beyrouth a reconnu l'ampleur de la crise financière (les gens ne peuvent plus jouir de leurs propres économies à la banque) en soulignant que c'est parce que le parlement n'avait toujours pas pu voter une loi de contrôle des capitaux. Il est persuadé que Le gaz et le pétrole offshore "fourniront les fonds nécessaires pour sauver le Liban". A  cet effet son pays a signé avec Israël (qu'il ne reconnaît officiellement pas) un accord de délimitation de la frontière qui va permettre cette exploitation, au terme de longues négociations qui avaient été supervisées par un émissaire de Biden.

Cette démarcation est unanimement saluée au Liban. Le leader du Hezbollah Hassan Nasrallah s'est attribué une partie du mérite de cet accord qui, bien qu'il ne retienne pas la ligne 29 au début voulue par le Liban, avec une entente sur la ligne 23 est plus favorable que la ligne 1 voulue par Israël (voir carte ici). Selon lui Israël (à qui l'Assemblée générale des Nations Unies a  une fois de plus demandé à Israël de renoncer à l'arme nucléaire par 152 voix contre 5 - celles des USA de Palau, de la Micronésie, du canada et d'Israël, avec 24 abstentions dont l'Union européenne, la Côte d'Ivoire, Papouasie, le Royaume-Uni, l'Inde, Monaco, la Géorgie, le Cameroun, l'Australie et l'Albanie, et en l'absence de 7 petits pays africains et insulaires et du Venezuela) aurait été sensible à la menace de guerre proférée par son organisation alors que Tel Aviv voulait commencer l'exploitation off-shore. Son organisation avait fait savoir qu'elle interviendrait militairement avec des drones pour empêcher l'exploitation avant la conclusion d'un accord.

Il reste maintenant au Liban a régler son litige maritime au Nord avec la Syrie (qui commence à récupérer certains de ses réfugiés dans ce pays, les 800 000 réfugiées syriens sont un des problèmes du pays, avec les 210 000 Palestiniens dans douze camps).

Sur le plan financier les bailleurs de fonds étrangers hésitent à secourir le Liban à cause de sa paralysie politique. Le FMI conditionne l'octroi d'une facilité de paiement de 3 milliards sur 46 mois à des réformes économiques (Beyrouth n'a pas le même accès aux aides étrangères que l'Ukraine...). Et la majorité de la population ne survit que grâce aux organismes de charité et au soutien de la diaspora.

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Les clients de Kagame sèment à nouveau le chaos au Congo

30 Octobre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Les Tutsis du M23 financés par Kigali après avoir pris en juin le contrôle de la cité congolaise de Bunagana, à la frontière avec l'Ouganda, vient de conquérir Kiwanja et Rutshuru-centre, situées sur la route nationale 2, axe stratégique desservant Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, ce qui pousse des milliers de réfugiés civils sur les routes. Il semble que c'est une intervention de l'Ouganda contre les Forces démocratiques alliées (ADF) qui a mis le feu aux poudres en novembre 2021. La construction au terme d'un accord avec le Congo d'un réseau routier financé par l'Ouganda, protégé par l'UPDF et s'étendant jusqu'à Goma, aux portes du Rwanda, ont été considérés comme des actes hostiles à Kigali (malgré les accords bilatéraux conclus par Tshisekedi avec le Rwanda et le Burundi), sur fond de rivalité pour le contrôle des minerais.

n février 2022, la Cour internationale de justice a ordonné à l'Ouganda de payer 325 millions de dollars à la RDC pour son rôle dans les conflits qui y ont éclaté entre 1998 et 2003, notamment la mort de milliers de civils dans la région de l'Ituri, le financement de groupes rebelles et le pillage de l'or, des diamants et du bois. Le Rwanda a également été mentionné à plusieurs reprises dans les rapports de l'ONU pour avoir profité des minerais passés en contrebande depuis la RDC pour financer des groupes rebelles et renforcer ses propres exportations.

Élément nouveau : Washington commence à désigner les vrais coupables du malheur congolais dans la mouvance de Kagame, l'ex-chouchou des Clinton. Au Conseil de sécurité des Nations Unies, le diplomate américain, Robert Wood, Représentant alternatif pour les Affaires politiques spéciales a déclaré le mercredi 26 octobre :

 « Ces violences sont inacceptables, et les États-Unis exigent des groupes armés qu’ils mettent fin à leurs attaques contre les populations les plus vulnérables de la RDC. Nous appelons également les acteurs étatiques à cesser de soutenir ces groupes, notamment l’aide apportée par les Forces de défense rwandaises au M23 ».

Mais l'Occident ira-t-il au delà des bonnes paroles ?  Le chef de l'Etat rwandais préside le Commonwealth et la secrétaire générale de la Francophonie est une Rwandaise par la grâce de la politique anti-française du président Macron sur le dossier des Grands Lacs (à l'instar de la ligne suivie aussi par Sarkozy).

Début octobre la Chine avait demandé que la RD Congo soit libérée de l'embargo sur les livraisons d'armes , ce qui correspond à la demande du gouvernement de Kinshasa qui a besoin d'équipements militaires. Le 30 juin, le Conseil de sécurité avait seulement assoupli la procédure de notification obligatoire des achats d'armes. Pékin, Moscou et les trois pays africains membres s'étaient abstenus.

Kinshasa a expulsé l'ambassadeur rwandais.

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Rishi Sunak et le modèle chinois

28 Octobre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #coronavirus-vaccination-big pharma, #Les régimes populistes, #Le monde autour de nous, #Peuples d'Europe et UE

Lundi 24 octobre, 28 villes chinoises ont mis en place divers degrés de confinement dans  le cadre de la soi-disant lutte contre le Covid 19, avec environ 207,7 millions de personnes touchées. La ville de Pékin notamment a annoncé samedi dernier qu'après cinq jours de mini-vacances, l'accès aux espaces publics continuera d'être restreint. À partir du 5 mai, un test COVID négatif effectué  dans les 8 jours précédents sera obligatoire pour entrer dans "de nombreux lieux publics et prendre les transports en commun", selon une annonce sur le compte WeChat de la capitale.

Ces entraves à la circuler s'ajoutent à celles qu'imposent le système de crédit social qui en 2019 interdisait à 23 millions de Chinois de voyager.

Croyez-vous que l'Europe est à l'abri de cela ?

La nomination du nouveau premier ministre britannique Rishi Sunak, ancien ministre des finances, qui est non seulement un ancien de Goldman Sachs mais aussi et surtout l'homme du Forum économique mondial devrait vous mettre en garde.

Le père de  l'épouse de Sunak (donc son beau-père),  Akshata Murthy (qui n'est pas citoyenne britannique), est le  fondateur  d'Infosys, une société indienne de technologie de l'information qui fournit des services à une foule d'entreprises et de banques Fortune 500. L'un des principaux services de l'entreprise est Finacle, une plateforme bancaire numérique.

Infosys est répertorié comme  partenaire officiel  du  Forum économique mondial/Forum de Davos (WEF) , qui a été accusé de chercher à développer l'infrastructure technologique pour mettre en œuvre un système mondial de "score de crédit social" à ravers le monde. Le président d'Infosys, Mohit Joshi, a rédigé des articles pour le site en faveur de la banque numérique, qui fournit le cadre technologique du système de « score de crédit social ». Pour défendre le modèle chinois sur le chemin d'une "cashless society" (société sans espèces)  il écrivait en août 2020 : "Qui peut alors blâmer la Banque populaire de Chine (PBOC) lorsqu'elle a annoncé en février qu'elle détruirait  les espèces collectées dans des environnements à haut risque , tels que les transports publics, les marchés ou les hôpitaux ?". Dans un article d'avril 2021, sur le site du Forum de Davos, il préconise d'accorder à chaque personne une "identité numérique unique" pour effectuer des transactions financières. Il cite le Parti communiste chinois comme un exemple réussi de cette politique. Dans la même veine il y a un an Sunak vantait les Central Bank Digital Currencies (monnaie numérique de banque centrale). Global Times, organe officiel chinois, le 14 juillet dernier vantait le pragmatisme de Sunak dans ses rapports avec Pékin.

Si vous ne voyez pas où cela nous mène pensez aux expérimentations de Deconomy ici. Un épisode de série d'animation "Stretch Armstrong & The Flex Fighters" (2017) sur Netflix en donne aussi un aperçu.

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A propos des gestes de Tom Hanks

28 Octobre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca

L'acteur Tom Hanks a toujours traîné dans des films à connotation occultiste comme le Da Vinci Code (où il est censé au début "debunker" ce qu'étaient les Illuminati), ou des films auxquels on peut prêter une connotation de programmation prédictive comme celui dans lequel il joue le personnage de Lance Corona (dans Larry Crowne), et il y en a peut-être dans "A man called Otto". Il avait fait parler de lui pendant la crise du coronavirus en avril 2020 par des jeux multiples sur "Corona" et en donnant son sang pour la recherche sur le vaccin, autant d'initiatives auxquelles les "truthseekers" ont cherché à trouver une double sens possible. Car l'on sait que dans le monde des sociétés secrètes, le double langage est la règle - voyez cet exemple.

Ce qui est sûr c'est qu'on ne compte plus les photos de lui où il montre l'oeil d'Horus. Et il est sûr aussi que Forest Gump, sn film phare, est rempli sur le seul plan musicail de références à ce que la pop culture a de plus obscur (la théosophie d'Elvis Presley, le pacte satanique de John Lennon, l'occultisme des Fleetwood Mac). Un usager de Twitter a fait remarquer le 25 octobre qu'il y a une série de gestes très étranges dans Forest Gump lorsque le héros remet sa médaille militaire à son amie.

D'abord il faut remarquer que cette médaille est un pentagramme inversé, comme le sceau du Baphomet. Et ce qui est plus troublant, c'est qu'après l'avoir donnée à sa copine, Forest Gump fait ce signe (voir photo à gauche), qui représente le fait que le bas est à l'image du haut, adage de la magie, lui aussi relié au Baphomet.

Ensuite, le film enchaîne sur le moment où Forest joue au ping-pong (bon, je ne pense pas que ce soit une référence à la pizzeria Comet-Ping-pong quoique car eux aussi avaient une référence au Baphomet avec leur lune blanche en haut et la noire en bas sur leur façade...)  mais entre les deux la caméra filme une télévision où l'on parle de l'alunissage de 1969. Les enchaînements dans les films ne sont pas gratuits, comme on l'a vu il y a peu à propos du vieux film Gremlins 2.

Est-ce une référence ici, se demande l'auteur du Tweet, au fait que cet alunissage aurait pu être un "fake" ? On sait qu'il y a eu beaucoup de débats sur l'alunissage, sur les déclarations étranges de Buzz Aldrin, franc-maçon notoire qui avait lui aussi mis en avant son oeil d'Horus, sur les clins d'oeil à ce prétendu "fake" dans le film Toy Story.

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Lasseube, Bourdieu, Latour et Heinich

23 Octobre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche, #Béarn, #Souvenirs d'enfance et de jeunesse, #Lectures

Ce soir, je relis "Pourquoi Bourdieu" de Nathalie Heinich. Le prix Nobel d'Annie Ernaux est un peu pour quelque chose dans ce besoin de retour à ma jeunesse de sociologue. Mais pas seulement. Vendredi au marché de mon village, je discutais avec un marchand de produits à base de laine, citoyen de Lasseube, et je n'ai pu m'empêcher de lui parler de Bourdieu que j'y avais rencontré en 1990...

Heinich quand elle a publié son livre en 2007 savait qu'elle racontait déjà une histoire ancienne, que déjà une bonne partie du boudieusisme avait beaucoup vieilli (et Bourdieu était mort depuis six ans, quoique - j'y fais allusion dans mon roman "La Révolution des Montagnes" - son bureau à l'EHESS n'avait toujours pas été vidé). Latour (dont les étudiants détestaient les bourdieusiens) était passé par là, et d'autres.  Beaucoup de problématiques de Bourdieu s'étaient usé (et elles ont encore plus vieilli aujourd'hui dans l'ambiance d'effondrement de la France et de dictature satanique globaliste façon 1984 dans laquelle nous entrons), mais pas la plus centrale, celle des habitus de classe, ni non plus celle de la défense de l'Etat (voyez cette vidéo de l'université Toursky). Et malgré ma nouvelle orientation spirituelle, je crois qu'il est légitime de continuer à s'intéresser rationnellement aux contraintes (et aux pièges) du langage, à leur effet performatif, de même que je continue à penser qu'il faut continuer à poser la question d'un certain communisme autogestionnaire, aux antipodes du communisme "chinois" que le Forum économique mondial et ses sbires dans nos gouvernements veulent nous imposer.

J'ai envie de revenir un peu sur tout cela dans les livres sur la Lettonie et sur le stoïcisme que je prépare. Je ne sais pas si j'arriverai à expliquer vraiment des choses ou si je resterai allusif. Nous verrons bien.

A propos de Latour, j'ai appris son décès le 8 octobre dernier. Je n'étais pas fan. C'était de la sociologie postmoderne assez superficielle. Je n'ai jamais compris par exemple l'intérêt de prêter un statut social aux objets. Cela n'a de sens qu'en littérature.

Cet été, une ancienne conseillère municipale de Brosseville me disait qu'elle assistait à des séminaires de la fille de ce sociologue inspirés de ses ouvrages... Plutôt des sortes de stages de développement personnel à vrai dire. Je ne suis pas très étonné de voir la sociologie latourienne, comme la philosophie, atterrir dans ce genre de marécage. Les gens maintenant veulent des recettes pour apprendre à vivre. Bientôt ils accepteront la puce informatique qui déploiera dans leur tête un programme en lieu et place de leur libre-arbitre...

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A la National Gallery

23 Octobre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Le 14 octobre dernier au musée de la National Gallery à Londres, deux jeunes militantes du groupe "Just stop oil" ont jeté de la soupe à la tomate sur le célèbre tableau "Les tournesols de Van Gogh" (82 millions de dollars sur le marche de l'art), avant de se coller au mur.

Le juge de district Tan Irkam a libéré les femmes sous caution à condition qu'elles n'aient pas sur elles de la peinture ou des substances adhésives dans un lieu public.

La police a déclaré avoir procédé à 28 arrestations en relation avec les manifestations de vendredi et 25 autres ont été libérées sous caution en attendant une enquête plus approfondie. Samedi 15, la police a aussi arrêté 26 autres personnes après que des manifestants de Just Stop Oil aient bloqué une artère principale dans l'est de Londres. Certains manifestants se sont collés à la chaussée.

Comme le montre cette image l'action n'a rien de clandestine. Des photographes sont présents. Difficile de penser que la direction du musée n'a rien vu.

Le groupe d'activistes écologistes a, par le passé, reçu d'importants dons de l'héritière d'Aileen Getty (née en 1959), la petite-fille du magnat de l'industrie pétrolière, John Paul Getty (et nièce du "Golden Hippie" John Paul Getty III dont une épouse fut une des deux célèbres jumelles aujourd'hui gouroues de la secte New Age "Le Harem", un rejeton de la dynastie est mort dans des conditions obscures à 47 ans en 2015).

Getty est co-fondatrice du Fonds d'urgence pour le climat CEF et, comme l'a rapporté NPR , a donné 500 000 $ pour lancer l'organisation qui finance "Just stop Oil" - nous avions déjà parlé d'elle à propos d'Extinction Rebellion qui a le même source de financement. La Toile spécule sur la question de savoir si Aileen Getty a encore des liens avec le pétrole et si le Big Oil paye "Just stop oil" pour des actions absurdes qui discréditeraient sa cause, ou si on ne serait pas face à un phénomène plus profond de nihilisme des élites, dont la famille Getty et leurs petits soldats militants seraient un symptôme de plus.

En tout cas cette semaine deux personnes sont mortes en Angleterre à cause des opérations de blocage  des routes stupides menées par cette organisation.

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L'ex-sénateur et les chemtrails

22 Octobre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

L'ancien sénateur Yves Pozzo di Borgo aujourd'hui (78 000 abonnés, ça devrait toucher plus de monde que Delorca), photos à l'appui pose sur Twitter la question des fameux chemtrails, chère à la sorcière Lana Del Rey, à la revue Jacobin, aux truthseekers sur la maladie de Morgellons, à Scott Stevens, l'ex-Monsieur météo américain. Un abonné qui se prétend militaire dit : "l'armée de l'air qui balance du baryum afin de blanchir le ciel pour une raison", mais ne veut pas développer. Un autre abonné relie "la chose" au film "Don't look up". David Keith parle d'effet de serre artificiellement provoqué. Cette chaîne propose des synthèses sur Bitchute et un peu sur YouTube. Je reviens vers vous dès que j'ai regardé ça.

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Elon Musk contre Bill Gates ?

19 Octobre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Peuples d'Europe et UE, #Les Stazinis, #Donald Trump, #La droite

Réelle opposition ou façon artificielle de monter un pseudo-rivalité comme autrefois entre Steve Jobs et Bill Gates ? Voici en tout cas qu'on nous présente un affrontement entre le fondateur de Tesla Elon Musk et celui de Microsoft Bill Gates.

On a déjà évoqué l'idéologie du contrôle des naissances de Bill Gates, et son projet de traçage par la luciférase sous un brevet qui compte 666 dans ses chiffres. Elon Musk, lui, se vante d'avoir eu dix enfants, et affirme que le surnombre de l'humanité peut être absorbé par la conquête de Mars à 54,6 millions de km de la Terre à bord du "Starship".

Bill Gates n'ayant pas adhéré au projet de Tesla (voitures électriques) sur le changement climatique, Musk en avril dernier a refusé une offre d'action philanthropique commune avec sa fondation. Gates n'a pas caché non plus qu'il ne croit pas en l'option de la conquête de Mars. Le chinois Jack Ma fondateur d'Alibaba, en août 2019 lors de la conférence mondiale sur l'IA où il avait rencontré Musk a souligné qu'il croyait plus lui aussi aux actions sur la Terre. Bill Gates croit à l'hydrogène comme source d'énergie, Elon Musk au solaire.

Les prises de position de Musk sont appréciées par la droite américaine et européenne, et par les défenseurs des libertés individuelles, malgré le contenu clairement transhumaniste de beaucoup d'entre elles. Beaucoup ont cultivé de faux espoirs quand Musk a annoncé vouloir racheter Twitter et assouplir sa censure. Mais l'heure est plutôt au refroidissement autour de Musk en ce moment, et Trump cet été a rappelé dans un meeting que Musk lui mangeait jadis quasiment dans la main quand Tesla et SpaceX avait besoin des milliards de dollars du budget fédéral américain.

Les adversaires de la guerre en Ukraine ont aussi eu un élan de sympathie récemment en voyant Musk proposer la paix dans ce pays, et se faire blacklister par le régime de Kiev.

Depuis le printemps dernier 20 000 unités satellites Starlink fabriqués par SpaceX d'Elon Musk ont ​​été mises à disposition de l'Ukraine, permettant à son armée de rester connectée même si les réseaux de téléphonie cellulaire et Internet ont été détruits par les Russes. Mais l'opération a coûté 80 millions de dollars à SpaceX et dépassera les 100 millions de dollars d'ici la fin de l'année, ce qui est trop pour SpaceX a fait savoir la firme. En juillet le général Valerii Zaluzhniy, a demandé 8 000 terminaux Starlink supplémentaires. SpaceX demande au Pentagone de payer l'addition.

Musk a déclaré que, ce faisant, il ne faisait que suivre à la lettre la recommandation de l'ambassadeur d'Ukraine en Allemagne, Andrij Melnyk, qui a répondu plus tôt ce mois-ci au plan de paix revendiqué par Musk pour la guerre de la Russie en Ukraine en disant sur Tweeter: "F *** off est ma réponse très diplomatique à vous @elonmusk." (preuve du niveau de vocabulaire des diplomates du régime de Kiev). Le fonctionnement de Starlink est marqué par diverses pannes sur le terrain au coeur de la contre-offensive ukrainienne.

Les pays de l'Union européenne, toujours stupides, envisagent de mettre la main au porte-feuille.

Musk, le fléau des Papous, va-t-il rentrer dans le rang dans l'affaire ukrainienne comme il l'a fait sur le projet d'achat de Twitter ? Ce n'est pas impossible. Comme le rappelait George Webb récemment, Musk est un ancien de la Mafia de Paypal au passé peu reluisant qui a aussi engendré le patron de YouTube.

Shalom Girl qui dit être rescapée des Illuminati et avoir été employée de maison chez les Musks en Californie. Selon elle, le vrai nom est El Elyon du fondateur de Tesla et a vocation à présenter la marque sans laquelle selon l'Apocalypse on ne pourra ni acheter ni vendre. Mais cette femme n'a pas l'air très crédible et ses affirmations sont assez gratuites et peu circonstanciées.

Quoi qu'il en soit le fait que Musk soit le principal co-contracteur du Département de la défense, comme l'a confié Kash Patel, ancien collaborateur de Trump sur Fox News, est en soi suffisamment significatif sur ses liens avec l'Etat profond. Et les petits éléments ci-dessous aussi. Il n'ira pas contrebalancer Bill Gates.

-- Posté sur Tweeter puis retiré juste après, hier (dans la série "art des fausses alertes")

--- Posté par un observateur : le parfum de Musk qui évoque l'enfer

 

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L'Ukraine reconnaît la République tchétchène d'Itchkérie et combat l'Iran

18 Octobre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE, #Colonialisme-impérialisme, #Débats chez les "résistants"

La Rada (parlement ukrainien) a reconnu la «souveraineté étatique» de la République islamique tchétchène d'Itchkérie, qui a existé de facto de 1991 à 1999 sur le territoire de l'actuelle Tchétchénie russe. L'administration de l'actuelle République autonome Tchétchénie, dirigée par Ramzan Kadyrov , a été mise hors la loi par l'assemblée qui qualifié la situation actuelle en Tchétchénie de "génocide du peuple tchétchène par la Fédération de Russie" (sic !). Déjà sous l'oligarque Porochenko, en 2016, il y avait eu une cérémonie en l'honneur de l'Ichkeria. Ont voté pour le parti de Vladimir Zelensky, et "Solidarité européenne" de Porochenko ainsi que le parti "Voix" de Svyatoslav Vakarchuk (287 députés sur 351, personne n'a osé voter contre ou s'abstenir).

L'opération rentre dans la thématique des think tanks américains pour "décoloniser la Russie" c'est-à-dire la faire éclater (cf ci-dessous).

Par ailleurs le parti de Porochenko a fait adopter un projet de loi pour rompre les relations diplomatiques entre l'Ukraine et l'Iran qualifié de « pays terroriste » parce qu'il livre des drones à Moscou pour bombarder l'électricité mais aussi un bâtiment résidentiel le 17 octobre à Kiev (l'Iran aurait aussi l'intention de livrer des missiles sol-sol - un argument que Kiev utilise aussi pour demander une défense anti-missile à Israel).  Le régime de Zelensky essaiera de faire passer cette terminologue au sein de l'OSCE, de l'OTAN, de l'ONU. Téhéran nie avoir livré des drones à Moscou. Kiev fournit une photo de drone démantelé dans la capitale ukrainienne dont on ne peut voir avec certitude s'il est iranien.

En août le député ukrainien Oleksiy Goncharenko (qui est aussi responsable de l'association  "Pour le Caucase libre") avait également soumis au parlement ukrainien un projet de résolution proposant la reconnaissance de l'indépendance déclarée unilatéralement du Kosovo, mais le projet n'a pas abouti. Goncharenko qui est aussi depuis janvier dernier vice-président de la commission de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) sur les migrations, les réfugiés et les personnes déplacées, l'assemblée qui a voté le 13 octobre pour déclarer la Russie "Etat terroriste" (seul un délégué turc sur les 100 membres a voté contre) - rhétorique reprise par le parlement estonien aujourd'hui. Il y a fourni un discours enflammé appelant l'Europe à devenir une superpuissance.

Sur la question du Kosovo Goncharenko ne se décourage pas : il y a une semaine il avait demandé que ce "pays" intègre l'APCE, dans un appel que la présidente de l'entité Vjosa Osmani avait repris dans un tweet.

L'Ukraine essaie de capitaliser diplomatiquement en ce moment sur l'impopularité des frappes russes sur ses villes et celle de l'annexion de sa partie orientale, qui n'a été soutenue le 12 octobre à l'ONU que par la Corée du Nord, la Syrie, le Nicaragua et la Biélorussie, tandis cependant que les grandes puissances asiatiques et beaucoup de pays africains s'abstenaient ainsi que la Bolivie et Cuba.

 

Pour terminer ce tour d'horizon mentionnons une lettre ouverte d'universitaires ukrainiens au Pr Noam Chomsky accessible ici avec un traducteur automatique datant du 22 mai dernier que je découvre aujourd'hui, et qui pose des questions intéressantes (même si je ne suis pas du tout sur leur position globalement : on retombe, comme en 1999, sur le problème de ces petits nationalismes, pas forcément illégitimes en eux-mêmes, mais qui sont mobilisés au service d'une dangereuse déstabilisation globale qui les dépasse).

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L'arnaque Octobre Rose

17 Octobre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #coronavirus-vaccination-big pharma

L'affaire du coronavirus avec ses tests PCR nous a appris à nous méfier des dépistages systématiques alors qu'on est "asymptomatique" donc bien portant. La période actuelle nous en offre un autre exemple avec l'opération "Octobre rose 2022" qui incite les femmes à subir des mammographies tous les deux ans pour prévenir le cancer du sein à partir de 50 ans. L'influenceur Jérémie Mercier ici en parle en des termes éloquents. 

Il explique l'exagération des bénéfices du dépistage, et la culpabilisation de celle qui le refuse. Il faut "se faire écraser le sein tous les deux ans", et faire confiance au médecin. Les schémas de la propagande sont très infantilisants, pour valoriser ceux qui adhèrent à la campagne, avec par exemple cette course annuelle à Vincennes appelée Odysséa, les bâtiments illuminés en rose, les hommes politiques qui arborent le ruban. Chacun affiche sa vertu, même les commerces de proximité. Le "pinkwashing" rejoint d'ailleurs une autre cause bien connue. L'effet grégaire fonctionne très bien.

La "psy op" annuelle a été lancée en 1984 par l'American cancer society et le groupe britannique Imperial Chemical Industries (ICI), future AstraZeneca (de triste mémoire à l'époque de la dictature covidiste). Imperial Chemical Industries a été fondé par Sir Alfred Mond, le père du lobby anglo-américain Pilgrims Society, roi du nickel canadien, ministre de la santé en 1921, impliquée aussi dans la structuration des services secrets. Estee Lauder, entreprise de cosmétiques (à l'origine de beaucoup de nuisances sanitaires elle aussi) et Marie-Claire USA étaient aussi dans le lancement de l'opération ("Breast cancer awareness month").

Or le dépistage ne sauve personne. Si l'on compare des échantillons de femmes testées et des non testées, il n'y a pas moins de mortalité chez l'une que chez l'autre. Par contre chez les femmes dépistées, il y aura beaucoup de chimiothérapies, de rayons. Car les dépistages font apparaître des éléments qui se trouvent naturellement dans le corps mais qui n'ont pas forcément vocation à évoluer. La source ici est l'étude du Canadian National Breast Screening Study: randomised screening trial BMJ 2014 (université de Toronto).

"Dans l’état actuel des connaissances scientifiques, reconnaît e-cancer.fr, le diagnostic ne permet pas de distinguer les cancers qui vont évoluer – qui sont majoritaires – de ceux qui évolueront peu ou qui n’auront pas de conséquences pour la femme concernée (10 à 20 % des cancers détectés). Pour ces cancers, qui n’auraient pas été découverts en l’absence de mammographie, on parle de "surdiagnostic".
Par précaution, il est proposé de traiter l’ensemble des cancers détectés, ce qui peut entraîner un “surtraitement”."

Le cancérologue Gérard Delépine qui, a été attaqué par les covidistes pour avoir combattu l'usage du masque, en 2018 a expliqué que selon lui les dépistages systématiques du cancer du sein avaient un sens dans les années 1990, mais plus depuis qu'on est capable de soigner 90 % des cancers (tous sauf les métastatiques). Lui affirme que l'évaluation des "petits cancers dormants" qui n'évolueront pas est difficile à faire. L'InCA (institut national du cancer) évalue le chiffre à 10-15 %. Certaines séries américaines le chiffrent à 40 %.

La chimiothérapie n'est pas anodine, souligne-t-il. L'homonothérapie a des effets secondaires négatifs, notamment osseux. La radiothérapie irradie les coronaires. Le dépistage ne prévient pas les ablations de seins mais les augmente.

Delépine souligne (min 5'20) que l'idéologie féministe est pour beaucoup dans le succès de cette dangereuse mode de la prévention du cancer du sein, car il est avancé que c'est la seule politique de santé préventive spécifiquement offerte aux femmes qui peut être proposée : comme si c'était une chance d'augmenter par ce biais le risque de perdre un sein pour rien. Et les mammographies, les tests, la chirurgie reconstructive rapportent de l'argent.

Pour lui, les mammographies devraient être réservées aux femmes qui ont des symptômes.

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Le sanctuaire d'Aglona en Latgalie

16 Octobre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE, #Christianisme, #Grundlegung zur Metaphysik, #Actualité de mes publications

Toujours dans le cadre de la préparation de mon livre sur la Lettonie, je jette ici quelques remarques sur le sanctuaire catholique d'Aglona en Latgalie (province orientale de la Lettonie).

La basilique d'Aglona, construite dans le style baroque tardif, est le principal sanctuaire catholique romain de Lettonie. Les pèlerins affluent vers Aglona le 15 août de chaque année pour célébrer l'Assomption. Il s'y trouve une icône qu'on ne sort qu'au 15 août "Notre Dame Miraculeuse d'Aglona".

Une tradition raconte qu'un jour un paysan nommé Kristaps Mateisāns du village de Spīku emmenait autrefois son enfant à Aglona pour le faire baptiser. Une tempête éclata alors qu'il ramait son bateau sur le lac Cirisu et renversa son bateau.

Son enfant tomba à l'eau. Mais comme il invoquait Notre Dame d'Aglona il émergea miraculeusement de l'eau et fut sauvé par des gens sur le rivage.

On prête des vertus curatives surnaturelles à l'eau qui coule d'une source sur la rive du lac d'Egle près de la basilique.

Un sanctuaire païen aurait précédé celui des chrétiens dont la première mention remonte à 1263 lorsque le roi lituanien Mindaugas et ses deux fils, Ruklys et Rupeikis, ont été tragiquement tués à Aglona.

En 1525 l'Ordre teutonique opte pour le luthéranisme, mais la Lettonie reste quand même "Terra Mariana" comme l'avaient décidé l'évêque saxon Albert de Buxhoeved (1165-1201) et son Ordre des Frères de l'Epée.

"Il ne serait pas sans intérêt de constater ici, expliquera Hugo Vitols dans sa thèse de 1935, que ceux qui étaient placés en Livonie pour défendre l'Eglise romaine la trahirent sans scrupules dès que la Réforme se déclencha. L'Ordre, qui avait été créé par un évêque apostolique et confirmé par le Pape, abjura la cause de la religion pour des motifs peu avouables. Le Grand-Maître Plettenberg lui-même, le grand homme de l'âge d'or de la domination allemande en Livonie qui fut élevé à la dignité de prince d'empire (1527), favorisa le protestantisme pour miner la puissance des évêques. Les nobles en grande partie feudataires des évêques embrassèrent aussitôt la nouvelle confession et renièrent leurs anciens bienfaiteurs, pour devenir propriétaires allodiaux des domaines qu'ils avaient occupés à titre de fief. Les bourgeois firent de même pour se débarrasser de l'autorité gênante des prélats, et les prélats eux-mêmes ne cherchèrent qu'à s'enrichir et qu'à abandonner la cause dont ils eussent dû être les champions.

De tous côtés l'on ne connaît ni amour véritable de la religion, ni délicatesse de conscience, dit le comte de Bray : évêques, chevaliers, nobles et bourgeois, tous ne se sont occupés que d'assurer leurs intérêts temporels, d'augmenter leur autorité et de sauver leurs revenus".

L'aspect du protestantisme comme arme contre les paysans a été souligné par un avocat letton protestant de Mitau/Jelgava A. Sterste :

« Le clergé catholique de Livonie et de Courlande a commis beaucoup de fautes; il a montré plus d'attachement pour les biens terrestres que pour sa mission spirituelle; mais on doit lui rendre justice sur ce point qu'il ne fut jamais servile ni lâche. Il fut toujours suffisamment indépendant pour intervenir avec autorité dans les conflits entre la noblesse et les paysans. Sans être un défenseur ardent des droits des classes inférieures, il respectait les coutumes et les intérêts populaires. A la suite de la Réforme, les terres ecclésiastiques furent confisquées et partagées entre les nobles. Les nouveaux directeurs des âmes, les pasteurs, étaient trop sous la dépendance des nobles pour que leur courage fût réellement chrétien. A quelques exceptions près nous voyons le clergé évangélique appuyer servilement les exigences de la noblesse ».

Le développement du commerce (l'exportation de son excellent blé capable d'être conservé 8 ans vers l'Europe, du bois, du chanvre pour les cordes) a favorisé les regroupements latifundiaires et la population balte est réduite au servage, qui avait déjà été l'arme de domination germanique par les chevaliers sur les populations de la région jugées non assimilables depuis deux siècles avouera Heinrich von Treitschke .

Le comte de Nassau commandant des troupes suédoises en 1601 en parle ainsi : « Il est impossible de décrire l'état lamentable de ce malheureux pays, jamais et nulle part je n'ai vu rien de pareil... les paysans dépouillés de leur blé, de leurs chevaux et de leur bétail se sont enfuis ou sont morts, victimes de diverses épidémies. »

Cela fait écho au malheur de ses peuples déjà au XVe siècle dont parla Herder a posteriori :

" Le sort des peuples sur les bords de la Baltique constitue une triste page de l'histoire de l'humanité... L'humanité frissonne d'horreur devant le sang qui a été ici répandu, dans des guerres longues et sauvages, jusqu'à ce que les Vieux-Prussiens aient été presque anéantis, jusqu'à ce que les Koures et les Lettons aient été réduits en un esclavage sous le joug duquel ils languissent encore maintenant. Peut être que des siècles s'écouleront, jusqu'à ce qu'ils.en soient délivrés, et que, comme compensation des atrocités par lesquelles on a ravi à ces peuples paisibles leur pays et leur liberté, on les forme de nouveau, par respect pour l'humanité, à la jouissance et à l'usage d'une liberté meilleure " (Herder, Ideen zur Philosophie der Menscheit, ouvrage a paru de 1784 à 1791, IV° partie, XVI° livre, éd. de 1853, t. xxx, p. 14,15, 16)

Après l'effondrement de la ligue hanséatique, et la prise de Narva par Ivan le Terrible la Pologne de Sigismond  Auguste était devenue le rempart contre la conquête de la Baltique par les Russes. Elle annexa la majorité de la Lettonie (Livonie) en 1561 en laissant une autonomie à ses protestants. Puis en 1621 elle passait sous domination suédoise (alliée à la France de Richelieu qui organisa la paix entre la Suède et la Pologne contre l'Autriche), puis en 1657 à nouveau sous une occupation russo-polonaise, avant leur retrait en 1660 après une intermédiation française. La Latgalie (peu peuplée :  200 000 habitants au 19e siècle, contre 1 million dans le reste de la Lettonie) toutefois restait polonaise depuis 1559 et en 1585 à Vilnius était sorti le premier livre en langue lettone : le Cathecismus Catholicorum, publication jésuite traduite par Peter Canisius (1521-1597), tandis qu'en 1687 les Suédois protestants allaient faire traduire la Bible.

En 1697, la noble polonaise locale, Jeta-Justina Sastodicka, soutenue par l'évêque livonien Mikolaj Poplawski (1636-1711), invita les dominicains de Vilnius à établir un monastère et une école à Aglona qui, dans la langue locale signifie "la pinède". Le dominicain Remigius Mosokowsky du monastère de Vilnius vient choisir le lieu de construction du monastère d'Aglona en 1688.

On fait alors sortir du monastère de l'île de Trakai en Lituanie une peinture exécutée selon la tradition au 1er siècle par l'apôtre saint Luc, que l'empereur Manuel II de Byzance (qui régna de 1391 à 1425) avait envoyé au grand-duc de Lituanie Vytautas le Grand en cadeau pour sa conversion au catholicisme.

À ce jour, on ne sait pas ce qui s'est réellement passé : si la peinture originale est revenue à Trakai ou est restée à Aglona, ​​comme c'est courant dans le pays. On en parle beaucoup. Ce qui est curieux, c'est que les deux images ont accompli de nombreux miracles. Cependant, les partisans de la peinture d'Aglona soutiennent qu'en fait, cette image est la plus connue et la plus populaire, attirant les pèlerinages des catholiques russes et biélorusses.

Le sanctuaire a résisté à la tentative de fermeture grâce notamment à l'action énergique de l'évêque Kazimirs Dulbinskis qui fut déporté deux fois.

La notion de "Terra Mariana" (Maras Zeme) pour la Livonie historique (englobant la Latgalie, et allant jusqu'au nord de Riga) est assez mystérieuse, et est très exploitée dans le monde balte en ce moment, surtout estonien d'ailleurs. Gints Skutans explique ici : "Les astrologues mal aimés du clergé, quant à eux, confirment que toute la région des États baltes est sous le signe de la Vierge, qui détermine la mentalité et les caractéristiques ethniques des Lettons, des Estoniens et des Lituaniens. Et il existe une autre légende complètement douteuse selon laquelle Marie, la mère de Jésus, s'est enfuie dans les pays baltes à la fin de sa vie, évitant la persécution des disciples du Christ par les Romains. Cependant, cette histoire ne peut être prise au sérieux"

La Chronique d'Indrikis est la première à parler plus en détail de l'utilisation de ce nom, lorsque lors de la réunion de 1215 de l'Église du Latran, le pape Innocent III a annoncé qu'il soutiendrait également la Terre mère Livonie ainsi que la Terre fils Palestine. Ce fut un tournant à l'époque des croisades, car vu la situation désespérée en Terre Sainte, l'accent fut mis sur les rives de la mer Baltique. Avec ce vocable "Terre de Marie" le christianisme en Livonie a pu entrer en résonance avec un passé païen.

Les moines catholiques allemands travaillaient dans la Baltique orientale depuis au moins 20 ans et ont appris à connaître la langue, la mentalité et les caractéristiques religieuses des populations locales. Ils ont dû rencontrer des chansons folkloriques lettones dans lesquelles Dieu le Père et sainte Marie étaient chantés. La similitude avec la tradition chrétienne était évidente, seul le fils de Dieu - Jésus-Christ - manquait. Afin de promouvoir la mission de la foi chrétienne, ils ont eu recours aux moindres parallèles avec la Bible et la Terre Sainte.

"Par conséquent, conclut Skudans, ce nom pourrait avoir fusionné deux traditions, à la fois le païen local et le catholique nouvellement arrivé. Bien sûr, il y aura des incroyants qui contesteront l'influence de la païenne Mara sur ce symbole. D'une part, ils ont raison - nulle part ailleurs, à part les chansons folkloriques, la déesse Mara n'apparaît. Son nom ne se retrouve pas dans les diverses sources écrites, ni dans les œuvres des romantiques nationaux du XIXe siècle (Auseklis, J. Alunāns, A. Pumpurs, etc.). Et ce n'est qu'en connaissant mieux le contenu des chansons lettones que nous pourrions nommer notre propre Sainte Marie. Par conséquent, seule l'intuition des chercheurs en folklore permet d'attribuer l'image de Mara à une époque bien plus ancienne que les croisades médiévales dans les pays baltes."

A noter qu'il existe un livre estonien qui essaie de fédérer Lettons et Estoniens sous la déesse Maras. En juillet 2018, celle-ci fut convoquée pour célébrer l'identité lettone dans un spectacle de danse de 18 000 danseurs introduit par le président et le ministre de la culture. Un parti politique letton nommé "Maras Zeme" en décembre 2005 avait demandé que la vieille religion païenne Dievturs/dievturiba, se voit reconnaître par l'Etat et soit enseignée dans les écoles. Mais l'amendement en ce sens avait été rejeté par le Parlement.

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Un terme prochain à l'extrémisme de Von der Leyen ?

16 Octobre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE, #Colonialisme-impérialisme, #coronavirus-vaccination-big pharma

Les masques tombent. Pfizer, par la voix d'une représentante devant le comité spécial de la pandémie de Covid 19 du Parlement européen le 10 octobre, avoue ne pas avoir évalué l’efficacité de son vaccin sur la transmission virale, ce que la Haute autorité de santé française avait déjà admis en décembre 2020.

Mme von Der Leyen commence à avoir des problèmes du fait d'une enquête du parquet européen sur ses conditions de passation du marché de vaccins avec Pfizer et du fait de l'accord du 25 mars dernier de communication des données numériques des citoyens européens aux Etats-Unis (même un député Modem trouve à s'en indigner dans La Tribune du 10 octobre). 

Cela s'ajoute aux rémunérations douteuses de McKinsey, à la politique ultrabelliciste en Ukraine sans en assumer les conséquences pour la consommation européenne d'énergie, à l'accord avec l'Azerbaïdjan au milieu de sa guerre avec l'Arménie, à la maltraitance des migrants.

Commentaire de l'eurodéputé allemand satiriste Martin Sonneborn : "Quand vous avez commencé votre service ici je pensais que vous étiez juste incompétente et un peu criminelle Je sais aussi maintenant que vous êtes d’une liberté morale impressionnant Il ne faut pas laisser l’Europe à Leyen" (une façon pudique de parler de sa profonde immoralité).

Pour autant les euro-bureaucrates sont loin de s'apprêter à faire leur Mea Culpa.

Dans la meilleure veine impérialiste, Josep Borrell, haut représentant aux affaires étrangères de l'Union européenne, déclare le 13 octobre devant l'académie diplomatique européenne de Bruges : "L'Europe est un jardin... le reste du monde n'est pas vraiment un jardin. La plus grande part du reste du monde est une jungle et la jungle pourrait envahir le jardin. Les jardiniers devraient prendre soin de lui, mais ils ne protègeront pas le jardin en l'entourant de murs... Le jardin doit aller vers le jungle".  La porte-parole du ministère russe des affaires étrangères, dans la nouvelle veine anti-colonialiste du discours de Moscou répond le 14, "L'Europe a construit ce 'jardin' par le pillage barbare de la 'jungle' ".

Il est vrai qu'on s'en souvient en Afrique, notamment au pays de feu Thomas Sankara, le Burkina où après le coup d'Etat d'Ibrahim Traoré du 30 septembre des jeunes ont manifesté avec les drapeaux russes.

Le langage impérial reste aussi celui de Von der Leyen qui appelait le 15 septembre à contrer le projet chinois de "Route de la soie". Et, même si cette présidente passait à la trappe, il y a toujours dans la classe politique européenne des candidats à sa succession prêts à mener une politique aussi dure si Washington le leur demande. Il y a peut-être plus d'espoir du côté des prochaines élections de mi-mandat américaines qui, en cas de victoire des Républicains (moins compromis avec le régime de Kiev que les Démocrates), pourraient pousser Biden à négocier avec Poutine, ce qui limiterait un peu la casse pour notre continent. Un peu comme l'accord Obama-Poutine avait jadis laissé la France de Hollande-Fabius seule à gesticuler sur les dossiers syrien et iranien pendant quelques semaines encore. Quand le maître se calme, le roquet finit par retourner à la niche.

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La culture de mort à Paris

14 Octobre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Le monde autour de nous

Le chanteur "prix Nobel de littérature" Bob Dylan, hier au Grand Rex à Paris, et le 4 novembre prochain au Nouveau Théâtre d'Oxford en Angleterre, avec toujours la même affiche pour son concert "Rough and rowdy ways".

On a envie de demander : pourquoi cette figure de maître du vaudou à tête de mort, avec une seringue façon injection d'ARN ?

On voit qu'un de ses morceaux, de 1989, fut un chant vaudou enregistré à la Nouvelle Orléans. C'est l'Obs qui le disait en 2016 :

"« Les gens ne vivent pas plus qu’ils ne meurent, ils ne font que passer», nous conte Dylan dans «The Man in The Long Black Coat», chant vaudou plein d’échos et de brumes, enregistré à la Nouvelle-Orléans, en 1989, avec la complicité du producteur canadien Daniel Lanois. Qui est donc cet homme au long manteau noir avec lequel une femme est partie sans adieu? Un vagabond, le Diable ou Dylan lui-même? Les criquets chantent, la rivière est en crue et le souffle d’un ouragan plient les arbres. Le rôdeur, entraperçu aux abords de la ville, a cité la Bible et invité la belle à danser. Elle a choisi de le suivre…"

Daniel Lanois a aussi produit les "Neville Brothers" avec ce titre "With God on our side". Que voit-on sur la pochette ? Un ange déchu, et puis (en haut) ces fameux yeux maçonniques dans la paume de main chers aux militants de la March for our Lives subventionnée par Soros en 2018, et (en bas) la chouette bien-sûr, celle de Macron et des petits clips sur le graphène, celle de Pat Benatar sur damier maçonnique. Tout cela est "witchy" à souhait. Tout cela pue la mort à souhait, avec la bénédiction de l'Obs, de Rolling Stones... Nos grandes "institutions médiatiques...

What did you expect ?

Et combien de pauvres gens envoûtés par tout cela autour de nous...

 

 

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Est/Ouest (Emmanuel Berl)

13 Octobre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE, #1910 à 1935 - Auteurs et personnalités, #Divers histoire

"La dépréciation scandaleuse de Byzance (dans l'historiographie) est sans doute pour quelque chose, et même pour beaucoup, dans les difficultés de l'Europe occidentale à comprendre la Russie et à se faire comprendre d'elle. Ce défaut défaut de communication, les Russes l'imputent au capitalisme, les Occidentaux au léninisme. Mais il existait avant que la Russie devienne bolchévique et Dostoïevski n'est pas moins dur - et injuste - envers le 'bourgeois de Paris' que n'est, aujourd'hui, la Pravda"

Emmanuel Berl, Les Impostures de l'Histoire, 1959 (réédition Grasset 2014, p. 32).

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