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Le blog de Frédéric Delorca

La reconstruction de la Syrie

19 Février 2020 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Colonialisme-impérialisme

Le coût de la reconstruction est estimé entre 250 et 400 milliards de dollars et la Chine paraît être le seul acteur susceptible d’investir de telles sommes dans l’économie syrienne, peut-on lire dans L'Orient le jour aujourd'hui. Sauf que les Etats-Unis continuent de voler le pétrole du Nord Est, zone qu'ils occupent exclusivement dans le but d'assurer ce pillage (tout comme ils accélèrent aujourd'hui l'asphyxie du Venezuela en sanctionnant Rofnet qui parvenait encore à écouler un peu de pétrole de ce pays).

Sur le site du ministère du tourisme syrien sur Facebook (les institutions publiques syriennes sont très peu présentes sur les réseaux sociaux), on peut lire que dans la région de Tartous, 8 permis de construction pour des hôtels et 34 autorisations de rénovation pour des hotels, cafés restaurants ont été délivrées. A Alep le musée national a rouvert ses portes. Et si vous alliez y faire du tourisme cet été pour leur faire gagner un peu d'argent ? 

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Le système de prédation économique globalisé

16 Février 2020 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Les régimes populistes, #Débats chez les "résistants", #Le monde autour de nous

Voici quelques données économiques objectives qu'aligne dans son ouvrage "Giants, The Global Power Elite" (paru en 2018) Peter Phillips, professeur de l'université de Sonoma (Californie).

17 sociétés transnationales qui pèsent plus de 1 000 milliards de dollars et ont à elles seules la maîtrise sur 51 000 milliards de dollars dans le monde (en 2017).

80 % de la population mondiale à moins de 10 dollars par jour (et presque le moitié avec moins de 2 dollars). 30 000 personnes meurent de la faim chaque jour (alors que l'on gaspille un tiers de la nourriture sans pouvoir la donner à ces gens à cause des règles du capitalisme). La "classe moyenne" mondiale représente donc moins de 20 % de la population, et la classe transnationale représente 1 % de la population.

Le capitalisme concentré qui appauvrit les gens et pollue la planète (70 % des émissions de CO2 proviennent de 100 grandes compagnies) a toujours besoin d'avoir un retour sur investissement, et, ne peuvent l'obtenir qu'en obtenant la privatisation de tout ce qui appartient au domaine public (les services publics, l'eau, les forêts, l'air...).

Les 1 % de la planète en contrôlent 90 % des richesses. Le "coeur activiste" ("activist core") de ce capitalisme transnational représente les 36 trillionnaires parmi les 3 000 milliardaires. Il y a seulement 199 personnes au total dans les conseils d'administration des 17 sociétés qu'on évoquait plus haut. 199, pour décider de la gestion de ces 51 000 milliards de dollars. 

Jeff Bezos, la patron d'Amazon, est le plus riche des 36 trillionnaires, mais il n'est qu'un arbre dans cette forêt de riches qui intéragissent entre eux. Les transnationales pèsent plus que les économies des pays, et utilisent les règles de l'OMC et du FMI pour prêter de l'argent à des pays et les obliger ensuite à effectuer des investissements ou acheter des biens qui seront rentables pour elles. Elles agissent donc partout. Amazon pèse 1 000 milliards de dollars.

56 % du stock d'Amazon est possédé par des transnationales géantes, ce qui enrichit Bezos facilement.

Ces transnationales financent des groupes comme l'Atlantic Council (Conseil atlantique) lié à l'OTAN qui réunit des financiers et des hauts responsables diplomatiques et militaires qui inspire la politique étrangère des Etats. L'Atlantic Council contrôle des organes de communication : Omnicom Group, IPG, WPP, et quelques organes de communication publique aux ordres de ces trois là, qui fabriquent des communiqués que les grands médias (qui sont eux-mêmes la propriété des transnationales, les 6 principaux sont AT&T, CBS, Comcast, Disnay, Fox et Viacom) se contentent de reprendre (le fameux "script médiatique").

L'Atlantic Council en ce moment travaille avec Facebook et d'autres réseaux sociaux pour nettoyer les posts qui s'y trouvent. En arrière plan de l'interview de Peter Phillips par Abby Martin est affiché l'exemple du "Cyber Statecraft Initiative" pour la Pologne exposé à Varsovie les 16-17 janvier 2019 organisés par l'Atlantic Council et la Banque de Pologne (Bank Polski). 80 % des News de la TV sont préparées et packagées par des instituts de relations publiques. C'est par exemple le cas des mensonges sur Venezuela ou sur l'Iran.

Ces structures s'appuient sur la force militaire, que Peter Phillips les nomme "les protecteurs" : les armées de l'OTAN, la police, les sociétés de mercenaires.

G4S est le deuxième plus grand employeur privé du monde derrière Wallmart, avec plus de  500 000 salariés, il est basé dans 120 pays : c'est une société britannique de sécurité qui par exemple fournit des chiens pour empêcher les gens d'attaquer les oléoducs ou attaquer les manifestants (leur siège en Afghanistan a été plastiqué le 28 septembre 2018) ou protéger les colonies israéliennes en Palestine. Ils dirigent même des prisons et peuvent constituer des zones vertes sécurisées où les capitalistes le demandent. Blackwater (Academi) mène des guerres privées en Afghanistan, en Afrique, avec des véhicules blindés, des avions etc pour protéger le capital, organiser des changements de régime ("regime change"), menacer les régimes récalcitrants etc.

Blackrock qui fait des bénéfices dans tout (l'industrie, la guerre etc). Larry Fink (issu d'une famille israélite de Los Angeles) qui le dirige a été un conseiller de Trump est un fervent adepte de la privatisation de la sécurité.

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Des effets néfastes du populisme musclé

14 Février 2020 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les Stazinis, #Proche-Orient, #Les régimes populistes, #Christianisme

Un sondage Washington Post ABC révèle que 71 % des Américains estiment que la marine américaine a eu raison d'abattre un avion de passagers d'Iran Air Vol 655 le 3 juillet 1988 qui a tué 290 civils - 75% des Américains mettent la faute sur l'Iran. 61% refusent que Washington verse une indemnisation. 82 % veulent maintenir une présence militaire américaine dans le Golfe persique. Chiffre le plus élevé depuis 1987. Certains voient dans ce chiffre un effet du trumpisme sur l'opinion publique de son pays.

Même si l'élection de Trump a eu du bon pour freiner certains processus délétères dans les élites américains, on ne peut négliger le fait que ce populisme musclé qui favorise le culte de la force a des conséquences catastrophiques dans l'opinion publique. Sans oublier aussi, du point de vue de l'histoire des religions, sur la conception du christianisme (vu la nature des soutiens religieux à Trump) que cela favorise est très semblable au conservatisme de droite le plus impitoyable qui sévissait pendant la guerre du Vietnam. L'impact ne touche pas seulement les Etats-Unis : c'est aussi en vertu de la même logique qu'ensuite la droite bolivienne après le putsch du 10 novembre dernier envahit Bible à la main le palais présidentiel à La Paz puis persécute les Amérindiens restés fidèles à Morales.

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