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Le blog de Frédéric Delorca

Articles récents

Entre-deux-tours

4 Mai 2007 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Personnellement je n'ai pas voté au premier tour, et ne voterai pas au second. Comme Jacques Rancière, je pense que la démocratie véritable doit reposer sur le tirage au sort (ce qui suppose une très bonne éducation des citoyens, et un sens civique élevé de tous) et non sur le suffrage universel.

L'élection de Nicolas Sarkozy dimanche prochain paraît de plus en plus probable.

On en connaît les raisons : l'extrême gauche française n'a pas su s'unir (ce qu'on sentait venir depuis tres longtemps), le parti socialiste est lamentable (il se dote d'une candidate inconsistante et droitière) et le peuple français n'a aucune compréhension profonde de la politique (ils se rendent en masse aux urnes pour plebisciter les candidats du système qu'ils avaient condamné dans leur référendum de 2005, et ils choisissent la candidate socialiste pour défendre le front anti-sarkozy au second tour alors que tous les sondages indiquent que pour ce faire c'est F. Bayrou le bon candidat, le candidat du vote utile)

Le résultat est que Nicolas Sarkozy a réalisé un bon score au premier tour (il a fait 25 % dans les quartiers populaires ex communistes) et a toutes les chances de son côté pour le second. Personnellement je ne crois pas qu'il y aura de "3 eme tour social", car les forces de gauche en France qui ont fait beaucoup pour sauver une flamme altermondialiste depuis 7 ans sont essouflées faute d'avoir rencontré un soutien populaire actif autrement que dans des feux de pailles (le réferendum de 2005, le CPE)

Bref la France paraît mûre pour une cure de néolibéralisme "décomplexé", avec un temps de décallage par rapport à ses voisins européens (Angleterre,Espagne, Italie). Paradoxalement, c'est vers l'Allemagne, pays où l'extreme gauche s'est unifiée et où le peuple a refusé une majorité claire à Merkel pour son programme ultralibéral, que s'est déplacé le "Volksgeist" de la gauche - pour parler comme Hegel...

Je ne suis pas absolument certain que Nicolas Sarkozy sera aussi dangereux qu'on le dit. Le pouvoir pourrait bien l'assagir. Même en politique étrangère, il n'est pas exclut qu'il ne soit pas autant le "candidat des Etats-Unis" comme on le dit, car il devra composer avec des secteurs de l'UMP (Alliot Marie) et de l'appareil d'Etat (le Quai d'Orsay) qui ne sont pas des inconditionnels de George W Bush. D'ailleurs son discours s'est infléchi depuis le ralliement des villepinistes : il a même assuré Hosni Moubarak du fait que la politique française au Proche-Orient ne changera pas (il est vrai que déjà sous Jacques Chirac cette politique fut très pro-américaine, au Liban notamment).

Le train de la libéralisation et de la marchandisation va s'accélérer en France, c'est certain. La force du lien social, la qualité de l'éducation, des politiques de santé publique, etc. s'en ressentiront. Mais ce ne sera sans doute pas un cataclysme, tout comme le berlusconisme ne fut pas en Italie la catastrophe fasciste que certains annonçaient (ces excès de langage et de jugement ne font que discréditer les alternatives progressistes).

Reste à la gauche française à réfléchir profondément à son rapport au néo-libéralisme. Il est clair que depuis 25 ans, elle ne sait qu'en accompagner le mouvement sans proposer de véritable alterative (même Lutte ouvrière affichait un programme purement réformiste dans sa campagne). La traversée du désert de la gauche sous Nicolas Sarkozy peut-elle préparer un modèle de réforme sociale plus radical que ce qui a été envisagé dans les années 2000 (y compris dans les rangs des "altermondialistes" ?). On aimerait le croire...

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A propos du "déclinisme"

4 Mai 2007 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

Voici un petit texte de Jean Bricmont avant le second tour de l'élection présidentielle.

Je me souviens qu'au tournant des années 80, il y avait une blague en URSS dans les années 1980 : le monde entier est devenu communiste et soviétique. A la radio, on apprend  que le dernier rempart du capitalisme, les Etats-Unis, viennent de céder, et qu'ils deviennent à leur tour une république populaire.

Tout le monde à Moscou fait la fête sauf un homme : le ministre l'agriculture d'URSS qui se lamente dans son bureau "A qui allons nous acheter notre blé maintenant ?"

Le dernier texte de JB sans le savoir inverse la blague : le monde entier est devenu comme les Etats-Unis. On se demande alors : où va-t-on trouver le pétrole et les immigrés clandestins ?

FD

 
La grande illusion

Deux tiers des Français pensent que la France décline et c’est sans doute principalement pour cela que Sarkozy sera le prochain président de la République. De plus, la principale façon dont les médias ont préparé son accession à la présidence, c’est par une propagande incessante, depuis des années, sur le thème du déclin de la France, ainsi que sur celui, relié, de la sécurité.

Il y a plusieurs façon de réagir à ce sentiment ; l’une est de montrer que les statistiques utilisées pour « prouver » ce déclin sont très sélectives (voir, par exemple, La désinformation économique joue un rôle majeur dans l’élection française ; par Mark Weisbrot, http://www.cepr.net/index.php?option=com_content&task=view&id=1158&Itemid=163). Mais on peut également répondre en se demandant quelles solutions les déclinistes ont à proposer.

Ceux-ci mélangent habilement deux problèmes : le déclin de la France par rapport aux pays émergeants, surtout en Asie, et celui de la France par rapport à d’autres pays industrialisés, principalement les États-Unis et l’Angleterre. La première forme de « déclin » est une très bonne chose : elle signifie seulement qu’une partie du Tiers Monde se développe. Mais, comme ils savent très bien qu’il est difficile d’imiter la Chine et l’Inde, les déclinistes proposent d’imiter le modèle anglo-saxon, qui est supposé éviter le déclin par une série de mesures de flexibilisation du travail, de destruction des acquis sociaux et des services publics, de mesures sécuritaires  et de réarmement moral.

Envisageons donc la situation de leur pays favori, les États-Unis. Ceux-ci ont dépensé des centaines de milliards de dollars pour envahir l’Irak ; ils y ont eu des milliers de morts,  des dizaines de milliers de blessés, et ils y sont complètement coincés ; ils ne peuvent pas gagner, parce qu’ils ont réussi à se mettre à dos l’immense majorité des Irakiens, et ils ne peuvent pas s’en aller, parce que ce serait la fin de leur empire. Donc, ils vont s’enliser en Irak pendant de nombreuses années, y perdre encore plus d’hommes, d’argent et de prestige, tout en causant des souffrances inouïes et inutiles au peuple irakien. Et pourquoi sont-ils allés en Irak ? Entre autres, à cause de manipulations de l’opinion sur la question des armes de destruction massive. Ils ont des services de renseignement qui espionnent le monde entier, une presse « libre » avec des moyens gigantesques, des universités regorgeant de spécialistes sur tous les conflits et problèmes de la planète. Malgré tout cela, ils n’ont pas été capables de comprendre des choses élémentaires, que même un enfant voyageant aux Moyen-Orient pouvait comprendre, à savoir qu’ils y sont détestés principalement à cause de leur soutien à Israël, et que toute intervention de leur part dans la région provoquerait un rejet massif. Si ce mélange d’incapacité, d’ignorance et d’arrogance n’est pas le symptôme d’une  société en déclin, alors je ne sais pas très bien ce qui pourrait en être un. La France, par contre, qui avait encore en 2003 une élite « vieillissante, dépassée, inadaptée au monde etc. », mais capable de penser, ne s’est pas engagée dans cette folie.

Mais ce n’est pas tout : le reste du monde, et la France en particulier, est sans cesse supposé « imiter les États-Unis ». Bien ; imaginons que, par un coup de baguette magique, le reste du monde imite réellement les États-Unis. D’où viendraient alors le pétrole et les autres matières premières que les États-Unis importent en abondance et sans lesquels leur société ne pourrait pas survivre très longtemps ? D’où viendraient les travailleurs immigrés, souvent « clandestins », c’est-à-dire privés de droits, ou les produits importés à bas prix (et non payés, c’est-à-dire financés par des déficits croissants), qui permettent aux travaileurs ayant perdu leurs emplois industriels de maintenir plus ou moins leur niveau de vie ? D’où viendraient finalement les cerveaux que les États-Unis pillent au reste du monde, parce qu’attirer par des haut salaires des gens déjà formés coûte beaucoup moins cher que financer un véritable sytème d’éducation de masse ?

Le fait est que le modèle américain est inimitable, parce que sa simple survie suppose l’existence d’un monde extérieur aux États-Unis, et qui ne leur ressemble pas. Il est vrai que la situation est assez semblable en Europe, mais c’est précisément notre degré de proximité du « modèle américain » qui est la meilleure mesure de notre déclin. De plus, la France n’a pas la puissance de l’Amérique et a encore moins qu’eux la possibilité de maintenir temporairement une situation intenable à long terme.

Faire le choix de Sarkozy, c’est faire le choix d’une imitation accélérée du modèle américain, c’est-à-dire le choix du véritable déclin.

 
Jean Bricmont

 

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Les librairies qui ont commandé l'Atlas alternatif

11 Avril 2007 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Actualité de mes publications

Outre les sites Internet de la Fnac, Alapage, Amazon, et l'éditeur Le Temps des Cerises de Pantin, voici les librairies qui ont commandé l'Atlas au moins une fois depuis entre mai 2006 et avril 2007, et où vous êtes susceptible de le trouver.



A Paris

Librairie l'Appel du livre, 105, rue de Charenton. 75012
Librairie Atout-Livre 203 bis avenue Daumesnil 75012
Aux amateurs de livres, 62, av de Suffren 75015
La Balustrade 25 rue d'Alsace 75010
La Brèche 27, rue Taine 75012
Le Divan, 203 rue de la Convention, 75015
Ecodif. 247, rue du Fg Saint­Martin, 75010
L'écume des pages, 174, boulevard St-Germain, 75007
Librairie Equipages, 61, rue de Bagnolet, 75020
La 25 ème heure, 8, place du Général Beuret. 75015
Librairie Erasmus, 28 rue Basfroi, 75011
FNAC Etoile
FNAC Forum
FNAC Italie II
FNAC Montparnasse
FNAC Saint Lazare
Gibert Jeune 5, Place Saint-Michel 75005
L'Humeur Vagabonde. 44, rue du Poteau 75018
Librairie Jean-Touzot, 38, rue Saint-Sulpice, 75006
Librairie Jonas, 14, rue Maison Blanche, 75013
Librairie Lavoisier 11, rue Lavoisier 75008
Librairie Libralire, 116 rue Saint-Maur, 75011
Librairie La Manoeuvre, 58 Rue de la Roquette, 75011
Le Merle Moqueur. 51, rue de Bagnolet - 75020
L'Oeil Ecoute, 77 Boulevard du Montparnasse, 75006
Librairie Le Point du Jour 58 rue Gay Lussac 75005
Publico, 145 rue Amelot 75011
Quilombo 23,rue Voltaire 75011
Résistances 4, Villa Compoint 75017
Librairie de Sciences Po, 30 rue Saint-Guillaume, 75007
Librairie Le Tiers Mythe, 21 rue Cujas, 75005
Tschann, 125 Bd. Montparnasse, 75006

En région parisienne

Alizée-S.F.L., 10, rue Waldeck-Rochet, 93301 Aubervilliers
Librairie l'Envie de Lire. 16, rue Gabriel Péri. 94200 Ivry-sur-Seine
Colibrije, 2-20 Av du Pdt S. Allende 93100 Montreuil
La Reserve 81 Avenue Jean Jaures 78200 Mantes La Jolie
Gibert Joseph Rue Berthie Albrecht 94784 Vitry-sur-Seine

En Province

- Nord-Ouest/Centre

Au Brouillon de Culture, 29 rue Saint-Sauveur Caen
Librairie Galerne. 148 rue Victor Hugo. 76 Le Havre
Librairie La Renaissance 19, rue Alsace-Lorraine, Rouen
Librairie Millepages. 41 rue Constitution. 50300 Avranches
Les Temps modernes 57 Rue Notre-Dame-de-Recouvrance, Orléans
Librairie Thuard. 24, rue de l'étoile, Le Mans
Librairie Vent d'Ouest. 5 Place du Bon Pasteur, Nantes

- Nord/ Nord-Est

La Belle Image 46 rue Chanzy, Reims
Librairie Cazes Bonneton 21 bd Maréchal Fayolle. 43000 Le Puy en Velay
Bruneteaux. 38 rue Saint-Jean. 02000 Laon
Cufay Plein Ciel. 1 rue Saint-Vulfran, 80100 Abbeville
Decitre, 104 141 rue Bataillle  Lyon
Librairie La Gryffe, 5 rue Sébastien Gryffe, Lyon
Librairie de Paris. 6 rue Michel Rondet. Saint Etienne
Librairie Privat Brunet. 21, rue Gambetta, Arras
La Ruche aux Livres 14 place de la République 59136 Wavrin
Librairie Un Pas de Côté. 246, rue Sadi Carnot, 62400 Béthune

- Sud-Est/Méditerranée

Charlemagne. 49, rue Picot, Toulon
Les Cordeliers 13 cote des Cordeliers, 38 Romans sur Isère
Librairie de Provence. 31, cours Mirabeau. Aix en Provence
FNAC Marseille
FNAC Toulon
Librairie Goulard. 37, Cours Mirabeau. 13100 Aix-en-Provence
Librairie Jean Jacques Rousseau 175 rue Croix D'Or Chambéry
Librairie Masséna. 55 rue Gioffredo, Nice
L'odeur du temps. 35, rue Pavillon. Marseille
Les Palmiers19, Av Des Iles D'Or 83400 Hyeres
Librairie Prado Paradis, 19 av. de Mazargues Marseille
Librairie Privat 10 rue du Docteur Pous Perpignan
Librairie Privat Sorbonne 37 rue de l Hôtel des Postes Nice
Librairie Sauramps. Le Triangle rue du Jeu de Ballon, Montpellier
Le Square, 2 square Léon Martin, Grenoble

- Sud-Ouest

Castela 20, Place du Capitole, Toulouse
FNAC Wilson de Toulouse
Le Gue aux Biches 1570 route de Virganaud, Montauban
Librairie Mollat. 15 rue Vital-Carles, Bordeaux
Librairie Mot à Mot. 40 Rue Saint Cyrice, Rodez
Librairie Ombres Blanches - 50, rue Gambetta, Toulouse
Librairie Privat 14, rue des Arts, Toulouse
Librairie Texte Libre 17 Rue Henri Fichon 16100 Cognac
Librairie Tonnet 3 Bis Place Marguerite-Laborde, Pau



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Parlons un peu d'écologie

9 Avril 2007 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

Toujours dans la série de mes petits commentaires d'ouvrages, on trouvera ci-joint celui que Parutions.com vient de publier à propos du dernier livre d'Hervé René-Martin : http://www.parutions.com/index.php?pid=1&rid=6&srid=63&ida=8003 

Bonne lecture !

 

 

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Mes lectures sur Guernica

21 Mars 2007 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Lectures

Parutions.com avait besoin d'un compte-rendu sur un vieux livre réédité récemment. Je me suis porté volontaire. L'article est sur http://www.parutions.com/index.php?pid=1&rid=4&srid=7&ida=7990 pour ceux que ça intéresse.

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Le dernier livre de Roland Dumas

5 Mars 2007 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Lectures

Je me lance dans les recensions d'ouvrages sur Parutions.com . Un moyen comme un autre de faire partager ses expériences de lecture. 

Le hasard a voulu que l'on commence avec le dernier ouvrage de Roland Dumas, le ministre des affaires étrangères de François Mitterrand. Il faut bien commencer par quelque chose. Pour ceux que le sujet intéresse, mon texte est publié sous http://www.parutions.com/index.php?pid=1&rid=6&srid=366&ida=7944. N'hésitez pas à m'écrire si cela vous inspire des commentaires ! (le lien de ma boîte aux lettres est en bas de page de ce blog)

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Récemment posté sur le blog de l'Atlas alternatif

26 Février 2007 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

Samedi 24 Février 2007

Le système de défense anti-balistique - Missile Defense System (MDS) - que les Etats-Unis envisagent d'installer, en Pologne et en République tchèque, vise officellement à contrer "la menace nucléaire iranienne et nord-coréenne",  c'est ce qu'a déclaré au cours d'une récente visite, à Moscou, le Conseiller-adjoint à la sécurité nationalee américaine, Stephen Hadley.

Ni l'Iran ni la Corée du Nord ne sont pourtant susceptibles de tirer des missiles nucléaires sur l'Europe dans les années qui viennent.

L'historique de ce projet remonte en réalité au vote du National missile Defense Act ) par les Démocrates et les Républicains au Congrès en 1999. Il s'inscrit en réalité dans le cadre d'un projet plus vaste tendant à assurer aux Etats-Unis la maîtrise des armes les plus avancés et la création d'un déséquilibre stratégique en leur faveur (http://www.wmaker.net/editoweb/Bouclier-Anti-missiles_a1131.html)

Le Commandant des forces de la défense balistique russe a annoncé, pour sa part, que si les deux pays autorisaient l'installation, sur leur sol, du système anti-missile américain, les dites installations seraient intégrées dans la liste des cibles stratégiques des missiles russes. D'autre part, le Chef d'état-major de l'armée russe a averti, lui aussi, que son pays pourrait se retirer du Traité conclu, en 1987, avec le gouvernement américain de l'époque, sur les missiles à moyenne portée (cf IRIB http://www.alterinfo.net/La-face-cachee-du-plan-americain-d-installation-d-un-systeme-anti-balistique-sur-la-territoire-europeen_a6896.html?PHPSESSID=d8cd57bbef6d8b4aada6b02e6037398b).

L'empressement de l'administration Bush à installer son radar en Europe de l'Est est critiqué même par le ministre des Affaires étrangères allemand (http://www.euronews.net/index.php?article=407372&lng=2). D'autres pays membres de l'OTAN comme le Canada sont très réservés sur ce projet qui remet en cause les accords de désarmement conclus au cours des trois dernières décennies, notamment le traité sur la limitation des systèmes anti-missiles balistiques (ABM) entré en vigueur en 1972 (http://www.rfi.fr/actufr/articles/062/article_34378.asp)

Le PC de Bohème-Moravie fin janvier faisait état d'une pétition contre l'installation du radar américain réunissant déjà plus de 50 000 signatures en République tchèque (http://www.kscm.cz/article.asp?thema=2666&item=33250). Et seul un tiers des Polonais seraient favorables à l'installation du dispositif anti-missile sur leur sol (http://www.swietapolska.com/news/swpolska770.html). Mais, comme pendant la guerre d'Irak, les clients de Washington en Europe de l'Est ne semblent guère enclins à écouter leurs opinions publiques.


 
publié par Atlasaltern publié dans : atlasalternatif
 
Mercredi 21 Février 2007

Le trés pro-américain chef du gouvernement de centre-gauche Romano Prodi vient de donner sa démission au président de la République après avoir été mis en minorité sur sa politique étrangère au Sénat par l'aile gauche de sa majorité. Il paye ainsi son refus de retirer les 1 900 soldats italiens présents en Afghanistan et son accord à l'extension de la base de l'OTAN à Vicenza où 100 000 personnes ont manifesté samedi dernier (Reuters).

En Espagne aussi la bataille contre l'OTAN se poursuit. Le coordinateur général d'Izquierda Unida hier a accusé le gouvernement socialdémocrate de vouloir installer sans vote du parlement l'Ecole des pilotes de chasse de l'Alliance à Albacete (Castille-la-Manche) et de vouloir augmenter les effectifs espagnols en Afghanistan. Un engagement atlantiste peu compatible avec les promesses pacifistes de Zapatero au début se sa législature (http://larepublica.es/spip.php?article4197  ).

Selon un rapport du Sénat canadien, sur les 37 000 soldats de l'OTAN stationnés en Afghanistan seuls les Etats-uniens, les Néerlandais, les Britanniques et les Canadiens sont engagés dans les combats, les autres se consacrant plutôt à des tâches de reconstruction. Une douzaine de membres de l'OTAN derrière l'Allemagne préfèrent ces missions civiles à l'action militaire face à des Talibans renforcés par la crise économique du pays (http://www.radionetherlands.nl/currentaffairs/nat070220 ). La coalition occidentale est profondément divisée sur cette question.

Sur le front irakien, les affaires ne vont pas mieux pour les atlantistes. Pour faire face à la chute de sa popularité au Royaume Uni, le premier-ministre Tony Blair a annoncé à la Chambre des communes le début du retrait du contingent britannique déployé dans le sud de l'Irak, dont les effectifs passeront en 2007 de 7100 à 5 500 soldats environ. Les Danois ont annoncé le retrait de leurs troupes basées dans le sud de ce pays (Reuters - http://fr.news.yahoo.com/21022007/290/tony-blair-va-reduire-les-effectifs-en-irak-les-usa.html ).

Cet affaiblissement du parti de la guerre en Europe comme aux Etats-Unis pourrait bien encourager a contrario, dans une logique de fuite en avant, l'administration Bush à allumer un nouveau brasier en Iran. Nombre de ses soutiens dans l'opinion publique européenne s'emploient à légitimer cette perspective (cf par exemple http://www.denoel.fr/Denoel/collections/meilleur_edito_n2.jsp ou http://www.crif.org/?page=articles_display/detail&aid=8339&returnto=accueil/main&artyd=2 ).

 
publié par Atlasaltern
 
Samedi 03 Février 2007

Durant la guerre d'Irak, l'opinion publique occidentale avait au moins appris ceci : il faut s'opposer aux guerres impériales, même si les régimes politiques qui en sont la cible ne nous inspirent aucune sympathie.

Il semble que cette fois la leçon soit oubliée. Une guerre étatsunienne se prépare, apparemment dans l'indifférence générale.

Comme le note JM Vernochet sur un site catholique de droite dans son analyse des préparatifs de guerre contre l'Iran " la France est assommée par une campagne présidentielle consternante de médiocrité et de platitude" et "Nous sommes loin du discours historique de Villepin du 14 février 2003 qui déclencha un véritable séisme diplomatique dans l'enceinte très politiquement correcte du Conseil de Sécurité. Loin, très loin de l'alliance franco-allemande contre la guerre." (http://www.univers-cifc.com/articles.php?lng=fr&pg=719).

Pourtant la menace d'attaque contre l'Iran se précise. Le Sunday Herald du 28 janvier 2007 annonce le début des opérations militaires pour fin avril, selon des informations provenant de fuites autour des bases de l'OTAN en Roumanie et Bulgarie qui pourraient servir de têtes de pont pour une attaque contre l’iran. Selon le Times du 30 janvier en revanche l’attaque pourrait partir de la base britannique de Diego Garcia dans l’Océan indien, à condition que Londres donne son accord. Elle pourrait avoir pour cible la plateforme d’enrichissement d’uranium de Natanz à défaut d’autres sites, la CIA n’ayant pas encore la liste exhaustive des centres d’enrichissement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le président Chirac a pourtant avoué cette semaine que le programme nucléaire militaire iranien, à supposer même qu'il puisse un jour déboucher sur la possession d'une arme atomique opérationnelle, n'est guère de nature à menacer les autres pays de la zone. A supposer que l’Iran acquière d’ici quelque temps « une bombe nucléaire, peut-être une deuxième un peu plus tard, cela ne lui servira à rien », a dit le président français. En effet, a-t-il poursuivi, « Où l’Iran enverrait-il cette bombe ? Sur Israël ? Elle n’aura pas fait 200 mètres dans l’atmosphère que Téhéran sera rasée ».

Le vrai risque stratégique du nucléaire iranien serait d'encourager des pays arabes comme l'Arabie Saoudite et l'Egypte à se doter eux aussi de la bombe atomique, mais ce risque est déjà l’œuvre du seul fait qu’Israël possède l’arme nucléaire et menace ses voisins..

La Capjpo en se fondant sur les déclarations du vice-ministre de la défense israëlien explique quel avantage aurait pour Israël une attaque des Etats-Unis contre l'Iran : redonner confiance aux candidats à l’immigration pour qu’ils viennent en Palestine contrebalancer le poids démographique des arabes.

Autres avantages accessoires de l’attaque impériale contre l’Iran :   -     rappeler aux peuples du Tiers Monde qui commande et qui est le plus puissant -     leur montrer que la possession du nucléaire même civil dépend du bon vouloir de Washington  -     dissuader d’adopter l’euro comme monnaie de commerce international à la place du dollar (l’Irak de Saddam Hussein en 2002, le Venezuela plus récemment ont fait de même).

Dans ce contexte belliciste on comprend que la candidate du parti socialiste français S. Royal, trouve un intérêt à transformer sa bourde initiale (son hostilité au programme nucléaire iranien « civil », même si le traité de non prolifération l’autorise) en une sorte de slogan dans la surenchère impérialiste ambiante. Ce qui lui permettra de se rendre la tête haute, ainsi que les principaux candidats, à la conférence du CRIF organisée le 13 février sur le thème « contre la menace iranienne » (http://www.europalestine.com/article.php3?id_article=2501 ).

Comme toujours l’ardeur guerrière se nourrit de clichés et de petites phrases. Celle qui a fait fureur dans nos médias est la prétendue déclaration du président Ahmadinejad selon laquelle il faut « rayer Israël de la carte ».

M. Arash Norouzi  décortique la version initiale de cette déclaration. Les mots dans la version persane d’origine étaient : « L’Imam (Khomeiny) disait que ce régime qui occupe Jérusalem doit disparaître de la page du temps.» (en persan : « Imam ghoft een rezhim-e ishghalgar-e qods bayad az safheh-ye ruzgar mahv shavad. » - http://www.quibla.net/protocoles2007/pfs6.htm )

Pourquoi l‘agence de presse officielle iranienne a-t-elle elle-même contribué à la déformer ? Pourquoi Ahmadinejad a-t-il préféré ensuite répondre aux journalistes par des dissertations grandiloquentes sur les principes plutôt que de rappeler le contenu exact de ses propos ? Signe peut-être de la mauvaise maîtrise des techniques de communication occidentales par certains gouvernements du tiers-monde, et du fossé existant entre les angles d’approche.

La citation initiale montrait qu’il ne s’agissait pas de détruire Israël dans le sang, mais d’obtenir l’effondrement du régime sioniste, comme s’est effondré le régime soviétique. Il y a peu de chances que les grands médias rectifient le tir sur ce point, tout comme il est peu probable qu’ils relaient les nombreux déclarations du régime iranien qui rappelle aussi souvent qu’il le peut qu’il est hostile au projet sioniste, mais pas antisémite.

Une attaque contre l’Iran serait un crime supplémentaire des pouvoirs occidentaux : crime contre la paix au sens du tribunal de Nuremberg, crime de guerre car elle viserait des installations à usage civil.

Tout comme la guerre d’Irak, elle provoquerait une nouvelle instabilité, en Irak même (à cause du risque d’insurrection des mouvements chiites sympathisants de l’Iran) et dans l’ensemble du monde. Le Jérusalem Post, du 31 janvier (http://www.jpost.com/servlet/Satellite?pagename=JPost%2FJPArticle%2FShowFull&cid=1167467856230 ), qui relate les avis des experts, rappelle le risque d’attaque des puits de pétrole koweitiens et saoudiens par un régime iranien qui jouerait ainsi sa survie, avec toutes les conséquences que cela impliquerait sur l’économie mondiale. On peut aussi parler des risques de radicalisation des peuples musulmans, et des autres peuples cibles de l’impérialisme. Un risque que les leaders occidentaux, actuellement aveuglés, semblent prêts à assumer.

 

 
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L'Atlas alternatif à Nairobi

24 Janvier 2007 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Atlas alternatif

Après les forums mondiaux de Porto Alegre (2001,2002, 2003), celui de Mumbai en 2004, le forum "polycentrique" de Bamako-Caracas-Karachi en 2006, le forum social mondial se tient à Nairobi (Kenya).

Certains de nos amis contributeurs de l'Atlas alternatif y sont : François Gobbe (Kairos -Belgique), Mwadhini O. Myanza (Irteco, Tanzanie).

Selon Mwadhini O. Myanza 50 exemplaires de l'Atlas alternatif ont été distribués aux participants par le secrétariat du Forum.

Si les grands médias AFP en tête (http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-29469551@7-60,0.html) ont évoqué la participation effective inférieure aux chiffres escomptés (46 000 personnes contre 100 000 attendues), à cause notamment du prix d'entrée (0,6 euros la journée - des habitants des bidonvilles ont d'ailleurs protesté) cela reste supérieur aux 20 000 du premier forum social en 2001.

Le Forum social de Nairobi permet l'expression des peuples en lutte, leur rencontre, l'échange d'expériences politiques, mais aussi de techniques agricoles - les paysans qui accompagnent Mwadhini O. Myanza, par exemple, investis dans l'agriculture alternative contre les grandes cultures d'exportation qui ravagent leur pays, sont inscrits à des formations agraires dans le cadre du forum. Pour une note d'ambiance du forum voir http://www.pambazuka.org/blogs/wsf2007/ .

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Balkans

20 Janvier 2007 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Billets divers de Delorca

- Serbie

Comme la Serbie passionne moins les foules qu'en 1999-2000, le ton des médias, quoiqu'hostile à ce pays, est demeuré plus sobre. Au cours des derniers jours de la campagne,  le journaliste du Monde Christophe Châtelot, toujours allergique à toute forme de patriotisme serbe (il l'a montré dans divers articles), s'est certes efforcé de peindre un tableau sombre de ce pays "La Serbie, elle, patauge. Son taux de croissance (5,5 % en moyenne depuis 2000) n'absorbe pas un taux de chômage de 31 %. Elle est isolée politiquement sur la scène internationale en raison, notamment, du manque d'empressement du gouvernement serbe à collaborer avec le TPIY"  écrivait-il dans l'édition du 21 janvier 2007 (http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-857593@51-857710,0.html) - constat pourtant souvent démenti par l'appellation "Balkan Tiger" souvent appliquée à ce pays (http://en.wikipedia.org/wiki/Serbia) et le constat du journal Libération du 22 janvier  :  "Le taux de croissance est l'un des plus élevés de la région (environ 6 %), l'inflation a été stoppée, le dinar relevé par rapport à l'euro et le salaire moyen tourne autour de 250 à 300 euros (Helene Despic Popovic http://www.liberation.fr/actualite/monde/230065.FR.php). Mais les attaques ne sont guère allées plus loin.

Dimanche, la progression d'un point des radicaux aux élections législatives (28 %) a permis à Reuters de faire un titre à sensation sur la victoire des "ultra-nationalistes" et permis au représentant de la diplomatie européenne et ex-secrétaire général de l'OTAN Javier Solana de frapper du point sur la table en déclarant : "I hope very much there will be a speedy formation of a speedy government that will be in line with the European Union" (http://www.b92.net/eng/news/politics-article.php?yyyy=2007&mm=01&dd=22&nav_category=90&nav_id=39190) c'est à dire un gouvernement sans alliance avec les radicaux. Mais dans l'ensemble on reste en deçà de la grande haine des années 90.

Le procurateur de l'ONU au Kosovo Martti Ahtisaari est censé publier son rapport sur l'avenir de cette province vendredi. Selon dies sources diplomatiques l'indépendance "limitée" envisagé exclurait que le Kosovo puisse avoir une armée, mais l'autoriserait à siéger dans les instances internationales, et la tutelle occidentale serait institutionnalisée, comme elle l'est en Bosnie et en Macédoine. La Serbie pour sa part s'est engagée dans une bataille procédurale à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe pour amender un projet de résolution favorable à l'indépendance. Elle ne peut guère compter que sur le soutien de la Roumanie, de la Grèce et de la Russie (http://www.b92.net/eng/news/politics-article.php?yyyy=2007&mm=01&dd=24&nav_category=92&nav_id=39235).


- Macédoine

Le 16 avril va commencer au Tribunal pénal international (TPI) pour l'ex-Yougoslavie (tribunal ad hoc instauré par les puissances occidentales et financé par elles) le premier procès concernant la Macédoine. Ljube Boskoski, ex ministre de l'intérieur, et Johan Tarculovski, son ancien garde du corps, seront jugés pour une attaque des forces spéciales de police contre le village albanais de Ljuboten près de Skopje survenue le 12 August 2001 et qui avait entrainé la mort de sept personnes, l'incendie de quatorze maisons et des arrestations massives. Cette opération policière musclée dans le contexte de guerre civile ressemblait à celles de la police serbe au Kosovo dans les années 1990. Elle avait fait suite à une attaque contre les forces de polices avec des mines anti-char (http://www.b92.net/eng/news/globe-article.php?yyyy=2007&mm=01&dd=21&nav_category=123&nav_id=39179)

Dans cette affaire on accuse à nouveau le Tribunal pro-occidental de faire preuve de complaisance à l'égard des nationalistes albanais. C'est le ministre de l'intérieur (slave) qui est inculpé tandis que Ali Ahmeti fondateur de la première Armée de libération du Kosovo (UCK) albanaise en Serbie,et de la seconde qui provoqua la guerre civile en Macédoine, considéré comme l'auteur de crimes de guerres, chef de trafics divers clandestins (http://www.humanite.presse.fr/popup_print.php3?id_article=39109 ) jouit tranquillement de ses prérogatives de député de l'Union démocratique pour l'intégration (UID), tout comme son homologue albano-kosovar ex-commandant de l'UCK Agim Ceku reste solidement cramponné à son fauteuil de premier ministre à Pristina, sans être inquiété par le TPI, malgré les massacres de civils commis par l'UCK.

 

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Cahier de L'Herne Noam Chomsky

18 Janvier 2007 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Actualité de mes publications

Vient de paraître sous la direction de Jean Bricmont et Julie Franck un Cahier de L'Herne consacré au Noam Chomsky. La collection est prestigieuse, elle est habituellement consacrée aux grands écrivains, penseurs, philosophes. Noam Chomsky méritait d'y figurer, et pourtant, dit-on, déjà des grincements de dents se font entendre. 

J'aurai sans doute l'occasion de commenter sur ce blog le contenu du livre, où l'on retrouve des noms connus à gauche de la gauche (Serge Halimi, Tanya Reinart, Jean Ziegler, Susan George).

Tant la partie philosophique et scientifique du livre que les chapitres politiques mériteraient qu'on en dise quelques mots, ce que je ferai sans doute dans quelques semaines.

Pour ma part j'ai écrit le chapitre "Chomsky et Bourdieu : une rencontre manquée". La pensée de Pierre Bourdieu m'a beaucoup influencé entre, disons, mon vingtième et mon trentième anniversaire. Ma thèse de doctorat en témoigne. Mais sous l'influence d'un ami yougoslave, de Jean Bricmont et de divers auteurs de la mouvance chomskyenne, à partir de 2000 j'en suis venu à m'intéresser au linguiste états-unien, ce qui a d'ailleurs sensiblement modifié ma conception des sciences humaines comme de la politique. Il y aurait beaucoup à dire sur ces deux figures qui jouèrent un rôle phare dans la contestation de l'ordre établi dans leurs pays respectifs ainsi qu'au niveau mondial, et qu'il n'a hélas jamais été possible de faire dialoguer. Dans mon article je rappelle seulement quelques points importants, mais que l'on pourrait développer à loisir.

Je reviendrai peut-être sur tout cela prochainement...

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A l'approche des élections serbes

18 Janvier 2007 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

Dans la perspective des élections législatives serbes qui auront lieu dimanche prochain, un média français s'intéresse à la situation humanitaire désastreuse des Serbes du Kosovo (mais celle des Roms et  des autres non-Albanais ne vaut guère mieux, sauf exceptions)   : http://fr.mediaframe.yahoo.com/launch?lid=wmv-300-p.1547268,rnv-300-p.1547269&.small=1&.intl=fr&c=dualpane&bw=http://&dw=http://fr.news.yahoo.com/video/datawindow.html&f=&a=0,30) que  le journaliste belge Michel Collon notamment dans une vidéo de 2002 "Les damnés du Kosovo" décrivait déjà comme un des plus grands scandales humanitaires de l'Europe contemporaine (http://www.michelcollon.info/damnes_du_kosovo.php).

La situation reste indécise dans cette province sur laquelle les Serbes cristallisent non seulement leurs traditions nationales, mais aussi le souvenir de la politique cynique des grandes puissances occidentales à leur encontre, au soutien des nationalistes albanais, en 1998-99.

Malgré un raidissement récent de la Russie sur ce sujet, l'Union européenne semble résolue à faire passer en force avant la fin de la présidence allemande une "indépendance limitée"  du Kosovo sur le modèle bosniaque, malgré l'adoption par la Serbie, il y a peu, d'une constitution réaffirmant la souveraineté serbe sur cette province (http://www.b92.net/eng/news/politics-article.php?yyyy=2007&mm=01&dd=18&nav_category=92&nav_id=39129). Le Kosovo deviendrait ainsi le premier Etat européen à naître de la sécession d'un Etat unitaire (les sécessions issues de l'effondrement du Pacte de Varsovie et de l'éclatement de la Yougoslavie n'avaient jusque là concerné que des Etats fédéraux). Ceci risque de créer un précédent dont pourraient s'inspirer d'autres minorités comme les russophones de Moldavie (Transdniestrie), les Abkhazes et diverses autres minorités dans le Caucase, des Albanais aussi dans trois districts de Serbie du sud hors Kosovo, en Macédoine ainsi qu'au Montenegro, sans oublier les Serbes de Bosnie dont un grand nombre (et probablement la majorité) conteste la légitimité de l'Etat auquel ils sont rattachés contre leur gré.

L'incapacité des  gouvernement occidentaux à refermer la boîte de Pandore des revendications nationales qu'ils ont eux-mêmes ouverte en encourageant les sécessionnismes en Yougoslavie et ex-URSS se double d'une propension à appliquer une règle du "deux poids deux mesures", dictée par des intérêts à court terme. Une source de problèmes infinis qui ne semble guère de nature à stabiliser les marches orientales de l'Empire européen et qui condamne les grandes puissances à entretenir une présence militaire coûteuse dans les Balkans.

En attendant, les multinationales investissent de plus en plus sur la Serbie, noeud stratégique du développement balkanique, dont le gouvernement n'a jamais été aussi favorable aux intérêts des pouvoirs occidentaux : privatisations et coopération militaire avec les Etats-Unis ont été le credo politique de Belgrade depuis cinq ans. La croissance économique est au rendez-vous, et, bien que les inégalités augmentent, la promesse d'une intégration dans l'Union européenne peut permettre aux chancelleries occidentales d'empêcher la victoire d'une droite nationaliste (le Parti radical) qui, pourtant, capitalise depuis quelques années sur le mécontentement des laissés-pour-comptes du néo-libéralisme. 

Toujours plus coloniser pour toujours mieux anesthésier. Telle semble être la recette des technostructures occidentales dans les Balkans. Anesthésie et consommation. L'Union européenne n'a que cela à offrir.

 

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Intronisation en Equateur

17 Janvier 2007 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

Après Daniel Ortega au Nicaragua, un autre président progressiste, Rafael Correa (http://www.youtube.com/watch?v=BVkfX6vaEEU), a été intronisé en Equateur.

L'agence cubaine Granma fait état d'un accord de coopération énergétique entre l'Equateur et le Venezuela qui permettra à l'Equateur de faire raffiner son pétrole à bas prix chez son voisin et de créer de nouvelles raffineries avec l'aide de ce dernier. En Equateur comme au Veneuela le secteur pétrolier reste largement nationalisé.

Imitant en cela l'exemple venezuelien, le président Correa a annoncé qu'il soumettra à référendum le 18 mars prochain l'instauration d'une assemblée constituante dont les travaux déboucheront sur l'adoption d'une nouvelle constitution. Le Parlement de droite (comme au Nicaragua) a toutefois exigé que cette proposition soit soumise au Tribunal suprême électoral composé de représentants des partis majoritaires audit Parlement (http://www.eldiario.com.ec/noticias-manabi-ecuador/22140)

Par ailleurs le président Correa a lancé un train de mesures augmentant les aides aux plus pauvres et assouplissant le crédit de la banque d'Etat aux agriculteurs.(http://www.granma.cu/espanol/2007/enero/mier17/venezuelayecuador.html)

A noter enfin dans La Republica (journal progressiste espagnol) un article de Noam Chomsky qui fait le bilan des avancées de gauche en Amérique Latine http://www.larepublica.es/spip.php?article3662.

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Somalie - Irak

15 Janvier 2007 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

Lu sur le site de Michel Collon -

Un bon article de Tony Busselen sur la guerre de Somalie, avec l'analyse iconoclaste d'un diplomate éthiopien : http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2007-01-10%2009:19:39&log=invites

Et un article qui, par delà la diabolisation de Saddam Hussein, rappelle aussi certains actifs au bilan de son régime dans les années 70 (pour une analyse rationnelle de la situation politique au Proche-Orient cela peut s'avérer bien utile) http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2007-01-11%2010:12:55&log=attentionm

 

 

 

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Révolutions latino-américaines

12 Janvier 2007 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

A l'occasion de son intronisation officielle pour son nouveau mandat de six ans, le président vénézuélien Hugo Chavez a annoncé un nouveau train de mesures incluant la nationalisation du téléphone et de l'électricité de son pays et des infrastructures pétrolières de la vallée de l'Orinoco (actuellement entre les mains de multinationales étrangères).

En Bolivie le Président Morales est en butte avec la bourgeoisie de la province de Cochabomba. Des affrontements meurtriers ont eu lieu entre ses partisans et ceux du gouverneur de droite Manfredo Reyes Villa dans la capitale privinciale faisant deux morts et soixante-dix blessés (Reuters).

Evo Morales était le 10 janvier à Managua (Nicaragua) pour assister à la prise de fonctions de l'ex-guerillero sandiniste Daniel Ortega à la présidence de la République. Celui-ci a annoncé l'adhésion de son pays à l'Alternative bolivarienne des Amériques (ALBA), alliance progressiste dont font partie Cuba, le Venezuela et la Bolivie et son intention de s'opposer à la privatisation de l'énergie dans son pays.  Cependant Ortega n'a qu'une faible marge de manoeuvre dans son pays : élu avec seulement 38 % des voix (à cause d'une candidature sandiniste "dissidente" http://www.clacso.org.ar/difusion/institucional/asuntos-institucionales-y-juridicos/opiniones/resena.2006-10-30.5928922836/view), et minoritaire face à un parlement monocaméral de droite qui a ratifié le CAFTA (Central American Free Trade Agreement), traité de libre-échange avec les Etats-Unis, il a dû nommer Jaime Morales Carazo ex banquier et membre de la milice d'extrême droite Contra à la vice-présidence pour "rassurer les investisseurs".  Daniel Ortega et ses partisans risquent d'être tiraillés entre les engagements respectivement liés à l'ALBA et au CAFTA (le Venezuela chef de file de l'ALBA avec Cuba avait quitté la Communauté andine des nations car il estimait ne pas pouvoir travailler avec des pays signataires du CAFTA - http://www.latinreporters.com/nicaraguapol08112006imprimer.html).

L'agence cubaine Granma rappelle utilement qu'en 1990 quand il a quitté le pouvoir le Front sandiniste de libération nationale, malgré les sacrifices imposés par la guerre contre les Contra pro-américaines, avait ramené l'analphabétisme à 12 %. Aujourd'hui il est à 35 %(http://www.granma.cu/espanol/2007/enero/juev11/socialismo.html).

Le discours d'Hugo Chavez pour l'investiture de Daniel Ortega se trouve sur http://www.youtube.com/watch?v=ysAwzxqbWD8

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Risques d'extension du conflit irakien

12 Janvier 2007 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

En réponse à la victoire électorale des démocrates hostiles à sa politique au Proche-Orient, l'administration Bush décide d'envoyer 21.500 soldats supplémentaires en Irak et a menacé de poursuivre les insurgés irakiens en Syrie et en Iran, tandis que l'armée étatsunienne intervenait dans un poste diplomatique iranien  au nord de l'Irak.

Réaction modérée mais utile du président démocrate de la commission des relations étrangères du Sénat Joseph Biden: "Si le président aboutit à la conclusion qu'il doit envahir l'Iran (...) ou la Syrie pour traquer ces réseaux, je pense que l'autorisation donnée au président de recourir à la force en Irak ne le couvrirait pas, et qu'il aurait besoin de l'autorisation du Congrès pour le faire", a-t-il dit. "Je veux juste fixer cette limite", a-t-il ajouté (Reuters).

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