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Le blog de Frédéric Delorca

"Le confort intellectuel" de Marcel Aymé

27 Février 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #1910 à 1935 - Auteurs et personnalités

On trouvera cela surprenant de la part d'un admirateur de George Sand comme moi (du moins de l'autobiographie de George Sand à défaut d'aimer ses romans), mais je n'ai pas peur de rechercher la vérité à travers lalecture d'auteurs opposés et incompatibles entre eux.

Je lis donc ce soir "Le confort intellectuel" de Marcel Aymé. Il y a une thèse très forte dans son ouvrage : le romantisme du XIXème siècle (jusque dans ses déclinaisons dans Baudelaire) et le culte de la poésie ont perverti la bourgeoisie au point non seulement de nourrir en elle une sympathie pour les idéologies qui veulent sa destruction comme le communisme, mais encore de lui faire perdre le sens du réel.P1000086-copie-1.JPG

Vous savez que dans "Eloge de la liberté" je me confronte à la question du romantisme et de ses formes les plus populaires présentes dans la culture de masse des années 1980, sur le rôle qu'il a joué dans mon engagement en Yougoslavie.

Je ne suis pas du tout du genre à rechercher le statu quo, et j'ai souvent salué notamment ce que le romantismefidel-castro.jpg révolutionnaire (mâtiné il est vrai de beaucoup de réalisme bureaucratique) a pu apporter à un petit pays comme Cuba en terme de dignité humaine et de progrès social.

chomskynotebook.pngMais en bon chomskyen adepte du cartésianisme (et contributeur du Cahier de l'Herne sur Chomsky, je me dois de le rappeler ici pour que mes nouveaux lecteurs aient une vision un peu complète de mes travaux), je me défie aussi de toutes les facilités intellectuelles, et de tous les "fashionable nonsenses" qui font stagner l'humanité dans des rêveries stériles. Je ne sais pas trop si aujourd'hui le romantisme travaille encore notre monde, si, par exemple, on le trouve dans l'islamisme ou dans le chavisme (je suppose que oui). Mais nul n'ignore qu'il apporta à l'humanité du bien (la révolution de 1848), comme du mal (le nationalisme allemand).

Une des forces du livre de Marcel Aymé est de montrer le romantisme (et le goût de la poésie) à l'oeuvre dans l'évolution concrète d'une famille bourgeoise de province. Une autre est de rappeler que cette révolution littéraire aurait pu être tuée dans l'oeuf, comme celle des "Précieuses" et du "roman fleuve" au XVIIe siècle. Marcel Aymé ne fut pas le premier ni le dernier à instruire le procès de cette tendance de l'histoire occidentale. Il y apporte en tout cas une pièce très importante.

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"Le Travail pornographique " de Mathieu Trachman

26 Février 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Lectures

P1000726-copie-1.jpgPour info, Parutions.com vient de publier mon compte-rendu du livre du sociologue Mathieu Trachman "Le Travail pornographique - Enquête sur la production de fantasmes" ici.

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Ma main tendue aux cathos

25 Février 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

J'ai adressé en décembre dernier une main tendue aux catholiques il y a peu. La revue "Etudes" (les Jésuites) et d'autres cathos ont craché dessus. Donc je la publie sur mon blog....  Les citations sont incomplètes, je n'ai retrouvé qu'une version avant relecture. Mais cela vous donnera une idée de mon intention d'alors.
 beneto16.jpg
 
L'Eglise comme force de transformation écologique et sociale
 
Il pourra paraître inattendu, voire paradoxal, qu'un auteur comme moi, qui s'est toujours réclamé de l'héritage rationaliste de Noam Chomsky (n'ai-je pas été contributeur du Cahier de l'Herne[1] qui lui était consacré en 2007 ?) et dont le dernier livre sur le stoïcisme[2] se situe sur un horizon sans Dieu, et se voit cité à ce titre dans les milieux athées ou agnostiques[3]. Mais n'ayant jamais renié ma culture chrétienne d'origine, et toujours animé par le respect des croyants de quelque religion qu'ils se réclament, je pense qu'il est dans l'intérêt de l'humanité de dépasser certains clivages, et fédérer les héritages au service de la recherche de solutions conformes à l'intérêt bien compris de l'humanité et de notre planète (ce que dans le vocabulaire chrétien on appellerait la Création, mot qui, dans le néo-platonisme de la Renaissance, s'entend aussi bien comme la Création divine que son prolongement dans l'oeuvre de l'homme, un geste prolongeant l'autre[4].

Or, reconnaissons-le, les problèmes auxquels nous sommes confrontés, d'ordre moral aussi bien qu'économique, social et écologique, présentent une ampleur telle que le dialogue entre les cultures (religieuses et athées) doive être considéré comme d'une urgence plus grave. Le socle de ce dialogue se trouve à mon sens dans la nécessité évidente pour nous tous de stopper la machine infernale qui aujourd'hui s'attache à la surexploitation de la planète et à la soumission de l'humain à une logique d'asservissement intensif de lui-même et de son prochain. Ce système économique planétaire qu'on peut appeler le capitalisme globalisé doit aujourd'hui trouver un frein dans la foi et les convictions morales de tout un chacun. L'Eglise catholique a un rôle fondamental à jouer. "Ce que l'Eglise devrait faire... est bien clair... écrivait Pier Paolo Pasolini il y a près de 40 ans[5]: elle devrait passer à l'opposition...  En reprenant une lutte qui d'ailleurs est dans sa tradition (la lutte de la papauté contre l'empire), mais pas pour la conquête du pouvoir, l'Eglise pourrait être le guide, grandiose mais non autoritaire, de ceux qui refusent... le nouveau pouvoir de la consommation, qui est complètement irréligieux, totalitaire, faussement tolérant et même, plus répressif que jamais, corrupteur, dégradant... C'est donc ce refus que l'Eglise pourrait symboliser, en retournant à ses origines, c'est-à-dire à l'opposition et à la révolte". Dans le présent article je voudrais m'attacher à démontrer en quoi l'analyse de Pasolini sur ce point me paraît encore juste et plus que jamais d'actualité.
I - Crise morale et fin de l' « apeiron »
Il est des mots convenus pour désigner le mal-être social inhérent à la modernité : perte de la transcendance et des repères collectifs qu'elle fondait, hypertrophie de la subjectivité individuelle, avec la part d'égoïsme mais aussi de précarité psychologique que cela implique (puisque l'ego ne suffit pas à fonder une espérance sur le long terme). Je suis plus personnellement enclin à analyser la phase actuelle de la crise de la modernité en termes de "fin de l'apeiron", une notion qui a le double mérite de s'appliquer très spécifiquement à la crise morale de trente dernières années et de pouvoir parler à des esprits aussi bien  athées que religions. L'apeiron, c'était chez les pré-socratiques l'ouvert, l'infini, ce qui n'était pas clos. Cette notion angoissait les Grecs, mais le christianisme, dont la Renaissance humaniste est la fille, lui a donné une dimension plus dynamique.  L'infini en devenant espace de découverte, aussi bien que de conquête et de conversion ( « Allez, faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit », Mt. 28,19) est devenu une source de projection confiante de l'humain, dans l'avenir et dans l'univers qui lui était ouvert Cet infini est aussi devenu l'infini de la profondeur intérieure de l'individu, dont les voies d'exploration n'ont cessé de s'affiner de Saint Augustin à la psychanalyse au XXe siècle, en passant par tous les chemins littéraires.
La fin du XXe siècle a durablement refermé la notion d'apeiron, non seulement en discréditant les utopies politiques dans lesquelles l'espoir de conquête et d'aventure s'était engouffré (singulièrement avec l'utopie universelle communiste), mais aussi en disqualifiant la magie investie par un certain pouvoir universitaire (la psychanalyse, le structuralisme) dans les productions des individus : son insconscient, son langage (car même si les doctrines des années 60 se voulaient méta-individuelles, les systèmes qu'elle prétendaient mettre à jour valorisaient les productions symboliques humaines portées par les individus...).
A la fin de ce siècle marqué par des progrès et des régressions considérables, l'humain s'est découvert une identité d'être biologique durablement fini dont les sciences naturelles (éthologie animale, sciences cognitives, psychologie évolutionniste) pouvaient expliquer les représentations mentales mieux qu'on ne l'avait précédemment cru (réduisant du même coup celles-ci au rang de sous-produit anecdotique de la corporéité devenue prioritaire. L'être humain, dans les pays occidentaux du moins (qui influencent encore beaucoup le reste du monde, qu'on le déplore ou que l'on s'en rejouisse), a découvert du même coup qu'il n'augmenterait son "espérance de vie" et son bien-être matériel (seuls horizons encore ouvert dans ce monde de clôture) qu'en se soumettant à des lois du marché qui valorisent sa capacité d'innovation qu'au détriment d'une indifférence à la justice sociale (dont pourtant il porte le sens dans ses gènes-même), ce qui sans doute concourt à la dévalorisation chez lui des idéaux, et même du travail intellectuel nécessaire à la production de ces idéaux (un travail qui repose sur des valeurs de désintéressement et d'altruisme foulées au pied par l'économie de marché).
 
La fermeture des horizons  moraux et intellectuels et de toutes les sources d'espoir dont le "vivre-ensemble" collectif était porteur favorise presque mathématiquement l'esprit d'exploitation de soi-même et d'autrui dans une logique d'accumulation et d'optimisation de l'accumulation qui est à elle-même sa propre fin.
La découverte du caractère fini des ressources de la planète dans un monde "globalisé" (certains ont dit un village-monde) a joué un rôle ambigü. Dans un sens elle a pu introduire une forme de culpabilité dans la logique d'accumulation. Elle lui a imprimé une dimension plus qualitative : on ne cherche plus seulement à remplir son caddie, on veut consommer "mieux", plus diététique, plus "durable"... Mais elle n'a nullement supprimé la logique d'optimisation. En un sens elle l'a même accentuée : puisque le monde que nous lèguerons à nos enfants sera inévitable plus pauvre en ressources, plus pollué, plus dérèglé sur le plan climatique - dans la mesure où l'industrialisation de pays émergents comme la Chine, l'Inde ou le Brésil nous condamne à l'extraction massive des matières premières et à l'émission massive de CO2 - autant optimiser notre présent, dans notre relation à nous-mêmes et à autrui.  
Aussi tout le monde s'efforce-t-il d'exploiter chaque millimètre carré d'espace existentiel dont il dépose, de relation à soi-même et à autrui pour ne pas manquer d'occasions de mener la vie optimale que divers "coach" en bien-être et en intelligence lui suggère de mener : une vie ni trop trop peu riche en lipides et glucides, ni trop ni trop peu remplie de travail (sans verser dans le burn out), et agrémentée de loisir (sans excès d'oisiveté toutefois car la machine productiviste doit toujours tourner à fort rendement), point soumise aux passions destructrices, aux pertes de temps préjudiciables : tout doit avoir une finalité cohérente avec des besoins soigneusement pré-définis, et très peu d'écarts de comportements (même des écats verbaux, des éclats de rire déplacés) ne sauraient être tolérés dans ce monde fini où tout doit être optimisé rationnellement...
La fermeture de l'apeiron se ressent sur chaque aspect de nos modes de pensée. Par exemple sur la manie de la pondération et de la vérification que nous avons introduite en philosophie et en sciences humaines (pour autant que cette dernière expression ait un sens), là où jadis l'esprit de conquête en dispensait tout le monde.
Le bougisme qu'on impose à tout le monde, y compris à nos enfants en les amenant visiter des musées à trois ans... reflète aussi l'inquiétude généralisée de vivre dans un monde où en fait il n'y a plus aucun moyen de se projeter dans quoi que ce soit, et donc plus rien à faire (au sens profond du terme)
A maints égards la plupart des aberrations macrosociales et macroéconomqie du monde actuel ne sont que le résultat de l'obsession d'optimiser les possibilités de vie. L'explosion de la spéculation financière résulte d'une angoisse de la surexploitation des "opportunités" rendue possible par l'accélération des flux dérégulés via l'outil informatique. L'ampleur des dépenses d'armement d'un pays comme les Etats-Unis (dont le budget n'a jamais diminué malgré la fin de la guerre froide et représente à lui seul 40 % des dépenses mondiales d'armement dont quelques miettes seulement suffiraient pourtant à vaincre la faim dans le monde) s'explique par une volonté toujours plus grande d'optimiser la possibilité d'imposer un "leadership" sans payer le moindre sacrifice en terme de vies de soldatss.
La délégitimation des institutions régulatrices au niveau des nations (les Etats, les syndicats, les églises, au moins en Europe) aussi bien qu'international (qu'on songe à ce que sont devenus le FMI et la Banque mondiale initialement conçus pour maintenir une cohésion économique mondiale) est indissociable de la disparition des horizons d'ouverture et de projection indéfinie de soi dans un espace collectif non clos qu'impliquait la possibilité d'une vie vécue sous la catégorie de l'apeiron, et dépourvue du diktat de l'optimisation tel que nous le connaissons aujourd'hui.
 
Or dans ce mode de vie, l'être humain est en train de perdre l'essentiel. Il perd la gratuité du rapport à autrui et à soi-même, du rapport au temps. Dans tous ces domaines l’utilitarisme gouverne. Certes nous ne vivons plus dans le culte de la vietsse qui caractérisait le XXe siècle (voir sa critique par Alain, mais aussi cette remarque de Borghese à propos de Mussolini*). Certains « coach » et bons esprits recommandent de se ménager, de trouver du « temps piur soi » etc, mais toujoru savec parcimonie et sous la contrainte de l’utilitarisme, qui accepterait sans culpabilitéauujprud’hui de perdre 10 à 20 ans sans rien faire ou à des activités absurdes. Le sens de la lenteur et de l’immobilité sont perdus. Qui comme Romain Rolland pourrait dire aujourd’hui « Le silence d'une grotte de pierre est-il plus profond, et de combien, que celui d'une prairie (bien entendu, en écartant de celle-ci toute vie animale) ?" »
Du coup c’est tout ce qui dispose à l’accueil de la nouveauté de l’instant et de ce qu’autrui peut apporter qui disparaissent dans cette application à trop bien faire, trop bien vivre, sous la catégorie d’un univers fermé.
 
II - La force de résistance dont l'Eglise est porteuse
 
L’Eglise est riche d’une tradition de résistance. Sans remonter à la lutte du pape contre l’empire qu’évoquait Pasolini, le catholicisme est rempli d’esprits anarchistes de gauche ou de droite comme Custine, qui, à travers l’Eglise aimaient surtout al subversion des hiérarchies : « De toutes les institutions humaines, l’Eglise catholique devrait être la mieux gardée contre l’usurpation des ambitieux »[6] - son pointd evue est en cela proche des analyses récentes  de Jacques Dalarun[7] : ‘église est une structure qui historiquement, même au sommet de son faste et de son oppulence, n’a jamais perdu de vue la priorité à accorder aux pkus pauvre et au plus humble. Custine, notons le, fut und es premiers à avoir voulu réintroduire la longueur du temps et la patience dans l’ordre social : «  La patience est l’espèce de courage le plsu nécessaire aux hommes chargés de conduire les autres homems…. La longanimité est le secrét et la vertu des gouvernements raisonnables ; voilà pourquoi il est utie que la société soit régue non par les plus savants, mais par les plus calmes ».[8]
 
Des esprits généreux,amoureux de la nature autant que de l’égalité entre les hommes, comme Georges Sand qui se voulait communiste parce que chrétienne, chrétienne parce que communiste : « Je n’oublierai jamais, je ne peux pas oublier que l’élan chrétien me poussa résolument, pour la première fois, dans le camp du progrès, dont je ne devais plus sortir »[9]. De sorte d’ailleurs que d’une certaine manière (et Jaurès n’était pas loin de le recpnnaître) tout le socialisme du XIXe siècle est fils du christianisme.

J’ai expliqué dans un de mes livres pourquoi selon moi les impératifs écologiques et sociaux imposent que l’ons e départissent de la philosophie hédoniste que nous impsoe l’économie d emarché (l » « cépitalisme de la dséudctuin » comme disait Glouscard[10]) pour revenir à une morale stoïcienne du devoir (celle du premier stoïcisme grec), en définissant ce devoir nom comme une cintrainet extérieure conformiste mais comme recherche spontanée de ce que la nature humaine profonde (qui a co-évolué avec son bioope) peut dicter à tout un chacun pour sa survie et celle du groupe (l’une n’allant pas sans l’autre)
 
Il faut rappeler ici ce bel argument de Voltaire rapporté par Chateaubriand dans « Le génie du christianisme » : « Le stoïcisme ne nous a donné qu’un Epictète, et la philosophie chrétienne dorme des milliers d’Epictètes, qui ne savent pas qu’ils le sont, et dont la vertu est poussée jusqu’à ignorer leur vertu même »[11]. Si le stoïcisme comme sens de la conformité à la nature profonde et aux deboirs à l’égard de la communauté est la meilleure voie pour l’épanouissement de l’humanité, ce n’est que par le christianisme que cette voie accessible est devenue, sur le plan pratique, accessible au plus grand nombre
III – Une résistance qui se doit d’être avant-gardiste
Si les esprits laïques comme les croyants ont en commun intérêt à voir l’Eglise assumer aujourd’hui sa vocation de résistance à l’ordre de la consommation et de la surexploitation du monde, cette évolution ne peut-être féconde que si elle est menée sur un mode avant-gardiste, l’Eglise étant vouée à disparaître si elle n’est qu’un conservatoires de pratiques et d’idées du passé. 
Je vois trois terrains sur lesquels l’Eglise peut jouer un rôle de pointe : la sexualité, les solidarités et l’écologie.
Commençons par le point qui place l’Eglise le plus ne porte à faux avec l’opinion publique (travaillée par les
médias) en ce moment : la sexualité. Certes on n’imagine pas une remise en cause du caractère sacré de la familiale, ou de l’interdiction de la sexualité hors du couple consacré par le mariage (principe dans lequel le pape voit entre autres le principal rempart contre le SIDA). Mais la valorisation de la fidélité pour les couples mariés, n’est-elle pas compatible avec l’autorisation d’une sexualité plus débridée en dehors du mariage ? Sans nier l’importance du mariage comme ciment de la famille légitime, l’Eglise ne pourrait-elle pas aussi reconnaître des formes d’union plus passagères et définir des valeurs spécifiques à ces unions là ?
 
Cela suppose sans doute un aggiornamento sur la question de la valorisation du corps, et donc probablement un aménagement de la doctrine du péché originel. Prenons l’exemple de la nudité. Beaucoup de groupes entendent provoquer l’Eglise en utilisant le corps sans vêtement, présenté comme un paradigme de la liberté. Il y a quelques mois des étudiants de l’université de Madrid en Espagne ont profané une chapelle en s’y promenant nus, et en décembre en marge d’une manifestation contre le mariage homosexuel à Paris, le groupe de féministe FEMEN s’est heurté à des chrétiens traditionnalistes en s’exhibant, comem à leur habitude, topless. Or il existe des tendances nudistes dans le christianisme[12], comme les communautés nudistes évangélistes au Brésil ou quaker aux Etats-Unis, l’Eglise catholique (dont une illustre défenseuse en France Mme boutin be cache pas son penchant pour la nudité domestiqueà peut très bien développer ce genre de tendance et la mettre en avant pour gagner le  cœur des jeunes épris de iberté corporelle. C’est une option d’autant plus intéressante pour elle que la nudité est de plus en plus dissociée de la sexualité et associée à une dimension de fraternité conviviale. Elle suppose que l’Eglise sache se réapproprier l’héritage des hérétiques adamites qui professaient l’innocence d’une vie nue à l’image d’Adam et Eve, ce qui suppose aussi une réintégration des diverses sectes se réclamant de ce que Raoul Vaneigem appelle le « Mouvement du Libre Esprit » qui au Moyen Age réhabilitait le plaisir contre la culpabilité du péché originel. En levant ce verrou de culpabilité nul doute que l’Eglise ouvrirait la voie à une forme d’Amour moins méfiante à l’égard du corps, et de la liberté des cœurs, un Amour qui par là même deviendrait de ce fait plus attractif.
 
L’Eglise est aujourd’hui plus à l’aise sans doute sur le front de la solidarité sociale et de la charité. Elle pourrait l’être plus, en prenant plus systématiquement le contrepied des tendances les plus injustes de notre monde. Par exemple la tendance à l’exclusion des personnes âgées. Il y aurait un grand intérêt sans doute à systématiser l’aide aux personnes isolées en créant de véritables bataillons de jeunes qui iraient rendre visite à celles-ci à intervalle fixe et chercherait à enrayer avec une détermination absolue les tendances actuelles au cloisonnement. L’Eglise qui ouvre les portes scellées pourrait aussi manifester sa solidarité au niveau international à partir de ses catégories propres, sans se référer aux préférences médiatiques. Pourquoi n’envoie-t-elle pas des brigades internationales de la paix dans les pays en guerre, et notamment là où les chrétiens sont massivement persécutés du fait du soutien pour le moins maladroit de nos dirigeant à des factions extrémistes (par exemple en Irak et en Syrie) ?
Peut-être le message de résistance le plus décisif que l’Eglise pourrait porter au monde aujourd’hui se situe-t-il sur le terrain essentiel à la sauvegarde de notre espèce : celui de l’écologie. On sait que le soin dédié à la création et aux créatures fait partie intégrante du message.
 
L’écologie que peut promouvoir l’Eglise n’est pas une écologie cosmétique. Il peut s’agir d’un horizon social radicalement nouveau, celui d’une sortie complète hors de la société de consommation. Comme l’a bien montré Christian Arnsperger, économiste de l’Université catholique de Louvain, rejoignant en cela Pasolini, la conservation écologique de notre planète ne peut s’obtenir avec de demi-mesures. Il faut sortir du système de consommation à outrance. Une telle sortie ne peut passer que par un dépassement des pulsions et angoisses qui nourrissent l’addiction à la consommation des biens matériels. « Le capitalisme nous distrait de notre authentique destinée humaine qui est de nous "spiritualiser", nous "pneumatiser" de plus en plus. C’est pour cette raison qu’une critique existentielle du capitalisme est essentielle pour qu’éclose un nouveau militantisme social – un militantisme existentiel »[13]. Il est clair que l’Eglise dispose aujourd’hui de tout le capital humain, matériel et spirituel pour construire la société parallèle « communaliste », c'est-à-dire fondée sur la générosité du don, qu’il appelle de ses vœux, et dont le fonctionnement en réseau peut progressivement attirer à lui et finalement absorber la logique de consommation ordinaire (et d’optimisation capitaliste) qui prévaut dans le reste de la société. 
Conclusion
Esprits laïques, héritiers de la morale stoïcienne (pour peu qu’ils se rendent compte qu’une hédonisme irréfléchi est voué à l’impasse) et chrétiens peuvent aujourd’hui converger sur un programme de remise en cause profonde de la logique marchande et de surexploitation d’un monde, et d’existences, perçus comme définitivement clos. Cela ne permettra sans doute pas de rouvrir artificiellement des horizons comme le firent la découverte de l’Amérique ou les débuts de la conquête spatiale (avant que l’homme ne découvre qu’il était essentiellement entouré de galaxie vides et plus lointaines qu’il ne le croyait au début). Mais cela peut ouvrir la possibilité de définir une autre temporalité, un autre mode de vie avec les autres et de rapport à soi qui dégage pour chacun plus de liberté mentale (une liberté authentique, non soumise aux impératifs d’optimisation), un sens de la gratuité qui laisse se développer le potentiel d’improvisation psychologique et physiologique de tout un chacun, en meilleur harmonie avec son environnement social et naturel.
 
Frédéric Delorca, écrivain, docteur en sociologie, diplômé de l’IEP de Paris et de la faculté de philosophie a dirigé plusieurs sites d’information alternative sur Internet. Après avoir coordonné l’ « Atlas alternatif » en 2006 (Le Temps des Cerises), il a composé divers essais et récits de voyages ainsi qu’un roman.


[1]Cahier de l’Herne Chomsky
[2]"Eloge de la liberté sexuelle stoïcienne" aux éditions du Cygne
[3]Raison présente
[4]  André Chastel sur Marsile Ficin citer livre)
[5]  Pasolini Ecrits Corsaires p. 121 
[6] Custinep. 201
[7]Jacques Dalarun Gouverner, c’est servir. Essai de démocratie médiévale, Paris, Alma Editeur, 2012
[8] Custine L'espagne sous p. 258
[9] G. Sand Histoire de ma vie p. 456
[10]Glouscard le Capitalisme
[11] Génie du Christianisme tome 2 p. 209
[12]Cf livre.
[13] Christian Arnsperger, Ethique de l’existence post-capitaliste, Pour un militantisme existentiel, Paris, Editions du cerf, 2009 p. 205.
 
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"L'ordre et la morale" de Mathieu Kassovitz

23 Février 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Cinéma

Vu ce soir en DVD "L'ordre et la morale", un bon film, très prenant, très bien fait, auquel je reconnais notamment la vertu de rendre hommage aux hommes de terrains, à ceux qui font l'histoire au péril de leur vie, alors que les politiciens et les intellectuels se contentent de commenter, ou de récupérer les fruits de leur action (félicitons notamment Mathieu Kassovitz de ne pas sombrer dans un antimilitarisme sommaire, trop répandu à l'extrême gauche, et d'avoir su rendre hommages aux valeurs du soldat, même s'il est plus dur à l'égard de l'armée de terre que de la gendarmerie, l'effort de réalisme et de respect de la chose militaire tranche notamment avec la bouffonnerie d'un film comme "Indigènes" hélas bien mieux récompensé par la profession). Qui plus est ce film a eu le mérite de me rappeler le temps (dans les années 84-88, mais ce temps n'a jamais vraiment cessé) où je débordais de sympathie pour la cause kanake et suivais très assidument les "événements de Nouvelle-Calédonie", comme on disait alors.

gazBien sûr comme beaucoup de contestataires (et vous savez que j'en ai connus quelques uns, et de très près) Kassovitz a le défaut de prendre un peu trop de libertés avec la complexité du réel, et de manipuler à son tour tout en prétendant dénoncer les manipulations des puissants, et ce souvent au mépris des faits authentiques. Sans doute idéalise-t-il un peu trop Legorjus (au point d'en travestir la personnalité), et les preneurs d'otage Kanak (au point de mentir d'ailleur sur des éléments humainement importants comme le mode d'exécution de quatre gendarmes tués). Mais ce sont là des licences artistiques qu'il faut accorder à un artiste passionné qui suit son chemin propre, et utilise l'histoire au service de ses interrogations personnelles. Mais il faut admettre une bonne fois pour toute que le cinéma en particulier, et l'audiovisuel en général, ne sont pas de bons vecteurs de vérité. La vérité ce sont toujours des dossiers, avec des pièces écrites à charge et à décharge (pour autant que le réel puisse trouver son chemin dans l'écriture), et des cerveaux qui tentent des synthèses plus ou moins justes. L'image véhicule un lyrisme qui lui est propre, elle a besoin de lyrisme. Il faut laisser les créateurs suivre une inspiration personnelle à travers le langage audiovisuel, aller voir leurs films (quel dommage que le public et les médias aient largement boycotté ce film) sans jamais confondre l'artiste avec l'historien, voilà tout.

Quant à Mathieu Kassovitz j'espère qu'il reprendra bientôt la voie de la fiction, qui, à mon sens, est la voie la plus noble pour faire entendre la vérité dans l'art.

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Quand la haine prend la plume : Bourcier à propos de Iacub

22 Février 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

Je lisais dans le blog très à droite Atlantico un papier de la sociologue Marie-Hélène Bourcier (dont je n'ai jamais rien lu) contre le dernier livre de Marcela Iacub (dont certaines analyses m'ont séduit dans le passé) sur Strauss-Kahn.

 

Ca vole un peu plus haut que les imprécations de la grande presse d'hier, mais cela suinte de haine pour la masculinité, les années 60 ... et la France. Voyez ce paragraphe de conclusion :

 

P1000733-copie-1.JPG"Qui va nous faire croire que Belle et Bête est une critique de l’homme libéral comme le prétendait Eric Aeschimann sur le plateau du Grand Journal de Canal Plus ? Un communiste selon Iacub ! Ce qui fascine cette dernière, c’est bien au contraire que DSK est un cochon de libéral et qu’il illustre sa conception libérale de la liberté absolue et de la sexualité. Raison pour laquelle elle se mire dans sa conscience tout en trouvant que ce n’est jamais assez. DSK doit être l’incarnation absolutiste de sa vision de la liberté et du sexe. Finalement, comme Anne Sinclair, comme « les puissants de l’Ancien régime », elle rêve d’un DSK qui soit la libido guidant le peuple et que la patrie lui soit reconnaissante. C’est ringard et c’est franchouille, c’est Cochounou, le bon goût de chez nous. C’est Freud, c’est Bataille, c’est Lacan et tout le tin-toin : la libido est masculine."

 

Je ne sais pas trop quelles valeurs défend Mme Bourcier dans ses propres travaux (peut-être aucune, c'est plus reposant pour elle). En ce qui me concerne, vous le savez, je cherche au contraire à la fois à défendre (sous réserve d'inventaire et de réformes si nécessaire) l'héritage historique français, la libido masculine, et, d'une certaine façon aussi les années 60, en recadrant tout cela dans une optique rationaliste et néo-stoïcienne non-récupérable par le libéralisme économique - je le ferais davantage si des idiots comme les éditions L'Harmattan ne passaient pas leur temps à rejeter mes manuscrits sans les lire sur la base des simples rumeurs mensongères qui fourmillent sur la place parisienne à propos de "Delorca".

 

En tout cas j'ai fait commander le livre de Iacub par Parutions.com. J'espère pouvoir dans une recension détailler un peu mon point de vue sur son compte.

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Réforme cantonale : le redécoupage technocratico-féministe

22 Février 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca

Encore une mesure qui tourne délibérément le dos à deux siècles d'histoire de notre pays au nom d'une conjugaison d'impératifs technocratiques et de combat pour la révolution des rapports entre les "genres" : le nombre de cantons en France va être divisé par deux pour permettre la mise en place d'un scrutin binominal paritaire, c'est à dire l'élection systématique d'un homme et d'une femme comme "conseillers départementaux", nouveau nom des conseillers généraux. Un délire de plus qui va nécessiter des redécoupages aventureux d'entités territoriales qui existent depuis le consulat.

 

hollandeEvidemment un scrutin proportionnel départemental aurait mieux valu si l'on voulait valoriser les grandes villes et servir la cause de l'engagement politique des femmes (quitte ensuite à ce qu'on attribue dans chaque canton rural à un maire élu la fonction de conseiller consultatif : cela au moins eût maintenu une réalité physique aux entités cantonales sans coûter plus cher à la République). C'est au nom de l'attachement à la proportionnelleque le PC s'est abstenu au Sénat (les radicaux ne prenant pas part au vote), ce qui a fait échouer le vote en première lecture. Il a bien fait.

 

La base technocratique projet avait été posée par la droite, puis teintée de féminisme par la gauche à l'issue d'états généraux de la démocratie locale dont personne n'a entendu parler. Le projet est en débat cette semaine à l'assemblée nationale.

 

En pratique  la création d'un binôme égalitaire de deux élus sur un même territoire laisse sceptique : qui gérera quels dossiers ? Et si les deux ne s'entendent plus ? Quelle légitimité si l'un est vice-président du Département et pas l'autre ?

 

1couv_montagnes-copie-1.jpgDans mon département c'est l'occasion de rallumer la guerre entre Basques et Béarnais. Le canton basque de Saint-Palais, à l'issue de la publication d'une simulation dans le journal La République des Pyrénées du 22 janvier dernier s'insurge à l'idée de pouvoir fusionner avec Iholdy (basque), mais aussi avec les cantons béarnais de Sauveterre-de-Béarn et Navarrenx. Mëme crainte de regroupement dans les deux cantons de Soule (Mauléon et Tardets).

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Histoire locale, morale et politique, questions diverses

19 Février 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Quelques séries de questions que je me pose aujourd'hui et que je vous pose :

lh-copie-1.jpg- Vous êtes vous demandé déjà qui vivait à l'endroit où vous habitez il y a cent ans, quel était le paysage dehors à ce moment-là ? ce qu'on y faisait ? Les fous se prennent plus souvent pour des réincarnations de Napoléon ou d'un pharaon, pas de l'arrière grand père d'un voisin. Est-ce qu'on se soucie de l'histoire d'un lieu auquel on est étranger ? Dès lors est-il utile qu'un journal municipal de banlieue parle chaque mois de l'histoire d'une ville dont la moitié de la population vivait ailleurs dix ans plus tôt ? est-il légitime et utile que l'Agence nationale de la rénovation urbaine ait une ligne de crédit pour l'histoire des HLM ? Les gens ont-ils besoin de ça ? L'histoire locale est-elle un moyen de donner des lettres de noblesse au vécu ordinaire des gens ou juste une façon de combler l'insuffisance du "grand récit national" (sa crise, en quelque sorte) et de tous les autres grands récits ?

 

csto-copie-1.png-  Questions autour de ce mot d'un ami tantôt : "je lis actuellement un ouvrage d'Henri Chambre (jésuite) sur le marxisme en Union soviétique (sa thèse principale : le poids majeur de la superstructure et de l'idéologie dans un système issu d'une "philosophie" mettant l'accent sur l'infrastructure économique). C intéressant de voir les répercussions de la transposition du marxisme dans une société donnée : disparition de la propriété privée au profit du concept de propriété individuelle, disparition de toute référence directe à la morale dans le code pénal : la responsabilité y étant exclusivement légale et sociale (où le juste et le bien cèdent le pas devant le socialement utile ou néfaste)..."

L'argument selon lequel le soviétisme a aboli le sens moral des russes et les a rendus utilitaristes est très répandu chez les anticommunistes, et j'y ai remarqué un fond de vérité quand je suis alléeen russie. Mais il est toujours dur de savoir si les causalités sont politiques ou anthropologiques. A propos de la Russie, on peut aussi soutenir qu'un pays de serfs jusqu'en 1880, qui a connu tant de guerres (avec le phénomène des veuves qui élèvent leurs enfants seules dans le dépit et la nécessité) ne peut pas se forger de grandes morales familiales bien ancrées et bien transmises. Il faudrait comparer cela avec Cuba par exemple. En tout cas évidemment je conçois qu'on se demande (sans jamais pouvoir trouver de réponse claire) quelle part un système politique peut jouer dans la disparition d'une morale, directement,ou indirectement par les guerres civiles qu'il provoque (je pense notamment à la Chine, où là aussi l'utilitarisme est roi, d'où la nécessité de retourner parfois à de vieilles morales confucéennes plus désintéressées). Le moralisme assumé du républicanisme français, lui, limite peut-être le risque de la dérive utilitaire, mais le moralisme produit aussi de l'anti-moralisme réactionnel, source d'anomie. Et puis les réacs façon Bernanos diraient que le moralisme républicain est un moralisme au rabais parce qu'il valorise les combines plus que l'héroïsme, à la différence de la sainte monarchie traditionnelle. Y a-t-il une morale politique qui puisse vraiment le sortir de l'utilitarisme sans l'asservir à du pharisianisme ?

Au fait en parlant des réacs vous avez vu comme on essaie de nous vendre en ce moment l'idée d'un retour de la monarchie en Libye ?Les années 60 dans le monde arabe avec leur élan socialiste sont vraiment mortes. Cela dit je veux bien croire que les monarchies sont plus inoffensives aujourd'hui qu'hier parce qu'elles ne sont plus solidaires des féodalités locales (encore que, en Libye, cela tende à revenir). Mais bon, une monarchie vaut mieux qu'une dictature clanique qui surfait sur l'héritage de la rhétorique socialiste pour imposer un règne du n'importe quoi (la libéralisation arbitraire de l'économie sans les garde-fous de l'Etat de droit).

 

- Gérard Filoche, de l'aile gauche du PS, pleure sur la mort annoncée de l'inspection du travail sous la forme d'une réforme vendue à Sapin par le haut fonctionnaire social libéral directeur du travail qui était déjà en poste sous Sarkozy. Comment diffuser cette idée ? Autre nouvelle : Julian Assange croit échapper à l'encerclement londonien en se faisant élire député en Australie. N'est-ce pas tout de même un peu naïf ? Mais il est vrai que ce garçon n'a pas 10 000 cartes à jouer... ni la protection active de Correa (brillamment réélu en Equateur) ni les frappes dans le dos amicales mais inutiles de Mélenchon ne peuvent le sortir de sa sourcière...

Bon allez assez de questions pour aujourd'hui. Je ferme la boutique jusqu'à demain.

 

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"Quinze ans"

16 Février 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi

10-ans.jpgMon manuscrit "Dix ans sur la panète" devenu ensuite "Douze ans chez les résistants" puis "Quinze ans chez les résistants" , n'a jamais trouvé de véritable éditeur parce qu'il était trop anti-guerre pour les mainstreams, trop favorable à la Serbie pour l'extrême-gauche (qui n'aimait pas ce pays) et trop anti-facho pour l'extrême droite. Bref ce livre avait tous le défauts, et en plus il émanait d'un inconnu (moi), parfaitement invendable. Pourtant c'est le meilleur de tous les livres que j'aie écrits. La vie est mal faite.

 

Néanmoins, il m'aura quand même permis d'avoir un ou deux échanges intéressants avec des individus sans parti pris qui en ont aimé la sincérité, notamment aujourd'hui un éditeur quadra comme moi (parce que seuls les types de mon âge peuvent apprécier mes écrits, bizarrement il y a un mur invisible entre moi et les quinqua, je l'ai souvent remarqué), quadra, donc un peu périphérique (car les quadras n'ont pas encore le vrai pouvoir dans le monde intellectuel, même si certains s'en approchent, comme Caroline Fourest, mais vous aurez compris que je n'écris pas pour les gens qui ont son profil).

 

Cet éditeur m'écrivait des choses très vraies ce matin sur l'antisémitisme et l'anti-américanisme primaire qu'on trouve à P1020724l'extrême gauche, sur la malhonnêteté de ceux qui veulent sauver le monde tout en surexploitant leurs salariés etc. Il plaidait pour un micro-engagement "éthique" au quotidien, un peu comme le faisait la revue Vacarmes dans les années 1990. Et pourtant cet homme aimait mon livre, même s'il ne le trouvait pas dans les clous de son créneau de publication.

 

Cette conversation comme celles que j'ai déjà eues autour de ce manuscrit, m'a conforté dans l'idée que, dans un monde où l'honnêteté intellectuelle serait la règle (notamment chez ceux qui ont le pouvoir de publier les ouvrages et de les faire connaître), celui-ci serait très vite devenu un livre, aurait trouvé tout naturellement sa voie et son public. Au lieu de cela, il est resté injustement le mal-aimé, refusé partout, alors qu'il était le meilleur. Terrible injustice...

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"La Bataille d’Alep" de Pierre Piccinin da Prata

15 Février 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Lectures

books.gifA propos de la guerre en Syrie, on peut lire sur Parutions.com mon compte-rendu du livre-témoignage de Pierre Piccinin da Prata, publié chez L'Harmattan, en ligne ICI.

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Bras de fer : Afghanistan, Mali, Corée du Nord, Syrie

13 Février 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

Pas terrible les infos de ce jours. Des reliquats des années 2000 qui tournent en bras de fer aux quatre coins du monde :

 

L'Agence russe d'exportation d'armements (Rosoboronexport) livre des systèmes de défense antiaérienne à la Syrie, apprend-on dans la presse russe aujourd'hui. Sans doute une conséquence du raid israélien.

 

La Corée du Nord effectue un essai nucléaire. Moscou, tout en condamnant, fait remarquer à juste titre qu'on n'en serait pas là si Washington n'avait cessé de menacer ce pays (et d'autres "Etats voyous").

 

CSONU.jpgAu Mali les islamistes se sont infiltrés à Gao en traversant le Niger à la faveur de l'obscurité, les insurgés ont combattu toute la journée de dimanche les troupes maliennes et françaises, preuve que le scénario que j'envisageais (un retrait de la France avant même la reconquête des montagnes du Nord-Est) n'est même plus envisageable puisque l'arrière de la ligne de front n'est pas sécurisé. Vraiment mauvaise pioche pour la France. Où en est le projet d'interposition des forces africaines ? Si j'étais M. Hollande je pense que j'investirais davantage sur le dialogue bilatéral avec les seuls pays à même de fournir des contingents pour sécuriser le Mali : les trois puissances militaires que sont le Nigéria, l'Afrique du Sud et l'Angola. Ou peut-être même, si nécessaire, avec la Russie, qui avait proposé ses avions de transports de troupes. Bon le revers de la médaille nous le connaissons : quand on partage le fardeau il faut aussi partager les ressources : et donc l'uranium du Niger, il faudrait aussi songer à le partager... Et les mouvements progressistes maliens, quelle stratégie alternative proposent-ils pour reconquérir leur souveraineté, aussi bien face aux islamistes, que face à la CEDEAO et à la France ?

 

Apparemment sécuriser une zone menacée par des islamistes n'est pas une tâche insurmontable. L'ennui est qu'on ne sait jamais ce qui se produira quand les occupants se seront retirés. L'Afghanistan est typique de cette problématique. En ce moment les Américains l'occupent avec 68 000 hommes, et jurent que les forces afghanes assurent 90 % des opérations militaires (on aimerait pouvoir en dire autant des forces maliennes). Obama promet d'en retirer 34 000 d'ici février 2014. Ce qui n'en laisserait que 34 000 pour contrôler le pays pendant l'élection présidentielle d'avril, puis quelques milliers en 2015, mais il semble que beaucoup de généraux ne croient pas que 34 000 hommes suffisent pour sauver le régime de Karzaï... Là comme ailleurs l'Occident cherche à sauver les meubles, à un coût qu'il peut de moins en moins payer. Et personne ne se prépare mentalement au grand rééquilibrage du partage des ressources auquel il faudra bien songer quand Paris, Londres, Washington devront partager avec Moscou, Pékin, Prétoria et Brasilia le coût de la répression des milices rebelles sur tous les continents...

 

Je voyais récemment une étude sur le gaz de schiste réalisée par un think tank américain qui concluait approximativement "grâce au gaz de schiste les USA alliés à l'Australie reprendront un jour le leadership mondial" (car ces deux pays seraient les plus gros détenteurs de réserve). On ne peut jamais exclure qu'une nouvelle donne au niveau des matières naturelles ou des technologies inverse soudainement les rapports de forces, mais pour l'heure on est encore loin du compte...

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L'esthétique de la rupture responsable

13 Février 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Philosophie et philosophes

Un type comme moi, vous ne le verrez pas à la TV, ni chez Taddeï ni ailleurs, parce que je ne cherche pas à écrire des livres de spécialiste qui éclairent un sujet à un moment donné. J'essaie de dessiner une trajectoire qui puisse faire sens sur 20 ou 30 ans comme illustration de ce que pourrait être une façon raisonnable de se tenir dans une époque comme la nôtre. Par conséquent tous les livres que j'ai écrits forment une seule et même oeuvre, où les parties se renvoient les unes aux autres. Je pense qu'on le voit bien dans le livre sur le stoïcisme où l'on passe pour ainsi dire de Belgrade à la Stoa sans transition. J'ai essayé de ne négliger aucun aspect important (les relations internationales, la technologie, les moeurs intimes etc). Et j'ai en permanence précisé ma position à l'égard des diverses modes - celles des dominants : de BHL à Caroine Fourest - celles des opposants - de Meyssan à Bouteldja - pour éviter aux lecteurs les contre-sens sans pour autant passer mon temps à me définir par rapport aux uns et aux autres.

 

J'ai défendu des options de rupture, mais toujours responsables, en tenant compte du réel, des faiblesses de la société humaine, de la nécessité de garder, au moins à titre provisoire - mais peut-être pour certaines à titre définitif - des institutions solides, des systèmes de défense etc (je pense par exemple que vous aurez trouvé dans ma prise de position sur le Mali par exemple un aspect de ce souci de responsabilité, parce qu'il faut toujours chercher à rester crédible, penser en l'air, au milieu de fantasmes personnels, ne mène à rien).

P1020711

Pour des raisons structurelles (j'avais écrit "structurales", mais abandonnons le langage des années 60) liées à mon itinéraire et à ma personnalité (les deux s'influençant mutuellement), je ne pouvais pas gagner à ma vision des choses un public large. Et, parce que mon public était restreint, je suis demeuré dans une spirale descendante : une vie professionnelle extrêmement aliénante, des petits éditeurs confidentiels etc. Et cette conjoncture négative était entretenue par la structure terriblement moutonnière de nos sociétés qui condamnent tous les opposants à une marginalité stérile (si je prends le cas des "anti-impérialistes" par exemple, ce ne sont plus aujourd'hui que des individualités isolées et fragiles qui se font la guerre entre elles).

 

Aujourd'hui j'ai encore 3 ou 4 manuscrits à caser chez des éditeurs du type L'Harmattan. Il faudra peut-être quatre ou cinq ans avant que je parvienne à les publier chez cet éditeur ou chez un autre, et je sais que chacun aura au maximum trente lecteurs. Le temps où je plaçais un livre par an chez des éditeurs est révolu, et je ne fais d'une certaine façon que conclure cette phase-là en terminant par ces 3 ou 4 livres.

 

La nouvelle phase d'écriture qui s'ouvre à moi aujourd'hui est une phase plus complexe. Je vais tenter d'écrire une sorte de livre ultime que je rédigerai dans une indifférence totale à l'égard des perspectives de publication et du lectorat potentiel. Cette écriture devrait avoir pour finalité de préparer ma rupture personnelle définitive à l'égard de mon mode de vie et du milieu où j'évolue. Pourquoi le faire avec et par l'écriture ? Parce que l'écriture est une garantie d'universalité et de responsabilité. Quand j'écris pourquoi et comment je veux rompre, je m'assure la garantie que cette rupture reste en phase avec l'idée de l'humanité que je me fais, que je ne suis pas dans le caprice superficiel. Ce travail de rupture, je souhaite l'élaborer à travers une réflexion sur un philosophe antique, pas n'importe lequel (et cependant je suis prêt à parier qu'aucun d'entre vous n'a jamais entendu son nom car notre époque ne lui fait aucune publicité, pour des raisons que je serai amené à décrire sans doute). La philosophie ne sert à rien si elle ne débouche pas sur des actes, et, réciproquement, il faut croire qu'il n'y a pas d'acte véritable possible sans recherche philosophique. J'entends aujourd'hui entrelacer pensée et acte autour de la rédaction de ce livre tout au long des cinq ans qui viennent. Voilà comment je compte donc préparer mon entrée dans la vieillesse, dont j'espère qu'elle sera aussi une entrée dans la rupture finale.

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Les temps difficiles de la lutte anti-ingérence

10 Février 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

Vous voyez où en est la Tunisie ? Avec la gauche qui crie "Au secours la France" et les islamistes "France Dégage" ? Ily a une séquence de l'impérialisme qui s'est ouverte avec la guerre de Bosnie et qui s'est close avec la guerre de Libye.

 

Pendant cette phase s'opposer à la violation de la souveraineté des peuples, au détournement des résolutions de l'ONU etc était un combat juste pour défendre les Etats issus de la victoire sur le nazisme (la Yougoslavie) ou de la décolonisation (tant pis d'ailleurs pour ceux qui - c'est à dire là grande majorité des gens - ont vécu cette période sans comprendre qu'il y avait un enjeu important à prendre fait et cause contre les excès des Occidentaux). La phase actuelle (qui en réalité a été préparée depuis 2005 par la montée en puissance des pays émergents, l'arrivée au pouvoir des islamistes en Afrique du Nord etc, les équations sont devenues terriblement complexes. Cette complexité, je l'ai souligné dans mes livres, existait avant aussi, quand par exemple en 2000 l'opposition serbe à Milosevic nous mettait en garde contre un soutien trop actif aux simplifications de Michel Collon par exemple. Mais aujourd'hui, où, en Egypte, en Tunisie et sans doute ailleurs vous aurez une moitié de la population, au pouvoir, qui suivra les journ-e-de-la-jupe.jpgprédicateurs du Qatar et d'Arabie Saoudite, quand une autre priera Saint Obama ou Saint Hollande pour sa survie, il sera difficile de crier "non ingérence", "non ingérence". Bien sûr on pourra toujours pointer le double jeu de l'Occident, son soutien caché à certains islamistes, ses simplifications sur la situations sociales des pays, son action globale qui affaiblit les Etats du Sud, etc. Mais des problématiques très compliquées, comme celles de la laïcité, de la libération des femmes, etc, qui sont des problématiques philosophiques, nées de mauvaises directions prises par toute une époque, l'imbrication entre le sort des pays d'Afrique et celui des diasporas en France, toute cette évolution typique des années 2010 vont nécessairement retenir l'ardeur des opposants aux ingérences, sauf bien sûr la frange complotiste et délirante pour qui, évidemment, tout n'est que théâtre d'ombre (et donc tout est facile à vomir et à rejeter).

 

Pour avancer sur un sol plus solide, il faudrait que les pétromonarchies disparaissent (encore que M. Guaino nous dira qu'elles stabilisent un jeu qui serait autrement dangereux s'il n'y avait que des bandes rebelles livrées à elles-mêmes de la Mauritanie au Pakistan). Il faudrait surtout que l'Occident repense les droits des individus, les rapports hommes-femmes etc, pour ne plus donner prise à l'opposition modernité-tradition, laïcité-religion. Ne plus investir de réflexes arrogants, d'esprit de croisade, dans notre défense des "droits de l'homme", dont d'ailleurs le contenu lui aussi serait à revoir. Le pouvons-nous ? Il n'est pas trop tard pour s'y mettre, en tout cas.

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Infidélité et ingratitude en politique : Loïk Le Floch Prigent et Tarek Aziz

10 Février 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

A Pau, lorsque je montais des bandes informatiques sur les gros ordinateurs du centre de recherche d'Elf Aquitaine (très puissant dans la région) en 1989 pour financer mes leçons de permis de conduire, pendant les vacances, je me suis trouvé, en fin de stage, à serrer la paluche d'un certain Loïk Le Floch-Prigent, PDG du groupe à l'époque, qui rendait visite aux locaux palois. On connaît les démêlées judiciaires que le personnage a affrontées en France du temps où Mme Joly enquêtait sur l'affaire Elf (une affaire de corruption terrible, qui, nous assure-t-on, appartient définitivement au passé, mais je soupçonne la République d'avoir été encore touchée de la même façon par les pétrodollars de Libye puis du Qatar).

 

Aujourd'hui j'apprends que cet homme, dont je ne sais rien à part ce qu'on lit dans la presse, atteint d'un cancer de la peau à l'âge de 69 ans, vient d'être incarcéré dans un poste de gendarmerie au Togo (une grand démocratie issue de la Françafrique...) dans le cadre d'une sombre affaire d'escroquerie d'un riche émirati. Certains opposants togolais crient à la mascarade. Un comité de soutien appelle à ce qu'il bénéficie de la même sollicitude de la part de M. Hollande que Florence Cassez. En France une petite partie de la presse de droite critique la façon dont le nouveau gouvernement pour des questions d'image, de pub, renie ses anciens amis (car Le Floch Prigent était un pur mitterrandien) au mépris des considérations humanitaires les plus basiques.

 

Cela rappelle les conditions dans lesquelles les chiraquiens dans les années 2000 ont laissé tomber leurs anciens amis du Baas irakien, notamment Tarek Aziz, condamné à mort en 2010 alors qu'il n'a jamais eu de responsabilités directes dans les crimes de Saddam Hussein. Victime de deux crises cardiaques, il a demandé en 2011à être exécuté, puis à nouveau en ce début d'année. Les cercles français dénoncés à Bagdad comme autrefois proches du régime baassistes sont restés muets. Chevènement et Galloway lui avaient été plus fidèles.

 

Tout cela a un côté un peu romain. On s'attendrait à lire ces histoires indécente d'infidélité politique dans la chronique des règnes des julio-claudiens de Suétone. Mais notre époque est aussi faite de ce bois-là...

 

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"Sous les bombes"

8 Février 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Souvenirs d'enfance et de jeunesse

Arte rediffusait ce soir "Sous les bombes", film franco-libanais de 2008. Certains passages me rappelaient mon histoire serbe de 1999-2000, que j'ai relatée dans "Eloge de la liberté". Il y a des moments dans la vie qui transcendent tout. Celui-là a cassé ma vie en deux. La force de ce moment-là ne tenait pas à toute cette comédie que nous menions autour d'Internet, des salons de Régis Debray, des bières bues avec Jean Bricmont. Bien évidemment non. Ca ce n'était que l'écume des choses, comme n'est qu'écume aujourd'hui tout ce blabla actuel entre intellos autour des guerres de Syrie, du Mali, de la crise de l'euro etc. La vérité était dans le vécu, dans toit ce désarroi des gens au milieu de la quasi-dictature, de la guerre, des mensonges, du chaos social. Dans les points de fuite qui avient pour noms pour moi Belgrade, Budapest et Düsseldorf. Ces fuites qui en vérité ramenaient toujours à l'essentiel.

 

p1000118.jpgOn ne sait jamais vraiment pourquoi les moments de transcendance transcendent tout. D'une certaine façon, on ne veut pas le savoir, et l'on ne veut même pas se souvenir d'eux. On sait qu'il y avait une vérité très forte en eux, une vérité dont on n'a entrevu que des lambeaux, et dont on n'a pas su restituer la densité dans l'écriture (Colette Lambrichs de La Différence tu me le reprochas si violemment), mais tant pis. Cela a été, on le sait. Peu importe pourquoi et comment.

 

Dans cette histoire de femme qui, à l'arrière d'un taxi, part en quête de son fils dans le Sud-Liban détruit de 2006, je retrouve ma Serbie de 1999. Peut-être juste à cause de la guerre et du chaos. De ce que ces derniers mettaient dans nos coeurs, dans nos têtes à l'époque, là-bas, loin de tout, sous l'embargo, sur les bords de la Sava...

Les guerres révèlent l'humanité sous un certain angle, non seulement l'humanité mais le monde, et les mondes possibles. C'est impossible à faire comprendre aux gens accaparés par la routine d'un pays en paix.

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Pétition des descendants de républicains espagnols, Corcuff, mort de Chokri Belaïd, actu perso

7 Février 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Bon, on se promène un peu dans l'actualité ? Quelques petits sujets au hasard.

 

republica-espanola

Tenez par exemple cette pétition née dans le Tarn-et-Garonne pour répliquer à des propos idiots de M. Harlem Désir, secrétaire national du PS, sur la France "terre d'accueil" des Républicains espagnols en exil. En tant que petit fils de républicain, j'approuve à 300 % bien sûr.

 

Un sujet encore plus petit : le départ de Corcuff du NPA. Ce parti lui avait offert une revue (comme le PCF avait offert "Regards" à Autain), les gens qui ont connu les journaux "PLPL" et "Le Plan B" se souviennent de leurs comptes-rendus amusés des analyses très superficielles de Corcuff et de ses reniements périodiques. L'homme poursuit sa route vers d'autres horizons, mais, comme Onfray, sans que cela n'intéresse plus grand monde.

 

Plus grande histoire : L'UGTT appelle à la grève générale demain en Tunisie pour les funérailles de Chokri Belaïd, secrétaire général du Parti des Patriotes démocrates unifiés et leader du Front de Gauche, de tendance marxiste et panarabe, qui avait refusé la formation d'un gouvernement de "technocrates", assassiné par balles hier. Il y a cinq jours Chokri Belaid, avait accusé des éléments appartenant à la mouvance salafiste et des nahdhaouis d’avoir attaqué la réunion de son parti au Kef. Le choc entre laïques et islamistes devient de plus en plus frontal dans tous les pays arabes.

 

Bon, je vous parle un peu de mon "actu" personnelle ? La revue jésuite Etudes vient de refuser de publier une petite main tendue que j'avais adressée aux catholiques sur la base d'un texte de Pasolini. Cela ne m'étonne guère. Je publierai peut-être ici ce texte à l'occasion, c'est philosophique à souhait.pasolini.jpg

 

Le responsable d'une collection sociologique chez L'Harmattan me renvoie un de mes manuscrits : "Pas assez sociologique". Je lui écris : "Mais ce n'était qu'un petit compte-rendu d'expérience personnelle, il y a bien des collections consacrées aux témoignages chez vous non ?" Réponse : "Ah oui, mais vous auriez dû l'indiquer sur l'enveloppe". Je découvre que j'ai perdu 2 occasions de publication en 12 mois parce que je n'ai pas spécifié une collection-cible sur mes enveloppes, et que les manuscrits ne sont pas transmis en interne d'une collection à l'autre. C'est rageant. On perd une énergie folle avec ces bêtises bureaucratiques. Vous allez me dire que l'enjeu est faible puisque les livres publiés chez l'Harmattan restent confidentiels. Mais il est vital pour moi, à 42 ans,de placer tous mes écrits avec un numéro ISBN, et qu'une ou deux biblis universitaires ou autres les achètent. Je n'aurai pas ça avec Edilivres.

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