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Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #colonialisme-imperialisme tag

La crise des sous-marins australiens

18 Septembre 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Les Stazinis

Longtemps en France (avant que les grands médias pro-américains n'imposent leur "pensée unique") les Etats-Unis (comme le Royaume-Uni) ont eu la réputation d'être un pays de businessmen cyniques qui ne tenaient jamais leur parole. Dans la Revue des races latines de janvier 1861, l'historien catholique Lazare-Maurice Tisserand présentait cette nation comme un « peuple de navigateurs et de marchands, de colons qui volent, de squatters qui égorgent, d'aventuriers qui courent les rivières et les savanes à la recherche d'un placer, de financiers qui font périodiquement banqueroute et menacent sans cesse l'Europe de leurs "crises monétaires" ».

Le pays vient de retrouver cette image aux yeux de notre diplomatie en poussant l'Australie à torpiller un contrat de 56 milliards d’euros d'achat de sous-marins et adopter plutôt un  nouveau pacte de sécurité entre avec Washington et Londres (nommé Aukus, comme « Australia, United Kingdom, United States ») incluant une livraison de sous-marins nucléaires. Paris (qui après avoir évoqué un "coup de poignard dans le dos") vient de rappeler ses ambassadeurs à Washington et Camberra) été sensible à l'inélégance du procédé consistant à ne l'avoir prévenu que quelques heures avant la divulgation du pacte Aukus dans la presse. Les anti-impérialistes, eux, se soucient du contexte de course à l'armement que cette affaire déclenche dans l'Océan pacifique face à la Chine, alors pourtant que des pays limitrophes comme la Nouvelle-Zélande en théorie prohibent les sous-marins à propulsion nucléaire dans leurs eaux territoriales. L'Indonésie a d'ailleurs exprimé hier diplomatiquement son "malaise". Pékin (qui n'a pas une doctrine de première frappe nucléaire contrairement aux Américains) dénonce une violation du traité de non-prolifération nucléaire.

Ainsi après son fascisme sanitaire, l'Australie se distingue par son militarisme, qu'elle avait d'ailleurs déjà déployé en Afghanistan (avec les crimes de guerre commis par ses forces spéciales), mais aussi en adoptant dès les années 2000 une doctrine de la "souveraineté limitée" de ses voisins (voir l'article de Jean Duval dans l'Atlas alternatif) et en annexant indument une partie des eaux  territoriales du Timor oriental.

Les souverainistes français protestent, Jean-Luc Mélenchon demande une sortie de l'OTAN. Hélas ce sont des voix dans le désert. Commentaire du journaliste de Grayzone Benjamin Norton : "La France apprend à ses dépens que l'empire américain n'a pas d'alliés, que des laquais -- comme l'a fait l'Allemagne lorsque Washington l'a menacée de sanctions pour son gazoduc North Stream 2 avec la Russie".

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La victoire des Talibans en Afghanistan et les conseils de Cheikh Imran Hosein

17 Août 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous

Ceux qui ont lu l'Atlas alternatif et mon livre sur les mouvements anti guerre savent que j'ai toujours été hostile à l'ingérence occidentale en Afghanistan qui ne servait qu'à financer un régime corrompu et imposer de l'extérieur des idées auxquelles la population afghane était majoritairement hostile ce qui ne pouvait conduire qu'à une impasse (voyez aussi mon billet ici). La France aurait été bien inspirée de ne jamais suivre les Etats-unis dans cette coûteuse aventure (sur le plan économique pour les occidentaux, sur le plan humain pour les afghans) ce qui lui aurait épargné la mort de 90  soldats tués là-bas et la honte morale du renoncement à son non-alignement. Car aujourd'hui les puissances non-alignées comme la Russie, la Chine et l'Iran, sont capables de considérer sereinement le changement de régime, et, ayant pu dialoguer avec les Talibans avant leur retour au pouvoir, ne sont pas contraints d'évacuer à la hâte leur ambassade à Kaboul. Ils auront ainsi bien plus de latitude pour se tenir auprès du peuple afghan, tandis que nous, otages de l'extrémisme washingtonien, sommes forcés de renoncer à toute présence sur le terrain en suivant nos parrains dans la débâcle (cela rappelle que nous avions pour d'autres raisons renoncer aussi à toute présence diplomatique en Syrie parce que le régime ne nous plaisait plus, ce qui nous a privé de la connaissance de terrain pendant la guerre civile dans ce pays et des possibilités d'anticiper le rétablissement du régime d'Assad : à croire que les Occidentaux ne sont plus capables que d'hystérie quand il s'agit d'appréhender les réalités orientales).

Aujourd'hui en France la gauche humanitaire hypocrite pleure sur le sort à venir des femmes afghanes, en dissimulant qu'elle s'était réjouie quand des islamistes tout aussi anti-féministes avaient pris le pouvoir à Idlib en Syrie. Et la droite sécuritaire s'enferme dans un discours absurde en faisant comme si les Talibans allaient lancer forcément des attentats chez nous (on avait eu la même chose à l'égard de Khomeini en 1979-1980) : ces gens oublient que le Djihad en Europe est davantage la spécialité d'officines transnationales liées à la CIA comme Daech et Al Qaida, qu'à des mouvements enracinés dans des mouvements de libération nationale patriotiques comme l'est l'armée talibane pachtoune. De toute façon ce pays sera déjà bien occupé à reconstruire son économie et bâtir son unité nationale plutôt que de plastiquer nos salles de concert. Mais, quoi, à la veille du 20 ème anniversaire de l'escroquerie du 9 septembre 2001, il faut bien resserrer les rangs autour de Big Brother...

Justement en matière de reconstruction, on voit que beaucoup de gens dans le monde musulman vont vouloir apporter leurs conseils et leur expertise. C'est notamment le cas du sheikh origine trinidadienne basé au Pakistan Imran Hosein dont j'apprécie l'anti-impérialisme, l'ouverture aux chrétiens (qu'il verrait bien, sur la base du Coran, reconquérir Constantinople, derrière le drapeau russe), et le côté très "sola scriptura" (si j'ose dire)  de sa lecture du Coran, qui, se rappelant qu'il avait eu un contact direct avec le dernier ambassadeur du gouvernement Taliban aux Etats-Unis en 2001, offre dans cette vidéo ses conseils aux nouveaux maîtres de Kaboul dans cette vidéo. Il leur recommande d'instaurer un gouvernement islamique qui abolisse les inégalités économiques (ce qui est une idée que tout adversaire des injustices sociales approuvera) et un retour à la monnaie or contre la monnaie papier réputée "haram" au regard du Coran (mais je ne demande bien comment on peut susciter la moindre croissance économique si l'on ne peut payer qu'en numéraire métallique !).

Un mien camarade me signale dans un mail ce soir que ce sheikh est un ami du théoricien de l'union eurasiatique Douguine, ce qui, si c'est exact, est spirituellement bien embêtant car Douguine est un crowleysien (donc un sataniste). Wahid Azal le 19 février 2016 sur Counterpunch écrivait :

"Les idées misanthropes de l'occultiste et sataniste britannique Aleister Crowley (mort en 1947) informent à la fois la vision du monde douguiniste et sa praxis contemporaine. En effet, c'est dans la vision du monde de la magie du Chaos en particulier (qui est un rejeton de la philosophie thélémique de Crowley) que la plupart des paradoxes et des contradictions apparentes de la weltanschauung douguiniste– et surtout dans son fourre-tout quatrième positionniste de « au-delà de la droite ou de la gauche » – doit être recherchée, puisque c'est (qu'il soit explicitement articulé ou non) le véritable lieu d'animation de la praxis d'extrême droite douguiniste, à commencer par son choix de symbologie, c'est-à-dire son drapeau eurasien de huit éclairs (ou flèches) blancs ou jaunes en forme de motif radial et placés derrière un fond noir. Ce symbole en lui-même est alternativement appelé dans la magie du Chaos la "roue du chaos", "le symbole du chaos", "les bras du chaos", "les flèches du chaos", "l'étoile du chaos", "la croix du chaos" , 'la chaosphère' ou 'le symbole du huit'. Rappelant quelque peu la Société de Thulé, puis l'appropriation par Hitler de la croix gammée des écrits du fondateur de la Société théosophique HP Blavatsky (mort en 1891)"

Le propos est tout de même un peu allusif sur le lien Douguine-Crowley, surtout extrapolé des symboles ce qui est peut-être un peu léger. Mais il est vrai qu'il y a du paganisme du côté de Douguine et de ses hyper-boréens, on ose espérer qu'il n'y a pas le même du côté d'Imran Hosein qui est classé dans la mouvance soufiste (laquelle il est vrai a parfois un peu trop avoir avec la Terre-Mère, la pachamama chère au pape des catholiques).

Pour en revenir à Imran Hosein, j'observe que les 900 lecteurs qui ont déjà réagi à son discours du 15 août couvrent toute l' "oumma" de l'Indonésie aux Etats-Unis en passant par la France et l'Algérie. Un d'eux vante la politique du premier ministre malaisien Tun Mahathir qui, en 2001, après l'attaque spéculative de Soros contre les monnaies d'Asie du Sud-Est avait tenté de réintroduire un dinar indexé sur l'or préconisé par le Coran.

Le sheikh ayant rappelé que le Coran annonce qu'une armée déferlera du Khorasan sur Jérusalem pour la libérer (et l'Afghanistan en fait partie géographiquement) beaucoup pour l'heure voient surtout une immigration afghane déferler sur l'Europe (comme c'est déjà le cas depuis 2015). Certains mettent en doute sa légitimité comme interprète du Coran à propos d'un Hadith qu'il cite, qu'il voit à tort comme une incitation à libérer les rapports hommes-femmes.

Je n'en dirai pas plus, faute de temps, sur cette intéressante allocution qui mobilise diverses notions que cet exégète a déjà développées dans d'autres conférences autour du Coran. Je crois qu'il serait intéressant, même pour les non-musulmans ,de suivre les débats théologiques et politiques que suscite dans la communauté islamique mondiale la victoire des Talibans.

Le Sheikh Imran Hosein souligne en tout cas à  juste titre en tout cas qu'elle est un signal encourageant pour le Venezuela, le Nicaragua etc sur le déclin de l'Empire américain.

Je terminerai pour ma part sur deux remarques. La première de Benjamin Norton de The GrayZone qui écrivait dans un Tweet du 15 août : "Exemple parfait de l'absurdité de l'empire américain : le président néolibéral d'Afghanistan, mandataire des États-Unis, formé dans les écoles américaines et à la Banque mondiale, était une telle marionnette que son régime s'est effondré en quelques jours. Il s'était pourtant permis de faire un sermon à la Syrie sur la « transition » et avait écrit un livre intitulé "Réparer les états défaillants/Fixing failed States". Et ce bilan terrible dans Sputnik : le projet de "nation building" en Afghanistan aura coûté aux Amércains 143 milliards de dollars, pour rien... 267 milliards de dollars. Certains experts avancent que 7 milliards par an peuvent suffire pour éradiquer la faim dans le monde en quelques années...

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Une certaine tendance à oublier le chavisme

14 Août 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous, #La gauche

Le gouvernement vénézuélien et la Plateforme unitaire du Venezuela ont entamé vendredi soir à Mexico des négociations aboutissant à un mémorandum dont le contenu visera à l'intégration de la droite au processus électoral dans l'espoir d'obtenir la levée  des sanctions américaines (qui mettent le pays à genoux - avec le vol de 57 milliards de dollars à la firme nationale pétrolière, les pénuries alimentaires, en carburant, en électricité, la pauvreté généralisée), à l'issue d'une médiation norvégienne.

Mais déjà dans les rangs chavistes s'expriment des réserves à l'égard de la garantie mexicaine donnée aux accords. Sur Aporrea.org, Flavia Riggione, ex-chercheuse sur la malaria à l'Université centrale du Venezuela (maintenant à la retraite), relève que dans l'entourage du président de gauche mexicain Andrés Manuel López Obrador (une des cibles de l'espionnage de Pegasus), il existe une volonté d'oublier un peu l'apport de Chavez à l'émancipation de l'Amérique latine. Elle en veut pour preuve l'intervention du philosophe argentin Enrique Dussel (87 ans), conseiller du président mexicain López Obrador, dans une conférence patronnée par le parti Mouvement de regénération nationale (au pouvoir) le 6 août denier,  sur les vagues d'indépendance de l'Amérique latine d'avoir cité Kirchner, Lula et Morales, mais pas Chavez (sauf une fois en passant). Dussel dans cette introduction à la conférence déclare même : "Si Lula revient au pouvoir, nous aurons deux cents millions de Brésiliens, plus quarante millions d'Argentins dirigés par Fernández, plus cent trente millions de Mexicains dirigés par AMLO " à avoir un gouvernement participant de la nouvelle vague d'indépendance... mais il oublie les 30 millions de vénézuéliens... Enrique Dussel avait pourtant reçu des mains d'Hugo Chávez, en 2010, le "prix du Libérateur pour la pensée critique"... L'ingratitude est manifeste.

Cette tendance d'une certaine gauche à exclure des gouvernements révolutionnaires comme ceux du Venezuela, de Cuba et du Nicaragua de la résistance à l'impérialisme occidental est assez répandue en ce moment. Le 17 juin dernier, Benjamin Norton, journaliste de Grayzone, avait critiqué le média de gauche anglais Novara Media, pour avoir publié cette carte des "partis de gauche et du centre-gauche" qui occultait effectivement ces pays.

Au demeurant, le pari sur la victoire de Lula au Brésil qui enthousiasme beaucoup la gauche mondiale en ce moment est loin d'être gagné. La Banco Santander (banque espagnole espagnole dont Soros avait acheté 7 % du capital il y a 6 ans) n'a pas hésité à écrire à ses clients sous la plume de son économiste Victor Candido il y a peu : « Personne ne soutiendra un coup d'État en faveur de Bolsonaro, mais il est possible de spéculer sur un coup d'État pour empêcher le retour de Lula. Il était inéligible jusqu'à récemment, par exemple. On pourrait bien retourner à cela ».

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L'Algérie mène une coalition contre Israël au sein de l'Union Africaine

9 Août 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Colonialisme-impérialisme

Israël a retrouvé son statut d'observateur à l'Union africaine le 22 juillet dernier à l'initiative du président de le commission de l’Union africaine,le tchadien Moussa Faki. Israël détenait ce statut d’observateur au sein de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) jusqu’à sa transformation en Union africaine en 2002 quand Kadhafi a soustrait ce siège au gouvernement de Tel-Aviv.

L'Algérie depuis lors mène une fronde à la tête de 14 pays dont le Niger, la Tunisie, la Libye, la Namibie, le Botswana, la Mauritanie, l’Égypte, les Comores et Djibouti (source Al-Mayadeen). L'Afrique du Sud (dont le président a été récemment ciblé par le logiciel d'espionnage israélien Pegasus) lui emboite le pas. Le ministère sud-africain des Affaires étrangères a déclaré dans un communiqué que le gouvernement était choqué par cette décision, injuste et illégale, "que la Commission de l'Union africaine avait pris cette décision sans consulter les membres de l'Union et qu’il était incompréhensible que la Commission de l'Union africaine récompense le régime sioniste qui réprime brutalement et ouvertement les Palestiniens !" "L'Afrique du Sud estime qu'Israël ne devrait pas être un membre observateur de l'Union africaine tant qu'il ne sera pas disposé à négocier sans conditions préalables ", indique le communiqué.

Ces pays affrontent sur cette question le Maroc, le Togo, le Soudan, le Kenya, Rwanda, Soudan du Sud, Zambie, Malawi et l'Ethiopie. Dès 2017 avec la participation de Netanyahu à la CEDEAO et le rétablissement des relations diplomatiques avec le Sénégal, Israël, qui entretient des relations diplomatiques avec 46 pays africains, avait savoir son souhait de retrouver ce siège à l'UA. L'Algérie a fini par obtenir hier une réunion de l'UA pour faire annuler la décision du président de sa commission, mais cette réunion pourrait bien n'aboutir qu'à faire éclater au grand jour les divisions profondes des pays africains sur ce sujet.

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L'Iran relance sa politique latino-américaine

4 Août 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous, #Proche-Orient

Dans la même veine que la grande amitié entre le président iranien Mahmoud Ahmadinejad et son homologue vénézuélien Hugo Chavez qui avait marqué les esprits dans les années 2000, le nouveau président de la République islamique, M. Ebrahim Raisi, en accueillant à Téhéran Sacha Llorenti, secrétaire général de l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA) et ancien ambassadeur de Bolivie à l'ONU, qui est en Iran pour participer à la cérémonie d'investiture du nouveau président prévue pour demain, n'hésite pas à déclarer que la coopération de son pays avec l'Amérique latine peut contribuer à "marginaliser" le rôle international et régional des Etats-Unis. L'agence de presse chinoise Xinhua relaie la nouvelle avec intérêt.

Raisi a aussi accueilli chaleureusement ce soir le ministre nicaraguayen des Affaires étrangères Denis Ronaldo Moncada et a déclaré à cette occasion que "le peuple iranien a toujours souhaité le succès au peuple révolutionnaire nicaraguayen et, comme l'a souligné le guide suprême de la révolution islamique, (que) l'esprit révolutionnaire doit toujours rester vif et frais, surtout parmi la jeune génération" (source : agence Irna).

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Le rapport de l'ECLJ sur l'influence de Soros à l'ONU

4 Août 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #George Soros, #Le monde autour de nous, #Colonialisme-impérialisme, #Les rapports hommes-femmes

J'ai été probablement le premier en France dans mon intervention à l'Institut Dogma en septembre 2018 (publiée ensuite dans le revue Droits) à exposer d'une façon systématique tous les aspects des investissements politiques de Soros (en synthétisant d'ailleurs simplement ce que j'avais écrit un an plus tôt dans mon livre "Les régimes populistes face au mondialisme"). Cela en a conduit certains à droite à s'intéresser à mes travaux, mais, comme ils réalisaient que je n'étais pas pour autant sur une ligne zemmourienne de "choc des civilisations", ils ont renoncé à continuer d'échanger avec moi (cela fonctionne ainsi en France).

Comme ce qui importe à mes yeux c'est de vous donner des informations fiables quelle qu'en soit la source, je ne pratique pas, en ce qui me concerne, l'ostracisme, je vous signale donc le rapport de l'European Centre for Law & Justice (ECLJ) de Grégor Puppinck (relayé d'ailleurs par la revue Valeurs actuelles du 1er août 2021, mais semble-t-il pas par des médias plus à gauche dans le spectre politique), au sujet des réseaux de Soros à l'ONU, qui complète celle de 2020 menée par le même organisme sur l'influence du milliardaire sur la Cour européenne des droits de l'homme.

L’ONU a trois missions : sécurité, développement et droits de l’homme. Deux institutions des Nations Unies s'occupent de ce dernier domaine : le Conseil des droits de l’homme et le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH). L'ECLJ qui a épluché les déclarations financières entre 2015 et 2019 et interrogé une trentaine d'experts montre la montée en puissance de l'Open Society (OSF) de Soros et de la Fondation Ford dans le financement des procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme qui reçoivent des plaintes, rédigent de rapports et conseillent les gouvernements.

Une bonne partie de ces procédures spéciales reçoivent des financements privés. Entre 2015 et 2019, 37 des 121 experts ont déclaré avoir reçu  134 versements financiers directs, pour un montant total de  10 725 328 USD, majoritairement en provenance de donateurs privés sans passer par l'intermédiaire du Haut commissariat des droits de l'homme.

D’après les déclarations annuelles des experts, la provenance de ces versements se répartit ainsi :
 
• 5 515 523 USD leur ont été versés par des fondations privées et ONG dont 2 190 000 USD par la Fondation Ford au profit de 9 titulaires de mandats38 et 1 584 517 USD par l’OpenSociety Foundations (OSF)  au bénéfice de 6 titulaires  de mandats.  Quatre  titulaires  de mandats ont été financés à la fois par les fondations Ford et Open Society.
• 3 844 163 USD  ont  été  déclarés  versés  par  17  États,  les  principaux  étant  la  Norvège,l’Australie, l’Allemagne, la Suède, les Pays-Bas et la Suisse.  
• 1 142 757 USD ont été déclarés versés par 49 universités (souvent privées), les principales étant  les  universités  de  British  Columbia,  Pretoria,  Minnesota  Law  School  et  la  York University à Toronto. Ceci s’ajoute aux soutiens « en nature » des universités. Nombre de cesuniversités ou centres de recherche sont eux-mêmes financés par des acteurs privés.
• 13 organismes officiels internationaux ont été déclarés comme ayant versé 222 886 USD, telle l’Organisation Internationale de la Francophonie à hauteur de 26 637 USD.

Ces dons privés entraînent de grandes inégalités entre experts. "De nombreux experts, explique l'ECLJ, se plaignent de ne pas avoir de financements de l’ONU pour couvrir leurs frais de fonctionnement essentiels (bureau, imprimante, téléphone et internet), tandis que d’autres organisent des « conférences tous frais payés, dans des hôtels de luxe ou des îles paradisiaques », selon un expert. Les mieux lotis des experts sont souvent ceux qui ont déjà travaillé pour la galaxie Open Society. Tout cela est très opaque. Les dons affichés par l'OSF ne correspondent pas aux sommes reçues. Les accords de financement conclus entre les experts et les donateurs, ainsi que les conditions de ces versements ne sont pas communiqués au HCDH, ni rendus publics, parfois même leurs montant et objet sont déclarés de façon imprécise. Il n’est pas possible de connaître le contenu de ces accords, ni même de savoir qui, de l’expert ou du donateur, a pris l’initiative de demander, ou de proposer de l’argent."

Le rapport de l'ECLJ souligne qu'il y a une congruence entre les dons et l'orientation idéologique de certains rapports. Ainsi pour le Groupe de travail des Nations Unies sur la lutte contre la discrimination à l’égard des femmes présidé par Melissa  Upreti, du Center for Women’s Global Leadership 'une structure liée à l'Open society) : son rapport  présenté au Conseil des droits de l’homme en juillet 2021, note l'ECLJ (p. 39) , "est imprégné de militantisme radical... il commence par fustiger « des siècles d’institutions et de cadres juridiques et politiques patriarcaux, coloniaux et racialisés ». L’« oppression patriarcale, les stéréotypes sexistes omniprésents, la stigmatisation et les tabous » ne seraient pas qu’un héritage du passé, mais un problème s’aggravant par la « montée des fondamentalismes ». Ce rapport met sur le même plan les « grossesses non planifiées » et les violences concrètes subies par les femmes et recommande aux États et aux « acteurs non étatiques, tels les groupes armés », de s’assurer que les femmes « exercent » réellement leurs « droits sexuels et reproductifs », c’est à dire principalement l’avortement. Le rapport demande par ailleurs aux États de « prendre des mesures pour lutter contre la masculinité toxique », sans définir ou introduire cette notion tirée des études de genre. Le rapport va jusqu’à assimiler l’objection de conscience des médecins face à l’avortement à un acte de « torture » infligé aux femmes (sic), affirmant que le « refus ou le report d’un avortement » constitue l’une « des  formes  de  violence  fondée  sur  le  genre  qui  peuvent  être  assimilées  à  de  la  torture  ou  à  un traitement cruel, inhumain ou dégradant ». À la lecture du rapport, la maternité semble n’être pas même une option pour les femmes, dont la « santé sexuelle et procréative » consisterait uniquement à avoir accès à la contraception et à l’avortement. Les précédents rapports sont du même acabit."

L'ECLJ cite aussi le rapport de Juan Méndez "Perspectives de genre sur l’interdiction de la torture et des traitements cruels, inhumains et dégradants" présenté au Conseil des droits de l’homme en janvier 2016, soutenu par une structure privée ad hoc l’Anti-Torture  Initiative financée par des universités et par l'Open Society, qui en a ensuite assuré la diffusion, de sorte que ce rapport dispose maintenant d'un forte autorité et fut par la suite cité en référence dans des jugements de la Cour européenne des droits de l’homme et de la Cour interaméricaine des droits de l’homme, ainsi que dans un avis consultatif de cette cour interaméricaine et dans les Constatations adoptées par le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes. L'OSF offre des boulevards de diffusion aux rapports qu'elle finance, et des perspectives de carrière dans les universités et think tanks privés. Parmi les 222 titulaires de mandats au titre des Procédures spéciales depuis 2010, il apparaît qu’au moins 52 d’entre eux ont exercé,  ou  exercent,  une  responsabilité  dans  l’Open Society  ou  dans  une  ONG  financée  par  les fondations Open Society ou Ford, tels le Center for Reproductive Rights ou le International Center for Transitional Justice.

L'ECLJ dénonce ainsi une "privatisation" et une "capture" des droits de l’homme par les ONG de la galaxie Soros.

Je voudrais ajouter quelques remarques à cela. Tout d'abord le phénomène de la privatisation des organes de l'ONU n'est pas nouveau : il y a vingt ans on reprochait déjà au tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie attaché à l'ONU d'être largement financé par des fonds privés. Le fonctionnement des institutions de protection des droits de l'homme qu'évoque le rapport de l'ECLJ a son équivalent dans le domaine de la santé, puisque les programmes opérationnels de l'Organisation mondiale de la santé, agence de l'ONU, sont largement financés par la fondation Bill and Melinda Gates.

Ensuite, si le rapport de l'ECLJ est sensible à bon droit à l'influence de Soros sur l'orientation pro-théorie du genre et anti-avortement des productions des procédures spéciales, il faudrait ajouter que le même phénomène se produit en matière de pressions géopolitiques (notamment anti-russes et anti-chinoises). J'avais signalé par exemple en novembre 2019  à propos du Xinjiang l'utilisation déloyale par la presse occidentale d'un rapport du Comité de l’ONU pour l’élimination de la discrimination raciale, attribué à tort au Conseil des droits de l'homme, qui se fondait sur des rapports mal sourcés d’un groupe d’opposition chinois le CHRD étroitement lié à des activistes pro-américains en exil et payé par les fonds washingtoniens du National Endowment for Democracy (largement abondé par des organismes privés).

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L'assassinat du président haïtien est-il lié à la dictature sanitaire mondiale ?

17 Juillet 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #coronavirus-vaccination-big pharma, #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous

On a déjà insisté sur les décès suspects de deux présidents africains résistants à la dictature sanitaire de l'OMS : les présidents du Burundi et de  Tanzanie, certains se demandent aujourd'hui si la mort le 8 juillet dernier du président haïtien Jovenel Moïse n'est pas, elle aussi, liée à la dictature sanitaire.

Le Pentagone à Washington a récemment admis qu'une partie des 28 assassins (26 Colombiens et 2 Américains) avaient reçu un entraînement militaire américain.

Dès le 10 juillet en effet, le quotidien français de l'oligarchie, Le Monde, (il ne fut bien sûr pas le seul) titrait « Haïti n’a toujours pas inoculé le moindre vaccin, et ça, c’est très inquiétant ». Selon des chiffres non vérifiables 500 personnes mourrait en ce moment du Coronavirus en Haiti en ce moment (alors que la mortalité habituelle dans le pays est de 200 personnes par jour).

Aujourd'hui la mouvance Qanon essaie de relier l'assassinat aux activités de la Fondation Clinton dans le pays depuis 20 ans (et de possibles trafics d'enfants), oubliant au passage que l'expulsion de l'ambassadeur américain en février 2019 par le président Moïse eut lieu sous le mandat de Trump, mais il est vrai que cet ambassadeur, Paul Altidor, était sans doute lié à l'Etat profond américain puisqu'il avait présidé une fondation conjointe Bush-Clinton pour Haïti avant d'être diplomate). L'accusation est si facile qu'elle est récupérée par la grande presse pour "debunker" toute prétention à enquêter sur les causes profondes de cette opération. Se peut-il qu'une fois de plus Qanon soit un écran de fumée pour dissimuler les vrais problèmes, à savoir la dictature de Big Pharma ? Le président Moïse, prenant exemple sur Madagascar (qui elle aussi résiste beaucoup à l'OMS) avait refusé en mai le vaccin AstraZeneca. Il était très lié à son homologue malgache Andry Rajoelina. En mai 2020 il avait fait importer le médicament Covid-Organics à base d'artemisia après une vidéo-conférence avec ce dernier, malgré l'hostilité des lobbies pharmaceutiques à l'égard de ce médicament.

 

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Tensions en Mer noire

7 Juillet 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Peuples d'Europe et UE, #Le monde autour de nous

Le 21 juin dernier le HMS Defender de la Royal Navy britannique , un destroyer de classe Daring Type-45 s'est approché d'une importante base navale russe, constituant ainsi un danger direct pour la sécurité nationale de ce pays, et provoquant un incident diplomatique de plus (on se demande bien ce qui se passerait si la marine russe de livrait à des exercices militaires de ce type à proximité de la rade de Brest !). Aujourd'hui un patrouilleur espagnol est entré dans la Mer Noire. Et hier soir deux chasseurs Su-30 ont décollé mardi pour empêcher un Boeing P-8 Poséidon d'entrer illégalement dans l'espace aérien russe. Les médias chinois préviennent que les États-Unis feraient face à un « cauchemar absolu » s'ils s'aventuraient à entrer en conflit avec la Chine et la Russie.

En 2019 un sondage effectué par le think tank EFCR montrait qu'en cas de guerre entre Washington et Moscou la plupart des opinions publiques d'Europe seraient pour la neutralité.

 

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Pérou : la victoire de la gauche entravée

5 Juillet 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #La gauche, #Le monde autour de nous, #Christianisme

Les sympathisants de la candidate de droite Keiko Fujimori ont de nouveau manifesté ce week-end pour exiger de nouvelles élections au Pérou et empêcher la proclamation présidentielle du candidat de la coalition socialiste Pedro Castillo, vainqueur des dernières élections avec quelques dizaines de milliers de voix d'avance.

Les partisans de la candidate battue se sont mobilisés aujourd'hui, dimanche 4 juillet, à l'appel de la Fuerza Popular et ont défilé jusqu'au Palais du Gouvernement pour présenter leurs revendications et protester contre le refus de sa demande d'audit international sur le second tour de l'élection présidentielle. Le 28 juin, le candidat de Fuerza Popular a écrit une lettre au chef de l'État péruvien, lui demandant d'intercéder auprès de l'Organisation des Etats d'Amérique (à la botte des Etats-Unis) à cette fin, après avoir allégué l'existence d'une fraude. Les deux camps entretiennent une mobilisation dans la rue, qui pourrait dégénérer en guerre civile, si l'oligarchie locale n'accepte pas l'option Castillo. La presse mondialiste pour sa part soupçonne le nouveau président de cultiver une position conservatrice sur la question LGBT, en soulignant d'ailleurs que son épouse et ses filles sont converties à l'évangélisme, et souverainiste sur le plan économique et sur la question des migrations, et elle s'inquiète d'une possible réforme de la constitution sur le modèle chilien.

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"L'empire américain est une malédiction pour le monde" (Ortega)

25 Juin 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #La gauche, #Débats chez les "résistants", #Le monde autour de nous, #Les Stazinis

Le Nicaragua, petit pays sous sanctions économiques, à quelques mois des élections présidentielles du 7 novembre prochain, est, une fois de plus, comme dans les années 1980, et comme lors de l'insurrection de 2018, l'objet d'ingérences impériales multiples, et de désinformation dans la grande presse occidentale. Même si l'on peut avoir des réserves sur son approche des grands thèmes mondialistes (terreur climatique, politique du genre, vaccination anti-Covid) on ne peut nier que le régime sandiniste au pouvoir depuis 2007 a apporté à son peuple la santé et l'éducation gratuites, l'électricité et Internet pour tous, etc. Ci-dessous un bon discours (hélas seulement en espagnol) du président Ortega du 23 juin dernier et un bon documentaires de Dan Kovalik sur la situation du pays.

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Transnistrie, Biélorussie : échange avec un reporter

21 Juin 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Transnistrie, #Le quotidien, #Peuples d'Europe et UE, #Colonialisme-impérialisme, #coronavirus-vaccination-big pharma

Je déjeunais tout-à-l'heure avec un jeune reporter free lance, collaborateur occasionnel du Monde Diplomatique, qui a emprunté à son tour, 14 ans après moi, le chemin de la Transnistrie - Novosti PMR, le journal local transnistrien lui avait consacré un article élogieux le 21 mai, il y a un moi, voyez ici, ça peut très bien se lire avec le traducteur automatique de Google. Il a mené une enquête auprès de la jeunesse transnistrienne sur leur conception de l'identité de leur pays. A priori tous sont loyaux à l'Etat transnistrien, mais trouveraient plus confortable que leur pays devienne une région autonome de la Moldavie, comme la Gagaouzie... Rien de très nouveau de ce point de vue par rapport à 2007.

Ce journaliste me disait qu'il avait l'impression d'un niveau de vie similaire dans les villages transnistriens et dans les villages moldaves. Il m'a expliqué que le gouvernement moldave devait accorder des subventions spéciales aux habitants des bourgs frontaliers pour que leurs habitants ne s'installent pas de l'autre côté du Dniestr où par exemple le prix de l'électricité est sensiblement plus cher. D'après lui la gauche serait en passe de remporter les élections en Moldavie, confirmant le mouvement de balancier dans ce pays entre pro-européens et pro-russes. Le journaliste m'a dit avoir été étonné de constater que la Moldavie ne donnait pas une impression d'échec économique comparable à l'Albanie.

Nous avons aussi échangé sur la Biélorussie qu'il connaît bien, et l'affaire du détournement de l'avion de Ryan Air qu'on évoquait récemment sur ce blog. Il attirait mon attention sur le fait qu'il y avait eu en fait deux mails du Hamas, dont un adressé aux Lituaniens avant que l'avion ne soit contraint de se poser à Minsk. Donc que les mails soient faux ou pas, le timing n'est pas exactement celui décrit par les journalistes du Spiegel, et l'hypothèse d'un coup monté contre Loukachenko tient la route, d'autant que lorsque le journaliste Protassevitch, il était perdu dans la foule, des photos le montrent, et les autorités biélorusses ne savaient même pas qu'il était à bord. Je lui ai signalé que le président russe Vladimir Poutine dans une interview à NBC la semaine dernière avait lourdement incité les journalistes occidentaux à questionner le pilote plutôt que de répéter bêtement la propagande du Département d'Etat américain. C'est effectivement du bon sens.

Sur les relations biélousso-ukrainiennes, Loukachenko, m'apprenait mon interlocuteur, a pris langue avec la République de Lougansk (ce qui pourrait valoir début de reconnaissance) et l'a autorisée à enquêter à Minsk sur les activités de Protassevitch dans le cadre du bataillon néo-nazi Azov dans le Donbass... Une affaire qui n'arrangera pas forcément ses parrains occidentaux...

A propos de la gestion de la crise du Covid par Loukachenko, le reporter me faisait savoir que grâce au bon système de santé biélorusse, les patients bénéficiaient d'une bonne prise en charge dans les hôpitaux, avec même des ambulances qui venaient les chercher chez eux, et que la politique des masques avait été comparable à celle en vigueur à Berlin (masques en intérieur mais jamais à l'extérieur), d'autant que la Biélorussie dès le début de l'année s'étaient mis à en fabriquer (là bas on n'hésitait pas à réquisitionner les usines, ce que la France n'avait pas osé faire) de sorte qu'il y avait eu assez peu de morts, et sans confinement...

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Meurtre d'une militante kurde en Turquie : le HDP sous pression

20 Juin 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #La gauche, #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous

Il y a trois jours (le 17 juin) la militante kurde Deniz Poyraz, 28 ans, a été assassinée de six balles dans le siège de son parti (le HDP - Parti démocratique des peuples) à Izmir (Smyrne) où elle prenait son petit déjeuner par le mercenaire d'extrême droite Onur Gencer, qui a photographié son corps  gisant dans une mare de sang et l’a partagée sur WhatsApp accompagnée du mot « leş 1 » (cadavre 1). Il pensait tuer d’autres militants car une réunion avec les membres du parti avait été prévue puis annulée en dernière minute. La police turque qui surveille les locaux n'est pas intervenue. Gencer avait partagé sur Instagram des photos de lui tenant des armes de plusieurs calibres qu’il avait utilisées en Syrie. Dans ses deux dernières publications qu’il avait partagées hier, il disait que les Kurdes étaient des rejetons d’Arméniens et qu’il allait nous faire vomir du sang.

Deniz Poyraz était issue d'une famille de militants. Trois de ses huit frères et soeurs sont prisonniers des geôles turques. ll y a quelques années elle manifestait en hommage à la militante Dîlan Kortak (19 ans) assassinée par la police le 3 décembre 2015 à Istanbul. Elle l'a maintenant rejointe.


Le chauffeur de taxi qui a été déposé Gencer quelques minutes avant son attaque meurtrière a témoigné à la police vendredi, et a déclaré que le tireur était un de ses clients réguliers. Gencer se rendait fréquemment dans un hôtel de Balçova, à Izmir, dirigé par le gouverneaur de la province et dans les bureaux du HDP. Il fréquentait aussi des membre du Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir au stand de tir dirigé par un membre d'une émanation de l'AKP, le "Mouvement de la société civile".

Les rassemblements rendant hommage à Deniz Poyraz ont été brutalement réprimés par les autorités.  Des membres des collectifs kurdes affirment que des femmes sont assassinées chaque jour en Turquie à cause de leurs opinions politiques.

Ce n’est pas la première fois que les bureaux du HDP sont ciblés. Juste après les élections générales de juin 2015, puis à nouveau en 2016, des centaines de leurs bureaux, dont le siège à Ankara, ont été attaqués par des foules racistes, et beaucoup ont été incendiés.

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La Corée du Nord en grande difficulté

18 Juin 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #coronavirus-vaccination-big pharma, #Le monde autour de nous

Le Comité international olympique a fait savoir en avril dernier que les athlètes nord-coréens ne participeraient pas aux Jeux olympiques d'été de Tokyo. Selon Evgenyi Kim de l'Institut d'études sur l'extrême orient de Moscou cité aujourd'hui par le journal Pravda.ru, cette décision serait inspirée par la crainte du coronavirus. Le pays traverse une grave crise économique.  Le leader Kim Jong Un mardi dernier devant le comité central du Parti des travailleurs a reconnu que la situation alimentaire dans le pays devenait " tendue " en raison des typhons survenus à l'été 2020, une situation qui rappelle la grande famine des années 1990 laquelle aurait tué 600 000 personnes, problème qui s'ajoute aux sanctions économiques imposées par le conseil de sécurité de l'ONU, entravant les exportations du pays (charbon, textile, acier etc) et limitant son accès aux approvisionnements pétroliers. Le kilo de bananes se vend à 30 euros (soit la quasi-totalité du salaire mensuel d'un ouvrier de l'industrie) à Pyongyang, ville pourtant très privilégiée par rapport au reste du pays. Pour Evgenyi Kim, le pays qui s'est totalement fermé au reste du monde depuis la crise du Covid (seules les importations de Chine ont repris en mai) n'a pas les moyens d'acheter de vaccins, et bien que les autorités prétendent que le pays n'aurait pas été touché par l'épidémie, celle-ci ralentit aussi l'économie ne serait-ce que du fait des mesures préventives (de quarantaine) adoptées. La Corée du Sud a proposé de donner des vaccins qu'elle a achetés, mais Pyongyang se méfie (à juste titre). Les vaccins AstraZeneca, Moderna et Pfizer ont fait chacun officiellement un mort en Corée du Sud ce mois-ci du fait des effets secondaires et Pyongyang redoute que ce soient les doses de plus mauvaise qualité qui lui soient envoyées.

La fermeture du pays suite à l'épidémie (avec notamment le départ des travailleurs étrangers et des ONG), les inondations du mois d'août et les sanctions occidentales plongent les 25 millions de Nord-coréens dans une situation des plus précaires, qu'hélas aucune action de solidarité ne peut soulager, sauf celle consistant à faire pression sur nos gouvernants pour qu'ils demandent à Bruxelles, à Washington et à l'ONU une levée des sanctions économiques.

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L'affaire du détournement de l'avion de Ryan Air à Minsk

27 Mai 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE, #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous

Toutes les occasions sont bonnes pour faire pression sur le régime du président biélorusse Loukachenko et ainsi, indirectement, sur la Russie. Les Occidentaux en tiennent une autre depuis que son gouvernement a détourné le 23 mai un vol civil de Ryan Air reliant Athènes à Vilnius et l'a forcé de se poser vers Minsk, sous prétexte d'alerte à la bombe (à bord du Boeing se trouvait  Roman Protassevitch, journaliste d’opposition, naguère employé par Euradio financée par la Pologne et la Lituanie et par Radio Liberty financée par la CIA, et membre de la milice d'extrême droite "Détachement Pahonia" qui a combattu aux côtés des néo-nazis du bataillon Azov en Ukraine).

Version des faits du président Loukachenko devant la commission constitutionnelle du parlement biélorusse hier : "Le signalement d'un avion civil, qui volait d'Athènes à Vilnius le 23 mai, transportant une bombe avait été reçu de la Suisse. Le message est arrivé aux aéroports d'Athènes, Vilnius et Minsk en même temps. La partie biélorusse a rapidement communiqué l'information à l'équipage de l'avion conformément aux règles internationales. - À ce moment-là, l'avion a traversé la frontière de la Biélorussie et se trouvait dans notre espace aérien. Nous avons apporté cette information aux pilotes de l'avion et avons dû la publier. L'équipage a eu le temps de prendre une décision. Nous avions 123 passagers de différents pays et six membres d'équipage menacés dans les airs. La centrale nucléaire BelNPP est située dans la zone de vol. A son approche l'avion a dû faire un demi-tour . Et si du coup ... N'en avons-nous déjà pas eu assez de Tchernobyl? Et comment les États-Unis réagiraient-ils devant une telle situation, compte tenu de leur triste expérience?  Et comprenez une chose simple: si l'avion était miné et que les terroristes voulaient le faire exploser, nous ne pouvions rien faire mais je ne pouvais pas laisser l'avion tomber sur la tête de nos gens. Après ça ... On n'a pas oublié ... Ces deux gars sont morts en emportant l'avion loin des immeubles résidentiels. Par conséquent, ne me faites pas de reproches. J'ai agi légalement pour protéger mon peuple. Cela continuera à être ainsi...

Nous avons agi dans le strict respect des règles de sécurité aérienne. Ceci est reconnu par les spécialistes et les experts. Mais la décision n'a pas été prise par nous. Selon toutes les règles et instructions, la décision est prise par le commandant d'équipage, et nous avons offert de l'aide. Le commandant d'équipage a réfléchi pendant un quart d'heure, a consulté les propriétaires (nous le savons) et le personnel de l'aéroport de Vilnius. Laissez-les publier ces données. Nous ne sommes pas censés les publier. Pouvez-vous imaginer, 15 minutes dans une telle situation (peut-être même plus), il a appelé et consulté".

La Biélorussie est accusée d'avoir envoyé un avion de combat, prétendument pour le forcer à atterrir. Alexander Loukachenko a déclaré que ces insinuations sont un mensonge absolu:

 Il y a bien sûr maintenant dans la presse biélorusse un examen serré des éléments de preuve avancés par le gouvernement.

Le centre Mikhail Khodorkovsky (lié à l'oligarque opposant de Poutine en collaboration The Daily Beast et Der Spiegel) a examiné une copie présumée d'un e-mail (cf article de Nadezhda Belyanskaya  sur Pravda Radio/Radio Vérité) envoyé le 23 mai par un soi-disant "représentant du Hamas ("Ahmed_yurlanov1988@protonmail.com) à l'aéroport de Minsk ainsi rédigé "Nous, soldats du Hamas, exigeons qu'Israël adopte un cessez-le-feu à Gaza. Nous exigeons que l'Union européenne arrête de soutenir Israël dans cette guerre. Nous savons que les participants du forum économique de Delphes rentrent chez eux le 23 mai par le vol FR4978. Une bombe a été installée dans l'avion. Si vous ne satisfaites pas cette demande, la bombe explosera le 23 mai au dessus de Vilnius". Mais l'heure  de l'envoi, 12h57, ne colle pas avec l'heure de notification à l'équipage de la menace d'explosion le 23 mai à 12h33 et aux aéroports lituaniens à 12h25.

Le Hamas a démenti l'information. Et le président Loukachenko lui-même a fait marche arrière, devant le parlement en disant :"Le Hamas, pas le Hamas - cela n'a pas d'importance aujourd'hui." Il a en revanche précisé que le message sur la bombe était venu de Suisse.

Les Occidentaux se lancent maintenant dans une escalade de sanctions contre la Biélorussie, laquelle menace en retour de stopper le transit gazier vers l'Ouest. Son président devant le Parlement a souligné une fois de plus la vocation eurasiatique de la Biélorussie tournée vers Moscou et Pékin (comme le président serbe Milosevic en 2000 faisait l'éloge du soutien chinois). Mais des observateurs soulignent que la Chine qui souhaite utiliser la Biélorussie comme porte d'accès à l'Europe pourrait pâtir du durcissement des rapports entre Minsk et Bruxelles, tout comme d'ailleurs la Russie.

Le blogueur Protassevitch a reconnu être responsable de l'appel à des manifestations  "à caractère insurrectionnel" et sa compagne de nationalité russe elle aussi arrêtée d'avoir publié des données sur des agents des forces de l'ordre, délit qui est aussi passible de poursuites en Russie.

Les Occidentaux n'avaient pas eux aussi hésité à détourner un avion de ligne (celui qu'empruntait le président bolivien Evo Morales) en 2013 quand ils soupçonnaient Julian Assange d'être à son bord.

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La Tanzanie bascule dans le camp des pro-vaccination Covid 19

17 Mai 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #coronavirus-vaccination-big pharma, #Colonialisme-impérialisme, #Débats chez les "résistants", #Le monde autour de nous, #Bill Gates

Comme on pouvait le deviner, après le possible assassinat de son président de la République John Magufuli, la Tanzanie tombe dans l'escarcelle des lobbys pharmaceutiques planétaires. L'équipe spéciale d'experts formée le mois dernier par la nouvelle présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan pour évaluer la pandémie de COVID-19 dans le pays vient de remettre leur rapport appelant les autorités à lancer une campagne de vaccination. Déjà des voix s'élèvent pour demander la démission de la ministre de la santé Dorothy Gwajima qui avait mis en oeuvre la politique du président décédé fondée sur le refus des test PCR et des vaccins et le choix de médecines naturelles. Tout indique que la nouvelle présidente suivra l'avis de ce comité d'expert visiblement désigné pour enterrer la politique de résistance de feu Magufuli.

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