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Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #le monde autour de nous tag

Le séparatisme kurde, l'anti-pyongyangisme ambiant, et la faiblesse de Raul Castro

18 Septembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous, #Proche-Orient

Le référendum kurde m'inquiète plus encore que celui de Catalogne. Le vice-président Al-Maliki, qui a laissé un mauvais souvenir en Irak car sa gestion brutale et uniquement pro-chiite du temps où il était l'homme fort du pays a fait le lit de Daech (il n'y avait que la sotte de Ségolène Royal en 2007 pour en dire du bien), vient de déclarer qu'il serait inacceptable qu'un nouvel Israël naisse au nord de l'Irak. Il osait cette métaphore parce que le Kurdistan serait aussi monoethnique en son principe que l'Etat juif qui est son seul allié déclaré en ce moment. En vérité je ne vois pas du tout comment un Etat kurde pacifique peut naître au Proche-Orient. Personne ne s'entend sur ses frontières (Kirkouk en fait-elle partie ou non ?), et ce pays est composé d'une série de factions fort peu démocratiques malgré les efforts louables du PKK et du YPG pour s'ouvrir aux droits des femmes, à l'autogestion et à l'écologie. Par ses divisions internes il ressemblerait au Sud-Soudan, à quoi s'ajoute que des régimes musclés (l'Irak, la Syrie, l'Iran et surtout la Turquie) sont prêts à lui sauter dessus. Tout cela risque de finir en bain de sang... un de plus pour ce Proche-Orient maryrisé depuis un demi-siècle.

Je n'aime pas non plus le concours d'allégeance des Occidentaux à l'égard de l'appel de Trump pour une huitième vague de sanctions contre la Corée du Nord, ni cette gesticulation des bombardiers au dessus de Pyongyang. Tout cela est abject. La menace nord-coréenne est inexistante, on ne le répètera jamais assez. Elle pèse au niveau des symboles : dans le sens du rééquilibrage du monde, voilà le grand problème pour nos stratèges. Et pourtant ce rééquilibrage il faudra bien l'accepter un jour. Madrid se déshonore en expulsant l'ambassadeur de Pyongyang comme si c'était sur la Giralda de Séville que les missiles de Kim Jong-un étaient pointés, et Paris avec ses frétillements de caniche pour des "sanctions vraiment efficaces" est à peine moins ridicule (si nous entretenions des relations diplomatiques avec la RDPC, ce dont Mitterrand nous a dispensés, je suppose que nous aurions fait comme les Espagnols c'est lamentable).

On peut soupçonner que même Raul Castro, dans son empressement à accepter une enquête du FBI à la Havane qui, selon Associated Press, a étonné le Pentagone, participe lui aussi du souhait servile de toute la planète de plaire à l'ours mal lêché américain à Washington. C'est que de bonnes âmes au Département d'Etat commençaient à accuser une faction "dure" du parti communiste cubain d'avoir fomenté avec Poutine et avec Kim-Jong-un (mais oui !) les attaques soniques contre l'ambassade yankee... Voilà qui rappelle le temps où, au lendemain du 11 septembre 2001, tout le monde du parti socialiste serbe de Milosevic au Baas d'Assad était solidaire des Américains et la Russie offrait sa collaboration à l'Oncle Sam. On sait ensuite comment celui-ci abusa de la solidarité planétaire en la retournant contre l'Irak... Soyons vigilants.

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Crise des missiles nord-coréens: sortir de « l’hystérie »

12 Septembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Actualité de mes publications, #Le monde autour de nous

Ci-dessous mon article qui paraîtra dans le prochain numéro papier (octobre 2017) L'Arme et la Paix, revue de l'association Initiative Citoyenneté Défense (ICD), et qui est déjà en ligne ici sur le site de l'association. (Pour mémoire voir aussi mes autres interviews et articles pour leur revue depuis 2011 ici).

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                                   Crise des missiles nord-coréens: sortir de « l’hystérie »

 

Voilà plusieurs décennies que la République populaire démocratique de Corée est identifiée comme un élément perturbateur dans les relations internationales. Perçue en Occident comme une survivance absurde de la guerre froide, tandis que les deux Allemagnes et les deux Yémens ont eu la « bonne idée » de s’unifier au début des années 1990 (et avant eux les deux Vietnams), elle n’était pas spécialement appréciée non plus des Russes et des Chinois en raison du principe d’autharcie économique et politique qui la gouverne depuis sa création, encore qu’elle présente aux yeux de ces deux pays un sérieux avantage : celui d’empêcher les troupes américaines de venir stationner au voisinage de leur frontière orientale.

 

Il est vrai que le régime de ce pays ne peut guère inspirer de sympathie. Si on peut lui reconnaître le mérite d’avoir offert à sa population les avantages de l’éducation et des services sociaux pour tous, et d’avoir fait émerger une intelligentsia capable d’envoyer des satellites dans l’espace (une prouesse pour un pays si isolé), il a poussé l’embrigadement des masses, l’endoctrinement et l’uniformisation au-delà de ce qu’avaient fait auparavant tous les autres régimes communistes. Depuis les années 80, du reste, le culte de la personnalité du leader Kim Il-Sung, poursuivi même à titre posthume, ainsi que de sa doctrine, le « juche », a éclipsé la référence marxiste, faisant baigner le pays dans une étrange ambiance sectaire. Les violations des droits de l’homme (liberté d’opinion, liberté religieuse etc) y sont massifs, et le bien-être économique laisse à désirer, même si la capitale Pyongyang, qui est la vitrine du système, affiche des progrès sensibles depuis quinze ans.

 

Pour autant c’est moins la misère morale ou économique du peuple nord-coréen qui inquiète les grandes puissances (après tout celle-ci a hélas bien des équivalents dans le monde) que l’engagement militaire non-aligné de ce pays, qui, comme Cuba, la Syrie ou l’Irak de l’époque baasiste, a très tôt compris la nécessité de développer un système de défense puissant si elle ne veut pas être rapidement vassalisée et convertie de force au capitalisme par les puissances occidentales.

 

Les Etats-Unis depuis un demi-siècle au moins considèrent avec méfiance la capacité de la Corée du Nord à exporter des armes à destination de pays ou de groupes de combattants qui ne sont pas franchement soumis à l’hégémonisme de la bannière étoilée (on a vu la Corée du Nord collaborer militairement avec le Pakistan, l’Ouganda, mais aussi la Syrie et l’Iran). Les stocks d’armes chimiques et bactériologiques de Pyongyang inquiètent aussi.

 

Mais les craintes les plus fortes proviennent du programme nucléaire nord coréen qui, bien qu’il ne soit pas le seul dans ce cas (l’Inde, le Pakistan, Israël et l’Iran sont dans la même situation « dissidente ») viole le traité de non-prolifération de 1968 (dont Pyongyang a eu l’honnêteté de se retirer).

 

Contrairement à ce que laisse croire une certaine propagande médiatique en Occident, ce programme nucléaire n’est pas par essence offensif. Il a été lancé en 1992 quand George  Bush Sr a laissé sans réponse la demande des autorités nord-coréennes d’un engagement des Etats-Unis à ne  pas remettre en cause l’existence même de la République démocratique populaire de Corée. Et, après une phase de relative ouverture et de négociations sous les mandats de Bill Clinton, Kim Jong-il a été encouragé à le reprendre par le bellicisme échevelé des puissances occidentales au cours des deux dernières décennies. Les Nord-coréens eux-mêmes n’ont cessé de répéter que le spectacle affligeant de la puissance américaine se ruant à l’assaut de l’Irak de Saddam Hussein et de la Libye de Kadhafi, qui avaient loyalement renoncé à leurs armes de destruction massive, pour liquider physiquement leurs dirigeants et y faire régner le chaos, a servi de démonstration du fait qu’aucun régime ne peut plus suivre une politique de non alignement s’il ne se dote d’une force de dissuasion nucléaire crédible. C’est aussi le raisonnement que suivent les mollahs en Iran.

 

Il semble que ce discours d’auto-défense suscite une réelle adhésion parmi le peuple Nord-Coréen, par delà la terreur que la dictature fait régner ou la stérilisation de l’esprit critique, parce que la Corée du Nord – comme les Occidentaux tendent à l’oublier, mais le criminel oublie facilement son crime –  a été littéralement martyrisée par l’armée états-unienne et ses alliés au début des années 1950, qui y ont commis les pires crimes de guerre contre les civils, faisant périr un cinquième de sa population, tandis que le général Mc Arthur menaçait (déjà) d’y faire exploser la bombe atomique. Au massacre que Picasso a immortalisé dans un de ses tableaux s’est ajoutée l’humiliation des missiles nucléaires de Washington stationnés en Corée du Sud et pointés sur Pyongyang jusqu’à la présidence de Jimmy Carter. Les peuples que nous oppressons ont la mémoire longue.

 

Incontestablement  le potentiel nucléaire nord-coréen a connu un accroissement spectaculaire au cours des trois dernières années, depuis que Pyongyang s’est procuré par la contrebande des moteurs d’anciens missiles intercontinentaux soviétiques qui permettent aux Coréens d’atteindre l’île américaine de Guam. L’ironie de l’Histoire veut que le nouveau régime ukrainien anti-russe issu du coup d’Etat de Euromaidan ait contribué à ce saut qualitatif de l’armement nord-coréen… De l’inconvénient de laisser les régimes mafieux prospérer…

 

Pour autant les tensions que provoquent les essais nord-coréens reposent principalement sur de la rhétorique. Il semble en effet que dans cette affaire tout le monde soit prisonnier d’une logique de surenchère verbale. Le régime du jeune Kim Jong-un a besoin de donner l’impression qu’il peut menacer les Etats-Unis, pour flatter l’orgueil national de son peuple. Le président américain Donald Trump, à son niveau aussi, est obligé de vociférer allant jusqu’à menacer comme il l’a fait le 8 août, de déclencher « le feu et la furie comme le monde ne l’a jamais connu » Sa campagne électorale avait été un tissu de contradictions qui, au nom du pragmatisme, proposait tout à la fois la réduction de la présence militaire américaine outre-mer, l’alliance ponctuelle avec les Russes contre le djihadisme, et la fermeté contre l’Iran, Cuba et la Corée du Nord. Sous la pression du lobby militaro-industriel de plus en plus présent dans la garde rapprochée de Donald Trump, et des accusations de collusion avec la Russie que lui adressent la clique des démocrates clintoniens (les grands médias, Soros…) très mollement combattue par l’Establishment républicain, Trump doit montrer sa capacité à ne pas laisser les tests nucléaires nord-coréens sans réponse.

 

Or la réalité des menaces est largement surévaluée. Contrairement à ce que laisse penser une certaine propagande chauvine et paranoïaque aux Etats-Unis, s’il semble que les missiles nord-coréens puissent atteindre l’Alaska voire, plus hypothétiquement, être montés sur des sous-marins comme le font les pays membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (ce qui serait le seul moyen de les rendre opérationnels pour une première frappe sans destruction immédiate du pays), la preuve de la capacité de la Corée du Nord de miniaturiser des ogives nucléaires pour les monter sur les missiles n’est toujours pas apportée. Autrement dit, on en reste à une menace très virtuelle.

 

Les Etats-Unis ont été les premiers dans les années 1990, à abandonner l’engagement à ne pas employer en premier l’arme nucléaire contre un autre pays (la doctrine du « no first use »), ce qui rend quelque peu risible l’accusation de « folie » qu’ils adressent à Kim Jong-un quand il tient le même discours qu’eux. La vérité factuelle est cependant que la Chine n’accepterait jamais qu’un conflit nucléaire éclate à sa frontière, et cela aussi bien Kim Jong-un que Trump le savent, ce qui rend encore plus théâtrale l’inflation verbale de l’été, que Vladimir Poutine a qualifié à juste titre d’hystérique. A cet égard, on peut regretter que le président français Emmanuel Macron ait ajouté un grain de sel stupide à la surenchère en laissant entendre que l’Europe était menacée… Jusqu’à nouvel ordre la France métropolitaine est , comme l’ont fait remarquer les Nord-Coréens, assez éloignée de l’Alaska, et elle a à son actif (si l’on peut dire) une présence nucléaire dans le Pacifique que Pyongyang est encore loin d’avoir égalée dans l’Atlantique Nord ! Le président français se ridiculise sur ce dossier comme il l’a fait juste avant sur celui de la renégociation de la directive européenne sur les travailleurs détachés, alors pourtant que la Chine semblait compter sur Paris pour apaiser un peu les tensions.

 

Par delà les excès langagiers, la crise de l’été a entraîné deux effets importants dans les rapports de forces. Le premier est le lâchage complet de Pyongyang par Pékin puisque la Chine a accepté de voter avec les Etats-Unis des sanctions au Conseil de sécurité (on peut se demander quel avantage elle escompte en échange de ce revirement). La seconde est le contenu même de ces sanctions qui va frapper à un degré difficile à évaluer le peuple nord-coréen. Déjà au printemps dernier Washington avait imposé à l’ONU le gel des exportations nord-coréennes de minerais, pourtant vitales pour les réserves en devises de ce pays, puis début août l’ONU avait systématisé ces mesures et interdit l’exportation des produits de la pêche nord coréenne. Le texte voté à l’unanimité par le conseil de sécurité le 12 septembre dernier interdit notamment les exportations de textile de la Corée du Nord, réduit les approvisionnements en pétrole et prévoit un embargo sur les livraisons de gaz. On voit mal comment en mettant les travailleurs nord-coréens de l’industrie textile sur la paille, ou en forçant les habitants et les usines à recourir au charbon (ou à geler cet hiver), l’ONU peut espérer convaincre Kim Jong-un de renoncer à ses ogives nucléaires. Elle risque plutôt de renforcer le nationalisme d’un peuple placé au ban des nations. Il est vrai que l’étranglement des populations par l’embargo est une vieille recette anglo-saxonne qui avait tué des centaines de milliers d’enfants en Irak dans les années 1990 (« Et cela en valait la peine » comme disait Madeleine Albright). En l’espèce la Corée du Nord (en tout cas sa nomenklatura) semble avoir de nombreux moyens pour contourner les sanctions : les dignitaires ont leurs propres voies d’approvisionnement en essence, les navires nord-coréens sont sous pavillons de complaisance et ne peuvent être inspectés, tandis que le textile nord-coréen est souvent exporté sous des marques chinoises. Le ralliement des Russes et des Chinois aux méthodes étatsuniennes laisse donc très perplexe.

 

Sans doute des sanctions valent-elles mieux pour la paix mondiale qu’une attaque militaire sur Pyongyang qui aurait conduit à un conflit explosif pour l’ensemble de la planète entre la Chine et les Etats-Unis. Mais le réalisme recommanderait plutôt que chacun puisse prendre acte du fait que le programme nucléaire nord-coréen défensif, comme celui de l’Inde, du Pakistan  et d’Israël, constitue désormais une exception irrémédiable au principe de non-prolifération, et que, pour l’avenir, afin que l’exemple nord-coréen ne fasse plus d’émule, les membres permanents du Conseil de sécurité s’engagent par traité à ne plus provoquer de « regime change » dans le monde, à ne plus engager eux-mêmes de frappes préventives, nucléaires ou conventionnelles et à faire respecter la pluralité multipolaire. Autrement dit un revirement à 180 degrés par rapport à la politique occidentale des 50 dernières années… On peut toujours le recommander, même si nos dirigeants sont loin d’en prendre le chemin…

 

                                                                       Frédéric Delorca

                        Auteur de « Au cœur du mouvement anti-guerre », Eds du Cygne, 2015.

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Mémoire yézide, et épuration anti-Daech

7 Septembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Aide aux femmes yezidies, #Proche-Orient, #Le monde autour de nous

Un Indien, Amish Srivastava (opposant à cette Inde de Modi où on lynche les gens qui mangent de la vache), qui bosse pour Voice of America (VOA) vient de sortir un petit film de 11 minutes sur la vie de la yézide Nadia Murad, aujourd'hui "ambassadrice de bonne volonté" de l'ONU. Le film "The last dance" (la dernière danse) est construit à partir des 60 dessins peints en quatre semaines par un kurde syrien Lukman Ahmad, lui aussi employé à VOA.

Ce court-métrage souligne à juste titre que des milliers  de femmes yazidi (environ 3 000) sont encore esclaves sexuelles. Après la chute de Mossoul, et tandis que l'armée régulière syrienne est sur le point de libérer les derniers quartiers de Raqqa tenus pas les islamistes, beaucoup d'entre elles ont été exfiltrées vers d'autres villes du monde musulman et peut-être d'autres pays où elles sont toujours captives.

Nadia Murad a rencontré le ministre des affaires étrangères français JY Le Drian il y a 6 jours pour discuter avec lui de la situation de la communauté yézide à Sinjar et étudier les modalités pour poursuivre en justice les trafiquants d'esclaves yézides ou leurs tortionnaires.

Début août le ministre des affaires étrangères irakien a demandé à l'ONU une aide pour la poursuite des criminels de Daech. Le Royaume Uni a présenté un projet de résolution indiquant que seuls les criminels de Daech seraient poursuivis pour crimes de guerre (et non les armées et milices kurdes ou arabes pro-gouvernementales... ce qui pose quand même quelques problèmes...).

Une cour spéciale a été instaurée à Qaraqosh  près de Mossoul. Human Rights Watch  a été informée en juillet par un juge que 2 000 suspects d'appartenance à Daech sont en passe d'y être jugés pour les divers sévices infligés à toutes les populations de la plaine de Ninive, toutes communautés confondues. Selon un reporter de la BBC la cour examine 50 cas par jour ! En d'autres termes, c'est une justice expéditive. Il a assisté au procès d'un Irakien qui disait avoir juste été cuisinier des militants de Daech. Ce genre d'individu peut se prévaloir de la loi d'amnistie au bénéfice des gens recrutés malgré eux par Daech votée par le parlement irakien en août 2016, mais Human Rights Watch certifie qu'elle a entendu un juge de la région de Ninive (peut-être de cette cour de Qaraqosh) dire qu'il ne voulait pas entendre parler de cette loi, même pour les cuisiniers. Il existe aussi une cour kurde dirigée par le PYD qui gère 700 dossiers au nord de la Syrie. Open Society, l'ONG de Soros, recommande aux Etats syien et irakien d'adopter des lois sur les crimes contre l'humanité pour ne pas encombrer leurs faibles moyens des cas subalternes à l'égard desquels les juges risquent d'être très injustes. Leur reporter Nadem Houry racontait le 25 août qu'à Raqqa ceux qui s'en sortent le mieux parmi les ex-membres d'EI/Daech ne sont pas ceux qui ont les mains propres mais ceux qui ont des appuis dans les clans puissants (souvent kurdes) qui contrôlent les Forces démocratiques syriennes (un peu comme les combattants d'Al-Nosra recyclés dans les FDS).

La cour pénale internationale ne peut prendre en charge l'épuration car son mandat ne pourrait se limiter aux seuls crimes de l'Etat islamique.

L'activisme international des Yézides pour la répression des crimes de guerre se focalise autour du centre culturel Yazda à Houston (Texas). Hier le centre recevait Knox Thames conseiller spécial du département d'Etat pour le Proche-orient et l'Asie centrale et méridionale pour les minorités religieuses (il venait d'inaugurer le centre de Yazda à Lincoln au Nebraska), la conseillère de Trump Pam Proyer et d'autres membres du Département d'Etat. Yazda (qui a un centre d'aide aux Yézides sur place, en Irak, à Dohuk, et d'autres antennes sur place) est présidée par Haider Elias, un diplômé de la fac de psychologie de Huston natif de Sinjar. Dans 8 jours il animera quatre jours de conversation du Jewish Journal (Journal Juif) à Los Angeles en partenariat avec la "Beyond Genocide Campaign" (Campagne au delà du génocide) une association de rabbins progressistes californiens coordonnée par la rabbin Pam Frydman, diplômée de la fac de psychologie de Tel-Aviv.

Sociologiquement cela dessine une galaxie de soutiens économiques aux yézides d'orientation assez "centre gauche" avec des Indiens anti-Modi basés aux USA, des rabbins californiens et des Israéliens de centre-gauche (les travaillistes de Zionist Camp dont une député préside un groupe d'amitié israélo-kurde organisait en juillet dernier une commémoration du génocide des yézides irakiens à la Knesset).

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Les nouvelles sanctions contre Pyongyang, la transition cubaine, le massacre des Rohingya

5 Septembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous, #Asie

Je ne cesse de dénoncer la manie anglo-saxonne des embargos. Il faut le faire à nouveau après l'annonce par Trump de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord, alors que toutes les exportations de minerais de ce pays sont bloquée depuis plusieurs mois. Poutine s'est opposé à ce projet qui pourrait avoir des conséquences humanitaires graves. Il a raison.

Même s'il y a eu une croissance économique en Corée du Nord grâce à l'économie parallèle, le peuple y est pauvre. On parle de Pyongyang, mais il semble que seule une nomenklatura de privilégiés habite cette ville et l'on ne sait rien des campagnes. Les sanctions économiques les frapperaient durement sans avoir aucun impact sur le programme nucléaire gouvernemental. Il faut arrêter cette politique de matamore.

A part cela on nous parle de la transition politique à Cuba. Au terme d'une série d'élections locales et nationales, le premier vice président du Conseil d'Etat Miguel Diaz Canel, un ingénieur qui a dix ans de plus que moi devrait succéder à la tête de l'Etat à Raul Castro qui continuera de contrôler le parti. Pas de changement brutal à prévoir, une vidéo de Diaz Canel est sorti sur les réseaux sociaux où il demande plus de répression des médias indépendants. Je ne sais pas si "Cuba hurts" (Cuba fait mal) comme disait Eduardo Galeano, mais en tout cas elle ne s'alignera pas sur les intérêts du Pentagone et de WallStreet de si tôt.

Dans la série "je me répète", il me faut à nouveau parler des Rohingya, comme je l'avais fait en 2013 sur le blog de l'Atlas alternatif et sur ce blog.Russia Today hier avait des mots très ironiques contre Aung San Su Kyi, prix Nobel de la paix birmane aujourd'hui au pouvoir. ll y a de quoi, car les massacres que subissent ces musulmans de Birmanie depuis dix jours sont terrible.

On devrait faire une liste des crimes dont les prix Nobel de la paix se sont rendus coupables directement ou par leur complicité active et passive : Kissinger responsable du coup d'Etat chilien et des milliers de morts qu'il a engendrés, Lech Welesa qui, sur le tard, soutint la guerre de Bush en Irak (avec son cortège de destructions qui continuent encore), Barack Obama avec sa guerre des drones, celle de Syrie et celle d'Ukraine. Aujourd'hui Aung San Su Kyi et le massacre des Rohingya. Tout cela devrait justifier la mise à la retraite d'office de l'ensemble de l'académie Nobel.

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Les Miss chavistes, l'antiracisme aux USA, l'évolution des BRICS et Naked Truth

2 Septembre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Colonialisme-impérialisme

Le chaviste Jesus Silva se dit marxiste, mais "en même temps socialiste libéral" attaché à l'émancipation individuelle. Et donc il fait l'apologie du concours des Miss Venezuela, et note dans un récent article sur Aporrea que beaucoup de femmes députées de la Constituante vénézuélienne ont des seins en silicone et rentrent dans les créneaux de la beauté capitaliste actuelle, une bonne chose selon lui.

Je ne sais pas pourquoi, mais je trouve tout de même cela plus sympathique que le dernier article de Mélenchon qui, pour soutenir Maduro, adopte une ton haineux contre Macron, et prétend qu'il a converti celui-ci sur d'autres points de politique étrangère comme la question syrienne. Méluche en fait trop !

Vijay Prashad (ex contributeur de l'Atlas alternatif) fait un topo sur les gens qui renversent les statues des confédérés dans le sud profond. Vous n'y trouverez pas le nom de Soros, preuve que peut-être en effet, il n'y a pas de conspiration du milliardaire derrière les opérations antiracistes dans ce coin là, contrairement à ce que dit une certaine droite américaine. Prashad précise que le globalisme de Trump viendrait d'Ivanka Trump et son mari, et que Bannon aurait le soutien d'un milliardaire pour réintégrer Breitbart et l'utiliser comme un moyen de pression sur Trump.

Je vous livre ces infos sans commentaire personnel, car il est clair que les combats politiques aux USA comptent plus pour l'équilibre mondial que les nôtres. Donc nous devons savoir.

Les BRICS vont se réunir début septembre. On sent qu'avec une Inde et un Brésil clairement pro-américains le forum ne sera axé que sur le business. D'ailleurs l' Egypte, la Guinée, le Mexique, le Tadjikistan et la Thaïlande siègeront à la réunion. Pas sûr que ce soit pour en faire une arme contre l'hégémonisme américain. Mais bon, ce forum sert de ballon d'oxygène à la Russie, c'est déjà ça pour l'équilibre mondial.

En parlant de Russie, et pour finir sur une note dans le même ton que les Miss Venezuela, Lenta.ru explique que Naked News fut en réalité inventé en Russie dans les années 1990. A l'époque cela s'appelait Naked Truth sur la chaine M1. L'article peut être lu avec un traducteur automatique. L'actrice Pesotskaya y interviewait des députés en petite tenue sans que cela ne les choque. Nikolai Kharitonov candidat aux présidentielles de 2004 fut de ceux-là

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Louvre-Lens, actualités, Mia Khalifa visée par Daech

28 Août 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien, #Le monde autour de nous

J'ai traîné ce weekend du côté d'Arras, puis du Louvre-Lens, qui est un scandale budgétaire - un grand bloc moche au milieu d'un parc à l'abandon parmi les terrils où il y a deux fois plus d'employés que de visiteurs, bref un éléphant blanc....

Dans la librairie je suis tombé sur Mystères païens de la Renaissance d'Edgar Wind qui a l'air d'être un ouvrage très important sur les spéculations de Marsile Ficin, Pic de la Mirandole et de leurs disciples artistes sur les secrets de l'enseignement ésotériques du "divin Platon" qu'ils conciliaient avec la kabbale hébraïque. Livre paru en Angleterre en 1968, traduit en France seulement 24 ans plus tard... "Wind's book has been heavily criticized (by André Chastel, Carlo Ginzburg, E.H. Gombrich, and others) for frequent misreadings of sources and a "one-sided" fixation on the Neoplatonic perspective" dit la fiche de Wikipedia. En tout cas je suis convaincu que les recherches ésotériques des penseurs de la Renaissance sont à observer de très près.

Epluchons les nouvelles : des sous-traitants des USA tuent des civils en Somalie dans un bombardement, la Syrie accuse Washington de se préparer à l'empêcher de reprendre le contrôle de la région de Deir ez-Zor, et Kim Jong Un préparerait un nouvel essai nucléaire (maintenant qu'il n'a plus d'alliés nulle part, même pas en Chine).

Mes chers lecteurs qui il y a trois ou quatre ans regardaient des sites pornos (je ne doute plus que, sous ma bénéfique influence ils ne le font plus), se souviennent peut-être des prestations remarquables de l'actrice Mia Khalifa, cette jeune libano-américaine chrétienne de 24 ans (un site libanais a livré son identité en 2015 lorsqu'elle avait été classée star n°1 sur PornHub) que les sites présentent parfois à tort comme "palestinienne" juste pour faire monter l'Audimat. Mailonline nous apprend que dans une interview téléphonique à Sport Junkies jeudi la jeune femme qui se présente comme "ancienne actrice X" et maintenant étudiante en histoire se dit menacée de décapitation sur Tweeter. Elle s'est engagée à ne pas faire preuve de faiblesse.

Beaucoup de reproches sont adressés à cette femme, aussi bien d'avoir un symbole national chrétien tatoué sur l'avant-bras que d'avoir tourné des scènes X en hidjab alors que ce n'est pas sa religion. Son évolution a d'ailleurs été condamnée par ses parents.

Depuis lors des tas de gens de l'Inde au Mexique prennent une caméra pour filmer un message de soutien à la star. Evidemment de mon point de vue, ces types feraient mieux de se battre pour qu'on joue du Corneille ou du Racine dans leur ville (ce qui, vu l'ampleur du pouvoir des mafias culturelles dans les pouvoirs locaux est devenu presqu'impossible) que pour la liberté de leur idole à faire la pute sur leur écran. Mais je sais que mon propos sur ce point peinera à se faire entendre.

Pour mémoire il y a sept ans j'avais dit un mot d'un docu de France Culture sur la frénésie sexuelle au Liban.

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Les partis de la haine

18 Août 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Il y a toujours de quoi frémir en lisant les nouvelles. Même si Trump a félicité Kim Jong Un de ne plus viser Guam.

La haine gratuite continue d'affleurer partout : la droite suprématiste dans la Dexie américaine, les menaces de mort contre l'inamovible chef communiste du gouvernement du Tripura en Inde, la panique des israéliens de voir des officiers iraniens à leur frontière au Liban et en Syrie, l'attitude des kurdes dans les zones "libérées" de Daech en Syrie et en Irak, que dénoncent aussi bien les Turkmènes, que les yézidis ou les chrétiens (voir le Figaro récemment) et même les communistes.

Qu'au moins les citoyens prennent conscience des exagérations et des manipulations de la haine. Dans l'affaire nord-coréenne par exemple. Je ne sais pas si le régime est aussi atroce pour ses habitants qu'on le dit ou si au moins son bilan sur la santé et l'éducation comme le prétendent certains sites alternatifs est défendable. Sans doute est-il odieux, mais ce qui est sûr c'est que ce que nous avons fait à Kadhafi et Saddam Hussein l'a renforcé. Et ce qui est certain aussi c'est que ce régime n'est pas en mesure de balancer des charges nucléaires ni sur Guam, ni sur Hawaï. Dès lors toutes ces gesticulations de Trump ne servent qu'à renforcer un condominium sino-américain en extrême orient, et ça ce n'est pas acceptable parce que cela nuit à la souveraineté de tous les petits pays.

Le parti de la haine et de la peur fait beaucoup d'émules tous les jours (et les déclarations idiotes de Trump à propos des statues renversées l'aide), mais il en fera plus, n'en doutez pas, si l'Establishment reprend le pouvoir à Washington en renversant Trump avant la fin de son mandat. Le clan Clinton qui soudoyait les juges, faisait de la "cuisine spirite" avec Mme Abramovic, et finançait l'essor de l'extrême-droite fasciste de l'Ukraine au Vénézuela, et les djihadistes de l'Irak au Nigeria sait porter la destruction et la haine à des degrés de professionnalisme dont les pieds-nickelés du néo-nazisme américain n'ont pas idée.

Moscou a déclaré hier que les menaces de Washington contre Caracas visaient toute la région. Pour aider les soldats du parti de la haine à choisir le bon pays, voici  un petit exposé sur les différents accents en espagnol.

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Kiev-Pyongyang, un hackage d'Aporrea, le Kasai vu de Caracas

15 Août 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Grundlegung zur Metaphysik, #Asie

L'Ukraine est dans le collimateur : selon le NY Times, si Pyongyang a réussi à lancer son missile intercontinental Hwasong-14 le mois dernier c'est grâce à une copie d'un moteur fabriqué par l'usine ukrainienne Yujmach (Yuzhmash,mais je l'écris à la française, comme Elektromach en Transnistrie), ex-combinat soviétique sous-employé depuis la rupture russo-ukrainienne. Normal pour un pays livré à la gabegie et à la corruption... Le vice-président russe Rogozine enfonce le clou : on ne copie pas un moteur comme une peinture, il est évident que Kiev a aussi laissé partir des ingénieurs pour expliquer aux nord-coréens comment ça se monte.

On ne sait pas si Trump va se venger de ne pouvoir provoquer une guerre nucléaire aux frontières de la Chine en attaquant le Venezuela. En tout cas, il semble que Moscou compte plus sur la stabilité du Nicaragua, où la Russie a installé une base de lancement de satellites.  Aujourd'hui le site chaviste Aporrea.org est hacké, comme d'autres institutions vénézuéliennes, par le groupe Binary Guardians qui diffuse la vidéo du pronunciemento d'une militaire vénézuélienne Evelyn Gabriela Andrade, qui montre sa carte militaire comme preuve de son appartenance aux forces armées nationales bolivariennes et qui s'est inscrite sur You Tube hier "contre le régime narco-communiste et castro-communiste de Nicolas Maduro". L'enjeu est de provoquer la guerre civile en laissant entendre que l'armée est divisée. Intéressant de voir que le pronunciamento ait choisi une femme pour sa com'.

En tout cas Telesur, elle, n'est pas hackée, et parle des réfugiés du Kasai (en RDC) qui ne font pas la "une " de vos journaux mais que j'ai évoqués en avril dernier sur ce blog. La chaîne internationale vénézuelienne pointe le million de personnes déplacées, et les sévices subis par les enfants de la part des forces gouvernementales. Le temps de la sympathie entre Kabila et Chavez s'est éloigné. Telesur en revanche ne dit rien de l'ambiance de sorcellerie qui entoure la secte que combat l'armée congolaise dans cette région. Est-ce parce que Maduro est lui même entouré de grands balaos de la santeria cubaine comme le laisse entendre un enquêteur dans un le journal mexicain "El Universal" ? (voir aussi notre article de 2016 sur ce sujet).

Pour finir ci-dessous une vidéo en espagnol qui tend à prouver qu'il y a bien eu 8 millions de votants à la constituante vénézuélienne. Je vous laisse apprécier.

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Yémen martyrisé, Trump entre Pyongyang et Caracas, les diplomates et la santeria cubaine

10 Août 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous, #Grundlegung zur Metaphysik, #Asie

1 900 morts du choléra au Yémen depuis avril parce que les Saoudiens visent les infrastructures et la fermeture de l'aéroport de Sanaa depuis un an a coûté la vie de 10 000 personnes (défaut d'accès à l'aide alimentaire ou de possibilité d'évaluation). 80 % des enfants yéménites sont sousalimentés. A quand une sanction du Conseil de sécurité de l'ONU comparable à celles qui viennent d'être imposées à la Corée du Nord ?

En attendant ces derniers jours Trump poursuit sa surenchère contre la Corée du Nord. On voit mal comment il pourrait quand même aller jusqu'à provoquer un chaos et la dévastation de toute la péninsule coréenne (voire des alliés alentours) pour une simple poussée de testostérone, d'autant que Pékin ne laissera sûrement pas Washington déclencher cette catastrophe à ses frontières. A moins que, n'ayant pu passer à l'acte en Corée, il ne se rattrape en bombardant le Venezuela comme il vient de le laisser entendre ? Tout cela est exaspérant. Je veux bien que Trump soit un Cyrus comme de la Harpe l'avait dit en son temps de Bonaparte. Mais c'est un Cyrus de très bas étage. Et si je hais l'arrogance d'un Al Gore qui proclame qu'il ne finira pas son mandat, tout comme celle de tous les partisans de la révolution violette en rang serré derrière Soros, comme beaucoup de gens je suis épuisé par la bêtise du balourd qui gouverne la Maison blanche.

A part ça, avez vous vu l'article du Monde sur le mal mystérieux qui frappe des diplomates occidentaux à Cuba ? "Washington a rapatrié plusieurs de ses fonctionnaires en poste à La Havane. Le Canada a aussi évoqué la perte d’audition subie par l’un de ses agents." écrit le journal. Encore un coup de la santeria pro-castriste ?

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Toujours le deux poids deux mesures...

6 Août 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE, #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous, #Proche-Orient, #Débats chez les "résistants"

Les Croates célèbrent l'Opération Tempête de 1995 qui aboutit à l'expulsion des Serbes de Krajina. Leur président dit que cela a brisé le rêve d'une grande Serbie et empêché un nouveau Bihac (massacre commis par les Serbes en Bosnie). A juste titre le président serbe réplique : comment l'assassinat de personnes âgées et d'enfants dans une opération de nettoyage ethnique peut-il être conçu comme une mesure de précaution, une mesure préventive. Mais la Croatie est membre de l'Union européenne grâce aux bonnes oeuvres de la famille Habsbourg, pas la Serbie, donc le point de vue de Belgrade ne sera pas entendu.

Il en est un qui considère que la vitrification atomique de vieillards et d'enfants pourrait être une mesure préventive valable, c'est le président Trump, quand il pense à la Corée du Nord... La dernière décision du Conseil de sécurité de l'ONU (hier) bloquant les exportations de charbon et de minerais de ce pays est scandaleuse. Ce sont bien sûr les habitants ordinaires du pays qui en pâtiront car cela va appauvrir l'économie. On n'est pas loin de l'embargo criminel imposé par Bush et Clinton à l'Irak dans les années 1990. Je ne sais plus qui disait que les blocus, l'étouffement du commerce pour affamer une population, sont une stratégie typiquement anglo-saxonne depuis des siècles. Quel dommage qu'elle soit devenue la règle dans les politiques de "prévention des conflits" de l'ONU...

On suit en retenant son souffle les événements du Vénézuela. Nos médias trouvent normal qu'une procureure générale annule l'élection d'une assemblée constituante, et anormal que le gouvernement  la suspende de ses fonctions dans la foulée... bien sûr... Une vingtaine de soldats s'emparent d'une caserne dans la seconde ville du pays. Ce qu'on ne vous dira pas en Europe, c'est que les responsables militaires chavistes laissent entendre que les vingt "soldats" rebelles qui ont tourné la vidéo annonçant leur intention de renverser Maduro seraient plutôt des mercenaires abusivement vêtus d'uniformes militaires réglementaires et que la vidéo a sans doute été filmée du côté de Miami il y a déjà un certain temps... La manipulation des images et des esprits... Cela dit, par honnêteté, signalons aussi les aspects critiquables du chavisme actuel. Aujourd'hui je découvre qu'Eva Golinger, qui fut une de mes boussoles dans les années 2000 sur le Vénézuéla (voir par exemple mon billet d'il y a neuf ans - déjà ! - sur ce même blog du temps où il avait deux fois plus de lecteurs, sniff), critique le fait que la nouvelle assemblée constituante soit investie pour deux ans et sans référendum, là où Chavez en son temps l'avait convoquée pour seulement quatre mois et après avoir consulté le peuple. Il est vrai cependant qu'à l'époque le Vénézuéla était moins isolé et menacé (je ne suis d'ailleurs pas d'accord avec Golinger quand elle reproche à Maduro dans un Tweet d'avoir isolé Caracas par rapport à l'époque de Chavez : ce n'est quand même pas de sa faute si le Brésil et l'Argentine ne sont plus à gauche !). A titre de comparaison, la Constituante de 1946 en France qui a rédigé la loi fondamentale de la IVe république, dans une ambiance où le mot "révolution" était autant à la mode qu'au Vénézuela aujourd'hui si on en croit les Mémoires du Général de Gaulle, n'a siégé que trois mois.

Bon il faudrait aussi qu'on parle des contradictions de Washington au Liban qui impose des sanctions au Hezbollah (ce qui fragilise tout le Liban face au takfirisme car l'armée régulière libanaise est très faible), et, en même temps envisage de combattre Daech dans ce pays avec ses forces spéciales - le journal israélien Haaretz aujourd'hui demande à juste titre si Trump va se coordonner avec Nasrallah lequel mène déjà des opérations anti-Daech à la frontière syrienne. Mais c'est un sujet compliqué sur lequel on ne possède pas tous les tenants et aboutissants.

A part ça les artistes-qui-aiment-bien-faire-coucou-à-la-caméra-avec-des-gestes-lucifériens se succèdent à l'Elysée en ce moment. Après Rihanna c'est Bono...Tous pour des causes "humanitaires"... C'est quand même un peu bizarre... Bon, un bon point pour Macron quand même : il aurait proposé ses bons offices de médiation à Maduro (parce que Zapatero est un peu usé dans ce rôle). Ca met en colère le journal espagnol El Mundo, et tout ce qui énerve El Mundo est bon à prendre.

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Journée noire

2 Août 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Colonialisme-impérialisme

Série de mauvaises nouvelles aujourd'hui. Trump, lâche, cède devant son congrès et signe leur putain de loi anti-russe dont Diana Johnstone sur Counterpunch.org montre à quel impérialisme global contre l'économie européenne elle participe.

Après, il gonfle ses biscotos : "je vais anéantir la Corée du Nord". Et son petit caniche philippin Duterte de surenchérir : "Kim Jong Un est un fils de pute, à cause de lui il y aura une retombée de pluie radioactive sur mon pays s'il y a une guerre." La compassion de Duterte pour les millions de Nord-Coréens (et Sud-Coréens aussi d'ailleurs) qui mourraient dans une guerre nucléaire, aux premières loges de la déflagration, et pas seulement sous les effets indirects des pluies radioactives, est touchante.

Vijay Prashad écrit sur Twitter "Dans le gouvernement américain il y a un appétit de guerre contre l'Iran". Et l'autre conne de Jeanine Pirro (dont j'aimais bien pourtant les sorties contre Hillary Clinton pendant la campagne) dans sa dernière émission sur Fox News du 29 juillet dernier (vous pouvez l'entendre sur You Tube, c'est son "opening statement") crache sur la députée démocrate de Berkeley qui traite le général Kelly d'extrémiste en lui reprochant 1) d'avoir été la seule élue à la chambre des représentants à avoir voté contre la déclaration de guerre des Américains planétaire contre le terrorisme (moi j'aurais voté comme elle), 2) de ne pas être consciente du fait que seuls des hommes comme Kelly peuvent sauver les Etats-Unis d'une destruction par les bombes de la Corée du Nord et de l'Iran ! Bon sang qui mettra assez de neurones dans la tête des imbéciles de nationalistes américains paranos pour leur faire comprendre qu'aucun pays pauvre situé à des milliers de kilomètres de chez eux, même quand il prépare un programme nucléaire d'autodéfense, n'a les moyens ni l'intention de les détruire ! Quelle bande de crétins criminels !

La super-Frédérica européenne (je crois que c'est elle qui a succédé à la baronne Ashton, mais je ne veux même pas retenir le nom de ces sous-fonctionnaires qui, comme le disait justement naguère Farage ont "autant de charisme que des serpillères mouillées" et sont tous interchangeables) déclare que l'UE "ne reconnaît pas" la Constituante de Maduro. On nage en plein délire ! Depuis quand faut-il un certain taux de participation pour reconnaître la légitimité d'une élection ? Si c'est le critère, un bon nombre de gouvernements du Tiers-Monde ne devraient pas être internationalement "reconnus"...

Entre la connerie belliqueuse des nationalistes paranos et celle des "libéraux" internationalistes donneurs de leçon, je ne choisis pas. Je gerbe... Bon allez, je retourne lire Mauriac... Foutue journée !

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Venezuela, Gaz Liquide, Fleurs de Bach, Carla Ortiz

31 Juillet 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Il y a donc bien deux Vénézuela. Les 7 millions d'opposants qui ont voté contre l'élection d'une constituante, et les 8 millions qui aujourd'hui ont élu cette constituante. Un sondage financé par la Torino Capital Bank prétend qu'il n'y a eu que 3,5 millions de votants (si c'est une banque qui le dit...).

On savait que le gaz liquide jouait un rôle dans le conflit entre l'Arabie Saoudite et la Qatar. L'Eurodéputé de Die Linke Fabio De Masi laisse entendre que Trump veut imposer le sien aux Européens à travers les sanctions anti-russes et appelle l'Europe à adopter des représailles.

L'Humanité Dimanche du weekend dernier fait dans un article d'une page la promotion des Fleurs de Bach très défendues par les médiums. Encore un effort camarades et, tout comme vos alliés du FIFI pythagoro-mélenchonien, vous serez ouvertement occultistes ! Mais bon, allez, c'est la règle une loi de notre époque, les syncrétismes partout, comme les yézides qui vont d'Israël à l'Inde demander du soutien en trouvant avec chacun de leurs interlocuteurs des points communs : je suis oiseau voyez mes ailes je suis souris voyez mon poil, disait la chauve-souris.

L'actrice bolivienne Carla Ortiz interviewe l'ambassadeur de Syrie à l'ONU. L'entretien n'est pas passionnant, mais on relève quelques détails insturctifs : en 25 ème minute, il explique que la première fois qu'Obama envisagea d'attaquer la Syrie, une présentatrice d'un grand média américain lui a dit au téléphone que sa chaine était prête à lui affecter un jet privé pour venir de New York dans leur studio commenter la première frappe américaine sur la Syrie (toute l'obscénité des grands médias est là). Le diplomate explique aussi que tous les experts de l'ONU travaillent pour les Occidentaux. Il dénonce le fait que la plupart des gouvernements anti-Assad n'ont plus d'ambassade sur place pour vérifier les informations. L'anecdote sur le confinement des archives de la mission d'investigation de l'ONU en Irak des années 1990 est intéressante aussi.

 

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Macron, Caracas, Raqqa, Saakachvili

29 Juillet 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Revue de presse, #Le monde autour de nous, #La gauche, #Peuples d'Europe et UE

Assez risible, il faut bien le dire, ce comportement teenager de Macron qui swinge sur la musique de Daft Punk jouée par des militaires, ne sait pas qu'on ne dit pas "monsieur" à un général (il a fait l'ENA après la suppression du service militaire il est vrai, mais enfin cela naguère se savait même chez les réformés), et qui balance un ridicule "je suis votre chef" aux militaires alors qu'il n'en a pas l'étoffe. Les médias ont relevé ses bourdes. Peut-être parce que Lagardère qui les finances n'appréciait pas les coupes budgétaires de l'armée. Ils auraient mieux fait de rappeler que l'Allemagne devrait financer nos opérations militaires au Mali car c'est pour le bien de l'ensemble du continent que nous les menons. La solution à nos problèmes budgétaires au niveau militaire seraient de ce côté là, mais ne comptez pas sur le Monde pour l'expliquer, lui, qui préfère critiquer Paris pour servir de médiateur dans l'affaire libyenne sans y associer "nos partenaires" européens.

Et puis qu'est-ce que cette comédie d'un Macron qui annonce une augmentation de l'aide au développement au moment-même où il la réduit, à une Rihanna ambassadrice de l'éducation sans diplôme. devant pareille farce les conspirationnistes peuvent expliquer que Rihanna est une employée du sexe des Illuminati qui va d'un leader à l'autre pour le gratifier de ses énergies mystiques. Ce n'est pas plus absurde que le non-sens que nous servent les médias sur le sujet.

Ceux-ci sont d'ailleurs moins tendres avec Macron qu'il y a deux mois. Et donc sa cote de popularité chute. Ils pourraient être encore plus objectifs en cessant de qualifier Macron de "jupitérien", car il est autant Jupiter que je suis petit rat de l'opéra.

Hier le parti Macron a obtenu dans la même journée le départ des FIFI (les mélanchonistes) de l'assemblée nationale, et celui des Républicains. Belle performance démocratique.

Je ne suis pas fan des prestations du groupe de Ruffin, le saltimbanque en chemise flottante, ni de leurs idées (la proposition du vote obligatoire émanant de ce groupe me paraît totalitaire), mais il me semble qu'il faut une présence forte de l'opposition de gauche dans l'hémicycle comme partout.

Il en faudrait une aussi à l'international pour soutenir le Venezuela en ce moment contre l'offensive dont il fait l'objet. Mais comme nous avions échoué en 2000 à créer l'équivalent des comités de l'Appel de Stockholm contre la politique de l'OTAN dans les Balkans, il n'y en aura vraisemblablement pas pour Caracas non plus.

"Le Monde" toujours lui, dépité de voir que les Russes et le gouvernement syrien sont sur le point de reprendre Raqqa en Syrie, promet que la majorité sunnite du pays ne se soumettra pas à Assad. Toujours leur passion pour les guerres civiles. Sauf qu'apparemment à Alep, les sunnites reforment un consensus derrière le gouvernement légal pour reconstruire la ville. Les journalistes du Monde s'ils perdaient leurs enfants dans les guerres dont ils se font les chantres seraient moins ardents à jeter de l'huile sur le feu aux quatre coins du monde.

Allez, une bonne nouvelle : le corsaire de nos médias Mikheil Saakachvili, qui plongea son pays dans la guerre contre la Russie il y a quelques années et tenta de profiter du chaos ukrainien en 2014 pour faire carrière à Odessa, se retrouve apatride après avoir été déchu de sa nouvelle nationalité par le gouvernement putschiste de Kiev qui l'avait jusque là protégé. Il lui reste une chance de se faire néerlandais en raison de son mariage avec une Hollandaise. Je serais citoyen d'Amsterdam je m'inquièterais....

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Venezuela, Syrie, Afrique de l'Ouest

21 Juillet 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Revue de presse

Au Venezuela, l'opposition fait voter 7 millions de personnes contre la constituante... Mais il y a 19,5 millions d'électeurs inscrits sur les listes électorales (en 2015 il y a eu 14 millions de votants). Il semble que beaucoup aient dû vaincre la peur pour pouvoir voter (les chavistes ne sont pas tous des tendres, comme on l'a vu au parlement vénézuélien où une bande d'entre eux ont cogné des députés). Mais les opposants fachos violents ont vite gâché la fête diplomatique du référendum, en reprenant les pillages.

Trump rompt ses promesses de campagne en évoquant la création de bases en Syrie et en Irak, mais aurait annulé il y a six mois le programme secret de la CIA d'aide aux rebelles syriens.

Le Niger est au bord du chaos et peut à peine payer ses soldats, dans une zone où la moitié des enfants n'est même pas recensée par l'Etat civil. L'Afrique occidentale devient un Far West.

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Panthéon

8 Juillet 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Le monde autour de nous

Le panthéon républicain reste fidéle à lui-même, lui qui a accueilli en 1885 un homme qui a sacrifié sa fille pour pouvoir faire tourner des tables (ou, comme il l'écrit lui même dans Choses vues, à l'image d'Agamemnon il a "sacrifié sa fille pour du vent") voilà qu'il reçoit la dépouille d'une personne qui avouait avoir "commencé sa vie dans l'horreur et l'avoir terminée dans le désespoir". C'est peut-être cela aussi l'ambition de notre pays : commencer dans l'horreur et terminer dans le désespoir. Je ne pense pas qu'Edith Stein aurait dit cela de son parcours de vie, mais Edith Stein n'a jamais été "panthéonisée" nulle part.

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