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Le blog de Frédéric Delorca

Articles avec #grundlegung zur metaphysik tag

Christianisme et nature

21 Juillet 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Philosophie et philosophes, #Christianisme, #Grundlegung zur Metaphysik

Nietzsche nous a enseigné que le christianisme était une horrible inversion des valeurs de la nature, une anti-nature. Il n'était pas le seul. Beaucoup le disaient en son temps. A la différence des petites nanas qui prennent leur webcam pour dire "moi j'aime trop la nature, j'adore me rouler dans l'herbe, je veux devenir wiccane - mais attention wiccane éclectique hein, sans contraintes - " comme la fille de la vidéo ci-dessous, il savait bien que la nature humaine n'est en rien stabilisée et qu'elle prête à tous les excès et toutes les violences, surtout sous les cieux hédonistes de la modernité. Mais, l'orgueil aidant, il croyait qu'en mobilisant beaucoup de culture et de finesse, à la manière des Grecs présocratiques, il pourrait ciseler une adhésion totale à la Wille zu Macht naturelle en symbolisant au plus haut niveau les instincts de cruauté et d'anéantissement. Cela conduisait nécessairement à l'ascèse et la solitude, et, au bout du compte, à l'auto-destruction, comme sa folie finale l'a démontré. Bref à une anti-naturalité bien pire encore que celle des moines anachorètes.

La véritable anti-naturalité, elle n'est pas dans le christianisme, mais dans les hérésies comme le manichéisme (celui des cathares par exemple) fondées sur une haine active du corps. Haine active du corps, comme amour immodéré de celui-ci conduisent aux mêmes impasses destructrices, parce que, comme on le disait plus haut, rien en l'homme n'est stabilisé. Le christianisme, lui, avec toutes ses imperfections terrestres (ses textes contradictoires, ses formes d'institutionnalisation criminelles etc) a au moins le mérite de ne reposer sur aucune haine ni aucun amour anthropologiques, et de faire procéder tout sentiment véritable de l'Au-delà. Il renvoie toute la naturalité à Dieu pour la soustraire au diable (à l'instabilité destructrice) et n'adhère aux élans naturels que pour autant que Dieu les guide, c'est à dire avec tout le système de contraintes que prescrit l'Evangile : ne rien s'attribuer à soi-même, ne rien planifier, ne pas s'interroger sur le lendemain, ne s'attacher à rien de périssable etc.

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Panthéon

8 Juillet 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Le monde autour de nous

Le panthéon républicain reste fidéle à lui-même, lui qui a accueilli en 1885 un homme qui a sacrifié sa fille pour pouvoir faire tourner des tables (ou, comme il l'écrit lui même dans Choses vues, à l'image d'Agamemnon il a "sacrifié sa fille pour du vent") voilà qu'il reçoit la dépouille d'une personne qui avouait avoir "commencé sa vie dans l'horreur et l'avoir terminée dans le désespoir". C'est peut-être cela aussi l'ambition de notre pays : commencer dans l'horreur et terminer dans le désespoir. Je ne pense pas qu'Edith Stein aurait dit cela de son parcours de vie, mais Edith Stein n'a jamais été "panthéonisée" nulle part.

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Intox métaphysico-politique sur Arte

29 Juin 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE, #Grundlegung zur Metaphysik

L'intox à la TV est subtile, subliminale, et, pour cette raison, d'autant plus efficace. Hier soir je tombe par hasard sur ce documentaire "Sanatorium Europa, le refuge des écrivains". On y parle de Monte Verita des années 1910. Je tends l'oreille. On ne vous le présente pas comme un lieu où on fait des invocations des morts et où des médiums dans la veine d'Aleister Crowley affiliés à l'Ordo Templi Orientis se livraient à des rituels de magie sexuelle très douteux (ce que, très profondément, c'était), mais comme un endroit "sympa" où on pensait la Lebensreform en se baignant nu.

On nous explique que l'écrivain Hermann Hesse ne s'y est pas bien intégré et a préféré rejoindre un gourou qui vivait "au naturel" dans une caverne. Chose très étranges, les choses dans ce documentaire sont toujours dites sans les dire. On nous explique que le gourou ne vivait pas avec des peaux de bêtes mais avec une robe en lin d'origine végétale. L'historienne qui commente oublie de rappeler que cela vient des préceptes de Pythagore. De même le docu embraye dans la foulée sur le pentagramme qui était le symbole du gourou. Et là non plus,

aucune référence à Pythagore... rien du tout ... L'historienne essaie quand même de nous faire un peu comprendre : le symbole représente l'amour qui est au chiffre 5, chiffre de Vénus... On ne nous parle que du côté doux, agréable de la chose, pas de toute la dimension diabolique que revêt le pentagramme dans l'occultisme depuis des siècles (ce serait dommage qu'on fasse réfléchir les gens auxquels on a déjà économisé l'effort de retenir le nom "Pythagore"). D'ailleurs l'historienne n'a même pas prononcé le mot p"entagramme" qu'on voit pourtant bien à l'écran. Elle appelle cela "étoile à  cinq branches".

Et, puis, chose incroyable, on commence à nous guider vers autre chose qu'il n'est pas du tout habituel de rattacher au pentagramme : la couronne de douze étoiles de la femme de l'Apocalypse que les catholiques ont mise sur la tête de la Vierge Marie. On nous explique que c'est dans la même esprit que la douceur de Mère nature. Et on va plus loin, quitte à être complètement hors sujet par rapport aux utopies des années 1910 : le drapeau européen a repris cela parce qu'on veut construire une Europe douce et maternelle. Vous l'avez sentie passer celle-là ? Juste une petit bourrage de crâne politique au milieu des danseurs nus de Monte Verita et des paysages forestiers des philosophes en robe de lin : oui mes amis, l'Union européenne, comme la Nature et la Sainte Vierge est votre douce maman. Juste après le coup de gueule du

pythagoricien Mélenchon contre la présence du drapeau à l'Assemblée nationale. Façon de dire "Frère Méluche tu n'as pas compris que ton phi d'harmonie sous la tutelle de Pythagore inclut aussi la Sainte Vierge et les nudistes de Monte Verita - que la fête de l'Huma a aussi mis à l'honneur en septembre dernier au passage - dans le grand ensemble édénique de l'Union européenne". Dormez bien braves gens. Votre Maman l'Esprit du Monde, Isis, avec ses étoiles à cinq branches veille sur vous (en finançant au passage Daech, la crucifixion du Yémen et celle de votre jeunesse... mais chuuut !).

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Wo Ignoranz war soll Wissenschaft werden

24 Juin 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik

La monstruosité macronienne est le salaire que la France a sans doute bien mérité. Comme le Qatar a mérité son opprobre, dont le plus piquant est qu'il lui est infligé par une pays encore plus abject que lui, l'Arabie Saoudite - notre pays après lui avoir piteusement offert ses fesses doit aujourd'hui abroger la convention fiscale qu'il avait signée avec lui sous la pression d'émirs plus barbares encore... Enfin bref... Devant tant de vilenie, fuyons ou plutôt allons plus au coeur des causes des choses du monde actuel, passé et à venir - Felix qui potuit rerum cognoscere causas.

Un correspondant m'envoie aujourd'hui une revue technique dans un domaine qu'on croit ordinairement incompatible avec la technique : l'astrologie. Fausse science dirons les conformistes - et je disais la même chose il y a 5 ans. Voire...

J'y découvre des choses étonnantes sur un certain Dr Guy Avril, docteur en médecine, aujourd’hui retraité, qui a étudié la phytothérapie et d’aromathérapie à Paris, puis la médecine chinoise traditionnelle à Shanghai (Chine), qui a travaillé en Inde est s'est immergé pendant une année dans la médecine de sainte Hildegarde de Bingen. En 1989, sous le pseudonyme E. Mirach (il était encore en activité), le Dr Guy Avril publia à compte d’auteur un livre resté méconnu : L’analyse astrologique en médecine. Il voit comment on peut soigner certaines maladies à partir des astres. "De toutes les méthodes d’investigation, c’est probablement l’astrologie qui offre l’accès le plus direct, le plus rapide et le plus simple à l’âme et à sa maladie. C’est aussi le moyen le moins pénible pour le malade. Il n’est pas question de nier les techniques qui permettent la connaissance globale de la maladie… mais la connaissance de la cause première passe par l’astrologie qui donnera les trois niveaux d’organisation fonctionnelle de la nature humaine : physique, psychique et spirituel" écrit-il en 4 ème de couverture de son livre maintenant accessible aux éditions Spiritualité occidentale.Toute cette alliance entre astrologie-alchimie-médecine allait jadis de soi. La franc-maçonnerie catholique dans la lignée des templiers fut active dès le XVe siècle pour en défendre l'héritage, notamment en Grande-Bretagne quand il s'agit de défendre la science et le pouvoir des Stuart écossais. Je me sens bien ignare devant toutes ces choses très intrigantes que l'enseignement républicain nous a sottement conditionnés à mépriser...

La docteur Guy Avril égaye à l'occasion les pages loisirs de La Charente Libre et n'apparaît même pas sur You Tube (à la différence de pseudo- "coaches" de tout poil) alors que c'est peut-être lui qui devrait (je le dis sérieusement) être notre ministre de la santé, et le précepteur de tous nos médecins généralistes. Ce monde marche vraiment sur la tête...

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L'échec de Mme May, les thèses sur les attentats, le tandem Tillerson-Bush sur le Qatar

11 Juin 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Peuples d'Europe et UE, #Colonialisme-impérialisme, #Proche-Orient

Et voilà, Mme May comme M. Chirac nous auront démontré que dissoudre une assemblée n'est pas toujours une bonne idée. Son parti décroche 48 %, 40,5 % au Labour. Elle aura besoin des européistes pour gouverner. Mauvaise pioche. Les mauvaises langues disent que si le Labour avait eu un leader moins à gauche il aurait gagné, car si Corbyn a été le leader travailliste qui a fait le plus progresser le Labour d'une élection à l'autre depuis 1945, ce serait surtout à cause des gaffes de Mme May. Le Royaume Uni n'est pas au bout de ses peines.

Les révélations contraires au point de vue mainstream se multiplient. Un agent de la CIA sur son lit de mort confesse avoir fait partie des assassins de JF Kennedy. Des videos continuent de circuler sur le 11 septembre. Des gens se demandent si l'attentat de Manchester, comme le Celebgate de 2014 (qui avait aussi entre autres Ariana Grande dans son collimateur) n'a pas été organisé par des esprits un peu plus élevé dans la hiérarchie de la surclasse mondiale que des barbus de base (même protégés parle MI5) ou que des hackeurs boutonneux dans leur chambre. Mais évidemment toutes ces réflexions sont discréditées par le flot d'autres spéculations absurdes sur les chemtrails, le gran creux au centre de la terre, le récentisme et les pieds fourchus de Madonna. Bref, les gardiens du temple du "Nouvel ordre mondial" n'ont pas trop de soucis à se faire. C'est fou quand même que George Bush senior ait fait de ce terme un slogan en 1990. Déjà à l'époque beaucoup avaient été choqués par la ressemblance avec le thème nazi de "l'ordre nouveau". Mais quand on sait ce que le mot "ordre" signifie dans tout le domaine de l'occultisme et de l'alchimie on peine à penser que les communicants autour des milieux républicains américains de l'époque ont complètement procédé par hasard.

En tout cas, quand on voit les effets de cette doctrine hégémoniste sur l'Irak, la Libye, le Yémen, la Syrie ou même le Sud Soudan, on se dit que ces docteurs Faust du Pentagone et du Département d'Etat avait bien plus de pouvoir pour introduire la mort, le désespoir et le chaos en ce monde que les apprentis sorciers d'autrefois.

Avez-vous remarqué les cafouillages entre Tillerson et Trump sur le Qatar cette semaine ? Cela m'a rappelé quand le premier disait qu'il essayait "chaque jour de comprendre ce que le président attendait de lui". Ces deux-là sont plus dans l'amateurisme en matière d'art de la destruction massive que leurs prédécesseurs démocrates.

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Recherche lumières sur Catherine de Médicis, Mme de Montespan, le martinisme etcetera

31 Mai 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Divers histoire, #Grundlegung zur Metaphysik

Il y a dix ans, les spécialistes de la com' assuraient que grâce aux blogs, les auteurs rencontreraient des tas d'érudits et auraient des échanges fructueux, qu'ils pourraient proposer la publication de leur blog sous forme de livre etc. Vous savez, l'éternel discours irénique des spécialistes de la com', genre "ça ira mieux demain". En fait la vérité c'est que quand on écrit un blog, on rencontre 99,8 % d'indifférence chez les lecteurs, 0,19 % d'insultes ou de flics de la pensée qui veulent vous blacklister, et 0,01 % de gens qu'on est vraiment content de rencontrer. Dans ces 0,01 % il y a parfois des surprises étranges. Il y a deux ans s'était manifestée via mon blog une journaliste à la retraite très bonne connaisseuse du soufisme et de certains aspects (que je ne puis détailler ici) des cultures asiatiques. Donc on garde toujours un petit espoir, quand on écrit, de provoquer une mini-effet papillon qui, pour aussi improbable qu'il soit, peut au moins déboucher sur un dialogue (un seul ce ne serait déjà pas si mal) intéressant. Tenez, deux heures après que j'eusse publié mon billet sur Chateaubriand et Saint Malo lundi dernier, un blogueur de la plateforme apparemment lié à la magie africaine s'est mis à suivre mon blog. Peut-être à cause du billet où j'évoquais le millénarisme congolais... En tout cas, la référence à Chateaubriand ne l'a pas fait reculer. Tout est donc possible, même si peu de choses se passent...

Dans mes rêves les plus fous en ce moment j'aimerais rencontrer des spécialistes de la Renaissance et de l'époque moderne (17e-18e siècle), des gens calés et qui auraient cependant l'esprit assez ouvert pour dialoguer sur des sujets pas vraiment en odeur de sainteté à l'université. Je tourne dans ma tête des tas de questions sans réponses sur ce médaillon où Catherine de Médicis est représentée en Isis avec une tête d'épervier, sur cette Mme de Montespan au sein lourd qui allait s'allonger nue sur l'autel de la Voisin dans le cadre de messes noires dédiées à la perte de ses ennemis. Il y a des tas de choses sur lesquelles je ne comprends rien : par exemple ce philosophe spirite, de Saint-Martin. Chateaubriand a une drôle de façon d'en parler dans les Mémoires d'Outre Tombe. D'abord en une page il dit qu'il n'a pas vraiment pu vérifier ses talents de spirite, parce que, comme avec tous les autres médiums, les expériences de Chateaubriand ont échoué : les phénomènes prodigieux n'ont pas eu lieu (Chateaubriand d'ailleurs n'en est pas fier - par moments il l'impute à la grandeur de son christianisme, mais à d'autres il dit qu'il a une fibre "trop grossière", certains diraient aujourd'hui : un problème de niveau vibratoire...). L'auteur du Génie du christianisme semble traiter l'affaire assez légèrement, puis se ravise, s'excuse auprès du lecteur et de Saint-Martin, précise que celui-ci a une philosophie de la vie très noble, très élevée. Bref, il rétropédale sans raison. Ou peut-être avec raison : Saint-Martin avait une grande renommée de son temps. J'observe qu'un grand critique littéraire et historien comme Augustin Viatte encore cent ans plus tard le plaçait très haut dans son estime (et il était loin d'accorder son estime à tout le monde...). L'embarras de Chateaubriand, les éloges de Viatte, tendent à me faire penser que le martinisme (qui eut en France beaucoup d'adeptes au 19e siècle, comme le swedenborgisme en milieu protestant) n'était pas rien. Sauf que je tombe aussi sur un article du XIXe siècle ordurier contre ce mouvement, qui l'accuse pêle-mêle d'être une imposture, une annexe de la franc-maçonnerie et le nid de serpent de la terreur jacobine... Dans ce domaine de la sociologie et de l'histoire des mouvements spirituels, on lit un peu tout et n'importe quoi : les gens tissent des légendes dorées et des légendes noires, puis les rationalistes croient (à tort) s'élever au dessus de la mêlée en renvoyant tout cela au domaine de l'imagination délirante, jetant ainsi le bébé avec l'eau du bain.

Oui, mais voilà : "Et pourtant elle tourne !"... Et pourtant il y a quelque chose là. Quelque chose dont on aimerait pouvoir parler avec des bons connaisseurs de l'époque. Sauf que de nos jours, où les gens se scotchent aux actualités télévisées plutôt que de prendre du recul et lire des livres d'histoire, les connaisseurs ne sont pas légion. "Je cherche un homme" disait Diogène, une lanterne à la main. Si vous êtes comme ci, téléphonez mi, si vous êtes comme ça, téléphonez moi...

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Saint-Malo et Chateaubriand, Jersey et Aphrodite

29 Mai 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #XIXe siècle - Auteurs et personnalités, #Le quotidien

J'étais à St Malo vendredi par un temps caniculaire. Moi qui ai souvent dans ces pages vanté la mémoire de Chateaubriand, j'avais oublié combien cette ville lui était associée. Dans le musée historique se trouve d'ailleurs son célèbre portrait de 1807, rescapé des bombes de 1944. Mais ce musée est trop muet. Il faut assister à la fantastique présentation de la Demeure du Corsaire par M. Olivier de la Rivière pour y entendre parler des célèbres dogues de Saint-Malo (célèbres, mais dont, dans mon inculture crasse, j'ignorais tout). Chateaubriand dans les Mémoires d'Outre-tombe rattache ces dogues (des mastiffs) aux chiens de la Gaule antique.

Du coup, hier soir je parcourais les Mémoires pour y découvrir à nouveau combien le grand homme savait tout mieux que moi et en rendait compte en quelques mots élégants et denses (y compris sur la forêt sacrée de Marseille chantée par Lucain qu'il évoque en quelques mots cursifs et que je n'ai découverte qu'il y a trois ans). Bien ancré dans son christianisme, il évoque sans mépris mais avec la distance adéquate les échecs des médiums de son temps (dont le célèbre Saint-Martin dont Viatte vanta la hauteur spirituelle) et la fascination de Napoléon pour les astres qui transparaît dans les propos décousus du Premier consul lors de leur rencontre d'avril 1802, lequel voit dans l'Evangile une allégorie du mouvement des planètes... Chateaubriand aura tout vu, tout pensé, quoique toujours à travers cette trouble mélancolie solitaire dont on peut se demander si elle était vraiment chrétienne. Au gré de cette lecture, j'apprends que de La Harpe en 1800 avait qualifié Napoléon de "nouveau Cyrus", comme le font les évangéliques aujourd'hui à propos de Trump.

Juste apràs St Malo, les premiers mots que je lusse dans le paysage anglo-normand de Jersey avant hier furent "Hotel Pomme d'Or". Je repense à Atalante, au fait qu'Aphrodite lui avait lancé des pommes d'or pour ralentir sa course. A mon retour, j'apprends qu'Aristophane disait d'Hélène de Troie qu'elle avait refusé à Ménélas les "pommes de sa poitrine"... La guerre de Troie aussi avait débuté avec une pomme. La veille (jour de Vénus) à St Malo les poitrines féminines avaient un peu trop attiré mon regard, tandis qu' au même moment (mais je ne le savais pas) une journaliste suisse me demandait par mail si les femmes iraient torse nu demain comme aujourd'hui les hommes (un mail que je n'ai retrouvé dans ma boite hier). J'ignore si ce "concours de circonstances" explique pourquoi je lisais dans une librairie jersiaise que Victor Hugo sur son île d'exil faisait poser sa cuisinière Catherine nue pour des photos (sans doute à cause de ses pommes...). Mais on sent bien que dans cette affaire Aphrodite a outrepassé ses droits.

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L'impeachment de Trump, les impostures de W. Walker, Macron, le millénarisme congolais

18 Mai 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous, #Revue de presse, #Grundlegung zur Metaphysik

Les grands médias impérialistes et leurs divers mentors de l'Establishment veulent la peau de Trump. L'auront-ils ? En tout cas la dernière accusation en date censée déclencher un impeachment est particulièrement ridicule : Trump aurait eu le tort de dire à la Lavrov dans quelle ville Syrie un espion américain a eu des informations, ce qui mettrait en péril la sécurité du système de renseignement sur place... Comme si les grands de ce monde ne laissaient jamais glisser ce genre d'élément dans leurs conversations !

Le combat politique ne cesse jamais. Le Brésil se prépare à recevoir des réfugiés vénézuéliens parce que la logique de guerre civile paraît très avancée dans ce pays. Mais les coups n'atteignent pas que les résistants, car au Brésil, c'est le putchiste Temer qui pourrait avoir bientôt des problèmes avec la justice de son pays.

Dans les Balkans la Serbie s'évertue à répéter que la prétexte de son bombardement (le faux massacre de Racak) en 1999 était un "fake", ce que moi même je n'ai cessé d'écrire of course, mais ça ne sert à rien. Racak avait été monté par le diplomate américain William Walker et l'affaire ressort aujourd'hui alors que celui-ci plaide ouvertement pour la création d'une "Grande Albanie" Tandis que la Macédoine se dote d'un premier ministre pro-OTAN soutenu par la minorité albanaise...

En France, Bayrou, malgré les accusations de l'ex-collaborateur de son groupe Nicolas Grégoire, va plastronner à la Justice. Dans la bonne vieille logique dictatoriale de la Ve République confirmée par Jospin (qui refusa en son temps de placer la présidentielle après la législative), 32 % des Français s'apprêtent à donner une majorité parlementaire à Macron tandis que les médias rivalisent de flagornerie et d'unanimisme (c'est la seule chose qu'ils sachent faire).

L'Afrique, elle, vit toujours à l'heure de l'entrelacement entre politique et spirituel. Hier Ne Muanda Nsemi, patron du groupe Bundu dia Kongo (Union des Ba Kongo), s'est évadé avec 50 personnes d'une prison de Kinshasa. Son groupe (un de ceux qui se battent avec des bâtons contre les mitraillettes de la police), fondé en 1969 veut restaurer l'ancien royaume du Kongo sur l'Afrique de l'Ouest. Nkazi Bazola fut un de ses théoriciens dans les années 80. Le groupe a sur son logo une étoile de David, mais il pense que le dieu d'Israël est propre à ce peuple, de même que Jésus ("Jésus-Christ fils de Dieu, c’est sûrement vrai, mais il n’est que l’enfant des dieux de son peuple circonscrit à sa terre d’Israël, c’est-à-dire qu’il fait partie des grands esprits qui veillent sur ce peuple comme l’est Mfumu Kimbangu pour le peuple Kongo en particulier et Négro-africain en général, parce que si Jésus avait été envoyé pour le monde entier, il ne se serait pas arrêté au Moyen Orient" écrit-un de ses partisans) et recommande de prier et d'invoquer les bisimbi (sirènes, les esprits) et les mbasi (anges). lls s'estiment capables à travers leurs "makesa" de "transformer les grains de mais se transforment en armes redoutables" en réitérant ce qu’ont fait les "chérubins" pour l’ABAKO de Kasa-Vubu le 4 Janvier 1959 en mettant en échec les forces coloniales belges et obtenir l’indépendance du Congo.

Ne Muanda Nsemi est présenté par les médias comme un "chimio-physicien" qui a été deux fois député et par ses adeptes comme la réincarnation d’un esprit supérieur du peuple Kongo qui a été envoyé sur terre pour accomplir une mission. Il aurait été établi "nlongi" (enseignant spirituel) en vision par Simon Kimbangu, guérisseur inspiré capable dans les années 1920 de ressusciter les morts, fondateur du kimbanguisme (mais le kimbanguisme, lui est chrétien), qui avait annoncé le 10 septembre 1921 qu'un instructeur viendra pour écrire un livre sacré (makongo) et préparer, malgré les persécutions auxquelles il fera face, la venue d'un roi (Mfumu)... Ambiance millénariste qui rappelle le XVIIe siècle français...

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Bernadotte et l'occultisme

13 Mai 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Béarn, #XVIIIe siècle - Auteurs et personnalités, #Grundlegung zur Metaphysik

Mlle Lenormand (1768-1843), chiromancienne et cartomancienne célèbre (peut-être avec le Tarot de Marseille revu et corrigé par la lecture du Livre de Thot traduit par Etteila, star de la cartomancie en 1789) de l'époque de la Révolution jusqu'à la Restauration (qui allait jouer un rôle important auprès de Balzac, de Talleyrand, de Napoléon, de melle Adelaïde, soeur de Louis-Philippe, de Guizot, dans une moindre mesure de Robespierre et Saint-Just et qui "mourut vierge comme Newton, le 25 juin 1843 à l'âge de 72 ans" comme le dit Le Figaro du 10 février 1856) prédit au béarnais Jean-Baptiste Jules Bernadotte, encore officier sans prestige, qu'il occuperait un trône (hebdomadaire L'Africain du 14 janv 1934, p. 3). Elle avait hébergé Mme Bernadotte née Eugénie-Désirée Clary (1772-1861), fille d'un aubergiste de Marseille, lorsque son mari n'était encore qu'adjudant-major (il le fut du 30 nov 1792 au 13 fev 1794) de la 53e demi-brigade, nous dit Le Figaro qui cite Francis-Girault. "Celui-ci lui promit, par une lettre dont son neveu est en possession, qu'il la comblerait d'honneurs et lui accorderait 10 000 fr. de rente si sa prophétie se réalisait". Devenu roi sous le nom de Charles XIV il a manqué à sa promesse, mais la reine de Suède, sa veuve, sut s'en souvenir.

Pourquoi est-ce que cette épouse (ex promise de Napoléon et dont la soeur épousa Joseph Bonaparte en 1786) du futur roi connaissait Mlle Lenormand ? Comment s'étaient-elles rencontrées ? Mlle Marianne Lenormand était une orpheline d'Alençon qui s'était mise à l'école d'Etteila ou Etteilla (Jean-Baptiste Alliette ou Aliette suivant les variantes orthographiques). En 1792 ou 93, elle venait à peine d'ouvrir son cabinet à St Germain des Près (3 ans plus tôt). Comment se fait-il qu'elle avait déjà les moyens d'héberger Mme Bernadotte, et pourquoi celle-ci en eût-elle besoin ?

 Dans "Les Cartes à jouer et la Cartomancie" publié en 1854, un certain Boiteau d'Ambly rapporte cette anecdote qu'il a trouvée dans Histoire de Charles Jean XIV, par sarrans jeune, 1845, t. I, p. 50 : « Un aide-de-camp de Bernadotte, depuis maréchal de France (le maréchal Gérard), avait souvent entretenu son général des prédictions de la pythonisse. Parlant un jour des prophéties de cette femme : « Maintenant, dit le colonel, que tout prend une marche extraordinaire, — c'était en janvier 1804, — il serait curieux de savoir ce qu'elle aurait à nous raconter. Voulez-vous faire « sa connaissance? Volontiers, répondit Bernadotte. Et, le lendemain, les deux hommes de guerre « arrivent ensemble chez l'oracle féminin. Le colonel présente son général comme un riche négociant qui désire interroger la sorcière sur le sort réservé à quelques opérations commerciales qu'il va tenter sur diverses places d'Allemagne : « Monsieur, dit-elle, vous n'êtes point négociant; vous êtes militaire et même dans les hauts grades. » Sur les assurances qu'on lui donna du contraire, elle sourit, hocha la tête et continua : « Eh bien ! monsieur, si vous vous livrez à des « opérations de commerce, le succès ne couronnera pas vos entreprises, et vous serez forcé de les abandonner pour suivre la route qui vous est tracée par le destin. » Elle reprend les cartes, les « examine de nouveau, et, paraissant les combiner « avec une attention profonde : « Monsieur, poursuit-elle, non-seulement vous êtes dans les hauts grades militaires, mais vous êtes ou vous serez parent de l'Empereur. » — De quel empereur? s'écrièrent à la fois Bernadotte et Gérard.-« Je « voulais dire-du premier consul. Mais bientôt vous « le verrez empereur. » Puis ses doigts se promènent sur les points cabalistiques; elle paraît « frappée d'une nouvelle vision et s'écrie d'un ton « inspiré et solennel : « Oui, il sera empereur ; mais voilà quelques nuages qui vous séparent. » Bernadotte jette un regard d'intelligence sur Gérard. La devineresse poursuit : « Il n'a pourtant aucun « éloignement pour vous, et vous éprouvez de l'affection pour lui. Ah! comme son étoile monte ! » « Elle s'arrête un instant et sa figure semble s'allonger de surprise ; puis elle reprend avec force : « Monsieur, il faut éviter de vous brouiller avec lui ; car il sera bien puissant ; il verra tout le « monde à ses pieds; et vous, loin, bien loin de lui, vous serez roi. Oui, répéta-t-elle, vous serez roi. » Elle se tut, et, comme le silence se pro« longeait : Hé bien ? dit Gérard. — « Je n'en puis annoncer davantage, car je ne vois plus rien.» « Le nom de la devineresse n'est pas indiqué; « mais, continue l'auteur, que ce fût ou ne fût pas Mlle Marianne Le Normand, l'histoire n'en est pas moins singulière.»»

Effectivement cette voyante n'était pas Mlle Lenormand (puisque celle-ci connaissait Bernadotte depuis 1792 ou 93), mais voilà bien la preuve que Bernadotte en visita plusieurs de cette profession.

Il semble que le contact avec les pythonisses ne fût pas le seul rapport entre le républicain Bernadotte (qui avait le slogan "mort aux rois" et le bonnet phrygien tatoués sur le bras) et le monde de l'occultisme. En 1789, alors qu'il était sergent-major, à 34 ans, il avait rencontré le futur sorcier érudit Antoine Fabre d'Olivet, qui avait un an de moins que lui (selon la préface à l'Histoire philosophique du genre humain de cet auteur, edition 1910 p.XVI) et allait le faire entrer au ministère de la guerre dix ans plus tard, sous le directoire, quand lui-même fut ministre (juste avant de devenir le candidat des jacobins à la dictature que finalement Bonaparte allait exercer). Je ne sais rien pour l'heure sur ce qui a permis cette rencontre.

On peut lire dans  La psychologie morbide dans ses rapports avec la philosophie de l'histoire, ou De l'influence des névropathies sur le dynamisme intellectuel / par le docteur Jacques-Joseph Moreau (de Tours),eds V. Masson, Paris, 1859, 1 vol. (XIII-576 p.) p. 541 : "Sur la foi d'une vieille chronique de sa famille, Bernadotte se croyait placé sous l'égide d'une divinité tutélaire. Un jour qu'il avait eu une vive discussion avec son conseil d'État et se trouvant au milieu d'une forêt où la lumière pénétrait à peine, il eut une singulière vision une vieille femme bizarrement vêtue, les cheveux en désordre, bref tout l'accoutrement des sorcières de la légende dont on avait bercé ses premières années, se montra a lui tout à coup et l'engagea à renoncer à certains projets qui, suivant elle, devraient coûter la vie à son fils Oscar. "

Il y a peu La République des Pyrénées parlait de promener un hologramme du roi de Suède dans son musée à Pau. Créer ainsi un revenant serait dans la logique du personnage.

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Les deux derniers mois dans le monde

23 Avril 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Grundlegung zur Metaphysik

Un beau sujet pour commencer : la pourriture du système financier actuel. Avec un reportage cinglant de 2012 diffusé en mars sur LCP car il reste d'actualité. "Argent sale le poison de la finance", qui montre que les grandes banques ne se contentent pas de tolérer l'argent sale mais aussi proposent leurs services aux mafias. Le docu laisse même entendre que la classe politique est éclaboussé. Il est in extenso ici. Chacun doit songer chaque jour à l'abjection criminelle de notre système financier planétaire avant toute autre considération.

A part ça, comme vous avez pu le voir, je suis resté à l'écart de mon ordinateur pendant la dernière ligne droite de la campagne présidentielle. Il n'est pas nécessaire de revenir là dessus.

En politique intérieure je citerai juste la répression des manifestations chinoises à Paris dont nos médias n'ont pas parlé. « Après le meurtre commis par la police (dont les raisons légitimes ont soulevé des doutes parmi la population locale), 150 personnes sont descendues dans la rue. Un cinquième des manifestants ont été interpellés. Outre le ministère chinois des Affaires étrangères, aucune autre diplomatie ne s'est montrée préoccupée du respect des libertés et de la démocratie, aucune déclaration du Foreign Office ou du Département d'État n'a été rendue publique», a écrit la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères sur sa page Facebook. Ca me semblait mériter une mention sur ce blog.

Evoquons maintenant un peu l'actualité internationale des deux derniers mois.

J'ai continué à observer le durcissement dans le sens du bellicisme de la politique de Trump avec l'envoi de forces spéciales en Somalie et en Afrique de l'Ouest, les menaces à l'égard de la Corée du Nord. Les efforts de réduction de l'engagement américain à l'étranger se limitent pour l'heure à des cas ponctuels comme le retrait programmé des forces américaines d'Ouganda où elles combattaient l'Armée de résistance armée du Seigneur de Joseph Kony, qui a fait presque aussi fort au nom de Jésus que Boko Haram au nom de Mahomet dans l'endoctrinement d'enfants-soldats et la réduction des femmes à l'esclavage mais que Trump ne juge pas dangereux pour la sécurité des Etats-Unis.

Le sénateur Mc Cain n'a pas hésité à accuser le sénateur républicain du Kentucky Rand Paul d'être vendu à Moscou parce qu'il s'oppose à l'entrée du Montenegro dans l'OTAN. Et Trump est même devenu anti-russe en Syrie, avant même l'affaire début avril de la fuite d'armes chimiques à Idlib (Moscou estime que le régime d'Assad n'a pas balancé des gaz mais bombardé une cache d'armes chimiques rebelles). Dès le 3 avril, Washington avait repris les livraisons d'armes à une nouvelle alliance formée par la CIA contre Al-Nosra dont les troupes sont ensuite potentiellement utilisables pour faire pression sur le gouvernement d'Assad. Difficile de savoir ce qu'il s'est réellement passé. Les services secrets israéliens notamment mettent en doute la réalité de la destruction des stocks d'armes chimiques en 2013 et sont persuadés que le bombardement chimique d'un village à  Khan Cheikhoun d'où étaient parties des attaques qui rompaient le cessez le feu depuis 15 jours sont un avertissement barbare de l'armée d'Assad, de sorte que même en Israël des voix s'élèvent pour mener une action militaire contre Damas alors même que l'Etat islamique et Al Nosra ne sont pas encore éradiqués...

Une revanche sur l'amertume d'Israel d'avoir essuyé une représaille du régime syrien après avoir attaqué un convoi d'armes à destination du Hezbollah libanais le 17 mars près de Palmyre (Damas dit que c'était son armée qui était attaquée) et de voir le gouvernement légal reprendre des positions près du Golan ?

Difficile comme toujours de faire la part des choses dans cette guerre où l'intox est là règle de toutes parts et où il n'y a pas les bons d'un côté et les mauvais de l'autre (voir par exemple cet article où Lenta.ru se demande si le Parti socialiste nationaliste syrien allié du Baas dont l'hymne dans les années 30 fut calqué sur "Deutschland über alles" est un parti nazi).

Des experts soulignent quand même que la version russe est arrivée avec 48 h de retard, que si les rebelles avaient eu des gaz toxiques dans la région d'Idlib ils les auraient utilisés et que les gaz toxiques stockés bombardés se seraient répandus dans l'air assez vite sans provoquer autant de dégâts. Même s'il paraît absurde qu'Assad ait commis ce crime de guerre alors même que Trump venait d'explicitement écarter son renversement, il semble qu'il aurait ainsi voulu "tester" la volonté des Américains mais aussi celle des Russes dont la mainmise sur sa politique intérieure l'inquiète.

Des représentants comme Tulsi Gabbard (D – HI), Barbara Lee (D – CA) et Walter Jones (R – NC) se battent pour faire obstacle au retour des troupes US en Irak et Syrie et au soutien financier aux djihadistes. Ils ont du boulot. En janvier-février, le nombre de civils tués par les frappes occidentales dépasse à nouveau celui de ceux qui sont écrabouillés par les Russes. Et le 22 mars l'intervention des forces spéciales américaines à Tabqa dans la province de Raqqa a surpris tout le monde, tout comme la réplique à l'affaire des armes chimiques (l'envoi de 59 missiles américains sur Shayrat, une petite base aérienne syrienne) juste au moment où Bannon, le conseiller pro-russe de Trump, est évincé du Conseil national de sécurité. Réplique bizarre car 59 missiles pour une petite base, c'est un marteau pour écraser sur une mouche, de la pure propagande. Propagande maladroite d'ailleurs car juste après le tir Trump soulignait qu'il avait prévenu Poutine au téléphone, puis Tillerson se disait "déçu" par la réaction russe, comme s'ils avaient espéré des félicitations de Moscou ! Une attaque disproportionnée et inefficace car dès le lendemain des avions de guerre syrien redécollaient de la base bombardée. Moins de la moitié des missiles avaient atteint la base dont aucun sur le piste comme le montra un drone russe... Un site auquel j'ai collaboré jadis affirme tenir de source sûre que les missiles de Trump ont été délibérément désarmés avant l'attaque et les Russes ont été informés par l'administration américaine pour pouvoir faire évacuer la base à temps, ce qui explique aussi qu'ils n'aient pas intercepté les Tomahawk. Bref il ne se serait agi que d'une gesticulation théatrale pour impressionner l'opposition interne au parti de Trump, et la Corée du Nord.

L'attaque américaine est en tout cas sur le plan des principes une violation scandaleuse du droit international. Les USA n'ont aucune légitimité morale à intervenir dans les affaires syriennes après avoir anéanti une bonne parti de la population irakienne et soutenu les exactions massives du régime saoudien au Yémen et la famine qu'elles entrainent. Et les diplomates font remarquer que cette politique musclée n'incitera ni Moscou ni Pékin à agir pour le désarmement de la Corée du Nord. J'observe d'ailleurs que beaucoup de supporters de Trump comme Nigel Farage ont exprimé leur désapprobation devant son revirement dans l'affaire syrienne. Paul Joseph Watson dont j'appréciais les chroniques pendant la campagne de Trump dit que son ex-héros était finalement plus la marionnette du Deep State (Etat profond) américain que de Poutine et annonce qu'il quitte définitivement le "train de Trump".

En Extrême-Orient Aung San Suu Kyi fait l'autruche sur le massacre des Rohingyas en laissant l'affaire à l'armée, ce qui lui a permis de gagner quelques sièges encore au Parlement birman début avril. Pour elle, la crise à la frontière du Bangladesh, ce sont des musulmans contre des musulmans, et l'impunité de l'armée est un mythe. Il faut dire que l'Etat birman reste en guerre contre les Kachins au Nord depuis 2011, et que les Karens mettent en garde contre une rupture du cessez-le-feu obtenu en 2012. Le Myanmar-Birmanie va d'ailleurs acheter des armes à la Russie pour ne plus dépendre de la Chine dans la lutte contre les guérillas des minorités. Il est vrai que la Chine arme les Kokang, ressortissants d'une région artificiellement rattachée à la Birmanie par l'empire colonial britannique au 19e siècle. Une Crimée chinoise en quelque sorte. On n'en sort jamais des héritages coloniaux empoisonnés.

En Allemagne Merkel se porte toujours bien. Son parti triomphe en Sarre où la perspective d'alliance entre le SPD et Die Linke a effrayé tout le monde.

Dans les Balkans la situation se tend. Après la livraison de Migs russes à la Serbie, le "gouvernement" de Pristina transforme sa milice en armée nationale, et reçoit un désaveu de l'OTAN pour cela, puis retire son projet. L' "Etat" kosovar nationalise aussi les biens publics serbes de la province en méconnaissance des résolutions de l'ONU. Quatre djihadistes albanais au QI sans doute surdéveloppé en mars ont été arrêtés alors qu'ils avaient projeté de faire sauter le pont Rialto à Venise.Les suspects avaient téléchargé depuis internet « des manuels de combat corps à corps comprenant également les techniques d’utilisation des couteaux »...

Heureusement pour la Serbie, l'élection de Vucic dès le premier tour des présidentielles début avril est un facteur de consolidation de son gouvernement. Selon Freedom House, la Serbie fait partie des démocratie "semi-consolidées" comme la Croatie, le Montenegro, la Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie (qui vient de revoter pour les pro-européens de droite aux législatives, après que leur président socialiste ait de toute façon abandonné ses promesse pro-russes), mais en déclin par rapport à 2015, tandis que, en dessous, la Bosnie, l'Albanie, le Kosovo et la Macédoine sont des régimes "en transition" ou "hybrides".

Beaucoup disent que la guerre reprendrait entre Serbes et Albanais et entre Serbes et Macédoniens si l'UE n'existait pas. Le vocabulaire guerrier est de mise à l'Ouest aussi puisque le ministre de la défense Michael 
Fallon s'est dit prêt à utiliser tous les moyens pour défendre la souveraineté de Gibraltar. Inquiet de ce vocabulaire qui évoque les Malouines, le gouvernement Madrid annonce qu'en représailles il ne fera pas obstacle à l'entrée de l'Ecosse dans l'UE... Retour au vocabulaire du 17e siècle... Mais là cette fois-ci c'est UE qui est responsable de la montée des tensions (comme dans les Balkans dans les années 1990) en laissant à l'Espagne un droit de blocage de Gibraltar dans le cadre des négociations du Brexit. Au Parlement européen l'Espagne a obtenu que Gibraltar soit exclu de la résolution votée, tandis que les indépendantistes catalans faisaient bloc avec les Britanniques.

Une petite parenthèse latino-américaine : Telesur fin mars a eu raison de rendre hommage au combat d'Evo Morales auprès de la cour internationale de justice pour récupérer la bande de 400 km de littoral dont disposait la Bolivie avant que le Chili l'envahisse en 1879. Toutes les communes de Bolivie sont mobilisées dans ce combat qui est un combat juste qui permettrait à la Bolivie d'avoir 2,5 % de croissance du PNB en plus chaque année. Et bien sûr toutes nos félicitations à Lenin Moreno, qui gagne de justesse mais gagne quand même les élections en Equateur, sauvant ainsi la tête de Julian Assange.

Au Venezuela on a suivi la guerre entre le parlement anti-chaviste et la cour suprême bolivarienne. J'ai été saisi début avril par les belles images que montrait Telesur (mais pas nos médias évidemment) de la marche des chavistes à Caracas : une immense avenue noire de monde, toute la jeunesse vénézuélienne prête à défendre sa révolution, tandis que la droite violente bloquait des autoroutes et lançait un raid contre le bureau du Défenseur du Peuple pour exiger sa démission (à l'appel de Capriles, privé de mandat pour 15 ans).

Pendant ce temps la répression violente des manifestants contre la réforme constitutionnelle au Paraguay n'inspire qu'indifférence à l'OEA obsédée par la seule idée d'exclure Caracas de ses rangs.L'Argentine a été plongée dans la même ambiance que le Paraguay avec la grève générale de la CGT péroniste et les manifs pendant le mois de mars. Sauf que Buenos Aires n'en est pas (encore) à l'heure de la répression, seulement à celle des contre-manifs.

Sur le Zimbabwe une grande agence de presse occidentale s'est répandue en intox sur le prétendu ralliement des anciens combattants de la guerre d'indépendance à l'opposition immédiatement démentie par le journal gouvernemental The Herald.

The Herald se fait aussi l'écho de la démission en Afrique du Sud de Magdalene Moonsamy l'ex-porte-parole des jeunesses de l'ANC et actuelle trésorière des "Bérets rouges" (le parti des combattants de la liberté économique EFF), une dissidence gauchiste de l'ANC, qu'elle accuse de s'être allié à l'Alliance démocratique qualifié de partisan de l'hégémonie économique blanche pour évincer l'ANC de la gestion de certaines grandes municipalités en 2016. Elle explique que comme marxiste léniniste elle ne peut pas cautionner cela. Le cas de l'EFF, nouvelle illustration de la manière dont le gauchisme conduit toujours à la victoire de la droite libérale ?
 

On gagne à lire la presse zimbabwéenne. J'apprends par exemple dans The Herald que la ministre zambienne de la "guidance nationale et des affaires religieuses" (sic) lance une guerre contre les fausses églises protestantes où les prédicateurs demandent de l'argent et des faveurs sexuelles en échange de miracles.

Dans le Donbass la tension persiste. Une division appelée la "Division sorcière" composée de miliciennes baltes et polonaises affiliées à Secteur droit ont été déployées sur la ligne de contact fin mars à Artemovsk. Une division accusée de crimes de guerres, mais on n'en sait guère plus à la lecture d'un communiqué versé en boucle sur le Net... Le 7 avril 10 000 personnes étaient rassemblées sur la place Lénine à Donetsk pour célébrer l'anniversaire de la proclamation de leur indépendance. Deux jours plus tard le gouvernement de Kiev faisait tirer des obus sur les quartiers résidentiels de la rue Lénine à Dokuchayevsk, une des 52 violations du cessez le feu enregistrées ce jour là. Ainsi va le quotidien de cette région courageuse.

En tout cas, depuis que Moscou reconnaît les passeports du Donbass, la Transnistrie demande le même privilège. Un article de la presse transnistrienne début avril rappelait que ce pays avait suivi avec attention les élections législatives récentes d'Abkhazie (un autre territoire de l'ex-URSS sur lequel j'ai fait un livre il y a 7 ans). Il signalait que les deux pays ont en commun (comme d'autres régions de l'ex-URSS) de prévoir dans leur système électoral la possibilité de révoquer tous les candidats qui se présentent, ce qui, en cas de victoire de cette option, obligerait à en organiser de nouvelles avec de nouvelles têtes. Voilà un système que nous devrions adopter en France...

Au passage adressons nos félicitations aux Ossètes du sud pour leurs élections à forte participation début avril. Le pays pourrait s'appeler bientôt Alania, même s'ils sont en rivalité avec les Ingouches à ce sujet.

A Minsk, Loukachenko qui s'était rapproché de Kiev, accuse l'Ukraine et la Lituanie d'être derrière une tentative de coup de force armé dans son pays avorté le 21 mars. Puis le 25 une marche anti-Loukachenko a été lourdement réprimée (voir vidéo). Pas de révolution colorée en Biélorussie en perspective.

Les Biélorusses pourront peut-être bientôt utiliser cette nouvelle machine anti-émeutes inventée par une société slovaque.

En tout cas, Poutine et Loukachenko se sont réconciliés au moment-même de l'attaque du métro de St Petersbourg... Et la Biélorussie est le principal fournisseur de figues et d'ananas de la Russie, embargo international oblige...

Plus anecdotique : Dean Burnett, chercheur en neurosciences à la fac de Cardiff, dans le Guardian explique que le porno est la cause de la victoire de Trump. La journaliste russe Anastasia Evtushenko sur Lenta.ru n'est pas d'accord. Peuple américain qui osez demander de récupérer vos emplois liquidés par les multinationales, le porno vous a rendus cons ! Les bobos ne reculent devant aucune insulte contre leurs adversaires. On en viendra peut-être un jour à expliquer le succès de Beppe Grillo en Italie par l'exploitation sexuelle (avec la complicité de leurs maris) des 3 000 ou 4 000 salariées agricoles saisonnières roumaines venues gagner 200 euros par mois du côté de Raguse (Sicile).

Les évangéliques partisans du nouveau président, eux, estiment que c'est un homme providentiel. Certes Trump est un païen, mais comme Nebuchadnezzar avait le prophète Daniel pour le conseiller Trump a des hommes de Dieu comme le gouverneur Pence, Jerry Falwell Jr, Mike Huckabee. Encore Nebuchadnezzar avait-il détruit le premier temple, alors que Trump, lui, n'a rien fait contre le judaïsme.

Pour beaucoup Trump c'est surtout Cyrus, roi des Perses, qui écrasa Babylone en accomplissant la volonté de Dieu et rendit sa terre au peuple juif. Le jour de Nawruz, le nouvel an perse, Trump a cité Cyrus ce qui a électrisé ses partisans (y compris des Juifs orthodoxes qui le comparent aussi à Cyrus. Le prédicateur Lance Wallnau (qui à titre personnel se sentait pourtant plus proche de Ted Cruz, Marco Rubio et Carly Fiorina) raconte dans le Guardian et dans un best seller intitulé "God’s Chaos Candidate" qu'en 2016 juste avant sa rencontre avec Trump Dieu lui a dit que Trump est la "boule de démolition" (wrecking ball) contre le politiquement correct". Juste en écrivant ces lignes je me rends compte que "Wrecking Ball" est le titre d'une chanson de Miley Cyrus... Ce qui renforce étrangement l'image de Trump-Cyrus.

Lance Wallnau témoigne aussi qu'avant sa seconde rencontre avec Trump Dieu lui a dit "Lis Esaïe 45" (Trump est le 45ème président des USA). Et Esaïe 45 commence ainsi : "Ainsi parle l'Eternel à son oint, à Cyrus, Qu'il tient par la main, Pour terrasser les nations devant lui". Selon ses révélations l'élection de Trump relèverait de la "grâce commune" ("common grace") au sens de Charles Colson qui, à la différence de la "grâce qui sauve" ("saving grace") dont parle les Ecritures, se borne à éloigner un peu le Mal et maintenir le monde viable.

Mauvais sort contre prières, des milliers sorciers, néo-païens et wiccans se sont réunis fin mars pour contrer les prières des évangéliques et jeter un sort à Trump qui le fasse quitter prématurément la Maison Blanche.

Leurs gri-gris seront-ils plus efficaces que ceux des villageois partisans de la milice des Kamuina Nsapu (du nom d'un médecin chef coutumier proche de l'opposition tué il y a peu) qui tentent de combattre avec des fétiches l'armée congolaise au Kasaï-Central et que l'armée régulière congolaise abat sans vergogne? Bilan plus de 400 morts pour l'heure (il est vrai inférieur à celui de la répression turque au Kurdistan) et 400 000 déplacés depuis 2016. La guérilla comprend 800 milicien, parmi lesquels des enfants mineurs, baptisés après des rites traditionnels, contraints de traverser le feu, d’avaler vives des fourmis rouges appelées Mankenene et d’ingurgiter quelques gorgés de Tshizaba, un mélange de boissons alcooliques indigènes et des fétiches que leurs encadreurs présentent comme ayant le pouvoir magique de les rendre invulnérables face à la mort. Outre les fusils de fabrication artisanale, les lance-pierres, les machettes, les flèches et les bâtons mystiques, certains disposent quand même d’armes de guerre arrachées aux forces de l’ordre pendant leurs nombreuses expéditions, dit-on...

Si les spéculations sur les raisons "neuronales" du vote pro-Trump restent anecdotiques, le rôle du fait religieux dans le politique ne l'est pas.Par exemple en Uttar Pradesh en Inde, le nouveau gouvernement nationaliste hindou (BJP) vient de renforcer l'interdiction des abattoirs clandestins de boeufs et de la consommation de cette viande, ce qui pénalise surtout la minorité musulmane (le journal Business Standard citait le cas d'une famille musulmans qui s'est vu refuser une dérogation pour un mariage). On peut voir sur la carte à gauche en bleu les derniers Etats où l'abattage de boeufs reste légal. Mais la conviction religieuse s'arrête où l'intérêt électoral commence et le BJP a fait savoir que dans les Etats à majorité chrétienne Mizoram, Meghalaya et Nagaland qui votent l'an prochain il n'y aurait jamais d'interdiction du boeuf si le parti y remportait les élections...

En janvier dernier une vidéo montrait dans un camp irakien une femme yézide de 129 ans (sur une vidéo elle montre une pièce d'identité qui atteste de sa naissance en 1887). Si c'est vraiment le cas, l'info sur le décès d'une doyenne de l'humanité italienne de 117 ans au début de mois d'avril serait fausse. On continue de se perdre en spéculations avec les écrits de Gurdjieff sur le fait que le yézidisme pourrait être la continuation d'un soufisme primitif qui remonterait à Sumer et sur la rapport des yézidis aux cercles magiques, mes je n'ose plus interroger mes contacts dans cette communauté à ce sujet.

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Retour sur la guérison magique du zona

23 Avril 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Béarn

Depuis 5 ans, mon article "Superstitions dans nos campagnes" sur la façon dont on "porte" les malades du zona en Béarn a été beaucoup lu. Dans la mesure où ma mère s'est fait porter peu de temps après ma naissance, et sa mère avant elle, j'ai voulu approfondir un peu le sujet. Je n'ai rien trouvé de très éclairant.

On peut lire dans Hygiène et traitement des maladies de la peau, par le Dr Ernest Monin  (1856- décédé en 1928 au 12 bd Raspail à Paris) - Éditions Société d'éditions scientifiques (Paris) 1901 p. 86

"Le zona était connu des anciens sous le nom de feu sacré ou de ceinturon sacré. Son nom de zona signifie, du reste, ceinture : car, dans sa forme classique, c'est une éruption de la région intercostale inférieure, apparaissant en demi-ceinture, c'est-à-dire unilatérale et le plus souvent du côté droit."

Dans  L'Écho du merveilleux du 1er août 1910 p. 282 sous la plume de Frédéric Boutet (1874, 1941) de L'Eclair expliquait :

"La guérison du zona est extrêmement singulière ; le guérisseur prend le malade sur son dos, fait neuf pas, s'arrète et dit : « Qu'est ce que je porte? » — « Le zona », répond le malade. « Je le pose ! » Il met le malade par terre,récite une incantation, reprend son fardeau, fait neuf autres pas et la cure est terminée."

Le récit est assez proche de celui que j'ai livré à propos du Béarn à ceci près qu'il n'y a pas neuf bâtonnet, en revanche neuf revient surtout pour les pas (alors qu'il semble que dans les manuels d'occultisme le 9 sont plus lié aux thèmes de l'amour et de la fécondité sans doute à cause des 9 mois de la gestation).

Dans le journal satyrique Cyrano du 18 mars 1928, en p. 21, Frédéric Boutet reprenait son récit à l'identique.

Dans Aguiaine : revue de recherches ethnographiques de mai-juin 1999 p. 36 on apprend qu'une guérisseuse dans la Vienne avait pour formule pour le zona "zona, je te conjure en l'honneur de tous les Bons Saints" puis faisait dire trois Pater et trois Ave et tourner un doigt de la main droite autour de la plaie. On retrouve là les trois "je vous salue" dont je parlais en 2012, mais la notion de "portage" est absente.

Pour le zona il faut boire, selon une croyance wallonne, le sang d'un coq noir mêlé au lait d'une femme qui allaite son premier enfant dit la Revue de recherches ethnographiques, Le Subiet de juillet 1971 p. 158, plus rien à voir cette fois avec os rituels béarnais...

Dans "La pratique dermatologique : traité de dermatologie appliquée. Tome 4 / publié sous la direction de MM. Ernest Besnier, L. Brocq, L. Jacquet" on peut lire p. 902 que le zona était connu sous ce nom même des Romains (zona signifie ceinture en grec) que Pline l'Ancien et Scribonius Largus le décrivent précisément. Mais au 18e siècle on ne le distingue plus de l'érysipèle car on le connait moins bien. On l'a aussi nommé "Feu de Saint Antoine".

Je lis dans "Notice biographique sur saint Antoine le Grand, patriarche des cénobites " de l'abbé M. Durand (curé d'Almenèches) édition de 1879 p. 37

"A la fin du onzième siècle, une maladie contagieuse, sorte d'érysipèle connu sous le nom de feu sacré, causait d'horribles ravages en France.

Un grand nombre de personnes se recommandèrent à saint Antoine et furent miraculeusement guéries. Il se fit alors dans le Dauphiné, à l'endroit où reposaient les saintes reliques, un concours prodigieux de processions et de pèlerinages, et bientôt le fléau fut entièrement conjuré. La France entière reconnut publiquement qu'elle devait à l'intercession de saint Antoine la disparition de cette maladie qu'on appela depuis le feu Saint-Antoine.

Parmi les innombrables malades qui obtinrent leur guérison, se trouvait le fils d'un riche gentilhomme, nommé Gaston. Par reconnaissance, le père et le fils consacrèrent leur fortune et se dévouèrent à soigner les pauvres malades et les pèlerins qui venaient implorer le secours de saint Antoine. Pour les recevoir, ils firent bâtir auprès du sanctuaire un vaste hôpital. Cet exemple de charité porta ses fruits : un bon nombre d'hommes riches et puissants vinrent s'adjoindre à eux et partager leurs œuvres de miséricorde. Telle fut l'origine de l'Ordre des Frères Hospitaliers connus sous le nom d'Antonins. Le pape Urbain II, au concile de Clermont (1096), approuva leurs constitutions, et, en 1298, Boniface VIII, après avoir réglé de graves difficultés survenues entre eux et les Bénédictins, décréta que les Antonins suivraient la règle de saint Augustin, qu'ils s'appelleraient chanoines réguliers de Saint-Antoine et que leur chef prendrait le titre d'abbé."

Littré appelle ce feu Saint Antoine (mal des ardents, ignis gehenallis) "ergotisme", ergotisme gangréneux, et certains médecins du XIXe siècle estiment qu'il était provoqué par la présence d'un cryptogame dans les céréales humides consommées au Moyen-Age.  La confusion avec le zona n'est donc peut-être pas de mise. Le mystère demeure donc toujours autour de ces rituels sur le zona.

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Renouveaux nationaux, Equateur, The Empire Files

27 Février 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #La droite, #Grundlegung zur Metaphysik, #Peuples d'Europe et UE, #Débats chez les "résistants", #Espagne

Les identités nationales relèvent la tête. En Grande-Bretagne UKIP ne veut plus recevoir de leçons d'anticolonialisme (c'est pourquoi je pense que Macron avec sa tirade sur l'Algérie a 10 ans de retard par rapport à l'histoire des idées, même s'il est exact que les crimes de guerre là bas furent atroces au 19e siècle comme dans les années 50-60). En Espagne dans El Pais du 27 février, l'universitaire andalouse María Elvira Roca Barea explique : L'Inquisition a tué 1 300 personnes en 140 ans, Calvin en a brûlé 500 en 20 ans. Elle se propose de lutter contre l'hispanophobie qui a inspiré l'intelligentsia européenne depuis le 18e siècle (un sujet que j'ai un peu abordé en parlant de Custine il y a 5 ans - déjà !).

Mon petit côté romanesque me fait m'intéresser à cette Clémentine Autain de droite qu'est la journaliste Charlotte d'Ornellas, née en 1986,visage de Jeanne d'Arc en 2002, qui avait en 2014 nourri les polémiques avec un article dans Boulevard Voltaire sur un viol avec actes de barbarie sur un Française de 18 ans par des jeune morveux proche-orientaux à Evry. L'hiver dernier elle se réjouissait de la libération d'Alep Est, puis publiait un livre sur les chrétiens d'Orient et fondait une revue qui chante la louange de Marion-Maréchal Le Pen. Un fossé m'a toujours séparé des catholiques conservateurs que j'ai connus au cours des trois dernières décennies, et plus encore maintenant que je commence à comprendre certains ressorts métaphysiques de ce monde (un sujet qu'hélas je ne peux pas trop aborder dans ce blog car je ne veux pas choquer les lecteurs laïques). Mais il est toujours intéressant de découvrir ce qui fait la chair et le sang des diverses tendances politiques, puisqu'il faut bien que les idées s'incarnent.

La lecture d'Emmanuel Berl me fait prendre du recul à la fois à l'égard de ce qui à fait la grandeur et la misère de l'internationalisme et de ce qui a fait et fera la grandeur et la misère des nationalismes. Le mouvement de balancier a l'air assez inévitable, même s'il est vrai que la technologie en complique la problématique ou en atténue la portée.

On s'inquiète en ce moment de la possible défaite au second tour de la présidentielle le 2 avril prochain du dauphin de Correa en Equateur. Le président sortant a un plan B pour provoquer une "mort croisée" de l'exécutif et du parlement (acquis à sa cause) un an plus tard. La constitution le lui permet. Mais en attendant c'est Assange qui en ferait les frais. Tout cela en partie à cause de la candidature au premier tour de Cinthia Viteri (cf ci dessous). Mais pas seulement bien sûr... La défaite de la gauche au 1er tour dans les zones orientales indigènes où sévit l'extraction pétrolière doit faire réfléchir...

A part ça, il y a des discussions dans les milieux anti-impérialistes anglo-saxons sur la série "The Empire Files" qui passe sur TeleSur English. Il paraît que c'est génial...

Je ne l'ai pas encore regardée. Voici l'épisode sur la Syrie. Je vous laisse vous faire votre propre opinion.

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Scorsese et le martyre, Berl et le silence

9 Février 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Cinéma, #1910 à 1935 - Auteurs et personnalités, #Grundlegung zur Metaphysik

Vu le dernier film de Scorsese "Silence", film astucieux mais sans intérêt sur le plan moral. Le cinéaste s'y regarde trop le nombril au prisme de la religion. Depuis La dernière tentation du Christ, il aime mettre en scène les doutes des croyants, mais, contrairement à ce que veut faire croire son film, l'engagement religieux ne peut se borner à glisser au milieu du scepticisme de la fin de vie une amulette interdite dans un cercueil. Cela dit, il met un certain talent "technique" au service du sujet considérable que représente le martyre des chrétiens au Japon au XVIIe siècle.

Tous les martyres sont impressionnants, et ils sont le propre de beaucoup de religions. Ils m'impressionnent quand ils ne se font pas avec des ceintures d'explosifs car là, ce n'est plus du martyre, c'est de l'assassinat. J'ai découvert celui de religieux mandéens (sabéens) au XVIIIe siècle il y a peu : en 1782 les musulmans de Perse ne parvenant pas à obtenir par l'argent et la ruse les livres sacrés de cette secte jettent leur clergé en prison et les torturent. Plusieurs sont tués, empalés,mutilés, on leur coupa les membres en commençant par les doigts, corps égorgés, yeux brûlés au fer rouge, têtes coupées selon le témoignage de J. de Morgan. Le Gauzevra Adam auquel les Perses avaient coupé le poignet droit s'enfuit en Turquie avec le livre "Iniani" sous le bras qu'il recopia en cachette de la main gauche.

Je lis Emmanuel Berl en ce moment qui fut une sorte de Montaigne du XXe siècle. Il a raison de dire qu'au fond tous les athées, de Nietzsche à Picasso, furent de grand religieux. Sauf que ces gens là plaçaient leur Dieu trop loin et trop haut pour le croire susceptible d'imposer des lois à l'homme. C'est qu'il leur manquait la foi aux démons (ou plutôt la connaissance des démons), un peu moins d'orgueil, un peu d'humilité dans la façon d'observer des phénomènes comme la voyance et la médiumnité les auraient ramenés aux dures réalités du "deuxième ciel" et ils auraient alors compris pourquoi les lois morales existent. Voyez par exemple la séance où Malraux va voir une médium spirite pour lui faire dater un tapis antique et en ressort comme s'il sortait d'un labo d'analyse scientifique, telle que Pauwels la raconte. Un peu de modestie et de curiosité sans préjugés auraient ouvert à Malraux des boulevards d'élévation spirituelle. Idem pour Kant s'il avait eu l'honnêteté minimale de témoigner de sa fascination initiale (qu'il confesse dans ses lettres) devant l'intuition de Swedenborg sur l'incendie de Stockholm, plutôt que d'enterrer tout cela sous une tonne d'arrogance ironique dans "Rêves d'un visionnaire".

J'aime bien quand Berl dans "A contretemps" fait l'éloge du silence et transforme la phrase de Jésus "Que votre oui soit oui, que votre non soit non, tout le reste vient du Mauvais" (Mt 5:37), en "Dites oui oui dites non non et tout le reste vient des démons". Moi aussi j'aimerais avoir la sagesse de ne pouvoir parler que pour dire "oui" ou "non".

Un fervent musulman a commenté un billet récent de ce blog. Il y a des tas de religions comme l'Islam, le bouddhisme etc dont je me dis que plus je les connais et moins j'en sais sur elles. Mais j'ai une méthode bien à moi pour approcher ces sujets. Je ne creuse que ce qui m'est indispensable, quitte à devenir très pointu sur d'infimes détails (comme vous avez pu le remarquer sur ce blog avec mes remarques sur le pythagorisme), car le sens profond est dans le détail, sans jamais rechercher l'encyclopédisme ni l'académisme. Pour le reste il faut accepter de ne rien comprendre.

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La Transnistrie et l'histoire de l'antisémitisme

6 Février 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Transnistrie, #Grundlegung zur Metaphysik

En 2013, j'ai déjà signalé le lien entre la Moldavie et l'extermination des Juifs par les nazis à propos du bordel de Soroca, que décrit Malaparte dans Kaputt. Le lien est très fort aussi pour la Transnistrie dont le nom même, appliqué par les Roumains au pays, est le terme administratif utilisé par les nazis pour la zone au delà du Dniestr pou la mise en oeuvre du programme d'extermination.  Mais le rapport de la Transnistrie, et de la Moldavie à l'histoire de l'Antisémitisme, est plus ancien encore, évidemment.

Si vous avez lu mon livre sur ce pays, vous savez sans doute que je me suis rendu à Dubossary qui est un village transnistrien à majorité moldave. Or, en lisant aujourd'hui le livre du théosophe anglais George Robert Stow Mead publié en 1903 "Did Jesus live in 100 BC ?", j'apprends que selon le Times du 2 mai 1903, la populace de Chisinau a assassiné "environ 60 juifs et juives" et en a blessé "environ 500 de plus" avec "plusieurs cas de viols trop horribles pour une description détaillée" en raison d'un supposé "meurtre rituel" perpétré par les Juifs de Dubossari, et ce malgré la publication de la preuve absolue du caractère mensonger de l'accusation (à cette époque on accusait les Juifs de sacrifier des enfants et manger leur chair).

Une lecture du journal "L'Aurore" du 17 août 1903 p. 2 sur Gallica me donne ces éléments : 

"Les horribles massacres qui ont eu lieu à Kichineff ont été présentés par M. Krouchevau, l'éditeur du journal antisémité Bassarabets comme les représailles d'un prétendu crime rituel.

Les faits ont été relatés : quelques semaines avant les fétes de Pâques on avait trouvé S, Doubossari,. non loin de Kichineff, le cadavre d'un adolescent de dix-sept ans, Michel Ribalenko, assassiné de façon mystérieuse et dont le cadavre présentait cette particularité que le col était criblé de coups de canif, comme si l'assassin s'était complu à faire couler goutte à goutte le sang de la victime. Il n'en fallut pas plus au Bessarabets pour annoncer que Ribalenko avait été tué par les Juifs qui l'avaient saigné pour préparer les mazzi (pain azyme). La légende fut acceptée par laf oule avec enthousiasme, et nous connaissons les atrocités qui suivirent.

Un agent de la police secrète d'Odessa ne fut point convaincu par les "révélations" du Bessarabets. Il avait passé sa jeunesse parmi les juifs ; il connaissait à fond leurs moeurs, parlait même leur jargon et l'accusation qui pesait sur eux le laissa sceptique. Il s'affubla du costume des juifs polonais et fréquenta les petites synagogues, les restaurants et les bazars où les juifs s'assemblèrent, et il fut bientôt convaincu que bien loin de pétrir le pain azyme avec du sang chrétien les israélites ne touchaient pas au sang des animaux. un jour il vit un juif corriger d'importance son fils parce que l'enfant lui avait servi un bifteck saignant. Ce juif était convaincu qu'en avalant une goutte de sang de boeuf il avait commis un grand péché devant l'Eternel... Il fallait chercher ailleurs l'auteur de l'assassinat.

Existait-il des gens qui eussent intérêt à supprimer Ribalenko, se demanda alors Matviev.

Pour résoudre cette question, il mit de côté l'habit juif polonais et s'accoutra du costume d'un paysan de la Bessarabie : blouse blanche, hautes bottes et bonnet d'astrakan. Il entra en relations avec le grand père de la victime, Kouzma Ribalenko, un riche paysan qui possédait beaucoup de terrains, de vignes et d'argent comptant. Un peu avare, il n'aimait guère sa famille et s'en plaignit à son nouvel ami en la lui présentant sous les traits les plus noirs.

Matviev sut s'insinuer dans les bonnes grâces du vieillard à force de petits cadeaux et d'attentions. Il apprit bientôt que Kouzma Ribalenko détestait par dessus tout son ex-gendre, un certain Timotchouk, veuf de la fille de Ribalenko, qui avait eu de son premier mariage un fils, Ivan, qui était avec le malheureux Michel l'héritier du grand-père.

- Ce Timotchouk, disait le vieux au détective, n'a jamais su travailler et maintenant que Michel est mort et que son fils Ivan devient l'unique héritier, il me tuera pour entrer plus vite en possession de son bien.

Ces confidences furent un trait de lumière pour Matviev.

Le détective eut recours à un troisième travestissement ; il s'habilla en journalier qui cherche de l'ouvrage chez les gros paysans. Il devint un habitué des cabarets et lia connaissance avec jardinier, Antone, gardien de la propriété contiguë à celle qui avait été le théâtre de l'assassinat de Michel Ribalenko".

Après avoir courtisé la fille de Tomotchuk, Matviev, dans le rôle du gendre potentiel, apprit de
Antone le jardinier qu'en effet Tomotchouk avait tué l'adolescent. Il leur reprocha à lui et son compagnon de n'avoir pas mis à profit le crime rituel pour piller les juifs de Doubossari.

"Nous avons été plus avisés à Kichineff, du le jardinier, nous leur avons appris ce qu'il leur en coûtera de cribler nos jeunes garçons russes de coups de couteau... Vous êtes des pleutres, des timorés, des imbéciles..."

"Piqué par ces sarcasmes, ajoute le journal, Antone se rebiffa :
- Ah ! tu nous prends pour des pleutres ? C'est toi qui un imbécile !... Tu crois que ce sot les juifs ui ont tué Michel Ribalenko ?

Ha ha ha ! Eh bien ! non, tu n'est pas malin ! ... Mais c'est Timotchouk et moi qui avons fait le coup, imbécile !" Et le jardinier de raconter comment le 16 février au soir Antone avait saigné l'adolescent pour faire croire qu'il s'agissait d'un rituel juif.

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Justice ou injustice : des Kurdes au Botswana...

29 Janvier 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Le monde autour de nous, #La gauche, #Peuples d'Europe et UE

Justice divine, justice terrestre... Moi qui travaille beaucoup sur l'histoire des religions en ce moment, je ne peux manquer de m'interroger sur l'articulation entre les deux. Prenez les Kurdes : du point de vue terrestre leurs cause paraît juste, et d'autant plus depuis qu'ils remportent de belles victoires militaires contre Daech. Pourtant bien des éléments les condamne au regard des textes sacrés. Leurs sites sur Internet à la gloire de Marx ont des liens avec des sites pornos (si si, j'ai vu ça il y a huit jours !). L'activiste Nurcan Baysal (dont on a déjà parlé ici) écrivait la semaine dernière sur le site T24 un billet contre l'atteinte au patrimoine historique de la capitale du Kurdistan turc Dyarbekir / Amed que représenterait le projet d'Erdogan de réaménager la ville à la mode ottomane. L'article défend les statues assyriennes de lions à tête humaine, tout comme beaucoup de sites kurdes irakiens prônent le retour au zoroastrisme. Voilà qui place Erdogan dans le sillage abrahamique et les Kurdes dans le camp de l'idolâtrie... Tout comme la promesse de Mélenchon d'inscrire le droit à l'avortement dans la constitution ne doit pas le placer très haut dans l'échelle de la justice divine, c'est le moins qu'on puisse dire, même si sa défense des pauvres le situe haut dans la justice terrestre... Cela me rappelle les mots de Claudel qui reconnaissait dans son journal que les bolchéviques malgré leurs horreurs anti-chrétiennes avaient au moins rêglé son compte au démon de l'argent comme le catholicisme n'avait jamais pu le faire...

Notez que, du point de vue de la seule justice terrestre elle-même, on peine aussi à faire la part du bon et du mauvais. Prenez la cause sahraouie. Le Maroc qui a quitté l'Union africaine (ou son ancêtre) en 1984 à cause de cette question postule à une réintégration malgré l'hostilité de l'Algérie et de l'Afrique du Sud. Est-ce une cause juste ? Presque tous les Marocains pensent de bonne foi que les Sahraouis ne sont pas un peuple, comme les Israéliens considèrent que les Palestiniens n'en sont pas un. Qu'est-ce qu'un peuple ? Les Californiens allergiques à Trump prétendent de plus en plus en être un et l'on parle de sécession à San Francisco. Le patron de Facebook qui a exproprié des indigènes d'Hawaï avait l'air de ne pas considérés les pactes ancestraux qui régissaient leurs terres comme émanant d'un "peuple" sujet de droit...

Question complexe que celle du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Bertrand Russell dans un livre d'histoire des idées, rappelait que Wilson n'avait pas été jusqu'à le reconnaître aux habitants d'un quartier qui prétendaient faire sécession de leur pays pour ne plus y payer d'impôts... Cette semaine le Petit Quotidien, journal pour les enfants, bourre le crâne de nos chères petites têtes blondes en faisant sa "une" sur une info de la plus haute importance "un cerf mange du maïs dans une forêt au Kosovo". Le seul but de l'info apparemment est d'apprendre aux enfants où se trouve le Kosovo et leur faire croire que c'est bien un Etat. Promis si vous m'élisez président un jour j'obligerai le Petit Quotidien à faire se "Une" sur les belettes de Transnistrie...

En parlant de Transnistrie, avez-vous vu que le nouveau président socialiste moldave dont on a déjà parlé dans ces pages, en visite à Moscou cette semaine, laisse entendre qu'il pourrait dénoncer le traité d'association avec l'Union européenne en 2018 après les élections législatives ? La Moldavie regarde vers l'Est, Trump dénonce le traité trans-pacifique et soutient le Brexit, le Kenya s'apprête à emboiter le pas de la Gambie, du Burundi et de l'Afrique du Sud dans le retrait de la cour pénale internationale (CPI). Les institutions transnationales pro-occidentales ont du plomb dans l'aile. Même si Soros arrivait à renverser Trump ou Poutine il n'est pas sûr que cela suffirait à inverser la tendance.

Bien sûr ce n'est pas parce que l'on dynamite ces bureaucraties ou ces clubs inféodés à l'oligarchie que le monde ira mieux. La manie des murs des populistes au pouvoir à Washington et à Budapest n'annonce pas forcément des lendemains meilleurs pour l'humanité, bien au contraire. Mais on ne sait plus à quelle info se fier pour l'évaluation des bienfaits des politiques publiques. Un institut privé cette semaine publie un palmarès de la corruption et prétend que les régimes populistes nationalistes sont plus atteints par ce fléau que les pays sous contrôle des organismes internationaux. Elle explique qu'en Afrique le pays le plus vertueux est le Botswana... Comme par hasard c'est "l'élève" le plus pro-occidental du continent avec le Sénégal (notamment sur la question de la coopération internationale). Pour savoir si le Botswana est vraiment très intègre et si les régimes "populistes" ne le sont pas, il faudrait peut-être savoir si Soros (ou un de ses semblables) a financé ce palmarès. Mais même si le palmarès est acheté (donc corrompu) est-il faux pour autant ? De même un régime réputé corrompu comme celui de la Biélorussie (dont les syndicats étaient en visite à Cuba cette semaine) est-il nécessairement injuste alors qu'il maintient, par exemple, des niveaux de loyer très bas pour les pauvres ?

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