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Le blog de Frédéric Delorca

Macron superstar de la BBC, Kim Jong Un kadhafisé, l'évacuation de Tolbiac et Censier, la "révolution de velours" en Arménie

30 Avril 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants", #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous, #La gauche

J'étais à l'étranger la semaine dernière, et je ne percevais les actualités qu'à travers BBC News car j'avais aussi renoncé à tout accès à Internet. Quelle n'a pas été ma surprise de constater la débauche d'éloges de la chaîne britannique pour notre président de la République à chaque étape de ses prises de parole publiques aux Etats-Unis alors que les journaux anglais ne sont pourtant pas spécialement réputés pour leur francophilie. La bonne blague. On voit bien à travers cela combien notre petit président est le chouchou du système financier international. Ils ont besoin de lui pour préserver le libre-échange, l'idéologie bobo et tout ce qui va avec. Pourtant j'ai trouvé notre président très petit écolier devant celui des Etats-Unis. Mais bon, la standing ovation de tous les élus du Congrès en disait aussi long que le lyrisme de la BBC sur l'unanimité du lobby de Wallstreet derrière le slogan de Manu "Il n'y a pas de planète B".

Le seul bon côté des choses est qu'on joue à front renversé sur le dossier iranien. Obama voulait un accord de dénucléarisation avec Téhéran, Fabius le ministre des affaires étrangères qui faisait la pluie et le beau temps chez notre président pluvieux et terne François Hollande n'en voulait pas. Trump sous la pression des potes à Jared Kushner veut dénoncer l'accord, Macron-Micron veut le sauver.

J'ai vaguement suivi aussi la "kadhafisation" de Kim Jong Un qui négocie son désarmement contre un engagement américain à ne pas envahir son pays. Allez savoir si à ce rythme lui aussi ne finira pas sodomisé par la populace comme son précurseur libyen. Ce serait moins classe que la pendaison de Saddm Hussein dont on dit maintenant que sa tombe fut bombardé par la coalition parce que des tireurs de Daech avait pris position dessus (une affirmation invérifiable). Les petits chefs de tribus rebelles n'ont même pas droit au respect des sépultures.

Dans l'Humanité des témoignages d'étudiants sur l'évacuation de Tolbiac le 20 avril - voyez la vidéo ci dessous (bon s'ils n'avaient pas affiché un oeil d'Horus sur leur mur ça serait mieux). Evacuation aussi aujourd'hui à Censier où l'on aurait retrouvé " des centaines de bouteilles vides et du matériel destiné à confectionner des engins incendiaires, ainsi que des banderoles affichant des slogans habituellement utilisés par les black-blocs" disent les médias mainstream. Peut-être... (il est vrai que l'ambiance est électrique, et qu'aux marges de l'unanimisme macronien, il y a de fortes poussées des extrêmes, à gauche comme à droite, voyez les menaces de mort du "comité patriotique 732" contre les députés LR). En tout cas voilà une atteinte à la "sanctuarisation" des universités qui avait été acquise dès le Moyen-âge contre l'autorité étatique (et voyez la pétition déjà citée sur blog). A Montpellier la répression des étudiants sous la houlette d'un doyen musclé est allée jusqu'au placement en garde à vue de celui-ci...

De l'action populaire il y en a aussi en Arménie où un mouvement a été déclenché après que le président sortant Serzh Sargsyan eut été nommé premier ministre.

Les trotskystes français interviewent à Berlin un militant de l’Organisation Révolutionnaire Internationaliste (Revolutionären Internationalistischen Organisation) qui fait l'éloge de cette "révolution de velour" qu'il compare aux printemps arabes (quand on connaît les désastres que ceux-ci ont entraînés...). Courrier International dans son numéro 1434 (du 26 avril au 2 mai 2018) reprend un article favorable de Golos Armenii (la Voix de l'Arménie), journal autrefois communiste et qui a soutenu le gouvernement pro-russe dans les années 2000 (il tirait alors à 3 500 exemplaires). Apparemment, cette fois-ci, ce n'est pas un coup à la manière de Soros. Poutine lui-même l'a dit à travers son porte parole Dmitry Peskov : ce n'est pas un putsch à la mode ukrainienne. Dont acte. L'opposition semble en tout cas être en passe d'obtenir gain de cause.

Enfin notons que la Catalogne va peut-être débarrasser la France de Valls. La candidature de Valls au nom du parti de centre droit Ciudadanos aurait au moins le mérite de l'affranchir de son étiquette de "socialiste"...

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Todd, Corbyn, la Syrie, Tolbiac

20 Avril 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Peuples d'Europe et UE, #Débats chez les "résistants"

Emmanuel Todd a raison dans cette déclaration (voir ici) : l'Occident est parano et délirant, les diplomates russes sont bien plus intelligents que les nôtres, la Russie n'est pas un monstre tentaculaire, elle est dix fois moins peuplée que l'Occident, mais bien plus rationnelle, et d'ailleurs le taux de suicide et d'homicide y est en chute libre, signe de santé de sa société civile.

Et Corbyn a raison aussi quand il dit qu'on devrait bombarder l'Arabie Saoudite (que nous fournissons en armes) pour la punir d'avoir utilisé des bombes au phosphore interdites par la convention de Genève plutôt que la Syrie où la preuve de l'utilisation d'armes chimiques par le régime d'Assad n'est toujours pas apportée.

En tout cas, sur le plan du rapport de force militaire, on a noté que dans la nuit du 16 au 17 avril le régime israélien a tiré 9 missiles contre Damas et Homs, tous interceptés par la DCA syrienne. N'ayant pas osé prendre des risques et pénétrer l'espace aérien syrien, les avions de combat israéliens se sont bornés à faire feu depuis le ciel libanais, rapporte Al-Masdar News. Équipée d'armements dernier cri, l'armée de l'air israélienne vient de subir donc un nouveau revers par de vieux S 200 soviétiques désormais guidés par d'excellents radars. Sans même que la Russie n'ait eu à utiliser ses S 400. Lors du bombardement du 13 avril contre un labo de recherche pharmaceutique 71 des 100 missiles tirés par les Occidentaux avaient été interceptés (voir aussi d'intéressantes remarques sur ce bombardement ici). En outre deux n'ont pas explosé et ont été remis aux Russes par Damas pour en analyser les secrets de fabrication (et les défauts...).

Par ailleurs, information étonnante du 12 avril deux unités chinoises, les Tigres sibériens et "Nimri al-Layla" sont sur place en Syrie avec les Russes pour combattre un groupe islamiste ouïgour (Parti du Turkestan) à Idlib où ils sont protégés par les Turcs. Il est vrai que cette guérilla ouïgour a paradé à Idlib avec des tanks pris à l'armée syrienne ce qui n'est pas pour rassurer Pékin.

Alors qu'on ne sait toujours pas d'où provient le poison qui a visé l'ex agent double Serguei Skripal (la Grande-Bretagne s'enferme dans l'opacité et personnellement je vois mal quel profit Poutine pouvait tirer de cette affaire dans un climat déjà tendu, donc je ne le crois pas responsable de l'affaire), le Figaro à propos d'un colloque sur la Russie, se livre à une dénonciation des collusions "rouges-brunes", vieille antienne du débat public français depuis 30 ans (vous vous souvenez comme j'avais eu du mal à empêcher des gens de droite à écrire dans l'Atlas alternatif, donc le rouge-brunisme n'est pas ma tasse de thé, mais on sait que les médias dominants se refont une virginité morale à peu de frais tous les six mois en dénonçant les "collusions entre les extrêmes", ça fait partie du jeu médiatique comme la célébration annuelle des oeufs de Pâques et d'Halloween, complètement sans intérêt)...

Au Parlement européen Macron, mécontent de la réélection d'Orban en Hongrie appelle à la réforme de l'Europe dans une logique de "guerre civile" contre le nationalisme. Je me demande ce qui arriverait à Orban s'il se mettait à parler de "guerre civile" contre Macron et Merkel. Au niveau du langage, les fondés de pouvoir des grandes banques comme notre président ont tous les droits. Au passage celui-ci refuse l'entrée des pays balkaniques, alors que Juncker la réclamait de peur de voir ressurgir les guerres des années 1990. Là dessus je suis plutôt d'accord avec lui. On a assez de problèmes comme cela sans élargir encore l'UE. Pour le reste, le petit marquis ne me fera pas prendre les armes pour son Europe qui liquide notre service public ferroviaire. Je suis du côté des cheminots... et des étudiants. Samedi dernier au soir (14 avril), la fac de Tolbiac occupée depuis trois semaines organisait une « Fête de soutien aux cheminotEs » qui permettait de recueillir 6 000 euros pour ces derniers. Un beau geste. Hier on apprenait que 150 universitaires ont dénoncé la répression policière sur les campus. Je ne crois pas qu'on soit à la veille d'un nouveau mai 68, mais construire la convergence des luttes est utile pour entretenir la résistance des consciences et empêcher nos gouvernants de livrer complètement notre pays aux oligarques du monde.

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Non, Barbara Bush n'était pas la fille d' Aleister Crowley

19 Avril 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Les Stazinis, #Débats chez les "résistants"

Il m'arrive, c'est vrai, de poser des questions à propos de certains complots quand les thèses à leur sujet reposent sur des éléments factuels intéressants ignorés par la presse. Mais je me dois aussi de corriger certains canulars (hoaxes) quand ils prennent un peu trop d'importance. En voici un de mauvais goût qui vient d'être repris à l'occasion du décès cette semaine de Barbara Bush, mère d'un ancien président des Etats-Unis et  épouse d'un autre. Non, Barbara Bush n'était pas la fille d'une occultiste qui faisait des messes noires sexuelles avec le médium Aleister Crowley (celui qui a canalisé des esprits malins dans les pyramides et a inspiré toute la culture pop des années 60 à nos jours) et n'avait donc pas de chance d'être la fille du mage lui-même comme l'affirment tant de sites web (par exemple ici)

La rumeur semble être partie d'une blague de 1er avril en 2006 sur le site Cannonfire. Cet hoax digne de celui du professeur Mehlang Chang affirmait que sa mère Pauline Pierce aurait suivi en France Nellie O'Hara, maîtresse de l'écrivain Franck Harris qui aurait hébergé Crowley en 1924 tout ce petit monde ayant pratiqué de la magie sexuelle (magick) à Paris d'où Barbara Bush serait née huit mois plus tôt. Une vague ressemblance physique entre Mme Bush et Crowley, une remarque cynique d'elle après le passage de l'ouragan Katrina et l'appartenance des Bush (George H Bush étant le cousin de son épouse) au cercle des "Skulls and bones" (crânes et ossements) ont ensuite servi de caution à cette hypothèse.

Sauf que Richard Kaczynski, auteur de "Perdurabo,"  biographie d'Aleister Crowley, dément sans hésiter : les initiales “F.H.” qui figurent dans le journal de Crowley ne désignent pas Frank Harris mais Lady Frieda Harris (voir ici). Toute l'hypothèse des messes noires entre Paulien Pierce et Aleister Crowley s'effondre donc. Encore une "fake news" comme le ragot du vibromasseur aux abeilles vivantes de Cléopâtre que firent circuler complaisamment en 2016 divers médias et auteurs (dont le sexologue Philippe Brenot).

Certes les grands médias suivent souvent des scripts pré-formatés (voir ci dessous) et mensongers pour nous soumettre à du mind control. Mais les sites alternatifs aussi. La culture de la vérification des sources fait trop souvent défaut.

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Les bonnes philippines dans le monde arabe

16 Avril 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les régimes populistes, #Billets divers de Delorca

Je regardais un peu les news philippines ces derniers temps. Le meurtre d'une femme de ménage originaire de ce pays retrouvée morte dans un réfrigérateur au Koweit au début de l'année a poussé le président Duterte à lancer un bras de fer avec les autorités de ce pays, interdisant l'émigration de nouvelles employées jusqu'à ce qu'il obtienne la garantie qu'elles conserveraient leur passeport et leur téléphone portable. Il a mis les pieds dans le plat en disant que la plupart de ces femmes se faisaient violer par leur employeur et a obtenu gain de cause puisque le Koweit a accepté de négocier avec lui. L'enjeu est aussi le salaire minimum. A Singapour les femmes de ménage philippines ont obtenu un salaire minimum de 550 dollars par mois.

Aujourd'hui on apprend qu'une domestique philippine près de Djizan en Arabie saoudite a été forcée à boire de l'eau de javel par sa patronne et s'est retrouvée à cause de cela aux urgences de l'hôpital. Il y a une bonne vidéo ici sur le sort pénible des femmes de ménage philippines au Maroc où elles sont pourtant sans doute un peu mieux traitées qu'en Arabie. Et pour mémoire une domestique philippine avait été sauvée par son gouvernement en 2015 après avoir posté la vidéo ci-dessous.

J'ignore si Duterte que j'ai déjà critiqué sur ce blog en février est l'homme de la situation pour faire face au défi de la protection des travailleuses émigrées de son pays (les femmes de ménage représentent une bonne part des 10 millions de Philippins expatriés), mais sa position ferme à l'égard du Koweit a été appréciée et semble bénéficier d'un vrai consensus national dans son pays à ce sujet. La question est de savoir s'il pourrait dynamiser assez le marché de l'emploi philippin pour que le pays n'exporte plus ses bonnes...

En tout cas ce président populiste reste difficile à cerner. Le 14 février il a nommé le chef de l' Iglesia ni Cristo comme envoyé spécial de son ministère des affaires étrangères. C'est une église autochtone aux relents déistes ariens (son symbole sur You Tube rappelle le compas et l'équerre de la franc-maçonnerie, et sa doctrine quoiqu'en principe entièrement axée sur la Bible nie la divinité du Christ). Elle compte plus de 2 millions d'adeptes dans le monde et étale sa richesse avec son dôme colossal construit en 2014 qui peut accueillir 55 000 personnes.

Je ne sais pas trop ce qu'il faut en conclure sur les réseaux auxquels il se rattache. La presse est très peu explicite sur ce genre de point.

Cette affaire des bonnes philippines me rappelle une anecdote qui fait le lien entre l'histoire de la protection des travailleuses émigrées et celle des réseaux religieux de Duterte. En 1997 quand j'avais abandonné toute religiosité, j'avais à Paris une femme de ménage philippine pour une heure par quinzaine. Elle avait trouvé un jour dans mes affaires une cassette vidéo sur la Bible, un truc super mal fait dont je ne sais plus pourquoi je l'avais acheté (peut-être était il offert avec une revue). Elle avait alors demandé à me l'emprunter et je la lui avais cédée sans hésiter. C'était en français, pas sûr qu'elle y ait compris quelque chose. Elle allait à la messe à Saint-Ferdinand-des-Ternes, je crois me souvenirs que beaucoup de Philippins se retrouvaient là bas (le pays est encore catholique à 80 %). La dynamique religieuse dans le prolétariat philippin est un sujet des plus intéressants sur lequel se penche notamment le sociologue Jayeel Cornelio.

Bon, voilà, ce n'était qu'une petite évocation en passant. A part ça, les types qui examinent l'actualité à la loupe (et parfois par le mauvais bout de la lorgnette) disent que, si les dates symboliques influencent les événements violents médiatisés, comme la Saint Valentin avec la tuerie de Floride ou les vendredis 13 avec l'attaque sur la Syrie, il pourrait se passer quelque chose le 1er mai, pas à cause de la fête du travail mais à cause des petits jeux bizarres auxquels se livrent divers groupes pour la fête païenne de Beltaine... On peut toujours les prendre au mot. Si quelque chose de spectaculaire se passe le 1er mai, on pourra y voir une preuve "expérimentale" de la validité de certaines de leurs hypothèses (puisque toute bonne science est censée être prédictive). Si rien ne se passe ce jour là, on pourra tous s'élever contre la bêtise des thèses gratuites de ces "complotistes".

En ce qui me concerne j'aimerais bien, à titre d'ascèse, m'interdire d'écrire dans ce blog jusqu'au 1er mai. De toute façon vu le petit nombre de gens que mes billets intéressent il ne devrait pas être difficile de tenir. Espérons qu'aucun grand événement mondial ne m'incitera a revenir au clavier d'ici là...

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Frappes sur la Syrie : maintenons la pression contre le parti de la guerre !

14 Avril 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Proche-Orient

La coalition américaine, française et britannique a bombardé trois sites en Syrie cette nuit (qui était encore le vendredi 13 aux USA) au mépris du droit international, au risque d'aggraver les tensions avec la Russie, de renforcer les djihadistes en Syrie, et alors même que les résultats de l'enquête sur l'utilisation des armes chimiques à la Douma ne sont pas connus.

J'ose espérer que Trump, sous la pression d'une partie de son électorat et de ses soutiens qui restent anti-ingérence, n'a réalisé que des frappes théâtrales comme en avril 2017, des frappes uniquement destinées à faire illusion auprès du lobby de la grande presse et des banquiers avide de guerre et que nous apprendrons bientôt, comme l'an dernier, et que le président américain avait en fait téléphoné à son homologue russe et s'était concerté avec lui pour limiter l'impact réel des frappes.

L'opinion publique doit en tout cas maintenir sa pression sur les gouvernements occidentaux pour éviter que d'autres agressions ne soient mises en oeuvre par le parti de la guerre contre la Syrie, sur le modèle de l'Irak et de la Libye. Elle doit aussi ramener à la raison les faux opposants comme Benoît Hamon, qui n'ont pas hésité à soutenir la logique d'ingérence (tout comme par ailleurs ils soutiennent l'européisme béat). Le devoir de chacun est de contribuer à clarifier les idées de son voisin sur la question du bellicisme global, et de faire comprendre à nos gouvernants qu'ils doivent compter avec l'avis des citoyens honnêtes et pas seulement celui de la mafia du parti de la guerre.

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Les initiatives brouillonnes de Trump en Syrie et sur le libre échange, et les tensions dans les Balkans

10 Avril 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Colonialisme-impérialisme, #Peuples d'Europe et UE, #Les Stazinis, #Donald Trump

Israel attaque une base iranienne dite "T4" en Syrie, mais semble-t-il voit un certain nombre de ses missiles interceptés. Moscou hausse le ton contre Israel. Une attaque au gaz chimique apparemment sous faux drapeau se produit à Douma (l'attaque au gaz est montée  en épingle par les "casques blancs" qui sont en fait les djihadistes, lesquels ont déjà utilisé ces armes, tandis qu'Assad qui vient de récupérer militairement la Goutha n'a aucun intérêt à intoxiquer maintenant des civils alors qu'il se sait sous surveillance internationale). Trump (qui avait pourtant annoncé au début du moissa volonté de quitter la Syrie), May et Macron menacent de bombarder la Syrie. A l'ONU les Occidentaux demandent la création d'une commission ad hoc sur la Syrie comme ils l'avaient fait sur l'assassinat d'Hariri au Liban. La Russie propose une enquête minutieuse sur le terrain. Nos médias à la solde des grands banquiers ne rendent compte que du fait qu'il s'agit du 12ème veto Russe sur la guerre civile syrienne. Tout le gang des criminels qui ont saccagé l'Irak en 2003 réclame des frappes sur la Syrie y compris Tony Blair qu'on a sorti du formol (il s'était pourtant excusé pour sa faute sur l'Irak, mais récidive sans complexe aujourd'hui). On nous fait croire qu'en bombardant ce pays on limitera sa capacité d'utiliser les armes chimiques - sauf que bombarder des installations chimiques ça a surtout pour effet de diffuser des substances dans l'atmosphère nocives pour la population... En Israel la presse est plus franche : à travers Assad, c'est l'Iran qui est visé

Le 12 avril néanmoins Trump a fait marche arrière laissant entendre que le bombardement pourrait avoir lieu aussi bien à court terme que dans longtemps... Selon Antiwar.com, les appels téléphoniques massifs à la Maison blanche de citoyens américains opposés à l'intervention peut expliquer ce retournement. Pour beaucoup la fermeté militaire russe (dont un avion de chasse est venu fort opportunément menacer la petite flotté de Macron en Méditerranée, y est aussi pour quelque chose.

On peine en tout cas à comprendre la politique brouillonne de Trump qui par ailleurs envisage, en pleine guerre des tarifs douaniers avec la Chine, de rejoindre le nouvel accord de libre-échange transpacifique, s’il est « meilleur », après s’en être retiré. C'est une politique des coups de poker et du bruit et de la fureur entre d'une part son électorat qui est anti-guerre, et les pressions de l'Etat profond/Deep State (et des banquiers internationaux) dont on ne sait plus trop s'il cherche juste à s'assurer un contrôle sur le Proche-Orient ou à y faire régner l'ordo ab chaos et la guerre permanente...

A noter que l'Europe elle même n'est pas épargnée en ce moment par le regain des tensions guerrières. En Serbie l'arrestation brutale par les autorités de Pristina d'un officiel serbe venu rendre visite à la communauté des communes serbes au Kosovo (constituée en 2013 avec l'accord du "gouvernement" albanophone) a ému l'opinion publique et l'affront a fait des remous même au delà des frontières puisque notre ministre Le Drian est allé à Belgrade assurer le gouvernement serbe de la désapprobation française à l'égard du comportement des kosovars. Le président bosniaque Bakir Izetbégovic déclare dans une interview vouloir renforcer le dispositif militaire de son armée fédérale face à l'armement croissant des policiers de l'entité serbe...

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Pour mémoire : Rothschild, la déclaration de Balfour et la Première guerre mondiale

7 Avril 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Colonialisme-impérialisme, #Divers histoire

(NB compte tenu d'une réaction - légitimement - négative qu'a suscitée ce billet auprès d'un lecteur, je renvoie à la rubrique "commentaires" sous ce billet, qui en précise certains points et ouvre la discussion - je signale que le billet vise surtout à éclairer des stratégies de grands financiers, et non pas à entrer dans le débat sur la légitimité du projet de foyer juif en Palestine, laquelle ne dépendait pas exclusivement, bien sûr, de la stratégie desdits banquiers).

Le Times of Israel du 12 février 2017, rapportait les propos de lord Rothschild qui déclarait que ses ancêtres "ont contribué à ouvrir la voie à la création d'Israël ", forçant le gouvernement britannique à signer la Déclaration Balfour en 1917. Le Times of Israel n'hésite pas à écrire "On pense généralement que les Rothschild ont organisé (ingenieered) la Première Guerre mondiale et ont attendu jusqu'en 1917, lorsque la Grande-Bretagne a montré des signes de faiblesse. La famille sioniste a ensuite promis au gouvernement britannique qu'ils pourraient convaincre les Etats-Unis d'entrer en guerre et d'assurer la victoire de l'Angleterre sur l'Allemagne sur la base que le gouvernement britannique a remis le contrôle de la Palestine aux sionistes." Il renvoie à un article précisant que "Dans cette guerre, les Rothschild allemands prêtent de l'argent aux Allemands, les Britanniques Rothschild prêtent de l'argent aux Britanniques, et les Rothschild prêtent de l'argent aux Français. En outre, les Rothschild contrôlent les trois agences de presse européennes, Wolff (fondée en 1849) en Allemagne, Reuters (fondée en 1851) en Angleterre et Havas (fondée en 1835) en France. Les Rothschild utilisent Wolff pour manipuler le peuple allemand dans la ferveur de la guerre." Une vision un peu complotiste de l'histoire qu'on s'étonne de trouver dans des médias pro-israéliens, et il est bien sûr réducteur d'attribuer le nationalisme aux seuls médias et à leurs patrons banquiers, mais ce sont quand même des faits indéniables que les journaux actuels, qui sont entre les mains des mêmes banquiers, ne vous diront pas.

L'an dernier l'animateur protestant de la chaîne sur You Tube "A call for an uprising" (dont je n'approuve pas toutes les thèses) rappelait à ses auditeurs évangéliques les propos de Rothschild, pour leur montrer qu'en étant pro-israéliens, ils soutenaient en fait par là même les projets de ces grands argentiers occultistes. Il reprenait aussi à son service compte la thèse de Shlomo Sand selon laquelle les Israéliens ne sont pas les descendants des Juifs de l'Antiquité, ce qui a une certaine importance dans les milieux évangéliques. Et il soulignait enfin que Trump avait choisi la date anniversaire de l'entrée en guerre des Etats-Unis (le 6 avril 2017) pour bombarder une base militaire syrienne - son gendre Jared Kushner auquel on prête beaucoup de relations avait peut-être été sensible à la symbolique "rothschildienne" qui avait pu influencer le choix de la date. Apparemment "A call for an uprising" est plutôt sur la ligne de Ron Paul aux USA (souvenez vous du temps où je disais que la Transnistrie votait pour Ron Paul aux élections américaines...).

C'est une drôle d'époque où les évangéliques pro-Trump peuvent accuser les catholiques d'être à la solde de Soros et de préparer un monde sans nations annoncé dans l'Apocalypse, tandis que d'autres accusent les évangéliques d'être à la solde de Soros. N'oublions pas que ces débats religieux comptent beaucoup plus qu'on ne veut nous le faire croire dans les cercles dirigeants planétaires.

Ces derniers jours on en apprend toujours plus sur les lobbys anti-musulmans proches de Trump (voir ici) au moment où la tension monte à Gaza. Il va y avoir encore des choses à regarder de très près au Proche-Orient dans les semaines à venir...

NB : A propos du contrôle des trois agences : Kent Cooper, head of the Associated Press, writes in his autobiography, Barriers Down, "International bankers under the House of Rothschild acquired an interest in the three leading European agencies." (Kent Cooper, Barriers Down, pg. 21)

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Encore un film de Disney à ne pas voir

6 Avril 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Cinéma, #Grundlegung zur Metaphysik, #Christianisme

Encore un film de Disney  pour enfants "Un raccourci dans le temps" à ne pas voir (au menu : sorcellerie et spiritisme comme toujours, et c'est de moins en moins subliminal). Voici le synopsis (c'est sorti en mars) :

"Comme la plupart des collégiens, Meg Murry manque d’assurance et tente de trouver sa place. Très intelligente (ses parents sont des scientifiques mondialement connus), elle possède - tout comme son petit frère Charles Wallace - un don rare qu’elle ne n’a pas encore exploité. La disparition inexpliquée de son père va l’amener à faire la connaissance de trois guides – Mme Quidam, Mme Qui, Mme Quiproquo– venues sur Terre pour l’aider à le retrouver. Accompagnés de Calvin, un camarade de classe,  ils trouvent au cours de leur quête un raccourci spatiotemporel les entraînant vers des mondes insoupçonnés sur lesquels règne un personnage maléfique… "

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De la difficulté de décrire ce monde

5 Avril 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants", #George Soros

Je comprends tout à fait que des tas de gens se désabonnent ou se détournent de mon blog, parce qu'ils trouvent que je me perds en hésitations, en subtilité. Sur des tas de sujets (les Kurdes, Trump, Israël etc) j'avance une idée, puis je nuance, je mets un point d'interrogation etc. Je conçois que ce soit un peu délicat à suivre. C'est que je ne veux pas être dans la caricature, ni foncer à 100 km/heures dans les panneaux. Beaucoup de paramètres sont à prendre en ligne de compte sur les légitimités historiques, les degrés de mensonge dont tout est recouvert etc. En plus je ne veux pas trop heurter certains de mes lecteurs dont je connais les schémas de pensée, je sais qu'ils ne peuvent pas intégrer certains paramètres qui sont entrés dans mes découvertes récemment. Donc on y va progressivement au risque de manquer de clarté. En plus la modestie du commentateur est indispensable, et la prudence aussi. On marche sur des oeufs.

L'histoire en train de se faire est très dure à juger. L'histoire ancienne tout autant d'ailleurs : qui peut avoir un jugement définitif sur Jeanne d'Arc, Henri IV ou Louis XIV ? Souvent on en retire l'idée qu'il faudrait renoncer à juger mais ce serait alors un piège pour nous  anesthétisier. On doit rester en éveil, il le faut. "N'écris pas trop dans ton blog" me disait une médium en 2014. Raison de plus pour que j'écrive davantage !

On a quelques repères clairs : que le système bancaire mondial est pourri, que les Rothschild sont des occultistes (il y a même des photos là dessus), que Soros veut faire de l'ordo ab chaos un peu partout, et pas seulement lui, mais pas mal de gens des mêmes cercles que lui. Après ça, on essaie de réfléchir : par exemple faut-il penser que Trump est avec eux ou qu'il est un caillou dans leur chaussure ? On ne peut pas éviter d'introduire une certaine dialectique dans le raisonnement, donc des nuances, même s'il faut se méfier de la dialectique car, au bout du copte, elle finit par nous conduire à penser que tout est dans tout. Faut-il renvoyer tout le monde dos à dos au nom du principe anarchiste (qu'on retrouve de Chomsky à Bernanos) que tout pouvoir politique est mauvais, ou hiérarchiser le mal et trouver que certaines formes du mal peuvent entrainer un bien relatif ?

Grave question.

En tout cas méfions nous. Les pièges sont partout. J'ai voulu aider les Yézidis en 2015 parce qu'ils étaient sur mon chemin et qu'ils étaient la face humaine, concrète, des horreurs de Syrie et d'Irak par delà les froides analyses géostratégiques. Aujourd'hui une certaine assoce européiste belge "Café Babel" (ou devrais-je dire "Café Jézabel" ?) me propose de publier sur mon blog un de leurs articles sur leur compte. Ca fait beau temps que tous les clients de Soros, de l'ONU au pape font l'éloge des Yézidis. Pas surprenant donc que le café de la grande Babylone veuille annexer mon blog à leur grande fête artistique de la compassion autour des adorateurs du soleil victimes de génocide. Pour moi c'est la ligne rouge à ne pas traverser. Fuyez quand les principautés vous proposent des pactes immoraux ! Je ne boirai donc pas de ce café là...

Et vous ne buvez pas du café macronien. Honneur à l'infirmière qui vient de dire à notre président "moi je ne vous serre pas la main". Ne pas se salir avec celui qui accueilli Rihanna en grande pompe et qui veut porter l'estocade au service public ferroviaire. Il reste encore dans ce pays quelque capacité à dire "non".

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Retour sur la question kurde

4 Avril 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Débats chez les "résistants"

Il y avait ce soir sur la chaine de télévision parlementaire (LCP) un reportage sur les femmes combattantes kurdes puis un débat comme la télévision les aime (c'est à dire une débat où tout le monde est d'accord sur tout).

Après avoir vu cela, il me semble nécessaire de faire une mise au point sur la question kurde. J'ai moi-même dans ce blog accordé beaucoup de place à la conquête d'Afrine parce que, comme je l'ai écrit, elle illustrait la manière dont les Occidentaux abandonnent lâchement leurs supplétifs, ainsi qu'ils l'ont aussi fait à d'autres périodes de leur histoire, alors que les combattants du YPG s'étaient montrés héroïques face à Daech.

Pour autant je refuse les caricatures et je crois que tout le monde devrait garder à l'esprit le fait que la question kurde est très complexe et qu'il serait idiot de croire que tout est tout noir ou tout blanc dans cette affaire.

J'ai entendu des sottises énormes dans ce débat. Les Kurdes "peuple le plus seul de la Terre" (ah bon ? Et les Karens de Birmanie ? Et les Papous sous le joug indonésien ? Et tous ces peuples amazoniens en voie d'extinction dans les favelas brésiliennes ?). Le peuple qui "rêve d'un Kurdistan depuis la nuit des temps". Euh non, pas vraiment, comme les Basques, les Catalans et tant d'autres ils n'ont vu leur conscience nationale n'émerger qu'au XIXe siècle, avant chacun n'avait pour identité que son village, sa vallée, et notez qu'encore aujourd'hui la conscience nationale reste très imparfaite, et il y a beaucoup de Kurdes turcs qui votent pour Erdogan.

"Le PKK est une organisation de résistants comme les FFI en France pendant la seconde guerre mondiale". Le PKK a fait sauter des bombes dans des marchés et tué délibérément des civils, nos résistants ne le faisaient pas. "Le PKK ne sont pas des enfants de coeur...." C'est en effet le moins que l'on puisse dire... Et, pour aussi antipathique que soit Erdogan, il faut quand même en face oser des poser des questions sur un certain fanatisme du PKK, des questions qui ne doivent pas être taboues, comme le fanatisme de l'UCK kosovare maoïste dans les années 1990 aurait dû être posé dans les débats en son temps.

On nous dit : "Le PKK a changé, il est devenu démocratique, écologiste etc". Moi je vois des news sur le Net qui disent que le YPG affilié au PKK confisque les propriétés de chrétiens syriaques, est-ce seulement de la propagande turque ? Le reportage montré par LCP révélait qu'ils enseignent aux petits Kurdes de Syrie à écrire avec l'alphabet latin et non plus avec l'alphabet arabe. Qui peut, après cela, croire qu'ils veulent juste l' "autonomie" et pas, à terme, l'indépendance, alors qu'ils sont censés faire partie de la République ARABE de Syrie ? Ferait-on confiance à une guérilla corse qui affirmerait ne vouloir que l'autonomie de l'île, tout en dissuadant aux petites Corses de parler le français ?

Il y  a à boire et à manger dans cette cause du PKK. Autant la répression d'Erdogan est bestiale et condamnable, autant l'organisation PKK doit nous inspirer quelque méfiance. Je ne crois pas qu'il soit si formidable que le croient les médias que les femmes kurdes syriennes se shootent à la drogue de la guerre (avec tous les effets d'endoctrinement et d'aliénation affective que cela implique) et rêvent de mourir en martyre plutôt que de fonder une famille avec leur mari. Cela a été utile pour combattre Daech quand toutes les autres populations de la région baissaient la tête, mais ça ne peut pas être ce qui structure positivement un peuple. Il y a dans notre fascination pour cette image de la femme à la kalachnikov quelque chose qui interroge l'état des fantasmes occidentaux en ce moment, et encore une fois ça ne peut pas être l'alpha et l'oméga de l'histoire d'un peuple, et nos médias devraient aussi nous faire réfléchir à la manière dont le Rojava kurde peut se projeter dans l'avenir au delà de cette exaltation stérile du combat pour le combat.

Mais bon, on peut se demander si, de toute façon, les Kurdes de Syrie ont encore une chance de pouvoir encore décider en quelque manière que ce soit de leur avenir. Afrine (qui représentait une bonne part du Rojava en termes démographiques) est tombée et risque de subir un nettoyage ethnique. Si Trump retire ses troupes de l'Est du pays, le PKK devra accepter qu'Assad gouverne à nouveau les zones kurdes, et il est peu probable qu'il ait envie que le YPG continue à enseigner aux enfants de ne plus écrire en arabe (et si les Américains restent, les Kurdes syriens sous leur botte seront vassalisés par Washington comme ceux d'Irak). Que deviendront tous ces gens (et notamment ces femmes) qui se sont mis à vénérer l'étoile rouge ? Les renverra-t-on à leurs foyers en les persuadant de tenter de redevenir des "citoyens ordinaires" comme le fit le FLN en Algérie avec ses femmes combattantes après l'indépendance ? Ou devront-ils prendre le chemin des prisons ou de l'exil ? A moins qu'Assad ne leur accorde une sorte d'autonomie "light" comme la France le fit aux Kanaks néo-calédoniens en 1988, avec quelques avantages financiers en prime (mais les caisses de l'Etat syrien sont vides) ? Cela serait sans doute un moindre mal, mais il n'est même pas sûr que le Rojava obtienne cela, car en s'alliant aux Américains, le YPG se sera révélé peu fiable aux yeux de Damas, et il faudra du temps pour réparer le climat de méfiance que cela a engendré. Et de toute façon, que je sache, l'YPG n'est même pas allé à Sotchi pour discuter de cette hypothèse au début de l'année, ça augure mal de l'avenir.

Quelle que soit l'option politique finale pour les Kurdes de Syrie, on sent bien que de toute façon elle sera très en deçà de l'euphorie romantique née dans le climat de guerre et de sacrifice. Quant au Kurdistan turc, avec comme on le disait plus haut une population qui reste intrinsèquement divisée entre partisans d'Erdogan et communistes amis du PKK, son impasse apparaît encore plus totale.

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L'action du lobby de l'ingérence en Israël

4 Avril 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Colonialisme-impérialisme, #Les régimes populistes

Le grand journaliste Seymour Hersh l'avait déjà montré : le site bombardé en 2007 en Syrie n'était pas un réacteur nucléaire construit par les nord-coréens. Ni la CIA ni l'AIEA n'avaient signalé l'existence de réacteur, sa taille ne correspond pas au prototype nord-coréen,il n'était pas gardé quand il fut bombardé (ce qui veut dire qu'au mieux il s'agissait d'un embryon de site), il n'avait pas de bâtiments alentour, ne contenait ni baryte, ni uranium (à part celui qui enrobait les missiles israéliens), ni du graphite dont ont besoin les réacteurs à eau lourde refroidis au gaz dont on n'a pas retrouvé de traces dans l'environnement. La déclaration israélienne selon laquelle Tel-Aviv assume ce bombardement d'il y a dix ans est donc une fake news officielle que tous nos médias ont relayée docilement sans se poser les bonnes questions, une fois de plus.

Le "pourquoi" de cette déclaration israélienne reste assez mystérieux. Y a-t-il un enjeu de politique intérieure derrière tout cela, Netanyahu cherchant à se justifier de ne pas s'impliquer plus dans le conflit syrien actuel ? Je suis frappé de voir qu'il existe aussi un lobby de l'ingérence en Israël de plus en plus actif face à un lobby isolationniste. J'avais fait remarquer qu'une certaine gauche israélienne s'était intéressée au sort des Yézidis d'Irak comme d'ailleurs aux sécessionnistes catalans (voir le rôle de la députée Ksenia Svetlova sur les deux fronts). Ce sont les mêmes qui à la rédaction du Jerusalem Post en ce moment se préoccupent de la minorité chrétienne de la plaine de Ninive, ce qui indiffère totalement la droite.

Tout comme les interventionnistes centristes jouent contre la droite trumpienne aux Etats-Unis - on vient de voir récemment à nouveau que Trump veut quitter la Syrie et a le courage de l'affirmer publiquement à l'encontre de tout l'establishment de l'appareil militaire -, ils jouent contre Netanyahu en Israël. Et, comme par hasard, on retrouve Soros (à travers le New Israel Fund) derrière les accusations de corruption portées contre le premier ministre israélien comme derrière la tentative de dynamiter l'accord israélo-rwandais pour renvoyer des migrants africains vers Kigali. Aujourd'hui l' ex envoyé spécial du Monde en Transnistrie (qui y écrivait des articles pro-moldaves) et chantre de l'Euromaidan ukrainien, accuse Netanyahu de céder à la "panique".Quand le journal Le Monde s'étrangle contre un dirigeant politique, dites vous que les grands banquiers ont une dent contre lui...

Le lobby de l'ingérence, défenseur de l'ordo ab chaos, veut aussi bien la dissolution d'Israel que le renversement d'Assad.

Et le prince saoudien Ben Salmane (Bin Salman) qui reconnaît à Israel le droit d'exister dans une interview à The Atlantic et soumet la normalisation à une négociation préalable entre Israël et les Palestiniens, comment se positionne-t-il dans ce bras de fer là ? Des rumeurs sur 4 Chan indiquent qu'il aurait été la cible de la fusillade de Las Vegas en novembre dernier. Le prince saoudien Al Waleed est propriétaire des étages supérieurs de l'immeuble Mandalay Bay (d'où l'assassin a tiré). Stephen Paddock, le tueur (ou l'un des tueurs ?), faisait du trafic d'armes pour lui, et il aurait tenté d'assassiner Ben Salmane ce soir là car il se trouvait au Tropicana. Les tirs sur le concert de country music ne seraient qu'une manoeuvre de diversion. Le prince saoudien Al-Waleed a admis, lors d'un interrogatoire, qu'il avait envoyé une équipe de tireurs d'élite de l'armée de l'air saoudienne dans son hôtel du Mandalay Bay dans la nuit du massacre de masse. Beaucoup déduisent du fait qu'Al-Waleed avait reçu un million de dollars de Bill Gates et avait demandé à Trump de se retirer de la campagne qu'il était dans le camp des banquiers de Wallstreet. C'est sûrement vrai. Mais de là on ne peut déduire que son adversaire Ben Salmane ne serait pas dans le même camp sur le front de l'ingérence. Il est au contraire dans la surenchère d'ingérence en Syrie et au Yémen et il a récemment confié son projet de nouvelle mégalopole industrielle NEOM à 500 milliards de dollars à l'ex PDG de Siemens Klaus Kleinfeld lobbyiste du forum de Davos et financé par le groupe japonais SoftBank Group dirigé par Mark Schwartz ancien de Goldman Sachs. Nul doute que son projet de complexe touristique géant sur la Mer rouge entre Amlaj et Al-Jawh où le bikini sera autorisé sera dans la même veine. Il est probable donc que sa déclaration à The Atlantic soit indépendante des pressions de Soros contre Netanyahu et vise seulement à conforter son projet économique sur la Mer rouge (projet dont il a besoin pour diversifier ses ressources financières mais qui pourraient fragiliser son régime en éveillant des rancœurs religieuses parmi ses sujets).

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