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Le blog de Frédéric Delorca

Poids politique du christianisme

26 Décembre 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Grundlegung zur Metaphysik

Poids politique du christianisme

Il y a en Chine 10 millions de catholiques et 58 millions de protestants. La Chine pourrait compter 247 millions de chrétiens en 2030 dont 160 millions de protestants, ce qui en ferait le premier pays chrétien au monde devant le Mexique et le Brésil. Ce Noël beaucoup de leaders politiques de droite en France (dont MM. Sarkozy et Fillon) ont rempli leurs messages politiques de références religieuses au christianisme. Et David Cameron avait déclaré en avril 2014 que le christianisme pourrait aider à renforcer l'état "spirituel, physique et moral" de la Grande-Bretagne.

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Les paris

25 Décembre 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les Stazinis

Il est bon de réfléchir en philosophe, mais pas de parier sur l'avenir. Joseph de Maistre, auteur très important de notre histoire politique, qu'on l'approuve ou qu'on le combatte, et qui est de nos jours introuvable sur Amazon, ce qui est bien dommage, en 1797 pariait "à mille contre un" (sic) en page 120 de ses "Considérations sur le France" que la nouvelle ville de Washington aux Etats-Unis "ne se bâtira pas, ou qu'elle ne s'appellera pas Washington, ou que le Congrès n'y résidera pas"...

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Trump, Inde, Burundi, Djibouti

24 Décembre 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Revue de presse

Gros Culbuto change d'avis comme de chaussette sur a déchéance de nationalité pour les terroristes (je crois que les Anglais la pratiquent déjà). Poutine dit du bien de Trump, qui dit qu'H. Clinton a été "schlonged" par Obama (humour de chambrée, je me demande si cela plait au peuple américain ou ne sert qu'à conforter l'élection de Madame Guerre aux Etats-Unis).

Au moins 27 morts hier dans la répression contre l'Union pour le salut national (USN) chez notre cher allié djiboutien à 5 mois de la présidentielle.

3 500 arrestations et 400 morts au Burundi depuis avril dernier selon l'ONU. Le lieutenant-colonel Edouard Nshimirimana, un ancien officier supérieur de l’armée burundaise a proclamé hier la naissance officielle d’une rébellion, les Forces républicaines du Burundi, alors que le gouvernement refuse toujours l'envoie d'une force de l'Union africaine. Un coup d'Etat militaire avorté avait déjà eu lieu en mai dernier. Certains accusent le régime rwandais de Kagamé (qui lui a fait sauter ce mois ci par référendum le verrou de la limitation dans le temps des mandats ) de soutenir les rebelles.

Le président indien Modi fait des mamours à Poutine en matière de défense parce que Washington ne respecte pas sa parole en termes de transferts de technologie.

La Somalie et le Brunei interdisent Noël. Le petit Etat de Tripura en Inde (3 millions d'habitants) réélit son gouvernement communiste.

Noel avec Lénine - Edwin Bartlebooth, 1947

Noel avec Lénine - Edwin Bartlebooth, 1947

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"Sauve qui peut la vie" de Godard

21 Décembre 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Cinéma

Je regarde "Sauve qui peut la vie" de Godard (1979). Quand j'arrive à regarder un film de Godard, c'est que j'atteins un moment de liberté suprême. Je n'ai plus rien à apprendre, plus rien à comprendre. Je sais que je vais avoir une suite de tableaux devant moi et c'est tout. Le film parle de la campagne, de Castro, des pubis des filles, des merles qui envahissent les villes (c'est piqué dans Kundera je crois). Il n'y aura rien à en tirer, et, en même temps, on aimerait bien que la vie soit comme dans le film.

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Elections espagnoles, PC ukrainien, Erdogan, Macky Sall, Agrabah, Corse

20 Décembre 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Revue de presse

Estimation élections espagnoles Parti populaire 28 % (qui devrait sa survie politique au produit marketing "Ciudadanos" qui les laissera gouverner, mais même avec Ciudadanos ils n'ont pas de majorité),  Podemos avec 21,7%, devancerait le PSOE 20,5% selon certains sondages de sorties d'urnes ou le talonnerait à 20 % (ça c'est plutôt bien, mais le PSOE aura plus de sièges). Podemos écrase notamment le parti d'Arturo Mas en Catalogne, qui paie le prix de sa fuite en avant indépendantiste. Izquierda unida avec 4 % n'a que 2 députés, mais quelques uns de ses députés (en Catalogne et Galice) sont dans les rangs de Podemos.

A part ça Bruxelles émet la recommandation de supprimer les visas de court séjour pour les citoyens ukrainiens, géorgiens et kosovars. Dans le Guardian Vladimir Ichtchenko de l'université de Kiev critique la confirmation par une cour d'appel de Kiev le 17 décembre de l'interdiction du PC ukrainien.

Il rappelle cependant que cde parti, qui dépassait les 10 % il y a 5 ans, s'est montré inconsistant après le coup d'Etat, notamment sur la question de l'avenir du Donbass en critiquant à la fois le régime pro-OTAN de Kiev et les séparatistes. Sur le plan idéologique il avait compté dans ses rangs une milliardaire Oksana Kaletnik, ce qui selon Ichtchenko serait le signe de sa compromission avec les oligarques. Privé de sa base électorale du Donbass et persécuté par les nationaliste avait échoué à être représenté au parlement en octobre 2014, et était tombé à 1 % aux régionales il y a un mois sous le nom "Nouveau parti de l'Etat". Même si la CEDH(cour de justice européenne des droits de l'homme) peut lui raison comme elle l'a fait pour d'autres PC est européens interdits il aura du mal à retrouver sa force dans la clandestinité. Déjà 19 de ses responsables locaux du Sud et de l'Est russophones ont quitté son comité central pour protester contre la ligne du leader fondateur Petro Symonenko. Une gauche artificielle fabriquée par des oligarques pourrait le remplacer pronostique Ichtchenko.

Emmenés par Thierry Mariani, 17 élus LR et UDI ont rencontré jeudi et vendredi à Moscou des responsables politiques russes. A leur retour ils déclarent que le gouvernement de Kiev ne remplit toujours pas les objectifs de l'accord de Minsk.

Accord au Conseil de sécurité de l'ONU sur une paix en Syrie sans un mot sur l'avenir d'Assad, ce que souhaitait Poutine depuis longtemps,

Erdogan poursuit sa répression brutale au Kurdistan dans le silence de nos médias, reçoit Mechaal du Hamas et se rapproche d'une réconciliation avec Israël qui s'est excusé pour les morts turcs de la flotille pro-Palestine.

Elections espagnoles, PC ukrainien, Erdogan, Macky Sall, Agrabah, Corse

Sénégal-Congo : Le Président Sénégalais Macky Sall, celui-là même qui a essayé de sauver le putchiste burkinabe Ndiendere en septembre de cette année et qui pour cette raison a été conspué par le peuple de ce pays, a essayé de collaborer à une réunion sur le Congo RDC organisée à Dakar, financée par des fondations comme Brenthurst, Soros et Adenauer, à fin de rassembler toutes les forces politiques congolaises qui s'opposent au Dialogue proposé par le Président congolais. Ainsi il s'isole de plus en plus au sein des dirigeants Africains. Le gouvernement sénégalais a déclaré d'être "innocent" et n'avoir rien à voir avec cette conférence. Mais surtout en RDC même le vent tourne aussi : l'église catholique se dit piégée par les organisateurs de la réunion de Dakar et se retire.

Cette semaine, les sondeurs de l'institut Public Policy Polling ont interviewé des milliers d'Américains sur leurs intentions de vote à la présidentielle de 2016. Parmi les questions classiques, ils se sont amusés à glisser un petit piège: «Êtes-vous pour ou contre le bombardement d'Agrabah?» Or, Agrabah n'est pas un fief de Daech en Syrie, c'est la ville fictive du dessin animé Aladdin. 30 % es électeurs républicains et 20 % des démocrates disent "oui".

En Corse le nouveau président de l'exécutif régional indépendantiste dans son discours d'investiture fait référence à la « Giustificazione della Rivoluzione di Corsica » de don Grégorio Salvini, inspirée de la pensée de Saint Thomas d’Aquin qui prônait le maintien des droits de noblesse tout autant que la fin de la domination génoise, et se réclame de la protection de la vierge Marie.

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Les aspects peu connus de l'histoire

19 Décembre 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Peuples d'Europe et UE

Il est toujours bons de s'intéresser à des aspects peu connus de l'histoire. A la Cop2 on découvre que l'Arabie saoudite n'est pas seulement le royaume du fouet et de la lapidation mais aussi un grand émetteur de CO2 de ce monde. En lisant Atlantico on découvre que si l'on reproche à Kagamé sa main de fer au Rwanda, certains le louent d'avoir maîtrisé la natalité là où tout le continent africain bascule dans l'explosion démographique.

Mêmes découvertes sur l'histoire médiévale. Lisez le comte de Montalembert, chrétien libéral pair de France sous la Restauration. Il vous dépeint les cathares en persécuteurs, autant qu'en persécutés, et prend Michelet pour référence là dessus ; il campe une monarchie française sous Philippe Auguste et Saint Louis en modèle de résistance vertueuse au cynisme des Empereurs germaniques, et l'Eglise anglaise (celle de Saint Thomas Beckett, de saint Edmond de Cantorbéry, de saint Richard de Winchester, et celle du fils de Simon de Montfort premier combattant pour les droits des communes) comme le rempart contre la fourberie des rois de la dynastie normande. Formés ou déformés par les dogmes républicains nous n'avons pas coutume de voir dans la "Magna Carta" qui est l'ancêtre des constitutions européennes, "une réhabilitation des lois de saint Edouard, une confirmation du droit public de toute l'Europe de cette époque, fondé sur le respect des droits anciens et individuels" (saint Edouard, homme pieux qui détestait faire verser le sang fut écrasé par Guillaume le conquérant). Et l'on ignore que c'est un roi très pieux et catholique, le roi d'Ecosse Guillaume, ami du grand pape Innocent III qui inventa le weekend (en permettant aux pauvres de se reposer dès le samedi à midi, en 1202). Toujours intéressant aussi de voir les écrivains catholiques attristés par les haines qui ravagèrent l'Italie pendant tout le Moyen-Age et s'enthousiasmer pour les vertus de l'Espagne de la reconquête. L'enthousiasme du XXe siècle pour ce qui est anti-chrétien nous a fait oublier ce point de vue là.

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Yémen, Nigéria, Sahara occidental, Kurdistan, Bangladesh

17 Décembre 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Le monde autour de nous, #Revue de presse

Défaite de l'Arabie saoudite et de ses alliés (Blackwaters, Maroc, EAU) à Bab el-Mandeb au Yémen le 13 décembre. A peine Riyad annonce t elle la création d'une coalition contre le terrorisme que la Pakistan et la Malaisie, malgré tout l'argent que l'Arabie leur donne, déclarent qu'ils ne se sentent pas concernés.

Au moins 60 personnes ont été tuées au cours du week-end lors d'un raid de l'armée nigériane contre ce que Reuters présente comme une secte chiite. Les Iraniens parlent de centaines de morts et y voient la main saoudienne (Ryad finance le Nigeria)

En Espagne Izquierda unida remplit encore ses meetings malgré la concurrence de Podemos (suivez les élections dimanche prochain). En Equateur Correa demande à la Colombie de partager avec les autres pays andins l'or amérindien du galion espagnol du XVII ème siècle retrouvé au large de Carthagène fin novembre. La cour de justice de l'Union européenne annule un accord UE-Maroc en tant qu'il s'applique au Sahara occidental (une victoire pour les saharaouis). Des raids turcs se poursuivent avec brutalité au Kurdistan (Silopi et Cizre).

L'Espagne accrédite un ambassadeur bangladais Hassan Mahmud Khandker qui fut le chef des escadrons spéciaux du régime de Sheikh Hasina, et poursuivi à ce titre pour crime contre l'humanité devant la cour pénale internationale. Où sont les belles âmes émues par l'incendie de deux usines bangladaises en 2013, qui avaient promis des campagnes de boycott et voulaient suivre le devenir de cette "grande démocratie" qui compte parmi nos alliés ?

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Une grande guerre byzantine en Géorgie

16 Décembre 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Abkhazie

Une grande guerre byzantine en Géorgie

Gustave-Léon Schlumberger dans son Épopée byzantine à la fin du dixième siècle en trois volumes (1896-1905) raconte comment le dernier grand empereur byzantin Basile II le Bulgaroctone avant de mourir combattit en 1021 Georges Ier (Keorki Ier) "souverain pagratide des Aphkases" qui, pour récupérer la région de Tao s’était allié au caliphe fatimide du Caire contre Byzance. Le royaume d’Abkhazie et celui de Kartli s'étaient réunis quelques années plus tôt sous la houlette prudente de Bagrat III). Les Grecs crurent mourir de froid dans le Caucase et y eurent leur retraite de Russie, non sans y avoir commis beaucoup de massacres, aux dires de Samuel d’Ani, dans toute la portion du royaume d’Aphkasie sise au sud du Kour (ou la Koura) qui se jette dans la Caspienne, soit toute la Géorgie sauf la partie au nord de la rivière infranchissable. « Les dames nobles trainées sur les places publiques, la tête dépouillée de leur voile, furent exposées, dans une honteuse nudité, à la face du soleil », écrit Schlumberger citant Samuel d'Ani. « Celles qui, auparavant, pouvaient à peine trouver assez de forces pour visiter à pied les malades ou les lieux saints de pèlerinage, aujourd’hui tête et pieds nus, marchaient devant leurs vainqueurs insolents, privées de leurs parures, déshonorées, livrées à mille sortes d’outrages ». Les enfants furent exterminés. Les soldats russes de l'empire byzantin et les mercenaires étrangers furent particulièrement sanguinaires. Jamais depuis Justinien l’empire byzantin n’avait été aussi puissant. Mais dans les 30 ans qui allaient suivre la mort de Basile II en 1025 toute la grandeur de Constantinople allait s'effondrer.

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Un livre sur Hipparchia de Maronée

16 Décembre 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Philosophie et philosophes, #Antiquité - Auteurs et personnalités, #Lectures

Un commentateur de ce vieux billet sur Hipparchia (Hipparchie) de Maronée m'a signalé la publication d'un livre collectif qu'il a dirigé sur ce sujet. Mon compte rendu de son ouvrage a été mis en ligne par Parutions.com aujourd'hui ici.

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A suivre...

13 Décembre 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Revue de presse, #Le monde autour de nous, #Proche-Orient

Nabil Naiem aurait donc eu raison quand il disait qu'Israël soignait les militants islamistes en Syrie. Un document ici le prouve.

Les russes tirent sur un bateau de pêche qui fonçait sur un de leurs vaisseaux de guerre. En France le général Jean-Bernard Pinatel affirme que c'est la Turquie qui a organisé l'envoi des migrants syriens en Europe.

Le Président gambien Yahya Jammeh qui avait choisi l'arabe comme langue officielle du pays suite au retrait de la Gambie du Commonwealth proclame que la Gambie est un Etat islamique.

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Politique française

12 Décembre 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Peuples d'Europe et UE

Nous avons un premier ministre triste, pas très malin, et d'une très faible envergure morale (j'use ici d'euphémismes par charité), à l'image de toute la classe politique. Après les attentats du 13 novembre, il agitait la menace d'attaques chimiques et bactériologiques ; à la veille du second tour des élections régionales il parlait de risque de "guerre civile". Jouer sur la peur des gens, il n'est bon qu'à cela. Les propos irresponsables de cet individu sont à l'image du personnage qui n'est pas digne d'avoir l'avenir de la France entre ses mains. Mais on dira qu'il ne l'a pas plus ni moins que son président de la République, ni que les leaders des "Républicains" et l'on aura raison.

Peut-être avons nous la classe politique que nous méritons, comme nous eûmes le carabin libertin, grand tripatouilleur en chef Clemenceau en 1917-18. On ne peut pas avoir des Saint Louis et des De Gaulle à chaque génération. La France a sans doute encore un rôle important à jouer, sous l'impulsion de forces métaphysiques, mais pas sous la houlette de ces politiciens là.

Il faudra que j'expose un jour ma vision de l'histoire de France depuis les mérovingiens qui est très différente aujourd'hui de celle de ma période rationaliste d'avant 2014, mais rien ne m'y pousse pour l'instant. Je suis dans une phase d'apprentissage lent des réalités de l'Au-delà. Dans ce contexte, personne n'attend mon avis dans le débat politique national ; c'est tout à fait normal et c'est très bien comme ça. L'heure est à la tentative de comprendre sous un jour nouveau le destin de l'humanité, pas à la volonté de convaincre les autres.

Je ne fais que mon devoir minimal de citoyen en prenant position sur quelques sujets quand le mur de l'ineptie ou du cynisme me paraît franchi, et rien de plus.

Et en tout cas je ne voterai pas aux élections régionales (les élections pour ces grandes régions technocratiques grotesques) aujourd'hui, pas plus que je ne l'ai fait dimanche dernier.

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La démocratie dans l'Ukraine pro-européenne va mal

11 Décembre 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE, #Colonialisme-impérialisme

Un député de la majorité présidentielle Oleg Barna essaie d'arracher de la tribune le premier ministre Arseni Iatseniouk. Le député du bloc présidentiel Igor Kononenko estime que les jours d'Iatsenyouk sont comptés ce qui devrait ouvrir la voie à de nouvelles élections législatives. L'ancien président géorgien ami des républicains américains Saakachvili devenu gouverneur d'Odessa et allié du président Porochenko organisait un grand show anti-corruption pour dénoncer le détournement de 5 milliards de dollars par an (presque l'équivalent de l'aide du FMI, ce qui est une manière pour lui de se positionner en successeur possible d'Iatseniouk (mais Saakachvili, bien qu'il ait placé ses hommes à Odessa et brisé le monopole de l'oligarque Kolomoisky sur les lignes en partance de l'aéroport local, n'est pas forcément en position de force ayant échoué à imposer son poulain Sacha Borovik à la mairie d'Odessa le 25 octobre face à Sergueï Kivalov, le tombeur de Ianoukovitch en 2004).

Iatseniouk qui recevait mardi le vice président américain Biden (pour sa 5ème visite dans l'Ukraine pro-OTAN depuis le coup d'Etat de début 2014) est un proche de l'administration démocrate américaine. Nuland, la sous-secrétaire pour l'Europe et l'Eurasieaux droits de l'homme américaine dans une conversation piratée avait déclaré pendant le mouvement Euromaidan que "Yats" était leur homme. Biden devant le parlement ukrainien a tenté de convaincre le Bloc Porochenko de ne pas faire exploser la majorité afin que des lois puissent être votées permettant aux régions sécessionnistes de voter dans le cadre des accords de Minsk conclus avec les belligérants du Donbass et leur allié russe, mais il n'est pas sûr que le pari de la stabilité puisse être tenu dans ces conditions.

Le régime ukrainien (pays où 50 magnats contrôlent 85 % du PIB) est décidément bien malade.

Le jour même du pugilat au parlement, on apprenait qu'un dossier contenant la signature de 127 députés (il en faut 150 pour obtenir l'inscription d'une résolution à l'ordre du jour) en vue d'obtenir la révocation du procureur général Victor Chokina a été tout simplement volé dans l'enceinte du parlement. La guerre entre le parlement (Verkhovna Rada) et le Procureur général dure depuis avril dernier. Seulement 6 des 112 députés convoqués par ce procureur ont jusqu'ici accepté de comparaître.

Les attaques contre la police et la justice sont presque quotidiennes. Le 2 novembre un inconnu a tiré sur le bureau du Procureur général à un moment où il tenait une réunion avec ses subordonnés. Le lendemain, le procureur militaire du pays Anatoli Matios déclarait que les tirs provenaient d'un sniper, qui a utilisé une caméra thermique. Par ailleurs dans la région d'Odessa une bombe explose de temps en temps devant un commissariat de police sans que l'on sache si elle a été posé par un gang de corrompus ou par des alliés des séparatistes du Donbass qui cherchent à établir un lien avec la Transnistrie (sur les opérations récentes de déstabilisation par les pro-Russes ailleurs qu'à Odessa voir ici).

Le PC ukrainien, première force d'opposition sous le règne du parti des régions avant 2014, lui, pâtit toujours des lois de "dé-communistisation" adoptées par le nouveau pouvoir, de sorte que les élections à venir seront de toute façon faussées. Le 5 novembre, l'audience du procès du Parti communiste de l'Ukraine contre le ministère de la Justice en vue de l'annulation du décret prononçant son interdiction a été reportée par le régime de toute urgence pour cause de maladie "soudaine" du juge. En fait, le régime craignait la présence annoncée des politiciens et des avocats européens de gauche qui auraient pu vérifier de leurs propres yeux qu'il n'y a pas de justice en Ukraine. Le PC considère qu'il s'agit d'une petite victoire qui prouve en tout cas l'intérêt de la solidarité internationale et de la présence de militants étrangers à ses côtés.

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Dernier discours de Cristina Kirchner en Argentine et mobilisation au Vénézuela

10 Décembre 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche, #Colonialisme-impérialisme

Ce soir discours de la présidente sortante Cristina Fernández de Kirchner devant les personnalités empreint d'une certaine mélancolie, patriotique, rempli du souvenir de la lutte contre l'accord de l'ALCA (marche unique américain soutenue par George W Bush). Un hommage à Nestor Kirchner (qui n'avait été élu qu'avec 22 % des voix au premier tour), au Paris de mai 68 (celui de "l'imagination au pouvoir") aujourd'hui blessé par le djihadisme takfiriste, à Evo Morales président de Bolivie, à feu Hugo Chavez, au pape (autour de la 40ème minute de la vidéo ci-dessous).

"Nous avons moins d'idéologie que nos adversaires, la preuve c'est que nous avons importé plus des USA au cours des douze dernières années qu'auparavant". Félicitations à ses ministres qui ont subi la calomnie : "Etre ministre d'un gouvernement populaire ce n'est pas la même chose que d'être ministre d'un gouvernement médiatique".

Puis discours devant le peuple sur la place de Mai noire de monde : "les douze dernières années avec tous les médias hégémoniques contre nous, et les principales corporations économiques et financières nationales et internationales contre nous, douze ans et demi de persécutions permanentes" "malgré tant d'obstacles nous avons fait tant pour le peuple argentin". Après 12 ans et demi nous pouvons regarder tous les Argentins dans les yeux". "Je demande à Dieu une seule chose : que ceux qui nous succèdent par la volonté populaire...dans quatre ans puissent devant une place comme celle-ci dire à tous les Argentins qu'ils peuvent aussi les regarder dans les yeux. Que chacun des 42 millions d'Argentins ait un dirigeant en lui même, et sache prendre son drapeau s'il se sent trahi par ses dirigeants".

Sous Menem (dans les années 1990), 54 % des Argentins étaient sous le seuil de pauvreté, 40 % en 2004, 4,7 % aujourd'hui. 900 000 logements ont été construits en 10 ans. Les réserves en devises sont passé de 10 milliards de dollars en 2002, à 52 milliards en 2010. Des politiques d'aides sociales et de soutien à l'éducation publique ont été menées. Le taux de chômage est passé de 17,3 % en 2003 à 6,9 % en 2014. Les amnisties des généraux tortionnaires ont été annulées. Les renationalisations ont permis de remettre à flot la compagnie pétrolière publique, renforcer la compagnie aérienne nationale sur les lignes intérieures, restaurer les infrastructures, lancer les deux premiers satellites argentins.

Très beau et très grand moment que ces deux discours qui tournent une page de l'histoire de l'Argentine et de la gauche anti-impérialiste patriote latino-américaine, mais en ouvre aussi une nouvelle d'opposition au nouveau pouvoir libéral.

Pas de résignation non plus au Venezuela où les partisans du président Maduro sont dans la rue.

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La défaite bolivarienne au Venezuela, Proche-Orient, Arménie, Népal

7 Décembre 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Proche-Orient

On le craignait comme en Argentine : au Venezuela le retour des libéraux. L'opposition annonce avoir décroché deux tiers des sièges à l'assemblée nationale. Maduro (sous la pression de l'armée selon ABC) a reconnu sa défaite et la victoire de la "guerre économique"... On va être dans une cohabitation à l'américaine bien complexe pour la survie du chavisme. Troisième mauvaise nouvelle en provenance d'Amérique latine si l'on compte aussi la procédure d'impeachment contre la présidente du Brésil.

Le Maroc envoie des troupes terrestres pour aider l'Arabie saoudite à écraser le peuple yéménite.Le premier ministre irakien Haïder al-Abadi et les Kurdes mettent en demeure Ankara de retirer ses troupes de son pays sous 24 h. Erdogan aurait envoyé 25 tanks sur les champs pétroliers de Ba`shiqah près de Mossoul pour les prendre directement sous sa coupe dès lors que les frappes russes menacent le business pétrolier de Daech avec la Turquie. Selon les Russes leurs frappes menées en application de la résolution 2199 du conseil de sécurité de l'ONU auraient détruit 32 raffineries de Daech en Syrie.

Trois soldats syriens auraient été tués par les frappes américaines contre Daech dans la province de Deir al-Zour selon Damas, mais Washington dément (de l'inconvénient de ces frappes non coordonnées avec le gouvernement syrien et qui font des victimes parmi les civils, ce qui joue en faveur de Daech, idem pour les frappes françaises...).

En Arménie les électeurs votaient ce dimanche 6 décembre 2015. Ils sont appelés à s’exprimer par référendum sur un projet de réforme constitutionnelle porté par l’équipe en place (proche de la Russie). Il s'agit de revenir à un régime parlementaire mais l'opposition redoute une manœuvre du président pour se maintenir au pouvoir en devenant premier ministre en 2018. Bruxelles critique le déroulement de ce référendum, Moscou le juge légal. Plus de 60 % des 50 % de votants auraient voté "oui".

Au Népal le bras de fer avec l'Inde se poursuit notamment autour du statut de la minorité Madhesi (voir notre topo là dessus en 2011 sur le blog de l'Atlas alternatif). Le Népal n'est pas encore affranchi de la tutelle du "grand frère" indien.

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Les trente lecteurs

4 Décembre 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi

Ce blog garde le même rythme de croisière depuis 8 ans : une trentaine de visiteurs par jour. Probablement pas les mêmes qu'il y a 8 ans. Des gens qui tombent dessus par hasard après une recherche sur Google et n'y reviennent jamais. Des personnes que j'ai croisées à diverses étapes de mon parcours et qui se disent : "Tiens, il en est où Delorca ? Est-ce qu'il continue de s'énerver contre les néocons américains et européens ?"

Ca va ça vient, ça ne sert à rien. Mais peu importe. On continue.

Je me souviens du commentateur de ce blog qui avait pris sa plus belle plume un jour pour commenter mon itinéraire. "Certes vous avez été haut fonctionnaire, mais d'autres l'ont été. Certes vous êtes docteur en sociologie, mais votre sociologie n'est pas bonne. Certes vous avez bossé pour une mairie francilienne, mais vous y avez échoué. Certes vous êtes romancier, mais vous ne faites que des romans érotiques. Certes vous êtes engagé contre l'OTAN, mais ça n'empêche pas la terre de tourner, bref vous n'êtes rien". L'inventaire à la Prévert était drôle. Et je crois que l'intéressé face à Napoléon lui-même aurait tenu le même discours. "Certes vous avez gagné des batailles, mais vous avez échoué à Waterloo, certes vous fûtes Empereur des Français, mais la France n'existe plus etc". Pour arriver à la même conclusion "Vous n'êtes rien".

De toute façon c'est une grande vérité de notre temps : soit ce qu'on dit ne sert à rien car personne ne l'entend, soit cela blesse les convictions des abrutis ou leur amour propre et ils sont les premiers à se précipiter au bureau des dénonciations de la Kommandantur : "Le monsieur là, c'est un pervers, il ne pense pas comme les autres, et en plus il s'exprime avec franchise !"

Cinq ou six fois des types m'ont dit "votre engagement contre la politique de l'OTAN dans les Balkans ou ailleurs m'a été très utile pour forger ma propre conviction et m'a servi de modèle, m'a donné envie moi aussi d'agir". C'est un bilan maigre sur quinze ans. Mais quand même c'est déjà cela. Pas mal d'auteurs à diverses époques furent convaincus d'être si mal compris qu'ils se disaient qu'ils n'écrivaient, au fond, que pour deux ou trois personnes, dont certaines d'ailleurs n'étaient même pas encore nés (ça c'était du temps où on ne désespérait pas complètement des générations à venir).

Cela suffit à rassurer un peu une conscience, même si ça ne pèse pas lourd. Et puis, de toute façon, ça ne coûte rien. Jeter quelques idées sur un écran, signaler quelques injustices, ça ne prend qu'une demi heure. C'est de la charité au sens augustinien du terme, c'est à dire au sens noble, c'est comme donner une pièce à un pauvre, manifester dans la rue contre une loi. C'est une petite contribution individuelle à l'unité de ce monde dans lequel l'esprit est jeté. L'unité dans la justice. Nous sommes ici pour rechercher cela. Au diable les idiots qui n'y comprennent goutte !

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