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Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #colonialisme-imperialisme tag

Des nouvelles du mouvement populaire au Soudan

22 Mai 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous

Un bon résumé (en anglais) de l'activisme populaire au Soudan pour l'instauration d'un régime démocratique, ainsi que des efforts des Etats-Unis pour réintroduire les forces liberticides dans le processus politique.  Fathi el-Fadl secrétaire de l'information du Parti communiste soudanais (une force importante qui était membre du gouvernement d'entente nationale en 2020) y rappelle, au micro d'Eugene Puryear, que le Soudan fait partie de l'Africom (commandement américain en Afrique) et que les appétits des pays riches contre son pays, y compris la France, sont féroces.

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Mobilisation des Brics

20 Mai 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Colonialisme-impérialisme

Après diverses réunions des "sherpas" des BRICS (Brésil Russie Inde Chine Afrique du Sud), les ministre des affaires étrangères de ce bloc se sont retrouvés hier par visio-conférence. A l'ouverture le président chinois Xi Jimping (dont le pays assume la présidence tournante) a appelé les cinq pays du groupe "à engager un dialogue et des échanges avec davantage de marchés émergents et de pays en développement afin d'accroître la compréhension et la confiance mutuelles, de resserrer les liens de coopération et d'approfondir la convergence des intérêts, de manière à rendre le gâteau de la coopération plus grand et augmenter la force de progrès et contribuer encore plus à la noble vision de construire une communauté de destin pour l'humanité."

Au menu des discussions : l'objectif d'augmenter le volume des règlements en devises nationales afin d'être plus indépendant des politiques de Washington. Les sanctions des États-Unis et de leurs alliés contre la Russie en gelant les 300 milliards de dollars de réserves d'or et de devises du pays, représentant près de la moitié des réserves de change totales de la Russie, ont fait perdre au dollar américain sa neutralité, estiment des experts comme Cao Yuanzheng, président de BOC International Research, ce qui incitera naturellement les pays BRICS à développer des parades.

Ils estiment que Washington a désormais une position "anti-mondialisation", et il leur faut donc s'engager dans la dédollarisation. Ainsi parallèlement au système de messagerie bancaire mondial SWIFT, la Chine souhaite mettre en avant auprès des BRICS son propre système de règlement commercial appelé le système de paiement interbancaire transfrontalier (CIPS), qui offre des services de compensation et de règlement aux participants aux paiements et au commerce transfrontaliers en yuan (le yuan représente 2,14 % des règlements mondiaux derrière le dollar américain, l'euro, la livre et le yen).

La ministre des affaires étrangères d'Argentine dont le pays aspire à rejoindre le BRICS siégeait à la réunion comme observateur. Les BRICS dans leur ensemble représentent 22% de la surface continentale, 42% de la population mondiale et 24% du PIB mondial.

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Les trahisons de la gauche de la gauche sur l'Ukraine

20 Mai 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche, #Peuples d'Europe et UE, #Colonialisme-impérialisme

Après notre inventaire des trahisons de la gauche de la gauche dans la lutte contre Big Pharma, voici quelques extraits celles concernant le combat pour la paix en Ukraine : trahisons délibérées ou simples naïvetés, on ne sait plus.

En France, le Tweet guerrier de Mélenchon du 18 mai (après une expulsion de diplomates qui pourtant ne faisait que répondre très normalement à la même expulsion préalable de diplomates russes) :  "En expulsant 34 diplomates français, 24 italiens et 27 espagnols, le gouvernement #Poutine provoque les nations de l'Europe du Sud. Il achève de s'exclure des nations qui cherchent la stabilité et la sécurité sur notre continent."

Le 7 avril sur BFM TV Fabien Roussel (PCF) estimait qu'il n'y a "pas assez" de sanctions contre la Russie.

Aux Etats-Unis, Bernie Sanders, Alexandria Ocasio Cortez, Ilhan Omar, et Rashida Tlaib (aile gauche du Parti démocrate) ont voté l'aide de 40 milliards à l'Ukraine  (dont une grande partie de missiles Stingers et Javelin qui vont encore prolonger inutilement cette guerre et dont une partie seront probablement revendus ou donnés par des mafias locales à des groupes extrémistes). Dans la même logique, en Espagne Yolanda Diaz ministre communiste du travail approuve les livraisons d'armes de son pays (dirigé par la gauche) à Zelinsky.

Pour le reste, comme pendant la guerre en Irak ou la guerre au Kosovo, les prises de positions de la gauche de la gauche européenne vont souvent dans le sens d'une vague déclaration de principe en faveur de la paix (voir la photo de l'association parlementaire pacifiste à la chambre des députés italienne ManifestA ci-dessous) sans guère relayer les informations occultées par les grands médias qui permettraient aux gens d'avoir une vision plus équilibrée du conflit ukrainien.

 

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Menaces occidentales contre les îles Salomon

26 Avril 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Colonialisme-impérialisme

Après le renversement du premier ministre pakistanais, des nuages s'amoncellent sur la souveraineté de l'archipel des îles Salomon (700 000 habitants). L'ambassadeur Daniel Kritenbrink, secrétaire d'État adjoint aux affaires de l'Asie de l'Est et du Pacifique, faisait partie d'une délégation américaine de haut niveau dans ce pays la semaine dernière.

Il a déclaré que l'équipe américaine, qui comprenait également le coordinateur du Conseil de sécurité nationale pour les affaires indo-pacifiques, Kurt Campbell, avait eu une réunion "constructive et franche" de 90 minutes avec le Premier ministre Manasseh Sogavare au cours de laquelle l'équipe américaine a détaillé ses préoccupations concernant son accord de sécurité secret signé avec la Chine.

"Bien sûr, nous respectons la souveraineté des îles Salomon, mais nous voulions également leur faire savoir que si des mesures étaient prises pour établir une présence militaire permanente de facto, des capacités de projection de puissance ou une installation militaire, nous aurions alors de sérieuses inquiétudes. , et nous répondrions très naturellement à ces préoccupations », a-t-il déclaré.

Lorsqu'on lui a demandé ce que cette réponse pourrait impliquer, il a répondu: "Écoutez, je ne vais pas spéculer et je ne suis pas en mesure de parler de ce que les États-Unis peuvent ou ne peuvent pas faire dans une telle situation."

Pressé de savoir s'il exclurait la possibilité que les États-Unis entreprennent une action militaire contre les îles Salomon si une base navale devait être établie, et, dans le cas contraire, s'il était sur la même longueur d'onde que le Premier ministre australien Scott Morrison selon lequel la base était une "ligne rouge". » pour l'Australie, il a conclu : " Je n'ai pas grand-chose à ajouter au-delà de ce que j'ai déjà dit".

Américains et Australiens avaient déjà en novembre dernier fomenté une tentative de coup d'Etat contre le premier ministre Sogavare. Celui-ci a avancé l'inaction de l'Australie et des Etats-Unis sur la question climatique comme motif de son alliance avec la Chine, l'archipel risquant à terme de se retrouver englouti sous les eaux.

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Mon livre sur l'agression de l'OTAN contre la Serbie à la Librairie du Globe

4 Avril 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Actualité de mes publications, #Peuples d'Europe et UE, #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous

La russophobie hystérique d'aujourd'hui et les spéculations gratuites de nos grands médias sur la "folie" de Vladimir Poutine, au mépris de toute réflexion critique sur le rôle des Occidentaux dans l'affaire ukrainienne (et au mépris d'une information honnête sur la situation de terrain), rappellent l'excitation anti-serbe unanimiste et totalitaire de 1999 - du temps où je fréquentais les salons de Régis Debray et faisais circuler des pétitions signées par Bourdieu, Chomsky et quelques autres -, ce que je raconte dans mon livre "L'Ingérence de l'OTAN en Serbie" paru en 2014. Cet ouvrage est maintenant en vente sur les étals de la librairie russophone la "Librairie du Globe",  67 boulevard Beaumarchais dans le 3ème arrondissement de Paris. Elle est tenue par deux jeunes gens très sympathiques qui affichent leur refus de tout bellicisme (y compris du bellicisme moscovite) et qui ont besoin de votre soutien en cette période de manichéisme imbécile.

Je leur ai rendu visite vendredi dernier, n'hésitez pas à faire de même !

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Opération américaine contre le premier ministre pakistanais

4 Avril 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les Stazinis, #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous, #Les régimes populistes

Mercredi dernier, sept députés du parti souverainiste de droite Tehreek-e-Insaf ( Mouvement du Pakistan pour la justice) fondé par le premier-ministre Imran Kahn ont annoncé qu'ils passaient à l'opposition, privant celui-ci de sa majorité. Celui-ci a alors pris a témoin le peuple pakistanais en agitant devant les écrans de télévision une lettre démontrant selon lui que "des puissances étrangères sont en train d'organiser un changement de régime au Pakistan".

Les principaux membres du gouvernement, le ministre de la Planification, du Développement, des Réformes et des Initiatives spéciales Asad Umar et le ministre de l'Information Fawad Chaudhry ont tenu une conférence de presse conjointe où ils ont révélé de plus amples détails sur cette lettre controversée. Khan a ensuite invité plusieurs membres de son cabinet, les médias et la communauté de sécurité pakistanaise à la consulter.

Les partis d'opposition ont tenté de ridiculiser cette lettre, Shahbaz Sharif (aspirant au poste de Premier ministre) ironisant en disant qu'il quitterait le navire et rejoindrait Imran Khan si la lettre est authentique.

Parallèlement à ce jeu politique, une mystérieuse requête était déposée auprès de la Haute Cour d'Islamabad (IHC) auprès du juge en chef d'Islamabad Athar Minallah, lequel rendait sur le champ un avis juridique selon lequel Imran Khan ne peut pas partager cette lettre en public en raison de son serment de confidentialité. La rapidité de la décision avait de quoi surprendre...

Le lendemain le Comité de sécurité nationale (NSC) du pays était réuni. Étaient présents le Premier ministre pakistanais, le chef de l'armée, le président des chefs d'état-major interarmées, l'armée de l'air pakistanaise (PAF) et les chefs de la marine, le conseiller à la sécurité nationale (NSA) et plusieurs autres responsables importants. L'opposition avait boycotté cette réunion, mais les participants unanimes décidaient de réprimander publiquement les Etats-Unis pour leur ingérence, et le 31 mars Khan révélait le contenu de la lettre : il s'agissait d'une lettre envoyée par des responsables du Département d'Etat américain à l'ambassadeur du Pakistan à Washington, annonçant le vote d'une prochaine motion de censure contre Khan au parlement et lui enjoignant de ne pas résister sous peine de conséquences terribles pour son pays (on parle maintenant - cf AFP - plutôt d'un câble diplomatique faisant état d'un enregistrement des propos d'un haut fonctionnaire américain à l'encontre du Pakistan).

Khan a ajouté que les rebelles de son parti avaient été achetés.

Le 9 mars l'armée pakistanaise s'est déclarée "neutre", puis a fait évoluer sa position au retour de Pékin du ministre des affaires étrangères pakistanais, ce qui laisse entendre que la Chine a fait pression sur les militaires contre l'ingérence américaine.

Lors de son interview du 1er avril à la télévision nationale (PTV), Imran Khan a exhorté la nation pakistanaise à rejeter l'alliance des partis corrompus et des médias soutenus par l'Occident, et à ne pas craindre les menaces de sanctions économiques contre le pays.

Hier le 3 avril, Imran Khan a échappé à la motion de censure en déclarant le vote inconstitutionnel et demandé au président Arif Alvi de dissoudre l'assemblée, ce qui devrait aboutir à la désignation d'un premier ministre par intérim. Il a ensuite dans la journée précisé au cours d'une réunion des cadres de son parti que l'auteur des menaces contre le Pakistan était le sous-secrétaire d'Etat en charge de l'Asie Donald Lu, qui a reconnu le 2 mars devant une commission du Sénat américain avoir exercé des pressions sur le Sri Lanka et le Pakistan (voir vidéo), tandis que le chef d'Etat major de l'armée pakistanaise avant hier a rappelé les liens de ladite armée avec les Etats-Unis.

Au pouvoir depuis 2018 Khan, ancien champion de cricket a changé de vie, alors qu'il était playboy international connu pour son mariage avec la mondaine Jemima Goldsmith il est devenu un pieux musulman hostile à la politique occidentale. Son épouse qui est de père juif, de mère protestante et de grand mère catholique, est aussi sur une ligne hostile aux injustices de la politique américaine en ce moment. Elle a par exemple condamné le 11 février dernier la décision américaine de dépenser une partie des 7 milliards de dollars d'actifs volés à l'Etat afghan depuis la prise du pouvoir des talibans en Afghanistan pour l'indemnisation des victimes du 11 septembre,  alors que des mères afghanes en sont réduites à "vendre leurs organes pour épargner la famine à leurs enfants". Elle retweete aussi des messages de soutien à Julian Assange.

Khan a rencontré Vladimir Poutine le 24 février dernier, et Islamabad s'est abstenu de condamner l'invasion russe de l'Ukraine à l'Assemblée générale de l'ONU le 2 mars et a refusé d'imposer des sanctions à la Russie. Le cheikh soufi Imran Hosein, un leader favorable à l'alliance chistiano-musulmane contre l'impérialisme, le 2 avril a qualifié la période actuelle de "moment de vérité" pour le Pakistan, l'enjeu est de savoir si le Pakistan veut rester un "Etat esclave". Il déclare (15e minute) aux partis pakistanais qui se réclament de l'Islam ont préparé une "révolution de couleur" avec l'argent américain, et en décidant de commettre un "regime change" au début du Ramadan, qu'ils ont commis une faute qui va conduire chaque Pakistanais attaché au Coran à se souvenir de tous les leaders pakistanais (Liaquat Ali Khan, Z.A. Bhutto, Zia al Haq et Benazir Bhutto) qui ont été éliminés à la demande des Occidentaux.

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Transfert de données : l'alignement de la Commission européenne sur les Etats-Unis

1 Avril 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE, #Colonialisme-impérialisme, #Les Stazinis

L'Union européenne ne se contente pas de devenir l'otage de Washington sur le plan énergétique en décidant de se dégager des livraisons de gaz russe (ce qu'il n'est pas sûr qu'elle parvienne à faire à court terme) après avoir gelé (pardon volé) une partie des réserves bancaires de Moscou : il y a une semaine (le 25 mars) la présidente de la commission européenne a conclu un accord de partage des données informatiques des citoyens européens avec les Etats-Unis.

Pour mémoire la Cour de justice de l’UE en juillet 2020 avait estimé, en se référant aux programmes d'espionnage de l'Agence nationale de sécurité américaine Prism (révélé par le transfuge Snowden) et Upstream  que le « Privacy Shield », utilisé par 5 000 entreprises américaines, dont les géants comme Google ou Amazon, ne protégeait pas de possibles « ingérences dans les droits fondamentaux des personnes dont les données sont transférées » (et en juin 2020, j'avais moi-même posé la question concernant le transfert aux GAFA du Health data hub créé par le gouvernement français - le thème s'est invité dans la campagne électorale récemment). L’affaire avait été initiée par une plainte contre Facebook de l'activiste autrichien Max Schrems, qui maintenant fait remarquer que cet accord claironné dans les grands médias acquis aux grands groupes financiers internationaux est pour l'heure une simple entente verbale obtenue sans que Washington fasse la moindre concession puisque le Privacy Shield ne sera pas révisé et que les Etats-Unis ont simplement annoncé qu'ils renforceront les garde-fous applicables au SIGINT (renseignement électronique) probablement sous la forme d'un ordre exécutif intégrant la notion de « nécessaire et proportionné » qui guide la jurisprudence européenne (mais sans garantie sur le contenu de cet ordre exécutif) et la mise en place d'une instance judiciaire ad hoc pour les litiges, avec un risque qu'elle soit d'accès restreint pour les justiciables comme l'actuelle Cour de Surveillance du Renseignement Étranger des États-Unis (FISA).

La récente jurisprudence FBI c. Fazaga de la Cour suprême américaine du 4 mars 2022 rend peu probable un durcissement des règles en matière d'espionnage outre-atlantique. Cette affaire concernait une enquête mené par un informateur du FBI en 2006 et 2007,  dans les plus grandes mosquées du comté d'Orange, en Californie. L'informateur du FBI a recueilli sans distinction les noms, numéros de téléphone et adresses électroniques, ainsi que des informations sur les croyances religieuses et politiques de centaines d'Américains musulmans. Après que les plaignants – un imam et deux fidèles – ont intenté une action en justice, le gouvernement a fait valoir que le « privilège des secrets d'État » obligeait le tribunal à rejeter les allégations selon lesquelles le FBI avait illégalement ciblé des membres de leur communauté musulmane à des fins de surveillance en raison de leur religion. La cour d'appel a rejeté cet argument, estimant que le procès pouvait continuer sur la base des procédures spéciales mandatées par le Congrès il y a des décennies, qui obligent les tribunaux à examiner les preuves sensibles à huis clos dans les affaires d'espionnage. Mais la Cour suprême ne l'a pas suivie et étend ainsi l'opposabilité de la notion de secret d'Etat dans les affaires d'espionnage.

Tout ce que l'on peut constater donc à ce stade c'est que les Etats-Unis ont cyniquement exploité la guerre d'Ukraine pour obtenir un renoncement de la commission européenne aux acquis de la décision de la Cour de justice de 2020, ce qui ne fera de toute façon qu'aboutir à de nouveaux combats judiciaires si les défenseurs des droits des citoyens de ce côté-ci de l'Atlantique ne désarment pas.

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Négociations en Ukraine, sénilité de Biden

30 Mars 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE, #Le monde autour de nous, #Les Stazinis, #Colonialisme-impérialisme

Toujours beaucoup de partialité parmi nos médias dans le traitement de l'invasion russe de l'Ukraine. La perspective d'un accord de paix russo-ukrainien qui pourrait donner lieu à référendum fait la "Une "du Jerusalem Post en Israel, mais reste ignorée ce soir par nos journaux et les chaînes de TV qui préfèrent se focaliser sur les victimes des crimes de guerre russes (comme les médias russes se polarisent sur les victimes du bataillon Azov ou sur la légèreté de Zelinsky).

Difficile de faire la part des choses cependant en ce qui concerne la réalité sur le terrain. On dit l'armée russe assez inefficace car reposant sur des troupes trop jeunes et peu motivées. Il est vrai que la volonté de "ménager" les Ukrainiens, alibi des pro-russes pour justifier la lenteur de la progression de leur camp au bout d'un mois, n'a pas l'air très crédible au vu des dégâts matériels et humains.

De même il est difficile de savoir quels sont les effets des sanctions. En Occident on nous annonce un fort impact sur le moral de la société russe, mais en Russie, on affiche la progression du cours du rouble en dollars depuis trois jours. Si la Russie vivait si mal les sanctions, l'Ossétie du Sud aurait-elle annoncé aujourd'hui son intention de faire adopter par référendum un projet d'absorption de son territoire par le voisin du Nord ?

En Europe, la guerre polarise les positions : après la Finlande, la Suède décide de rejoindre l'OTAN. Hors d'Europe, Moscou pour sa part peut se vanter de refédérer autour d'elle les anciens "BRICS" puisque l'Afrique du Sud, le Brésil et l'Inde se sont rapprochés de ses positions au cours des dernières semaines.

Je suis frappé de voir combien les grands trusts médiatiques occidentaux passent à Biden ce qu'ils n'auraient jamais toléré chez Trump. L'actuel président au cours des 10 derniers jours a quand même annoncé à tort un envoi de troupes américaines en Ukraine, une modification de la doctrine américaine sur l'emploi des armes chimiques, le choix d'une politique de "regime change" etc... Le tout a nécessité des démentis circonstanciés de ses conseillers atterrés, mais tout de même un tel degré d'irresponsabilité est inquiétant au seuil d'un possible conflit nucléaire. On dit qu'il est si différent de l'homme politique que les Etats-Uniens connurent à l'époque du mandat d'Obama qu'ils ne reconnaissent même pas sa voix. Tucker Carlson de Fox News le décrit comme atteint de colères caractéristiques d'un début de sénilité.  Comme on l'a parfois avancé à propos de l'irrationalité apparente de nos gouvernants pendant la crise du Covid, on en vient à se demander si des pouvoirs cachés ne prennent pas un malin plaisir à mettre à dessein sur le devant de la scène les politiciens les plus incompétents et les plus grotesques aux heures les plus critiques pour le sort de l'humanité. De ce point de vue là, les cas de Biden et Zelinsky sont assez caractéristiques. Ensuite le jeu consiste à faire passer les plus gros bobards, pour faire accepter la plus grande inversion. Le plus risible doit passer pour le plus héroïque, le plus fou pour le plus sage etc.

On aimerait en tout cas que ni Biden, ni aucun jusqu'au-boutisme ukrainien ou russe ne viennent torpiller la lueur de chance de paix qui a pu se dessiner aujourd'hui.

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Le témoignage d'un trotskyste à Kiev, et les répercussions globales de la guerre

24 Mars 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE, #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous

Au Venezuela, le site chaviste Aporrea comme certains de ses homologues européens vient de diffuser un appel d'Oleg Vernik, du syndicat Zakhist Pratsi (qui a l'air d'obédience trotskyste) et ancien assistant à la fac de droit de Kiev auquel des rivaux gauchistes reprochaient jadis ses liens avec Kadhafi (voir ici) ; il dénonce à la fois l'engagement de l'Ukraine dans le camp de l'OTAN, et la brutalité russe. Le point intéressant de l'appel est qu'il souligne que les populations russophones ne se sont pas massivement ralliées aux "libérateurs" armés... Sans doute Moscou dira-t-il que c'est parce que les néo-nazis les tiennent en otage, mais le mécanisme psychologique est sans doute plus complexe. Je m'étais déjà posé la question il y a quelques années quand on avait constaté que Kharkov et le Odessa ne s'étaient pas jointes à la cause du Donbass. Les Russes disaient "c'est parce que l'exemple des dizaines de personnes brûlées dans la  maison des syndicats à Odessa en 2014 les a réduites à la peur". On ne pouvait qu'y croire à moitié. Il est possible que les russophones aient un sentiment ambigu à l'égard de l'unité nationale ukrainienne et de son éventuel basculement du côté européen, notamment du fait des hausses de salaire que cela pourrait induire.

Dans une conférence en ligne du 14 mars le même Vernik expliquait que Kiev était encerclée sauf un corridor humanitaires mais que ces corridors étaient menacés parce que Moscou ne respectait pas ses engagements (autre son de cloche par rapport aux pro-russes qui mettent en cause les milices d'extrême-droite quand les corridors ne fonctionnent pas, il y a probablement un peu des deux). Il racontait également que 18 000 armes ont été distribuées à la défense territoriale pour défendre la ville. Il minimise aussi le poids de l'extrême-droite dans le pays réduite à 2 % des votes (mais alors pourquoi Kiev n'en a-t-il pas désarmé les milices ?). Son avis sur Zelensky a l'air d'être le même que celui de Bernard-Henry Lévy à l'issue de son voyage à Odessa : qu'il était un Coluche devenu Churchill, ou qu'en tout cas il s'est montré plus courageux que prévu, ce qui joue à son crédit, tandis que la Russie avance moins rapidement que prévu.

Devant cette stagnation, je vois poindre sur Twitter des rumeurs selon lesquelles une zone d'exclusion aérienne partielle pourrait être instaurée, ce qui augurerait d'une partition possible du pays. Je suppose que beaucoup d'options différentes sont sur la table. Les Russes parlent d'un déplacement des ressources bactériologiques en Moldavie via les réfugiés "bandéristes", ce qui est une "information" assez étrange. Il en circule de toutes sortes du même genre qui ne pourront être tranchées qu'après coup à froid par les historiens, comme la question de savoir si le bombardement de la maternité de Marioupol et de son théâtre qui ont ému nos médias sont des false flags operations.

On voit bien en tout cas qu'il serait dans l'intérêt de tous que Moscou et Kiev parviennent rapidement à un accord. Du côté russe, on s'inquiète de voir Renault qui fournissait un tiers du marché national en voiture s'en désengager à la demande de Zelensky (la Chine ne peut pas forcément la remplacer car elle redoute de subir elle aussi des sanctions), et au niveau mondial Macron, Biden et Scholz mettent en garde contre une crise alimentaire qui se profile (et dont d'ailleurs l'Afrique serait la première victime, voir le graphique ci dessous).

La crise alimentaire pourrait donc s'ajouter à la crise énergétique à l'heure où Moscou exige que les pays "inamicaux" paient leur gaz en rouble. Certains esprits mal tournées font remarquer que la pénurie de blé fera le jeu de Bill Gates qui a investi dans l'alimentation artificielle et du Forum Economique mondial qui l'a promue dans une vidéo récente sur son site...

En attendant, la presse de gauche mexicaine (dans un pays qui subit des pressions pour durcir sa position à l'égard de la Russie), elle, alerte sur un phénomène dont on parle peu : les réfugiés russes interdits d'accès aux Etats-Unis. On peut cependant douter qu'il s'agisse d'un phénomène massif.

 

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L'étoile rouge de Belgrade chante une chanson de Lennon

21 Mars 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Grundlegung zur Metaphysik, #Peuples d'Europe et UE

Les supporteurs de l'Etoile Rouge de Belgrade, le club de foot serbe, ont cru intelligent la semaine dernière de rappeler les guerres américaines (listées sur des banderoles) en entonnant la chanson de Lennon" Give Peace a Chance". Personne ne leur a expliqué que Lennon avait vendu son âme au diable de son propre aveu (voir aussi The Lennon Prophecy: A New Examination of the Death Clues of The Beatles de Joseph Niezgoda ). Souvenez vous d'une autre chanson qui fut l'hymne des covidistes, Allan Rich avait dit quelques vérités sur l'omniprésence de cette chanson dans les écoles françaises en novembre 2015, je vous renvoie aussi à ma vidéo sur les Beatles, et à cette page sur les Beatles et la FM.

A part ça, un sondage au Canada montre sans surprise que les moutons vaccinés sont aussi ceux qui sont les plus enthousiastes pour la confrontation avec la Russie (le système fabrique des moutons enragés, qui seront assimilés aux boucs à la fin des temps).

 

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La souveraineté toujours entravée du Congo-RDC

16 Mars 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Colonialisme-impérialisme

Dans le cadre du blog de l'Atlas alternatif jadis je dénonçais souvent les effets très meurtriers de la guerre civile à l'Est du Congo et l'action néfaste du Rwanda dans cette zone. Dix ou quinze ans après, les choses ne s'améliorent pas pour ce grand pays en quête de souveraineté réelle.

Je lis sur le blog de la journaliste belge Colette Braeckman ce constat d'il y a deux mois :

"Les  souverainistes relèvent que l’adhésion à la zone africaine de libre échange se traduit  surtout, pour la RDC, par la  fourniture de matières  premières brutes qui seront transformées hors des frontières (l’or en Ouganda et au Rwanda, le coltan au Rwanda, le cuivre en Zambie,  le cobalt en Chine après avoir transité par la  Tanzanie et l’Afrique du Sud…). En outre, les accords militaires se résument souvent à une sorte de libre circulation de troupes étrangères sur le territoire national,  moins pour rétablir la paix au bénéfice des Congolais que pour traquer divers groupes d’opposants menaçant les pays voisins et exploitant les richesses locales.  Les zones frontalières sont ainsi devenues des terrains d’opération pour des forces étrangères antagonistes : des militaires burundais traquent, dans le Sud Kivu, des groupes d’opposants eux-mêmes soutenus par Kigali pour affaiblir  le régime de Bujumbura tandis que des opposants rwandais du RNC (Congrès national rwandais) dirigés par le général  Kayumba Nyamwasa tentent de recruter dans les haut plateaux au dessus d’Uvira, ce qui entraîne la destruction des  villages et du bétail de Tutsis congolais Banyamulenge.

Au Nord Kivu, l’état de siège  décrété voici sept mois n’a pas empêché les  massacres de se poursuivre : malgré la suspension des  administrations civiles et le quartier libre donné aux militaires, 1300 personnes  ont péri sous les coups des ADF, ces milices islamistes affirmant s’opposer au président ougandais Museveni et relever de l’internationale djihadiste.  La Monusco, dont l’impuissance a été avérée après vingt ans de présence en RDC, a été mise à l’écart des opérations conjointes désormais menées par une armée congolaise dont les effectifs avaient été surestimés et par l’armée ougandaise qui a envoyé dans l’ Ituri ses meilleurs détachements, qui ont déjà remporté quelques succès.  Ce qui n’a pas empêché un groupe terroriste de mener une attaque suicide à Beni le jour de Noël.
Quant à la présence rwandaise, elle est plus mal vécue encore par les populations locales :  elles ont assisté, voici quelques semaines, à une « promenade » de l’armée de Kagame au nord de Goma,  tout le système de télécommunications congolais est désormais contrôlé au départ de Kigali, les avions Rwandair opèrent (avec succès et ponctualité)  sur l’ensemble du territoire national et, pour s’être opposé à une tentative de main mise rwandaise sur les  réseaux d’information, le directeur de la radio télévision congolaise Freddy Mulumba a été sèchement licencié. "

Un député du Nord Kivu vient de faire état d'une moyenne de 7 personnes tuées chaque jour au cours des 331 derniers jours dans cette province. Mais c'est comme de l'enfant yéménite qui meurt toutes les neuf minutes. Tous les Européens s'en fichent. C'est pourtant du Kivu que vient le coltan sans lequel vos téléphones portables ne marcheraient pas. C'est là que les clients des Clinton à Kigali ont semé le désordre pendant plus de vingt ans, et l'incapacité de Kinshasa à construire un Etat fort face à ses encombrants voisins au fond arrange bien tout le monde.

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D'un labo américain l'autre : le Lugar Center à Tbilissi

12 Mars 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Colonialisme-impérialisme, #Abkhazie, #Peuples d'Europe et UE, #coronavirus-vaccination-big pharma

Il n'y a pas que les bio-laboratoires américains en Ukraine qui suscitent des polémiques. La journaliste bulgare Dilyana Gaytandzhieva évoque ici (13e minute) au micro de Dan Cohen un investissement de 161 millions de dollars à Tbilissi (Georgie), un laboratoire parmi d'autres que Washington a implantés dans 25 pays.

Sur son site elle nous en dit plus. Il s'agit du Lugar Center, à 17 km de la base aérienne militaire de Vaziani, où Dilyana Gaytandzhieva a enquêté en septembre 2018.

Le Lugar Center est devenu célèbre ces dernières années pour ses activités controversées , ses incidents de laboratoire et ses scandales entourant le programme contre l'hépatite C du géant américain du médicament Gilead (qui avait fait parler de lui pour son funeste Remdesivir au début de la crise du Covid) en Géorgie, qui a entraîné la mort d'au moins 248 patients . La cause du décès dans la majorité des cas a été répertoriée comme inconnue, selon des documents internes .

Le projet géorgien GG-21 a été financé par DTRA et mis en œuvre par des scientifiques militaires américains d'une unité spéciale de l'armée américaine portant le nom de code USAMRU-G qui opère au Lugar Center. Ils ont reçu l'immunité diplomatique en Géorgie pour rechercher des bactéries, des virus et des toxines sans être inquiétés. Cette unité est subordonnée au Walter Reed Army Institute of Research (WRAIR).

Des documents obtenus du registre des contrats fédéraux américains montrent que l'USAMRU-G étend ses activités à d'autres alliés américains dans la région et "établit des capacités expéditionnaires" en Géorgie, en Ukraine, en Bulgarie, en Roumanie, en Pologne, en Lettonie et dans tous les emplacements futurs. Le prochain projet USAMRU-G impliquant des tests biologiques sur des soldats doit démarrer en mars de cette année à l'hôpital militaire bulgare de Sofia.

Les activités du DTRA en Géorgie et en Ukraine relèvent de la protection d'accords bilatéraux spéciaux. Conformément à ces accords, la Géorgie et l'Ukraine s'abstiendront de toute responsabilité, n'engageront aucune poursuite judiciaire et indemniseront les États-Unis et leur personnel, les sous-traitants et le personnel des sous-traitants en cas de dommages matériels, de décès ou de blessures à toute personne en Géorgie et en Ukraine, résultant de d'activités dans le cadre du présent accord. Si des scientifiques parrainés par DTRA causent des décès ou des blessures à la population locale, ils ne peuvent pas être tenus responsables.

Dans une vidéo publiée par Al Mayadeen : des riverains comme Albert Nurbekyan et Eteri Gogitidze du village d'Aleweevka témoignent qu'il y a de la fumée rouge, noire, verte qui se dégage de ce centre pendant la nuit, avec une odeur chimique d'oeuf pourri. Deux travailleurs philippins sont morts par empoisonnement lors de la construction du centre. La rivière voisine a été aussi polluée. De quoi inquiéter l'Abkhazie voisine...

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Nuland aux Chinois : "La neutralité n'est pas une option"

10 Mars 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Peuples d'Europe et UE, #Le monde autour de nous, #coronavirus-vaccination-big pharma

Evidemment, en situation de guerre, comme disait Kipling, la vérité est toujours la première victime. Donc quel crédit faut-il accorder à cette information que je lisais ce matin sur Al-Mayadeen : « Le ministère russe de la Défense a annoncé aujourd'hui, jeudi, que "des laboratoires biologiques américains établis en Ukraine ont mené des expériences sur le coronavirus". Il accuse aussi les USA d' "étudier la propagation des maladies par les oiseaux migrateurs entre l'Ukraine et la Russie ».

80 tonnes d'ammoniac auraient été expédiées au village de Zolochev, au nord-ouest de Kharkov, par des nationalistes ukrainiens (qui par ailleurs empêchent les habitants de quitter Marioupol encerclée). Les Etats-Unis ont démenti.

Difficile de faire la part du vrai et du faux. Sur Twitter la journaliste bulgare Dilyana Gaytandzhieva (ancienne employée du journal mainstream Труд ) rappelle qu'en mars 2018 elle avait été expulsée du Parlement européen pour avoir tenté de demander au Secrétaire adjoint américain à la santé Robert Kadlec qui le visitait pourquoi Washington finançait 25 laboratoires biologiques autour de la Russie, de l'Iran et de la Chine. Un officiel chinois a surenchéri : "Les États-Unis ont 336 laboratoires dans 30 pays sous leur contrôle, dont 26 rien qu'en Ukraine. Il devrait rendre compte de ses activités militaires biologiques dans son pays et à l'étranger et se soumettre à une vérification multilatérale." Comme souvent Tulsi Gabbard a eu des mots justes sur cette affaire des laboratoires US dans le monde.

Ce qui est certain en tout cas, c'est cette déclaration de la pitoyable sous-secrétaire d'État américain aux Affaires politiques Victoria Nuland : « Les Chinois aiment dire qu'ils sont neutres dans ce conflit... Le chancelier [allemand] [Olaf] Scholz et le président [français] [Emmanuel] Macron ont parlé au [président chinois] Xi Jinping juste aujourd'hui pour faire comprendre aux Chinois que la neutralité n'est pas une option ici ».

Nuland, épouse du néo-conservateur Robert Kaga, conseillère de Dick Cheney au moment de l'invasion de l'Irak sous l'administration Bush, s'était distinguée au moment du coup d'Etat de Maïdan en 2014 par son célèbre "fuck Europe" intercepté dans une conversation où elle préconisait d'imposer les hommes de Washington au pouvoir à Kiev, elle était alors sous-secrétaire d’État pour les Affaires européennes et eurasiatiques d'Obama.

La neutralité sur le conflit ukrainien est pourtant l'option adoptée par les pays les plus peuplés du monde, et 17 pays africains (ainsi que, plus généralement, tous les pays qui n'ont pas une base américaine sur leur sol). C'est la seule option pour pouvoir servir d'intermédiaire entre Russes et Ukrainiens et parvenir le plus vite possible au retour de la paix.

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Petit retour sur la question des laboratoires bactériologiques en Ukraine

5 Mars 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE, #Le monde autour de nous, #Colonialisme-impérialisme, #Débats chez les "résistants"

Comme je le disais ici il y a 8 jours, seuls les historiens pourront déterminer si V. Poutine a eu des raisons objectives de pas limiter son intervention en Ukraine à la simple défense du Donbass.

Les gens qui tombaient sur mon blog en cherchant des informations sur les laboratoires américains d'armes bio-chimiques en Ukraine, m'ont semblé faire fausse route s'ils tentaient d'y voir la cause stratégique de l'invasion vu la source de cette rumeur, l'ex-député Alexey Zhuravko (Alexeï Jouravko).

Et puis voilà qu'un auteur anonyme, Julien G (est-ce si dangereux d'écrire sous son vrai nom en ce moment en matière géostratégique ?), sur le site du Courrier des stratèges, hier, a publié un article tentant de creuser cette hypothèse sous le titre "Pourquoi les États-Unis financent-ils des bio-laboratoires militaires en Ukraine?"

Il y explique que « L’opération militaire russe en Ukraine a "coïncidé" avec le lancement prévu de bio-laboratoires militaires américains à Kiev et à Odessa.» Tout en ajoutant que « L’ambassade des États-Unis en Ukraine a depuis supprimé de son site Internet les documents relatifs aux 11 laboratoires biologiques financés par le Pentagone en Ukraine. » Pas de chance...

Alors que reste-t-il comme élément de preuve si l'ambassade a tout supprimé d'un clic de souris ? Un accord  sur la « lutte contre les agents pathogènes hautement dangereux » en Ukraine figurant sur un site officiel américain. En fait ce contrat est un amendement à un contrat antérieur, signé dans le cadre de la Réduction coopérative des menaces (en anglais Cooperative Threat Reduction  - CTR).

Quand on regarde un peu l'historique on se rend compte que cette affaire de coopération pour la réduction des menaces remonte à au moins 2005 (juste après la Révolution orange) date à laquelle l'Arms Control Association écrivait :

"La coopération américaine avec l'Ukraine dans le cadre du programme Nunn-Lugar Cooperative Threat Reduction (CTR) a été élargie le 29 août avec un accord d'utilisation des fonds américains du CTR pour améliorer la sécurité des agents pathogènes stockés dans les établissements de recherche biologique et de santé de l'ancienne république soviétique.

En vertu de l'accord, les fonds du CTR iront pour la première fois directement à des projets visant à sécuriser les souches pathogènes et les connaissances biologiques sensibles en Ukraine. Les États-Unis s'efforceront également d'améliorer les capacités ukrainiennes à détecter, diagnostiquer et traiter les épidémies de maladies infectieuses, ainsi qu'à déterminer si les épidémies sont naturelles ou le résultat du bioterrorisme.

L'accord a été signé lors de la visite à Kiev d'une délégation américaine de haut niveau conduite par le président de la commission sénatoriale des relations étrangères Richard Lugar (R-Ind.) et le sénateur Barack Obama (D-Ill.).

Parmi les installations en Ukraine destinées à recevoir des mises à niveau de sécurité figurent celles autrefois liées au réseau anti-peste de l'ère soviétique, qui continuent de stocker des bibliothèques d'agents pathogènes naturels à des fins de recherche et de santé publique. Andy Fisher, porte-parole de Lugar, a déclaré à Arms Control Today le 15 septembre que les installations anti-peste "étaient des menaces et ce sont des menaces", étant donné le risque qu'une mauvaise sécurité puisse permettre aux terroristes d'accéder à des agents pathogènes. Fisher a également évoqué la possibilité que des procédures d'exploitation et des équipements obsolètes puissent entraîner la fuite involontaire d'agents pathogènes de ces installations, mettant en danger la santé publique de la région.

La coopération dans le cadre du nouvel accord ne se limitera pas à la sécurité physique vis-à-vis des agents pathogènes. Des fonds seront également disponibles pour l'emploi pacifique de scientifiques dont les compétences et l'insécurité financière pourraient en faire des cibles potentielles pour les États ou les groupes indépendants cherchant à acquérir des capacités d'armes biologiques. En outre, l'accord comprend des dispositions pour la coopération entre les laboratoires épidémiologiques américains et ukrainiens dans le diagnostic des épidémies. À cette fin, les agents pathogènes des établissements de santé et de recherche ukrainiens seront partagés avec des laboratoires partenaires américains. Dans le cadre d'un accord CTR avec l'Azerbaïdjan, les États-Unis ont également reçu le mois dernier un transfert d'agents pathogènes provenant d'installations similaires dans cette ancienne république soviétique."

A première vue tout cela était censé être purement pacifique. Mais revenons à l'article de Julien G. Il explique précisément que dans le cadre de cet accord, en juin 2010, a été ouvert à l’Institut de recherche Mechnikov Anti-Peste à Odessa en présence de l’ambassadeur américain John Tefft, le premier centre biologique d’Ukraine.

Il cite ensuite les propos du secrétaire du Conseil de sécurité russe, Nikolai Patrushev dans l’hebdomadaire Argumenty I Fakty en septembre 2021 repris par l'agence Tass, "Les laboratoires biologiques que Washington met en place à travers le monde mettent en péril la santé de dizaines de millions de personnes, violant ainsi leurs droits".

Puis Julien G nous oriente vers les propos du  directeur américain du programme Cooperative Threat Reduction Program, Robert Pope, le 26 février dernier qui estime que l'offensive russe met en péril la sécurité des installations ukrainiennes (11 laboratoires) aménagées dans le cadre des programmes CTR notamment en cas de coupure d'électricité en ce qui concerne les virus stockés dans les réfrigérateurs. Cela dit Robert Pope se sentait obligé de préciser que des experts extérieurs ont reconnu que ses investissements dans les laboratoires ex-soviétiques n'étaient pas des "opérations camouflées pour créer des armes biologiques" (not a covert bioweapons operation). Qui croire ?

Tout cela était en tout cas d'autant plus inquiétant pour les Russes, nous dit Julien G, que la « Defense Threat Reduction Agency » (DTRA), du Département de la Défense, qui finance les 11 laboratoires entretient la confusions en externalisant son activité auprès d'organismes privés dont les employés jouissent par ailleurs de l'immunité diplomatique.

Propagande contre propagande. On sent bien qu'il sera aussi difficile de savoir ce qu'il se passe dans ces 11 laboratoires qu'il le sera de deviner ce qui s'est passé en 2019 dans le laboratoire P4 de Wuhan supposé être à l'origine de la diffusion du SRAS-Cov-2. Mais c'est quand même un élément de réflexion utile à apporter au débat sur l'invasion russe de l'Ukraine.

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Projet d'adhésion du Kosovo à l'OTAN

4 Mars 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Peuples d'Europe et UE, #Débats chez les "résistants"

Il n'y a pas de limites aux revendications des clients de l'Occident. 

Le 3 mars, le ministre kosovar de la Défense, Armend Mehaj, a fait savoir sur Facebook et Twitter qu'il s'est entretenu par visioconférence avec le ministre de la Défense de la Croatie, Mario Banožić et que celui-ci s'est engagé à soutenir la demande de l'entité d'adhésion de l'entité de Pristina à l'Organisation du traité de l'Atlantique nord.

Pourtant le Kosovo n'a pas d'armée et une telle adhésion serait contraire à la résolution de l'ONU 1244, qui régit la situation du Sud de la Serbie depuis 1999.

Le ministre croate a visité en décembre dernier le Kosovo où se trouve une centaine soldats croates dans le cadre des contingents de la KFOR au camp Villlagio Italia, près de Peć dans l'Ouest du Kosovo, dirigé par un sémillant colonel italien (voir ici).

La demande d'adhésion accélérée du Kosovo à l'OTAN a été votée par le parlement de cette entité hier, par 94 voix sur les 120. La dépêche de Reuters qui rapporte l'information précise que l'entité pourrait se doter prochainement d'une armée de 5 000 hommes en violation de la résolution de l'ONU (mais que valent ces résolutions en ce moment quand l'ambassadeur Ukrainien à l'assemblée générale demande que la Russie perde son statut de membre permanent du conseil de sécurité ?).

La session s'est accompagnée d'une vaste démonstration de soutien à l'Ukraine comme le montre la photo à gauche de la députée kosovare Doarsa Kica (ex avocate et boursière de l'université jésuite de Chicago, c'est toujours intéressant pour la sociologie politique...) .

Des affiches "We stand with Ukraine" avaient été placés en début de session sur les bureaux des 120 députés (ce qui révèle en soi le caractère assez totalitaire et unanimiste du parlement kosovar). Les 10 députés de la Liste serbe les ont retournés à l'envers en signe de protestation avant de quitter la salle.

Selon Visegrad 24 le Kosovo pourrait accueillir 5 000  réfugiés ukrainiens. Déjà 20 journalistes ukrainiens ont été installés à Pristina, avec l'aide de l'European Center for press and media freedom (probablement un organe lié à l'Open society de Soros, mais il devient de plus en plus difficile de "tracer" les financements de ces ONG). Pendant que le Kosovo et notamment Doarsa Kica soutiennent les journalistes ukrainiens, cette vaillante députée travaille à interdire le pluralisme de nos médias (et de journalistes free lance comme Anne-Laure Bonnel dans le Donbass). 

Hier après midi elle expliquait fièrement sur son profil Facebook : "Avec l'eurodéputée (écologiste allemande) Viola Von Cramon, nous avons parlé de bloquer les portails qui diffusent de fausses informations, de la propagande et généralement de bloquer les chaînes, les pages et les nouvelles venant de la Fédération de Russie et les agendas pro-russes". Von Cramon supervisait les élections du soi-disant Kosovo de 2019 pour le compte de l'UE et était présente à la délibération du parlement de l'entité de Pristina.

 

Vote AG ONU sur l'invasion de l'Ukraine 2 mars (les pays les plus peuplés et 17 Etats africains s'abstiennent)

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