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Le blog de Frédéric Delorca

La Papouasie occidentale

26 Septembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

Dans les années 1970, le linguiste Noam Chomsky, qui a beaucoup influencé mon engagement pendant et après la guerre du Kosovo, avait attiré les médias polarisés sur le génocide cambodgien sur le fait qu'un massacre d'une aussi grande ampleur avait eu lieu avec des armes américaines au Timor, sous la houlette de l'armée indonésienne.

Cette dernière armée, comme l'armée birmane, a toujours été douée pour les massacres en sourdine à l'abri des regards. Puisque les journalistes sont plus attentifs à la com de Macron (qui leur ment quand il dit qu'il a passé des nuits dans des conditions de fortune outre-mer aux côtés de victimes d'ouragans quand en réalité il a confortablement dormi à la préfecture), et que les profs de facs restent enfermés dans leurs marottes qu'ils balancent dans des colloques devant trois pelés et deux tondus, je vais tenter ici en simple citoyen engagé des plus ordinaires, de vous dire un mot du Mouvement de libération de la Papouasie occidentale (MLPO), qui est une province actuelle de l'Indonésie.

La Papouasie occidentale (qui est distincte de la Papouasie Nouvelle-Guinée, elle même indépendante qui affronte aussi une sécession interne à Bougainville) était à l'origine peuplée de Mélanésiens. Elle a été finalement colonisé formellement par les Pays-Bas en 1898. Lors de l'indépendance de la République d'Indonésie en 1949, le gouvernement néerlandais a reconnu que la Papouasie occidentale était géographiquement, ethniquement et culturellement très différente de l'Indonésie et il a commencé à préparer Papouasie occidentale pour sa propre indépendance tout au long des années 1950. À la fin de 1961, la Papouasie occidentale a tenu un Congrès où son peuple a déclaré l'indépendance et élevé son nouveau drapeau - l'Étoile du matin.

Mais en quelques mois, le gouvernement indonésien a fait main basse sur le pays, comme au Timor. Dans une lettre du président américain au Premier ministre néerlandais, le gouvernement américain a fortement exhorté le gouvernement néerlandais à remettre Papouasie occidentaleau gouvernement de Djakarta. L'Accord hollando-indonésien de New York qui, en 1962, a confié le contrôle de la Papouasie occidentale aux Nations Unies et un an plus tard a transféré le contrôle en Indonésie. Les papous n'ont jamais été consultés. Toutefois, l'accord leur a promis leur droit à l'autodétermination - un droit qui est garanti par l'ONU à tous les peuples

En 1969, une résistance généralisée à la domination indonésienne a émergé. L'armée indonésienne avait tué et emprisonné des milliers de papous au cours des sept années d'occupation. Il a été convenu que l'ONU devrait superviser un référendum, mais c'est un simulacre de consultation qui a été organisé, l'armée indonésienne sélectionnant seulement 1 026 personnes censées pouvoir représenter la population jugée trop primitive". L'ONU a honteusement validé le résultat et la Papouasie occidentale est restée sous le contrôle de l'État indonésien depuis.

Depuis les premiers jours de l'occupation indonésienne, les habitants et les terres de la Papouasie occidentale ont subi spoliations sur spoliations, les terres ont été volées, les habitants assassinés, violés et torturés. On a parlé de 500 000 morts. L'un des pires exemples de cela est le déplacement et le meurtre de milliers de personnes pour faire place à la mine géante américaine de Freeport, la plus grande mine d'or du monde, qui a transformé une montagne sacrée en un cratère et  été empoisonnée les eaux de la rivière voisine. Environ un million de papous provenant de bidonvilles surpeuplées en Indonésie ont été déplacées dans des camps de «transmigration» dans les forêts. Les Papous qui représentaient 96 % de la population dans les années 1970 n'en représentent plus que la moitié.

La résistance à l'occupation indonésienne a commencé à partir des premiers jours après l'invasion. Un groupe de guérilla armé appelé OPM (Free Papua Movement) a été constitué en 1970 pour résister à la colonisation de la Papouasie occidentale. L'OPM armé principalement d'arcs et de flèches a mené un certain nombre d'attaques de guérilla contre l'armée indonésienne et contre les multinationales.

A la chute de Suharto en 1998 le drapeau papou est ressorti des caves, un congrès s'est réuni pour rejeter l'acte d'adhésion à l'ndonésie, mais en november 2001, le président du Conseil du Présidium papou PDP, Theys Eluay, fut assassiné par les soldats indonésiens. L'État indonésien a tenté de mettre en place une législation spéciale sur l'autonomie censée redistribuer les ressources mais c'était une réforme de façade. Au cours des des dernières années une nouvelle organisation force est apparue, le KNPB (Comité national pour la Papouasie occidentale) . Sous sa direction, d'énormes rassemblements d'indépendance ont été organisés. Beaucoup de ses membres ont été arrêtés, torturés et tués. En 2012, le président de KNPB, Mako Tabuni, a été tué par la police indonésienne, alors que beaucoup d'autres font face à de longues peines d'emprisonnement d'une quinzaine d'années seulement pour élever le drapeau de Papouasie occidentale.

Aujourd'hui, la tragédie de la Papouasie occidentale continue avec les rapports continus sur les villages brûlés, les Papous étant arrêtés, torturés et tirés tandis que leur forêt est dévastée par les activités forestières, minières, agricoles et industrielles. On recense 200 prisonniers politiques papous. Un rapport publié par Michael Bachelard le correspondant de Faifax dans le Sydney Morning Herald , a détaillé sur le trafic organisé d'enfants de Papouasie occidentale (qui sont chrétiens) dans les écoles islamiques de Jakarta.

Mais en 2016 une rencontre historique au Parlement de Westminster à Londres organisée par des élus travailliste a relancé aux yeux du monde la cause de l'autodétermination des Papous.

Le 7 septembre dernier le leader travailliste anglais Jeremy Corbin a reçu leur porte-parole Benny Wenda, Il les soutient depuis longtemps et fait partie des membres fondateurs de l'association Parlementaires internationaux pour la Papouasie occidentale, fondée en 2008. Une cinquantaine de parlementaires d'Australie, Suède, Nouvelle-Zélande, du Vanuatu, du Royaume Uni et de la Tchéquie en font partie. Aucun français n'y siège: écrivez à votre député pour lui demander de rejoindre cette organisation !

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Le mépris de la représentation nationale

24 Septembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

Je tiens à mettre la vidéo ci-dessous sur ce blog. Et je précise à quel titre je le fais. J'estime qu'il est du devoir non seulement civique et moral, mais encore spirituel d'un être humain confronté à une situation scandaleusement injuste de la faire connaître dans la mesure de ses moyens (ici mes moyens tiennent dans mon blog). J'insiste sur le terme "spirituel" car, si toute morale non indexée à une transcendance suprême (j'y inclus donc celles indexées aux transcendances "intermédiaires" comme les hérésies) est vouée semble-t-il au nihilisme, toute spiritualité qui n'est pas ancrée dans une confrontation concrète avec l'injustice terrestre est elle aussi vouée au néant, et je renvoie là dessus à Bernanos dans la sphère chrétienne ou à ses équivalents dans d'autres religions, je n'y reviendrai pas.

Nous avons aujourd'hui sous nos yeux une scène qui humilie non seulement les députés de FI, mais aussi toute la représentation nationale. Un député socialiste à la fin de la séquence reconnaît lui-même qu'au bout de 5 ans de mandat il n'a jamais vu cela.

Il y a là une grave faute morale de la grande entreprise qui se comporte de la sorte, mais aussi du président de séance qui la cautionne, et de tous les partisans du macronisme et les chiens de garde médiatiques qui cautionnent pareil système économique où le contrôle démocratique ne peut plus du tout s'exercer. Par analogie jamais aux Etats-Unis on n'aurait laissé un général ou un responsable d'une quelconque technostructure devant une commission sénatoriale se retrancher de la sorte derrière un silence méprisant et cynique. Il aurait été cuisiné jusqu'au bout. Il est temps qu'en France les pouvoirs politiques reprennent l'initiative face à l'empire de l'argent, et que le peuple sous sa pression les y incite.

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L'intox anti-russe d'El Pais sur la Catalogne, la ruralité du sécessionnisme catalan

23 Septembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Espagne, #Colonialisme-impérialisme, #Revue de presse

Tout en dentelle dans le genre propagande antirusse façon Soros-Clinton, El Pais, alter ego du Monde à Madrid, titre "La machine d'ingérence russe pénètre la crise catalane" en reprochant à Russia Today d'avoir répercuté un tweet d'Assange selon lequel il y aura un Etat catalan ou la guerre civile, et la position de Snowden contre la répression du référendum par Rajoy. Pour une fois, les médias dominants citent les dissidents puisqu'ils reprochent aussi à Raimundo le patron de mon site américain favori Antiwar.com d'avoir employé (en plagiant Assange) l'expression d'un "Tiananmen espagnol" (mais je ne vois pas du tout en quoi Antiwar.com peut être regardé comme poutinien...).

Et les fous qui gouvernent notre monde révèlent par la même occasion qu'il existe une application Hamilton 68  qui a été créée par le  German Marshall Fund, un organe de propagande atlantiste, qui fait des statistiques sur 600 sites "dans l'orbite du Kremlin" pour voir quels sujets ils traitent, et qui a enregistré une poussée du thème "Catalogne" ces derniers jours. Vu leur définition souvent stupide de ce qui est "pro-russe", je suppose que si mon blog avait plus de lecteurs il serait dans leurs stats.

Déjà en avril, El Pais avait accusé le député républicain Rohrabacher de soutenir la sécession catalane à partir d'une position pro-Kremlin, ce qui était un peu gonflé quand on sait que cet individu était aussi pour l'éclatement de la Macédoine et le rattachement de sa partie albanaise au Kosovo (pas vraiment une option poutinienne, n'est-ce pas ?). A ce rythme il finira par prendre au sérieux la blague de l'ambassadeur russe qui avait affirmé en riant qu'après la Crimée, Moscou prendrait la Catalogne et Venise...

On n' a pas encore entendu Chomsky sur la Catalogne, mais en 2014, il avait déjà dit qu'il soutenait la sécession. L'International action center américain (des trotskystes qui avaient combattu la sécession du Kosovo en 1999), eux, restent taisants sur l'affaire du référendum catalan. Logique...

Vu le caractère quand même assez disproportionné de l'attitude de Rajoy (avec le soutien tacite du PSOE) à l'égard des sécessionnistes (même Maduro l'a souligné "moi au moins j'ai laissé se tenir les plébiscites illégaux de mes opposants"), si vous voulez vous détendre les yeux après ça, vous pouvez toujours feuilleter le calendrier de nus de la fac de médecine de Barcelone de 2008. Et pour approfondir votre réflexion sociologique, cet article de la Vanguardia qui voit dans la poussée sécessionniste en Catalogne comme dans la victoire de Trump aux USA l'an dernier la revanche d'un certain monde rural face aux grandes villes ou regarder cette video de Julio Anguita, ex chef de Gauche unie, sur l'utilisation du nationalisme catalan par les capitalistes espagnols depuis 1977.

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Mélenchon, dans ses bonnes heures, et ses défauts ultimes

23 Septembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche, #Peuples d'Europe et UE, #Programme pour une gauche décomplexée

Dans la vidéo ci-dessous Mélenchon sur RTL avec certains très bons côtés quand il parle du code du travail, et u,e très mauvaise chute, in fine, quand il traite Philippot de "fasciste", ce qui moi me rappelle le temps où il qualifiait de "pétainistes" ceux qui prônaient la sortie de l'euro et de l'UE (ce qui a été mon cas dès la publication de mon "Programme pour une gauche française décomplexée", livre a intéressé le MPEP mais pas les mélenchonistes).

Entre les types qui n'ont pas bien nettoyé la rhétorique extrémiste de leur jeunesse, et ceux qui se prennent pour "Dieu le père" ("tout le monde est le bienvenu dans la maison de Dieu comme on dit à l'église" a dit un chef de parti récemment), les empêcheurs de globaliser en rond restent dans l'ensemble mal représentés...

Evidemment je n'ai pas apprécié non plus l'absence de Méluche à la fête de l'Huma (mais il est vrai qu'en juin il a empêché le directeur de ce journal qui naguère l'a tant servi devenir député), le numéro de ses représentants rivés à leur portable pendant le discours de P. Laurent, etc. Mais bon, encore une fois ne réduisons pas le mélenchonisme à ça, et les classes populaires en ont "malgré tout" besoin quand il s'agit d'expliquer face aux journalistes "de quoi le macronisme est le nom" comme dirait l'autre.

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Interlude

21 Septembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien, #Ecrire pour qui pour quoi, #Asie

Des tas de gens parlent de la Corée du Nord en ce moment. De ceux qui l'ont visitée et idéalisée. De ceux qui l'ont fuie et la décrivent comme un enfer. L'enfer est-ce là bas ou ici ? En tout cas c'est le pays à la mode, depuis que Trump menace de l'anéantir.

Il y a cinq ans, je ne songeais qu'à écrire un livre à son sujet, comme je l'avais fait sur la Transnistrie. Un musicien m'incitait à m'y rendre pour organiser un spectacle pour la paix là-bas, et une institutrice voulait m'y accompagner. Tous ces gens ont disparu de mon horizon, et je ne suis plus trop demandeur de "fact finding missions" dans des pays lointains quand on sait bien qu'on ne voit dans ce genre de voyage que ce qu'on veut bien nous montrer.

De toute façon, je n'ai pas reçu non plus d'offres dans ce sens. Même si l'association Initiative Citoyenneté Défense a bien voulu me demander un article sur le sujet, et si l'abonnement à mon blog de trois personnes en six jours (alors qu'on stagnait lamentablement en 2015-2016) semble révéler que mon point de vue sur l'actualité peut intéresser quelques lecteurs, je préfère voyager dans le temps pour le moment, en lisant un livre sur la dialectique subtile des néo-platoniciens de la Renaissance, ou encore mon journal sur le début de mes activités comme chargé de mission en septembre 2009 auprès du maire de la commune que j'avais appelée Brosseville (il en reste bien des traces sur ce blog... souvenirs souvenirs...).

Je ne prends aucune initiative car toute initiative aboutit à une impasse narcissique. Je réponds seulement aux sollicitations extérieures. Et j'attends de voir ce qui attend notre aimable pays avec les appels à la mobilisation sociale de la semaine prochaine...

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Tout est dans le regard...

20 Septembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Les Stazinis

La tête de la délégation du Zimbabwe devant le discours de Trump à l'AG des Nations Unies. Ca en dit long sur ce que ça leur inspire !

 

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Le séparatisme kurde, l'anti-pyongyangisme ambiant, et la faiblesse de Raul Castro

18 Septembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous, #Proche-Orient

Le référendum kurde m'inquiète plus encore que celui de Catalogne. Le vice-président Al-Maliki, qui a laissé un mauvais souvenir en Irak car sa gestion brutale et uniquement pro-chiite du temps où il était l'homme fort du pays a fait le lit de Daech (il n'y avait que la sotte de Ségolène Royal en 2007 pour en dire du bien), vient de déclarer qu'il serait inacceptable qu'un nouvel Israël naisse au nord de l'Irak. Il osait cette métaphore parce que le Kurdistan serait aussi monoethnique en son principe que l'Etat juif qui est son seul allié déclaré en ce moment. En vérité je ne vois pas du tout comment un Etat kurde pacifique peut naître au Proche-Orient. Personne ne s'entend sur ses frontières (Kirkouk en fait-elle partie ou non ?), et ce pays est composé d'une série de factions fort peu démocratiques malgré les efforts louables du PKK et du YPG pour s'ouvrir aux droits des femmes, à l'autogestion et à l'écologie. Par ses divisions internes il ressemblerait au Sud-Soudan, à quoi s'ajoute que des régimes musclés (l'Irak, la Syrie, l'Iran et surtout la Turquie) sont prêts à lui sauter dessus. Tout cela risque de finir en bain de sang... un de plus pour ce Proche-Orient maryrisé depuis un demi-siècle.

Je n'aime pas non plus le concours d'allégeance des Occidentaux à l'égard de l'appel de Trump pour une huitième vague de sanctions contre la Corée du Nord, ni cette gesticulation des bombardiers au dessus de Pyongyang. Tout cela est abject. La menace nord-coréenne est inexistante, on ne le répètera jamais assez. Elle pèse au niveau des symboles : dans le sens du rééquilibrage du monde, voilà le grand problème pour nos stratèges. Et pourtant ce rééquilibrage il faudra bien l'accepter un jour. Madrid se déshonore en expulsant l'ambassadeur de Pyongyang comme si c'était sur la Giralda de Séville que les missiles de Kim Jong-un étaient pointés, et Paris avec ses frétillements de caniche pour des "sanctions vraiment efficaces" est à peine moins ridicule (si nous entretenions des relations diplomatiques avec la RDPC, ce dont Mitterrand nous a dispensés, je suppose que nous aurions fait comme les Espagnols c'est lamentable).

On peut soupçonner que même Raul Castro, dans son empressement à accepter une enquête du FBI à la Havane qui, selon Associated Press, a étonné le Pentagone, participe lui aussi du souhait servile de toute la planète de plaire à l'ours mal lêché américain à Washington. C'est que de bonnes âmes au Département d'Etat commençaient à accuser une faction "dure" du parti communiste cubain d'avoir fomenté avec Poutine et avec Kim-Jong-un (mais oui !) les attaques soniques contre l'ambassade yankee... Voilà qui rappelle le temps où, au lendemain du 11 septembre 2001, tout le monde du parti socialiste serbe de Milosevic au Baas d'Assad était solidaire des Américains et la Russie offrait sa collaboration à l'Oncle Sam. On sait ensuite comment celui-ci abusa de la solidarité planétaire en la retournant contre l'Irak... Soyons vigilants.

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L'ours, l'espionnage US en Ethiopie, l'Egypte, diplomates à Cuba, le référendum kurde et celui de Catalogne

15 Septembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Peuples d'Europe et UE, #Espagne, #Grundlegung zur Metaphysik, #Béarn, #Christianisme, #Les Stazinis

Avant de dire un mot de l'actualité internationale, une ligne pour vous signaler mon intérêt pour l'action du commando clandestin de chasseurs d'ours constitué en Ariège. Il ne faut pas faire l'apologie de la délinquance, mais c'en est assez de la surdité des pouvoirs publics devant les récriminations des gens. Les ours dans les Pyrénées, comme les loups dans le Morvan, déciment les troupeaux. C'est une pure fantaisie de citadin écolo que d'imposer aux bergers la présence de ces bêtes, qui ne profite à absolument personne. La technostructure qui fait la sourde oreille s'attire, en représailles, la légitime colère et violence du citoyen, le droit de résistance au sens de Thoreau est ici engagé. Et c'est un Pyrénéen qui vous le dit, un Pyrénéen qui lit en ce moment la Vie de Ste Bernadette Soubirous du P. Laurentin (décédé dimanche dernier à 99 ans, j'avais repris son livre dans ma bibliothèque juste avant sa mort). Bernadette à qui la Vierge Marie parlait en Gascon et qui lui fit manger de l'herbe devant la grotte de Massabielle. Je doute qu'elle eût aimé la présence des ours sur les bords du gave.

Pour ce qui est de l'étranger, le film d'Oliver Stone, Snowden, dont je vous encourage à regarder le DVD, n'en finit pas d'avoir des suites dans la réalité. Avant-hier, The Intercept révélait que l'Agence de sécurité nationale depuis 15 ans avait aidé l'Ethiopie (qui n'est pas franchement une démocratie, mais bon, en disant cela j'encours des poursuites en justice de la part d'Addis Abeba comme Elise Lucet poursuivie en diffamation par Bakou pour avoir traité l'Azerbaïdjan de dictature), à installer un système d'espionnage de ses ressortissants censé cibler les terroristes mais qui touche tout autant ses opposants....

De toute façon, c'est bien connu, les droits de l'homme qui servaient surtout à conduire des ingérences pour affaiblir ou détruire des Etats dans les années 1990-2000 (Yougoslavie, Irak, Libye, Syrie), ne sont même plus affichés comme prétexte aujourd'hui. C'est tout simplement passé de mode. Ainsi Washington annonce sa participation à une opération militaire conjointe avec l'Egypte en septembre prochain, un pays qui a pu tuer 1 000 manifestants pacifiques en 2013, et s'est débarrassé des Frères musulmans au prix de 60 000 arrestations arbitraires et tortures de personnes parmi lesquelles d'après HRW il n'y a pas que des islamistes évidemment. L'Egypte est une vaste prison, comme l'est l'Arabie saoudite, et tant d'autres de nos alliés... Mais cela ne gêne plus personne.

Et les pathologies inexplicables des diplomates américains revenus de Cuba ne cessent d'évoluer bizarrement, vous les expliquez comment vous ?

A part ça, on apprend aujourd'hui qu'une délégation anglo-américaine et onusienne a rencontré hier le président de la région kurde d'Irak Massoud Barzani (l'ami de Netanyahu) pour tenter de le dissuader (en vain) de renoncer au référendum d'indépendance le 25 septembre. Le problème est qu'il y a de vaillants combattants à prendre en compte. Je ne suis pas fan de la cause kurde, notamment au vu de l'intolérance dont les minorités de la plaine de Ninive font l'objet, mais enfin on voit bien qu'il sera difficile de ne pas satisfaire les attentes politiques des vaillants combattants kurdes d'Irak et de Syrie qui veulent que leur sang versé contre Daech et celui de leurs camarades mort ait servi à quelque chose.

D'un référendum séparatiste l'autre,"Où vas-tu avec ce visage d'ange Inés Arrimadas ?" chantait le poète,

Il y a quelques mois il me semblait qu'on pouvait déduire du fait que Nigel Farage avait miraculeusement réchappé à un accident d'hélicoptère que les partisans du Brexit allaient remporter le référendum, car un individu n'est pas sauvé de cette manière pour qu'ensuite il ne remplisse aucune mission (et à ma connaissance Farage n'avait aucune mission importante dans se monde en dehors d'assurer la sortie de son pays de l'Union européenne). Aujourd'hui, je me demande si ce n'est pas une malédiction pour les pro-Espagnols de Catalogne d'avoir à leur tête une jolie fille comme Inés Arrimadas... Une cause juste ne peut pas gagner si elle est défendue par une nana qui inspire de la concupiscence. Voilà le problème. On se souvient de l'échec lamentable de la tentative de restauration de la grandeur des Lagides par Cléopâtre en Egypte (et encore Cléopâtre n'était pas franchement belle, nous disent les historiens). Y a t il une seule aventure politique qui ait été gagnée par une femme belle ? Cela s'explique d'un point de vue théologique par le fait que la beauté féminine attire des démons, donc des forces de bas étage se greffent là dessus (désir, jalousie, dépit). En tout cas je suis inquiet de voir les foules catalanistes si nombreuses dans les rues. Pauvre Espagne ! je ne suis pas sûr qu'en tentant d'empêcher la Poste de distribuer le matériel électoral ou les fonctionnaires de mettre en place les bureaux de votes, ni en se réfugiant derrière l'actuel anti-séparatisme de l'Union européenne elle parvienne à quelque chose. Le problème dans les processus sécessionnistes, c'est qu'en toute légalité il faudrait un vote concordant de l'ensemble de l'ancien bloc et de la partie qui se sépare (comme pour l'indépendance de l'Algérie par exemple), sauf que cela s'obtient rarement (en ex-Yougoslavie, en ex-URSS ça ne s'est jamais fait). Et cela engage dans des épreuves de force à n'en plus finir, parfois très violentes... Pauvre Espagne, dis-je, qui fut punie de ses crimes en Amérique par un dur déclin, et de ses iniquités intérieures par trois guerres civiles. Va-t-elle payer les folies de la Movida et la corruption à tous les échelons des années Gonzalez et Aznar, tout ce benine neglect politiquement correct assis sur une montagne d'injustices et d'impiété par une sécession de sa région la plus riche ? Je me souviens du temps où nos professeurs opposaient à l'extrémisme de l'indépendantisme basque le sage régionalisme "autonomiste" des Catalans (Sciences po vantait alors le centrisme de Jordi Pujol,sans voir la masse de corruption qui se cachait derrière et que des procès éclatants des années 2000 ont mis au jour). Aujourd'hui on est à front renversé. Une socialiste basque expliquait il y a peu dans la presse que l'Euskadi avait "échappé" à la fièvre qui a gagné la Catalogne, et ne risquait plus de la contracter. Tout change, "le monde est une branloire pérenne" comme disait le sage gascon...

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Crise des missiles nord-coréens: sortir de « l’hystérie »

12 Septembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Actualité de mes publications, #Le monde autour de nous

Ci-dessous mon article qui paraîtra dans le prochain numéro papier (octobre 2017) L'Arme et la Paix, revue de l'association Initiative Citoyenneté Défense (ICD), et qui est déjà en ligne ici sur le site de l'association. (Pour mémoire voir aussi mes autres interviews et articles pour leur revue depuis 2011 ici).

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                                   Crise des missiles nord-coréens: sortir de « l’hystérie »

 

Voilà plusieurs décennies que la République populaire démocratique de Corée est identifiée comme un élément perturbateur dans les relations internationales. Perçue en Occident comme une survivance absurde de la guerre froide, tandis que les deux Allemagnes et les deux Yémens ont eu la « bonne idée » de s’unifier au début des années 1990 (et avant eux les deux Vietnams), elle n’était pas spécialement appréciée non plus des Russes et des Chinois en raison du principe d’autharcie économique et politique qui la gouverne depuis sa création, encore qu’elle présente aux yeux de ces deux pays un sérieux avantage : celui d’empêcher les troupes américaines de venir stationner au voisinage de leur frontière orientale.

 

Il est vrai que le régime de ce pays ne peut guère inspirer de sympathie. Si on peut lui reconnaître le mérite d’avoir offert à sa population les avantages de l’éducation et des services sociaux pour tous, et d’avoir fait émerger une intelligentsia capable d’envoyer des satellites dans l’espace (une prouesse pour un pays si isolé), il a poussé l’embrigadement des masses, l’endoctrinement et l’uniformisation au-delà de ce qu’avaient fait auparavant tous les autres régimes communistes. Depuis les années 80, du reste, le culte de la personnalité du leader Kim Il-Sung, poursuivi même à titre posthume, ainsi que de sa doctrine, le « juche », a éclipsé la référence marxiste, faisant baigner le pays dans une étrange ambiance sectaire. Les violations des droits de l’homme (liberté d’opinion, liberté religieuse etc) y sont massifs, et le bien-être économique laisse à désirer, même si la capitale Pyongyang, qui est la vitrine du système, affiche des progrès sensibles depuis quinze ans.

 

Pour autant c’est moins la misère morale ou économique du peuple nord-coréen qui inquiète les grandes puissances (après tout celle-ci a hélas bien des équivalents dans le monde) que l’engagement militaire non-aligné de ce pays, qui, comme Cuba, la Syrie ou l’Irak de l’époque baasiste, a très tôt compris la nécessité de développer un système de défense puissant si elle ne veut pas être rapidement vassalisée et convertie de force au capitalisme par les puissances occidentales.

 

Les Etats-Unis depuis un demi-siècle au moins considèrent avec méfiance la capacité de la Corée du Nord à exporter des armes à destination de pays ou de groupes de combattants qui ne sont pas franchement soumis à l’hégémonisme de la bannière étoilée (on a vu la Corée du Nord collaborer militairement avec le Pakistan, l’Ouganda, mais aussi la Syrie et l’Iran). Les stocks d’armes chimiques et bactériologiques de Pyongyang inquiètent aussi.

 

Mais les craintes les plus fortes proviennent du programme nucléaire nord coréen qui, bien qu’il ne soit pas le seul dans ce cas (l’Inde, le Pakistan, Israël et l’Iran sont dans la même situation « dissidente ») viole le traité de non-prolifération de 1968 (dont Pyongyang a eu l’honnêteté de se retirer).

 

Contrairement à ce que laisse croire une certaine propagande médiatique en Occident, ce programme nucléaire n’est pas par essence offensif. Il a été lancé en 1992 quand George  Bush Sr a laissé sans réponse la demande des autorités nord-coréennes d’un engagement des Etats-Unis à ne  pas remettre en cause l’existence même de la République démocratique populaire de Corée. Et, après une phase de relative ouverture et de négociations sous les mandats de Bill Clinton, Kim Jong-il a été encouragé à le reprendre par le bellicisme échevelé des puissances occidentales au cours des deux dernières décennies. Les Nord-coréens eux-mêmes n’ont cessé de répéter que le spectacle affligeant de la puissance américaine se ruant à l’assaut de l’Irak de Saddam Hussein et de la Libye de Kadhafi, qui avaient loyalement renoncé à leurs armes de destruction massive, pour liquider physiquement leurs dirigeants et y faire régner le chaos, a servi de démonstration du fait qu’aucun régime ne peut plus suivre une politique de non alignement s’il ne se dote d’une force de dissuasion nucléaire crédible. C’est aussi le raisonnement que suivent les mollahs en Iran.

 

Il semble que ce discours d’auto-défense suscite une réelle adhésion parmi le peuple Nord-Coréen, par delà la terreur que la dictature fait régner ou la stérilisation de l’esprit critique, parce que la Corée du Nord – comme les Occidentaux tendent à l’oublier, mais le criminel oublie facilement son crime –  a été littéralement martyrisée par l’armée états-unienne et ses alliés au début des années 1950, qui y ont commis les pires crimes de guerre contre les civils, faisant périr un cinquième de sa population, tandis que le général Mc Arthur menaçait (déjà) d’y faire exploser la bombe atomique. Au massacre que Picasso a immortalisé dans un de ses tableaux s’est ajoutée l’humiliation des missiles nucléaires de Washington stationnés en Corée du Sud et pointés sur Pyongyang jusqu’à la présidence de Jimmy Carter. Les peuples que nous oppressons ont la mémoire longue.

 

Incontestablement  le potentiel nucléaire nord-coréen a connu un accroissement spectaculaire au cours des trois dernières années, depuis que Pyongyang s’est procuré par la contrebande des moteurs d’anciens missiles intercontinentaux soviétiques qui permettent aux Coréens d’atteindre l’île américaine de Guam. L’ironie de l’Histoire veut que le nouveau régime ukrainien anti-russe issu du coup d’Etat de Euromaidan ait contribué à ce saut qualitatif de l’armement nord-coréen… De l’inconvénient de laisser les régimes mafieux prospérer…

 

Pour autant les tensions que provoquent les essais nord-coréens reposent principalement sur de la rhétorique. Il semble en effet que dans cette affaire tout le monde soit prisonnier d’une logique de surenchère verbale. Le régime du jeune Kim Jong-un a besoin de donner l’impression qu’il peut menacer les Etats-Unis, pour flatter l’orgueil national de son peuple. Le président américain Donald Trump, à son niveau aussi, est obligé de vociférer allant jusqu’à menacer comme il l’a fait le 8 août, de déclencher « le feu et la furie comme le monde ne l’a jamais connu » Sa campagne électorale avait été un tissu de contradictions qui, au nom du pragmatisme, proposait tout à la fois la réduction de la présence militaire américaine outre-mer, l’alliance ponctuelle avec les Russes contre le djihadisme, et la fermeté contre l’Iran, Cuba et la Corée du Nord. Sous la pression du lobby militaro-industriel de plus en plus présent dans la garde rapprochée de Donald Trump, et des accusations de collusion avec la Russie que lui adressent la clique des démocrates clintoniens (les grands médias, Soros…) très mollement combattue par l’Establishment républicain, Trump doit montrer sa capacité à ne pas laisser les tests nucléaires nord-coréens sans réponse.

 

Or la réalité des menaces est largement surévaluée. Contrairement à ce que laisse penser une certaine propagande chauvine et paranoïaque aux Etats-Unis, s’il semble que les missiles nord-coréens puissent atteindre l’Alaska voire, plus hypothétiquement, être montés sur des sous-marins comme le font les pays membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (ce qui serait le seul moyen de les rendre opérationnels pour une première frappe sans destruction immédiate du pays), la preuve de la capacité de la Corée du Nord de miniaturiser des ogives nucléaires pour les monter sur les missiles n’est toujours pas apportée. Autrement dit, on en reste à une menace très virtuelle.

 

Les Etats-Unis ont été les premiers dans les années 1990, à abandonner l’engagement à ne pas employer en premier l’arme nucléaire contre un autre pays (la doctrine du « no first use »), ce qui rend quelque peu risible l’accusation de « folie » qu’ils adressent à Kim Jong-un quand il tient le même discours qu’eux. La vérité factuelle est cependant que la Chine n’accepterait jamais qu’un conflit nucléaire éclate à sa frontière, et cela aussi bien Kim Jong-un que Trump le savent, ce qui rend encore plus théâtrale l’inflation verbale de l’été, que Vladimir Poutine a qualifié à juste titre d’hystérique. A cet égard, on peut regretter que le président français Emmanuel Macron ait ajouté un grain de sel stupide à la surenchère en laissant entendre que l’Europe était menacée… Jusqu’à nouvel ordre la France métropolitaine est , comme l’ont fait remarquer les Nord-Coréens, assez éloignée de l’Alaska, et elle a à son actif (si l’on peut dire) une présence nucléaire dans le Pacifique que Pyongyang est encore loin d’avoir égalée dans l’Atlantique Nord ! Le président français se ridiculise sur ce dossier comme il l’a fait juste avant sur celui de la renégociation de la directive européenne sur les travailleurs détachés, alors pourtant que la Chine semblait compter sur Paris pour apaiser un peu les tensions.

 

Par delà les excès langagiers, la crise de l’été a entraîné deux effets importants dans les rapports de forces. Le premier est le lâchage complet de Pyongyang par Pékin puisque la Chine a accepté de voter avec les Etats-Unis des sanctions au Conseil de sécurité (on peut se demander quel avantage elle escompte en échange de ce revirement). La seconde est le contenu même de ces sanctions qui va frapper à un degré difficile à évaluer le peuple nord-coréen. Déjà au printemps dernier Washington avait imposé à l’ONU le gel des exportations nord-coréennes de minerais, pourtant vitales pour les réserves en devises de ce pays, puis début août l’ONU avait systématisé ces mesures et interdit l’exportation des produits de la pêche nord coréenne. Le texte voté à l’unanimité par le conseil de sécurité le 12 septembre dernier interdit notamment les exportations de textile de la Corée du Nord, réduit les approvisionnements en pétrole et prévoit un embargo sur les livraisons de gaz. On voit mal comment en mettant les travailleurs nord-coréens de l’industrie textile sur la paille, ou en forçant les habitants et les usines à recourir au charbon (ou à geler cet hiver), l’ONU peut espérer convaincre Kim Jong-un de renoncer à ses ogives nucléaires. Elle risque plutôt de renforcer le nationalisme d’un peuple placé au ban des nations. Il est vrai que l’étranglement des populations par l’embargo est une vieille recette anglo-saxonne qui avait tué des centaines de milliers d’enfants en Irak dans les années 1990 (« Et cela en valait la peine » comme disait Madeleine Albright). En l’espèce la Corée du Nord (en tout cas sa nomenklatura) semble avoir de nombreux moyens pour contourner les sanctions : les dignitaires ont leurs propres voies d’approvisionnement en essence, les navires nord-coréens sont sous pavillons de complaisance et ne peuvent être inspectés, tandis que le textile nord-coréen est souvent exporté sous des marques chinoises. Le ralliement des Russes et des Chinois aux méthodes étatsuniennes laisse donc très perplexe.

 

Sans doute des sanctions valent-elles mieux pour la paix mondiale qu’une attaque militaire sur Pyongyang qui aurait conduit à un conflit explosif pour l’ensemble de la planète entre la Chine et les Etats-Unis. Mais le réalisme recommanderait plutôt que chacun puisse prendre acte du fait que le programme nucléaire nord-coréen défensif, comme celui de l’Inde, du Pakistan  et d’Israël, constitue désormais une exception irrémédiable au principe de non-prolifération, et que, pour l’avenir, afin que l’exemple nord-coréen ne fasse plus d’émule, les membres permanents du Conseil de sécurité s’engagent par traité à ne plus provoquer de « regime change » dans le monde, à ne plus engager eux-mêmes de frappes préventives, nucléaires ou conventionnelles et à faire respecter la pluralité multipolaire. Autrement dit un revirement à 180 degrés par rapport à la politique occidentale des 50 dernières années… On peut toujours le recommander, même si nos dirigeants sont loin d’en prendre le chemin…

 

                                                                       Frédéric Delorca

                        Auteur de « Au cœur du mouvement anti-guerre », Eds du Cygne, 2015.

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Chrysippe

10 Septembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi, #La Révolution des Montagnes, #Philosophie et philosophes, #"Eloge de la liberté sexuelle stoïcienne"

Un des moteurs de la réécriture et la publication de mon roman "La Révolution des montagnes", il y a 9 ans, ce fut la lassitude que m'inspiraient la médiocrité du milieu anti-impérialisme de l'époque, leur nombrilisme petit bourgeois, leur tendance à se contenter de demi-idées, d'une vulgate pré-mâchée etc (sans oublier l'éditeur de l'Atlas qui a lâché l'entreprise en cours de route). Aujourd'hui je vois d'anciens contributeurs de l'Atlas ou anciens sympathisants pérorer sur You Tube dans des émissions très "à droite" (et surtout très bêtes), et tourner en rond dans leur doxa fumeuse. Certes c'est mieux que le petit marquis Macron-au-maquillage-à-27000-euros qui a osé dire que la Corée du Nord menaçait l'Europe (Pyongyang a bien ironisé là dessus, et à juste titre), mais quand même, notre pays mérite mieux que tous ces poseurs enlisés dans leurs routines de pensée narcissiques. Donc, maintenant, la tentation de fuir dans l'imaginaire est la même. Alors quoi ? Vais-je écrire une suite à la "Révolution des Montagnes" ?

Ou vais-je tourner des films ? (aujourd'hui avec l'informatique plus besoin de grands moyens pour faire ça). J'aimerais en faire un sur Chrysippe, le philosophe stoïcien sur la couverture de mon "Eloge de la liberté sexuelle". Quand j'ai publié ce livre, je suis allé au Louvre juste pour photographier son portrait alors qu'au départ je cherchais surtout celui de Zénon. Je crois que c'est le même jour que j'ai photographié la version romaine des Trois Grâces qui était juste à côté. Chrysippe ancien champion du stade, Chrysippe qui écrivit son livre majeur "sur la queue d'un chien" (dans un flirt avec les cyniques), Chrysippe qui donnait des cours de métaphysique sur la base d'un tableau porno sur Héra et Zeus. Edgar Wind, qui, dans ses travaux sur la Renaissance, parle beaucoup des Trois Grâces (qui sont un symbole métaphysique très puissant), souligne que Chrysippe avait une dette envers Epicure qui était pourtant son adversaire, ce qui le conduisit à "positiver" le désir, ainsi que le firent aussi par effet de contagion Marsile Ficin et Pic de la Mirandole à Florence. Peut-être le positivèrent-ils un peu trop d'ailleurs. Allez savoir... tout comme le héros de mon roman, Fulgaran... et comme ce vieux film de Russ Meyer, "Up" découvert cet après-midi.

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Ruffin, Corée du Nord, géopolitique et justice

7 Septembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants", #Colonialisme-impérialisme

Ruffin explique qu'il veut imposer une cohabitation à Macron en entretenant la pression de la rue. J'entends ce que dit Le Fol sur les excès de la pression populaire et leurs risques de dérives dans les régimes "bolivariens" mais je crois que la position de Ruffin ce n'est pas si anti-démocratique qu'il y paraît. Les ordonnances qui attaquent le code du travail remettent en cause la démocratie sociale qui a valeur constitutionnelle depuis 1958. Donc dès lors que Macron remet en cause la démocratie sociale, le PCF, FI et la gauche du PS auraient raison, selon moi, de porter atteinte à la démocratie politique en tentant de forcer Macron, à travers les manifs, de dissoudre l'assemblée nationale.

A l'ONU, après avoir bloqué les exportations de minerais nord-coréens, les Etats-Unis soutenus par le caniche britannique et la France du petit dandy poudré à 27 000 euros Macron voudraient bloquer les importations de pétrole (pour que le peuple retourne au cheval et à la charrue comme à Cuba dans les années 1990) et bloquer les exportations de textile du pays (mettre sur la paille le prolétariat nord-coréen c'est tellement plus sympa - et ça ne choquait pas nos médiacrates). Heureusement Pékin et Moscou (garants d'équilibres mondiaux que les Occidentaux s'ingénient à détruire depuis vingt ans) font de la résistance. Quelqu'un rappelait il y a peu que 20 % du peuple nord-coréen a été massacré dans guerre conduite par les Américains au nom de l'ONU dans les années 1950. Tout le monde devrait garder ce chiffre à l'esprit, qui inspira à Picasso le tableau "Massacre en Corée).

Pour finir un mot sur la question "géopolitique et justice". Un lecteur me signalait il y a peu un article sur le soutien saoudien aux Rohingya de Birmanie. Les vulgarisateurs sur le Net tombent facilement d'un excès à l'autre sur Internet : de la compassion immodérée pour les victimes au froid détachement géopolitique cynique (quand ce n'est pas la paranoïa du complot des "Illuminati"). Je rappelle que du temps où je m'investissais corps et âme pour la Serbie en 1999 sur Internet j'avais quand même des mots pour les Albanais (Régis Debray avait qualifié ma position d' "équanime") et pour leurs droits (alors qu'ils étaient bien moins persécutés que les Rohingya), voyez mon livre "L'ingérence de l'OTAN en Serbie". Ici on ne peut pas minimiser la brutalité de l'Etat birman (qui est aussi sévère à l'égard d'autres minorités du pays), sous prétexte que les saoudiens et les pakistanais (c'est à dire les musulmans riches, ont un peu aidé les Rohingya après 2013 quand les Occidentaux s'en foutaient). Pour mémoire les Iraniens aussi ont aidé les Rohingya, et aujourd'hui, la violence des nationalistes bouddhistes est telle que même les hindouistes fuient l'Etat de Rakhine. Il ne faut pas se focaliser sur les seules victimes lorsque cela prépare un "manufacture du consentement" (dixit Chomsky) pour nous conduire à la guerre, mais on ne peut pas se limiter à voir partout des manipulations de l'idéologie victimaire. Je veux bien que la Birmanie soit sur les nouvelles routes de la soie chinoises. Mais c'est un peu facile de dire que les saoudiens utilisent les Rohingya pour y faire barrage. En vertu de quel intérêt le feraient-ils ? Seulement au titre d'une soustraitance à l'égard de Washington ? Vu tous les soucis que les Saoudiens causent à leur mentor américain, je doute que celui-ci, avec tous les alliés plus stables dont il bénéficie en Asie (l'Inde notamment), ait besoin de ce service de Riyad. Avant de mener l'enquête de police sur les manipulations, il faut aussi admettre que certains massacres sont indépendants des manipulations, et s'indigner devant eux sans détourner le regard sous prétextes que des puissances qu'on n'aime pas s'indignent aussi (même remarque pour les Yézidis dont je vous parle de temps à autre sur ce blog).

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Mémoire yézide, et épuration anti-Daech

7 Septembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Aide aux femmes yezidies, #Proche-Orient, #Le monde autour de nous

Un Indien, Amish Srivastava (opposant à cette Inde de Modi où on lynche les gens qui mangent de la vache), qui bosse pour Voice of America (VOA) vient de sortir un petit film de 11 minutes sur la vie de la yézide Nadia Murad, aujourd'hui "ambassadrice de bonne volonté" de l'ONU. Le film "The last dance" (la dernière danse) est construit à partir des 60 dessins peints en quatre semaines par un kurde syrien Lukman Ahmad, lui aussi employé à VOA.

Ce court-métrage souligne à juste titre que des milliers  de femmes yazidi (environ 3 000) sont encore esclaves sexuelles. Après la chute de Mossoul, et tandis que l'armée régulière syrienne est sur le point de libérer les derniers quartiers de Raqqa tenus pas les islamistes, beaucoup d'entre elles ont été exfiltrées vers d'autres villes du monde musulman et peut-être d'autres pays où elles sont toujours captives.

Nadia Murad a rencontré le ministre des affaires étrangères français JY Le Drian il y a 6 jours pour discuter avec lui de la situation de la communauté yézide à Sinjar et étudier les modalités pour poursuivre en justice les trafiquants d'esclaves yézides ou leurs tortionnaires.

Début août le ministre des affaires étrangères irakien a demandé à l'ONU une aide pour la poursuite des criminels de Daech. Le Royaume Uni a présenté un projet de résolution indiquant que seuls les criminels de Daech seraient poursuivis pour crimes de guerre (et non les armées et milices kurdes ou arabes pro-gouvernementales... ce qui pose quand même quelques problèmes...).

Une cour spéciale a été instaurée à Qaraqosh  près de Mossoul. Human Rights Watch  a été informée en juillet par un juge que 2 000 suspects d'appartenance à Daech sont en passe d'y être jugés pour les divers sévices infligés à toutes les populations de la plaine de Ninive, toutes communautés confondues. Selon un reporter de la BBC la cour examine 50 cas par jour ! En d'autres termes, c'est une justice expéditive. Il a assisté au procès d'un Irakien qui disait avoir juste été cuisinier des militants de Daech. Ce genre d'individu peut se prévaloir de la loi d'amnistie au bénéfice des gens recrutés malgré eux par Daech votée par le parlement irakien en août 2016, mais Human Rights Watch certifie qu'elle a entendu un juge de la région de Ninive (peut-être de cette cour de Qaraqosh) dire qu'il ne voulait pas entendre parler de cette loi, même pour les cuisiniers. Il existe aussi une cour kurde dirigée par le PYD qui gère 700 dossiers au nord de la Syrie. Open Society, l'ONG de Soros, recommande aux Etats syien et irakien d'adopter des lois sur les crimes contre l'humanité pour ne pas encombrer leurs faibles moyens des cas subalternes à l'égard desquels les juges risquent d'être très injustes. Leur reporter Nadem Houry racontait le 25 août qu'à Raqqa ceux qui s'en sortent le mieux parmi les ex-membres d'EI/Daech ne sont pas ceux qui ont les mains propres mais ceux qui ont des appuis dans les clans puissants (souvent kurdes) qui contrôlent les Forces démocratiques syriennes (un peu comme les combattants d'Al-Nosra recyclés dans les FDS).

La cour pénale internationale ne peut prendre en charge l'épuration car son mandat ne pourrait se limiter aux seuls crimes de l'Etat islamique.

L'activisme international des Yézides pour la répression des crimes de guerre se focalise autour du centre culturel Yazda à Houston (Texas). Hier le centre recevait Knox Thames conseiller spécial du département d'Etat pour le Proche-orient et l'Asie centrale et méridionale pour les minorités religieuses (il venait d'inaugurer le centre de Yazda à Lincoln au Nebraska), la conseillère de Trump Pam Proyer et d'autres membres du Département d'Etat. Yazda (qui a un centre d'aide aux Yézides sur place, en Irak, à Dohuk, et d'autres antennes sur place) est présidée par Haider Elias, un diplômé de la fac de psychologie de Huston natif de Sinjar. Dans 8 jours il animera quatre jours de conversation du Jewish Journal (Journal Juif) à Los Angeles en partenariat avec la "Beyond Genocide Campaign" (Campagne au delà du génocide) une association de rabbins progressistes californiens coordonnée par la rabbin Pam Frydman, diplômée de la fac de psychologie de Tel-Aviv.

Sociologiquement cela dessine une galaxie de soutiens économiques aux yézides d'orientation assez "centre gauche" avec des Indiens anti-Modi basés aux USA, des rabbins californiens et des Israéliens de centre-gauche (les travaillistes de Zionist Camp dont une député préside un groupe d'amitié israélo-kurde organisait en juillet dernier une commémoration du génocide des yézides irakiens à la Knesset).

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Le référendum catalan

6 Septembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Espagne, #Peuples d'Europe et UE, #Les rapports hommes-femmes

J'avais salué en 2015 le charisme d'Inés Arrimadas. Aujourd'hui elle a fait ce qu'elle a pu contre la loi inconstitutionnelle d'organisation d'un référendum sécessionniste votée aujourd'hui en dénonçant l'ambiance de menaces et de tension qu'entretiennent les nationalistes catalans. Ce référendum ne servira à rien car seuls les indépendantistes iront aux urnes. Déjà aujourd'hui le PSC, Ciudadanos, le PP et une partie du Podemos catalan ont quitté l'hémicycle avant le vote. Cela me rappelle l'indépendance de l'Abkhazie qui n'avait été votée en son temps que par une moitié des députés, car les élus partisans du maintien dans la Géorgie n'avaient pas siégé (encore les Abkhazes étaient-ils plus légitimes à s'opposer aux loyalistes géorgiens que les catalanistes aux hispanistes, car en Abkhazie ces sécessionnistes se battaient pour rester fidèles à une fédération multiethnique utile à l'équilibre mondial, l'URSS, quand les catalanistes ne se battent que pour leur nombril). Dans le Caucase, tout cela se paya d'une guerre civile sanglante. Ce genre de guerre est improbable en Europe, mais l'intolérance des sécessionnistes est la même.

Et l'intolérance nourrit la haine. Voulez-vous une preuve : à propos d'Inés Arrimadas, justement. Le 3 septembre à 23 h 07, une femme de Badalona (près de Barcelone) de 45 ans, qui se décrivait comme "philologue réceptionniste" et qui a été gestionnaire de qualité dans un grand groupe, écrivait sur Facebook après avoir vu Arrimadas combattre le référendum catalan à la TV : "Je sais que les critiques vont me tomber dessus de tous les côtés, je sais que ce que je vais dire est machiste et tout ce que vous voulez, mais en écoutant Arrimadas dans le débat de T5 tout ce que je puis lui souhaiter c'est que quand elle sortira cette nuit, elle soit violée en groupe parce que c'est tout ce qu'elle mérite cette chienne dégoutante". Peu de temps après Tinsa la principale société d’évaluation des prix de l’immobilier en Espagne qui l'employait par interim a fait savoir qu'elle mettait fin à son job chez elle. Je me suis demandé ce qui a pu passer par la tête de cette femme visiblement dans une situation économique précaire d'imaginer ce genre de truc sur la présidente du groupe Citoyens au Parlement catalan. Est-ce un effet de la culture porno ? Un effet qui toucherait même les femmes ? Hélas on peut supposer que la dame exprimait le point de vue de beaucoup de beaufs catalanistes. Un site la qualifie de feminazi... Un souvenir du temps où le président de la Generalitat au début des années 30 était un admirateur de Missolini ? (avant que la Catalogne ne défende vaillamment la République en 36).

Bon il faudrait aussi que je parle de la pitoyable tournée des premiers ministres est-européens initiée par Macron en août mais d'autres l'ont fait mieux que moi sur You Tube.

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La canalisation de Plotin

6 Septembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Souvenirs d'enfance et de jeunesse, #Philosophie et philosophes, #Grundlegung zur Metaphysik

Quand je préparais ma licence de philo à 20 ans à la Sorbonne, il y avait dans notre cours un jeune normalien qui voulait faire sa maîtrise sur Plotin, philosophe néoplatonicien de l'antiquité tardive. Je trouvais cela étrange parce que mon entourage ne jurait que par les philosophes modernes (postérieurs à Descartes). En plus Plotin me paraissait ennuyeux avec ses hypostases et son végétarisme.

L'historien anglais ER Dodds évoque dans son célèbre livre sur l'irrationnel chez les Grecs une anecdote survenue à Plotin au début de sa carrière et que raconte son disciple Porphyre - je lisais cela la semaine dernière. Comme un prêtre égyptien venait à Rome, il lui aurait proposé de lui révéler quel Dieu animait sa vie intellectuelle et morale. Plotin accepta. Ils firent donc un rituel de canalisation qui m'a rappelé ma canalisation d'Isis chez une médium en novembre 2014, et ils le firent dans l'Isiacum de Rome parce que c'était le seul endroit pur (Dodds précise que les temples égyptiens étaient les seuls où l'on ne pouvait entrer qu'après avoir jeûné, et je crois que nos églises devraient s'inspirer de cette règle). Le prêtre fit son rituel, et une entité apparut qui révéla que Plotin était inspiré par un Dieu et non par un simple daimon (une entité inférieure). Mais au moment d'interroger l'entité sur le nom du dieu, l'assistant fut pris d'une sorte de folie (peut-être mêlée de jalousie dit Porphyre) et tua les oiseaux postés en défense, ce qui fit échouer la canalisation.

Un des aspects intéressants de l'anecdote est le rôle que jouent les oiseaux dans l'histoire. Il paraît qu'ils avaient une fonction apotropaïque. En étranglant les oiseaux, on empêchait la parole de l'entité de se donner en toute sécurité ou en toute pureté. C'est une historiette bien étrange...

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Les nouvelles sanctions contre Pyongyang, la transition cubaine, le massacre des Rohingya

5 Septembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous, #Asie

Je ne cesse de dénoncer la manie anglo-saxonne des embargos. Il faut le faire à nouveau après l'annonce par Trump de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord, alors que toutes les exportations de minerais de ce pays sont bloquée depuis plusieurs mois. Poutine s'est opposé à ce projet qui pourrait avoir des conséquences humanitaires graves. Il a raison.

Même s'il y a eu une croissance économique en Corée du Nord grâce à l'économie parallèle, le peuple y est pauvre. On parle de Pyongyang, mais il semble que seule une nomenklatura de privilégiés habite cette ville et l'on ne sait rien des campagnes. Les sanctions économiques les frapperaient durement sans avoir aucun impact sur le programme nucléaire gouvernemental. Il faut arrêter cette politique de matamore.

A part cela on nous parle de la transition politique à Cuba. Au terme d'une série d'élections locales et nationales, le premier vice président du Conseil d'Etat Miguel Diaz Canel, un ingénieur qui a dix ans de plus que moi devrait succéder à la tête de l'Etat à Raul Castro qui continuera de contrôler le parti. Pas de changement brutal à prévoir, une vidéo de Diaz Canel est sorti sur les réseaux sociaux où il demande plus de répression des médias indépendants. Je ne sais pas si "Cuba hurts" (Cuba fait mal) comme disait Eduardo Galeano, mais en tout cas elle ne s'alignera pas sur les intérêts du Pentagone et de WallStreet de si tôt.

Dans la série "je me répète", il me faut à nouveau parler des Rohingya, comme je l'avais fait en 2013 sur le blog de l'Atlas alternatif et sur ce blog.Russia Today hier avait des mots très ironiques contre Aung San Su Kyi, prix Nobel de la paix birmane aujourd'hui au pouvoir. ll y a de quoi, car les massacres que subissent ces musulmans de Birmanie depuis dix jours sont terrible.

On devrait faire une liste des crimes dont les prix Nobel de la paix se sont rendus coupables directement ou par leur complicité active et passive : Kissinger responsable du coup d'Etat chilien et des milliers de morts qu'il a engendrés, Lech Welesa qui, sur le tard, soutint la guerre de Bush en Irak (avec son cortège de destructions qui continuent encore), Barack Obama avec sa guerre des drones, celle de Syrie et celle d'Ukraine. Aujourd'hui Aung San Su Kyi et le massacre des Rohingya. Tout cela devrait justifier la mise à la retraite d'office de l'ensemble de l'académie Nobel.

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