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Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #colonialisme-imperialisme tag

Tour d'horizon

24 Janvier 2023 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Espagne, #Peuples d'Europe et UE, #Colonialisme-impérialisme, #coronavirus-vaccination-big pharma, #Revue de presse, #Le monde autour de nous

Début d'année assez difficile pour les peuples.

Les responsables du "Big five" (les grandes puissances occidentales) débarquent à Belgrade pour dire aux Serbes "Reconnaissez le Kosovo, laissez le entrer à l'ONU, ou nous retirons nos investissements de chez vous". Le président de ce pays lance des appels pathétiques pour dire qu'on l'étrangle à la table des négociations (il est même allé à Davos, certains estiment qu'il en fait trop). Au Nord-Est de l'Europe l'Estonie menace de bloquer Saint Petersbourg en modifiant sa frontière, et les fous furieux polonais ainsi que Washington pressurisent Berlin pour les livraisons de chars Léopard. Macron bien sûr n'a rien à dire, sauf qu'il est d'accord pour débloquer un projet d'approvisionnement en hydrogène de l'Europe du Sud-Ouest.

L'Union européenne se tire plutôt bien pour l'instant sur le plan énergétique de son engagement délirant en Ukraine grâce aux températures hivernales clémentes de début janvier, mais tout repose sur le charbon et sur des contrats gaziers à court terme (donc les prix resteront volatiles)

On assiste à un intéressant rapprochement par delà le clivage droite-gauche : le premier ministre croate de gauche soutient Orban à Budapest contre l'Union européenne. Tandis que les alliés de Washington, eux, jouent des coudes pour profiter des tensions Est-Ouest : la Bulgarie qui revend son pétrole (russe, raffiné par Loukoil) à Kiev, l'Albanie qui crée son petit Kosovo en Epire.

On suit avec intérêt le déclin de la présence française en Afrique (Ouagadougou met fin aux opérations des forces spéciales de l'ancienne puissance coloniale) et le déplacement de Lavrov en Afrique du Sud (qui provoque une levée de bouclier de  l'opposition dans ce pays), avec un projet d'entrainement militaire russo-chinois au large du Cap. Egalement la réunion de la Celac en Argentine, organe à l'origine anti-impérialiste, mais auquel le président argentin a convié Biden par vidéo (et des hauts fonctionnaires américains seront présents). Diaz-Canel de Cuba (au fait, je serai bientôt dans ce pays), Lula et quelques autres y seront : au menu le développement d'une monnaie régionale le "Sur".

Sur l'Asie je recommande cette petite interview de Cao de Benos sur la Corée du Nord, y compris la 31ème minute où il dit que le sécessionnisme catalan était très soutenu par Israël (je l'avais signalé dans mon livre sur les régimes populistes).

En Europe les socialistes espagnols s'accrochent à leur culte de Moloch en faisant barrage à Vox qui voudrait que les femmes avorteuses puissent entendre le battement de coeur de leur bébé comme en Hongrie.

Au niveau social, il y a 6 mois le système médiatique délirant voulait nous faire paniquer pour une "variole du singe" ultra-minoritaire. Cet hiver tout le monde a des virus plus baroques les uns que les autres. Certains (pourtant jeunes) sont terrassés par des grippes qui les conduisent même à l'hôpital. Mais les médias n'en disent rien. Allez comprendre...

Une bonne nouvelle en France : alors que Micron déjeune avec les dix principaux éditorialistes pour leur dicter leurs éléments de langage, la mobilisation massive pour la sauvegarde de la retraite à 62 ans. Pourvu que cela se confirme...

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Répression contre la gauche et le peuple au Pérou

17 Décembre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche, #Les Stazinis, #Colonialisme-impérialisme

Je vous conseille de regarder cette très bonne vidéo de Ben Norton sur Multipolarista, qui explique que, quand bien même il existerait un doute sur le plan juridique, quant à la question de savoir si les conditions étaient réunies pour que le président de gauche Pedro Castillo tente de dissoudre le parlement, le 7 décembre dernier, la veille même l'ambassadeur des Etats-Unis à Lima, Lisa Kenna, qui a travaillé pendant 9 ans comme officier de la CIA avait rencontré le ministre du pays, préparant ainsi la destitution du président, de sorte que ce dernier était en légitime défense. Le Parlement dominé par la droite financée par les oligarques, qui, selon les enquêtes d'opinion, est largement discrédité dans le pays, n'avait aucune base constitutionnelle pour destituer le président.

Les autres gouvernements de gauche latino-américains (à l'exception du Chili) ont condamné le coup d'Etat du parlement et les partisans du président de gauche, notamment les paysans indiens des Andes (qui ont subi des siècles d'humiliation et une stérilisation forcée), les mineurs et les ouvriers se mobilisent pour soutenir Castillo aujourd'hui en prison. Du coup, ils subissent une répression militaire très violente alors que les pays occidentaux ont reconnu à tort la nouvelle présidente (une politicienne opportuniste qui était vice-présidente de Castillo (une ancienne élue socialiste qui avait été expulsée de son parti en janvier dernier et en avait renié les valeurs). La droite n'a aucune légitimité pour diriger le pays explique Norton, et ceux qui soutiennent ce nouveau régime fantoche au nom d'une soi-disant "démocratie" trompent l'opinion publique mondiale.

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Réunion de la Conférence des Peuples ouest-africains au Ghana

14 Décembre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche, #Colonialisme-impérialisme, #Débats chez les "résistants"

150 militants issus de partis politiques, de syndicats, d'organisations communautaires, de groupes de femmes et d'autres mouvements sociaux notamment de 16 pays d'Afrique de l'Ouest se sont réunis à Winneba, au Ghana, du 8 au 10 décembre pour élaborer une stratégie commune de lutte dans le cadre de la Conférence des Peuples ouest-africains pour un nouveau monde. La conférence s'est ouverte sous la présidence de Philippe Noudjenoume, premier secrétaire du Parti communiste du Bénin et chef du Comité préparatoire intérimaire de la conférence, qui a invoqué l'esprit du premier Premier ministre du Ghana et icône du panafricanisme, Kwame Nkrumah qui avait déclaré en son temps que l'indépendance du Ghana n'avait de sens que lorsqu'elle était liée à la libération totale du continent africain. Il positionne le combat panafricaniste à la fois contre le djihadisme et contre l'OTAN.

Philippe Noudjenoume, natif de la sous-préfecture d'Athiémé Iokassa, au sud-ouest du pays, est diplômé de droit public de la Sorbonne. Il a été parmi les fondateurs sous la direction de Pascal Fantodji en 1977 du Parti communiste du Bénin, parti clandestin sous la dictature marxisante de Mathieu Kérékou (et qui se disait alors pro-albanais). Le PCB a refusé la nouvelle constitution du Bénin dans les années 1990 et en 2011 Noudjenoume n'a pu présenter sa candidature à l'élection présidentielle.

Avant la conférence, dans une interview à Peoples Dispatch, le journaliste Kwesi Pratt Jnr., secrétaire général du Mouvement socialiste du Ghana, avait déclaré que les délégués examineraient les facteurs qui ont conduit au sous-développement de la région, ainsi que les moyens de mobiliser les peuples d'Afrique de l'Ouest pour s'assurer qu'ils peuvent contrôler leurs propres ressources. Il a noté que la réunion avait lieu à un moment où la métropole capitaliste tentait de provoquer la Russie et la Chine dans une guerre thermonucléaire qui aurait des conséquences dévastatrices. Dans ce contexte, a-t-il dit, la conférence serait solidaire des victimes de l'impérialisme et chercherait à renforcer le mouvement pour la paix.

Des diplomates de Palestine, du Sahara occidental, d'Algérie, d'Iran et de Russie, entre autres, étaient également présents à la conférence inaugurale. La conférence a aussi rendu hommage au juge récemment décédé Akuffo Hanaku directeur du département des relations internationales du Mouvement socialiste du Ghana.

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La censure des réseaux sociaux en débat en Afrique de l'Est

14 Décembre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Débats chez les "résistants", #Les Stazinis, #Le monde autour de nous

Une organisation non gouvernementale (ONG) kényane et deux particuliers éthiopiens ont porté plainte, ce 14 décembre à Nairobi, au Kenya, contre la maison mère de Facebook et Instagram pour n'avoir pas retiré à temps des discours haineux de leur plateforme. Un des plaignants est un universitaire éthiopien d’origine tigréenne, Abrham Meareg, dont le père, Meareg Amare, professeur de chimie à l’université de Bahir Dar (capital de la région Amhara où les Tigréens sont une minorité) a été abattu le 3 novembre 2021 à la suite de publications calomnieuses. Un autre plaignant est un membre éthiopien d’Amnesty International, Fisseha Tekle, vivant au Kenya depuis 2015.

 

Abrham Meareg est aujourd'hui réfugié à Minneapolis (USA), après un passage par la France. Une page Facebook appelée "BDU Staff" (qui n'a en fait rien à voir malgré les apparences avec l'université), qui compte 50 000 abonnés, a publié une photo de son père le 9 octobre 2021, disant qu'il se "cachait" à l'université et avait "commis des abus". Le lendemain, un autre message a été publié dans le même groupe. Celui-ci présentait également la photo du père de Meareg ainsi que le quartier où il vivait à Bahir Dar. Et cela comprenait de nombreuses fausses déclarations sur son père sur sa participation prétendue à des massacres, sur sa prétendue fuite aux Etats-Unis (alors qu'il était seulement à Addis-Abeba pour s'occuper de proches malades du Covid). Meareg a déclaré avoir signalé les deux messages immédiatement après avoir été alerté par un ami, mais Facebook n'a pris aucune mesure avant le meurtre de son père. Le premier de ces messages est resté en place le 8 décembre. Facebook a supprimé l'autre message, selon les documents. 

Dans un pays comme l'Ethiopie (120 millions d'habitants) où presque tout le monde a un smartphone et un compte sur Facebook, les réseaux sociaux jouent un grand rôle. La femme du professeur décédé (qui ne sait même pas où son mari est enterré) a expliqué à la correspondante washingtonienne de Die Zeit , Kerstin Kohlenberg, dépêchée sur place, dans quelle angoisse elle avait vécu quand elle a su que cette page Facebook se déchaînait contre son mari dans le contexte de guerre civile. "Après le déclenchement de la guerre, les voisins (amharas) ont cessé de nous dire bonjour. Quand nous nous croisions, ils devenaient soudainement silencieux"... C'étaient nos amis ! Elle a demandé à son mari de rester à Addis pendant un certain temps. "Mais Meareg ne voulait pas. Il a dit que de toute façon il n'était pas engagé politiquement." La journaliste qui a interrogé une employée de la plateforme Facebook à Nairobi précise que ces employés gagnent 800 euros par mois et ont 50 secondes pour décider sur chaque demande de retrait de contenu.

"Il serait facile, accuse la journaliste, de supposer que Facebook se noie simplement sous le flot de publications. Mais un document de l'ancienne employée de Facebook et dénonciatrice Frances Haugen montre que la plateforme sait exactement qui a alimenté le conflit en Éthiopie. DIE ZEIT est en possession du document, qui était uniquement destiné à un usage interne chez Facebook et n'a jamais été destiné à être publié. Il décrit un réseau de comptes Facebook avec une chose en commun : ils sont tous connectés à la milice Fano. Ce réseau, indique le document, "fait la promotion de l'incitation à la violence et des discours de haine en Éthiopie".

Malgré sa prise de conscience, Facebook n'a vu aucune raison de supprimer les comptes."

Elle allègue aussi l'existence de documents selon lesquels "Mark Zuckerberg est cité comme disant qu'il prend en charge des algorithmes supplémentaires pour supprimer, ralentir la propagation et bloquer les contenus dangereux. Mais il revient ensuite sur sa déclaration en disant que ces algorithmes ne doivent pas affecter la croissance de la plate-forme."

L'affaire pose beaucoup de questions. A n'en pas douter le développement des réseaux sociaux nourrit effectivement une atmosphère de guerre civile. Et dans certains pays où la guerre est effective, cela provoque des morts (comme en provoquent aussi les simples diffusions de rumeurs "classiques" qui ne passent pas par les réseaux sociaux). Ici il y a quelques points un peu étranges, par delà l'émotion légitime que peut susciter la tragédie vécue par la famille Meareg : comment ce fait-il que le cas débouche sur une "class action" judiciaire ? quelles sont les forces financières qui ont accepté de le monter en épingle ? On voit que la presse libérale (centre gauche et centre droit) comme le Monde s'en emparent pour stigmatiser une fois de plus les réseaux sociaux et soulever des questions techniques sur l'usage des langues africaines.  On perçoit là une volonté d'aboutir à toujours plus de finesse dans la censure. On a déjà vu à quel totalitarisme cela aboutissait en période de Covid ou sur la question climatique. Cette flambée émotionnelle, même si elle est en partie légitime, autour du cas éthiopien n'est donc pas forcément une bonne nouvelle pour nous. Enfin une dernière question : pourquoi est-ce un journal allemand qui envoie sa correspondante aux Etats-Unis enquêter en Ethiopie, alors que d'autres officines de presse se sont contentées de recopier les dépêches ? La correspondante semble s'être spécialisée dans les articles sur Facebook. Si Die Zeit lui paye le billet d'avion, est-ce que cela peut avoir un rapport avec le fait que les Allemands sont en de moins bons termes que les Français avec Biden depuis la crise ukrainienne et le sabotage de Nord Stream 2 (comme on l'a vu avec le dernier déplacement de Macron aux USA et avec le voyage de Scholtz en Chine ? ) ? Est-ce que l'Allemagne n'en profite indirectement pas pour régler quelques comptes au passage ?

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Des nouvelles de la gauche latino-américaine

7 Décembre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #La gauche

Décidément, les mouvements de gauche accumulent les ennuis judiciaires en Amérique latine.

Au Pérou aujourd'hui,le président a été capturé pour crime de sédition après avoir quitté le palais du gouvernement avec sa famille sur le chemin de l'ambassade du Mexique où il voulait se réfugier, et après avoir annoncé la dissolution du Congrès, décrété un "gouvernement d'exception" en méconnaissance de l'article 34 de la constitution et instauré le couvre feu et la confiscation des armes. Depuis quelque temps il essayait en vain de faire adopter sa promesse électorale de réforme constitutionnelle. Triste fin pour le premier président vraiment à gauche du pays, qui aura accumulé au cours de son court mandat les compromis pour ne pas se faire destituer par un parlement de droite sans vraiment arriver à maîtriser la crise économique. Il a été en outre accusé de corruption, outil facile des opposants pour faire tomber l'adversaire.

En Argentine, ce même jour, la vice-présidente Cristina Elisabet Fernández de Kirchner est condamnée à six ans de prison, elle aussi pour corruption bien qu'elle reste protégée par son immunité parlementaire. Elle se dit victime d'une mafia judiciaire.

Néanmoins le Brésil et le Mexique, pays les plus peuplés du continent, ainsi que la Colombie, le Vénézuela, l'Argentine et la Bolivie restent à gauche (on n'ose citer le Chili dont le président a des attitudes ambiguës).

L'économiste de gauche Andrés Arauz, qui a failli remporter l'élection présidentielle équatorienne de 2021, aujourd'hui conseiller de Lula a publié un plan pour une "nouvelle architecture financière régionale" pour unir l'Amérique latine, défiant l'hégémonie du dollar.

Son plan est centré sur la création d'une nouvelle monnaie régionale pour les transactions internationales, évitant ainsi le dollar. La monnaie s'appellera le "Sur" (sud) qui sera une monnaie de commerce international intra-américain qui ne remplacera pas les monnaies locales

Déjà dans les années 2000, les présidents de gauche du Venezuela (Hugo Chávez), du Brésil (Lula da Silva), de l'Argentine (Néstor Kirchner et Cristina Fernández de Kirchner), de la Bolivie (Evo Morales), de l'Équateur (Rafael Correa) et du Paraguay (Fernando Lugo ) avaient envisagé de créer des institutions financières alternatives pour défier la Banque mondiale et le FMI, dominés par les États-Unis.

Mais la déstabilisation de plusieurs gouvernements de gauche a fait échouer le projet  : un coup d'État militaire au Honduras en 2009, un coup d'État judiciaire au Paraguay en 2012, un coup d'État politique en Équateur en 2017, deux coups d'État plus doux au Brésil en 2016 et 2018 et un coup d'État violent en Bolivie en 2019, ainsi que de nombreuses tentatives de coup d'État manquées au Venezuela et au Nicaragua.

Ces attaques américaines et la montée de la droite qui s'en est suivie ont également conduit au sabotage d'un autre instrument clé de l'intégration régionale, l'Union des nations sud-américaines (UNASUR).

Alors que la Banque du Sud était censée intégrer la région économiquement, l'intégration politique était supervisée par l'UNASUR, créée dans un traité de 2008 qui devait soutenir le projet mais dont les dirigeants de droite du Brésil, d'Argentine, de Colombie, du Chili, du Pérou et du Paraguay se sont retirés. L'effondrement de l'Alliance bolivarienne - ALBA - qui avait pourtant créé sa propre monnaie pour le commerce interétatique dans la région, le Sucre a aussi ruiné le projet.

Le sous-continent pourrait maintenant se donner une seconde chance.

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Manifestations anti-dictature sanitaire en Chine : contre certaines caricatures

29 Novembre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Débats chez les "résistants", #Colonialisme-impérialisme, #coronavirus-vaccination-big pharma

J'ai critiqué souvent la dictature sanitaire en Chine, le crédit social chinois, la sympathie de Klaus Schwab, Rishi Sunak et Bill Gates pour ce modèle etc. Pour autant il faut éviter de verser dans la caricature et je note un fil de discussion intéressant sur Twitter d'un entrepreneur français, et tour operator, Arnaud Bertrand, qui incite à se méfier de l'enthousiasme actuel de nos médias pour la vague de manifestations contre la politique du "Zéro Covid" qu'aurait déclenchée la nouvelle d'un incendie mortel survenu jeudi 24 novembre à Urumqi, capitale de la province chinoise du Xinjiang, incendie sur lequel les pompiers n'auraient pu intervenir à cause des règles sanitaires.

"Un aspect intéressant des manifestations en Chine, écrivait-il le 28 novembre, est qu'elles brisent plusieurs mythes persistants sur le pays.

1) Les Chinois ne peuvent pas protester. Il y a en fait des centaines, voire des milliers de manifestations en Chine chaque année. La visibilité de ces manifestations particulières qui ont lieu à plusieurs endroits, ce qui montre que contrairement à ce qui se dit, les gens en Chine protestent

2) la Chine serait un Etat policier. Toutes les vidéos circulant sur Twitter de personnes  se disputant avec des policiers, montrent qu'il y a en fait très peu peur de la police en Chine.

Quelque chose qui m'a vraiment surpris quand je suis arrivé dans le pays  (les Chinois sont plus agressifs avec les policiers que dans la plupart des autres pays) : Une fois à Tianjin, j'ai même entendu un policier dire à une femme "si tu mords encore la police, tu seras arrêtée !"

3) Les Chinois ne savent pas ce qui se passe dans leur propre pays. C'est l'un des mythes les plus stupides : mon expérience est que les Chinois sont en fait beaucoup plus conscients de ce qui se passe en Chine que les étrangers !

Bien que les informations officielles aient démenti la thèse que les pompiers ont été délibérément empêchés d'intervenir, c'est l'information qui s'est répandue partout en Chine presque instantanément. Cela démontre qu'il existe des réseaux d'information étendus qui atteignent l'ensemble de la population même si les informations en question ne concordent pas avec les médias d'État.

4) Le gouvernement chinois a le « contrôle total » de la population : score de crédit social, bla bla bla.

Pour la énième fois, le score de crédit social est un mythe, et non, évidemment, le gouvernement chinois n'a pas le contrôle total de la population. Si les gens sont largement en désaccord avec quelque chose comme c'est de plus en plus le cas avec le zéro covid, la situation peut évidemment vite devenir insoutenable pour le gouvernement

5) Cela détruit également le mythe selon lequel, au cours des 30 dernières années, il y avait beaucoup de colère réprimée et cachée contre le gouvernement en Chine De nombreuses études, comme celle de Harvard , ont montré que c'était totalement faux mais ce mouvement de protestation le démontre aussi : si le peuple chinois pouvait en fait protester depuis le début, si la Chine n'est pas un État policier, si le gouvernement ne le fait pas...

6) Enfin et surtout, cela montre qu'on vous a largement menti à propos de la Chine, que l'image dominante - un monstre sombre d'un gouvernement avec une population complètement lavée de cerveau et sous leur contrôle total - est loin de la réalité qui est évidemment beaucoup plus nuancé.

Cela ne veut pas dire que le gouvernement chinois est impuissant. La Chine a un État très fort, cela ne fait aucun doute.

Mais il est loin d'être tout-puissant et, surtout, il repose sur la satisfaction du peuple, comme l'histoire de la Chine l'a prouvé à maintes reprises."

Un citoyen britannique confirme : "Pendant que je vivais à Shanghai, je peux confirmer que j'ai été témoin de nombreuses manifestations, toutes sans violence. Je n'ai jamais vu de policiers en tenue anti-émeute."

Le coopérant américain Noah Skocilich confirme aussi  : "J'ai vécu en Chine continentale pendant la majeure partie de 2005 à 2017 et tout ce que vous avez dit ici correspond à mon expérience."

Concernant les manifestations actuelles, un certain "The Sky's the Limit" ajoute :

"J'aimerais ajouter quelques points supplémentaires.

1. Premièrement, les manifestations à Shanghai se déroulent près de chez moi. Les manifestants ne sont pas des Shanghaiens, mais des Taïwanais et des Hongkongais favorables à la souveraineté vivant à Shanghai. Le plan est de transformer Shanghai en un autre Hong Kong. Il y a une organisation derrière tout ça.

La colère des gens n'est pas sans raison. Les circonscriptions locales ont un pouvoir dérisoire et ce sont elles qui conspirent contre le gouvernement central,/2 aidé et encouragé par l'argent offshore. Ces circonscriptions ont aggravé la situation plusieurs fois dans l'espoir de galvaniser le soutien contre le gouvernement central. Il semble qu'ils aient obtenu un certain succès dans ce domaine. /3 Les 2 premières années de zéro-Covid ont connu des temps sombres en Occident, alors que les gens voyageaient et vivaient généralement bien en Chine. La politique, depuis avril, s'est assouplie mais les choses ont commencé à se dégrader."

Ayant moi-même eu l'occasion de dénoncer dans mes livres les fantasmes occidentaux sur les soi-disant Etats policiers qu'auraient été la Serbie, la Transnistrie, l'Abkhazie etc, je ne peux qu'être intéressé par ces arguments...

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La ruée vers le lithium (suite)

6 Novembre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous, #Grundlegung zur Metaphysik, #Les Stazinis

On évoquait récemment la nouvelle donne géopolitique que crée la ruée vers la lithium, et aussi l'étrange comportement des Etats-Unis en Afrique du Sud qui n'ont pas hésité à lancer une alerte à la menace d'attentat dans le pays sans passer par le canal diplomatique.

Les deux ingrédients se retrouvent au Nigéria, où, à la fois le ministre des mines a refusé un contrat d'exploitation au fondateur de Tesla, Elon Musk (l'homme qui pour Halloween s'est déguisait en "champion du diable" avec un Baphomet sur la cuirasse) parce que celui-ci n'acceptait pas l'installation d'usines de batteries dans le pays lui-même (cette revendication est aussi celle de la Bolivie et d'autres pays), et Washington a lancé la même alerte à l'attentat "sauvage". Y a-t-il un lien entre les deux faits ? se demande le youtubeur , essayiste et boxeur Zack Mweckassa, qui rapproche aussi cela de la découverte de vols de pétrole sur un pipeline nigérian. Affaire à suivre...

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L'Ukraine reconnaît la République tchétchène d'Itchkérie et combat l'Iran

18 Octobre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE, #Colonialisme-impérialisme, #Débats chez les "résistants"

La Rada (parlement ukrainien) a reconnu la «souveraineté étatique» de la République islamique tchétchène d'Itchkérie, qui a existé de facto de 1991 à 1999 sur le territoire de l'actuelle Tchétchénie russe. L'administration de l'actuelle République autonome Tchétchénie, dirigée par Ramzan Kadyrov , a été mise hors la loi par l'assemblée qui qualifié la situation actuelle en Tchétchénie de "génocide du peuple tchétchène par la Fédération de Russie" (sic !). Déjà sous l'oligarque Porochenko, en 2016, il y avait eu une cérémonie en l'honneur de l'Ichkeria. Ont voté pour le parti de Vladimir Zelensky, et "Solidarité européenne" de Porochenko ainsi que le parti "Voix" de Svyatoslav Vakarchuk (287 députés sur 351, personne n'a osé voter contre ou s'abstenir).

L'opération rentre dans la thématique des think tanks américains pour "décoloniser la Russie" c'est-à-dire la faire éclater (cf ci-dessous).

Par ailleurs le parti de Porochenko a fait adopter un projet de loi pour rompre les relations diplomatiques entre l'Ukraine et l'Iran qualifié de « pays terroriste » parce qu'il livre des drones à Moscou pour bombarder l'électricité mais aussi un bâtiment résidentiel le 17 octobre à Kiev (l'Iran aurait aussi l'intention de livrer des missiles sol-sol - un argument que Kiev utilise aussi pour demander une défense anti-missile à Israel).  Le régime de Zelensky essaiera de faire passer cette terminologue au sein de l'OSCE, de l'OTAN, de l'ONU. Téhéran nie avoir livré des drones à Moscou. Kiev fournit une photo de drone démantelé dans la capitale ukrainienne dont on ne peut voir avec certitude s'il est iranien.

En août le député ukrainien Oleksiy Goncharenko (qui est aussi responsable de l'association  "Pour le Caucase libre") avait également soumis au parlement ukrainien un projet de résolution proposant la reconnaissance de l'indépendance déclarée unilatéralement du Kosovo, mais le projet n'a pas abouti. Goncharenko qui est aussi depuis janvier dernier vice-président de la commission de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) sur les migrations, les réfugiés et les personnes déplacées, l'assemblée qui a voté le 13 octobre pour déclarer la Russie "Etat terroriste" (seul un délégué turc sur les 100 membres a voté contre) - rhétorique reprise par le parlement estonien aujourd'hui. Il y a fourni un discours enflammé appelant l'Europe à devenir une superpuissance.

Sur la question du Kosovo Goncharenko ne se décourage pas : il y a une semaine il avait demandé que ce "pays" intègre l'APCE, dans un appel que la présidente de l'entité Vjosa Osmani avait repris dans un tweet.

L'Ukraine essaie de capitaliser diplomatiquement en ce moment sur l'impopularité des frappes russes sur ses villes et celle de l'annexion de sa partie orientale, qui n'a été soutenue le 12 octobre à l'ONU que par la Corée du Nord, la Syrie, le Nicaragua et la Biélorussie, tandis cependant que les grandes puissances asiatiques et beaucoup de pays africains s'abstenaient ainsi que la Bolivie et Cuba.

 

Pour terminer ce tour d'horizon mentionnons une lettre ouverte d'universitaires ukrainiens au Pr Noam Chomsky accessible ici avec un traducteur automatique datant du 22 mai dernier que je découvre aujourd'hui, et qui pose des questions intéressantes (même si je ne suis pas du tout sur leur position globalement : on retombe, comme en 1999, sur le problème de ces petits nationalismes, pas forcément illégitimes en eux-mêmes, mais qui sont mobilisés au service d'une dangereuse déstabilisation globale qui les dépasse).

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Un terme prochain à l'extrémisme de Von der Leyen ?

16 Octobre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE, #Colonialisme-impérialisme, #coronavirus-vaccination-big pharma

Les masques tombent. Pfizer, par la voix d'une représentante devant le comité spécial de la pandémie de Covid 19 du Parlement européen le 10 octobre, avoue ne pas avoir évalué l’efficacité de son vaccin sur la transmission virale, ce que la Haute autorité de santé française avait déjà admis en décembre 2020.

Mme von Der Leyen commence à avoir des problèmes du fait d'une enquête du parquet européen sur ses conditions de passation du marché de vaccins avec Pfizer et du fait de l'accord du 25 mars dernier de communication des données numériques des citoyens européens aux Etats-Unis (même un député Modem trouve à s'en indigner dans La Tribune du 10 octobre). 

Cela s'ajoute aux rémunérations douteuses de McKinsey, à la politique ultrabelliciste en Ukraine sans en assumer les conséquences pour la consommation européenne d'énergie, à l'accord avec l'Azerbaïdjan au milieu de sa guerre avec l'Arménie, à la maltraitance des migrants.

Commentaire de l'eurodéputé allemand satiriste Martin Sonneborn : "Quand vous avez commencé votre service ici je pensais que vous étiez juste incompétente et un peu criminelle Je sais aussi maintenant que vous êtes d’une liberté morale impressionnant Il ne faut pas laisser l’Europe à Leyen" (une façon pudique de parler de sa profonde immoralité).

Pour autant les euro-bureaucrates sont loin de s'apprêter à faire leur Mea Culpa.

Dans la meilleure veine impérialiste, Josep Borrell, haut représentant aux affaires étrangères de l'Union européenne, déclare le 13 octobre devant l'académie diplomatique européenne de Bruges : "L'Europe est un jardin... le reste du monde n'est pas vraiment un jardin. La plus grande part du reste du monde est une jungle et la jungle pourrait envahir le jardin. Les jardiniers devraient prendre soin de lui, mais ils ne protègeront pas le jardin en l'entourant de murs... Le jardin doit aller vers le jungle".  La porte-parole du ministère russe des affaires étrangères, dans la nouvelle veine anti-colonialiste du discours de Moscou répond le 14, "L'Europe a construit ce 'jardin' par le pillage barbare de la 'jungle' ".

Il est vrai qu'on s'en souvient en Afrique, notamment au pays de feu Thomas Sankara, le Burkina où après le coup d'Etat d'Ibrahim Traoré du 30 septembre des jeunes ont manifesté avec les drapeaux russes.

Le langage impérial reste aussi celui de Von der Leyen qui appelait le 15 septembre à contrer le projet chinois de "Route de la soie". Et, même si cette présidente passait à la trappe, il y a toujours dans la classe politique européenne des candidats à sa succession prêts à mener une politique aussi dure si Washington le leur demande. Il y a peut-être plus d'espoir du côté des prochaines élections de mi-mandat américaines qui, en cas de victoire des Républicains (moins compromis avec le régime de Kiev que les Démocrates), pourraient pousser Biden à négocier avec Poutine, ce qui limiterait un peu la casse pour notre continent. Un peu comme l'accord Obama-Poutine avait jadis laissé la France de Hollande-Fabius seule à gesticuler sur les dossiers syrien et iranien pendant quelques semaines encore. Quand le maître se calme, le roquet finit par retourner à la niche.

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L'amitié serbo-hongroise

12 Octobre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE, #Colonialisme-impérialisme

Viktor Orban a récemment révélé au président serbe Aleksandr Vucic qu'en 1998 l'OTAN lui avait demandé d'envahir la Serbie par la Voïvodine. Vucic a remis le 16 septembre la plus haute récompense de son pays, l'Ordre du Grand Collier au premier ministre hongrois. Celui-ci est devenu le principal défenseur des intérêts serbes au sein de l'Union européenne, il a notamment opposé son véto aux sanctions de Bruxelles contre le président de la Republika Srpska de Bosnie qui vient de reconnaître les référendums d'annexion de  l'Est ukrainien à la Russie. La Serbie où la distribution d'essence est tenue par Gazprom et une de ses filiales russes pâtit de l'interdiction européenne d'importer du pétrole russe par les ports croates (qui l'acheminent ensuite via l'oléoduc Janaf), mais la Hongrie pourrait à terme compenser ce problème en prolongeant l'oléoduc Droujba ("amitié") conçu à l'époque soviétique pour le Comecon. La Hongrie qui a six mois de réserves de gaz pourrait aussi aider ponctuellement Belgrade dans ce domaine.

Pour mémoire, la Serbie qui soutient l'intégrité territoriale de l'Ukraine en sa qualité notamment de membre de la nouvelle Communauté politique européenne lancée par Marcon parce qu'elle attend des négociations avec Bruxelles une accélération de son adhésion à l'UE et une solution durable au problème du Kosovo, a provoqué l'irritation des Occidentaux le 26 septembre en signant en marge de l'Assemblée générale de l'ONU un plan de concertation avec Moscou.

Les Balkans restent un front politique important dans le conflit russo-occidental. Des observateurs ont notamment remarqué que l'Iran - allié de Moscou où s'est développé récemment un mouvement féministe contestataire suite à la mort semble-t-il accidentelle d'une militante Mahsa Amini durant sa garde à vue - réfléchirait à des frappes de drone sur l'Albanie qui a accordé l'asile politique à 3 000 moudjahidines du peuple.

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Un second front au Sud ?

20 Septembre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Colonialisme-impérialisme

Après l'attaque de l'Azerbaïdjan contre l'Arménie faible de Pashinian, la marionnette de Soros, le conflit frontalier entre le Kirghizistan et le Tadjikistan a provoqué  la mort de 100 personnes en deux jours. Il s'agirait là encore d'une "proxy war" en germe, provoquée par Washington pour compenser l'incapacité du régime de Kiev de faire reculer durablement l'armée russe. C'est du moins l'avis de Nurlan Dosaliev, ancien membre du Comité d'État pour la Sécurité Nationale du Kirghizistan, qui souligne que le Tadjikistan est de plus en plus dans la main des Etats-Unis. Ce pays a reçu le commandant du Centcom, le Gal Michael Kurilla, en juin dernier. Par ailleurs l'agence para-étatique spécialisée dans les ingérences humanitaires impériales américaine USAID étend ses missions dans ce pays : elle y aide au séquençage du génome humain sous couvert de lutte anti-Covid, mais aussi au transit transfrontalier des marchandises. 

Le Tadjikistan affronte divers problèmes sociaux comme l'autonomisme du Pamir, et est aussi le seul Etat de la région à soutenir activement l'opposition afghane aux Talibans, ce qui toutefois ne l'empêche pas de renvoyer de force des réfugiés vers ce pays.

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Du blé OGM ukrainien pour l'Afrique

4 Septembre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Peuples d'Europe et UE, #Bill Gates, #Le monde autour de nous

En août les médias occidentaux se sont agités pour que l'Afrique puisse recevoir du blé ukrainien. Ce que l'on ne vous a pas dit, c'est qu'il s'agit de grains OGM cultivés par des grands groupes américains.

En 2014, explique sur son site William Engdahl, consultant en risques stratégiques et conférencier, après le coup d'Etat de Maidan, le FMI accordait 17 milliards de dollars à l'Ukraine; En échange ce pays devait augmenter l'impôt sur le revenu des particuliers de 66 % et payer 50 % de plus pour le gaz naturel, l'âge de la retraite était retardé de 10 ans. Une disposition clé des demandes des États-Unis et du FMI au gouvernement post-coup d'État du pro-américain Arseniy Iatseniouk, était d'ouvrir enfin les riches terres agricoles de l'Ukraine aux géants étrangers de l'agro-industrie.
 
Depuis que l'Ukraine a déclaré son indépendance de l'Union soviétique en 1991, garder le contrôle de ces terres a été l'un des problèmes les plus brûlants de la politique nationale. Une loi de 2001 a imposé un moratoire sur la vente privée de terres agricoles à de grandes entreprises ou à des investisseurs étrangers. Malgré le moratoire, Monsato, DuPont, Cargill et d'autres fournisseurs occidentaux d'OGM ont secrètement et illégalement commencé à répandre leurs semences OGM brevetées dans la terre noire d'Ukraine par l'intermédiaire des oligarques. En 2016, selon un rapport du Département américain de l'agriculture, aujourd'hui supprimé, environ 80 % du soja ukrainien et 10 % du maïs étaient cultivés illégalement à partir de semences génétiquement modifiées. L'info est confirmée par Agricensus.com ici.

En mai 2021 le clown Zelensky (qui vient aussi récemment d'abroger le droit du travail dans les PME) a présenté un projet de loi déreglementé l'accès à la terre et donné beaucoup de champs aux gouvernements municipaux et villageois notoirement corrompus (alors que la Russie, elle, a interdit les cultures d'OGM en 2016, une position qui fait consensus dans ce pays). Voilà la nature du régime que soutiennent les écologistes européens, et voilà la nature de tout le système économique américain : "Les Etats-Unis, expliquait Mitchel Cohen en juin dernier dans Covert Action Magazine,  utilisent des cultures génétiquement modifiées (et maintenant des arbres), et les pesticides et les engrais dont ils ont besoin, comme armes , pour briser les communautés indigènes, au Mexique, par exemple, perturbant les économies d'autres pays et les forçant dans la dépendance. Même l'aide alimentaire américaine aux victimes des tsunamis dans le Pacifique Sud et aux victimes des tremblements de terre au Pakistan et en Haïti a été génétiquement modifiée et saturée de pesticides. L'un des résultats de « l'action policière » américaine en Somalie en 1992 a été l'imposition de milliers d'acres de manioc génétiquement modifié, déracinant les communautés locales." L'achat de semences Monsanto (où Bill Gates aussi a des parts) fait partie intégrante des Programmes d'ajustement structurels du FMI. Le cynique Kissinger, qui est dans tous les coups fourrés depuis la guerre du Vietnam, a soutenu de longue date cet usage stratégique de l'aide alimentaire.

Mitchel Cohen à ce sujet cite fort à propos une déclaration de Boris Ikhlov de l'université de Perm d'une organisation de « droits de l'homme » russe financée par des « dons » américains, qui était un partisan de l'élargissement des libertés civiles à Moscou et qui, en même temps, a lié sa critique des politiques de Poutine en matière de droits de l'homme à soutenir les semences biotechnologiquement modifiées de Monsanto et la privatisation de l'agriculture. Mais il ne cite pas l'association dans l'attente d'une confirmation par des sources indépendantes.

C'est en tout cas un des dessous peu connus des tensions internationales autour de l'Ukraine.

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Retour sur des crimes au Rwanda

18 Juillet 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Divers histoire

Du temps où je dirigeais l'Atlas alternatif j'avais essayé d'attirer l'attention sur le système de prédation rwandais au Congo (le Rwanda aujourd'hui continue d'exploiter l'or, et le coltan congolais et de l'exporter au prix de la vie des enfants employés dans les mines) organisé par le FPR (Front patriotique rwandais) de Paul Kagamé (soutenu par la mafia des Clinton). Depuis lors, tous les atlantistes français- Kouchner, Sarkozy, Hollande, Macron - se sont couchés devant la puissance rwandaise et son influence sur les pouvoirs occidentaux. Le défenseurs de la démocratie et de la vérité dans les Grands Lacs continuent d'en payer le prix forts : le 8 juillet dernier un opposant rwandais a encore été éliminé au Mozambique

Le journaliste Charles Onana revient sur un aspect sombre des premiers jours de la guerre civile rwandaise en 1994 sur lequel le pouvoir de Kagame empêche toujours toute enquête.

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Le clan corrompu Rajapaksa évincé par le peuple au Sri Lanka

10 Juillet 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #coronavirus-vaccination-big pharma, #George Soros, #Le monde autour de nous

Le communiste français Jean-Pierre Page se réjouissait en novembre 2019  de la victoire à l'élection présidentielle au Sri Lanka du "candidat de la gauche souverainiste", Gotabaya Rajapaksa (petit frère d'un autre président au mandat qui dura de 2005 à 2015). Hier il a annoncé hier sa démission après l'invasion du palais présidentiel (assiégé depuis des semaines) par le peuple qui a aussi forcé brûlé la maison du premier ministre et forcé les ports de la banque centrale. Le pays, jouet des appétits impérialistes des grandes puissances, autrefois plus prospère que l'Inde est en faillite (il a fait défaut sur sa dette extérieure en avril), suite notamment à la crise du Covid qui a ruiné son tourisme et à la crise alimentaire provoquée par une politique écologiste délirante de prohibition des engrais chimiques, aggravée par une politique bizarre de réduction des impôts. La gestion de la négociation avec le FMI dans un contexte d'inflation galopante avait été confiée au printemps au cabinet d'avocats britanniques Clifford Chance (qui assure en ce moment l'approvisionnement du Tiers-monde en thérapies géniques anti-Covid en partenariat avec l'Open society de Soros - Rajapaksa lui-même avait été un covidiste forcené).

Le peuple a ainsi répliqué à la répression policière violente que ce président et son clan corrompu avaient décidé de mettre en oeuvre (une répression qui avait d'ailleurs fait suite à des restrictions des libertés pour les minorités religieuses après les attentats de Pâques 2019 et à l'arrestation de journalistes ou chercheurs dissidents).

Pas de regret à avoir pour ce clan faussement de gauche corrompu aujourd'hui chassé du pouvoir. Viennent à l'esprit des félicitations à adresser au peuple courageux (comme le peuple soudanais) mais aussi des inquiétudes pour cette île prise par les jeux complexes indo-sino-russo-américains. Nul doute que ces puissants rivaux ne la laisseront pas se reconstruire en paix.

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Les réfugiés politiques kurdes sacrifiés pour l'entrée de la Suède et de la Finlande dans l'OTAN

1 Juillet 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Colonialisme-impérialisme, #Peuples d'Europe et UE, #Le monde autour de nous

En échange du feu vert d'Ankara à leur adhésion à l'OTAN, Stockholm et Helsinki vont devoir livrer des dirigeants et activistes kurdes qui vivent sur leur sol à la Turquie (une trentaine au total).

Pour mettre un visage sur ces réfugiés politiques, on peut par exemple citer le cas de la députée  Amineh Kakabaveh, 52 ans, Kurde iranienne de gauche arrivée en Suède en 1992. La députée kurdo-suédoise indépendante a récemment attiré l'attention internationale après s'être abstenue de voter une motion de censure début juin sauvant ainsi le gouvernement de la Première ministre suédoise Magdalena Andersson. En échange, Kakabaveh a déclaré que le gouvernement avait promis de continuer à aider les Kurdes dans le nord-est de la Syrie... un promesse sur laquelle la Suède va pouvoir s'asseoir après le deal passé avec Erdogan. Voilà comment Mme Andersson remerciera ses amis...

Les deux pays scandinaves ont aussi accepté de renforcer leur coopération en établissant des commissions conjointes des services de sécurité et de renseignement avec Ankara qui lui permettront de bénéficier de leurs anciens dossiers et d’obtenir des informations sécuritaires et sur leurs activités de financement et de recrutement. Un grand pas en avant pour le respect des principes du droit d'asile...

C'est à peu près aussi piteux que l'image du président de la République française courant après son homologue américain comme un caniche à la dernière réunion du G7 pour lui révéler ses petits arrangements avec les Emirats arabes unis pour obtenir un peu plus de pétrole en compensation de l'embargo sur les hydrocarbures russes.

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