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Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #colonialisme-imperialisme tag

Tout est dans le regard...

20 Septembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Les Stazinis

La tête de la délégation du Zimbabwe devant le discours de Trump à l'AG des Nations Unies. Ca en dit long sur ce que ça leur inspire !

 

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Le séparatisme kurde, l'anti-pyongyangisme ambiant, et la faiblesse de Raul Castro

18 Septembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous, #Proche-Orient

Le référendum kurde m'inquiète plus encore que celui de Catalogne. Le vice-président Al-Maliki, qui a laissé un mauvais souvenir en Irak car sa gestion brutale et uniquement pro-chiite du temps où il était l'homme fort du pays a fait le lit de Daech (il n'y avait que la sotte de Ségolène Royal en 2007 pour en dire du bien), vient de déclarer qu'il serait inacceptable qu'un nouvel Israël naisse au nord de l'Irak. Il osait cette métaphore parce que le Kurdistan serait aussi monoethnique en son principe que l'Etat juif qui est son seul allié déclaré en ce moment. En vérité je ne vois pas du tout comment un Etat kurde pacifique peut naître au Proche-Orient. Personne ne s'entend sur ses frontières (Kirkouk en fait-elle partie ou non ?), et ce pays est composé d'une série de factions fort peu démocratiques malgré les efforts louables du PKK et du YPG pour s'ouvrir aux droits des femmes, à l'autogestion et à l'écologie. Par ses divisions internes il ressemblerait au Sud-Soudan, à quoi s'ajoute que des régimes musclés (l'Irak, la Syrie, l'Iran et surtout la Turquie) sont prêts à lui sauter dessus. Tout cela risque de finir en bain de sang... un de plus pour ce Proche-Orient maryrisé depuis un demi-siècle.

Je n'aime pas non plus le concours d'allégeance des Occidentaux à l'égard de l'appel de Trump pour une huitième vague de sanctions contre la Corée du Nord, ni cette gesticulation des bombardiers au dessus de Pyongyang. Tout cela est abject. La menace nord-coréenne est inexistante, on ne le répètera jamais assez. Elle pèse au niveau des symboles : dans le sens du rééquilibrage du monde, voilà le grand problème pour nos stratèges. Et pourtant ce rééquilibrage il faudra bien l'accepter un jour. Madrid se déshonore en expulsant l'ambassadeur de Pyongyang comme si c'était sur la Giralda de Séville que les missiles de Kim Jong-un étaient pointés, et Paris avec ses frétillements de caniche pour des "sanctions vraiment efficaces" est à peine moins ridicule (si nous entretenions des relations diplomatiques avec la RDPC, ce dont Mitterrand nous a dispensés, je suppose que nous aurions fait comme les Espagnols c'est lamentable).

On peut soupçonner que même Raul Castro, dans son empressement à accepter une enquête du FBI à la Havane qui, selon Associated Press, a étonné le Pentagone, participe lui aussi du souhait servile de toute la planète de plaire à l'ours mal lêché américain à Washington. C'est que de bonnes âmes au Département d'Etat commençaient à accuser une faction "dure" du parti communiste cubain d'avoir fomenté avec Poutine et avec Kim-Jong-un (mais oui !) les attaques soniques contre l'ambassade yankee... Voilà qui rappelle le temps où, au lendemain du 11 septembre 2001, tout le monde du parti socialiste serbe de Milosevic au Baas d'Assad était solidaire des Américains et la Russie offrait sa collaboration à l'Oncle Sam. On sait ensuite comment celui-ci abusa de la solidarité planétaire en la retournant contre l'Irak... Soyons vigilants.

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L'ours, l'espionnage US en Ethiopie, l'Egypte, diplomates à Cuba, le référendum kurde et celui de Catalogne

15 Septembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Peuples d'Europe et UE, #Espagne, #Grundlegung zur Metaphysik, #Béarn, #Christianisme, #Les Stazinis

Avant de dire un mot de l'actualité internationale, une ligne pour vous signaler mon intérêt pour l'action du commando clandestin de chasseurs d'ours constitué en Ariège. Il ne faut pas faire l'apologie de la délinquance, mais c'en est assez de la surdité des pouvoirs publics devant les récriminations des gens. Les ours dans les Pyrénées, comme les loups dans le Morvan, déciment les troupeaux. C'est une pure fantaisie de citadin écolo que d'imposer aux bergers la présence de ces bêtes, qui ne profite à absolument personne. La technostructure qui fait la sourde oreille s'attire, en représailles, la légitime colère et violence du citoyen, le droit de résistance au sens de Thoreau est ici engagé. Et c'est un Pyrénéen qui vous le dit, un Pyrénéen qui lit en ce moment la Vie de Ste Bernadette Soubirous du P. Laurentin (décédé dimanche dernier à 99 ans, j'avais repris son livre dans ma bibliothèque juste avant sa mort). Bernadette à qui la Vierge Marie parlait en Gascon et qui lui fit manger de l'herbe devant la grotte de Massabielle. Je doute qu'elle eût aimé la présence des ours sur les bords du gave.

Pour ce qui est de l'étranger, le film d'Oliver Stone, Snowden, dont je vous encourage à regarder le DVD, n'en finit pas d'avoir des suites dans la réalité. Avant-hier, The Intercept révélait que l'Agence de sécurité nationale depuis 15 ans avait aidé l'Ethiopie (qui n'est pas franchement une démocratie, mais bon, en disant cela j'encours des poursuites en justice de la part d'Addis Abeba comme Elise Lucet poursuivie en diffamation par Bakou pour avoir traité l'Azerbaïdjan de dictature), à installer un système d'espionnage de ses ressortissants censé cibler les terroristes mais qui touche tout autant ses opposants....

De toute façon, c'est bien connu, les droits de l'homme qui servaient surtout à conduire des ingérences pour affaiblir ou détruire des Etats dans les années 1990-2000 (Yougoslavie, Irak, Libye, Syrie), ne sont même plus affichés comme prétexte aujourd'hui. C'est tout simplement passé de mode. Ainsi Washington annonce sa participation à une opération militaire conjointe avec l'Egypte en septembre prochain, un pays qui a pu tuer 1 000 manifestants pacifiques en 2013, et s'est débarrassé des Frères musulmans au prix de 60 000 arrestations arbitraires et tortures de personnes parmi lesquelles d'après HRW il n'y a pas que des islamistes évidemment. L'Egypte est une vaste prison, comme l'est l'Arabie saoudite, et tant d'autres de nos alliés... Mais cela ne gêne plus personne.

Et les pathologies inexplicables des diplomates américains revenus de Cuba ne cessent d'évoluer bizarrement, vous les expliquez comment vous ?

A part ça, on apprend aujourd'hui qu'une délégation anglo-américaine et onusienne a rencontré hier le président de la région kurde d'Irak Massoud Barzani (l'ami de Netanyahu) pour tenter de le dissuader (en vain) de renoncer au référendum d'indépendance le 25 septembre. Le problème est qu'il y a de vaillants combattants à prendre en compte. Je ne suis pas fan de la cause kurde, notamment au vu de l'intolérance dont les minorités de la plaine de Ninive font l'objet, mais enfin on voit bien qu'il sera difficile de ne pas satisfaire les attentes politiques des vaillants combattants kurdes d'Irak et de Syrie qui veulent que leur sang versé contre Daech et celui de leurs camarades mort ait servi à quelque chose.

D'un référendum séparatiste l'autre,"Où vas-tu avec ce visage d'ange Inés Arrimadas ?" chantait le poète,

Il y a quelques mois il me semblait qu'on pouvait déduire du fait que Nigel Farage avait miraculeusement réchappé à un accident d'hélicoptère que les partisans du Brexit allaient remporter le référendum, car un individu n'est pas sauvé de cette manière pour qu'ensuite il ne remplisse aucune mission (et à ma connaissance Farage n'avait aucune mission importante dans se monde en dehors d'assurer la sortie de son pays de l'Union européenne). Aujourd'hui, je me demande si ce n'est pas une malédiction pour les pro-Espagnols de Catalogne d'avoir à leur tête une jolie fille comme Inés Arrimadas... Une cause juste ne peut pas gagner si elle est défendue par une nana qui inspire de la concupiscence. Voilà le problème. On se souvient de l'échec lamentable de la tentative de restauration de la grandeur des Lagides par Cléopâtre en Egypte (et encore Cléopâtre n'était pas franchement belle, nous disent les historiens). Y a t il une seule aventure politique qui ait été gagnée par une femme belle ? Cela s'explique d'un point de vue théologique par le fait que la beauté féminine attire des démons, donc des forces de bas étage se greffent là dessus (désir, jalousie, dépit). En tout cas je suis inquiet de voir les foules catalanistes si nombreuses dans les rues. Pauvre Espagne ! je ne suis pas sûr qu'en tentant d'empêcher la Poste de distribuer le matériel électoral ou les fonctionnaires de mettre en place les bureaux de votes, ni en se réfugiant derrière l'actuel anti-séparatisme de l'Union européenne elle parvienne à quelque chose. Le problème dans les processus sécessionnistes, c'est qu'en toute légalité il faudrait un vote concordant de l'ensemble de l'ancien bloc et de la partie qui se sépare (comme pour l'indépendance de l'Algérie par exemple), sauf que cela s'obtient rarement (en ex-Yougoslavie, en ex-URSS ça ne s'est jamais fait). Et cela engage dans des épreuves de force à n'en plus finir, parfois très violentes... Pauvre Espagne, dis-je, qui fut punie de ses crimes en Amérique par un dur déclin, et de ses iniquités intérieures par trois guerres civiles. Va-t-elle payer les folies de la Movida et la corruption à tous les échelons des années Gonzalez et Aznar, tout ce benine neglect politiquement correct assis sur une montagne d'injustices et d'impiété par une sécession de sa région la plus riche ? Je me souviens du temps où nos professeurs opposaient à l'extrémisme de l'indépendantisme basque le sage régionalisme "autonomiste" des Catalans (Sciences po vantait alors le centrisme de Jordi Pujol,sans voir la masse de corruption qui se cachait derrière et que des procès éclatants des années 2000 ont mis au jour). Aujourd'hui on est à front renversé. Une socialiste basque expliquait il y a peu dans la presse que l'Euskadi avait "échappé" à la fièvre qui a gagné la Catalogne, et ne risquait plus de la contracter. Tout change, "le monde est une branloire pérenne" comme disait le sage gascon...

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Crise des missiles nord-coréens: sortir de « l’hystérie »

12 Septembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Actualité de mes publications, #Le monde autour de nous

Ci-dessous mon article qui paraîtra dans le prochain numéro papier (octobre 2017) L'Arme et la Paix, revue de l'association Initiative Citoyenneté Défense (ICD), et qui est déjà en ligne ici sur le site de l'association. (Pour mémoire voir aussi mes autres interviews et articles pour leur revue depuis 2011 ici).

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                                   Crise des missiles nord-coréens: sortir de « l’hystérie »

 

Voilà plusieurs décennies que la République populaire démocratique de Corée est identifiée comme un élément perturbateur dans les relations internationales. Perçue en Occident comme une survivance absurde de la guerre froide, tandis que les deux Allemagnes et les deux Yémens ont eu la « bonne idée » de s’unifier au début des années 1990 (et avant eux les deux Vietnams), elle n’était pas spécialement appréciée non plus des Russes et des Chinois en raison du principe d’autharcie économique et politique qui la gouverne depuis sa création, encore qu’elle présente aux yeux de ces deux pays un sérieux avantage : celui d’empêcher les troupes américaines de venir stationner au voisinage de leur frontière orientale.

 

Il est vrai que le régime de ce pays ne peut guère inspirer de sympathie. Si on peut lui reconnaître le mérite d’avoir offert à sa population les avantages de l’éducation et des services sociaux pour tous, et d’avoir fait émerger une intelligentsia capable d’envoyer des satellites dans l’espace (une prouesse pour un pays si isolé), il a poussé l’embrigadement des masses, l’endoctrinement et l’uniformisation au-delà de ce qu’avaient fait auparavant tous les autres régimes communistes. Depuis les années 80, du reste, le culte de la personnalité du leader Kim Il-Sung, poursuivi même à titre posthume, ainsi que de sa doctrine, le « juche », a éclipsé la référence marxiste, faisant baigner le pays dans une étrange ambiance sectaire. Les violations des droits de l’homme (liberté d’opinion, liberté religieuse etc) y sont massifs, et le bien-être économique laisse à désirer, même si la capitale Pyongyang, qui est la vitrine du système, affiche des progrès sensibles depuis quinze ans.

 

Pour autant c’est moins la misère morale ou économique du peuple nord-coréen qui inquiète les grandes puissances (après tout celle-ci a hélas bien des équivalents dans le monde) que l’engagement militaire non-aligné de ce pays, qui, comme Cuba, la Syrie ou l’Irak de l’époque baasiste, a très tôt compris la nécessité de développer un système de défense puissant si elle ne veut pas être rapidement vassalisée et convertie de force au capitalisme par les puissances occidentales.

 

Les Etats-Unis depuis un demi-siècle au moins considèrent avec méfiance la capacité de la Corée du Nord à exporter des armes à destination de pays ou de groupes de combattants qui ne sont pas franchement soumis à l’hégémonisme de la bannière étoilée (on a vu la Corée du Nord collaborer militairement avec le Pakistan, l’Ouganda, mais aussi la Syrie et l’Iran). Les stocks d’armes chimiques et bactériologiques de Pyongyang inquiètent aussi.

 

Mais les craintes les plus fortes proviennent du programme nucléaire nord coréen qui, bien qu’il ne soit pas le seul dans ce cas (l’Inde, le Pakistan, Israël et l’Iran sont dans la même situation « dissidente ») viole le traité de non-prolifération de 1968 (dont Pyongyang a eu l’honnêteté de se retirer).

 

Contrairement à ce que laisse croire une certaine propagande médiatique en Occident, ce programme nucléaire n’est pas par essence offensif. Il a été lancé en 1992 quand George  Bush Sr a laissé sans réponse la demande des autorités nord-coréennes d’un engagement des Etats-Unis à ne  pas remettre en cause l’existence même de la République démocratique populaire de Corée. Et, après une phase de relative ouverture et de négociations sous les mandats de Bill Clinton, Kim Jong-il a été encouragé à le reprendre par le bellicisme échevelé des puissances occidentales au cours des deux dernières décennies. Les Nord-coréens eux-mêmes n’ont cessé de répéter que le spectacle affligeant de la puissance américaine se ruant à l’assaut de l’Irak de Saddam Hussein et de la Libye de Kadhafi, qui avaient loyalement renoncé à leurs armes de destruction massive, pour liquider physiquement leurs dirigeants et y faire régner le chaos, a servi de démonstration du fait qu’aucun régime ne peut plus suivre une politique de non alignement s’il ne se dote d’une force de dissuasion nucléaire crédible. C’est aussi le raisonnement que suivent les mollahs en Iran.

 

Il semble que ce discours d’auto-défense suscite une réelle adhésion parmi le peuple Nord-Coréen, par delà la terreur que la dictature fait régner ou la stérilisation de l’esprit critique, parce que la Corée du Nord – comme les Occidentaux tendent à l’oublier, mais le criminel oublie facilement son crime –  a été littéralement martyrisée par l’armée états-unienne et ses alliés au début des années 1950, qui y ont commis les pires crimes de guerre contre les civils, faisant périr un cinquième de sa population, tandis que le général Mc Arthur menaçait (déjà) d’y faire exploser la bombe atomique. Au massacre que Picasso a immortalisé dans un de ses tableaux s’est ajoutée l’humiliation des missiles nucléaires de Washington stationnés en Corée du Sud et pointés sur Pyongyang jusqu’à la présidence de Jimmy Carter. Les peuples que nous oppressons ont la mémoire longue.

 

Incontestablement  le potentiel nucléaire nord-coréen a connu un accroissement spectaculaire au cours des trois dernières années, depuis que Pyongyang s’est procuré par la contrebande des moteurs d’anciens missiles intercontinentaux soviétiques qui permettent aux Coréens d’atteindre l’île américaine de Guam. L’ironie de l’Histoire veut que le nouveau régime ukrainien anti-russe issu du coup d’Etat de Euromaidan ait contribué à ce saut qualitatif de l’armement nord-coréen… De l’inconvénient de laisser les régimes mafieux prospérer…

 

Pour autant les tensions que provoquent les essais nord-coréens reposent principalement sur de la rhétorique. Il semble en effet que dans cette affaire tout le monde soit prisonnier d’une logique de surenchère verbale. Le régime du jeune Kim Jong-un a besoin de donner l’impression qu’il peut menacer les Etats-Unis, pour flatter l’orgueil national de son peuple. Le président américain Donald Trump, à son niveau aussi, est obligé de vociférer allant jusqu’à menacer comme il l’a fait le 8 août, de déclencher « le feu et la furie comme le monde ne l’a jamais connu » Sa campagne électorale avait été un tissu de contradictions qui, au nom du pragmatisme, proposait tout à la fois la réduction de la présence militaire américaine outre-mer, l’alliance ponctuelle avec les Russes contre le djihadisme, et la fermeté contre l’Iran, Cuba et la Corée du Nord. Sous la pression du lobby militaro-industriel de plus en plus présent dans la garde rapprochée de Donald Trump, et des accusations de collusion avec la Russie que lui adressent la clique des démocrates clintoniens (les grands médias, Soros…) très mollement combattue par l’Establishment républicain, Trump doit montrer sa capacité à ne pas laisser les tests nucléaires nord-coréens sans réponse.

 

Or la réalité des menaces est largement surévaluée. Contrairement à ce que laisse penser une certaine propagande chauvine et paranoïaque aux Etats-Unis, s’il semble que les missiles nord-coréens puissent atteindre l’Alaska voire, plus hypothétiquement, être montés sur des sous-marins comme le font les pays membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (ce qui serait le seul moyen de les rendre opérationnels pour une première frappe sans destruction immédiate du pays), la preuve de la capacité de la Corée du Nord de miniaturiser des ogives nucléaires pour les monter sur les missiles n’est toujours pas apportée. Autrement dit, on en reste à une menace très virtuelle.

 

Les Etats-Unis ont été les premiers dans les années 1990, à abandonner l’engagement à ne pas employer en premier l’arme nucléaire contre un autre pays (la doctrine du « no first use »), ce qui rend quelque peu risible l’accusation de « folie » qu’ils adressent à Kim Jong-un quand il tient le même discours qu’eux. La vérité factuelle est cependant que la Chine n’accepterait jamais qu’un conflit nucléaire éclate à sa frontière, et cela aussi bien Kim Jong-un que Trump le savent, ce qui rend encore plus théâtrale l’inflation verbale de l’été, que Vladimir Poutine a qualifié à juste titre d’hystérique. A cet égard, on peut regretter que le président français Emmanuel Macron ait ajouté un grain de sel stupide à la surenchère en laissant entendre que l’Europe était menacée… Jusqu’à nouvel ordre la France métropolitaine est , comme l’ont fait remarquer les Nord-Coréens, assez éloignée de l’Alaska, et elle a à son actif (si l’on peut dire) une présence nucléaire dans le Pacifique que Pyongyang est encore loin d’avoir égalée dans l’Atlantique Nord ! Le président français se ridiculise sur ce dossier comme il l’a fait juste avant sur celui de la renégociation de la directive européenne sur les travailleurs détachés, alors pourtant que la Chine semblait compter sur Paris pour apaiser un peu les tensions.

 

Par delà les excès langagiers, la crise de l’été a entraîné deux effets importants dans les rapports de forces. Le premier est le lâchage complet de Pyongyang par Pékin puisque la Chine a accepté de voter avec les Etats-Unis des sanctions au Conseil de sécurité (on peut se demander quel avantage elle escompte en échange de ce revirement). La seconde est le contenu même de ces sanctions qui va frapper à un degré difficile à évaluer le peuple nord-coréen. Déjà au printemps dernier Washington avait imposé à l’ONU le gel des exportations nord-coréennes de minerais, pourtant vitales pour les réserves en devises de ce pays, puis début août l’ONU avait systématisé ces mesures et interdit l’exportation des produits de la pêche nord coréenne. Le texte voté à l’unanimité par le conseil de sécurité le 12 septembre dernier interdit notamment les exportations de textile de la Corée du Nord, réduit les approvisionnements en pétrole et prévoit un embargo sur les livraisons de gaz. On voit mal comment en mettant les travailleurs nord-coréens de l’industrie textile sur la paille, ou en forçant les habitants et les usines à recourir au charbon (ou à geler cet hiver), l’ONU peut espérer convaincre Kim Jong-un de renoncer à ses ogives nucléaires. Elle risque plutôt de renforcer le nationalisme d’un peuple placé au ban des nations. Il est vrai que l’étranglement des populations par l’embargo est une vieille recette anglo-saxonne qui avait tué des centaines de milliers d’enfants en Irak dans les années 1990 (« Et cela en valait la peine » comme disait Madeleine Albright). En l’espèce la Corée du Nord (en tout cas sa nomenklatura) semble avoir de nombreux moyens pour contourner les sanctions : les dignitaires ont leurs propres voies d’approvisionnement en essence, les navires nord-coréens sont sous pavillons de complaisance et ne peuvent être inspectés, tandis que le textile nord-coréen est souvent exporté sous des marques chinoises. Le ralliement des Russes et des Chinois aux méthodes étatsuniennes laisse donc très perplexe.

 

Sans doute des sanctions valent-elles mieux pour la paix mondiale qu’une attaque militaire sur Pyongyang qui aurait conduit à un conflit explosif pour l’ensemble de la planète entre la Chine et les Etats-Unis. Mais le réalisme recommanderait plutôt que chacun puisse prendre acte du fait que le programme nucléaire nord-coréen défensif, comme celui de l’Inde, du Pakistan  et d’Israël, constitue désormais une exception irrémédiable au principe de non-prolifération, et que, pour l’avenir, afin que l’exemple nord-coréen ne fasse plus d’émule, les membres permanents du Conseil de sécurité s’engagent par traité à ne plus provoquer de « regime change » dans le monde, à ne plus engager eux-mêmes de frappes préventives, nucléaires ou conventionnelles et à faire respecter la pluralité multipolaire. Autrement dit un revirement à 180 degrés par rapport à la politique occidentale des 50 dernières années… On peut toujours le recommander, même si nos dirigeants sont loin d’en prendre le chemin…

 

                                                                       Frédéric Delorca

                        Auteur de « Au cœur du mouvement anti-guerre », Eds du Cygne, 2015.

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Ruffin, Corée du Nord, géopolitique et justice

7 Septembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants", #Colonialisme-impérialisme

Ruffin explique qu'il veut imposer une cohabitation à Macron en entretenant la pression de la rue. J'entends ce que dit Le Fol sur les excès de la pression populaire et leurs risques de dérives dans les régimes "bolivariens" mais je crois que la position de Ruffin ce n'est pas si anti-démocratique qu'il y paraît. Les ordonnances qui attaquent le code du travail remettent en cause la démocratie sociale qui a valeur constitutionnelle depuis 1958. Donc dès lors que Macron remet en cause la démocratie sociale, le PCF, FI et la gauche du PS auraient raison, selon moi, de porter atteinte à la démocratie politique en tentant de forcer Macron, à travers les manifs, de dissoudre l'assemblée nationale.

A l'ONU, après avoir bloqué les exportations de minerais nord-coréens, les Etats-Unis soutenus par le caniche britannique et la France du petit dandy poudré à 27 000 euros Macron voudraient bloquer les importations de pétrole (pour que le peuple retourne au cheval et à la charrue comme à Cuba dans les années 1990) et bloquer les exportations de textile du pays (mettre sur la paille le prolétariat nord-coréen c'est tellement plus sympa - et ça ne choquait pas nos médiacrates). Heureusement Pékin et Moscou (garants d'équilibres mondiaux que les Occidentaux s'ingénient à détruire depuis vingt ans) font de la résistance. Quelqu'un rappelait il y a peu que 20 % du peuple nord-coréen a été massacré dans guerre conduite par les Américains au nom de l'ONU dans les années 1950. Tout le monde devrait garder ce chiffre à l'esprit, qui inspira à Picasso le tableau "Massacre en Corée).

Pour finir un mot sur la question "géopolitique et justice". Un lecteur me signalait il y a peu un article sur le soutien saoudien aux Rohingya de Birmanie. Les vulgarisateurs sur le Net tombent facilement d'un excès à l'autre sur Internet : de la compassion immodérée pour les victimes au froid détachement géopolitique cynique (quand ce n'est pas la paranoïa du complot des "Illuminati"). Je rappelle que du temps où je m'investissais corps et âme pour la Serbie en 1999 sur Internet j'avais quand même des mots pour les Albanais (Régis Debray avait qualifié ma position d' "équanime") et pour leurs droits (alors qu'ils étaient bien moins persécutés que les Rohingya), voyez mon livre "L'ingérence de l'OTAN en Serbie". Ici on ne peut pas minimiser la brutalité de l'Etat birman (qui est aussi sévère à l'égard d'autres minorités du pays), sous prétexte que les saoudiens et les pakistanais (c'est à dire les musulmans riches, ont un peu aidé les Rohingya après 2013 quand les Occidentaux s'en foutaient). Pour mémoire les Iraniens aussi ont aidé les Rohingya, et aujourd'hui, la violence des nationalistes bouddhistes est telle que même les hindouistes fuient l'Etat de Rakhine. Il ne faut pas se focaliser sur les seules victimes lorsque cela prépare un "manufacture du consentement" (dixit Chomsky) pour nous conduire à la guerre, mais on ne peut pas se limiter à voir partout des manipulations de l'idéologie victimaire. Je veux bien que la Birmanie soit sur les nouvelles routes de la soie chinoises. Mais c'est un peu facile de dire que les saoudiens utilisent les Rohingya pour y faire barrage. En vertu de quel intérêt le feraient-ils ? Seulement au titre d'une soustraitance à l'égard de Washington ? Vu tous les soucis que les Saoudiens causent à leur mentor américain, je doute que celui-ci, avec tous les alliés plus stables dont il bénéficie en Asie (l'Inde notamment), ait besoin de ce service de Riyad. Avant de mener l'enquête de police sur les manipulations, il faut aussi admettre que certains massacres sont indépendants des manipulations, et s'indigner devant eux sans détourner le regard sous prétextes que des puissances qu'on n'aime pas s'indignent aussi (même remarque pour les Yézidis dont je vous parle de temps à autre sur ce blog).

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Les nouvelles sanctions contre Pyongyang, la transition cubaine, le massacre des Rohingya

5 Septembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous, #Asie

Je ne cesse de dénoncer la manie anglo-saxonne des embargos. Il faut le faire à nouveau après l'annonce par Trump de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord, alors que toutes les exportations de minerais de ce pays sont bloquée depuis plusieurs mois. Poutine s'est opposé à ce projet qui pourrait avoir des conséquences humanitaires graves. Il a raison.

Même s'il y a eu une croissance économique en Corée du Nord grâce à l'économie parallèle, le peuple y est pauvre. On parle de Pyongyang, mais il semble que seule une nomenklatura de privilégiés habite cette ville et l'on ne sait rien des campagnes. Les sanctions économiques les frapperaient durement sans avoir aucun impact sur le programme nucléaire gouvernemental. Il faut arrêter cette politique de matamore.

A part cela on nous parle de la transition politique à Cuba. Au terme d'une série d'élections locales et nationales, le premier vice président du Conseil d'Etat Miguel Diaz Canel, un ingénieur qui a dix ans de plus que moi devrait succéder à la tête de l'Etat à Raul Castro qui continuera de contrôler le parti. Pas de changement brutal à prévoir, une vidéo de Diaz Canel est sorti sur les réseaux sociaux où il demande plus de répression des médias indépendants. Je ne sais pas si "Cuba hurts" (Cuba fait mal) comme disait Eduardo Galeano, mais en tout cas elle ne s'alignera pas sur les intérêts du Pentagone et de WallStreet de si tôt.

Dans la série "je me répète", il me faut à nouveau parler des Rohingya, comme je l'avais fait en 2013 sur le blog de l'Atlas alternatif et sur ce blog.Russia Today hier avait des mots très ironiques contre Aung San Su Kyi, prix Nobel de la paix birmane aujourd'hui au pouvoir. ll y a de quoi, car les massacres que subissent ces musulmans de Birmanie depuis dix jours sont terrible.

On devrait faire une liste des crimes dont les prix Nobel de la paix se sont rendus coupables directement ou par leur complicité active et passive : Kissinger responsable du coup d'Etat chilien et des milliers de morts qu'il a engendrés, Lech Welesa qui, sur le tard, soutint la guerre de Bush en Irak (avec son cortège de destructions qui continuent encore), Barack Obama avec sa guerre des drones, celle de Syrie et celle d'Ukraine. Aujourd'hui Aung San Su Kyi et le massacre des Rohingya. Tout cela devrait justifier la mise à la retraite d'office de l'ensemble de l'académie Nobel.

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Les Miss chavistes, l'antiracisme aux USA, l'évolution des BRICS et Naked Truth

2 Septembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Colonialisme-impérialisme

Le chaviste Jesus Silva se dit marxiste, mais "en même temps socialiste libéral" attaché à l'émancipation individuelle. Et donc il fait l'apologie du concours des Miss Venezuela, et note dans un récent article sur Aporrea que beaucoup de femmes députées de la Constituante vénézuélienne ont des seins en silicone et rentrent dans les créneaux de la beauté capitaliste actuelle, une bonne chose selon lui.

Je ne sais pas pourquoi, mais je trouve tout de même cela plus sympathique que le dernier article de Mélenchon qui, pour soutenir Maduro, adopte une ton haineux contre Macron, et prétend qu'il a converti celui-ci sur d'autres points de politique étrangère comme la question syrienne. Méluche en fait trop !

Vijay Prashad (ex contributeur de l'Atlas alternatif) fait un topo sur les gens qui renversent les statues des confédérés dans le sud profond. Vous n'y trouverez pas le nom de Soros, preuve que peut-être en effet, il n'y a pas de conspiration du milliardaire derrière les opérations antiracistes dans ce coin là, contrairement à ce que dit une certaine droite américaine. Prashad précise que le globalisme de Trump viendrait d'Ivanka Trump et son mari, et que Bannon aurait le soutien d'un milliardaire pour réintégrer Breitbart et l'utiliser comme un moyen de pression sur Trump.

Je vous livre ces infos sans commentaire personnel, car il est clair que les combats politiques aux USA comptent plus pour l'équilibre mondial que les nôtres. Donc nous devons savoir.

Les BRICS vont se réunir début septembre. On sent qu'avec une Inde et un Brésil clairement pro-américains le forum ne sera axé que sur le business. D'ailleurs l' Egypte, la Guinée, le Mexique, le Tadjikistan et la Thaïlande siègeront à la réunion. Pas sûr que ce soit pour en faire une arme contre l'hégémonisme américain. Mais bon, ce forum sert de ballon d'oxygène à la Russie, c'est déjà ça pour l'équilibre mondial.

En parlant de Russie, et pour finir sur une note dans le même ton que les Miss Venezuela, Lenta.ru explique que Naked News fut en réalité inventé en Russie dans les années 1990. A l'époque cela s'appelait Naked Truth sur la chaine M1. L'article peut être lu avec un traducteur automatique. L'actrice Pesotskaya y interviewait des députés en petite tenue sans que cela ne les choque. Nikolai Kharitonov candidat aux présidentielles de 2004 fut de ceux-là

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Yémen martyrisé, Trump entre Pyongyang et Caracas, les diplomates et la santeria cubaine

10 Août 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous, #Grundlegung zur Metaphysik, #Asie

1 900 morts du choléra au Yémen depuis avril parce que les Saoudiens visent les infrastructures et la fermeture de l'aéroport de Sanaa depuis un an a coûté la vie de 10 000 personnes (défaut d'accès à l'aide alimentaire ou de possibilité d'évaluation). 80 % des enfants yéménites sont sousalimentés. A quand une sanction du Conseil de sécurité de l'ONU comparable à celles qui viennent d'être imposées à la Corée du Nord ?

En attendant ces derniers jours Trump poursuit sa surenchère contre la Corée du Nord. On voit mal comment il pourrait quand même aller jusqu'à provoquer un chaos et la dévastation de toute la péninsule coréenne (voire des alliés alentours) pour une simple poussée de testostérone, d'autant que Pékin ne laissera sûrement pas Washington déclencher cette catastrophe à ses frontières. A moins que, n'ayant pu passer à l'acte en Corée, il ne se rattrape en bombardant le Venezuela comme il vient de le laisser entendre ? Tout cela est exaspérant. Je veux bien que Trump soit un Cyrus comme de la Harpe l'avait dit en son temps de Bonaparte. Mais c'est un Cyrus de très bas étage. Et si je hais l'arrogance d'un Al Gore qui proclame qu'il ne finira pas son mandat, tout comme celle de tous les partisans de la révolution violette en rang serré derrière Soros, comme beaucoup de gens je suis épuisé par la bêtise du balourd qui gouverne la Maison blanche.

A part ça, avez vous vu l'article du Monde sur le mal mystérieux qui frappe des diplomates occidentaux à Cuba ? "Washington a rapatrié plusieurs de ses fonctionnaires en poste à La Havane. Le Canada a aussi évoqué la perte d’audition subie par l’un de ses agents." écrit le journal. Encore un coup de la santeria pro-castriste ?

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Afghanistan

8 Août 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

 

Antiwar nous explique qu'après la politique de "nation building" d'Obama et de renforcement de la présence militaire en Afghanistan, Steve Bannon le conseiller de Trump a proposé le retrait pur et simple de toutes les troupes US vu le fiasco actuel - la moitié du territoire est tenu par les Talibans. Option refusée par Trump. Les militaires, eux, proposent d'envoyer 3 000 hommes de plus. Trump refuse aussi, pour le moment... Et le fondateur de Blackwater, Prince vient avec son option : nettoyez nous le terrain, et ensuite on gèrera l'occupation pour vous. Ca s'appelle privatiser une guerre. Inconvénients soulignés par Antiwar : nettoyer le terrain suppose dans un premier temps d'envoyer plus de soldats, et puis ensuite, nommer un vice-roi en Afghanistan comme le patron de Blackwater, c'est dire adieu à jamais à la protection des droits individuels des habitants de ce pays...

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Toujours le deux poids deux mesures...

6 Août 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE, #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous, #Proche-Orient, #Débats chez les "résistants"

Les Croates célèbrent l'Opération Tempête de 1995 qui aboutit à l'expulsion des Serbes de Krajina. Leur président dit que cela a brisé le rêve d'une grande Serbie et empêché un nouveau Bihac (massacre commis par les Serbes en Bosnie). A juste titre le président serbe réplique : comment l'assassinat de personnes âgées et d'enfants dans une opération de nettoyage ethnique peut-il être conçu comme une mesure de précaution, une mesure préventive. Mais la Croatie est membre de l'Union européenne grâce aux bonnes oeuvres de la famille Habsbourg, pas la Serbie, donc le point de vue de Belgrade ne sera pas entendu.

Il en est un qui considère que la vitrification atomique de vieillards et d'enfants pourrait être une mesure préventive valable, c'est le président Trump, quand il pense à la Corée du Nord... La dernière décision du Conseil de sécurité de l'ONU (hier) bloquant les exportations de charbon et de minerais de ce pays est scandaleuse. Ce sont bien sûr les habitants ordinaires du pays qui en pâtiront car cela va appauvrir l'économie. On n'est pas loin de l'embargo criminel imposé par Bush et Clinton à l'Irak dans les années 1990. Je ne sais plus qui disait que les blocus, l'étouffement du commerce pour affamer une population, sont une stratégie typiquement anglo-saxonne depuis des siècles. Quel dommage qu'elle soit devenue la règle dans les politiques de "prévention des conflits" de l'ONU...

On suit en retenant son souffle les événements du Vénézuela. Nos médias trouvent normal qu'une procureure générale annule l'élection d'une assemblée constituante, et anormal que le gouvernement  la suspende de ses fonctions dans la foulée... bien sûr... Une vingtaine de soldats s'emparent d'une caserne dans la seconde ville du pays. Ce qu'on ne vous dira pas en Europe, c'est que les responsables militaires chavistes laissent entendre que les vingt "soldats" rebelles qui ont tourné la vidéo annonçant leur intention de renverser Maduro seraient plutôt des mercenaires abusivement vêtus d'uniformes militaires réglementaires et que la vidéo a sans doute été filmée du côté de Miami il y a déjà un certain temps... La manipulation des images et des esprits... Cela dit, par honnêteté, signalons aussi les aspects critiquables du chavisme actuel. Aujourd'hui je découvre qu'Eva Golinger, qui fut une de mes boussoles dans les années 2000 sur le Vénézuéla (voir par exemple mon billet d'il y a neuf ans - déjà ! - sur ce même blog du temps où il avait deux fois plus de lecteurs, sniff), critique le fait que la nouvelle assemblée constituante soit investie pour deux ans et sans référendum, là où Chavez en son temps l'avait convoquée pour seulement quatre mois et après avoir consulté le peuple. Il est vrai cependant qu'à l'époque le Vénézuéla était moins isolé et menacé (je ne suis d'ailleurs pas d'accord avec Golinger quand elle reproche à Maduro dans un Tweet d'avoir isolé Caracas par rapport à l'époque de Chavez : ce n'est quand même pas de sa faute si le Brésil et l'Argentine ne sont plus à gauche !). A titre de comparaison, la Constituante de 1946 en France qui a rédigé la loi fondamentale de la IVe république, dans une ambiance où le mot "révolution" était autant à la mode qu'au Vénézuela aujourd'hui si on en croit les Mémoires du Général de Gaulle, n'a siégé que trois mois.

Bon il faudrait aussi qu'on parle des contradictions de Washington au Liban qui impose des sanctions au Hezbollah (ce qui fragilise tout le Liban face au takfirisme car l'armée régulière libanaise est très faible), et, en même temps envisage de combattre Daech dans ce pays avec ses forces spéciales - le journal israélien Haaretz aujourd'hui demande à juste titre si Trump va se coordonner avec Nasrallah lequel mène déjà des opérations anti-Daech à la frontière syrienne. Mais c'est un sujet compliqué sur lequel on ne possède pas tous les tenants et aboutissants.

A part ça les artistes-qui-aiment-bien-faire-coucou-à-la-caméra-avec-des-gestes-lucifériens se succèdent à l'Elysée en ce moment. Après Rihanna c'est Bono...Tous pour des causes "humanitaires"... C'est quand même un peu bizarre... Bon, un bon point pour Macron quand même : il aurait proposé ses bons offices de médiation à Maduro (parce que Zapatero est un peu usé dans ce rôle). Ca met en colère le journal espagnol El Mundo, et tout ce qui énerve El Mundo est bon à prendre.

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Journée noire

2 Août 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Colonialisme-impérialisme

Série de mauvaises nouvelles aujourd'hui. Trump, lâche, cède devant son congrès et signe leur putain de loi anti-russe dont Diana Johnstone sur Counterpunch.org montre à quel impérialisme global contre l'économie européenne elle participe.

Après, il gonfle ses biscotos : "je vais anéantir la Corée du Nord". Et son petit caniche philippin Duterte de surenchérir : "Kim Jong Un est un fils de pute, à cause de lui il y aura une retombée de pluie radioactive sur mon pays s'il y a une guerre." La compassion de Duterte pour les millions de Nord-Coréens (et Sud-Coréens aussi d'ailleurs) qui mourraient dans une guerre nucléaire, aux premières loges de la déflagration, et pas seulement sous les effets indirects des pluies radioactives, est touchante.

Vijay Prashad écrit sur Twitter "Dans le gouvernement américain il y a un appétit de guerre contre l'Iran". Et l'autre conne de Jeanine Pirro (dont j'aimais bien pourtant les sorties contre Hillary Clinton pendant la campagne) dans sa dernière émission sur Fox News du 29 juillet dernier (vous pouvez l'entendre sur You Tube, c'est son "opening statement") crache sur la députée démocrate de Berkeley qui traite le général Kelly d'extrémiste en lui reprochant 1) d'avoir été la seule élue à la chambre des représentants à avoir voté contre la déclaration de guerre des Américains planétaire contre le terrorisme (moi j'aurais voté comme elle), 2) de ne pas être consciente du fait que seuls des hommes comme Kelly peuvent sauver les Etats-Unis d'une destruction par les bombes de la Corée du Nord et de l'Iran ! Bon sang qui mettra assez de neurones dans la tête des imbéciles de nationalistes américains paranos pour leur faire comprendre qu'aucun pays pauvre situé à des milliers de kilomètres de chez eux, même quand il prépare un programme nucléaire d'autodéfense, n'a les moyens ni l'intention de les détruire ! Quelle bande de crétins criminels !

La super-Frédérica européenne (je crois que c'est elle qui a succédé à la baronne Ashton, mais je ne veux même pas retenir le nom de ces sous-fonctionnaires qui, comme le disait justement naguère Farage ont "autant de charisme que des serpillères mouillées" et sont tous interchangeables) déclare que l'UE "ne reconnaît pas" la Constituante de Maduro. On nage en plein délire ! Depuis quand faut-il un certain taux de participation pour reconnaître la légitimité d'une élection ? Si c'est le critère, un bon nombre de gouvernements du Tiers-Monde ne devraient pas être internationalement "reconnus"...

Entre la connerie belliqueuse des nationalistes paranos et celle des "libéraux" internationalistes donneurs de leçon, je ne choisis pas. Je gerbe... Bon allez, je retourne lire Mauriac... Foutue journée !

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Quattenens juste sur Pénicaud et sur le Venezuela

1 Août 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche, #Colonialisme-impérialisme

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Le bon chez Macron

2 Juillet 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Peuples d'Europe et UE

Macron a quand même des bons côtés : sa volonté de restaurer un certain classicisme dans les contenus pédagogiques de l'Education nationale, et surtout en politique étrangère, sa charge contre le néo-conservatisme, qui fait s'étrangler de haine les guignols de l'Obs ("D’ailleurs, où commence et où s’arrête le "néo-conservatisme" selon Macron ? Aurait-il refusé d’intervenir au Kosovo où, en 1999, le boucher serbe Milosevic opérait un "nettoyage ethnique " ?" s'exclament-ils).

Les complotistes en seront pour leurs frais : on peut être soutenu par Minc ou Wall Street (j'avais écrit par erreur Jacques Attali, je corrige en fonction de la remarque d'Edgar) tout en n'étant pas complètement du parti de la guerre...

Mais bon on ne sait toujours pas ce qui s'est joué dans la rencontre Macron-Poutine à Versailles le mois dernier.

En parlant de Poutine, regardez son interview par Oliver Stone sur France 3. Ca vaut le détour !

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Un point sur la Corée du Nord

13 Juin 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Asie

 Carla Stea, journaliste à Global Research, vient de publier un article surprenant sur la Corée du Nord,qui parle des écoles et centres de santé gratuits, des dames qui vont faire soigner leurs enfants à l'hôpital avec des chaussures à talons dorés, des très bons laboratoires scientifiques de ce petit pays sans lesquels il n'aurait pas pu se lancer non seulement dans son programme nucléaire, mais aussi son programme spatial.

Bien sûr ça n'empêche pas tous les mauvais côtés du pays qu'on connaît, mais le témoignage mérite d'être entendu, d'autant que, à ma grande surprise, comme moi en Transnistrie il y a 10 ans, Carla Stea a pu parler librement avec des nord-coréens dans la rue...

Surprenant aussi de voir cet article de NK Pro qui détaille les mesures de la Corée du Nord pour diminuer leurs émissions de CO2 et respecter les accords de Paris. Comme l'héroïque PKK kurde se seraient-ils mis sincèrement à l'heure écologique ?

Si vous aimez les histoires de barbouzes autour de ce pays, vous apprendrez que le frère du leader Kim-Jong-un,  Kim Jong-nam, tué à l'aéroport de Kuala Lumpur trimbalait 120 000 dollars en cash avec lui au moment de sa mort selon les autorités malaisiennes. Il les aurait obtenus sur place sans les déclarer. Pour beaucoup l'argent ne pouvait provenir que de la CIA, parce qu'il est quand même rare qu'on gagne 120 000 dollars cash simplement en jouant dans un casino malaisien. Les dames qui lui ont versé du poison au visage le savaient sûrement. Mais est-il sûr pour autant qu'elles travaillaient pour Pyongyang ?

Dans la même veine, cette "news" (nouvelle) des médias d'Etat nord-coréens : en juin 2014, un Nord-Coréen (probablement un businessman) qui bosse en Russie dans la région de Khabarovsk (où bossent des milliers de ses compatriotes), est approché par  des agents des services secrets sud-coréens (NIS). Le type retourne à Pyongyang où il téléphone trois fois au moins aux agents du NIS, et deux fois il se rend en Chine à Dandong et rencontre un Chinois originaire de Qingdao (est-ce un type des services secrets de ce pays ?) - les partisans de Kim Jong-un qui ont lu ce papier ont dû regretter que leur pays ait ouvert ses frontières et doivent en vouloir à la Chine. En novembre on lui demande de se procurer de la substance biochimique pour tuer Kim Jong-un. Il a été arrêté en avril dernier.

Info ou intox ? Rodger Baker, analyste de Stratfor.com, estime qu'il peut y avoir une part de fabrication dans cette histoire, mais qu'en tout cas les Nord-Coréens en la lisant vont se persuader que Trump cherche toujours à conduire un "regime change" chez eux, ce qui ne va pas les convaincre de se laisser désarmer...

Pour ma part je suis plus intéressé par cet embargo illégitime autant qu'inutile imposé par l'ONU le 3 juin dernier qui va frapper le peuple de ce pays. Les nord-coréens ne peuvent plus exporter leur charbon vers la Chine. Il en va de même de tous les autres minéraux. Les membres de l'ONU n'ont plus le droit d'assurer les navires nord-coréens, ni leur fournir d'équipage, et doivent les déclarer à leur arrivée au port. Heureusement, avec une certaine intelligence, l'ONU a soustrait l'aviation civile aux sanctions (à la différence de ce qui fut imposé par l'UE à l'Irak et à la Yougoslavie jadis). Aucun produit de luxe ne peut être exporté vers la Corée du Nord (a-t-on eu peur du goût de Kim Jong-un pour les Rolex ?). Et la Corée du Nord n'a plus le droit de vendre des statues (!!). Les Américains et le Japon vont compléter cet embargo par des mesures unilatérales.

Le joueur de basket Dennis Rodman a fait savoir que les sanctions ne l'empêcheront pas de retourner prochainement en Corée du Nord (pour la 6ème fois). Espérons que d'autres initiatives citoyennes de paix. On apprend au passage que Lanzmann vient de faire un film (et de le présenter à Cannes) sur l'histoire d'amour qu'il avait eue en Corée du Nord en 1958 qu'il avait déjà fort bien racontée dans "Le lièvre de Patagonie" (on en avait parlé il y a 6 ans jour pour jour sur ce blog).

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L'échec de Mme May, les thèses sur les attentats, le tandem Tillerson-Bush sur le Qatar

11 Juin 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Peuples d'Europe et UE, #Colonialisme-impérialisme, #Proche-Orient

Et voilà, Mme May comme M. Chirac nous auront démontré que dissoudre une assemblée n'est pas toujours une bonne idée. Son parti décroche 48 %, 40,5 % au Labour. Elle aura besoin des européistes pour gouverner. Mauvaise pioche. Les mauvaises langues disent que si le Labour avait eu un leader moins à gauche il aurait gagné, car si Corbyn a été le leader travailliste qui a fait le plus progresser le Labour d'une élection à l'autre depuis 1945, ce serait surtout à cause des gaffes de Mme May. Le Royaume Uni n'est pas au bout de ses peines.

Les révélations contraires au point de vue mainstream se multiplient. Un agent de la CIA sur son lit de mort confesse avoir fait partie des assassins de JF Kennedy. Des videos continuent de circuler sur le 11 septembre. Des gens se demandent si l'attentat de Manchester, comme le Celebgate de 2014 (qui avait aussi entre autres Ariana Grande dans son collimateur) n'a pas été organisé par des esprits un peu plus élevé dans la hiérarchie de la surclasse mondiale que des barbus de base (même protégés parle MI5) ou que des hackeurs boutonneux dans leur chambre. Mais évidemment toutes ces réflexions sont discréditées par le flot d'autres spéculations absurdes sur les chemtrails, le gran creux au centre de la terre, le récentisme et les pieds fourchus de Madonna. Bref, les gardiens du temple du "Nouvel ordre mondial" n'ont pas trop de soucis à se faire. C'est fou quand même que George Bush senior ait fait de ce terme un slogan en 1990. Déjà à l'époque beaucoup avaient été choqués par la ressemblance avec le thème nazi de "l'ordre nouveau". Mais quand on sait ce que le mot "ordre" signifie dans tout le domaine de l'occultisme et de l'alchimie on peine à penser que les communicants autour des milieux républicains américains de l'époque ont complètement procédé par hasard.

En tout cas, quand on voit les effets de cette doctrine hégémoniste sur l'Irak, la Libye, le Yémen, la Syrie ou même le Sud Soudan, on se dit que ces docteurs Faust du Pentagone et du Département d'Etat avait bien plus de pouvoir pour introduire la mort, le désespoir et le chaos en ce monde que les apprentis sorciers d'autrefois.

Avez-vous remarqué les cafouillages entre Tillerson et Trump sur le Qatar cette semaine ? Cela m'a rappelé quand le premier disait qu'il essayait "chaque jour de comprendre ce que le président attendait de lui". Ces deux-là sont plus dans l'amateurisme en matière d'art de la destruction massive que leurs prédécesseurs démocrates.

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