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Le blog de Frédéric Delorca

Sérénissime

31 Décembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca

Vous avez toujours rêvé de descendre le grand canal de Venise en compagnie du camarade Delorca à bord d'un vaporetto sans jamais oser le lui demander. Grâce à You Tube, vous pouvez désormais le faire "virtuellement" comme lui-même le fit "réellement" il y a deux jours.

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"Les orgueilleux" d'Y. Allégret (1953)

27 Décembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Cinéma

J'ai déjà évoqué dans ces pages le vieux cinéma français à travers Grémillon. Il me semble que je pourrais dire un mot du film d'Yves Allégret "Les orgueilleux" diffusé par France 5, un film qui fut très primé à Venise en 1953. J'avoue que j'ai été surpris par diverses scènes de ce film qui se passe au Mexique, notamment la manière dont le réalisateur amène les scènes de Michèle Morgan avec le ventilateur, du glaçon, la manière dont tentative de viol et scène d'amour courtois s'enchaînent. La fiche Wikipedia insiste sur l'influence de Bunuel et sur le fait que Sartre a écrit la pièce de théâtre à la base du scénario (Typhus). Un dictionnaire du cinéma rappelle surtout qu'Allégret était surréaliste et trotskyste et que le film doit plus à cet univers là et au réalisme noir qu'à celui de l'existentialisme. La critique sociale de la bourgeoisie et de la religion y est aussi forte.

L'affiche laisse entendre que le film a surfé commercialement aussi bien sur les succès de Sartre, de M. Morgan et de G. Philippe auprès du grand public. C'était le temps où recherche artistique et succès commercial n'étaient pas incompatibles entre eux.

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Les votes de l'ONU sur Israël et sur le Sud-Soudan

25 Décembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Colonialisme-impérialisme

Je me garderai bien aujourd'hui de commenter la résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU par laquelle Obama a laissé la totalité des autres membres du conseil de sécurité condamner les installations israéliennes en Cisjordanie. Je veux me livrer à une réflexion de fond sur le conflit israélo-palestinien autre que la vulgate anti-colonialiste habituelle. Donc je veux me donner le temps d'y penser, de lire, d'écrire pour moi-même à ce sujet. Rien n'est plus absurde que la dictature de l'actualité dans ce domaine.

Je suis  plus intrigué en ce moment par le vote du Conseil de Sécurité sur le Sud-Soudan (Etat qui, comme le Kosovo, est une création des néo-conservateurs américains). Si M. Obama s'est aligné sur le Tiers-Monde sur la Palestine, il est vaincu par le Tiers-Monde sur le dossier sud-soudanais. Washington voulait faire voter un embargo sur les ventes d'armes à ce pays, comme il l'avait fait sur la Bosnie dans les années 1990. L'idée peut sembler de bon sens : éviter les massacres de civils déjà fort abondants, mais comme toujours avec l'impérialisme occidental, le projet de résolution allait bien loin puisqu'il prévoyait également des sanctions contre le chef des rebelles Riek Machar, le chef de l'armée Paul Malong et le ministre de l'Information Michael Makuei .

La Russie était contre et l'a fait savoir. Au bout du compte la résolution est rejetée : l'initiative américaine a été soutenue par le Royaume-Uni et la France mais la Russie, la Chine, le Japon, la Malaisie, le Venezuela et trois pays africains - Angola, Egypte, Sénégal - (huit pays) se sont abstenus. Les ONG interventionnistes comme Human Rights Watch soutenaient ce projet de résolution. Le Japon, qui participe à la mission onusienne au Soudan du Sud, a estimé que la résolution aurait attiré l'hostilité sur le gouvernement de Salva Kiir et mis les Casques bleus en danger. Les pays africain ont souligné qu'ils préféraient donner sa chance à la proposition de dialogue lancée par M. Kiir.

Cette défaite du lobby de l'ingérence est surprenante tant l'idéologie de la prévention du génocide et de la R4P (responsability for protection) qui avait provoqué la guerre en Libye, semblait puissante au sujet du Soudan. Il est vrai qu'elle avait été tenue en échec l'été dernier à propos du Burundi, et peut-être les négociations au Congo RDC en ce moment marquent-elles aussi l'échec des moralisateurs toujours prompts à verser de l'huile sur le feu. Mais il est vrai que, malgré les paroles agressives de l'ambassadrice américaine de Samantha Power (on pourrait faire un florilège de l'agressivité outrancière de cette ambassadrice sous le mandant d'Obama du dossier syrien à celui de l'Ukraine), ce n'est qu'une défaite pour elle qu'en raison de l'abstention des autres, il n'y a pas eu de vote contre, et c'est plus le timing de l'ingérence qui est mis en cause que (pour ce qui concerne les sanctions ciblées) son principe même.

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Petit retour sur la révolution sexuelle russe, les intox de V. Poutine et de Mme Le Pen

22 Décembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Divers histoire

Du temps où j'étais moralement un peu paumé (en 2012), j'ai pondu quelques billets sur Alexandra Kollontaï et la révolution sexuelle russe, notamment ici et ici.

Le journal Lenta fait un retour intéressant sur cette question qui a été largement explorée par W. Reich. Il interviewe à ce sujet l'historien Alexander Rozhkov qui souligne que les sentiments résistaient dans les communes estudiantines où le dévouement sexuel le plus dépourvu de sentiments était imposé comme mot d'ordre, de sorte que les couples amoureux étaient expulsés, et que dans les années 20 le viol est devenu un phénomène de masse. Rien qui puisse rendre sympathiques ces expérimentations.

de mon côté, je trouve des mots justes sous la plume de la journaliste libertaire Marcelle Capy dans la revue La Femme de France du 26 août 1934 qui analyse la position de Kollontaï pour l'amour libre comme correspondant à la phase négative de la révolution, celle de la guerre civile où l'on ne pense qu'à détruire. A ce moment là l'idée que "faire l'amour pouvait être aussi facile que prendre un verre d'eau", avait du succès, mais Lénine lui-même avait remarqué que, dans des conditions normales, on ne boit pas dans "un verre dont le bord a été sali par de nombreuses bouches". La stabilisation était inévitable, note-t-elle, et la "militarisation du travail" sous Staline devait y contribuer.

Voilà qui devrait rassurer les conservateurs qui redoutent aujourd'hui que l'Occident bascule dans la pire licence sexuelle. J'observe qu'en ce moment le président russe Vladimir Poutine lui-même contribue à ce procès des mœurs occidentales.  Lors d'une réunion du Conseil pour les relations interethniques dans la ville russe d’Astrakhan, le 31 octobre dernier, il a condamné le fait qu'en avril, un faux réfugié (en fait migrant économique, son père est businessman en Suède) irakien de 20 ans, qui a été accusé d’avoir violé un garçon de 10 ans dans le vestiaire d'une piscine le 2 décembre 2015 à Vienne, aurait été partiellement relaxé à cause d’informations incomplètes sur l’incident. « Le tribunal l’a acquitté pour deux raisons: il ne parle pas la langue du pays et n’a pas compris que le garçon ne voulait pas (d’être violé) ». Or il s'agit largement d'une intox : le type avait prétendu ne pas avoir compris, mais il a bien été condamné à six ans de prison en première instance, et la condamnation en appel le 14 décembre dernier a porté la peine à 7 ans, de sorte que l'argumentation du criminel n'a pas du tout été retenue par les juges. L'intox de Poutine est digne de la propagande soviétique sur l'Occident il y a 50 ans. Ce qui n'empêche pas la presse conservatrice de reprendre sur YouTube les déclarations de Poutine sur cette affaire.

Intox comparable, Mme Le Pen il y a un an dans la vidéo ici qui, en minute 8'48 à 8'54 introduit avec une rhétorique d'avocate une confusion pour prouver que le chiffre de l'immigration économique légale n'est pas de 30 000 par ans. Est-il possible de faire de la politique sans intox ?

 

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Le goudron et les plumes

22 Décembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi, #Le quotidien

On paye souvent ses dons d'une manière ou d'une autre. Moi, depuis mon enfance, je paye les miens par le fait d'avoir une tête à me faire rouler dans la farine en permanence par les gens que je croise. Une médium algérienne avait dit à une mienne amie ivoirienne en 2015 : "les gens le trahissent tout le temps". C'est peu dire. Ils me prennent pour un abruti, me marchent dessus avec la meilleure conscience du monde comme ce vieux crétin à l'aéroport avant hier qui, lorsque je lui fis remarquer qu'il faisait rouler sa valise sur mon pied, me rétorqua avec une suffisance parfaite : "Votre pied fonctionne très bien". Dans ce beau pays où la malveillance règne qu'est la France, tout cela est monnaie courante pour moi. Plus les gens sont minables, stupides et puants, plus ils pensent pouvoir me traiter avec mépris, se poser en souverains sur ma personne. Et il ne sert à rien que je cherche à les rabrouer : ils resteront toujours convaincus que tout leur est permis à mon égard, depuis cette employée de mon éditeur en 2006 qui s'est autorisée (sans m'en avertir et en me faisant croire au contraire qu'elle l'avait fait) à ne pas envoyer par la poste les 40 exemplaires de l'Atlas alternatif que j'étais allé spécialement mettre sous enveloppe dans son bureau, en rédigeant les adresses pour chacun des contributeurs (ce qui a complètement gâché la dynamique collective autour du livre), jusqu'à mon ancienne secrétaire qui, en novembre, s'engageait à me recontacter pour aider les Yézidis, puis a depuis lors fait la morte, en passant par les abrutis qui se sont répandus en insultes anonymes sur le Net (bon, ça vous allez me dire que c'est normal), mes chefs qui me collent des permanences aux dates qui m'arrangent le moins au mépris des règles qu'ils avaient initialement fixées etc. Et, bien sûr, l'offense à mon égard n'est pas l'apanage des nuls. Pour les deux ouvrages collectifs que j'ai dirigés, j'ai trouvé le moyen de choisir des préfaciers qui jamais n'ont soutenu ces livres bien que leur nom figurât sur la couverture (je me demande qui dans le monde éditorial a débusqué des préfaciers aussi indifférents que les miens), et récemment encore un contributeur d'un de ces  deux livres collectifs, Nils Andersson, omet de le mentionner alors qu'il cite les autres ouvrages auxquels il a participé. Damnatio memoriae, railleries, entourloupes les plus fourbes sont mon lot depuis des décennies, au point qu'à mon âge on finit par ployer sous le souvenir de toutes ces méchancetés gratuites et marques de mépris en tout genre, et à fuir toute compagnie humaine.

Les chrétiens d'autrefois se consolaient de ce genre de malédiction en attendant une récompense dans l'au-delà. Tel n'est pas du tout mon cas. Je suis certain que tout cela est absolument sans remède. C'est pourquoi je répugne désormais à m'engager pour des causes, et à entreprendre quoi que ce soit. Je sais que mon appui n'est d'aucune utilité à personne car il attirera plutôt aux idées ou aux gens que je défendrai un surcroît d'opprobre et de dénigrement. Rester dans la position d'un commentateur désabusé et peu lu est encore la meilleure chose à laquelle je puisse aspirer dans une telle configuration.

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Ankara sans les Etats-Unis

21 Décembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient

Al Nosra a perdu l'aide turque et perd Alep du même coup. L'Occident quant à lui perd Ankara : les représentants d'Erdogan se réunissent avec les Iraniens et les Russes à Moscou sans le parrain américain. Astana au Kazakhstan devrait prochainement remplacer Genève comme capitale des négociations sur la Syrie. Ankara lâche les puissances du Golfe, Le Caire aussi. Mauvaise saison pour le wahhabisme. Erdogan se rapproche d'autant plus de Moscou que l'assassinat de l'ambassadeur russe hier est parfois excusé par la grande presse (le New York Daily News compare le meurtrier à celui qui tenta d'assassiner Hitler !). Il accuse même Gülen, et, en filigrane, l'OTAN, d'avoir commandité l'opération. Ajoutez à cela le fait que Pékin co-finance l'effort de guerre russe en Syrie et y installe une base navale : l'Occident est vraiment en train de tout perdre dans l'affaire syrienne.

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Leishmaniose dans les camps de réfugiés en Irak

21 Décembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Aide aux femmes yezidies

Il fait plutôt doux en Irak cette semaine dans la journée mais pas dans les montagnes de Sinjar où la neige est arrivée et une épidémie de leishmaniose se répand dans les camps de réfugiés. Une sale maladie  de trois ou quatre variétés transmise par des insectes des régions chaudes (elle existe d'ailleurs même dans le Sud de la France), qui provoque d'abord des lésions de la peau comme la lèpre difficiles à soigner, puis elle attaque les viscères et peut devenir mortelle. Les GIs américains l'ont appelée le "furoncle de Bagdad".

Adlay Kejjan, la directrice de l'Organisation des femmes américaines yazidies (Yazidi American Women Organization) m'écrit : "L'apparition de l'épidémie est très mauvaise nouvelle. Cela prend un an pour guérir tout seul quand on a une vie saine et de bonnes conditions d'hygiène et de nutrition. Mais beaucoup de gens meurent et dans le cas des Yazidis infectés, ils n'ont aucune chance dans leurs conditions de vie actuelles". Traiter un patient en Irak leur coûte 10 dollars. Ils ont en urgence 60 personnes à charge dans les camps. Vous pouvez leur envoyer de l'argent en euros par Paypal ici. Je transmets l'information à toutes fins utiles. Je peux aussi indiquer aux lecteurs de ce blog, s'ils le souhaitent, d'autres moyens d'aider les rescapés des griffes de Daech. Contactez moi.

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Alep, Bahrein, Brejnev

19 Décembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca

Toujours beaucoup de news contradictoires sur Alep en ce moment. On parle de pillages par l'armée du régime et ses alliés des milices, de remplacement de population par les Iraniens qui veulent y implanter des chiites de Kefraya (près d'idlib) - une logique de nettoyage ethno-religieux à la bosniaque en quelque sorte. La Russie dit vouloir protéger les déplacés et menace de bombarder quiconque attaque les convois, y compris ses alliés syriens et iraniens. Tout n'est pas vrai dans la propagande anti-iranienne et anti-Assad sur Alep (par exemple les Egyptien on arrêté des photographes qui montaient des fausses scènes de pillage d'Alep dans leur pays...) et tout n'est pas faux...

Un type écrit ironiquement sur Twitter : "La répression d'Assad à Alep est terrible : il pousse les femmes à se promener dans les rues sans voiles sur les cheveux pour tourmenter les "démocrates" ".

Le général Hossein Salami commandant adjoint des Gardiens de la Révolution iraniens pour sa part pérore : après Alep, le Yémen le Bahrein !

Bah mince alors ! que va-t-il se passer si la flotte américaine ne peut plus mouiller dans les eaux de Manama ? et si les princes saoudiens et les ingénieurs occidentaux ne peuvent plus y faire du tourisme sexuel ? Amusant commentaire d'un voyageur à propos de l'hôtel Gulf Gate en 2011 que l'hôtel n'a pas fait disparaître : "Guf Air m'a envoyé à cet hôtel car mon avion était retardé. J'arrive à 3 h 30 du matin. Au rez de chaussée une fille me racole dans le hall à la sortie de l'ascenseur. Deux autres frappent à ma porte quand j'entre dans ma chambre alors que je voulais juste dormir." Des Russes, des Philippines, des Thaïlandaises etc. "Leave me alone i'm a family man" comme dans la chanson de Mike Oldfield. "Le gouvernement a fait des efforts très modestes pour mener des enquêtes, engager des poursuites et condamner les responsables des traffics" notait cette année le département d'Etat américain cette année... Normal, quand ça rapporte... Le premier ministre anglais était à Manama hier. Elle a demandé que cesse la répression contre les chiites pro-iranien. Mais rien sur la prostitution.

Bien sûr il n'y a pas que sur le Proche Orient que l'on pourrait pleurer. Le taux du "fémicide" en Amérique latine fait froid dans le dos, et les horreurs de la guerre civile au Sud Soudan évoquent désormais celles de l'Est du Congo...

Bon, on se change les idées ? Petit flash back historique : c'est Lenta qui le dit : 50 % des Russes ont une opinion positive de Brejnev (dont on fête aujourd'hui le centenaire de la naissance), contre 16 % d'opinions négatives. Pas si mal somme toute. L'article ajoute que les opinions favorables seraient encore plus nombreuses si le SG de PCUS ne s'était pas accroché trop longtemps à son poste. On comprend que beaucoup d'Américains considèrent la Russie comme un pays encore communiste...

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Nils Andersson "Mémoire éclatée"

19 Décembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Lectures, #La gauche, #1950-75 : Auteurs et personnalités

Nils Andersson est une autorité morale de la gauche française et suisse, proche de la mouvance du Monde Diplomatique, connu notamment pour avoir publié en 1958 dans la maison d’édition qu’il dirigeait à l’époque La Question d’Henri Alleg.

L’ouvrage, dans un style élégant et paisible, promène le lecteur dans la Lausanne de l’enfance de l’auteur, dans la caserne de son service militaire en Suède (car il est né suédois et le restera toute sa vie)... Il commence par des témoignages intéressants sur la répression anti-communiste pendant la Guerre froide. Il expose la manière dont l’auteur lui-même fut classé à gauche par la police helvétique à un moment où il n’était pas encore engagé, il évoque l’appel au lynchage d’un historien de l’art communiste après l’invasion soviétique en Hongrie, la chasse aux sorcières contre les participants suisses au VIe festival de la jeunesse suisse en 1957. La persécution que subit l’auteur dans le cadre de son soutien aux militants du FLN algérien et à leurs alliés français s’inscrit dans le prolongement logique de cette intolérance de la société bien-pensante qui était comme une chape de plomb sur la jeunesse de l’époque. La suite est sur Parutions.com ici

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Etre pasteur évangélique en Inde et au Pakistan

17 Décembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Grundlegung zur Metaphysik

Un témoignage que je trouve très poignant, même d'un point de vue strictement humain (indépendamment même de la question de la foi).

 

Source : Assemblée de Dieu d'Antibes

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Le Pourim des Yézidis

16 Décembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Aide aux femmes yezidies, #Proche-Orient

Hier j'ai intitulé mon billet "Purimfesten" en référence aux procès de Nuremberg. Puis en me promenant sur Twitter, j'ai découvert qu'un peuple débutait son Pourim à lui : les Yézidis, qui commençaient leur fête annuelle du jeûne. On se souvient qu'Esther, dont Pourim est la fête, avait obtenu que le roi de perse suspende son projet de génocide grâce à son jeûne...

Les Yézidis, eux, ont de moins en moins de mal à faire reconnaître leur génocide. La journaliste Nareen Shammo est invitée en Espagne, en Suisse, au Luxembourg, et n'a plus à se plaindre, comme elle le faisait il y a quelques mois, de ce que seuls des particuliers tentaient de faire quelque chose. Bientôt sûrement des banquiers iront se faire photographier devant leur dieu-paon à Lalish, comme la baronne diiplomate Nicholson de Winterbourne il y a peu, et comme ce Sikh improbable Ravinder Singh fondateur de Khalsa Aid qui était parmi les réfugiés en octobre dernier en Irak. Cette notoriété permet aujourd'hui aux Yézidis de mettre en avant leur ressentiment contre le gouvernement de Barzani qui les a laissés tomber en 2014 (ils ne sont pas les seuls, voir la vidéo ci-dessous faite par des opposants kurdes) ou contre les pays du Golfe qui viennent de donner le prix de la meilleure fiction au film Tempête noire (Reseba) au festival du film international de Dubaï. Ils lui reprochent d'affirmer que les femmes violées ont été rejetées par leur communauté. Affirmation qui n'est pas à 100 % fausse (voir l'interview de Nurcan Baysal ici), mais qui généralise juste un peu trop les choses, comme le fait souvent la com' audiovisuelle.

 

Bon, après le clip sur Barzani, si vous avez envie de regarder un film de propagande plus rigolo il y a aussi cette vidéo-ci (enfin... rigolo... je pense que les Kurdes sous état de siège rigolent assez peu devant ce genre de truc).

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Purimfesten

15 Décembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Le quotidien, #Cinéma

Du temps où un type (un médium), à ma table, devina l'année de la mort de mon grand grand père et toutes sortes de détails sur mon enfance "au nom des esprits", c'est-à-dire au printemps 2014, je m'étais livré à des petits jeux de pistes sur ce blog, autour de la "statue de sel" qui avaient conduit certains de mes lecteurs à faire des commentaires spontanés qui avaient eu un impact très étrange sur mes relations avec mon entourage. Peu de temps après, le 30 septembre 2014, j'avais posté un billet sur l'actrice Irène Jacob et la "Double vie de Véronique". Six jours plus tard un fidèle lecteur de ce blog m'avouait qu'il était... le cousin germain d'Irène Jacob...

En ce moment je travaille sur le messianisme juif en lisant entre autres le livre (pas très bon ni très rigoureux, mais instructif pour un Béotien comme moi, car il a des sources intéressantes) d'un certain Youssef Hindi. Et cette semaine... je découvre qu'une jeune dame, cantatrice, qui est donc le double de la Véronique incarnée par Irène Jacob (qui était une histoire de double) s'est abonnée à mon blog (euh, quelle était la probabilité pour qu'une artiste en chant lyrique s'abonne à ce blog bassement politique)... et chante dans un opéra très lié à la thématique de mes lectures. Le nom de famille de la dame est celui d'un saint avec lequel un de mes aïeux espagnols, tertiaire franciscain, avait fait des rituels magiques comme il y en avait hélas trop dans l'Espagne catholique d'autrefois (j'ai découvert cela en septembre dernier)... Et le diminutif de son prénom est celui d'une journaliste qui anime une webTV... sur les médiums...

Et bien sûr, le rationalisme de bon aloi dans la société lettrée me commande de ne voir dans tout cela qu'une série de "coïncidences" amusantes... Mais comme je suis bête et indiscipliné, de mon côté je vais quand même garder mon petit fil conducteur à ce sujet dans un coin de ma tête...

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Alep : le retour des intellectuels à gages

15 Décembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Revue de presse

Les intellectuels à gages sont toujours là. Une prof dans un journal du soir accuse les "complotistes" d'être à l'origine du silence occidental sur Alep et un blog lié à ce même journal reproche à Trump d'installer un gouvernement d'oligarques "à la russe" (en oubliant de préciser que Poutine a beaucoup fait reculer le pouvoir des oligarques dans son pays, oligarques installés aux commandes à l'époque d'Eltsine qui était à l'époque l'enfant chéri de ce même journal du soir).

Personnellement, comme je l'ai dit dans mon post précédent, je ne connais pas l'ampleur de la répression à Alep. Je sais seulement que le coup du "vous êtes complice du plus grand massacre du siècle" adressé à tous ceux qui veulent éviter de jeter de l'huile sur le feu à l'égard de la Russie, on nous le fait à peu près sans arrêt depuis 1991, tandis qu'eux mêmes ne disent rien de massacres bien plus importants (les Irakiens tués par l'embargo puis les bombardements américains, les millions de congolais morts par nos armes, les Libyens massacrés à cause de notre ingérence etc). Donc la ficelle est un peu usée. Par ailleurs Assad a relevé pertinemment hier : "si vous n'aviez pas refusé d'envoyer des observateurs de l'ONU sur place quand je vous le demandais, vous en auriez maintenant pour vérifier s'il y a des massacres ou non". On peut faire la même remarque sur la diplomatie française. Comme l'avait dit le journaliste R. Labévière il y a quelque temps : si ce sot de Laurent Fabius avait gardé une présence diplomatique à Damas nous saurions mieux aujourd'hui ce qu'il se passe vraiment dans le pays. Franchement je ne suis pas un enthousiaste du régime baasiste, et personne ne l'est (pas même à Moscou), je crois, et j'ai d'ailleurs donné en leur temps, quand une voie de démocratisation semblait encore possible, la parole à des défenseurs de l'armée syrienne libre comme Piccinin. Mais aujourd'hui il n'y a plus d'alternatives, et comme beaucoup de victimes d'EI, je crois que tout le monde a intérêt maintenant à ce que l'armée du régime et ses alliés libèrent au plus vite Palmyre et Raqqah. Par ailleurs on sait bien aussi que cette guerre civile, comme toutes les guerres civiles, va donner lieu à des représailles des vainqueurs comme notre épuration de 1945 ou celle d'Espagne en 39. Le camp d'Assad n'échappera pas à cette règle hélas. Les lendemains de guerre ne sont jamais joyeux. Il faut maintenir une pression sur le régime syrien pour limiter les dégâts, certes, mais ceux qui ont gobé tous les mensonges du Qatar, de la Turquie, de Ryad, depuis cinq ans, ne sont pas qualifiés pour le faire. Qu'ils aient la décence de se taire, eux qui ont tant de sang sur les mains !

Je suis très fatigué par cette ardeur polémique d'enseignants minables qui croient détenir une vérité et sont prêts à tirer à vue sur quiconque veut apaiser les relations internationales. Certains sont des multirécidivistes. Est-il normal qu'un type qui a été condamné pour incitation à la haine raciale antiserbe dans les colonnes d'un journal du soir par la 17e chambre correctionnelle du TGI de Paris en 2000 ait encore des tribunes dans les grands journaux et soit invité dans l'émission "Un monde d'idées" de France Info ? Je ne suis pas hostile au fait que des gens condamnés puissent continuer à s'exprimer, mais il conviendrait au moins que ceux qui les invitent rappellent leur passif peu connus des auditeurs. Les médias ont la mémoire courte à l'égard de leurs sbires, mais pas moi.

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Alep, Snowden, Assange

14 Décembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Colonialisme-impérialisme, #Cinéma

Est-il vrai qu'à Alep-Est les soldats du régime d'Assad liquident des gens dans leurs propres maisons comme le soutiennent des opposants sur le Net ? Depuis 2011 en Syrie la guerre des propagandes fait rage. On ne doit pas croire les médias occidentaux, mais on ne doit pas non plus faire une confiance aveugle aux médias russes et à leurs alliés. Comme je l'ai indiqué dans mon livre "Au coeur des mouvements anti-guerre", je n'ai pas de contacts directs en Syrie comme j'ai pu en avoir en Serbie ou ailleurs. Donc je me garde bien de prétendre connaître, comme le font nos médias, la vérité sur chaque aspect de cette sale guerre. Quand les Occidentaux ont monté de toutes pièces le massacre de la Goutha pour déclencher leur ingérence, j'ai mentionné sur le blog de l'Atlas alternatif l'excellente contre-enquête de Seymour Hersh qui a démasqué la supercherie. Mais sur Alep je n'ai aucune vérité pré-établie : les 80 000 personnes confinées dans les derniers quartiers tenus par les islamistes sont-elles des "opposants" ou des "boucliers humains" et dans quelle proportion ? Je n'en sais fichtre rien.

Tout ce que je sais c'est que ce sont les Turcs et non Assad qui ont empêché nos parlementaires d'aller voir. Et qu'il y a beaucoup de pharisaïsme dans tout cela. Pour ne parler que de la Turquie : " Si seulement les Turcs qui manifestent pour Alep, écrivait hier sur Twitter la journaliste Aylina Kilic, élevaient une toute petite voix en faveur des Kurdes qui ont la même citoyenneté qu'eux. Plus de 150 personnes tuées dans les caves de Cizre". On peut dire la même chose du silence assourdissant de nos politiques (sauf Asensi du Front de Gauche lors du débat sur le génocide des minorités à l'Assemblée) à propos de la destruction du Yémen...

Je souhaite au peuple syrien que la guerre se termine rapidement et à nos peuples qu'ils évincent au plus vite les politiciens qui ont entretenu cette guerre, comme le peuple américain l'a fait.

Hier soir je suis allé voir le film "Snowden" d'Oliver Stone. Un fort bon petit morceau de cinéma.

 

Il paraît que Stone prépare un film sur l'Euromaidan ukrainien. J'ai hâte qu'il sorte. Sauf que peut-être le jour où il sortira je serai un SDF qui ne pourra pas se payer sa place de cinoche, car je suis vraiment écoeuré par mon taff, et comme mon téléphone ne sonne jamais et personne ne me propose jamais rien (n'est ce pas mes chers éditeurs et tous les gens que j'ai embarqués avec moi à bord de mes blogs, de mes livres collectifs, tel ou tel que j'ai aidés à se faire connaître de telle ou telle "figure de proue" du microscopique monde des "résistants" ?), c'est bien ainsi que tout cela se finira sans doute.

Si vous comprenez l'anglais vous pouvez regarder cette interview récente de Snowden où il parle notamment de Trump (qui avait demandé sa mort).

 

Si vous comprenez l'anglais regardez aussi cet entretien entre deux grands combattants de la liberté d'expression de notre époque : John Pilger et Julian Assange.

 

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Débats

12 Décembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Lectures, #Billets divers de Delorca, #Débats chez les "résistants"

J'ai tenté ce weekend d'écrire un mot sur les débats à coups de poings qu'on voit à l'extrême droite, sur tous ces gens qui font des vidéos sur You Tube pour un oui pour un non, pour commenter telle polémique, faire de la polémique à leur tour. J'ai fait un premier jet, puis je l'ai retiré. Difficile de trouver le temps de commenter sur un mode approprié ces choses à la fois dérisoires et cependant inquiétantes car on pressent car cela ne va faire qu'empirer. Tout cela est microcosmique, virtuel, des trucs de geeks, un peu comme cette manie qui scotche les jeunes Japonais à leurs mangas et les empêche de se marier et de se reproduire. L'abîme diabolique du virtuel.

Certains essaient de sortir de la spirale descendante en lisant quelques livres et en se constituant une doctrine. Effort méritoire, mais qui repose souvent sur peu de choses. Je songe à cet Etienne Chouard qui "découvrait" en direct devant ses auditeurs Rousseau et Alain, ou encore dix ans plus tard, aujourd'hui, ce Salim Laibi dont je regarde une ou deux vidéos sur le Net et qui ne jure que par "La Cité d'Isis", livre des années 70 dont il serait aisé de démontrer tout ce qu'il a d'outrancier et de faux. Ces gens ont du mérite d'essayer de lire un peu, mais ils ont le tort d'aller tout de suite parler sur le Net après la lecture du premier livre. Au lieu de passer modestement des années à potasser dans le silence et l'ingrate solitude des centaines d'ouvrages ! Cela stériliserait trop leur audace me dira-t-on. Mais s'ils n'en lisent pas 200 au moins qu'ils en lisent 30. Que celui qui veut ressortir Alain ou la Cité d'Isis prenne au moins le temps de lire 5 livres qui vont en sens inverse de sa nouvelle trouvaille. Ainsi ils n'égareront pas 20 000 ou 50 000 spectateurs de la vidéo, qui, encore moins portés sur la lecture qu'eux, boiront leurs paroles juste parce qu'ils semblent révéler des vérités cachées.

Mais je ne jette la pierre à personne, bien sûr. Chacun fait ce qu'il peut avec ce qu'il a. Et si les gens plus diplômés avaient eu le courage de ne pas cautionner les guerres néo-coloniales, de ne pas passer sous silence l'action des lobbies (franc-maçonnerie, labos pharmaceutiques etc), on ne s'en remettrait pas aujourd'hui avec autant de confiance aux demi-habiles, comme disait Pascal. Nous sommes tous coupables. Si Onfray dans son université populaire affrontait les sujets qu'abordent Etienne Chouart et Salim Laibi. S'il le faisait lui aussi avec plus de subtilité que son manichéisme égocentré, sans ses petites marottes libertaires athées à deux balles... Bref... passons.

Pendant ce temps Daech reprend Palmyre, la Turquie est au bord du gouffre, Trump nous prépare des cocktails invraisemblables (pro-russe, anti-chinois, une dose de Goldman Sachs, une dose de néo-conservatisme, une dose de patron d'Exxon Mobil pour neutraliser les précédents etc), et Macron fait des exercices de cordes vocales devant des salles combles, avec l'argent d'on ne sait qui... Tout va tout va tout va bien...

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