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Le blog de Frédéric Delorca

Sarko is back, et nous que faisons nous ?

30 Mars 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

De toute évidence le recul de l'UMP aux élections municipales n'a en rien freiné la détermination de M. Sarkozy, notamment en politique étrangère, où celui-ci a fait la démonstration, une fois de plus, de son infini mépris pour la République française en allant servilement proposer l'envoi de troupes supplémentaires dans la sale guerre d'Afghanistan (alors que l'Allemagne, la Turquie et d'autres vassaux de Washington s'en retirent), et en le faisant de la manière la plus indécente possible - devant un parlement étranger, sans même oser le dire ouvertement à sa propre opinion publique. Petit, vraiment petit.


L'opposition parlementaire a haussé la voix, de M. Chevènement à M. Bianco, et obtenu... un temps de débat ridiculement court mardi prochain. M. Acoyer (je ne sais plus si son nom s'orthographie de la sorte) a ressorti le catéchisme bushiste pour justifier l'ardeur guerrière de son président - en Afghanistan il y a des talibans, des terroristes et de l'opium, les intérêts de la France y sont menacés. Il voulait dire, évidemment, les intérêts de la France comme succursale des Etats-Unis en Europe.

Les medias ont dissimulé le problème en braquant le projecteur sur le succès de Carla Bruni en Angleterre. Aucun d'entre ces nobles journalistes n'ira risquer sa peau en Afghanistan pour défendre les intérêts pétroliers étatsuniens. Il est donc tout à fait normal qu'ils aveuglent l'opinion publique avec de telles futilités et contribuent sereinement à l'engagement de la France dans les pires engrenages.

Et vous ? avez vous écrit à votre député à la veille du débat sur l'Afghanistan ? Les boîtes emails du Palais Bourbon sont ouvertes. Profitez en.

Tout cela pose la question inévitable : que faire ? Créer une fondation anti-impérialiste ? Un parti politique ? Une liste sans parti mais anti-système aux prochaines élections européennes ? Essayer de faire élire un député antisystème au Parlement comme l'ont fait les électeurs anglais de la circonscription qui a porté Galloway aux Communes ? Ce député aurait ensuite une tribune, des moyens financiers...

En attendant, certains opposants se perdent en initiatives inutiles, par exemple cette lettre au président du Conseil constitutionnel pour obtenir l'annulation de l'élection de Sarkozy : http://forums.france2.fr/france2/avousdejuger/nicolas-sarkozy-illegale-sujet_10102_1.htm. J'ignore qui a lancé cette pétition mais ils ont simplement oublié que le contrôle du Conseil s'exerce avant la proclamation des résultats, pas un an après... En outre l'argumentation de la pétition est si futile... On voudrait faire invalider l'élection d'un homme qui fut massivement élu par les Français sur le fait qu'il n'a pas décliné la totalité de son état civil !!! Ces braves internautes feraient mieux de tenter de guérir la bêtise de leurs concitoyens électeurs de l'UMP, dont Sarko n'est que l'épiphénomène... (que ces électeurs-là, s'ils se sentent de droite, votent plutôt pour Dupont-Aignan, le monde entier s'en portera mieux cf ci-dessous)

Cette pétition, comme les réactions à l'éviction du sous-préfet Guigue, montre que de nombreux opposants ne veulent pas comprendre la logique des institutions, mélangent tout, lâchent la proie pour l'ombre. Quand on leur dit qu'un souspréfet n'est pas, dans l'exercice de ses fonctions, soumis aux mêmes règles qu'un citoyen ordinaire, ou qu'une élection ne se conteste pas n'importe quand n'importe comment, ils ne veulent pas le croire. Parce que l'idée même qu'une règle puisse s'appliquer sérieusement, qu'un Etat ait une spécificité de fonctionnement par rapport à la société civile, leur est complètement étrangère. L'anti-étatisme qui travaille en profondeur l'internaute contestataire moyen le prive des instrument de réflexion et d'action qui donneraient une portée à ses actes. Les pouvoirs publics ont ensuite beau jeu de le renvoyer à la caricature du "radical " peu crédible et fantasque.

Ceci étant posé, encore une fois, il faut réfléchir au problème du "que faire ?". Selon moi, il faut partir de l'existant, analyser, dans le milieu de la contestation, les courants qui peuvent disposer de moyens humains et financiers, les groupes qui peuvent faire preuve d'efficacité, dans les partis politiques, les associations, en France, à l'étranger, voir ce qui peut être fédéré. Il faut éviter les pièges de toutes sortes : les soutiens des groupes d'extrême droite qui discréditent toute action politique, ceux d'autres personnes et groupes douteux (il en traîne toujours dans la résistance anti-impérialiste). Tout cela est compliqué à faire, mais nécessaire avant que notre monde ne bacule dans un chaos politique complet (il y est déjà largement engagé) avec la complicité active de l'establishment politique français.

A part cela, la revue Commune a bien voulu me demander récemment un article sur ce que je pensais de la notion de "socialisme" et de sa place dans le monde actuel. Je lui enverrai mon papier dès que possible, et ne manquerai pas de vous tenir au courant.

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Modèle de mail à envoyer à votre député avant mardi prochain (aménageable à votre guise, bien sûr)

Monsieur le député,

L'actuel président de la République, aux ordres des néo-conservateurs étatsuniens, veut engager davantage la France dans la guerre d'Afghanistan dont de nombreux pays cherchent plutôt à s'extraire. En soutenant inconditionnellement la position étatsunienne sur la Palestine, le Kosovo, en proposant l'entrée de la France dans l'OTAN et en arrimant toujours plus la position française à "l'Occident" contre les intérêts du Tiers-Monde, M. Sarkozy éloigne la France des velléités de non-alignement qui avaient caractérisé certains aspects de sa diplomatie depuis le général de Gaulle. Cette évolution n'est pas profitable à l'équilibre à long terme de notre planète ; elle ne l'est pas non plus, même à court terme, aux intérêts de notre pays qui en retirera plus d'inconvénients que d'avantages.

Je vous demande donc d'user de tous les moyens que vous confère votre fonction d'élu du peuple pour vous opposer à cette dérive de la politique étrangère française. Vos électeurs ne se désintéressent pas tant des relations internationales que les médias veulent le faire croire. En leur nom, et au nom de l'intérêt général dont vous êtes le mandataire, il vous appartient d'agir, et de rendre compte de ce que vous aurez fait pour éviter que notre pays ne participe à la logique du pire.

D'avance je vous remercie.






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Conseils de lecture - Rancière

28 Mars 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Philosophie et philosophes

ranciere-copie-4.jpgJe peux, je l'espère, ici conseiller un petit livre, celui de Jacques Rancière, "La Haine de la démocratie", publié aux éditions La Fabrique en 2005, un livre qui se dévore, et un plaidoyer convaincant pour le tirage au sort et ce que la démocratie véritable peut avoir de subversif et de déstabilisant pour l'humain. 

En revanche on pourra se dispenser de lire "Pourquoi Bourdieu" de Nathalie Heinich, même si son auteur cite quelque part le Cahier de l'Herne de Chomsky (vous savez ? celui que tout le monde a boycotté). Le livre synthétise seulement les griefs bien connus qui circulent contre Bourdieu dans les laboratoires de recherche en sociologie, avec, en prime, de déplorables dérapages sur les volets politique et épitémologique. Il semble que seules des dames ces derniers temps se laissent aller, depuis le décès du "grand maître", à écrire des livres sur leur amour déçu pour sa sociologie. Mme Heinrich avoue que son éditeur l'y a poussé. "Si si, très chère, écrivez sur votre passion déçue". Curieuse incitation, pour ne pas dire plus. Il faut enterrer toujours plus profond le cadavre du contestataire. France Culture aux avants-postes pour promouvoir le livre. Evidemment.

Eteignez vos postes de radio et de télévision, laissez ce genre de livre chez les libraires serviles qui les entassent sur leurs étals. Il y a bien mieux à faire.

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A propos d'une danse ouzbèke

28 Mars 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Interviews-reportages vidéos réalisés par FD

Chacun sait quelles vertus, et aussi quels faux bienfaits, quels remèdes pires que les maux, l'Occident a plus d'une fois apportés au monde. Au nombre de ces "biens" dont on ne sait trop jusqu'où il sauve l'humanité, et jusqu'où il la fait périr, il y a le savoir académique, objectivant, fondé sur la conception grecque de la théorie et de la vérité. Ce savoir, on ne sait jamais jusqu'à quel point il permet et jusqu'à quel point il empêche de vivre et de comprendre.

On sait par exemple combien il a conduit à mépriser certains arts. Que l'on songe par exemple à la hiérarchie des arts telle qu'elle figure dans L'Esthétique de Hegel et quel sort dérisoire elle réserve aux arts corporels.

Je vous livre ici des images prises à l'occasion de Navruz (le Nouvel An persan) et qui nous montre des danses ouzbèkes.

La vidéo n'est pas de bonne qualité, ses couleurs sont plus ternes que la réalité, et surtout, il est impossible de restituer les effets d'une danse sur un écran. Je la glisse cependant dans ce blog.

Un savoir académique empêche d'apprécier à sa juste valeur la danse que montre ses images, et par là même, je pense, la culture qui la porte : la culture ouzbèke. Car il se peut bien que la danse soit ce que la culture ouzbèke recèle en elle de meilleur (encore que je ne sousestime pas bien sûr toutes les productions littéraires qu'elle engendre par ailleurs). On sent à travers les gestes, les expressions qui ponctuent ces danses de Samarcande, non seulement les influences culturelles multiples de la Perse, de l'Inde, de la Chine, de la Russie, mais encore une perception de la vie, une manière de la mettre en scène, qui se nourrit de millénaires de cultures, une sensibilité travaillée par tant d'influences contradictoires, complémentaires, et qui font l'immense richesse de ce pays.

Voici donc ces quelques images, très en deçà hélas, comme toujours, de ce qui se donne dans l'instant du déploiement en trois dimensions.

 
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Sur le Tibet : à propos de la violence des sécessionistes

25 Mars 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

La sociologie du lobbying politique peut trouver dans l'affaire tibétaine en ce moment un sujet d'analyse intéressant car on voit se mettre en branle divers lobbies droit-de-l'hommistes, ou pro-Dalai-Lama (certains sans doute liés aux Etats-Unis du reste) qui font pression sur un gouvernement français que les intérêts économiques poussaient plutôt dans le sens de la Realpolitik.

La courroie de transmission du message droit-de-l'hommiste passe par des voies un peu étrange : M. Moscovici, Mme Rama Yade, M. Juppé. Elle finit par atteindre les hautes sphères puisque même M. Kouchner commence à hausser le ton contre la Chine.

Dans une interview à un journal régional, une universitaire expose que celui qui contrôle le Tibet "contrôle l'Asie" à cause des ressources en uranium, et du potentiel hydraulique du pays. Le propos est sans doute excessif.

Je n'accorde pas un crédit infini aux autorités chinoises, mais je ne fais pas non plus confiance aux lobbies pro-dalai-lama dans cette affaire. Et comme on entend touours beaucoup plus les seconds que les premières, je reproduis ici un article du Quotidien du Peuple en anglais, qui insiste sur la violence des sécessionnistes tibétains. Cette violence promue paradoxalement par des autorités bouddhistes (mais on se souvient avec quelle ironie des auteurs asiatiques comme Mishima ont traité les monastrères bouddhistes) rappelle celle des moines insurgés en Birmanie l'an dernier.

Je joins aussi un extrait du courrier des lecteurs du Figaro (septembre 2000, l'auteur de la lettre n'est pas cité dans le courrier qu'on m'a transmis) et livre cela à votre sagacité.

F.
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Documentary: Accusation of the victims of 3.14 Lhasa riots
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10:04, March 24, 2008

 
 
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For residents in Lhasa, the events of March the 14th were a nightmare. Innocent civilians were attacked and private properties were damaged. The unrest severely disrupted social order and the daily lives of the locals. In the following documentary, we look at how Lhasa residents suffered in the riots.

Lhasa is the capital of Southwestern China's Tibet Autonomous Region. On March 14th, rioters instigated by hostile and separatist troublemakers from both home and abroad went on a rampage. Their trail of violence disrupted the normal everyday lives of the local people. Witnesses say the gangs of rioters beat up civilians, smashed property and looted businesses, and burned down homes and shops. The resulting chaos jeopardized the lives, property and livelihoods of local people.



In the Deqing village, on the outskirts of Lhasa

This is the Deqing village, on the outskirts of Lhasa.


The store was burned out and totally destroyed.
This two-story building used to be a store for selling and repairing motorcycles. But it is now burned out and totally destroyed.

Upon learning that the store was on fire, the landlord, Qiong Da, rushed to the scene. He was the first witness.


Qungtag, Deqing resident, Lhasa
Qungtag, Deqing resident, Lhasa, said, "I walked around the shop, upstairs and downstairs. I suddenly stepped on something. When I looked at it more closely, I saw that it was a human skull I realized that somebody had burned to death. "
Documentary: Accusation of the victims of 3.14 Lhasa riots (2)
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11:16, March 24, 2008

 
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Qiongda immediately called the police. The Lhasa Police Station confirmed that Liang Zhiwei and his wife, along with their five-month baby and two of their relatives had died in the fire.

The landlord, Qiongda, is still in shock. He fondly remembers Liang Zhiwei and his family as very harmonious.

Qungtag said, "I am very sad. We were getting along so well. When they gave birth to the child, I gave them rice paste and ghee as a gift. I can't forget those happy scenes."

The burned shop is in disarray now. Amid the scattering of motorcycle accessories is a broken bed, shreds of clothing and grim scenes of body parts. The scene was startling, and those who saw it say the tragic images can easily make people bristle with anger. Local residents say they are outraged by the violence that led to the death of Liang Zhiwei's entire family.


Sangye Tendzen, Lhasa resident
Sangye Tendzen, Lhasa resident, said, "This has ruined the happy life of the people. I am so angry when I see that innocent people have been burned to death."

Qungtag said, "To ensure future stability these rioters should be severely punished. This is the only way to reassure all of the businessmen and people living here."
On the Beijing Road Central in Lhasa

On the Beijing Road Central in Lhasa there was a clothing store called Yishion. At 3 P.M. on March 14th, chaos broke out on the street where Yishion was situated. An employee called Zhuoma, and her five colleagues were besieged in the store. They fled to a small room on the second floor.


At 3 P.M. on March 14th, chaos broke out on the street where Yishion was situated.
Zhuoma said she hid under the bed. But she heard rioters outside breaking open the rolling gate at the entrance. She says she didn't know who they were, nor how many people she just heard them breaking into the store and smashing everything.


Zhuoma, survivor
Zhuoma said, "Before the riots, there was a glass door nearby. It was destroyed in the chaos. We were just crying. Everyone was shaking and couldn't speak."


The five young girls -- 24 year-old Yang Dongmei, 22 year-old Liu Yan, 21 year-old Cering Zhuoga, 19 year-old Han Xingxing and 18 year-old Chen Jia -- were burned to death tragic victims of the senseless violence.
By around 5 p.m., Zhuoma says she sensed that a semblance of calm had returned outside. So she quickly told her friends to try to escape. Zhuoma ran out the store, finding a place to hide in the yard of a nearby hostel. But after discovering the store was on fire her five other friends hiding in the store were unable to escape. The five young girls -- 24 year-old Yang Dongmei, 22 year-old Liu Yan, 21 year-old Cering Zhuoga, 19 year-old Han Xingxing and 18 year-old Chen Jia -- were burned to death tragic victims of the senseless violence.
Tang Qingyan, the owner of the Yishion clothing store, was the first witness to arrive after the blaze. He says he saw an extremely cruel scene the five girls had been burned to death on the second floor of the store.

Tang Qingyan said, "I was the first one to get here and I was crying. I thought there were still some people alive, so I searched everywhere. And then, I saw my sister, she was here, facing the wall."

Losing her dear friends after being with them only hours ago Zhuoma says it's nearly unbearable to face up to the reality of the brutality and cruelty.

Zhuoma said, "I never thought about it. We were happy together that morning, but it suddenly changed a few hours later. I can't believe it, I can't accept the truth that they have left me. I want to ask the rioters why they did it. I really can't understand why the rioters killed innocent civilians."

One of the victims, Cering Zhuoga, came from Xigaze. Upon hearing of her death Cering’s aunt and brother rushed to Lhasa.

Cering's annt said, "We lost a girl who is so good."

Cering's brother said, "She was the smartest girl we have. It is extremely tragic."


As a tragic result of a rampaging mob and a senseless fire -- five young girls are dead. Many Lhasa residents are mourning the deaths of the five workers in the clothing store.

As a tragic result of a rampaging mob and a senseless fire -- five young girls are dead. Many Lhasa residents are mourning the deaths of the five workers in the clothing store. Many mourners are strangers of the innocent victims.

Lhasa resident said, "We all feel that it is so cruel."

Lhasa resident said, "We witnessed the rioters' violence. They robbed, smashed and burned the stores, and took five young lives. We feel indignant and condemn the rioters."

The local police acted quickly, trying to prevent the situation from deteriorating. They exercised maximum restraint in the face of the marauding rioters. And they were consistently on the defensive.
 
Documentary: Accusation of the victims of 3.14 Lhasa riots (3)
+ -
11:16, March 24, 2008

 
 
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Injured police officer

This injured police officer, Liu Dingwei, is now in hospital. He had just become a policeman in the Tibet Autonomous Region last December. But the young police officer was severely hurt trying to put a stop to the riots and marauding mob.


The young police officer was severely hurt trying to put a stop to the riots and marauding mob.
March 13th marked Liu Dingwei’s 19th birthday. But on the day after his birthday, March 14th, the riots broke out near Ramoche Temple, in Lhasa. Many young police officers such as Liu Dingwei responded to the call for help -- to restore calm to the area and stop the marauding rioters.

But Liu Dingwei and his fellow policemen held their ground. This, despite being pelted by rocks and suffering injuries trying to deal with the hostile mob of rioters.

Liu Dingwei said, "The order we receive is that we should never fight back even if we are beaten never retort even if cursed and stay calm even if we are spat on the face."

The armed police officers exercised maximum restraint. But the mobsters showed no mercy. Liu Dingwei's head was seriously wounded in a barrage of stones. He almost fainted.

Liu Dingwei said, "I was hit on the head. I was already half conscious by then. But someone drew out his Tibetan dagger and chopped me."

The squad leader rescued half-conscious Liu Dingwei from the hands of the mobsters and escorted him to the hospital. Medical examinations show that Liu Dingwei's hip is seriously wounded. The cuts were so deep that his bones were exposed and the muscles were also parted. His head was scratched.

The 19-year-old has not told his parents and grandfather that he was injured and hospitalized. And his love for Lhasa remains unchanged despite the experience in the riots on March 14th.

Liu Dingwei said, "I like Lhasa and Tibetan people. On March 14th, I saw Tibetan compatriots rescue our armed police officers."
Many innocent civilians were targeted by rioters

Many innocent civilians were targeted by rioters in their criminal activities on March 14th.

Ma'ayingshe was seriously wounded. She's been lying here in the ward of Lhasa's No.2 People's Hospital for a week. The 36-year-old is a restaurant owner. 15 days after her restaurant opened for business, unexpected catastrophe befell.

Ma'ayingshe said, "A group of 20 or 30 people stormed into my restaurant. They were holding thick sticks and daggers, and smashed the restaurant with stones. We hid on the second floor. After they smashed up the first floor, seven or eight people swarmed upstairs and pushed me out of the window of the second floor."

Ma'ayingshe was pushed out of a second floor window by the rioters. Her backbone was severely injured. Doctors say she has to stay in bed for at least half-a-year and may end up paralyzed. Her business and a loan of tens of thousands yuan, went up in flames set alight by mobs.

Ma'ayingshe said, "My kids cannot go to school. My family is now poor. I have to repay my loan, but now I can't."

This 33-year-old man was attacked by rioters without any reason.

Ma Shusha, Lhasa riots victim, said, "I didn't feel right and tried to aviod them. But a woman saw me and told a man. The man came right up to me and slashed me."

The artery in his neck was exposed and he was on the verge of death when he was hospitalized.

Ma Shusha said, "Our society is so good nowadays. Such an incident should never have happened. Innocent people were harmed and cars were burned. We hope the government severely punishes those mobs."
During the riots that broke out in Lhasa on March the 14th, lawless people smashed into a number of primary and middle schools.

Rioters set fire and burned a building of the Lhasa No.2 Middle School.

Dekyi Zhoima, headmaster Lhasa No.2 Middle School, said, "At 12:30 on March 14th, beating, smashing and looting occurred at the Ramoche Temple opposite to our school. The lawless people did not stop their violence. They set fire to the residential building of our school. The fire spread to two classroom buildings. "

At this critical moment, school teachers quickly pulled together.

Students in class were evacuated to the playground.

The ferocious flames caused a lot of panic among the students.

Cetoin Wanggya, student Lhasa No.2 Middle school, said, "Fires spread to our classroom. I felt much heat around me. I wanted to save schoolbags and stationery for all my classmates. But the fire was coming close. The whole building was on fire. Roofs were destroyed."

The two classroom buildings, which occupied a total area of 1,660 square meters, have been reduced to ruins.

Luckily, all 839 students escaped the fire safe and sound.

Dekyi Zhoima said, "Our students and teachers had to witness our school being attacked. They are very angry."

Cering Zhoima, student Lhasa No.2 Middle School, said, "I think the rioters should be severely punished. Their unlawful activities meant we couldn't study in a calm environment."

In Chengguan district of Lhasa, the mobsters started attacking Jibenggang primary school after rioting along the road.

Deyang, principal Jibenggang Primary School, said, "They struck the school gate, and threw stones."

Face with the sudden incident, the school decided to close all the gates of the school immediately, and keep the students inside. The rioters tried several times to break in and twice they were very close to breaking in.

Deyang said, "Many people and parents pointed out to the rioters that they were attacking a school. But the rioters said they wouldn't bypass a school."

The school's quick response to the incident saved itself, and the students there were not hurt.

Lhasa's Potala Palace Square is a holy land for pilgrims. As the city restores to calm, the number of pilgrims who come here to pray is gradually increasing. Geleg has lived in Lhasa for over 20 years. He says the recent incidents have scared the people around him, and their normal life has been destroyed.

Geleg said, "Over the past few days, the square has had fewer pilgrims than usual. People are scared. What if there's another riot? The previous riot caused huge damage.The pilgrims dare not come to worship. We're against splitting the country. People are entitled to have religious freedom."

Ngawang Qoezhoeng, Langkazi county resident, said, "We were enjoying a peaceful life. But they stirred up such chaos. We really hate them."

Up until Saturday, a total of 18 innocent people have been either burnt or stabbed to death in the riots on March 14th. 382 people have been injured.

Rioters set alight to more than 300 public buildings, over 120 residential houses, and burned and destroyed some 900 shops and stores. More than 80 police and civil vehicles were set on fire. The cruelty and lack of humanity is utterly outrageous.

Evidence shows that the latest riot in Lhasa was deliberately incited by domestic and overseas separatists who advocate "Tibet independence". The riot was premeditated, masterminded and instigated by the Dalai clique. It aimed to disturb a peaceful and stable social environment so as to cause social chaos before the Beijing Olympics in an attempt to split Tibet from China.

Splitting the country is against people's will, and sabotage is bound to fail.

Source: cctv.com
http://english.peopledaily.com.cn/90001/90776/6379532.html
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Le Figaro du 22 septembre 2000

LE MYTHE ET LA REALITE A PROPOS DU TIBET 
 

Nous vivions l'âge de l'information, les progrès de la science et de la technologie ont  rendu le monde tout petit. Cela ne signifie pas, cependant, que nous soyons tous bien informés. La raison en est simple: la sélection et le flux des nouvelles sont gérés pas l'homme. Hélas! il n'est pas toujours objectif. Il faut en conséquence se méfier de l'illusion d'être bien informé.

Pendant les onze dernières années, j'en ai vécu sept en Europe et je constate un phénoméne bizarre: si quelqu'un vien à vous dire "Attention, la tour Eiffel va tomber en ruine demain!" on le prend pour un fou. Mais, si quelqu'un vous débite des bêtises bien plus graves sur la Chine, on le prendra probablement pour un savant. Je n'exagère pas. Il y a dix ans, on disait: " Le gouvernement chinois va tomber!" " L'économie est dans le chaos", etc. Aujourd'hui, avec le recul, non seulement ces prédictions apocalyptiques ont été démenties par les faits, mais l'inverse s'est produit en Chine. Le pays a connu la meilleure croissance de son histoire. Les Chinois n'ont jamais vu leurs conditions de vie s'améliorer si vite en si peu de temps.

Je lis souvent votre journal (le figaro, I.L.). De temps en temps, il publie des articles sur le Tibet. Pour être franc avec vous, je ne suis pas d'accord avec leur contenu. On peut avoir des vues divergentes sur un fait, mais le fait doit être présenté tel qu'il est. Or, je constate que vos articles sont loin de se baser sur les faits. Je vais vous en donner trois exemples:

Premier mythe: "L'occupation du Tibet par la Chine." Cette accusation est constamment entendue. Mais la réalité est la suivante: le Tibet a fait partie intégrante de la Chine sous la dynastie des Yuans, à partir du milieu du XIIIe siècle, bien avant l'indépendance des Etats-Unis(1776), l'intégration de la Corse à la France(1789) et celle de la Bretagne à la France(1532). La communauté internationale reconnaît que le Tibet fait partie intégrante de la Chine. C'est aussi la position du gouvernement français. Prétendre que la Chine occupe le Tibet, c'est comme si quelqu'un affirmait que la France occupe la Bretagne, la Bourgogne, la Côte d'Azur ou la Corse!

Deuxième mythe: "Les droits de l'homme sont bafoués au Tibet." Pour certains, le gouvernement chinois est "vilain des vilains", tandis que le dalaï-lama est "le saint des saints". Quelle est la réalité? Avant 1959, quand le dalaï-lama gouvernait le Tibet, le régime qu'il pratiquait était le servage, qui est pire que le régime du Moyen Age en Europe. Sous ce régime, les serfs, qui représentaient 95% de la populaition tibétaine, n'etaient pas considérés comme des êtres humains, mais plutôt comme des bêtes de somme ayant tout simplement la faculté de la parole. Il suffit de lire des écrits historiques d'auteurs européens sur le Tibet pour s'en convaincre.

En 1959, le dalaï-lama, avec l'appui de forces étrangères, surtout de la CIA, a déclenché une rébellion contre le gouvernement central, dans le but de maintenir à jamais le servage au Tibet. Cette rébellion a été mise en échec. Le dalaï-lama a pris la fuite puis s'est réfugié en Inde. Le servage a été aboli au Tibet en 1959. Ce qui veut dire que sur le plan des droits de l'homme, le Tibet a fait un progrès sans précédent dans son histoire. Depuis, des avancées inouïes sur les plans politique, économique, éducationnel ou culturel ont été réalisées. Quelques chiffres le montrent: avant 1959, la population tibétaine était d'un million, aujourd'hui 2.4 millions, dont 95% sont Tibetains. Avant 1959, l'espérance de vie des Tibétains était de 35.5 ans, maintenant 67 ans. Avant 1959, le taux de scolarité des enfants n'était que de 2%, aujourd'hui il s'est élevé à 81.3%...Les faits sont là.

Troisième mythe: " Le gouvernement chinois est en train de détruire l'identité culturelle tibétain." C'est une autre grave accusation. Or, la Chine est un pays multiethnique: il y a cinquante-six ethnies en Chine. Les Han sont la majorité, ils représentent à peu près 92% de la population, le reste est partagé par cinquante-cinq ethnies minoritaires de la Chine. Quand on parle de la culture chinoise, il s'agit d'une culture à laquelle ont contribué les cinquante-six ethnies chinoises sans exception. La culture chinoise n'est pas exclusive, mais plutôt inclusive. Ce qui explique son dynamisme, sa vitalité et sa longévité. En d'autres termes, la culture tibétaine, tout en conservant son identité, fait partie intégrante de la culture chinois. C'est le propre de la culture chinoise.

Au Tibet, l'étude de la langue et de l'écriture tibétaine est garantie par la loi. Les établissements scolaires pratiquent un système d'enseignement bilingue, tout en donnant la priorité aux cours en tibétain. La radio et la télévision du Tibet consacrent plus de 20 heures par jour à des émissions en tibétain, etc. Aujourd'hui, le Tibet n'est plus fermé, il est ouvert au monde. Beaucoup de touristes étrangers le visitent.

Voilà quelques réflexions que j'ai voulu vous livrer. Un vieux proverbe chinois dit ceci: "Les faits

(courrier des lecteurs 2000)
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Clémentine A., Robert M., Bruno G.

25 Mars 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

Voilà une semaine post-pascale qui commence sous des augures très divers. Il y a à boire et à manger dans ce qu'on lit.

Tout d'abord je découvre qu'un lecteur qui a cliqué sur mon blog hier avait tapé sur Google "clémentine autain nue". C'est cette recherche qui l'a conduit à mes rivages. Je dois m'excuser auprès de lui. Cher ami, Google vous a induit en erreur. Il n'y a pas de photo de Mme Autain nue sur mon blog. J'en suis désolé pour vous et sans doute pour beaucoup d'autres lecteurs. Mais j'aurais envie d'en savoir plus : pourquoi diable voulez vous voir cette Walkyrie du mouvement féministe nue ? Je crois bien deviner : le goût du paradoxe. Vous songez peut-être que cette dame qui met en avant dans sa biographie le fait qu'elle a été violée, cultive quelque part une forme d'ambiguité qui l'aurait par ailleurs poussée à exposer ses charmes pour des photos coquines. Mais vous poussez trop loin la subtilité. A mon avis cette personne est faite d'une pièce comme on dit, et elle ne fera jamais le contraire de ce qu'elle dit sur un tel sujet.

Autre nouvelle amusante, le secrétaire général de l'officine mainstream Reporters sans frontière Robert Ménard est inculpé par la justice grecque pour offense au symbole olympique. Il a déclaré à propos des douze mois de prison que lui et ses compagnons pourraient encourir : "on ne les fera pas, évidemment"... "évidemment"...

Un ami hier me communiquait des statistiques de consultation d'un petit blog français sans envergure. Le gouvernement états-unien figurait parmi ses lecteurs réguliers. "Big Brother is watching you". Je ne puis effectuer la vérification sur mes blogs : les origines des adresses IP ne sont pas recensées.

Je reçois beaucoup de mails sur ce sous-préfet limogé pour propos anti-sionistes (il a été placé sur un poste d'administrateur civil au ministère de l'intérieur). Il y a un peu trop d'excitation dans cette affaire, car chacun sait que le devoir de réserve est strict pour de nombreux hauts fonctionnaires, spécialement un sous-préfet qui, par délégation du préfet peut avoir à autoriser ou interdire des associations, superviser des élections, prendre diverses mesures relatives à l'ordre public.  Il n'est pas bon qu'un tel rouage de l'Etat fasse connaître en public, sous son vrai nom, ses opinions privées sur les grands sujets de notre temps.Lui-même connaissait ces règles du reste. Quand on sait comment fonctionne le ministère de l'intérieur, il est même étrange qu'il les ait oubliées. Il est sans doute vrai que des opinions plus conformes à l'orientation diplomatique de notre gouvernement lui eussent valu une suspension de fonctions moins rapide. Mais il est bon dans l'absolu qu'un grand commis de l'Etat ne puisse pas en son nom propre. Cela ressemble fort à une tempête dans un verre d'eau. Mais le mécontentement des antisionistes reflète une exaspération plus générale, et légitime, devant la censure implicite qui pèse sur eux dans notre pays. Il est vrai que l'atmosphèredes années 2000 est de plus en plus lourde. Je découvre d'ailleurs à l'occasion de cette nouvelle l'existence d'un Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVA) qui parait constitué sur le modèle du Bureau de vérification de la publicité (c'est à dire une fédération d'organes privés qui peut éventuellement être investie de missions publiques). Ledit bureau dans ses déclarations aux agences de presse ne semble pas hésiter à confondre l'antisionisme et l'antisémitisme, ce qui est un procédé habile et courant de nos jours pour criminaliser par assimilation à l'incitation à la haine raciale ce qui, au départ, est une position politique d'opposition un projet politique - celui du mouvement sioniste (à mon avis l'antisionisme, s'il est parfois antisémite, peut aussi bien être philosémite et judéophile, car on peut tout à fait soutenir que le meilleur service à rendre à la culture juive pour sa survie et sa gloire dans l'humanité de demain est de la dissocier du projet sioniste israélien). Cette institution récente constitue un sujet intéressant pour les sociologues indépendants et courageux qui, je n'en doute pas, dans nos chères universités s'empareront prochainement du sujet comme certains de leurs homologues le firent de l'AIPIAC aux Etats-Unis. L'organigramme de ce Bureau disponible sur son site fait apparaître la présence de professionnels de la sécurité à sa tête, ce qui, je suppose, se justifie par sa vocation à secourir les victimes. Son intervention contre le sous-préfet Guigue est assez insolite car on ne voit guère ce qu'il y eut d'antisémite dans son propos, ni quelles "victimes" il a pu faire en France en manifestant une sympathie pour les victimes palestiniennes. Mais nous savons désormais que les choses se passent ainsi de nos jours. Le climat de notre République n'est plus très bon. Comme dirait un ami, on attend avec impatience que soient restaurés dans leur pleine dimension les mots "liberté, égalité, fraternité".

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Afghanistan

24 Mars 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

M. Jack Lang, qui est un atlantiste notoire, et qui aspirait il y a peu à travailler avec M. Sarkozy, a eu l'excellente idée aujourd'hui, il faut le reconnaître, de demander que le Parlement soit consulté à propos du projet présidentiel d'envoyer 1000 soldats français supplémentaires en Afghanistan.

On laisse entendre que notre pays s'apprêterait à envoyer 1.000 militaires supplémentaires en Afghanistan" alors que "les opérations de l'OTAN dans ce pays sont un demi échec", écrit Jack Lang au Premier ministre aujourd'hui.

"On pourrait, à raison, s'interroger sur l'efficacité et la légitimité de renforts militaires français supplémentaires au moment même où d'autres pays tels l'Allemagne ou la Turquie entreprennent de se désengager", estime-t-il. "La représentation nationale devrait pouvoir être consultée au cours des prochains jours sur l'Afghanistan" (source AP).
Il faut rappeler que l'emploi de soldats français dans le bombardement de la République fédérale de Yougoslavie en 1999, ou encore de nos troupes dans le cadre d'une force multinationale au Liban l'an dernier n'ont fait l'objet d'aucune approbation par le Parlement français. Il est donc louable que l'ancien ministre de la Culture se préoccupe du rôle de la Représentation nationale dans l'envoi de troupes au service de l'impérialisme américain. Nos citoyens devraient à cette occasion écrire à leurs députer pour les inciter à agir contre l'envoi de nos troupes.

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Actualité de la semaine : Kosovo, Transnistrie, Zimbabwe, communautarisme

24 Mars 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

Les statistiques de fréquentation de ce blog étant en chute libre, je puis plus librement commenter l'actualité de la semaine passée, sans l'angoisse du "bon sujet" et de la "bonne manière" de le traiter.

Un ancien fonctionnaire du Département de la défense états-unien John Zavales a déclaré le 18 novembre  qu'au total le nombre de pays qui reconnaissent le Kosovo ne devrait pas dépasser les 50 à l'AG des Nations unies, c'est à dire moins d'un tiers des pays de la planète (http://www.kosovo.net/news/archive/ticker/2004/November_18/8.html). Une défaite pour les Etats-Unis selon lui. Cela ne semble pas inciter Washington au compromis, puisque les Etats-Unis se sont prononcés à nouveau hier contre une partition du Kosovo (http://www.b92.net/eng/news/politics-article.php?yyyy=2008&mm=03&dd=23&nav_id=48716). Ils ont par ailleurs annoncé qu'ils armeraient leurs protégés albanokosovars.

Les Etats-Unis bénéficient toujours d'une sorte de passivité et de faiblesse des peuples susceptibles de s'opposer à leur arrogance. Voyez par exemple le caractère très modéré de la réaction de la Serbie à la déclaration d'indépendance de Pristina, mais aussi des Serbes des autres pays : en Bosnie par exemple, on aurait pu s'attendre à une sécession unilatérale de la Republika Srpska. Il semble plutôt que les autorités de cette entité s'évertuent à modérer les élans de leur base. Personne n'a envie d'en découdre.

Grande modération des Russes aussi. D'une manière générale les Russes et les Chinois sont extraordinairement conciliants avec les USA et leurs alliés sur tous les sujets qui fâchent : voyez avec quelle amabilité ils ont voté les résolutions validant l'invasion éthiopienne de la Somalie l'an dernier, ou l'intervention française eu Tchad au début de cette année. Moscou serait même prêt à accepter d'envoyer des troupes en afghanistan aux côtés des Etats-Unis en échange d'un petit accord avec Washington sur le radar anti-missiles (http://fr.rian.ru/world/20080318/101590531.html).

smirnov-copie-1.jpgOn s'attendait à une reconnaissance unilatérale de l'Abkhazie, de l'Ossétie du Sud et de la Transnistrie par Moscou en représaille contre la reconnaissance du régime de Pristina. On a eu droit à une simple "levée" de quelques sanctions contre l'Abkhazie, et quelques déclarations de solidarité. Même la Douma qui aurait pu être plus radicale que le Kremlin (puisqu'elle n'a pas de pouvoir effectif en politique étrangère) aurait pu voter un texte offensif. Or sa résolution sur les entités autoproclamées est "mi-chèvre mi-chou", voulant, disait un responsable ne pas "gèner" la diplomatie de Medvedev. Du coup, la pilule est amère pour Tiraspol. Le président Smirnov et son ministre des affaires étrangères font leur mea culpa dans le Tiraspol Times cette semaine et se reprochent de n'avoir point suffisamment misé sur d'autres pays que la Russie (http://www.tiraspoltimes.com/news/igor_smirnov_we_have_not_worked_enough_with_other_countries.html_0, et  http://www.tiraspoltimes.com/news/pmr_parliament_to_take_foreign_minister_to_task_for_failings.html).

La vérité est que depuis que Moscou s'est réconcilié avec Chisinau, le meilleur allié de la Transnistrie devient ... la Maison Blanche !!! On l'avait vu avec la visite de l'ambassdeur états-unien à Tiraspol l'été dernier. Aujourd'hui on apprend qu'un rapport Cheney prône une solution à deux Etats en Moldavie (http://www.tiraspoltimes.com/node/1663). Dans ce cas les USA feront rebelotte en reconnaissant la Transnistrie, nouveau Kosovo dans le pied de la Modalvie, aux portes de l'Ukraine...

Que vous dire encore ? Ah oui : le Monde continue de s'exciter contre le Zimbabwe de Mugabe. Voyez la collection de photos qu'il publie aujourd'hui dans un des ses blogs associés (Le Monde2). Le 10 mars, il s'énervait contre la Loi d'indigénisation et d'habilitation économique qui donnait le pouvoir aux Noirs dans diverses entreprises. Beaucoup de gens épris d'universalisme en France n'ont pas de sympathie pour Mugabe parce qu'ils trouvent sa démarche communautariste, voire raciste. Le même grief est d'ailleurs parfois adressé à Chavez, qui a de la sympathie pour Mugabe, et qui lui aussi a beaucoup mis en avant la question des couleurs de peau dans le débat politique. Cette thématique pose la question compliquée du communautarisme.

Il est bien évident que toute démarche de gauche doit être universaliste. Reste que le communautarisme est en ce moment perçu comme le seul bouclier des faibles lorsque les forts ont refusé de prendre en compte leurs problématiques. J'ai vu cela chez les régionalistes naguère, aujourd'hui chez les Serbes, chez les Musulmans, chez les Noirs. "Regroupons nous sur des critères de langue, de religion, de couleur de peau, disent-ils, puisque c'est en fonction de ces critères que les dominants nous excluent et nient notre histoire".

Le communautarisme est une plaie pour la définition d'un avenir commun de l'humanité. C'est à cause de lui notamment que beaucoup de militants d'origine musulmane bornés refusent de voir l'injustice faite aux Serbes dans les Balkans, ou qu'à l'inverse beaucoup de Serbes éprouvent une sympathie indue pour le régime israélien par exemple.

Mais le communautarisme est une réalité avec laquelle il faut composer, faute de mieux. Et il faut reconnaître qu'il produit des effets non négligeables en termes de correction des injustices. En Afrique australe, entre les mains de Mugabe, qui reste aussi populaire voire plus que Mandela, il permet de tenir tête à des grands bourgeois néocolonialistes anglais (la plupart d'ailleurs affiliés au Parti travailliste), et de sauver un peu d'honneur dans cette région dévastée par la misère. Même si cet honneur se paye de difficultés économiques comme se plait à le souligner la grande presse européenne, et même si le régime zimbabwéen a beaucoup de défauts (quel gouvernment n'en a-t-il pas surtout dans des conditions aussi difficiles ?) je crois bien que le jeu en vaut la chandelle. La dignité est une denrée rare de nos jours.

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Spéculations post-électorales

18 Mars 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

Comme on pouvait s'y attendre, les spéculations vont bon train après les élections municipales.

Les classes moyennes, qui font et défont les gouvernements dans ce pays, après s'être portées sur la droite, corrigent le tir et soutiennent le centre-gauche. Le président de la République, toujours autiste, feint de croire que la défaite de son camp est due à la trop grande lenteur de ses réformes, et veut surenchérir dans le bougisme (la seule chose qu'il sache faire de toute façon).

Les opposants spéculent. Pour certains, le cynisme de PS de Seine-Saint-Denis et des Verts (qui ont pris deux municipalités au PC avec les voix des électeurs de droite) pourrait accélérer la création d'un grand parti de la gauche alternative à l'allemande, auquel se rallierait l'aile gauche du PS - et ce d'autant plus facilement que l'extrême-gauche a fait de bons scores. On peut en douter cependant. La LCR n'est pas le genre d'associé fiable, comme cela s'est vérifié au cours des trois dernières années, et, au sein du PS, la marginalisation de Ségolène Royal (partisane d'alliances infructeuses avec le Modem), au profit de nouveaux chouchoux des médias (et du suffrage universel) comme Delanoe et Aubry (des gens moins ouverts aux centristes), pourrait regauchiser (au moins sur un plan rhétorique) le parti, et soulager les frustrations de la tendance Mélenchon. Donc la perspective du "Die Linke" français reste assez improbable (et quand on songe aux déconvenues du "Die Linke" espagnol, Izquierda unida, on comprend aussi pourquoi).

A droite, les esprits sensibles aux enjeux géopolitiques espèrent que les élus de l'UMP effrayés par la "vague rose" vont miser sur un Dominique de Villepin ce qui permettrait du même coup de modérer l'atlantisme forcené des autorités françaises - voir l'article http://www.alterinfo.net/COMMENT-FAIRE-TOMBER-SARKOZY-_a17853.html. Mais là aussi la prudence s'impose, d'une part parce que la politique étrangère pèse toujours fort peu sur le équilibres intérieurs français, d'autre part parce que Villepin est loin d'en avoir fini avec ses démêlées judiciaires. En outre, il se peut que Sarkozy garde Juppé dans sa manche pour reconquérir le contrôle et la confiance de sa majorité. 

On ne voit donc pas encore très bien d'où les changements pourraient provenir.

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"Le Diplomate et l'Intrus"

18 Mars 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Lectures

Je lis en ce moment "Le Diplomate et l'Intrus" de Bertrand Badie, un bouquin qui vient de sortir, très "Sciences Po "évidemment, mais utile, je crois. J'en ferai une recension sur Parutions.com. prussia-copie-2.jpg

Les cercles résistants "souverainistes", "anti-impérialistes", ont tendance à voir les relations intenationales à travers la politique, la géopolitique aussi. C'est un héritage prussien, bismarckien, que Badie fait remonter à Hobbes, via Weber et Carl Schmitt. Mais on ne doit pas négliger le fait qu'une tradition libérale, qui essaie de faire prévaloir la société (civile) contre l'Etat (et qui est donc du côté de la sciences politique) envisage les relations internationales du point de vue de la première au détriment du second. C'est de cette tendance-là qu'est né le concept d'ingérence humanitaire. Je trouve intéressant que, dans cette veine Badie exhume non seulement Grotius, mais aussi Léon Bourgeois grand lecteur de Durkheim.

Toute la thématique de la "globalisation" telle qu'elle a été portée par les démocrates états-uniens, et diverses ONG (y compris, ne nous y trompons pas, les "altermondialistes" dans lesquels beaucoup voient les "idiots utiles" de la mondialisation), découle de cette veine.

Les anti-impérialistes souvent ne voient dans les ONG que les instruments d'Etats bismarckien. Et même un certain Hubert Védrine, dans un article du Monde diplo de 2000, allait dans ce sens dénonçant la présence des services secrets dans certaines d'entre elles.

Mais c'est un peu court. L'émergence des ONG, des phénomènes transnationaux (comme les "diaspora") sont des réalités sociologiques qui ont leur propre dynamique et qui tendent spontanément à "s'inviter" dans les rapports entre Etats, parfois même à s'y substituer. Des jeux d'équilibres complexes se nouent. Sous Clinton déjà, et encore plus sous Bush, la logique bismarckienne de l'appareil d'Etat états-unien (déjà appuyé sur une géopolitique très prussienne depuis le XIX ème siècle, et encore aujourd'hui avec les néo-conservateurs lecteurs de Léo Strauss) est clairement en concurrence avec celle des ONG (les différents lobbies qui cherchent à l'instrumentaliser). Il en va de même en Europe, et dans tous les pays (les groupes islamistes par exemple sont des ONG qui s'invitent sur la scène internationale).

L'intérêt de la notion d'impérialisme - qui, contrairement à ce que dit Wikipedia, ne remonte pas à JA Hobson, mais au discours politique anglais depuis Napoléon -, permet justement de critiquer les deux dimensions en même temps : la dimension réactionnaire prussienne d'Etats au service de classes dominantes qui cherchent à étendre leur puissance, et la dimension libérale de groupes de pressions (y compris d'ailleurs les grandes entreprises, c'est-à-dire d'autres fractions des classes dominantes) qui instrumentalisent les Etats (ou parfois cherchent à les surclasser), en fonction de leurs intérêts propres.

Ce qui est frappant (mais pas illogique) en Occident, c'est, par delà les effets de concurrence, la très grande cohérence et congruence entre intérêts (libéraux) des ONG et intérêts (réactionnaires, pour reprendre une terminologie marxiste assez commode, ou conservateurs) des appareils d'Etat. Moyennant des ajustements. Voyez par exemple ce qui s'est passé sur le dossier serbe dans les années 1990 en France. L'intérêt "bismarckien" de l'Etat français était d'aider les Serbes, et c'est encore cet intérêt qui s'est affirmé à Kosovska Mitrovica en 1999 quand les gendarmes français de la KFOR ont décidé de s'interposer face aux Albanais sur le pont séparant les deux parties de la ville. Pourtant via toute une série de réajustements, l'appareil d'Etat français (se rapprochant de celui de l'Allemagne réunifiée) s'est aligné sur le discours des ONG européistes, catholiques, sionistes etc qui menaient une croisade contre le "totalitarisme" de Milosevic. On voit le même alignement de l'Etat français sur les ONG dans d'autres domaines (signe de la faiblesse sociologique de celui-ci dans un contexte de triomphe des idées libérales). 

Un bel exemple de congruence parfaite entre intérêts d'Etats et intérêts d'ONG en ce moment est l'affaire tibétaine, où l'on voit se fédérer toute une série de groupes sympathisants de la cause tibétaines - dont tous ne sont pas des nationalistes tibétains extrémistes, il y a parmi eux des groupes bouddhistes sincèrement universalistes, ainsi que des droits-de-l'hommistes eux aussi universalistes - alliés à des structures bismarckiennes comme l'administration Bush (qui a reçu en grande pompe le Dalaï-Lama en 2007) dans une même ferveur anti-chinoise, opportunément exacerbée (de leur point de vue) à la veille des Jeux olympiques.

Ce constat a donc poussé de nombreux citoyens dans les années 2000 à miser sur les ONG plutôt que sur la conquête de pouvoirs étatiques pour contrer l'influence impérialiste de certains lobbies. A mon avis ils devraient plutôt jouer sur les deux tableaux.

C'est un point sur lequel nous reviendrons.

FD
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De Kosovska Mitrovica à Lhassa

17 Mars 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme



Les soldats français de la Kfor s'interposent au Kosovo

17.03.08 | 22h44
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Par Matt Robinson

 

MITROVICA, Kosovo (Reuters) - Les forces de l'Otan se sont interposées lundi face à une foule de Serbes en colère à Mitrovica, dans le nord du Kosovo, théâtre d'émeutes qui ont entraîné le départ de la police de l'Onu et du personnel civil de l'organisation.

Phares allumés et moteurs tournant, des véhicules blindés de l'infanterie française ont pris position à l'avant d'une colonne de camions de transports de troupes français et espagnols sur l'un des deux ponts qui séparent les communautés serbe et albanaise de la ville, véritable abcès de fixation du conflit kosovar.

L'Otan a promis de répondre avec fermeté aux incidents, d'une violence sans précédent depuis la proclamation unilatérale d'indépendance du 17 février, qui se sont produits lundi. Des soldats français de la Kfor ont notamment essuyé des tirs d'armes automatiques.

Les heurts ont suivi l'intervention de policiers de la Minuk et de soldats de la Kfor dans un tribunal de l'Onu occupé par des Serbes depuis vendredi.

La presse serbes fait état d'environ 70 civils blessés. D'après la Minuk, 63 policiers de l'Onu ont été blessés en plus d'une dizaine de membres de la Kfor.

Cet accès de violence est un défi majeur pour l'Alliance, les Nations unies et la balbutiante mission de justice et de police de l'Union européenne dans l'ancienne province serbe. Ils mettent en évidence le risque d'une partition ethnique entre les deux millions d'albanophones et les 120.000 Serbes du Kosovo.

La Russie, alliée de la Serbie, a réclamé une plus grande modération de l'Otan, et Belgrade a dit consulter Moscou sur des mesures conjointes en vue de protéger les Serbes kosovars.

Trois Serbes ont été grièvement blessés, dont l'un à la tête "par un tireur isolé", rapporte le directeur d'un hôpital serbe. Un porte-parole de l'Otan a fait état de tirs de sommation en l'air, assurant qu'aucun de ces tirs n'avait visé la foule.

L'Otan condamne ces violences "dans les termes les plus vigoureux" et "répondra fermement à tout acte de violence, comme le prévoit son mandat des Nations unies", a dit un porte-parole de l'Alliance, qui commande les 16.000 hommes de la Kfor.

"POLITIQUE DE LA FORCE"

Alexander Ivanko, porte-parole de l'Onu, a fait savoir que plusieurs centaines de policiers et neuf employés civils de la Minuk avaient été transférés du nord de Mitrovica vers le sud de la ville mais qu'ils reviendraient "dès que la situation sur le plan de la sécurité le permettra".

Vojislav Kostunica, Premier ministre serbe démissionnaire, a accusé l'Otan d'"appliquer une politique de la force contre la Serbie", ajoutant que Belgrade et Moscou s'entretenaient des moyens de faire cesser "toutes formes de violence contre les Serbes du Kosovo".

Rappelant les émeutes albanaises du 17 mars 2004 dans lesquelles 19 personnes avaient été tuées et des centaines de maisons serbes incendiées, le président serbe Boris Tadic a évoqué le spectre d'un nouveau "pogrom" albanais contre les Serbes.

Lors des affrontements survenus à l'aube, des policiers de l'Onu - en majorité ukrainiens et polonais - et des soldats français de la force de l'Otan ont tiré des grenades lacrymogènes pour contenir des centaines de manifestants qui lançaient des pierres, des grenades et des pétards. Des véhicules de l'Onu ont été attaqués et, selon l'Otan, des coups de feu ont été tirés sur des soldats.

"Huit soldats français de la Kfor ont été blessés par des grenades, des pierres et des cocktails Molotov" mais aucun des blessés n'est en danger de mort, a dit le porte-parole militaire français Etienne du Fayet de la Tour. Il a précisé que les soldats avaient tiré en l'air et non sur la foule.

Dans un communiqué, Bernard Kouchner et Carl Bildt, ministres des Affaires étrangères français et suédois, condamnent "avec la plus grande fermeté les violences commises contre les policiers de la Minuk et les soldats de la Kfor".

L'UE a recommandé la modération aux parties impliquées tandis que Moscou réclamait de la retenue de la part des forces internationales.

Le ministre serbe chargé du Kosovo, Slobodan Samardzic, a parlé de "provocation" et exigé la libération d'anciens magistrats et d'employés serbes du tribunal de Mitrovica arrêtés lors de l'opération888.

Tibet: les troubles suivent le scénario  
kosovar (expert)

20:49 | 17/ 03/ 2008
Version imprimée

daliwhitehouse.jpgMOSCOU, 17 mars - RIA Novosti. Des forces politiques influentes aux Etats-Unis ont intérêt à utiliser le scénario kosovar pour pousser la population du Tibet à lancer une lutte armée pour l'indépendance à la veille des J.O. de Pékin, estime Alexeï Maslov, sinologue et chef de chaire d'Histoire générale à l'Université de l'Amitié des peuples à Moscou.

"Des forces politiques influentes aux Etats-Unis (...) manipulent le mouvement indépendantiste des Tibétains pour empêcher le renforcement impétueux des positions géopolitiques de la Chine dans le monde", a estimé le chercheur dans un entretien accordé à RIA Novosti lundi.

Selon lui, de nombreux messages vidéo et audio parvenant de "Tibétains anonymes" depuis les lieux d'accrochages avec l'armée chinoise témoignent de la réalisation du "scénario kosovar".

"Les témoignages sur les violations des droits des Tibétains relayés par les médias occidentaux poursuivent le seul objectif d'exciter au maximum l'opinion mondiale et de parvenir à l'isolement international de la Chine à la veille des J.O. de Pékin", a indiqué l'expert.

La Chine fait l'objet de pressions de la part de médias internationaux et d'organisations de défenseurs des droits de l'homme pour accepter des négociations avec le soi-disant "gouvernement du Tibet exil" qui se trouve en Inde, a-t-il poursuivi.

"Le principal objectif des pressions internationales exercées sur Pékin consiste à obtenir de la Chine la reconnaissance de l'existence du problème d'un "territoire insurgé" qui exige une indépendance d'Etat envers la PRC", a indiqué le chercheur.

"A n'en pas douter, la reconnaissance par la Chine des droits du soi-disant "gouvernement tibétain en exile" à l'indépendance menacera l'intégrité territoriale de la République populaire et constituera un risque de répétition de la variante kosovare. La Chine ne l'admettra jamais", a ajouté le chercheur.

L'expert prédit que les Etats-Unis tenteront bientôt de faire voter par le congrès la décision de boycotter les Jeux olympiques de Pékin et de décréter des sanctions politiques contre la Chine comme un pays qui viole grossièrement les droits de l'homme. Il s'attend également à ce que les autorités officielles, pour combattre les tendances séparatistes dans le Tibet et les provinces chinoises voisines qui comptent d'importantes diasporas tibétaines, acceptent de faire des infusions financières massives dans le but d'élever le niveau de vie dans ces régions.

Selon les données officielles, les troubles qui ont éclaté dans le Tibet le 10 mars ont fait 13 morts civils. Les partisans du dalaï-lama évoquent 80 morts et 72 blessés.

http://fr.rian.ru/russia/20080317/101526999.html

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Version des faits du Quotidien du Peuple (Organe du PC chinois)

Full disclosure: Dalai coterie's secessionist attempts doomed to fail


Memories of horror were alive again. Rioting that erupted in Lhasa on Friday resembled two previous riots in 1959 and 1989, only in its cruelty and always indisputable links to peace-preaching Dalai Lama.

On March 10th, more than 300 monks from the Zhaibung Monastery ventured into downtown Lhasa. The monks, who were supposedly converted to peace, were invective and aggressive, and flagrantly confronted with the security forces.

In the Sera Monastery, ten monks held up flags of the so-called Tibetan exile government and shouted "Tibetan independence". In the ensuing days, a few monks chanted independence slogans and challenged officers who were maintaining order. Lime and boiling water were poured over those around them, and stones rained down.

In blatant attempts to create sensation, three monks in the Zhaibung monastery lacerated their bodies with knives and took pictures of one another, photos that were to be used to blame others for the harm they inflicted upon themselves, police said.

Affrays turned violent, and losses were grave. The mob on Friday set off a destruction rampage and spared nothing and nobody along their way. Rioters set fire to buildings, torched dozens of police cars and private vehicles and looted banks, schools and shops. Innocent civilians were stabbed, stoned and scourged. At least 10 died, mostly from burns.

In the shocking degree of cruelty which local Tibetans said they had not seen in their whole lives, "brutal" was an understatement of the true picture, but the word was only reserved for the mob, and not for the policemen.

Throughout the incident, Lhasa police officers exercised great restraint. They remained patient, professional and were instructed not to use force. In humanitarian spirit, they even rescued the malicious monks who attempted sensation through hurting themselves. But such restraint was met with even more malice.

Young officers -- fathers, husbands and brothers -- were stoned, lunged, stabbed and clubbed, like any other innocent victim. Twelve of them were badly injured, two of them critical.

Such hostility was not "non-violence" as Dalai preached, but what the "revered" monk practiced. Religious leaders, local Tibetans and other residents stood out and condemned the riot.

It is obvious that the latest well-planned sabotage in Lhasa was another bloody exercise of Dalai clique's political conspiracy.

The Dalai coterie fled to India following a failed armed rebellion in 1959, but they were neither willing to say farewell to their privilege under the feudal serfdom, nor to see a flourishing new Tibet.

From the frequent armed assaults along the border areas in the 1960s, to the bloody Lhasa riot in 1989, the secessionist activities backed by the Dalai clique never stopped.

In recent years, the Dalai clique has been telling the world that they has stopped seeking "Tibetan independence". However, it is just another huge lie.

In an effort to fan up the international community to link the "Tibet issue" with the Beijing Olympics, he repeatedly preached during his frequent international trips that the year 2008 is of key importance and the Olympic Games would be the "last chance" for the Tibetans.

How can the Dalai clique justify themselves when the Tibetan Youth Congress vowed to pursue "Tibet independence" at the cost of blood and lives in a March 10 statement, which says "they would never give up the fight for Tibet independence"?

Starting from March 10, the group launched a so-called "Marching to Tibet" in India. Organizers claimed that once they were blocked outside China, they would stage protests and instigate followers to echo them by making troubles inside China.

After the riot broke out in Lhasa, the Dalai clique maintained real-time contacts through varied channels with the rioters, and dictated instructions to his hard core devotees and synchronized their moves, police sources say. Evidence again mounted against the Dalai coterie's trumpet for "non-violence", exposing them as a deceitful bunch.

It has been the common understanding of the international community that Tibet is an inseparable part of China. No country in the world recognizes the so-called "Tibetan government-in-exile". The series of farces and sabotages by the Dalai clique were strongly opposed by the international community.

On March 10, several Tibetan separatists staged a torch lighting ceremony in front of the ancient archeological site of Olympia of Greece to protest against the upcoming Games in Beijing. The much-ridiculed episode was soon over when police drove them out.

The "marching to Tibet" in India became another aborted act as the crowd were greeted by Indian police awaiting in the midway.

All these facts have come to say and will continue to prove that the Dalai group's ill-willed attempts to destabilize Tibet, in whatever forms, will not succeed, since such efforts go against the popular will of the international community and 2.8 million people in the Tibet Autonomous Region.

Xinhua's Lhasa Bureau contributes to this report
http://english.peopledaily.com.cn/90001/90776/90785/6374438.html

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Pas très élégant

13 Mars 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

Pas très élégants l'éditorial du Monde aujourd'hui, et les déclarations de l'Elysée, qui essaient une fois de plus de transformer les agresseurs en victimes dans cette affaire de Salon du livre parisien. Mais c'est une spécialité occidentale, on a entendu la même chose sur le Kosovo. C'est toujours le peuple dont on travestit l'histoire, qu'on encercle, qu'on assiège, sur lequel on pointe nos missiles, qui est accusé de nous menacer. Donc le refrain que l'on nous sert en ce moment c'est "les boycotteurs du salons du livre prennent la littérature en otage", "ils s'en prennent à des écrivains innocents". Pas très élégant, et pas très digne. Une façon pharisienne de se faire croire qu'on a les mains blanches, à bon compte. D'abord parce que les livres ne sont pas si innocents qu'on le croit. Ils sont sur le long terme plus efficaces que les armes. Ensuite parce qu'il faut être particulièrement borné pour ne pas voir ce qu'a de provoquant l'existence d'un "Pavillon d’honneur aux couleurs d’Israël " au milieu du Salon du livre, à l'heure où ce pays, qui s'est imposé sur le territoire d'un autre peuple, continue de menacer ses voisins et de mépriser le droit international. undefined

Il y a souvent des excès dans la dénonciation des crimes commis par Israël, mais cette fois l'excès est clairement du côté des autorités françaises organisatrices de cette manifestation littéraire. Hélas une fois de plus c'est un excès rempli de bonne conscience.  C'est le propre de nos soi-disant "élites".

Je note une contradiction dans l'argumentation du Monde (en plus de sa mauvaise foi) : "Quoi qu'il exprime du réel, le livre est d'abord l'expression d'une singularité individuelle." explique-t-il. Mais alors pourquoi célébrer collectivement, en tant qu'expression d'une entité collective - la culture israélienne - des auteurs dont on prétend qu'ils n'ont que des mérites individuels, en tant qu'individus ?

Et puis méditez cette phrase de l'éditorialiste (heureusement anonyme) : "Boycotter les livres, voire récuser une langue, a toujours été l'arme des dictatures". Et demandez-vous combien de fois Le Monde, et l'intelligentsia parisienne, dans leurs colonnes, ont boycotté des auteurs, des ouvrages, des éditeurs. Il y a vraiment de quoi rire jaune...

Pour ma part tout ce que je souhaite aux écrivains israéliens, c'est qu'ils parviennent un jour à déployer leur talent, dans la langue qu'ils veulent, dans un Etat qui ne soit plus dominé par une idéologie militariste et colonialiste. On a appris cette semaine qu'Israël voulait relancer la colonisation. Les bons esprits qui dirigent le journal Le Monde, et leurs lecteurs ont-ils réfléchi une seule seconde à la signification de cette annonce ?
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Temps pluvieux pour l'anti-impérialisme

11 Mars 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

Pas beaucoup de bonnes nouvelles à se mettre sous la dent ces derniers temps.

Je participe toujours à diverses initiatives fédératives autour de l'idée de souveraineté des peuples face à l'impérialisme. Mais les fédérateurs n'ont pas bonne presse, par les temps qui courent. Chacun préfère se replier sur ses certitudes communautaristes .A  preuve ce jeune militant anti-impérialiste arabe, qui tient un site aux idées proches du mien, mais qui a refusé tout dialogue avec moi et avec le Dissident sur la question des Balkans, parce que les Serbes y auraient commis un "génocide". undefinedCe n'est pas la première fois que l'on se heurte à ce type de dogmatisme de la part  de gens issus de pays de culture musulmane, ainsi que je le raconte dans un livre à paraître.

Les conseillers de Bill Clinton qui dans les années 1990 ont soutenu les islamistes de Tchétchénie, de Bosnie et du Kosovo, à grand renfort de propagande dans ces trois guerres, ont réussi une belle opération : empêcher une alliance entre les peuples de culture chrétienne orthodoxe et ceux de culture musulmane. Il en résulte dans la vie de tous les jours que les gens qui ne sont ni orthodoxes ni musulmans comme moi et qui s 'efforcent simplement d'encourager les énergies à s'unir contre des logiques planétaires perverses n'arrivent absolument à rien (sauf à pondre de temps à autre des articles sans influence sur le cours effectif des choses). Les responsables du système politique mondial peuvent dormir sur leurs deux oreilles.

Je l'avais dit aux lobbyistes serbes récemment : votre cause avancera le jour où dans vos manifs, non seulement il n'y aura plus qu'une minorité de drapeaux serbes, mais aussi quand vous aurez à vos côtés des Algériens, des Palestiniens, tous les non-alignés.

Autre mauvaise nouvelle pour l'anti-impérialisme en ce moment : ce salon du livre parisien consacré à Israël - une confiscation de la culture au service d'un projet idéologique qui maintient le Proche-Orient dans une triste situation depuis maintenant 60 ans... Quels éditeurs, quels auteurs se rendront à ce salon alors que les organisations pro-palestiniennes appellent au boycott ?

A part cela vous aurez noté que Chavez, Uribe et Correa se sont réconciliés. Ceux qui se sont empressés de hurler au projet de renversement de Chavez en sont pour leurs frais. Il y a toujours trop d'alarmisme autour de la question venezuelienne. Cela se retourne toujours contre ceux qui s'investissent corps et âme dans la défense de Caracas. Chavez, comme Uribe, sont des impulsifs. Il faut prendre en compte le côté imprévisible de ce genre de dirigeant et ne pas foncer tête baissée au premier froncement de sourcil. Si un jour le Venezuela est attaqué, je serai le premier à être solidaire contre l'agression. Mais il ne sert à rien de s'agiter à l'unisson de son bouillant président.

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Ainsi parlait Malraux... sur le Kosovo

6 Mars 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Divers histoire

Voici un article de Zivorad Stojkovic paru en 1989, qui témoigne du point de vue d'André Malraux sur le Kosovo en 1975. Malraux est loin d'avoir toujours eu raison sur tout. Mais sur le Kosovo il pourrait donner bien des leçons aux actuels soi-disants spécialistes français de l'ex-Yougoslavie...

FD

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L’histoire a condamné la Yougoslavie à mort et c’est aux fils albanais du Kosovo que revient l’honneur de lui porter le coup de grâce”, a déclaré, il y a quatre ans déjà, un des accusés, au tribunal de Belgrade où se déroulait le procès d’un “groupe d’irrédentistes albanais” composé en majorité de jeunes gens. A ces paroles proférées devant l’opinion publique yougoslave, je voudrais ajouter comme témoignage mes notes sur deux rencontres avec André Malraux, non seulement à cause des prédictions de l’écrivain, “légende de ce siècle”, mais aussi à cause des questions qui surgissent sans cesse des deux côtés de la barre des tribunaux et dans les destins des deux peuples, Serbe et Albanais. On peut penser qu’au-delà de l’hostilité exprimée par l’étudiant Kurtesi, il y a une certaine honnêteté dans sa révolte. Son attitude face au tribunal est émouvante, elle témoigne de l’aveuglement dans La condition humaine d’un endroit trouble, de plus en plus sombre. malraux-copie-1.jpg

André Malraux avait appris qu’Isidora Sekulic (1877-1958 - “une grande dame de la littérature serbe”) avait publié une critique de la Voie royale dans une revue de Belgrade en 1931, l’année même de la parution du roman. Et c’est avec enthousiasme qu’il parlait de ce texte dont il venait de recevoir la traduction : “C’est incroyable ! Ici ce roman était passé presque inaperçu et moi-même j’étais presque inconnu. Et voilà qu’une femme, à Belgrade, réfléchit à ce que je voulais dire par ce livre et sait le faire mieux que moi. J’aurais été heureux de lire cette critique, il y a une quarantaine d’années. C’est pour moi aujourd’hui une révélation a posteriori sur mon livre. Hélas, le temps me manque pour étudier votre littérature. Ce serait bien si j’arrivais à mieux connaître votre Moyen Age pour la Métamorphose des Dieux. La peinture murale en Serbie au XIIIe siècle est un grand moment de l’art médiéval européen. Il faudrait que j’aille dans votre pays. Byzance est un univers spirituel, mais ses styles, je n’aime pas ce mot, ses espaces plastiques sont divers”. Cependant, ce voyage posait un problème à Malraux. Il lui semblait impossible d’aller en Yougoslavie à titre d’écrivain et d’y être l’hôte de son éditeur de Zagreb ou de Belgrade, au nom duquel j’étais venu lui parler de la publication en serbo-croate de la Métamorphose. “Si je n’y vais que pour ce qui m’intéresse, on risque de mal comprendre que j’évite les rencontres. Et j’ai trop perdu de temps en réceptions protocolaires.”

Lorsque j’observais que Lamartine, traversant la Serbie à son retour d’Orient, avait refusé l’invitation du prince Milos, bien qu’il ait écrit par la suite des pages inspirées sur la Serbie et sa lutte de libération, Malraux, avec une étonnante rapidité, répliqua : “Lamartine a traversé la Serbie en poète, il n’est devenu ministre que beaucoup plus tard. Moi, j’ai été ministre d’État pendant dix ans.” Il me rappela que certaines obligations liées à la fonction ministérielle ne cessent pas avec elle et il ajouta quelques mots que je n’ai pas bien saisis. Soudain, l’homme d’État émergea de l’écrivain : “De toute manière, à ce qu’il me semble, les choses ne vont pas pour le mieux dans votre pays. Vous avez beaucoup de vaines dissensions, mais le vrai danger vient des Albanais. Prenez garde ! C’est de ce côté-là que peut venir le pire. Toutes les combinaisons associant l’Albanie sont possibles. Elle est contre tout et elle est isolée, mais elle est, actuellement, plus indépendante que les Grecs et que vous. Les deux blocs comptent sur elle, mais les Albanais, qui ont besoin de tout, survivent sans rien. A quel prix ? C’est une question que le communisme orthodoxe ne se pose pas. La tyrannie de Tirana n’est pas originale, mais elle est tout de même exceptionnelle. Il me semble que l’Albanie actuelle est une absurdité concertée et bien troublante ! Son orgueil forcené dans la pauvreté ne sera pas altéré par la condition que vous faites aux Albanais de chez vous. Je suis étonné que vous autres Yougoslaves ne compreniez rien de tout cela. Savez-vous que la seule frontière ouverte en Europe est la frontière albano-yougoslave ? Vous êtes fous ! Entre deux États qui ont les plus mauvais rapports du continent, on circule comme s’il n’y avait pas de frontière. Et ne me dites pas que c’est parce que là-bas vous êtes émancipés ! Non. Votre pays poursuit une politique nationale qui se joue de l’État. Les sentiments nationaux doivent se réduire à une appartenance simple et claire. Mais vous, vous prenez au sérieux, ce qui, chez les Soviétiques — hypercentralisés — n’est que de pure forme: “l’Union des Républiques”. Vous considérez votre État, ethniquement hétérogène, comme un État plurinational. Où cela mène-t-il ? Tous les État européens sont, en gros, centralisés, sauf la Yougoslavie. Ça ne vous dit donc rien ? La citoyenneté peut se substituer à la nationalité, sans menacer un sentiment humain aussi valable que le sentiment national. J’ai beaucoup de sympathie pour votre pays : j’ai admiré la Serbie durant la Grande Guerre ; j’ai été impressionné par l’organisation et la force de votre Résistance pendant la dernière guerre ; j’ai gardé le souvenir de la Yougoslavie d’avant-guerre, bien qu’elle fût une monarchie, pour son opposition au fascisme, pour avoir refusé de s’allier à L’Axe. Au prix d’une guerre ! Votre conflit avec Staline en 1948 est historique. Mais comment pouvez-vous relever le défi de votre indépendance, si vous n’êtes pas un pays fort et uni. Toutes ces divisions à bases nationales ne me disent rien de bon. Quel pays ne connaît pas de rivalités ni d’antagonismes régionaux, fût-ce au sein d’un même peuple ? S’ils ne le sont pas déjà, vos nationalismes peuvent être manipulés, pour vous affaiblir. La minuscule Albanie les exploite déjà et, je le crains, pour le pire. Qu’en sera-t-il des grandes puissances qui se mêlent partout de tout. J’entends parler de supputations liées aux accords de Yalta : on dit que toutes ces divisions administratives et les prérogatives données aux unités territoriales seraient une façon de jouer la carte du partage à fifty-fifty. Comme si Yalta avait été un partage, et non une tromperie de Staline à l’égard des deux autres “grands”. D’ailleurs, des trois “grands” d’alors, il ne reste plus que deux aujourd’hui. Voilà. Vous comprenez maintenant qu’en allant en Yougoslavie, je ne pourrais pas m’intéresser uniquement à votre Moyen-Age et à mes livres. Je regrette de souhaiter plutôt que de croire, pouvoir faire ce voyage. Pourtant, j’aimerais voir la Métamorphose publiée dans la langue d’une femme qui a si bien compris la Voie royale. “ Malraux parlait avec plus de difficulté apparente que dans la série télévisée, la Légende du siècle, projetée à l’époque ; mais sans énervement : il attendait que les mots se frayent une voie jusqu’à sa bouche, aiguisant, du coup, l’attention de son interlocuteur. La participation de son regard à son effort d’articulation donnait plus de force à ses opinions qu’à ses arguments. Dans un entretien précédent, il avait soutenu que la Chine et la Yougoslavie étaient indépendantes des Soviétiques parce que le guide de la Grande Marche et le chef du P.C. yougoslave n’avaient pas été des hommes de la Maison grise (le siège du Komintern à Moscou). “On m’a dit que je me trompais, mais, vous savez, l’exactitude et la vérité sont parfois deux choses différentes.” — Un biographe de Malraux a écrit à propos de sa manière de parler politique : “II y a là un mélange de vues pénétrantes et d’approximations aventureuses”. De nombreux historiens de l’art partagent, à peu près, la même opinion sur son Musée imaginaire ; mais d’autres considèrent que les improvisations de Malraux, voire même ses mystifications, sont plus intéressantes que certaines œuvres rédigées avec plus de compétences et de minutie.

Quelques mois plus tard, en été 1975, Malraux téléphona au Grand Palais et demanda qu’on vînt chercher le manuscrit qu’il voulait offrir à la Bibliothèque nationale de Belgrade. J’arrivai à Verrières-le-Buisson où il habitait, le soir, après les cours, au moment où il s’apprêtait à sortir. J’avais apporté un ouvrage sur les Fresques byzantines en Yougoslavie, publié à Belgrade en cyrillique. Il apprécia la richesse et la qualité des reproductions. Il ouvrit le livre au hasard et tomba sur le portrait du roi Milutin, fondateur de Gracanica. Malraux dit, sur le champ, comme s’il pariait : “Quatorzième !” Il se sentait si sûr de lui qu’il lui paraissait normal d’avoir deviné juste. Lorsque je lui traduisis la légende, il me demanda où se trouvait Gracanica, car ce nom semblait lui dire quelque chose. Je lui montrai le lieu sur la carte jointe au livre en précisant que l’église est située au Kosovo, le Champ des Merles. Il me demanda de lui répéter le nom de la région en serbe, soudain, sursautant presque, il s’écria : “Mais c’est déjà l’Albanie… mais oui, je vous le dis et vous verrez bien”, poursuivit-il sans chercher d’explication à mon étonnement. “Vous êtes inconscients, vous avez permis à votre peuple et aux Albanais de créer un enfer. On vous a joué un mauvais tour, mais tout le mal ne vient pas de là. Vous devez regarder en face la tragédie qui s’annonce. La haine n’est pas seulement un aveuglement, elle peut aussi être un chantage. Le sens des réalités peut la refréner à condition de rester ferme et plus sûr de soi que de la répression. Je souhaite à votre pays beaucoup de bien, mais je n’en vois pas venir, car je ne vous comprends pas, je l’avoue. Une guerre d’Algérie ne profiterait à personne et il ne faut pas garder rancune aux Yougoslaves de n’avoir pas compris nos difficultés. Vous êtes dans une situation néfaste. Vous avez raison, votre Algérie n’est pas outre-mer, sur un autre continent, elle est dans votre Orléanais. Si le Kosovo n’était que le pays de votre histoire, ce ne serait pas l’essentiel, mais il est au cœur de votre culture, et la culture, puisque c’est le bien le plus précieux que l’on possède, n’appartient jamais au passé. Je pressens plus que je ne comprends l’ensemble de la question. En plus de la détermination, il faut avoir le courage d’aborder toutes les possibilités de solutions raisonnables, ce qui ne veut pas dire des solutions molles. C’est absurde, j’ai l’air de vous donner des conseils, alors que je ne fais que parler sincèrement, en ami…”

En raison de ses difficultés d’élocution, Malraux articulait ses phrases mot à mot, comme s’il dictait ses monologues. Lorsque je notais ces rencontres, il m’était plus aisé de transcrire ses paroles, qu’il me semble encore entendre, que de les interpréter.

Après m’avoir remis le manuscrit, Malraux s’avisa qu’il n’avait pas rédigé la lettre de donation. Il me promit de l’envoyer. Elle parvint à Belgrade, quelques jours plus tard.

Monsieur l’Administrateur
de la Bibliothèque Nationale
de Serbie à Belgrade

le 29 Juin 1975

« Monsieur l’Administrateur,

Pour répondre à l’appel du comité de liaison créé en Sorbonne, j’ai remis à Monsieur Zivorad Stojkovic, le manuscrit de La Tête d’Obsidienne, qui doit vous être déjà parvenu.

Je voudrais en quelques mots vous donner les raisons de ce don. Tandis qu’aux heures les plus sombres de la dernière guerre, après Varsovie, Rotterdam et Dunkerque, des nations encore épargnées remettaient aux puissances du Pacte à trois leur destin et leur territoire, Belgrade, un matin du printemps 1941, s’est soulevée. Avec tout son peuple, elle choisissait la liberté alors que le continent tout entier s’était soumis. Les représailles qui suivirent furent à la mesure de la rage que son insoumission avait suscitée. Dès les premières heures du bombardement de la ville, commencé sans déclaration de guerre, des dizaines de milliers de vies humaines étaient anéanties et, avec elles, la Bibliothèque, institution fondamentale de toute culture nationale.

C’est en mémoire de ces événements que j’ai décidé de confier mon manuscrit à la Bibliothèque nationale de Serbie, aujourd’hui reconstruite. Je vois dans le destin de votre Bibliothèque le destin d’un peuple pour qui culture et liberté ne font qu’un. La dignité humaine, qui a toujours coûté cher à votre pays, inspire encore son indépendance.

Je vous prie de croire, Monsieur l’Administrateur, à tous les vœux que je forme pour celle-ci, pour le développement de la Bibliothèque, et pour vous même,
André Malraux »

Au cours de son Assemblée annuelle qui eut lieu le 27 mars 1988 à Belgrade, l’Association des écrivains de Serbie adopta à l’unanimité, entre autres, la décision suivante :

“L’Assemblée des écrivains de Serbie adressera une pétition aux organes juridiques compétents et à l’opinion publique yougoslaves les invitant à réclamer la mise en liberté de tous les détenus coupables de ce qu’on appelle “délit d’opinion” sur le territoire du pays tout entier et, en particulier, de ceux du Kosovo, qui sont les plus nombreux en Yougoslavie et dont la majorité est constituée par des jeunes et des mineurs. ”

Ce sont les entretiens annoncés entre la Société des écrivains du Kosovo et l’Association des écrivains de Serbie qui ont motivé cette pétition. La mise en liberté de ceux qui ne sont
“coupables” que d’exprimer une opinion différente, fût-elle erronée, créerait des conditions préliminaires considérablement plus favorables à des entretiens ouverts, réfléchis et tolérants, les seuls qu’il soit prudent de mener aujourd’hui, dans cet instant plus que grave.

La rencontre des écrivains albanais du Kosovo avec leurs confrères serbes fut organisée à Belgrade fin avril 1988 : les différences y prédominèrent et cela pas seulement en matière d’opinions. Des discours qui n’étaient au fond que des monologues rendirent impossible tout échange et confirmèrent que, sur les bancs des accusés et dans les prisons du Kosovo et de la Metohija se trouvent de nombreux jeunes Albanais à la place des véritables ennemis. Ils s’imaginent lutter pour une libération, alors qu’ils achèvent l’élimination de compatriotes d’une autre ethnie. Les peines sévères qui leur sont infligées retombent sur leurs victimes : des Serbes qui, chaque jour, reçoivent au Kosovo “le coup de grâce”.

Il est de plus en plus tard pour espérer que les défenseurs d’une foi qu’on leur a inculquée fassent preuve d’un autre courage, celui d’affronter la vérité de leur haine dans toutes ses significations, jusque dans ses intentions.

La rencontre des écrivains serbes et albanais à Belgrade n’a pas apporté de réponse à la question de savoir si l’on verra se réaliser le défi que le jeune Kurtesi avait jeté à la face du tribunal et qui est cité au début de cet exposé. Mais, des deux côtés, les écrivains ne peuvent pas nier que dans les régions centrales des Balkans, dans le sud de la République de Serbie, ne soit déclenchée une “Troisième guerre balkanique pour la création d’un second Etat albanais en Europe”. La poursuite des entretiens prévue pour la mi-mai(l) de cette même année, est peut-être le seul résultat favorable de cette première rencontre. En effet, la franchise en matière de divergences, fussent-elles diamétralement opposées, peut s’avérer plus fructueuse que les efforts pour les passer sous silence. Les écrivains albanais et serbes ont au moins éclairé les vrais problèmes de leurs nations, et aplani en même temps les voies menant à la compréhension mutuelle qui ne sera pas facile à atteindre. Une première tentative a été faite et son échec est plutôt un défi qu’une perspective décourageante.

(1) Sur proposition des écrivains albanais, la rencontre avait été fixée au 23 mai 1988 à Pristina. Les Belgradois acceptèrent cette invitation, mais leurs hôtes la retirèrent par la suite, si bien que la poursuite des entretiens n’a pas eu lieu.

Le récit des deux rencontres avec A. Malraux a paru dans Revue des Etudes slaves, fascicule 1, Paris 1984.

Zivorad Stojkovic, “Si le Kosovo est au coeur de la culture serbe. Deux rencontres avec André Malraux”, L’aventure humaine, hivers, n° 10, 1989, pp. 50-52.

 

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Un petit point de philosophie - statut ontologique du vivant et éthique politique

5 Mars 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Philosophie et philosophes

Il y a trente ans, on attribuait à Marx, Freud, et Nietzsche, la vertu d'avoir introduit le soupçon dans l'ordre du discours. Notre époque, avec notamment le développement des sciences de la nature, est revenue à une certaine foi dans les énoncés assertoriques, et dans la légitimité du sujet à y accéder - notamment à la légitimité du sujet humain comme produit de la nature à produire un discours sur elle.

Et en même temps l'on nourrit désormais un plus grand scepticisme sur chacun de ces trois auteurs. De Nietzsche on n'est prêt qu'à garder un sens de l'exaltation de la volonté, et une critique du ressentiment, de Freud l'idée d'une activité inconsciente du cerveau (mais je crois que de moins en moins de gens adhèrent aux théories psychanalytiques construites sur du sable, et je m'en réjouis). Qu'a-t-on gardé de Marx ?

Toute l'eschatalogie philosophique empruntée à Hegel me paraît périmée. L'idée de dialectique ne relève plus que d'un snobisme rhétorique. Beaucoup de marxistes que je connais ne se réclament de Marx que par pur fétichisme, et bien peu ont mené une réflexion philosophique indépendante (je veux dire une réflexion qui prenne en compte tout ce que l'on peut savoir de nos jours), aux termes de laquelle ils pourraient dire en toute connaissance de cause ce qui est encore pertinent chez Marx. A mon avis, ce qu'il faut garder de Marx, c'est cette idée que les discours dominants protègent des avantages de classe, que des rapports de classe existent, et qu'il faut les organiser en luttes (mais non pas que ces luttes puissent s'organiser effocacement d'elles-mêmes) si l'on veut que les classes inférieures accèdent à un plus grand niveau de partage des pouvoirs et d'égalité. Cela étant, même si j'ai pris mes distances par rapport aux théories de Bourdieu, je pense tout de même que Marx doit être "filtré" au travers d'analyses comme celle de ce sociologue qui réintroduisent une meilleure approche de l'autonomie de certaines sphères intellectuelles, et même aller plus loin que Bourdieu, en reconnaissant que certaines activités intellectuelles - comme les sciences ou le droit - ont une force de contrainte intérieure, cognitive, si forte qu'elles sont absolument, dans leurs mécanismes profonds, largement indépendantes des rapports de classe (et des rapports de domination au sein des "champs" de professionnels qui en vivent).

Mais laissons ce point de côté pour l'instant.

Le grand mérite de Marx en son temps fut de rompre avec les dernières vieilles lunes idéalistes, queues de comète du christianisme, dont Hegel avait été l'exemple le plus éclatant (et la synthèse la plus remarquable). Marx prolongeant le geste libertin et les théories du XVIII ème siècle français replaçait l'humain dans sa naturalité matérielle.galaxy-copie-1.jpg

Aujourd'hui, plusieurs décennies après la "mort de Dieu" - qui ne subsiste que sous forme d'une fixation fétichiste identitaire chez les pratiquants des diverses religions -, nous pouvons considérer avec une lucidité particulière et sans aucun romantisme la question de la naturalité de l'humain (dont les théories de l'évolution ont éclairé tant de dimensions obscures), naturalité que l'humain connaît si bien qu'il en est même venu à pouvoir la manipuler par la technique, et façonner presque pleinement, dans les gènes, toute la nature à l'image de la sienne propre.

La naturalité humaine, comme sous-ensemble de la naturalité animale, elle-même sous-ensemble de la naturalité biologique prise en général est un phénomène que la science nous révèle avec une telle précision que la plupart des idéalisations mystiques ou esthétiques sur son compte relèvent plutôt du conte pour enfant, de la fable consolatrice, que du discours digne de foi. L'humain n'est qu'un sous-ensemble d'un règne biologique, né sur le Terre il y a 4 milliards d'années, et qui évolue en vase clos, perdu dans une galaxie minérale qui n'a rien produit d'équivalent et aux yeux de laquelle le vivant n'est qu'une forme parasite de l'étant - le bios est un parasite de l'oxygène apparu par erreur sur la planète Terre.

Par conséquent, sub specie absolutis, le règne biologique n'est qu'une absurdité, qui évolue en cercle fermé - les êtres vivants naissant, mourant, se nourrissant d'autres vivants selon les règles de la chaîne alimentaire, L'humain en tant qu'espèce n'est intéressant que pour lui-même, et le règne vivant ne l'intéresse que pour autant qu'il lui permet de survivre (ou pour autant que sa présence l'aide à soulager une culpabilité diffuse, comme c'est le cas chez de nombreux écologistes). L'ensemble du règne vivant est donc un processus complètement vain, et l'humain en son sein participe de cette vanité, même si les chimères qui naissent de son instinct d'animal social le soustraient la plupart du temps à ce rude constat.

Il me semble qu'il faut se tenir à cette frontière de la non-humanité, et même de la non-appartenance au règne biologique (ce que nous permet de faire le travail intellectuel), pour considérer en toute lucidité ce que sont nos vies et leur sens. Pour autant ce constat nous conduit-il au nihilisme quand il s'agit de morale et de politique ?

Sans doute pas. Car l'humain ne franchit jamais la fontière du non-biologique. Il est toujours, quoi qu'il fasse, dans le domaine de la vie - même le suicide, en tant qu'élimination de sa vie propre, ne lui permet pas de voir le monde du point de vue de la non-vie. Même à cette frontière - qui est le seul lieu de lucidité possible - l'humain ne peut pas vouloir autre chose que le bien de sa propre espèce, et du règne vivant en général, car il doit, s'il est rationnel, vouloir persister à être dans un monde vivable pour lui et pour ses proches.

Or la définition de ce bien - et c'est une leçon des derniers siècles, même si peu de gens encore la comprennent - ne peut être entendue que comme un bien global pour son espèce, c'est à dire en terme d'équilibres universels, qui accordent à chacun la plus grande part de liberté et de dignité, ce qui passe par un renforcement autant que possible (et là dessus on revient à Marx) de l'égalité. Ce bien ne peut être obtenu par des règles spirituelles que prônent les religions monothéistes ou le bouddhisme dans lesquelles à raison les marxistes ont vu des impasses, si elles ne se doublent d'une action concrète (au besoin, dans certains cas, d'une action violente). C'est en ce sens que, en vertu d'un paradoxe qui n'est qu'apparent, le combat contre les inégalités, contre les injustices planétaires, contre les logiques impériales, est le corrélat nécessaire du constat de l'isolement du règne vivant dans une galaxie minérale et du non-sens de son développement.

FD
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Des nouvelles du Cahier de L'Herne - Chomsky

3 Mars 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Actualité de mes publications

P1000207.JPGJ'ai reçu ce weekend les épreuves de ma contribution au Cahier de L'Herne sur Chomsky traduite en anglais. J'ai repéré une petite erreur de mon traducteur, mais aussi une grosse bourde que j'ai probablement laissée dans la version française publiée en 2006. Je vous laisse le soin de la découvrir, je n'en suis pas fier... 

J'espère que ce livre aura une meilleure carrière outre-Atlantique qu'en France où très peu de gens ont pris la peine de le lire, de le commenter, le Centre National du Livre ayant même refusé de le subventionner, ce qui est rare pour les livres de  cette collection. En France il vaut toujours mieux être dans le camp de BHL que dans celui de Chomsky...
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