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Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #souvenirs d'enfance et de jeunesse tag

Décès de Me Roland Weyl

7 Mai 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Souvenirs d'enfance et de jeunesse, #La gauche, #Colonialisme-impérialisme

Quand je travaillais à Versailles, il y a 14 ans, une magistrate de droite m'avait dit "J'apprécie beaucoup maître Weyl, même si je ne partage pas ses idées, et puis il a ce style de la vieille génération, il me rappelle mes aïeux". Elle appréciait la douceur de sa voix alliée, dans ses plaidoiries, à une concision et grande précision du style (et de mémoire sans lire aucune note). Même quand il plaidait à Versailles en terre royaliste cet avocat communiste ancien résistant faisait bonne impression. Moi je me souviens qu'il avait signé l'appel de Bruxelles que nous diffusions en 2000 contre l'ingérence de l'OTAN en Serbie - voyez mon livre sur le sujet (L'Obs signale son nom dans la liste des signataires avec une faute d'orthographe). Comme le rappellent ses biographies il s'est opposé à toutes les guerres d'ingérence, au Proche-Orient, en Afghanistan etc, l'embargo sur Cuba et sur le Venezuela, ainsi que l'occupation de la Palestine.

Il s'est éteint à l'âge de 102 ans le 20 avril dernier.

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In memoriam : Maja Nikolic (1964-2019)

4 Septembre 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien, #Souvenirs d'enfance et de jeunesse, #Actualité de mes publications

La graphiste belgradoise Maja Nikolic, webmestre du premier site d'information alternative que j'ai dirigé en 2000 - je l'avais mentionnée dans divers de mes ouvrages et plusieurs billets de ce blog (dont la dernière fois il y a une dizaine de jours ici) - est décédée la nuit dernière du cancer qu'elle combattait depuis six ans. Elle n'avait pas 55 ans (elle allait faire 56 ans en décembre).

Inutile d'en dire davantage.

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16 septembre 1982

28 Juin 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Souvenirs d'enfance et de jeunesse, #Ecrire pour qui pour quoi

Je regardais tantôt cette vidéo (ci-dessous) : les informations télévisées d'Antenne2 du 16 septembre 1982. Le temps où les trois chaines de TV faisaient de vrais journaux, structurés, avec des nouvelles bien hiérarchisées commençant par l'international, et finissant par des faits divers. On y faisait de vraies phrases, on cherchait parfois des formules élégantes sans peur du ridicule. On croyait encore un peu aux mots, hors du piège des images et de l'obsession corporelle.

Ca commençait avec les troupes israéliennes à Beyrouth, ça continuait avec les funérailles de Béchir Gémayel, puis la visite de Sékou Touré en France. J'ai souri devant la scène un peu surréaliste de Sékou Touré montrant aux journalistes français un reportage sur Kim Il Sung ! Triste dictateur qui se saoulait du souvenir de son "non" à De Gaulle pour faire oublier qu'il écrasait son peuple (bien sûr je ne dis pas que la dictature de Soros, de Bolloré et de WallStreet qui l'a remplacé à la fin des années 80 en Guinée comme ailleurs valait mieux). Puis les états d'âme des parlementaires socialistes et communistes devant la politique fiscale du gouvernement, tandis que PPDA (déjà lui) donnait la parole aux entrepreneurs, évidemment. On n'était pourtant pas encore à l'heure du grand ralliement de Mitterrand à l'austérité au nom de l'européisme. Un mot de l'enterrement de Grace Kelly, un autre des assurances automobiles.

J'ai gardé un souvenir très précis de tout cela. J'avais presque 12 ans. Je venais d'entrer en 5ème au collège. Je gardais en archive chaque jour la "Une" du journal local La République des Pyrénées, et je dévorais les "Que-sais-je". J'étais de plain pied dans l'actualité de ce monde. Je voulais devenir journaliste. J'appréciais les interventions de Georges Marchais à la TV que je croyais utiles à la condition de mes deux parents ouvriers (qui pourtant n'étaient pas communistes). J'étais naïf. Je croyais que parce que j'étais premier de la classe je ferais quelque chose de beau de ma vie. Je ne voyais pas combien déjà ma vanité et mon égoïsme me vouaient à n'en rien faire du tout. Le ver était dans le fruit de mon existence, et je ne le voyais pas, comme la société de l'époque ne voyait pas qu'elle préparait le chemin à la disparition de tout un tas de choses positives que l'on croyait durables (l'intelligence, la France, la SNCF, les abeilles dans les champs, le respect de l'orthographe). On ne savait pas qu'on formait une génération de zombies qui elle même allait enfanter une série de cerveaux au QI beaucoup plus faible (voyez l'article sur la baisse du QI à cause des écrans) dans un monde de plus en plus cynique et hypocrite (je repense au type sur une radio parisienne qui disait que l'autolib à Paris doit être abandonné à cause des dégradations par les utilisateurs - ô les généreux bobos incapables de prendre soin de ce qu'on leur confie !) où la vie ne compte plus pour rien (7 milliards de gens sur terre, combien ont l'eau courante ?).

C'était il y a longtemps, oui, très longtemps. Aujourd'hui je suis presque quinquagénaire. Je n'ai pratiquement rien apporté à mon époque à part trois ou quatre livres que personne n'a lus. Je ne m'en plains pas. En quoi cela aurait-il été utile que je sois un Jérôme Guedj (avec qui j'ai cohabité à Madrid en 1994) ou un Michel Onfray ? Faire des apparitions dans les médias pour occuper du temps d'antenne, participer à un théâtre de pantins, entretenir les gens dans le mensonge et l'illusion. Mieux vaut s'abstenir. J'ai juste diffusé une ou deux infos sur des blogs que les grands médias ne voulaient pas faire entendre, posé une ou deux questions. Cela me suffit bien. Personne n'en voulait davantage de toute façon. Aujourd'hui je ne me pose plus de questions sur mon rôle comme je le faisais à 30 ou 40 ans. Je réponds au coup par coup, ponctuellement, quand des choses me sont demandées, en mon for intérieur, ou par tel ou tel de mes contemporains. Si l'on me demande un coup de main ou un avis je le donne, et si je ressens que rien de moi n'est attendu je m'abstiens, voilà tout. Un ancien collègue aujourd'hui à la retraite a pris sur lui de tenter de faire passer une recension de mon livre sur le populisme dans une revue juridique. Je lui souhaite une bonne chance. A l'heure actuelle seul Labévière a pris le risque de parler de ce bouquin sur la toile. Ca n'a aucune importance à mes yeux. J'ai pondu ce livre sans arrière pensée, aussi naturellement que je respire. Et je le livre au flot de la volonté qui me dépasse, celle d'en haut.

Tournons la page de 1982, comme celle de l'égo. De toute façon la nostalgie est un piège à cons. L'histoire est utile à la réflexion, mais il faut d'abord faire face au présent, même dans les moments où l'on a l'impression qu'on n'a rien de spécial à y faire. N'en doutons pas, quelques sollicitations reviendront, et parmi elles certaines qu'on ne souhaite pas du tout affronter. Certaines seront peut être intéressantes ou agréables. Il faudra être alors être "simple comme une colombe et méfiant comme un serpent" comme le dit l'Evangile. On verra bien...

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La canalisation de Plotin

6 Septembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Souvenirs d'enfance et de jeunesse, #Philosophie et philosophes, #Grundlegung zur Metaphysik

Quand je préparais ma licence de philo à 20 ans à la Sorbonne, il y avait dans notre cours un jeune normalien qui voulait faire sa maîtrise sur Plotin, philosophe néoplatonicien de l'antiquité tardive. Je trouvais cela étrange parce que mon entourage ne jurait que par les philosophes modernes (postérieurs à Descartes). En plus Plotin me paraissait ennuyeux avec ses hypostases et son végétarisme.

L'historien anglais ER Dodds évoque dans son célèbre livre sur l'irrationnel chez les Grecs une anecdote survenue à Plotin au début de sa carrière et que raconte son disciple Porphyre - je lisais cela la semaine dernière. Comme un prêtre égyptien venait à Rome, il lui aurait proposé de lui révéler quel Dieu animait sa vie intellectuelle et morale. Plotin accepta. Ils firent donc un rituel de canalisation qui m'a rappelé ma canalisation d'Isis chez une médium en novembre 2014, et ils le firent dans l'Isiacum de Rome parce que c'était le seul endroit pur (Dodds précise que les temples égyptiens étaient les seuls où l'on ne pouvait entrer qu'après avoir jeûné, et je crois que nos églises devraient s'inspirer de cette règle). Le prêtre fit son rituel, et une entité apparut qui révéla que Plotin était inspiré par un Dieu et non par un simple daimon (une entité inférieure). Mais au moment d'interroger l'entité sur le nom du dieu, l'assistant fut pris d'une sorte de folie (peut-être mêlée de jalousie dit Porphyre) et tua les oiseaux postés en défense, ce qui fit échouer la canalisation.

Un des aspects intéressants de l'anecdote est le rôle que jouent les oiseaux dans l'histoire. Il paraît qu'ils avaient une fonction apotropaïque. En étranglant les oiseaux, on empêchait la parole de l'entité de se donner en toute sécurité ou en toute pureté. C'est une historiette bien étrange...

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Génération

4 Juillet 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Souvenirs d'enfance et de jeunesse

La voyante Maud Kristen et moi avons des points communs inattendus : nous avons lu Bourdieu l'un et l'autre, nous avons connu la société parisienne des années 80, qui était celle du mépris en cascade (telle qu'elle la décrit dans son autobiographie). Ce sont des points communs générationnels. Elle et moi appartenons à un monde qui était bien plus gris (sans les façades blanchies, la novlangue, et tous les artifices actuels), mais bien moins con, que celui dans lequel les trentenaires ont baigné. Je pense que je ne peux parler la même langue que des gens qui ont moins de 35 ans, et réciproquement.

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Dust

8 Juin 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Souvenirs d'enfance et de jeunesse

Souviens toi, Rafaela, il faisait beau sur Chatelet ce jour-là... tra la la...

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Send me an angel

7 Avril 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Souvenirs d'enfance et de jeunesse

ISIS2Bon, je serai plus impressionné quand ils nous feront "Dance with me" de Lords of the New Church en chants grégoriens. Mais "Send me an angel", ce n'est déjà pas mal. Ca vaut Soeur Cristina chantant "Like a Virgin", non ? ste baume

 

 
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Hungaro-sumérien

19 Mars 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Souvenirs d'enfance et de jeunesse

Il y a quinze ans et quelques mois j'étais à Budapest, sur Hösök Tér, la place des héros (cf mon livre "Eloge de la liberté"). Mon héros de l'époque n'était pas Gilgamesh, même si cinq ans plus tôt j'avais acheté à Madrid un ouvrage de Kramer sur Sumer.

 

Aujourd'hui j'appends que le Hongrois, mais aussi des tas de langues eurasiatiques non-indoeuropéennes, de l'avar à l'ibère, pourraient être liées au sumérien... Il faut toujours être prudent en matière de rapprochements linguistiques, mais allez donc savoir...

 

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30 décembre 1988

28 Décembre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Souvenirs d'enfance et de jeunesse

Le 30 décembre 1988, en page 62 (qui développe le sujet de couverture), l'Express fait un dossier sur le thème "La génération cocon", avec pour sous-titre "A quoi ressemblent les jeunes, en 1988 ? A leurs parents ! Interrogés tous les dix ans pas L'Express, ils n'ont jamais semblé aussi sages. Leur bonheur : un emploi, une famille. La révolution n'est pas pour 1989." Une photo comme illustration : un cours des étudiants de première année à l'IEP de Paris (Sciences Po), amphithéâtre Emile Boutmy, avec cette légende "Un cours à Sciences Po. Dans la liste des priorités, avoir une profession qui plaît passe bien avant avoir des enfants."

Au tout premier rang, avec son cahier bleu je reconnais sans peine Laurent Solly, futur collaborateur de Nicolas Sarkozy et numéro 2 de TF1, aujourd'hui un des responsables de Facebook France.

Celui que j'ai entouré d'un trait rouge, c'est moi. Oh bien sûr même si vous zoomiez vous ne me reconnaîtriez pas, mais dès le jour de la publication de l'Express, j'avais découpé la page et indiqué où je me trouvais sur cette photo. J'y reconnais aussi deux copines en haut à gauche. Nous avions tous 18 ans. Je n'avais quitté mon Béarn natal que depuis trois mois et vivais dans une piaule minuscule d'un foyer d'étudiants d'Asie du Sud-Est rue Saint-Jacques. Nous avions eu nos premiers "galops d'essai" (partiels) pas très brillants pour moi à l'époque sauf en histoire (ça allait s'améliorer au trimestre suivant). Hiver froid, à faire la queue le soir au restaurant universitaire "Bullier", à potasser les polycopiés de Jean-Claude Casanova en économie, le Gicquel en droit constitutionnel, les Points Seuil en histoire. Fichue année.

Le thème "les jeunes vont-ils refaire mai 68 ?" était une tarte à la crème médiatique à l'époque. Deux ans plus tôt nous avions été une majorité à manifester contre la loi Devaquet.

 

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Also...

22 Décembre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Souvenirs d'enfance et de jeunesse

   I'll leave my memories, a little trace high above, on some stone which I would be able to recognize easily. One day when I would visit the places of my creation, I will walk through the ruins of this old stone city, only one pillar will stay intact infront of me, and on its top a stone I marked with my memories. I'll take it into the white empty room and when only my eyes would stay alive in me, I'll watch the parts of my past, one part by one, bringing it back again. I would live again the most valuable fragments of my life. I would wake up the subconscience, thousands of emotions I felt once, and the same joy. Life is too valuable to be lived just once. There in that white room, I'll be able to live again every moment of my past, my first memory as a child, a smell of the air near the big river, music which led me to trans, photos when I was beautiful and shining, freezing touch of the glass like a cold peace I was longing for. I'll watch the traces with my eyes when I was young, selfconscious, curious. I 'll need just to change the position of my eyes and new pictures from the past will appear. But that evening in my future, I won't come in the white room to watch my childhood or the moment of my fullfilled ambition. That evening will be special. That evening will be yours. I am chased by the places from this city. A city where I belonged to you. That evening you'll be more and more near, the light will be in your eyes.I won't even need to enter in the white room of memories, although the mountain of time would pass, although a generations of people would pass aside me, although rains would wash out a lot of memories. But you, I'll see you clearly, a light in the middle of passing faces. I'll turn off the light in the white room. I'll need only to close my eyes in the deep obscure and to let the emotions overflow me, that night when i'll want to bring back the most beautiful memories. Something was left unspoken between you and me, I lost your presence in one of those catastrofies which left the hole in the time. I woke up one morning and you were gone, I started my life till the new sunset. You stayed in another dimension, I tried to hold my arms to touch you but that wall was so long and high. Everything changed since you're gone, the desert is on the place where we felt the whole new universe together, destroyed stones on the place of the city where I saw you the first time, when I wished you madly. I know you are with me, in another dimension, another time, with the same memories, those burning memories. And I let them overflow me, I let them hurt me just to remind myself that there was an eternety, that I am the thin line which connects the past and the future. The memories of the moments when we were one, and the land under our bodies was shaking under the overstrained emotions.
 

All I can do is to wait the moment when the time will stop, I'll shiver again in your hug, when you'll hug me strongly, my emotions will strangle my throat when I'll recognize your touch after the sea of the time

 


 

 


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Suzanne Vega

9 Août 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Souvenirs d'enfance et de jeunesse

J'écoutais ce matin toutes sortes de chansons dynamiques qui permettent de faire remonter en soi de fortes d'émotions dans le plus pur style anglo-saxon : "Breathless" des Corrs, Shania Twain, les Cranberries, tant d'autres choses. Je me suis attardé sur le "No more words" de Berlin que j'ai écouté dans trois ou quatre versions différentes. Puis sur Pat Benatar "Love is a battlefield" et "We belong". Là encore je les ai écoutées sur You Tube en différentes version. J'ai découvert une Pat Benatar liftée en 2001 évoquant "We belong" comme la chanson qu'elle interpréta au début de sa première grossesse 17 ans plus tôt. Pat Benatar a toujours quelque chose d'un tantinet vulgaire dans l'expression de son visage, comme Madonna à ses débuts (maintenant Madonna n'a plus d'expression du tout), mais il y a toujours dans ses accents quelque chose de terriblement vrai et accrocheur.

 

Puis peut-être parce que mes hormones étaient épuisées, j'ai fini la matinée sur un live de "Luka" de 2012. 

 

 

 

 

Suzanne Vega (que je cite dans un ou deux de mes livres) est sans doute la plus délicate des interprètes (-compositrices) américaines. Elle ne module pas toujours parfaitement sa voix en concert, mais elle chante avec son regard. On le voit déjà dans son premier clip de "Luka" en 1987 quand, frêle jeune femme, elle a des regards baladeurs, fuyants, de ci de là.

 

Le 9 février dernier, elle parlait de sa carrière au Montalvo Arts Center à Saratoga (Californie). Elle était une vieille dame qui expliquait sa manière de travailler. Quand on en est à révéler les ficelles de ce qu'on fait, c'est qu'on déjà une archive vivante. Dommage. Mais c'est ainsi.

 

 

 

 

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Bon baiser d'ici d'Alain Chamfort

22 Mars 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Souvenirs d'enfance et de jeunesse

Vous vous souvenez de ce clip de 1984 ? Du temps où Andropov dirigeait l'URSS ?

 

J'adorais cette chanson, comme tout ce qui m'ouvrait au monde (j'avais 14 ans). Je trouvais cet univers chamfortien très classe, y compris dans ses clins d'oeil érotiques (très osés, avec la nudité de la fille à la fin, très rare à l'époque). je trouvais le "Suis la ligne du parti" très gonflé. En même temps c'était un monde très éloigné du mien, un peu comme celui des revues "Lui" que je feuilletais dans les supermarchés. Monde très parisien jusque dans sa désinvolture et ses références aux troisième et quatrième degré. Je ne peux d'ailleurs pas dire que j'en sois plus proche aujourd'hui qu'à l'époque. Même s'il est devenu à certains égards plus humble, déclin national oblige.

 

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"Sous les bombes"

8 Février 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Souvenirs d'enfance et de jeunesse

Arte rediffusait ce soir "Sous les bombes", film franco-libanais de 2008. Certains passages me rappelaient mon histoire serbe de 1999-2000, que j'ai relatée dans "Eloge de la liberté". Il y a des moments dans la vie qui transcendent tout. Celui-là a cassé ma vie en deux. La force de ce moment-là ne tenait pas à toute cette comédie que nous menions autour d'Internet, des salons de Régis Debray, des bières bues avec Jean Bricmont. Bien évidemment non. Ca ce n'était que l'écume des choses, comme n'est qu'écume aujourd'hui tout ce blabla actuel entre intellos autour des guerres de Syrie, du Mali, de la crise de l'euro etc. La vérité était dans le vécu, dans toit ce désarroi des gens au milieu de la quasi-dictature, de la guerre, des mensonges, du chaos social. Dans les points de fuite qui avient pour noms pour moi Belgrade, Budapest et Düsseldorf. Ces fuites qui en vérité ramenaient toujours à l'essentiel.

 

p1000118.jpgOn ne sait jamais vraiment pourquoi les moments de transcendance transcendent tout. D'une certaine façon, on ne veut pas le savoir, et l'on ne veut même pas se souvenir d'eux. On sait qu'il y avait une vérité très forte en eux, une vérité dont on n'a entrevu que des lambeaux, et dont on n'a pas su restituer la densité dans l'écriture (Colette Lambrichs de La Différence tu me le reprochas si violemment), mais tant pis. Cela a été, on le sait. Peu importe pourquoi et comment.

 

Dans cette histoire de femme qui, à l'arrière d'un taxi, part en quête de son fils dans le Sud-Liban détruit de 2006, je retrouve ma Serbie de 1999. Peut-être juste à cause de la guerre et du chaos. De ce que ces derniers mettaient dans nos coeurs, dans nos têtes à l'époque, là-bas, loin de tout, sous l'embargo, sur les bords de la Sava...

Les guerres révèlent l'humanité sous un certain angle, non seulement l'humanité mais le monde, et les mondes possibles. C'est impossible à faire comprendre aux gens accaparés par la routine d'un pays en paix.

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Un déficit d'amour

9 Décembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Souvenirs d'enfance et de jeunesse

L'ancien boucher de mon village est mort il y a quatre jours après avoir été grabataire pendant six mois. Bizarrement il y avait peu de monde à son enterrement. La raison : les gens de sa génération susceptibles de venir à l'enterrement sont morts. Les jeunes ne sont pas venus, soit qu'ils aient quitté le village, soit qu'ils n'aillent point aux enterrements.

 

grandp-re1980.jpgJe ne comprends pas pourquoi j'ai passé quarante ans de vie sans me rendre compte qu'avancer dans le temps signifiait surtout voir disparaître un monde qu'on a aimé, celui dans lequel on a appris les mots, les sensations, les tournures de pensée, pourquoi cette pensée m'est-elle restée si longtemps étrangère ? Les religions - dans leurs développements postérieurs à l'âge axial - nous ont appris que l'amour était le remède à la mort et au deuil. Mais on voit bien qu'il y a un problème général avec l'amour. L'amour des jeunes pour les vieux, censé les soutenir dans l'épreuve de l'anéantissement des mondes anciens et de leur propre anéantissement, ne fonctionne pas : les vieux meurent seuls, les jeunes ne vont pas au enterrements, ils sont aux abonnés absents. Et du coup, sans doute, les vieux ont du mal à aimer les jeunes qu'ils peuvent aimer individuellement mais ne voient pas collectivement comme une génération capable de soutenir la leur puisqu'elle ne se rassemble jamais pour eux. Et, de ce fait, ils peuvent difficilement se consoler de la mort du monde d'hier en aimant le monde qui vient.

 

D'ailleurs on peut se demander si les jeunes "s'aiment" entre eux collectivement comme pouvaient le faire les vieux d'autrefois, du temps de leur jeunesse, quand ils se retrouvaient ensemble aux fêtes du village (même s'il ne faut pas idéaliser, évidemment, ce qui se passait alors). Les gens de mon âge sont dispersés dans diverses régions (d'où leurs efforts un peu ridicules pour se retrouver à travers "Copains d'avant"). Il y a quelque chose qui flanche sérieusement dans le collectif, dans la représentation de l'humanité comme des groupes (groupes d'âges susceptibles d'une certaine solidarité entre les groupes et au sein des groupes).

 

Des tas de journalistes trentenaires et quadra ont célébré il y a quelques semaines les 80 ans de Chirac suppléant par une certaine forme d'amour individuel, pour une personne fétiche (parce que consacrée par les médias) l'absence d'amour collectif. Mon père fêtera ses 80 ans jeudi prochain. Je suis frappé par la solitude et le silence qui entourent la disparition de sa génération. Une solitude et un silence qui seront peut-être démultipliés quand viendra le tour de la mienne, et de celle de nos enfants.

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Sciences Po

15 Novembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Souvenirs d'enfance et de jeunesse

louis-philippe"Alors qu’une nouvelle page de l’histoire de Sciences Po doit s’ouvrir, nous demandons aux deux présidents, Jean-Claude Casanova et Michel Pébereau, de se retirer tous deux des conseils qu’ils dirigent, l’un depuis 6 ans, l’autre depuis 24 ans. Nous ne nous sentons pas engagés par les résultats du Conseil d’administration de la FNSP et du Conseil de direction de l’IEP de Paris des 29 et 30 octobre 2012 et nous réclamons l’organisation d’une nouvelle procédure de recrutement et d’élection." (extrait d'une pétition en ligne ici)

 

Les orléanistes tombent non à cause des énormités qu'ils profèrent avec suffisance ici ou là (sur les ondes radiophoniques par exemple) depuis des lustres, mais à cause de leur rôle à la tête d'une école de formation des "élites".

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