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Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #le monde autour de nous tag

Syrie-Irak, Yémen, Ukraine

23 Février 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Proche-Orient, #Peuples d'Europe et UE, #Le monde autour de nous

On va parler aujourd'hui, comme cela arrive souvent sur ce blog, de trois guerres dans lesquelles nos alliés sont impliquées et dans lesquelles nos silences ne sont pas glorieux.

- Guerre de Syrie-Irak

Les troupes gouvernementales irakiennes ont pris l'aéroport de Mossoul aujourd'hui et les troupes syriennes avancent vers Raqqa.

Oui, mais voilà ... Ce n'est pas une guerre propre...

Comme vient de l'exposer l'ex contributeur de l'Atlas alternatif Vijay Prashad sur Alternet.org, lundi dernier, le 20 février, la coalition occidentale a bombardé la zone résidentielle al-Shefaa, à l'Est de Mossoul. Plusieurs dizaines de civils sont morts. Selon Airwars la coalition occidentale a tué entre 2 400 et 3 500 personnes en Irak et Syrie depuis 2014, deux fois plus que les jets russes (évidemment nos médias achetés par l'industrie de l'armement occidentale ne parle que des dommages provoqués par les Russes).

Vijay Prashad relance à juste titre le débat sur l'utilisation en Syrie des armes à uranium appauvri que l'on avait déjà largement évoquée pendant la guerre de Serbie et celle contre Saddam Hussein, et contre la résistance irakienne à Fallujah (ce Guernica sans Picasso comme avait dit un proche de l'équipe de l'Atlas alternatif) sous la férule de l'actuel secrétaire à la défense de Trump autrefois général James Mattis, car cet usage développe ensuite des cancers dans la population. Prashad souligne que l'utilisaton de bombes incendiaires par les bombardiers A-10 pourrait suffire.

Tout cela est abstrait pour vous qui préférez vous intéresser au soutien de Bayrou à Macron ? Pensez alors à l'artiste Nuha al-Radi morte de leucémie en 2004 qui avait dénoncé les effets cancérigènes des bombes occidentales à Bagdad.
 

La crise de Mossoul a provoqué la fuite de 160 000 personnes qui vivent dans des conditions très précaires, et les 750 000 restées sur place souffrent encore plus.

Erdogan à qui Trump rendra visite prochainement a négocié avec Daech son retrait d'Al-Bab en Syrie, mais son objectif réel y est d'abattre les Kurdes du YPG (qui ont rencontré un adjoint du secrétaire à la défense américain) et installer des zones de sécurité peuplées par des Turkmènes.

La politique d'accueil des réfugiés ne suit pas. Je ne parle pas seulement des réfugiés musulmans qui sont nombreux et pour lesquels certains évoquent le risque qu'il y ait des agents infiltrés de Daech parmi eux, mais aussi d'une petite minorité alliée (d'un point de vue géopolitique) à l'Occident (et aux chrétiens d'Orient) comme les Yézidis. Le Canada en accueille 1 200, l'Allemagne en refoule 2 800 au motif qu'ils sont en sécurité au Kurdistan irakien (sans doute ce jugement correspond-il à des impératifs diplomatiques avec Barzani). Sauf qu'au Kurdistan irakiens on refuse leur retour à Sinjar et ils sont entassés dans des camps du HCR où sévit la leishmaniose. 26 psychiatres seulement y soignent les rescapées de l'esclavage de Daech (le bade Wrutemberg en soigne mille dans de meilleurs conditions semble-t-il) tandis que 3 000 sont encore captives avec leurs enfants.

- Guerre du Yémen

Margaret Ferrier, députée du Parti national écossais, se bat depuis 201- pour instaurer un embargo sur les armes (question : quel député fait cela en France) et se bat contre l'usage par nos "amis" saoudiens des bombes à fragmentations dont on se souvient des méfaits qu'elles causèrent sur le marché de Nis en Serbie (entre autres) en 1999... Le ministre de la défense Michael Fallon lui a répondu cette semaine que son administration enquête sur 257 allégations de crimes de guerre de la coalition saoudienne dans ce pays. Au même moment ont apprend que la Royal Air Force aide les saoudiens à utiliser les missiles Paveway IV qu'elle leur vend, des missiles fabriqués en Ecosse, à Fife. Marché profitable pour la firme britannique qui a signé un contrat de 130 millions de livres avec les Saoudiens pour la livraison de ces miissiles. Une belle vitrine pour l'industrie de l'armement occidentale : les F-15, Tornados et Eurofighter Typhoons vendus à l'Arabie saoudite par les Britanniques et les Américains sont par exemple responsable d'une boucherie de civils survenue dans le quartier résidentiel de Mokha le 24 juillet 2016, selon une enquête d'Amnesty international. Mokha fut le principal port yéménite avant la conquête anglaise, un marché au café qui donna le nom au café mocha chanté par Gotainer...

La France n'est pas complètement en reste d'ailleurs car elle a vendu des chars Leclerc aux Saoudiens à l'initiative de MM. Fabius et Hollande. Un char est censé cibler plus directement les courageuses forces militaires de la résistance nationale yéménite. Cela fait moins laid à l'écran que les massacres de civils... Mais qui sait si nos Leclerc ne pilonnent pas aussi des maisons ?

19 millions de personnes sur les 27 que compte le pays ont besoin de secours humanitaire dans ce pays chaque jour. Le gouvernement pro-américain ayant transféré la banque centrale à Aden, la résistance nationale et les houtis qui tiennent la capitale Sanaa ne peuvent pas aider la population en recourant à des importations.

- Guerre du Donbass/Ukraine

Enfin, si vous voulez comprendre ce que le régime féodal putschiste de Kiev allié à l'Union européenne fait dans le Donbass et dans le reste de l'Ukraine, voyez les vidéos sur You Tube sous-titrées en français tournées par de simples citoyens ou des journalistes ukrainiens en exil ou réprimés comme Arthur Senko, Rouslan Kotsaba ou Anatoly Shary (dont nos "journalistes" n'ont jamais parlé).
Dans une, Shary explique comment l'Ukraine, contre une aide dérisoire de 300 millions d'euros, a dû renoncer à l'interdiction d'exporter le bois de ses forêts vers l'Union européenne : de l'exploitation néo-coloniale pure et simple. Ce n'est pas de la propagande russe : Shary montre la vidéo où Juncker reconnaît que ce renoncement faisait partie de la négociation. Ici Senko dénonce les arrestations abusives sur la base de la loi antiterroriste. Voyez aussi le témoignage de la juriste Tetiana Montian au parlement européen ci-dessous.

Bon maintenant vous savez... N'hésitez pas à interpeler vos élus, vos députés sur ces sujets...

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Le malaise du Biafra et la guerre de religion au Nigéria

29 Janvier 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

L'apôtre John Suleiman appelle les chrétiens à l'auto-défense armée face à Boko Haram. Les services de sécurité fédéraux l'ont convoqué hier. Un leader spirituel musulman, le sultan de Sokoto avait demandé son arrestation. D'autres prédicateurs chrétiens avaient pourtant eux-aussi tenu le même genre de discours que John Suleiman. Il est vrai que ce Suleiman va peut-être un peu plus loin que les autres. En 2016, quand des villageois chrétiens de l'Etat de Kaduna ont été massacrés par les éleveurs peuls musulmans (fulani), John Suleiman avait prophétisé que le gouverneur Nasir El-Rufai mourrait sous quatre jours.

Le journal biafrais Biafra Telegraph s'indigne de l'impunité des fondamentalistes musulmans au Nigeria, et du refus du premier ministre britannique de s'engager pour les chrétiens persécutés dans ce pays, tandis que les militants du mouvement indépendantiste Peuple indigène du Boafra (IPOB) dont 20 membres furent tués le 20 janvier lors de leur manifestation pro-Trump sont inculpés de complot contre l'Etat devant une cour de Port Harcourt (le grand port pétrolier du Sud-Est); Leur procès a été ajourné jusqu'à demain. Ils sont 38.

Le leader de l'IPOB et directeur de Radio Biafra Mazi Nnamdi Kanu reste emprisonné et encourt la prison à perpétuité. Des médias britanniques ont affirmé que les journalistes étrangers ont été interdit d'accès à son procès qui a eu lieu début janvier devant la cour fédérale d'Abuja. Le Gatestone institute (un think mainstream) avait tenté d'attirer l'attention l'an dernier sur le Biafra, et vanté l'action d'Amnesty International qui serait, selon cet instut, la seule ONG à s'intéresser à la répression anti-biafraise (notamment à l'assassinat de manifestants d l'IPOB en mai 2016 et les arrestations et tortures éxtrajudiciaires).

Conscient de la montée des revendications biafraises, l'ex-président nigérian Obasanjo a reconnu que les Igbos (l'ethnie du Biafra) devraient pouvoir accéder à la présidence du pays en 2019, mais en même temps a soutenu pour cette date la candidature de leur principal ennemi, l'actuel président Muhammadu Buhari. Celui-ci, sympathisant de la charia, n'a cessé depuis deux ans de discriminer les Igbos dans les nominations à la tête de l'Etat comme dans les investissements publics. Une discrimination qui ne fait que favoriser l'indépendantisme.

L'instabilité générale du pays plaide aussi dans ce sens. Certaines régions du Nigéria sont au bord du chaos en ce moment sous l'empire de l'extrémisme des fondamentalistes musulmans. A Kano, au nord du pays, une femme kamikaze qui  portait un bébé sur son dos s'est fait exploser le 13 janvier. Dans cette ville les meurtriers de la commerçante chrétienne igbo (originaire donc du Biafra) Bridget Agbahime, 72 ans (à qui des jeunes musulmans avaient coupé la tête à cette femme de pasteur parce qu'elle avait demandé à un d'entre eux de faire ses ablutions loin de son commerce) ont été libérés...

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Justice ou injustice : des Kurdes au Botswana...

29 Janvier 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Le monde autour de nous, #La gauche, #Peuples d'Europe et UE

Justice divine, justice terrestre... Moi qui travaille beaucoup sur l'histoire des religions en ce moment, je ne peux manquer de m'interroger sur l'articulation entre les deux. Prenez les Kurdes : du point de vue terrestre leurs cause paraît juste, et d'autant plus depuis qu'ils remportent de belles victoires militaires contre Daech. Pourtant bien des éléments les condamne au regard des textes sacrés. Leurs sites sur Internet à la gloire de Marx ont des liens avec des sites pornos (si si, j'ai vu ça il y a huit jours !). L'activiste Nurcan Baysal (dont on a déjà parlé ici) écrivait la semaine dernière sur le site T24 un billet contre l'atteinte au patrimoine historique de la capitale du Kurdistan turc Dyarbekir / Amed que représenterait le projet d'Erdogan de réaménager la ville à la mode ottomane. L'article défend les statues assyriennes de lions à tête humaine, tout comme beaucoup de sites kurdes irakiens prônent le retour au zoroastrisme. Voilà qui place Erdogan dans le sillage abrahamique et les Kurdes dans le camp de l'idolâtrie... Tout comme la promesse de Mélenchon d'inscrire le droit à l'avortement dans la constitution ne doit pas le placer très haut dans l'échelle de la justice divine, c'est le moins qu'on puisse dire, même si sa défense des pauvres le situe haut dans la justice terrestre... Cela me rappelle les mots de Claudel qui reconnaissait dans son journal que les bolchéviques malgré leurs horreurs anti-chrétiennes avaient au moins rêglé son compte au démon de l'argent comme le catholicisme n'avait jamais pu le faire...

Notez que, du point de vue de la seule justice terrestre elle-même, on peine aussi à faire la part du bon et du mauvais. Prenez la cause sahraouie. Le Maroc qui a quitté l'Union africaine (ou son ancêtre) en 1984 à cause de cette question postule à une réintégration malgré l'hostilité de l'Algérie et de l'Afrique du Sud. Est-ce une cause juste ? Presque tous les Marocains pensent de bonne foi que les Sahraouis ne sont pas un peuple, comme les Israéliens considèrent que les Palestiniens n'en sont pas un. Qu'est-ce qu'un peuple ? Les Californiens allergiques à Trump prétendent de plus en plus en être un et l'on parle de sécession à San Francisco. Le patron de Facebook qui a exproprié des indigènes d'Hawaï avait l'air de ne pas considérés les pactes ancestraux qui régissaient leurs terres comme émanant d'un "peuple" sujet de droit...

Question complexe que celle du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Bertrand Russell dans un livre d'histoire des idées, rappelait que Wilson n'avait pas été jusqu'à le reconnaître aux habitants d'un quartier qui prétendaient faire sécession de leur pays pour ne plus y payer d'impôts... Cette semaine le Petit Quotidien, journal pour les enfants, bourre le crâne de nos chères petites têtes blondes en faisant sa "une" sur une info de la plus haute importance "un cerf mange du maïs dans une forêt au Kosovo". Le seul but de l'info apparemment est d'apprendre aux enfants où se trouve le Kosovo et leur faire croire que c'est bien un Etat. Promis si vous m'élisez président un jour j'obligerai le Petit Quotidien à faire se "Une" sur les belettes de Transnistrie...

En parlant de Transnistrie, avez-vous vu que le nouveau président socialiste moldave dont on a déjà parlé dans ces pages, en visite à Moscou cette semaine, laisse entendre qu'il pourrait dénoncer le traité d'association avec l'Union européenne en 2018 après les élections législatives ? La Moldavie regarde vers l'Est, Trump dénonce le traité trans-pacifique et soutient le Brexit, le Kenya s'apprête à emboiter le pas de la Gambie, du Burundi et de l'Afrique du Sud dans le retrait de la cour pénale internationale (CPI). Les institutions transnationales pro-occidentales ont du plomb dans l'aile. Même si Soros arrivait à renverser Trump ou Poutine il n'est pas sûr que cela suffirait à inverser la tendance.

Bien sûr ce n'est pas parce que l'on dynamite ces bureaucraties ou ces clubs inféodés à l'oligarchie que le monde ira mieux. La manie des murs des populistes au pouvoir à Washington et à Budapest n'annonce pas forcément des lendemains meilleurs pour l'humanité, bien au contraire. Mais on ne sait plus à quelle info se fier pour l'évaluation des bienfaits des politiques publiques. Un institut privé cette semaine publie un palmarès de la corruption et prétend que les régimes populistes nationalistes sont plus atteints par ce fléau que les pays sous contrôle des organismes internationaux. Elle explique qu'en Afrique le pays le plus vertueux est le Botswana... Comme par hasard c'est "l'élève" le plus pro-occidental du continent avec le Sénégal (notamment sur la question de la coopération internationale). Pour savoir si le Botswana est vraiment très intègre et si les régimes "populistes" ne le sont pas, il faudrait peut-être savoir si Soros (ou un de ses semblables) a financé ce palmarès. Mais même si le palmarès est acheté (donc corrompu) est-il faux pour autant ? De même un régime réputé corrompu comme celui de la Biélorussie (dont les syndicats étaient en visite à Cuba cette semaine) est-il nécessairement injuste alors qu'il maintient, par exemple, des niveaux de loyer très bas pour les pauvres ?

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Montenegro, Trump, néo-paganisme de droite, douma russe, Biafra

22 Janvier 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Revue de presse, #Le monde autour de nous, #Peuples d'Europe et UE, #Colonialisme-impérialisme

Un très bon article, drôle et pertinent, du reaganien Doug Bandow sur l'inutilité d'ajouter la dictature monténégrine (dont l'armée compte 2 000 hommes) à la liste des membres de l' "OTAN obsolète".

Bon à part ça, croyez vous que les "pro-Trump bikers" (ça fait penser aux supporters des clubs de foot autrefois en ex-Yougoslavie) vont affronter les femmes qui manifestent derrière Madonna contre le nouveau président ? Des sites nous disent que les manifestants pro-démocrates sont payés par Soros, ce que je ne crois pas trop, même s'il est vrai que Soros (avec son club d'amis dans les milieux médiatiques) veut la peau de Trump comme il veut celle du Brexit. Et Trump a des problèmes pour trouver des ambassadeurs... et même pour faire accepter son nouveau directeur de la CIA. Dilemme de toutes les révolutions populaires. Si vous ne voulez pas des amis de Jacques Attali à la tête de l'Etat (comme chez nous M. Macron) la pénurie des cadres risque de créer un vide politique...

Entendu sur le Net une interview du chef des jeunes du FN sur Onfray par hasard hier. Déjà s'abaisser à dialoguer avec Onfray n'est pas très bon, et le jeune homme ne le faisait pas brillamment. En se réclamant de Nietzsche il insistait sur le fait que le christianisme ne doit rien au judaïsme. Heum heum... non seulement cela n'est pas vrai, mais en plus on voit bien à quel genre d'héritage chrétien (néo-païen en fait) cela veut nous rattacher. Un héritage a-moraliste qui rêve de brumes scandinaves et brûle les dissidents. Pas terrible. Le versant chrétien et le versant athée du FN doivent se rejoindre quelque part en ce point de néo-paganisme qui n'annonce pas des lendemains qui chantent...

J'ai lu dans L'Humanité hier que la Douma russe venait de "dé-criminaliser" à l'unanimité les violences conjugales à l'initiative de la même présidente de commission qui avait fait passer une loi anti propagande LGBT l'an dernier. J'ai beau trouver beaucoup d'avantages à la famille traditionnelle ainsi que, plus généralement, au classicisme, comme "moindre mal", je ne suis pas sûr que ce coup de pouce à l'alcoolisme des pères de familles violents soit une très bonne idée et je suis triste de voir si bien fonctionner la dialectique entre d'un côté le parti de Wallstreet avec ses causes sociétales, et de l'autre, les résistances nationales avec leur logique machiste. Quel dommage que nous n'ayons pas un troisième parti ! Chavez avait réussi, en défendant son pays tout en promouvant les droits des femmes. Mais le sujet est profondément complexe (et pourri par les démons). La liberté personnelle (l'émancipation des dissidents, des minorités, du sexe opprimé) favorise toutes les violences, l'anarchie, la fin des Etats, sa répression favorise d'autres violences institutionnelles qui minent tout autant l'ordre social. L'humain est un animal politique (zoon politikon) ingérable. Les Turcs en savent quelque chose en ce moment... Et pas seulement eux.

Après les Kurdes, les Biafrais nigérians crient "Vive Trump !" (et se font tirer dessus par l'armée nigériane) - le président nigérian a versé 500 millions de dollars pour la campagne de Mme Clinton. Je doute qu'en France quelque nouveau Malraux rêve de voler à leur secours comme dans les années 60. Peut-être le berger béarnais Jean Lassalle ? Bon, c'était juste pour rire un peu...

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Etre pasteur évangélique en Inde et au Pakistan

17 Décembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Grundlegung zur Metaphysik

Un témoignage que je trouve très poignant, même d'un point de vue strictement humain (indépendamment même de la question de la foi).

 

Source : Assemblée de Dieu d'Antibes

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Mensonges et racisme

19 Novembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Le quotidien

Parutions.com m'a adressé les mémoires de Nils Andersson, je vais en écrire la recension. Nils est un des rares anti-impérialistes dont je garde un bon souvenir. Un homme vraiment honnête qui ne s'est pas laissé emporter par l'hystérie d'Internet et la vanité de se répondre en interviews prétentieuses sur le Net. Il faut dire qu'il avait derrière lui un background un peu plus important que les causeurs des années 2000, ayant dénoncé la torture et aidé le tiersmondisme à une époque où l'on risquait sa peau quand on le faisait. J'ai toujours apprécié son style que je retrouve dans l'élégance des phrases de son livre. Même si, à l'époque de la guerre du Kosovo il avait plus de sympathie pour la cause albanaise que moi, cela ne fut pas une cause de polémique entre nous, pas plus que ses réflexions ultérieures sur une ONU "démocratique" même si elles étaient à des années lumières de ma défense de la souveraineté des Etats (il a d'ailleurs traité ce sujet dans l'Atlas alternatif). Nils Andersson est un homme avec qui l'on peut toujours discuter agréablement, à la différence des groupusculaires staliniens prêts à vous accuser d'être "de l'autre côté de la barricade", vous accuser de traîtrise, d'être un "ennemi de classe" (alors qu'ils ont eux-mêmes leur petite vie bourgeoise avec résidence secondaire) etc au moindre désaccord.

Du temps où Nils Andersson a développé son activisme politique, le conservatisme était étouffant, et le racisme, contre les Arabes et les Noirs, était la norme. Nous ne sommes plus dans le même monde. L'emprise médiatique a fait progresser les mentalités sur divers points (je le vois sur mes parents qui ont l'âge de Nils Andersson), même si elle a par ailleurs plongé nos intelligences dans la barbarie sur bien d'autres points (en nous faisant accepter l'embargo sur l'Irak, les guerres d'ingérence etc). Avez vous vu ce petit journaliste aussi arrogant que stupide qui, sur une chaîne payée par nos impôts, a accusé un député de droite de manquer de respect pour les téléspectateur parce qu'il refusait de se soumettre au flot de ses questions stupides ? Voilà à quel point la médiacratie nous a conduits : aucun respect pour les élus du suffrage universel, pour les représentants du peuple.

Le racisme aujourd'hui a fortement reculé, mais le globalisme idéologique du centre gauche (et du centre-droit par effet de contamination) risque de lui donner un second souffle. Voilà quel flot la montée du populisme de droite va amener sur nos berges. Mais je crains que même la vraie gauche, celle de Mélenchon créditée de 14 % d'intentions de votes à la présidentielle, ne soit pas armée intellectuellement pour faire face aux vrais problèmes. La novlang idéologique paralyse tout de ce côté là.

Pour faire face au racisme, il faut mettre sur la table de façon impartiale tous les éléments factuels, et discuter de tout sans a priori et sans tabou, faire confiance à l'intelligence collective. En ce moment les médias mettent en épingle le cas de telle mairesse d'un bled perdu du Middle West qui a qualifié Mme Obama de "singe à talons hauts". L'idée est de faire croire que l'arrivée au pouvoir de Trump favorise la montée du racisme. La vérité est que ce racisme là existait déjà avant Trump - rappelez vous ce représentant de la Louisiane qui avait dit qu'après la présidence d'Obama il faudrait reprendre le jeu de golf là où le singe a laissé les balles. On nous parle de violences racistes depuis l'élection de Trump, mais on ne nous prouve pas dans quelle proportion elles ont augmenté, on ne nous dit pas que celui-ci les a condamnées, et l'on passe sous silence les violences des partisans de Mme Clinton dont les manifestations ont causé la mort cette semaine du père d'une petite fille de 4 ans, dont l'ambulance a été bloquée à cause des manifestations des démocrates. Comme le disait la juge Jeanine Pirro : "qu'auraient dit les démocrates si nous républicains avions dans la rue brûlé des effigies d'Obama après son élection comme ils le font avec celles de Donald Trump ?"  En favorisant l'hystérie bobo, on risque de provoquer une hystérie de ceux qui se sentent victimes d'un racisme anti-blanc. Il faut présenter objectivement les faits, ne pas avoir peur de répondre aux interrogations des uns et des autres, ne pas craindre la vérité.

Au hasard de mes pérégrinations, je découvre des vérités que de part et d'autres l'on cache. Les souverainistes nous font croire que tous les maux ont débuté avec l'autorisation du regroupement familial par Giscard d'Estaing, alors que celui-ci existant déjà sous de Gaulle et que Giscard avait le projet d'assurer l'expulsion de centaines de milliers de migrants. Disons la vérité là dessus ! La gauche prétend que Daech n'a rien à voir avec le Coran (rappelez vous aussi la chanson idiote sur Al Qaida qui disait "ceux là ont-ils jamais lu le Coran ?"). L'égorgement et la réduction en esclavage des femmes ennemies (comme les femmes yézidies aujourd'hui) figure noir sur blanc dans les sourates. Ayons le courage de la dire ! Cessons de mentir ! Le mensonge est le père du ressentiment et donc de l'hystérie haineuse. Les horreurs de ce monde sont nées de 30 ans de mensonges de la sphère médiatique et de 15 ans de mensonges de faux résistants tout aussi adeptes du star system et des raccourcis intellectuels que les grands "merdias". Sortons de ces spirales ! Retrouvons le goût de la réflexion sereine sans mise en scène !

Cette semaine sur Twitter j'ai été attaqué par un Kurde qui m'accusait d'être potentiellement responsable du prochain massacre de Yazidis quand il aura lieu (rien de moins !). Et cela pourquoi ? Parce que j'ai dit qu'à un chekpoint des Pershmergas kurdes sont prêts à tirer sur des Yazidis qui lorsqu'ils cherchent à ramener leurs biens dans la ville de Sinjar. Mon propos ne repose pourtant pas sur du vent : c'est le témoignage d'une yazidie qui a perdu un sien cousin à ce checkpoint. La vérité blesse. Pourtant je revendique le droit à la fois de saluer la valeur des Peshmergas qui ont libéré la bourgade christiano-yazidie (pour parler vite) de Bachiqua il y a 10 jours et de rappeler le ressentiment des yazidis qui ne peuvent retourner à Sinjar. Même entre ces deux communautés ou sous-ensembles d'une communauté, la vérité est la meilleure arme contre le racisme.

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Encore un mot sur la victoire de Trump

10 Novembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Les Stazinis, #Colonialisme-impérialisme, #Revue de presse, #Le monde autour de nous, #Grundlegung zur Metaphysik

En France, les grands "merdias" s'appesantissent sur l'amertume que provoque chez eux la victoire de M. Trump. Mais c'est oublier l'espoir que celle-ci provoque à travers le monde parmi les gens qui ont tant souffert des compromissions de Mme Clinton avec le Qatar.

La presse russe par exemple cite un député au parlement syrien et président de la chambre de commerce d'Alep Fares Shehabi qui explique que les habitants de sa ville sont tous heureux de l'élection de Trump car pour eux Mme Clinton (avec son projet de zone d'exclusion aérienne) c'était le soutient américain Al Nosra...

Sur Twitter la directrice de l'Organisation des femmes américaines yézidies écrit sur Twitter "Ma tante chante des prières pour Trump depuis 2 heures dans l'espoir qu'il nous débarrasse de Daech et que les yazidis puissent vivre en paix à nouveau".

Encore un mot sur la victoire de Trump

En Serbie bien sûr on se réjouit, parce que Trump pendant la campagne avait dit que les bombardements de 1999 avaient été une erreur, et parce que sa femme slovène a des amis serbes. Le système clinton (Bill-Hillary) dans les Balkans reste synonyme d'ingérence barbare et de soutien aux mafieux, ce que Nuland l'adjointe de Clinton a renouvelé en Ukraine en 2014.

Diana Johnstone dans Counterpunch intitule son article "Ding Dong la Sorcière est morte", qualifiant Trump de "magicien d'Oz".

Encore un mot sur la victoire de Trump

La manière dont Clinton en fin de campagne s'affichait avec Beyoncé et Jay Z, après avoir eu le soutien de Lady Gaga et Madonna lui donnerait raison...

Et qu'on ne vienne pas nous dire que Trump a eu moins de voix que Clinton. C'était arrivé aussi à GW Bush en 2000. Et surtout, n'oublions pas que les libertariens plus à droite que lui lui ont piqué des voix tout en étant d'accord avec une partie de son programme. Et sans les campagnes de diffamation menées par tous les grands médias (il n'avait que Fox News avec lui) Trump aurait fait beaucoup mieux. Donc sa victoire n'est pas volée.

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La belle victoire de M. Trump

9 Novembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les Stazinis, #Colonialisme-impérialisme, #Peuples d'Europe et UE, #Le monde autour de nous

Bien que je ne partage pas un certain nombre de ses idées (sur la légalisation du port d'armes, sur l'assurance médicale etc), je salue la victoire électorale claire, nette et précise de M. Trump (dont j'ai déjà dit du bien ici et ici notamment), laquelle va apporter un ballon d'oxygène à la démocratie américaine et constitue un meilleur gage de pacification des relations internationales que les projets de la diabolique Mme Clinton. J'espère que cette dernière fera l'objet des poursuites pénales annoncées par son adversaire républicain pendant la campagne du fait des nombreuses forfaitures dont elle s'est rendue coupable. Sa défaite, comme celle des adversaires du Brexit il y a quelques mois, est celle du système médiatique et financier international tout entier qui musèle les peuples depuis trop longtemps, mais je doute que ce système délirant, drogué au mensonge et à l'imposture, se remette en cause... Il est à craindre au contraire qu'il mette beaucoup de bâtons dans les roues de M. Trump, lequel va sans doute peiner à former une équipe performante après avoir été lâché par une bonne part de l'Establishment républicain. Pourvu que les néo-conservateurs n'en profitent pas pour lui remettre le grappin dessus !

Formons des voeux néanmoins pour que la défaite de Mme Clinton augure d'un rapprochement américano-russe, d'une diminution des tensions au Proche-Orient et autour de la Chine, peut-être aussi de la fin du traité de libre-échange transatlantique et du réveil des peuples d'Europe, à l'exemple des peuples américain et britannique, contre la pensée unique dominante.

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Des nouvelles de la guerre froide...

26 Octobre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Revue de presse, #Le monde autour de nous

Paul Craig Roberts (dont j'ai parlé parfois sur ce blog et dans mon livre sur mon engagement) existe encore et attire l'attention des internautes ici sur le fait que la Russie considère désormais l'OTAN comme une menace depuis qu'Obama s'obstine à installer un dispositif anti-missile (en fait lanceur de missiles) à sa frontière. Il s'inquiète du risque de guerre. Pepe Escobar (un autre vétéran des débats géopolitiques des années 2000) est plus rassurant : en cas de guerre nucléaire les Russes sont protégés, Washington le sait, et en Syrie H. Clinton ne pourra pas imposer sa no-fly zone où la Russie a déjà la sienne. L'Espagne menace de ne pas laisser les navires de guerre russes en partance pour la Syrie faire une halte à Ceuta, mais au fond, tout cela ne serait que du bluff... sauf si H. Clinton tente le "regime change " à Moscou, comme l'en accuse Diana Johnstone dans "Counterpunch".

En Bosnie les Serbes font marche arrière après leur référendum pour le 9 janvier fête nationale. Le chef du FSB russe (les services secrets) Nikolai Patrushev en visite à Belgrade offre une collaboration au ministère de l'intérieur serbe. Chacun avance ses pièces. C'est le jeu d'échecs mondial.

Si vous n'avez pas connu les charmes de la guerre froide du XXe siècle, vous allez les découvrir maintenant...

Situation confuse au Vénézuela après que la cour constitutionnelle ait invalidé la première collecte de signatures pour l'éviction de Maduro. Le Parlement de droite lance un procès en trahison contre le président mais l'armée ne suit pas, les menaces de violences dans la rue sont dans les deux camps, le pape offre ses bons offices. Malgré l'inflation, une grande partie du peuple reste mobilisée derrière le chavisme. Une résistance qui compte.

Allez, pour finir la palme de l'ignominie imbécile revient cette semaine à Boris Johnson, ministre des affaires étrangères britannique, pour sa sortie dans The Independent que les yéménites et tous les défenseurs de l'éthique apprécieront à sa juste mesure : "Si nous ne vendons pas d'armes à l'Arabie Saoudite, quelqu'un d'autre le fera à notre place".

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Aide aux esclaves de Daech : pourquoi ne faisons-nous rien ?

26 Octobre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Aide aux femmes yezidies, #Le monde autour de nous, #Ecrire pour qui pour quoi

Il y a un peu plus d'un an, quand, après avoir regardé le reportage de la BBC sur l'action de la journaliste Nareen Shammo auprès des femmes yezidies séquestrées par les fanatiques de Daech, j'ai contacté cette journaliste, j'ai cru que mon geste allait dans le sens de ce que tout le monde pense. Les lecteurs de ce blog savent que je suis plutôt habitué des causes ultra-minoritaires qui n'intéressent personne. Là, j'ai plutôt pensé que je représenterais un millionième, un dix millionième de tous les efforts de la planète pour aider ces femmes rescapées de la pire des ignominies, et qui, ayant perdu leurs maris, leurs frères, vivent aujourd'hui sous des tentes du haut commissariat aux réfugiés. Je serais une goutte d'eau dans un océan de solidarité comme celui qui s'est mobilisé pour les victimes du tsunami il y a douze ans en Asie du Sud-Est.

Au fil des douze derniers mois, il m'est arrivé quatre ou cinq fois d'envoyer un peu de mes économies à l'organisation qui, en Irak, s'occupe de ces femmes. Un tout petit peu d'argent, vraiment trois fois rien. En retour cette association m'a envoyé des photos de femmes à qui cet argent était parvenu, celles que j'ai publiées ensuite sur ce blog pour inciter les gens à donner aussi de l'argent.

Aussi, l'été dernier, quand Nareen Shammo m'a écrit que j'étais "le meilleur ami au monde" du peuple yézidi, j'ai vraiment cru qu'elle manifestait là un penchant "marseillais" pour l'exagération... Elle, qui a été reçue par tant de médias occidentaux, qui a reçu des prix internationaux, qui a serré la main de Ban Ki-Moon et de tant de sommités et qui a accompagné à l'ONU Nadia Murad aujourd'hui lauréate du prix des droits de l'Homme «Vaclav Havel» du Conseil de l'Europe et "ambassadrice de bonne volonté pour la dignité des victimes du trafic d'êtres humains par l'ONU", comment peut-elle dire qu'il n'y a pas de meilleur ami des réfugiées qu'un Français très moyen comme moi qui n'a donné que quelques euros de sa poche ?

Je n'ai vraiment pas pris cela au sérieux. Mais en même temps, j'ai trouvé bizarre que Nareen m'écrive : "Frédéric, il y a une dame en France qui a promis de donner cent euros et nous n'avons toujours rien reçu pour l'heure, pourrais tu lui téléphoner stp ?"... Hé, quoi ? en était-elle à 100 euros près ? Etonnant aussi le récit que Nareen faisait sur Facebook de son passage à Genève : on avait l'impression qu'elle s'était rendue au comité des droits de l'hommes de l'ONU avec Nadia Murad un peu par ses propres moyens, ça ne sentait pas l'accueil "first class" des grandes causes de charité mondiale patronnées par Bill Gates et la Carnegie Foundation... Sur Twitter, Nareen multipliait les appels aux dons, et laissait un peu transparaître son désarroi... Il y a huit jours elle écrivait sur Twitter "Je suis vraiment fatiguée et désespérée, depuis le premier jour du génocide yezidi, nous demandons de l'aide et nous attendons des actes. Nous n'avons plus besoin de mots."

Hier, comme je lui confiais ma tristesse de ne pas pouvoir l'aider plus, Nareen m'a répondu ceci : "Tu  es un des meilleurs amis des yézidis. Tu as fait ce que personne n'a fait. C'est vrai. C'est une honte de le dire, mais vraiment il n'y a plus d'humanité dans notre monde" (You are one of best Yazidi friends, you did what nobody did.This is true, it is shame to say this but really there is no more humanity in our world.)

Je ne sais pas comment vous expliquer. Etre une goutte d'eau dans l'océan, c'est une chose. Mais agir juste un peu, en se disant qu'on ne sera qu'une goutte, et, à l'arrivée, se rendre compte qu'il n'y a pas d'océan autour de soi, qu'on a été la seule goutte, alors qu'en face, les milliers de femmes réfugiées meurent de soif, soif de ce minimum de reconnaissance auquel elles auraient pu prétendre après l'horreur qui s'est abattue sur elles - une reconnaissance qui aurait pu se manifester par quelques billets de dix euros - c'est absolument terrifiant !

"Vraiment il n'y a plus d'humanité dans notre monde". Cette phrase me poursuit depuis hier soir. Non seulement personne en Europe n'a agi pour empêcher l'éclatement communautaire de l'Irak après l'invasion américaine criminelle, personne n'est descendu dans la rue pour protester contre la montée en puissance des bailleurs de fonds de Daech, l'Arabie Saoudite et le Qatar, au moment des Printemps arabes, mais aujourd'hui tout le monde hausse les épaules devant le martyr de ces femmes yézidies en se disant qu'il y aura bien quelqu'un à l'ONU pour s'occuper d'elles...

Oui, bien sûr, le haut commissariat aux réfugiés assure le minimum : il fournit des tentes, et de la nourriture. Mais est-ce que ça nous dispense de faire plus ?

On voit bien les illusions d'optique dans lesquelles on se laisse prendre. Le système médiatique nous fait croire que parce qu'une femme est félicitée par l'ONU, cela suffit, que derrière un charity business va se mettre en place. Mais c'est faux. Cela n'a rien d'automatique. Et d'ailleurs, même si ça avait été le cas, qu'est-ce qui nous empêchait nous, à titre individuel, nous qui sommes si fiers de défendre nos valeurs contre l'intégrisme de Daech, de faire aussi à notre tour, à titre personnel, un petit geste concret en direction de ces femmes ?

Oui, certes, il y a d'autres calamités ailleurs. L'ouragan à Haïti, le nombre incroyable de morts et de réfugiés au Sud Soudan etc. Mais en quoi ces calamités là nous dispensent-elles de nous poser la question "pourquoi ne donnerais-je pas 50 euros pour les femmes yézidies ?". Nous avions là une cause facile à cerner, qui ne touchait pas des millions de gens comme le tsunami d'il y a douze ans. Une cause directement liée aux erreurs de notre politique étrangère, et directement en rapport avec les attentats perpétrés sur notre sol. Ceux qui attaquaient la France, la Belgique, l'Europe sont aussi ceux qui ont massacré ce groupe ethno-religieux irakien et réduisent ses femmes aux pires abominations. Quand bien même des milliards d'euros afflueraient vers ces femmes rescapées (ce qui n'est hélas pas du tout le cas), qu'est-ce qui nous empêchait de dire "moi aussi je veux vous dire que je connais votre martyr et que je vous soutiens" ?

Je me suis repassé le film des derniers mois. Cet été, alors que mes billets sur les yezidis ne suscitaient que quelques "likages" sur Facebook, une femme médecin m'a écrit qu'elle voulait aider les femmes outragées. Je lui ai donné les coordonnées de Nareen, et puis plus rien, la dame s'est volatilisée dans la nature. Sans doute dépassée par ses activités quotidiennes. Dépassée surtout par l'idéologie du zapping des mails, et le principe que, de toute façon, personne n'est obligé de respecter ses engagements (vive la consommation des rapports humains !). A cette occasion, Nareen m'avait dit : "on a un fort besoin de psychologues sur place dans les camps pour aider les femmes". J'ai écrit à une copine psychologue. Elle m'a répondu : "Je réfléchissais mais je ne vois personne autour de moi susceptible de partir. d'autant que la mission demande des compétences bien précises sur les traumatismes et les syndromes afférents au stress post-trauma.Je te conseille de tenter une annonce au Journal des Psychologues, à la FFPP, fédération française des psychologues et de la psychologie, ou encore de voir avec les labos dans les facs de psycho.Si je pense à d'autres pistes, je te tiendrai au courant. En tout cas, je te félicite pour ton engagement !"

Féliciter, réfléchir. Ils sont tous bons pour cela. Mais elle ne m'a pas demandé les coordonnées pour envoyer 50 euros par Western Union. C'est à ça que faisait référence le tweet de Nareen sur le fait qu'il lui faut des actes...

J'ai écrit à une amie prédicatrice protestante. Elle m'a répondu le 1er octobre : "Non, je n’ai pas de psycho sous la main, capable d‘un tel travail d’aide. J’ai eu à traiter spirituellement beaucoup de femmes violées (c’est épouvantable, leur nombre, y compris dans les meilleurs familles. Mais aujourd’hui dans beaucoup d’endroit, ex Caraïbes, toutes les fillettes sont violées par un membre de leur famille… c’est devenu la norme !). Il faut un miracle divin pour le pardon (pas facile car elles sont souvent dans le déni), l’abandon de la colère,. Mais c’est Jésus seul qui peut guérir les coeurs brisés (Es 61 - Lu 5)." Dix jours plus tôt je lui avais parlé de la possibilité de verser de l'argent par Western Union et je lui avais envoyé les articles de mon blog. Elle m'avait répondu : "Dieu nous donne des fardeaux, le coeur pour agir, et les moyens pour le faire ! C’est très bien, votre action: que de souffrances horribles  !"

Des paroles intéressantes, des félicitations, mais il manquait toujours ce réflexe de dire "Allez, donnez moi un contact en Irak que je puisse verser un peu d'argent" ou même l'idée de publier sur son blog (elle a des centaines de lecteurs) un appel au don. Qu'est-ce que ça lui aurait coûté ?

Je ne laisse pas de m'interroger sur cette culture des mots que nous avons et cette difficulté que nous éprouvons pour aller au bureau de poste à côté de chez nous envoyer un peu d'argent. Or cela seul peut être qualifié d' "acte". Les mots, les mots... Alors moi, je suis un très mauvais "fund raiser". Je ne sais pas dire "madame, allez y postez un billet pour les femmes yézidies sur votre blog" ou "ma chère camarade psychologue, plutôt que de réfléchir aux moyens idéaux d'aider ces femmes pourquoi n'irais tu pas à ton bureau de poste toi aussi ?" J'attends que ça vienne spontanément des gens. Et apparemment ça ne vient pas. Ca se perd dans les tuyaux de l'abstraction. Nous sommes un peuple terriblement abstrait...

Enfin, voilà, au moins maintenant vous savez. Vous savez que, si les chrétiens orientaux bénéficient de réseaux d'entraide dans les paroisses et les évêchés d'Europe occidentale, les yazidis, bien qu'ils aient des porte-paroles invités sur nos plateaux de télévision et au conseil des droits de l'homme de l'ONU, ne reçoivent rien sur le terrain, sauf un soutien minimal du HCR. Donc si vous pensez pouvoir faire quelque chose n'hésitez pas. 

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Mauvaise année 2017 en perspective...

21 Octobre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Les Stazinis, #Colonialisme-impérialisme, #Proche-Orient

Je ne suis pas optimiste... Mossoul va tomber, mais Erdogan fait ce qu'il veut en massacrant 200 combattants kurdes aujourd'hui avec la bénédiction des Etats-Unis, et l'Etat islamique active ses cellules dormantes à Kirkouk, ce qui donne une idée de ce qu'ils feront l'an prochain avec leurs cellules en Europe quand ils ne contrôleront plus de territoires en Irak (et peut-être en Syrie ? car j'espère quand même que Washington ne laissera pas EI se masser à Raqqa comme Nasrallah l'a laissé entendre).

Les Etats-Unis auront la cynique Hillary Clinton à leur tête, celle qui voulait provoquer un "printemps catholiques" avec une ONG à sa solde pour renverser a hiérarchie romaine (dixit Wikileaks) et qui tient toujours à instaurer, comme en Libye jadis, une no-fly zone en Syrie au risque d'une guerre avec les Russes (au fait, messieurs du Crif, en quoi est-ce si mal que M. Poisson ait affirmé que cette candidate était liée à des intérêts "sionistes" ? l'Aipac n'est-elle pas sioniste ?). En France nous aurons Sarkozy ou Juppé comme président de la République, et je doute qu'ils aient la carrure pour faire face aux tensions provoquées par la montée de la menace terroriste. Il est vrai que maintenant que le ministère de la défense a livré son système informatique à Microsoft nous pouvons directement dissoudre l'Etat français, et même l'Union européenne et en faire un 51ème des Etats-Unis d'Amérique (ou former les Etats-Unis transatlantistes). Merci en tout cas à François Hollande de s'être définitivement ridiculisé avec son dernier livre de confidences (ça pourrait nous éviter de voir sa bouille sur nos affiches électorales l'an prochain, mais bon, celle de Valls ne vaut pas mieux), et merci aux Wallons d'avoir joué au village gaulois face au traité euro-canadien qui préfigure si bien le traité transatlantique qu'on tient tant à nous imposer. Mais ces petites satisfactions n'effacent point les augures amers qui planent sur 2017...

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Les questions sociétales menacent le processus de paix en Colombie

12 Octobre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes, #La gauche, #Le monde autour de nous

Les questions sociétales menacent le processus de paix en Colombie

Voici un point qui devrait faire réfléchir la gauche sur sa trop grande polarisation sur les questions sociétales, non seulement au détriment des questions de classes, mais aussi au détriment de la paix.

Je lisais ce matin dans le journal espagnol "El Pais" intitulé "Le vote évangélique clé de la victoire du «non» lors du référendum en Colombie" qui expliquait que si le 2 Octobre dernier, le référendum n'a pas validé les accords de paix négociés pendant quatre ans avec les FARC à La Havane, ce n'est pas seulement à cause de l' ouragan Matthew qui a empêché de nombreux électeurs sont allés voter (ouragan dans lequel les croyants verront la main de Dieu), mais surtout parce que le président Juan Manuel Santos n'a pas réussi à convaincre les 10 millions de chrétiens évangéliques du pays (selon la estimations du ministère de l' Intérieur), que l'accord ne mettait pas « en danger la famille traditionnelle". Un peu plus de 12 millions de Colombiens se sont rendus aux urnes, plus de six étaient ont voté l'accord. «Je n'ai pas de chiffres officiels, mais si quatre millions de chrétiens évangéliques sont allés voter, peut-être la moitié d'entre eux ont rejeté les accords», déclare à El Pais Edgar Brown, président de la Confédération évangélique de Colombie. "99% de nos fidèles ont dit« non », surenchérit même Hector Pardo, membre du Conseil évangélique de Colombie et représentant de la Confédération de la liberté Interfaith (Confilerec). Deux jours après le référendum, ces deux pasteurs étaient à la table du président Santos.

La cause de cette dissidence : beaucoup de chrétiens en Colombie n'aiment pas la politique du gouvernement en matière sociétale tels que le mariage homosexuel, l'adoption pour les couples de même sexe, la loi de l'avortement et des initiatives d'éducation inclusive. Ils considèrent également que les accords avec la guérilla favorisent la communauté LGBTI (lesbiennes, gays, bi, trans, intersexués).

La puissance de ces croyants a été sous-estimée dans les enquêtes d'opinions qui prévoyaient la victoire du «oui» ajoute l'article. Or déjà en août dernier des milliers de croyants sont descendus dans les rues de plusieurs villes en Colombie contre"l'endoctrinement hégémonique sur l'identité de genre" exercée selon eux par le ministère de l'éducation nationale. L'Eglise catholique aurait même rejoint le pasteur.

L’accord a été rédigé avec les FARC en "langage inclusif"; selon la novlang actuelle : il parle « des guérilleros et des guérilleras », « des paysans et des paysannes », de « tous et toutes ». Il prévoit des mesures spécifiques pour les femmes et évoque les droits de la communauté LGBTI . Le 24 juillet, la communauté internationale avait célébré « le premier accord de paix au monde qui prend en compte la perspective de genre ». Il n'y a donc pas qu'en France que le Najat Vallaud-Belkacemisme pose problème... On sait que les thématiques sociétales prennent aussi une part croissante dans la rhétorique de la gauche kurde. Au lieu de s'en tenir au vocabulaire classique de la lutte contre les discriminations (sexisme, racisme etc), les organisations de gauche adoptent un vocabulaire qui évoque de plus en plus les excès de la théorie du genre de Judith Butler, et braquent les populations en plaçant de plus en plus souvent au coeur de leur identité la défense des minorités sexuelles au point de les faire parfois passer avant l'égalité économique et même avant la paix. Une forme d'intellectualisme, de scholastic view, qui contribue aussi, ensuite, à la montée des populismes de droite (et en Colombie le principal bénéficiaire en sera Uribe, comme Erdogan l'est au Kurdistan où les votes en sa faveur ont augmenté au cours des dernières années). On ne s'écriera pas "well done old mole !"

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Le débat Trump-Clinton : les roquets médiatiques en furie

11 Octobre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les Stazinis, #Le monde autour de nous

La couverture médiatique de la campagne électorale américaine est absolument grotesque et pathétique. Toutes les semaines les médias des multinationales (Yahoo ! MSN, etc) et nos médias français vendus à l'industrie de l'armement et aux fonds de pension internationaux nous sortent toujours les mêmes titres "nouveau dérapage de Trump", "nouvelle insulte de Trump", "le nouveau scandale qui va couler Trump".

La semaine dernière, on tentait de nous faire croire que Trump allait devoir démissionner suite à la publication d'une video d'il y a dix ans dans laquelle il échangeait des blagues de potache sexistes avec ses potes dans un bus, alors que dans les sondages il ne perdait qu'un point (un seul petit point !) d'intentions de votes face à sa rivale, malgré tout le battage médiatique autour de cette affaire. Pendant ce temps, bien sûr, on ne disait rien des progrès de l'enquête sur les milliers de mails confidentiel défense détournés sur la boîte privée de Mme Clinton et détruits illégalement ! (Mais que diable cache cette affaire ?)

Hier et avant-hier la couverture du débat Clinton-Trump fut particulièrement odieuse. A entendre les journalistes (notamment sur les chaînes d'info en continu) c'est la faute de Trump si le débat volait bas, et c'est "grâce à Mme Clinton" qu'on a fini quand même à un moment par traiter les questions de fond. Quiconque est capable de cliquer sur You Tube peut voir pourtant que d'emblée Donald Trump place le débat sur le terrain des destructions d'emploi, du libre-échange et de la sécurité et que ce sont ses interlocuteurs qui s'acharnent à l'attaquer sur son propos de misogynes d'il y a dix ans.

Bien sûr on voit l'intérêt de la manœuvre : non seulement affaiblir Trump, mais surtout banaliser les propos incendiaires de Mme Clinton contre la Russie et son soutien affiché aux islamistes d'Alep. Franchement, pour ma part, je suis moins choqué par un candidat qui dans une blague de mauvais goût disait qu'il ne pouvait s'empêcher de sauter les nanas ou les "prendre par la chatte", mais aujourd'hui veut collaborer avec la Russie pour éradiquer l'Etats islamique, que par une cinglée qui est fière d'avoir mis à feu et à sang la Libye et la Syrie, qui ne se justifie pas sur les fonds qu'elle a reçu du Qatar, et qui est encore prête à déclencher la troisième guerre mondiale au Proche-Orient. Parce que, ne vous en déplaise Mme Clinton, grâce à votre politique, en Syrie et en Irak il n'y a pas des gens qui seulement plaisantent sur les chattes des femmes. Ils les violent et les assassinent vraiment.

Et puis, bien sûr pendant ce temps personne ne parle du Yémen... Euh, c'est où le Yémen déjà ?

L'hystérie médiatique m'inquiète. Jusqu'où iront les patrons de ces roquets pour dynamiter Trump ? Supposons que Trump repasse devant Clinton dans les sondage au cours des jours qui viennent, se contenteront-ils de glisser des peaux de bananes ou sortiront-ils les flingues ? je les crois capables du pire, ils nous l'ont montré mille fois au cours du dernier siècle.

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Espagne, Arabie Saoudite, Alep, Congo-RDC, Caracas, Cuba

29 Septembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE, #Espagne, #Revue de presse, #Proche-Orient, #Colonialisme-impérialisme, #Les Stazinis, #Le monde autour de nous

Le parti socialiste espagnol éclate sur la question du "non à Rajoy" qui est aussi celui de l'unité de l'Espagne, car le blocage voulu par le secrétaire général Sanchez de l'accès au pouvoir du PP pour ménager une alliance possible avec Podemos implique une adhésion à l'Espagne fédérale, Podemos étant complètement allié aux indépendantistes catalans. Pour une fois je suis plutôt d'accord avec l'aile droite des socialistes : la voie de l'alliance avec Podemos signerait la disparition de l'Espagne.

Concernant les autres nouvelles internationales et nationales, je note que Mme Clinton a ressorti son savoir-faire de politicienne dans son débat avec Trump, mais comme l'a noté Nigel Farage cette semaine cela ne préjuge pas de l'impact du débat sur l'opinion publique. Je note que le Congrès américain a rejeté à une très large majorité un veto du président Barack Obama sur une loi autorisant les proches de victimes du 11-Septembre à poursuivre en justice l’Arabie saoudite et que cela a agacé les autorités du Bahrein, si j'en crois Al Manar. Voilà qui peut aussi faire plaisir au pauvre peuple yéménite (d'ailleurs John Kirby a regretté "l'imprécision" des bombardements saoudiens au Yémen, ce qui est peut-être un début de condamnation de l'horrible guerre menée par Riyad dans ce pays). L'Arabie saoudite a menacé la présence militaire sur son sol de représailles. Dans l'ordre du fait divers révélateur les lecteurs de ce blog auront peut-être vu qu'un artisan venu effectuer des travaux au domicile d'une princesse saoudienne aurait été frappé, ligoté et mis en joue durant quatre heures.

Je remercie Proche&Moyen-orient.ch d'avoir bien voulu publier un mien billet sur les tensions entre les yezidis et le gouvernement régional kurde d'Irak. En ce qui concerne la bataille d'Alep où les Russes et l'armée légale abusent des armes incendiaires chargées de compositions aluminothermiques – plus efficaces encore que le phosphore quand il s’agit d’allumer des foyers – sur des quartiers résidentiels, on ne comprend pas bien pourquoi les civils n'ont pas fui comme à Mossoul ou Fallouja. Même si la liquidation du foyer islamiste de l'Est d'Alep est nécessaire au retour de la paix en Syrie, nous devons avoir une pensée morale pour les civils qui paient un prix élevé en ce moment. L'armée russe aura-t-elle un jour la culture de la proportion dans la répression ?

Ayrault à Sciences Po agite le spectre de la guerre civile en RD du Congo (qui a déjà beaucoup donné sur ce volet : des millions de morts en dix ans). François Hollande avait accusé l'État congolais de s'être rendu coupable "d'exactions" contre son peuple les 19 et 20 septembre à Kinshasa. Le porte parole de Kabila Lambert Mende, réplique : "le Congo n'est pas un département d'outre mer".

La démocratie reste impossible en Afrique à quelques exceptions près comme le Bénin. Au Gabon les élections sont volées. En Somalie elles sont indéfiniment reportées.

En Amérique du Sud, on peut espérer que l'accord de l'OPEP va redonner un peu d'oxygène au régime chaviste qui a reporté le référendum révocatoire. L'Argentine, le Brésil, le Paraguay, le Mexique, le Chili et le Pérou sont vent debout contre Caracas, notamment pour l'expulser du Mercosur. Le président péruvien Pedro Pablo Kuczynski a dit samedi qu'il a l'intention de former un « groupe de soutien » dans la région pour favoriser une « transition dans l'ordre » pour le changement de gouvernement au Venezuela. Maduro invite Kerry à Caracas.

L'ingérence à Cuba ne faiblit pas non plus. Les étudiants de la Fédération estudiantine universitaire se mobilisent contre la campagne de bourses de l'organisation "non gouvernementale" Learning World liée à l'agence fédérale américaine USAID qui court-circuitent les rectorats universitaires et dont le contenu viole les principes éthiques nationaux cubains.

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La trahison sous chaque pierre...

5 Septembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous

La trahison sous chaque pierre...

Le président philippin Duterte est un peu comme Donald Trump : on ne peut pas aimer le fond de sa philosophie, mais on ne peut pas dire qu'il ait entièrement tort. Quand je l'entends envoyer promener en des termes grossiers l'ONU et Obama parce qu'ils cherchent à faire pression sur lui, on ne peut pas lui donner tort, même si l'on sent bien que sa sale guerre contre les narcotrafiquants est aux antipodes de ce qu'on peut attendre d'un Etat de droit.

Même chose pour le mauvais coup que les Chinois ont fait à Obama lors de son arrivée au sommet du G20 : ce n'est pas élégant sur le plan diplomatique, mais la politique des gros biceps menée par Washington au large des côtes chinoises ne l'est pas non plus. Et voir des diplomates cyniques comme Suzan Rice malmenés par le protocole chinoise ce n'est pas une mauvaise chose...

A vrai dire je m'inquiète davantage de l'accord Erdogan-Poutine sur la Syrie. On sent qu'il marginalise l'Iran et le Hezbollah (qui ont tant versé de sang dans la guerre anti-Daech) et on peut redouter jusqu'où cela va aller dans l'écrasement des Kurdes, et la réhabilitation des cyniques - Ankara s'entend bien avec le Qatar, et Poutine rencontre les Saoudiens en marge du G20...

Il y a toujours un moment où les grandes puissances trahissent la morale. Ceux qui s'enthousiasment un peu vite pour les contrepouvoirs aux USA feraient mieux de s'en souvenir.

La trahison est une composante inévitable de la politique. Nigel Farage commence à s'en souvenir lui qui revient sur le devant de la scène politique pour mettre en garde contre les reculades de Theresa May. Ne jamais oublier que la politique est le règne du Mal, et qu'on ne s'y intéresse, par devoir, que pour que ce soit "un peu moins mal", rien de plus...

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